enquete 06/02/2010 à 11h41

A la fac de Metz, on recrute local, tant pis pour la loi Pécresse

Emmanuelle Bonneau | Editrice Rue89

L’université de Metz a préféré faire monter en grade une professeure issue de la maison, plutôt que recruter un agrégé parisien. Preuve que la réforme Pécresse n’a pas éradiqué le recrutement par copinage.

A l’origine de la polémique un événement rare dans le monde universitaire : le conseil d’administration d’une université, celle de Metz, n’a pas suivi l’avis du comité de sélection qu’il avait nommé pour le recrutement d’un maître de conférence.

Alors que le comité soutenait, à l’unanimité, la candidature d’un agrégé parisien, normalien, auteur d’une thèse « considérable », le conseil d’administration a titularisé une « simple » thésarde issue de l’université.

Titulaire d’un Capes en lettres modernes, la nouvelle maître de conférence était jusqu’ici professeure certifiée affectée dans l’enseignement supérieur (PRCE), c’est-à-dire une enseignante de collège-lycée en service dans le supérieur.

Argument officieux du conseil d’administration ? L’enseignante « s’investit localement ». Comprendre : elle a dix ans de maison.

La réforme Pécresse voulait combattre le « localisme » des recrutements en fac

Pourtant, la loi Liberté et responsabilité des universités (LRU) du 10 août 2007 devait éradiquer le « localisme, qui tue le recrutement universitaire actuel », selon Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche qui donna son nom à la loi.

La réforme Pécresse créa donc les comités de sélection, sorte de collège d’experts dans la discipline du poste à pourvoir. Les comités de sélection, composés à part égale de membres internes et externes de l’université, étudient les candidatures, effectuent une pré-sélection et enfin auditionnent le peloton de tête.

A Metz, six candidats sur 42 ont été auditionnés pour le poste de « maître de conf’ ». Et les membres du comité de sélection n’appartenant pas à l’université n’avaient même pas pré-sélectionné l’enseignante aujourd’hui titularisée. Eléonore Reverzy, professeur à l’université de Strasbourg et membre du comité de sélection, raconte :

« Les membres issus de l’université de Metz ont fait valoir qu’elle correspondait au profil du poste. Mais nous leur avons opposé que le poste avait été préalablement profilé pour correspondre à la candidate locale !

Le dossier du candidat parisien ne contenait pas de failles permettant de le déboulonner. Il a été reçu et c’est le pompiste qui prend sa place ! C’est quand même un concours de la fonction publique... »

Dépités, des membres du comité de sélection signent une lettre ouverte

Depuis, les trois membres extérieurs du comité de sélection ont adressé une lettre ouverte au président de l’université de Metz, Luc Johan, s’engageant à « ne plus participer aux activités scientifiques de [son] université pendant toute la durée de [sa] présidence ».

Eléonore Reverzy a également envoyé un courrier à Frédéric Sudre, président de la conférence permanente du Conseil national des universités, sorte de médiateur qui « a le pouvoir d’en référer en haut lieu ». Ce dernier en a « accusé réception ».

Pour Vincent Jouve, membre du comité de sélection et co-signataire de la lettre ouverte, la décision du conseil d’administration reste « dans le cadre de la loi » mais n’en suit pas « l’esprit », comprendre elle ne met pas « le frein au localisme » :

« Le conseil d’administration, composé du président et de membres élus issus de toutes disciplines, a cassé l’avis d’un comité d’experts...

A l’époque, Valérie Pécresse disait ne pas imaginer que cela puisse arriver. C’est arrivé. Et comme la LRU ne donne au comité de sélection qu’un avis consultatif, cela peut se reproduire. »

Le professeur à l’université de Reims poursuit, dégoûté par le gâchis :

« Il y a très peu de postes à pourvoir dans l’enseignement supérieur, avec à chaque fois quarante à cinquante candidatures. On ne peut pas se permettre de ne pas prendre les meilleurs. Si ce genre de pratiques se reproduit dans d’autres universités, plus personne ne voudra siéger en comité de sélection. »

Au moment de la parution de cet article, le président de l’université de Metz Luc Johann n’a pas pu être joint par téléphone.

► Addendum le 8/02 à 10h30. Eléonore Reverzy conteste le terme « pompiste » qui lui a été attribué en citation, rappelant que « la candidate locale n’est pas responsable » de ce « dysfonctionnement grave ».

► Addendum le 8/02 à 14h38. Joint par téléphone, le président de l’université de Metz Luc Johann se dit « supris », et récuse les accusation de « localisme » :

« Entre 2005 et 2008, 76% des maîtres de conférence étaient recrutés à l’extérieur. Entre 2008 et 2009, première année de mon mandat, c’est 87,5% des maîtres de conférences recrutés qui venaient de l’extérieur. Alors qu’on m’accuse de localisme, ça me fait plutôt mal ».

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  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 11h51 le 06/02/2010
    • Internaute 84604
      fumiste

    Non mais lol, où est le scandale ? Le panier de crabes des universités ne date pas d’hier, ce genre de situation je l’ai vu maintes fois lorsque j’enseignais.

    Enfin pour une fois que l’on privilégie un capes (ou pire un capet (pouah, beurk !)) à un agrégé ... généralement on préfère le contraire, cette dame doit vraiment être charmante.

    • les_canards
      les_canards répond à alberich
      • Posté à 12h00 le 06/02/2010
      • Internaute 20527

      Ce n’est pas parce que c’est courant qu’il faut cesser de s’en indigner...

    • tlaloc
      tlaloc répond à alberich
      Retraité
      • Posté à 12h29 le 06/02/2010
      • Internaute 47359
        Retraité

      Pour avoir un poste tout au moins en Sciences il faut avoir un bon dossier recherche l’agrégation ne fait pas forcément un bon chercheur. Rappel pour un poste de Professeur ou de Maître de Conférences il faut avoir un doctorat

      • alberich
        alberich répond à tlaloc
        fumiste
        • Posté à 12h39 le 06/02/2010
        • Internaute 84604
          fumiste

        Bien sûr, mais à titres égaux, la différence se fait parfois sur les concours bien que la hiérarchie agrégation/Capes soit quelque peu formelle.

         
        • Jacques Bolo
          Jacques Bolo répond à alberich
          Auteur-Editeur-Libraire
          • Posté à 17h07 le 06/02/2010
          • Internaute 37329
            Auteur-Editeur-Libraire

          On peut même dire que l’agreg n’a en soi aucune valeur universitaire. Si la capésienne a 10 ans de pratique, l’équipe n’a pas voulu s’emmerder avec quelqu’un de novice (et désorganiser l’équipe). Pour être juste, il faudrait comparer les travaux de la capésienne et la thèse de l’agrégée (ce qui a peut-être été fait - mais l’agrégée pouvait aussi être pistonnée).
          Le pb plus général de l’autonomie est qu’on risque d’engager des vedettes grassement payées (qui se tireront à la meilleure offre) au lieu de former des équipes durables, et transformer la recherche en mercato footballistique.

          • tiburs
            tiburs répond à Jacques Bolo
            • Posté à 18h31 le 06/02/2010
            • Internaute 6751

            Un mecato footbalistique ? Pas trop de risque en France où les professeurs et enseignants chercheurs sont très mal payés et peu considérés.

            Dans d’autres pays, il y a une véritable reconnaissance des compétences et des chercheurs de calibre international sont recrutés avec des conditions très attractives (salaires, prêts immobiliers pour leur installation, assurances santé pour la famille, financement des écoles pour les enfants, financement des projets de recherche, assurance d’avoir des étudiants motivés, etc.).

            Je ne suis pas là pour dire que le modèle américain est meilleur car il a de nombreux travers. Mais en revanche le modèle français est une vraie insulte aux professionnels qui y officient, d’autant que visiblement cela n’arrange pas le gouvernement de reconnaitre les performances des chercheurs à leur juste niveau. Donc on a de la marge avant d’arriver à la situation absurde des joueurs de foot, des grands patrons ou des traders.

          • tiburs
            tiburs répond à Jacques Bolo
            • Posté à 18h34 le 06/02/2010
            • Internaute 6751

            ...

        3 autres commentaires
      • AlexisQ
        AlexisQ répond à tlaloc
        Apprenti chercheur
        • Posté à 12h51 le 06/02/2010
        • Expert 104196
          Apprenti chercheur

        Si le malheureux candidat a pu candidater, c’est qu’il avait été auparavant « qualifié », c’est-à-dire qu’une commission nationale avait considéré qu’il avait tous les prérequis pour postuler à ce concours. Je suppose donc qu’en plus de son agreg il était docteur.

         
        • Jean-Luc LUMEN
          Jean-Luc LUMEN répond à AlexisQ
          en invalidité
          • Posté à 15h03 le 06/02/2010
          • Internaute 47198
            en invalidité

          « » il était docteur...il ne l’ait plus ?

        1 autres commentaires
    • Sowinski
      Sowinski répond à alberich
      • Posté à 13h17 le 06/02/2010
      • Internaute 45555

      La dimension copinage existe c’est indéniable. Mais d’habitude le scénario est inverse : la commission veut favoriser un copain, et c’est le Président qui met son veto. Ou alors, on fait un appel à candidature qui dresse le portrait robot du copain...

      Une autre dimension dont on parle moins :

      comme des tas de tâches administratives (dans le privé on dirait de « management » et de « gestion de projet ») doivent être accomplies bénévolement par les profs sur la base du volontariat, un bon moyen de se booster son dossier pour être recruté comme MC est d’assumer un max de tâches de ce genre pendant la thèse en tant que PRAG, ATER ou autres.

      Je ne serais pas surpris que dans ce cas, il s’agisse d’une nana qui fait le « sale boulot » (non rémunéré, je le rappelle) que les autres profs ne veulent pas faire.

      Et par ailleurs, je pense qu’il ne faut pas mettre tous les copinages au même niveau. Quand il faut caser le petit frère de la maitresse du ministre à un poste prestigieux alors que personne le connait, c’est pas tout à fait pareil que le copinage en interne (qui doit être combattu aussi, bien sûr).

    • eskimo
      eskimo répond à alberich
      • Posté à 14h34 le 06/02/2010
      • Internaute 24163

      Cela date d’hier au contraire. Car auparavant le choix d’un candidat par la commission de spécialistes était davantage contraignant et pas seulement consultatif.
      le localisme jouait déjà beaucoup au niveau de la sélection par les pairs, si le conseil d’administration s’en mêle et ajoute une couche, on s’en sortira jamais.

      Courage à cette recrutée, avec un tel vice dès le départ sa légitimité au poste est bien réduite.

    • Georges D.-
      Georges D.- répond à alberich
      ok
      • Posté à 22h50 le 06/02/2010
      • Internaute 104005
        ok

      « Enfin pour une fois que l’on privilégie un capes (ou pire un capet (pouah, beurk !)) à un agrégé ... généralement on préfère le contraire »

      Et pour cause ! Si on en est à se battre pour recruter les moins diplômés à l’université, où va-t-on ?

      Remarquez, ça n’a rien d’étonnant, et c’est bien dans la logique « de gauche » qui a prévalu dans les années 80 lors de la titularisation sur poste des Maîtres Auxiliaires : les camarades ont commencé par les moins diplômés - ceux qui avaient une licence et une maîtrise sont donc passés après ceux qui n’en avaient pas. C’est comme ça qu’on a vu par chez moi un prof de musique analphabète, détenteur pour tout diplôme d’une médaille d’accordéon d’une école de musique de village (pas de bac, même pas de brevet des collèges), devenir titulaire à vie comme PEGC de lettres-musique, puis certifié de lettres (pouvant donc statutairement enseigner le français en lycée). Un type qui ne pouvait pas écrire une ligne sans faire 15 fautes d’orthographe et de syntaxe, et qui avait la culture littéraire d’une huître.

      Pendant les 25 ans qui ont suivi, les établissements du district se le sont refilés à tour de rôle pour qu’il ne sévisse pas trop longtemps au même endroit...

      L’égalitarisme mal compris dans toute son horreur !

      Donc le scandale, c’est que l’université ne recrute pas le meilleur condidat, celui qui a été sélectionné par des gens avisés, pour faire du « népotisme » local. Le CAPES ne permet normalement même pas d’enseigner en classe prépa.

      On ne voit pas pourquoi, dans le même ordre d’idée, on ne confierait pas des postes de chirurgien à des aides soignants.

      Ce n’est pas demain que l’université française va se relever avec des pratiques pareilles.

      • caramellec
        caramellec répond à Georges D.-
        • Posté à 10h09 le 07/02/2010
        • Internaute 63157

        ce qui donne le droit d’enseigner en fac, dans la monde entier, c’est d’avoir soutenu une thèse de doctorat, ni plus ni moins, c’est-à-dire d’avoir poser une hypothèse, d’en avoir démontré la validité et d’avoir défendu cette démonstration devant des pairs plus compétents, pairs qui doivent juger si vous avez donc acquis cette compétence. Le capes et l’agreg sont des concours d’enseignement du secondaire. Etre agrégé, c’est bien souvent savoir faire une dissert en trois parties mieux que les autres et encore sur les auteurs au programme, ce qui n’a rien à voir avec « une culture générale ». En tout cas, ça n’a rien à voir avec la compétence en recherche. Par ailleurs, je peux aussi vous raconter des tas de brèves de comptoir concernant des certifiés ou des agrégés nuls de chez nuls comme profs. Et je ne crois pas que dans les statuts de l’EN, être certifié « seulement » interdise de faire des classes prépas, il faut être recruté, c’est tout.
        Le cas est bien entendu problématique mais souligne aussi le fait que les petites universités de province ont plus besoin d’enseignants qui vont rester que de chercheurs « parisiens » qui vont partir dès qu’ils auront une occasion plus intéressante et ça, c’est aussi une conséquence de l’organisation en pôle de recherche dans laquelle seule les grosses universités, à terme, pourront se permettre d’avoir des doctorants. Les chercheurs n’ont aucun intérêt à rester dans une fac qui à terme, probablement, ne préparera plus que la licence, et quelques M1.
        De toutes façons, dans ce cas-là, les deux candidats sont docteurs et qualifiés par le CNU donc autorisés à postuler.

         
        • Georges D.-
          Georges D.- répond à caramellec
          ok
          • Posté à 15h49 le 07/02/2010
          • Internaute 104005
            ok

          Encore un déferlement anti-élite et anti-parisien. Avec en plus l’éloge de l’immobilisme et de la médiocrité. Ce n’est pas demain que l’université française va se relever.

          Toujours est-il que cette candiadate était arrivée TROISIEME, et qu’elle a donc été recrutée par PISTON. Et qu’à cause de cette pratique couramment répandue, nos meilleurs chercheurs se barrent à l’étranger, ce qui est un épouvantable gâchis.

          • caramellec
            caramellec répond à Georges D.-
            • Posté à 00h10 le 08/02/2010
            • Internaute 63157

            complètement à côté de la plaque et légèrement parano.
            Vous ne connaissez vraisemblablement rien aux critères de recrutement dans l’enseignement supérieur.
            Par ailleurs, « se barrer à l’étranger » quand on est cehrcheur en Sciences Humaines.... C’est pas qu’il y ait tant que ça de postes ailleurs à l’heure où même King’s College ferme son département de philosophie.

        2 autres commentaires
      • Armand_de_Maupertuis
        • Posté à 19h54 le 07/02/2010
        • Internaute 41272

        Non. Vous êtes complètement à côté de la plaque, mais c’est un peu à cause de l’article, qui est loin d’être clair.

        Le capes et l’agrégation n’ont aucune valeur pour le recrutement d’un chercheur. Ils sont faits pour enseigner dans le secondaire. Le critère pour une candidature aux postes de MCF est d’avoir obtenu un doctorat ET les qualifications (qui sont nationales). Les rapports de (pré) soutenances jouent également un rôle pour la sélection.
        Enfin, pour comparer les deux candidatures, il faudrait connaître les travaux scientifiques des 2 candidats.

    • amatxo
      amatxo répond à alberich
      • Posté à 06h01 le 07/02/2010
      • Internaute 13121

      Le scandale est qu’un candidat - plus compétent qu’un simple certifié(ce que j’étais mais je n’ai jamais prétendu enseigner en faculté !)- n’ait pas été choisi : ces pratiques ,hélas courantes encore,expliquent que nombre de nos « cerveaux » fuient à l’étranger à la fin d’un doctorat car sans espoir de carrière en France : quel gâchis pour l’avenir de notre pays !

      • Armand_de_Maupertuis
        • Posté à 20h00 le 07/02/2010
        • Internaute 41272

        Non. Le capes et l’agrégation n’ont rien à voir dans cette histoire. Lisez ma réponse à Georges D ci-dessus.

        Il me semble que beaucoup de personnes commentent sans savoir de quoi ils parlent sur ce sujet...
        Par pitié, renseignez vous avant d’inonder les forum !

         
        • amatxo
          • Posté à 09h32 le 08/02/2010
          • Internaute 13121

          Justement je sais de quoi je parle,ayant un enfant en fin de thèse ! La journaliste commet une erreur effectivement : une certifiée,thésarde mais non docteur,n’a pas le droit d’être promue maître de conférence : elle peut tout juste donner quelques cours en faculté et ce, à titre provisoire. Pour obtenir le poste de maître de conférence,il faut avoir soutenu sa thèse,écrit des articles etc.Donc la journaliste doit se tromper ou...le directeur de l’université n’a pas respecté la Loi : on sait malheureusement que les passe-droits locaux existent...Evitez,SVP,ce ton méprisant (au fait la « certifiée de base » vous rappelle que vous auriez dû écrire« Beaucoup de personnes...de quoi ELLES parlent » ! ! !)

          • caramellec
            caramellec répond à amatxo
            • Posté à 20h28 le 08/02/2010
            • Internaute 63157

            pour prétendre enseigner en fac il faut être docteur ET qualifiée par le CNU, point barre. Le CAPES et l’agreg sont des concours de recrutement de l’enseignement secondaire, totalement inconnus en dehors des frontières du pays et qui n’ont aucun poids dans un dossier à l’étranger par exemple. C’est tout, je ne vois pas ce que votre « certifée de base » vient faire là.
            Et en fait, je trouve cet article tout à fait déloyal pour cette candidate « heureuse », totalement à charge en plus. Et puis, les auteurs de cette lettre ouverte et bien, .... Il y a des procédures pour faire des recours et si le président de l’Université de Metz a fait ce qu’il a fait, en dépit de tout (c’est à dire en gros, de ne pas prendre des candidats qui ont sans doute beaucoup plus d’appuis dans le Landerneau que la « locale »), c’est qu’il doit avoir des arguments, aucun n’est présenté ici. Où alors, il est totalement à la masse pour risquer à ce point de se déconsidérer vis à vis des pairs....ce qui est possible aussi mais...

          • Armand_de_Maupertuis
            • Posté à 20h46 le 09/02/2010
            • Internaute 41272

            Désolé, mon ton ne se voulait pas méprisant, peut être un peu exaspéré (après la lecture entière du fil, pas spécifiquement votre commentaire). Après les grèves de l’année dernière, je dois avouer qu’il y a une fatigue à lire toujours les mêmes poncifs sur l’Université, notamment ceux distillés par notre président...
            Vous êtes certifié(e), imaginez qu’on vous ressasse les propos de M. Copé sur les « certifiés qui gagnent 5 000€ par mois en fin de carrière » tout en « faisant trop souvent grève et travaillant 18 h par semaine » selon le JT de M. Pernaud...

            • amatxo
              • Posté à 10h10 le 10/02/2010
              • Internaute 13121

              Tout à fait d’accord ! Professeur de lettres « sur » 3,voire 4 niveaux selon les années(2nde,1ère,terminale littéraire et BTS)une heure de cours correspondait à environ trois heures de travail,y compris pendant les « vacances » scolaires(il fallait alors étudier les nouvelles oeuvres au programme,celles-ci changeant régulièrement).Mais il y a longtemps que je me suis blindée contre la sottise des ignorants,entretenue naturellement par nos gouvernants(« Diviser pour mieux régner » !).Par contre je suis toujours révoltée par les passe-droits,d’où mon post sur ce site...

        4 autres commentaires
  • Romagination
    Romagination
    Ingénieur
    • Posté à 11h50 le 06/02/2010
    • Internaute 86484
      Ingénieur

    Toujours la même chanson, à bas le localisme, vive la mobilité permanente qui tue la vie de famille et le lien social.
    Pas la peine de se marier, de s’implanter, on trouvera toujours le moyen de vous dire que vous devez bouger (mais qui s’occupe de faire bouger avec vous toute la petite famille, de retrouver un emploi au conjoint etc.). Vous démarrez votre carrière à Metz comme cette jeune femme, mais à chaque promotion toutes les cartes sont rebattues, vous pouvez vous retrouver à 800km de chez vous parcequ’on ne vous permet pas de bâtir localement un projet de promotion sociale.

    • alberich
      alberich répond à Romagination
      fumiste
      • Posté à 11h56 le 06/02/2010
      • Internaute 84604
        fumiste

      Tout à fait, ce qui constitue la motivation principale d’un certain nombre d’enseignants du secondaire à se tourner vers le privé.

      Evidemment, dans l’enseignement supérieur les possibilités sont plus restreintes ... sauf à intégrer une fac par le moyen des vacations ou de l’intervention extérieure.

    • les_canards
      • Posté à 11h59 le 06/02/2010
      • Internaute 20527

      Il ne s’agissait pas de forcer cette pauvre jeune femme à se retrouver à 800 km de chez elle (son poste de PRCE - déjà un beau privilège, normalement ce sont les AGREGES qu’on envoie à la fac - n’aurait pas été supprimé), mais de respecter le fait que quelqu’un d’infiniment plus brillant qu’elle (on parle quand même de « failles scientifiques » dans sa candidature, comment mieux dire qu’elle était nulle dans son domaine ?) méritait plus qu’elle son poste.

      C’est du Jean Sarkozy à l’EPAD dans le texte !

      • Peureux anonyme
        • Posté à 13h00 le 06/02/2010
        • Internaute 24415

        Il est vrai que dans la mesure ou elle avait un CAPES de Lettres Modernes, il pouvait y avoir des « failles scientifiques » dans sa candidature.

        Encore que cela ne soit pas dit dans l’article, où il est seulement dit que son concurrent n’avait pas de failles, sans préciser de domaine.

         
        • les_canards
          • Posté à 13h06 le 06/02/2010
          • Internaute 20527

          Effectivement. Voici un extrait du mail (collectif, donc je m’autorise à en publier une partie) envoyé sur une liste de diffusion scientifique par Mme Reverzy : « Les deux candidats classés en première et en deuxième positions, tous deux excellents et dont le profil correspondait parfaitement au profil (Techniques d’expression, enseignement en LEA) ont été déclassés, quand la candidate locale (PRCE dont le dossier présentait de très nombreuses failles scientifiques) a été placée en première position. »

          • Peureux anonyme
            • Posté à 14h04 le 06/02/2010
            • Internaute 24415

            N’étant pas du sérail, je m’interroge sur ce que peuvent être des failles « scientifiques » en Langues Etrangères Appliquées ?

            Rappelons que le rôle d’un maître de conférence est tout d’abord de faciliter l’assimilation du programme par les étudiants.

            Je constate qu’une expérience positive d’un professeur « local » a été plus convaincante que le rapport d’une commission qui n’a rencontré les candidats que pendant une paire d’heures au maximum.

            • eskimo
              eskimo répond à Peureux anonyme
              • Posté à 14h35 le 06/02/2010
              • Internaute 24163

              non, c’est 50% d’enseignement et 50% de recherches.

              • Peureux anonyme
                Peureux anonyme répond à eskimo
                • Posté à 14h55 le 06/02/2010
                • Internaute 24415

                Il me semble que ce qui est demandé, en premier, à une université est de former les étudiants.

                • ADT
                  ADT répond à Peureux anonyme
                  enseignant-chercheur
                  • Posté à 16h51 le 06/02/2010
                  • Expert 104222
                    enseignant-chercheur

                  Non, ce n’est pas ce qui lui est demandé « en premier », c’est ce qui lui est demandé à part égale avec « produire de la recherche de qualité ». Ces missions sont définies dans un décret récent pris par la Ministre (les missions administratives sont d’ailleurs aussi mentionnées je crois).

                  Par ailleurs, des failles scientifiques en LEA, ça ne veut sans doute rien dire, car LEA c’est sa discipline d’enseignement. En revanche, le ou la candidat(e) doit avoir un dossier scientifique en linguistique générale ou appliquée, ou encore littérature dans la langue donnée.

                  Je suis abasourdi par le nombre de réactions de gens sur ce forum qui se permettent de laisser un commentaire péremptoire sans avoir la moindre idée de ce dont ils parlent.

                  • Jacques Bolo
                    Jacques Bolo répond à ADT
                    Auteur-Editeur-Libraire
                    • Posté à 17h14 le 06/02/2010
                    • Internaute 37329
                      Auteur-Editeur-Libraire

                    « des failles scientifiques en LEA, ça ne veut sans doute rien dire, car LEA c’est sa discipline d’enseignement »

                    Justement, c’est déjà un peu louche. Mais plus généralement, en sciences humaines, les failles scientifiques peuvent signifier qu’on ne fait pas partie de la même école, ou qu’on a contredit le jury (quand ce n’est pas qu’on ne peut pas le blairer). N’oublions pas le marxisme était considéré « comme la science indépassable de notre temps ». Ce qui fait rire aujourd’hui.

                    • damienl
                      damienl répond à Jacques Bolo
                      Chercheur
                      • Posté à 18h17 le 06/02/2010
                      • Expert 101560
                        Chercheur

                      C’est assez vrai pour certaines sciences humaines. Les moins sérieuses d’entre elles, dirons nous. L’exemple type est la littérature, où il y a en effet diverses écoles, qui ne s’apprécient guère. Et, vu qu’elles sont pour ainsi dire toutes caractérisées par un manque de sérieux scientifique (le plus souvent, cela consiste à racler le fond du panier des autres disciplines – économie avec le marxisme, psychologie avec les approches freudiennes), on assiste à des querelles et mesquineries.

                      Par contre, les sciences humaines plus sérieuses comme la linguistique ou la psychologie expérimentale appliquent une méthode bien plus scientifique. Si je lis un article d’une personne ne travaillant pas du tout dans le même sous-domaine que moi, je peux tout de même voir si son étude utilise une méthodologie sérieuse ou douteuse, si ses stats sont correctes, si l’interprétation donnée tient la route, etc.

                      Quant on lit des copies d’étudiants et les études qu’ils réalisent, on peut voir que tous n’ont pas la même rigueur méthodologique, n’interprêtent pas tous aussi bien leurs résultats, etc. Donc, oui, on peut évaluer objectivement les mérites scientifiques de quelqu’un même en sciences humaines.

                  • Peureux anonyme
                    Peureux anonyme répond à ADT
                    • Posté à 17h53 le 06/02/2010
                    • Internaute 24415

                    L’intérêt des étudiants est il de voir un jeune normalien arrivant de Paris et ignorant tout de l’environnement messin les guider dans leur étude des langues étrangères et les aider dans leurs relations avec les entreprises de la région (stages, embauches futures) ?

                    Ou bien ont ils plus intérêt a être encadré par un enseignant du cru ayant des années d’expérience ?

                    Poser la question, c’est y répondre.

                    Mais évidement si les étudiants vont dans mur avec un normalien, ils pourront toujours se consoler en se disant qu’ils ont bénéficié des lumières d’un bon dossier scientifique.

                    Peut être est ce un commentaire péremptoire de quelqu’un qui n’a pas la moindre idée de ce dont il parle ?

                    • damienl
                      damienl répond à Peureux anonyme
                      Chercheur
                      • Posté à 18h21 le 06/02/2010
                      • Expert 101560
                        Chercheur

                      Comment savez-vous que le candidat choisi aurait été responsable des stages, etc. Dans le département d’anglais où je travaille, il y a *une* personne qui s’occupe de ce genre de choses. Personnellement, je n’ai pas de réels contacts dans le monde de l’entreprise, tout comme tous mes autres collègues, puisqu’ils ne s’occupent pas de cela non plus !

                    • tiburs
                      tiburs répond à Peureux anonyme
                      • Posté à 18h47 le 06/02/2010
                      • Internaute 6751

                      Désolé, mais à l’université on a affaire à des enseignants-chercheurs. L’université est un organisme de recherche qui redistribue le savoir acquis aux étudiants dont une partie va faire à son tour de la recherche.

                      Les étudiants universitaires ont tout intérêt à avoir des professeurs ayant un bon cursus de recherche sinon il vaut mieux qu’ils aillent ailleurs : écoles, instituts de formation, cours par correspondance, etc. Les étudiants qui ne voudraient pas de ce contact avec des gens qui ont un savoir poussé au maximum de ce qui est disponible actuellement, et préféreraient des pédagogues à 100% devraient donc penser à d’autres cursus.

                    • ADT
                      ADT répond à Peureux anonyme
                      enseignant-chercheur
                      • Posté à 18h49 le 06/02/2010
                      • Expert 104222
                        enseignant-chercheur

                      Peut-être que ce n’est pas leur intérêt, c’est vrai. Et d’ailleurs c’est pour ça qu’à l’université il y a aussi des PRAG (agrégés) et des PRCE qui sont recrutés pour faire de l’enseignement à temps complet et des enseignants-chercheurs qui font aussi de la recherche. Si la personne recrutée était mauvaise en recherche et bonne en enseignement et administration, la meilleure chose à faire était de la laisser sur son poste de PRCE où elle était certainement très utile aux étudiants. Et si elle était si bonne que ça, elle pouvait déjà tenter de passer l’agreg si elle voulait monter en grade.

                      Cette personne en passant MCF va voir le nombre d’heures d’enseignement qu’elle doit assurer divisé par deux en devenant MCF...

                    • Dr_Maurice
                      Dr_Maurice répond à Peureux anonyme
                      Taupe
                      • Posté à 19h01 le 07/02/2010
                      • Internaute 83916
                        Taupe

                      Vous êtes en train de dire que sous prétexte que ce jeune normalien n’a pas (ou peu) d’expérience dans l’enseignement, on ne devrait pas l’embaucher.

                      À quel moment est-il supposé l’obtenir, cette expérience ?

                    • Scotian
                      • Posté à 22h15 le 07/02/2010
                      • Internaute 71808

                      Cela m’amuse d’imaginer que la familiarité avec l’environnement messin soit considérée comme un critère valable dans une discipline visant à une ouverture internationale...

                • Ali-bator
                  Ali-bator répond à Peureux anonyme
                  comptable
                  • Posté à 10h21 le 07/02/2010
                  • Internaute 92948
                    comptable

                  et la dimension recherche, non ?

                  En plus les gens formés dans le domaine littéraire, pas sûr que beaucoup travaillent dedans après leur formation

                • eskimo
                  eskimo répond à Peureux anonyme
                  • Posté à 19h59 le 07/02/2010
                  • Internaute 24163

                  il me semble que ce qui est demandé, en premier, dans un débat, est de savoir un minimum de quoi on parle, en l’occurence les obligations statutaires d’un maître de conférences. L’université est un lieu de production et transmission de savoirs, et pas seulement un lieu de formation des étudiants. Et puis les former à quoi ? une partie est formée à la recherche. Qui peut former des chercheurs, si ce n’est d’autres chercheurs.

            • Lapocompris
              Lapocompris répond à Peureux anonyme
              étudiant
              • Posté à 15h28 le 06/02/2010
              • Internaute 87066
                étudiant

              « Faille scientifique » c’est un euphémisme pour dire qu’elle parle anglais comme une vache espagnole.

              • Peureux anonyme
                • Posté à 17h59 le 06/02/2010
                • Internaute 24415

                Si tel est le cas, il faut la foutre dehors, sauf si elle est prof d’espagnol.

                Mais ce n’est pas ce qui est écrit dans l’article.

        17 autres commentaires
    • louisette25
      louisette25 répond à Romagination
      Prof
      • Posté à 12h45 le 06/02/2010
      • Internaute 92570
        Prof

      Les profs sont fonctionnaires et à ce titre peuvent être nommés à l’échelle nationale. Moi même prof, j’ai enseigné deux ans dans l’académie de Nancy puis 10 ans dans celle de Besançon (dont 8 ans sur une zone de remplacement) et enfin 10 ans dans l’académie de Nice. Ouf ! On ne m’a pas toujours demandé mon avis...Les règles doivent être les mêmes pour tous. PS : je suis agrégée et je n’ai bénéficié que d’un « privilège » : une bonification de 90 points qui m’a permis d’atterrir dans un lycée technologique...

    • Connard le Barban
      Connard le Barban répond à Romagination
      fonctionnaire nanti comme il y (...)
      • Posté à 14h25 le 06/02/2010
      • Internaute 75120
        fonctionnaire nanti comme il y (...)

      C’est on ne peut plus vrai. Et ceux qui vous expliquent doctement que la mobilité est une chance pour votre carrière ne sont en général mobiles que sur Paris. Au pire, à chaque changement de poste, ils changent de ligne de métro (pour ceux qui le prennent encore).

      • eskimo
        • Posté à 14h36 le 06/02/2010
        • Internaute 24163

        mais pitié, cela n’a rien à voir, et en plus le candidat parisien en question allait à Metz ... pas à métro gare de l’est (quoique)

         
        • Connard le Barban
          Connard le Barban répond à eskimo
          fonctionnaire nanti comme il y (...)
          • Posté à 16h09 le 06/02/2010
          • Internaute 75120
            fonctionnaire nanti comme il y (...)

          Pour ce qui est du sujet général (de l’article) vous avez raison. Pour ce qui est de mon commentaire, il rebondissait sur un autre qui évoquait la systématisation de la mobilité forcenée pour faire carrière au détriment de la vie autre que professionnelle. Il s’agit donc bien d’un sujet connexe au votre que les différentes contributions me semblent avoir déjà « essoré », et, à ce titre, pas plus illégitime.

        1 autres commentaires
    • Georges D.-
      Georges D.- répond à Romagination
      ok
      • Posté à 19h17 le 06/02/2010
      • Internaute 104005
        ok

      Cette jeune femme n’avait pas les compétences pour le poste, son CAPES ne lui permettant normalement d’enseigner que dans le secondaire. Elle pouvait parfaitement être nommée dans un collège ou un lycée à Metz. Elle a tout simplement bénéficié d’un privilège.

      C’est à ce genre de situation que se heurtent constamment les jeunes docteurs en France, ce qui les pousse à aller faire bébéficier des pays étrangers des compétences qu’ils ont acquises en France aux frais du contribuable français. C’est un système qui marche sur la tête.

      Trouver des gens qui le soutiennent sur un site prétendument « de gauche » dépasse l’entendement.

  • jma14
    • Posté à 12h04 le 06/02/2010
    • Internaute 31729

    « Preuve que la réforme Pécresse n’a pas éradiqué le recrutement par copinage. » Preuve de rien du tout ! Quand on veut prouver qu’une loi nationale ne marche pas, on fait une moyenne au moins sur un an et sur le plan national ! ! ! ! ! !

    Ce qui me choque en revanche, c’est le fonctionnement du conseil : à quoi sert-il ? Si on peut outre passer ces conseils ? ? ? ? ! ! ! ! Des vieilles règles de facultés peut-être ! ! ! ! !

    • les_canards
      les_canards répond à jma14
      • Posté à 12h12 le 06/02/2010
      • Internaute 20527

      Relisez l’article : les « vieilles règles de facultés peut-être » dont vous parlez (s’il s’agit bien des comités à avis uniquement consultatif) ont été mises en place par la loi LRU...

      « La réforme Pécresse créa donc les comités de sélection, sorte de collège d’experts dans la discipline du poste à pourvoir. Les comités de sélection, composés à part égale de membres internes et externes de l’université, étudient les candidatures, effectuent une pré-sélection et enfin auditionnent le peloton de tête [...] la LRU ne donne au comité de sélection qu’un avis consultatif ».

      Donc si, c’est bien la preuve que la loi Pécresse n’a pas éradiqué le copinage (« éradiqué » = « fait entièrement disparaître », pour rappel, un seul cas suffit donc à montrer que l’éradication n’a pas eu lieu ; peut-être l’a-t-elle fait diminuer, c’est à voir).

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