Consigne du jour à l'UMP : on ne parle plus de Clearstream
Les membres de la majorité ont rivalisé d’inventivité au conseil national pour ne pas aborder le sujet qui gêne. Reportage.
C’est comme un invité indésirable dont on espère fort qu’il ne viendra pas, tout en sachant que c’est un vœu pieu. Pour éviter cet embarras, l’UMP a trouvé la parade : faire passer la consigne de ne pas parler de Clearstream au conseil national. Ce samedi était dédié à l’entérinement des listes pour les régionales, il devait le rester.
« On nous a fait comprendre que ce n’était pas dans notre intérêt d’en parler », confirme un participant. A l’Elysée ou à l’UMP ? « C’est pareil... », glisse-t-il dans un sourire.
Un sourire, cette fois de l’Elysée, plusieurs journalistes y ont eu droit ce samedi, à l’arrivée de Franck Louvrier, conseiller en communication du chef de l’Etat. Un sourire, mais pas plus.
Interrogé sur les déclarations de Dominique de Villepin, qui a affirmé la veille que la décision du parquet de faire appel de sa relaxe avait été prise lors d’une réunion au palais présidentiel, il confie seulement qu’il n’a... « rien à dire ».
« Eh oui, ça arrive que j’parle pas ! »
Au moins le ton de la journée était donné. Il y a ceux qui foncent vers les premiers rangs, slalomant entre les micros, et ceux qui expriment leur silence avec des mots, à l’image d’Eric Besson :
« Eh oui, ça arrive que j’parle pas ! »
D’autres ont toutefois pris la peine de s’arrêter quelques minutes devant les caméras, rivalisant d’inventivité pour ne pas aborder le sujet qui gêne. (Voir la vidéo)
« Je n’ai pas à commenter le travail de la justice »
La palme revient à Frédéric Lefebvre, haut-parleur de l’UMP :
« Que la justice fasse son travail. Je n’ai pas à commenter le travail de la justice. »
On se souvient tous de ses innombrables commentaires sur Clearstream, mais pour le plaisir voici celui donné au Post quelques heures après la relaxe de Dominique de Villepin :
« Pour le moment, seuls des exécutants ont été condamnés. Ce qui est clairement mis en avant, c’est que malgré la relaxe de Dominique de Villepin, des attendus mettent en exergue ses mensonges, quand il était entendu sous serment. »
« Il a eu un bébé il y a deux jours, il est très occupé »
Le trophée aurait pu être disputé par Jean-François Copé, si le président du groupe UMP à l’Assemblée avait lui-même livré son excuse, mais c’est son entourage qui s’en est chargé :
« Vous n’êtes pas sans savoir qu’il a eu un bébé il y a deux jours, il est très occupé. »
S’il est louable que l’intéressé remplisse son rôle de père, il faut tout de même souligner... qu’il était présent ce samedi.
« Franchement, le parti s’en fiche »
Une dernière perle pour la route. Elle est signée Dominique Bussereau. Le secrétaire d’Etat aux Transport et tête de liste UMP pour les régionales en Poitou-Charentes joue la hauteur de vue :
« Franchement, le parti s’en fiche. Je n’ai eu aucun coup de fil, aucun SMS, rien sur mon Facebook, aucun Twitter me parlant de cette affaire. J’ai des messages concernant les listes aux élections régionales en Poitou-Charentes, ça oui, c’est de l’actualité pour les militants. »
Sans aller jusqu’à fouiller dans son portable, il suffit d’aller voir sur ses comptes Twitter et Facebook pour le contredire. Cette semaine, il n’a reçu aucun message sur Clearstream, mais aucun message non plus sur les régionales. Et même aucun message du tout ! Son dernier message sur Twitter datait du 22 janvier :
« Vous ne vous sentez pas trop seul ? En face ça cartonne. »
« Ma responsabilité est de ne pas propager le feu »
Même parmi les députés villepinistes présents au conseil national, la prudence est de mise ce samedi. « C’est aussi ma responsabilité de ne pas propager le feu », se contente de déclarer Hervé Mariton.
Au final, seul Georges Tron a bravé la consigne, affirmant avoir « des dizaines de témoignages (...) de soutien d’amitié, parfois des plus sarkozystes de nos militants », après l’appel du parquet :
« Je crois que c’est toute l’UMP, en tout cas une grande partie de l’UMP, qui le ressent comme étant quelque chose de dommage. » (Voir la vidéo)
► Corrigé le 30/01/2010 à 20h48 : Copé n’est pas nouvellement père depuis un an, mais deux jours. Désolé pour l’erreur, je promets de lire Voici plus souvent.
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intello
intello
MAIS
on envoie la chanteuse ! ! ! ! !
de mieux en mieux......
lors du « Journal inattendu » de RTL, l’épouse du président de la République a assuré : « je suis très étonnée par le peu de confiance que, bien sûr, M. de Villepin, mais aussi visiblement les médias, accordent à la justice française, le peu d’indépendance qu’on lui attribue ».
« Je crois fondamentalement dans l’indépendance de la justice, je crois que nous sommes dans des états de droit et je suis stupéfaite par ce genre d’allégations », a poursuivi la première dame de France, jugeant tout cela « stupéfiant ».
« On peut aussi tout dire », a-t-elle observé, se disant « un peu décontenancée d’être prise un peu en otage sur ce thème » de Clearstream, d’une « manière pas supercourtoise ».
Assurant ne pas avoir « les compétences pour commenter cela », Carla Bruni-Sarkozy a ajouté : « cela ne m’intéresse en rien ».
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« Les faits sont têtus, vous savez malheureusement », a-t-elle également déclaré à propos de ce procès. « Je suis très stupéfaite parce ce qu’on dit de politique sur ce procès. C’est un procès pénal, vous comprenez, il s’agit d’une affaire pénale, pas politique ».
Interrogée sur des déclarations de l’ancien Premier ministre UMP jugeant vendredi soir qu’il n’aurait pas été « anormal » que Nicolas Sarkozy l’appelle, puisqu’ils se connaissent bien et que « son épouse est une amie de ma femme », Carla Bruni-Sarkozy a observé qu’elle la connaît « effectivement ». « Je n’ai pas eu de contact avec Marie-Laure de Villepin, que j’aime bien, depuis au moins cinq ou six ans », a-t-elle remarqué.
L’ancien Premier ministre UMP a accusé l’Elysée d’être responsable de l’appel contre sa relaxe




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