A DEBATTRE 30/01/2010 à 18h02

A-t-on vraiment besoin d'un certificat d'orthographe ?

Marie Kostrz | Journaliste Rue89


Un panneau de parking (Môsieur J./Flickr)

Le certificat d’orthographe va-t-il devenir une nécessité ? C’est ce que parie l’entreprise à l’origine de Voltaire, un examen en 300 questions. Le but : évaluer le niveau de français des candidats et faire un test aussi classique que le TOEFL et le TOEIC.

Les douze candidats présents vendredi lors du lancement de la certification Voltaire n’ont pas rempli la grande salle qui leur était réservée à la Maison des examens d’Arcueil, près de Paris. Pascal Haustaschy, co-créateur du test, en attendait le double.

« C’est la faute du RER B, il a été bloqué », explique le directeur de Woonoz, entreprise de logiciels, devant une rangée de journalistes venus aussi nombreux que les postulants.

Malgré le peu de candidats, il défend la création d’un certificat d’orthographe :

« Nous travaillons beaucoup avec les entreprises. Depuis trois ans, de nombreux dirigeants se plaignent du faible niveau de leurs employés en orthographe. Nous avons donc mis en place un programme de remise à niveau sur Internet. La certification Voltaire est la dernière étape, il s’agit d’un référentiel qui pourra être présenté lors d’un recrutement. »

Valoriser son CV

Parmi ceux qui sont là, Baptiste, étudiant en troisième année d’école d’ingénieur, venu tester son niveau de français :

« L’orthographe est importante dans n’importe quel secteur et un diplôme peut mettre en valeur cette faculté. J’ai reçu un mail de la “junior entreprise” de mon école il y a quelques jours, il était bourré de fautes. J’espère que son rédacteur n’en a pas fait autant lorsqu’il a contacté l’entreprise avec laquelle l’association est en contact pour un projet. »

L’objectif de Pascal Haustachy est que la certification soit reconnue, au même titre que le TOEFL (test d’anglais).

« Nous sommes en pourparlers avec quelques grandes entreprises, mais nous avons déjà conclu un partenariat avec une vingtaine d’universités, dont la faculté catholique de Lyon et l’IUT de Nancy, ainsi que certains lycées. Nous voudrions également développer nos relations avec les collèges. »

Concurrence ou complément à l’Education nationale ?

L’annonce de la création du test Voltaire n’a pas enthousiasmé le ministère de l’Education nationale. Une personne de référence dénonce l’inutilité d’une telle certification :

« Le ministère met déjà en place un système pour pallier au manque de connaissances de base des élèves en orthographe. L’aide personnalisée proposée au primaire et au collège en fait partie. Voltaire rentre en complète concurrence avec ce que l’Education nationale propose. »

Pascal Haustachy rétorque, lui que « la langue française n’appartient pas seulement à l’Education nationale ».

Si cette première journée était gratuite, à l’avenir chaque candidat devra s’acquitter de la somme de 59,90 euros pour passer l’évaluation de deux heures et demie. La formule ne plaît pas à tout le monde.

Xavière Le Roy, étudiante, s’étonne qu’une entreprise privée s’en charge :

« Un tel certificat est discriminant. S’il devient reconnu, chaque étudiant devra le valider pour entrer dans la norme, sauf que tout le monde n’a pas les moyens de payer 60 euros pour prouver que son niveau d’orthographe est correct. »

Page suivante, vous pouvez faire un des exercices du test.

Parmi les mots soulignés, quelles-sont les fautes ? Réponse demain dimanche à midi dans les commentaires.

Extrait de la 1ère partie de la Certification Voltaire : difficultés courantes

Je vous serais gré de me rappeler sans tarder.

S’en est trop ! Je vous saurais gré de quitter les lieux sur-le-champ !

Aurait-il du respecter tous les ordres de son chef ?

C’est un tort de laisser croire à tout les enfants que cette fête leur est dûe.

Extrait de la 2ème partie de la Certification Voltaire : difficultés d’un niveau plus élevé

Nous commémorons l’anniversaire de la Révolution ; il s’en suit des cotillons par milliers.

De la commémoration de la chute du mur de Berlin s’en sont suivis de nombreux évènements.

Une foule de pèlerins se pressaient devant les portes de l’église dont je sortais.

La majorité des villages dont nous sommes originaires sont victimes de l’exode rural.

  • 37808 visites
  • 199 réactions
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  • Désinscrit le 25 mai
    • Posté à 18h11 le 30/01/2010
    • Internaute 98952

    C’est un certificat qui peut avoir son utilité, c’est vrai que quand on voit un étudiant en fac aligner 5 fautes sur deux lignes, ça fait peur...
    Par contre, le fait qu’il vienne d’une entreprise privée (et donc qu’il soit payant) me gêne énormément... Payer 60€ pour valider le fait qu’on ne soit pas à la ramasse avec la langue française ? ?

    C’est l’Education Nationale qui devrait s’en charger, en mettant en place un certificat d’orthographe qu’on passerait au lycée, de la même manière que le C2I pour l’informatique.

    • Lohiel
      Lohiel répond à Désinscrit le 25 mai
      http://twitter.com/Lohiel
      • Posté à 18h29 le 30/01/2010
      • Internaute 38391
        http://twitter.com/Lohiel

      Pareil, la privatisation de l’orthographe... grumpf ! -_-

      Mais c’est vrai que ça fait mal... surtout aux cracks en français et aux correcteurs presse privés d’emploi, parce qu’on considère maintenant leur compétence comme vaguement inutile... Et la grammaire aussi, aïe aïe :

      Entendu à la télé, « si elle serait pas venue » dans la bouche d’un journaliste, un « pro » paraît-il ... Sur Rue89, j’apprends de l’éminent Jean Matouk qu’il y a des esclaves qui « acquérissent la liberté » ... et dans une dépêche AFP reprise un peu partout, telle quelle que des « pillard font éruption » ici ou là... et tous les jours c’est pareil, ou presque...

      ...on se dit que la « décivilisation » fait vraiment son chemin : à force de ne considérer comme important que ce qui rapporte de l’argent à court-terme, c’est la culture de base elle-même qui part dans le décor. Et ça, on sait où ça commence, mais jamais où ça s’arrête.

      • Guillemette Faure
        Guillemette Faure répond à Lohiel
        Journaliste
        • Posté à 18h32 le 30/01/2010
        • Internaute 34
          Journaliste

        Rectificatif d’urgence : l’invention du verbe acquérisser est une mauvaise idée de l’équipe de Rue89 qui a mis l’article de Jean Matouk. Notre célèbre blogueur n’aurait jamais fait une faute pareille !

    • karghyl
      karghyl répond à Désinscrit le 25 mai
      informaticien, Paris
      • Posté à 21h12 le 30/01/2010
      • Internaute 17757
        informaticien, Paris

      Les étudiants trouvant (normalement) un boulot, on retrouve les mêmes fautes d’orthographe et de grammaire dans le monde du travail.
      Ayant été employé dans la prestation de service informatique, puis maintenant étant chez le client, je suis toujours effaré de trouver des documents, soit destinés au client, soit internes, avec des fautes à la pelle. Certaines d’entre elles rendant même la lecture difficile, voire incompréhensible.
      On n’est bien sûr jamais à l’abri d’une faute de frappe ou d’inattention ; j’en fais comme tout le monde, mais il n’est interdit à personne :
      1- de se relire
      2- de demander à un collègue de relire quand on sait que l’on est sujet à fautes
      3- d’utiliser les correcteurs d’orthographe incorporés dans nos logiciels de traitement de texte. Ils signalent souvent de fausses erreurs, mais sont quand même assez performants pour les faute de base.

      • Lictor
        Lictor répond à karghyl
        informaticien
        • Posté à 22h35 le 30/01/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        3- d’utiliser les correcteurs d’orthographe incorporés dans nos logiciels de traitement de texte. Ils signalent souvent de fausses erreurs, mais sont quand même assez performants pour les faute de base.

        Le comble étant de recevoir un document, y compris des CV, au format Word, de l’ouvrir et de constater que les pages sont constellées de fautes soulignées en rouge par le correcteur orthographique ! Là, on se demande vraiment ce qui a bien pu se passer, si le rédacteur ne sait pas se servir de Word ou s’il s’en fout juste complètement...

        Je pense que c’est en fait la seconde hypothèse... Après tout, j’ai connu un commercial de très très haut niveau qui en était au « si j’aurais su j’aurais pas fait »...

        Mais bon, rassurons nous : en entreprise, l’anglais est encore bien plus massacré que le français...

      • Florine Leplâtre
        Florine Leplâtre répond à karghyl
        membre de la « jante féminine » (...)
        • Posté à 22h58 le 30/01/2010
        • Internaute 42603
          membre de la « jante féminine » (...)

        Au fait, dans la consigne de l’exercice, « quelles sont les fautes », y a pas de trait d’union entre « quelles » et « sont »

         
        • Hemenate
          • Posté à 23h43 le 30/01/2010
          • Internaute 856

          C’est tout à fait normal, il n’y a pas lieu de mettre un trait d’union à « quelles sont ».

          • adrak
            adrak répond à Hemenate
            • Posté à 08h26 le 31/01/2010
            • Internaute 31361

            En revanche il y a une faute non soulignée dans le premier exercice. « Cette fête leur est dûe » : il ne devrait pas y avoir d’accent circonflexe sur le u de due, puisque ce participe passé est au féminin.

        • Itello
          Itello répond à Florine Leplâtre
          a le bac
          • Posté à 03h52 le 31/01/2010
          • Internaute 47279
            a le bac

          La gent féminine s’étonnera qu’on lui préfère une jante... bien que cette partie métallique de la roue puisse être fort féminine, j’en conviens.

        3 autres commentaires
    • LG240
      • Posté à 09h21 le 01/02/2010
      • Internaute 23978

      Surtout que l’on redécouvre l’eau chaude, là...Il existe déjà un test de connaissance du français (TCF) organisé par la Sorbonne et que passent les étudiants étrangers désireux de venir étudier en France ou de pouvoir afficher leur niveau de français sur leur CV. Typiquement l’équivalent du TOEFL. Et public, donc...

      • Fenrir
        Fenrir répond à LG240
        Ingénieur en informatique
        • Posté à 15h39 le 01/02/2010
        • Internaute 54922
          Ingénieur en informatique

        Comme quoi j’aurais dû lire les commentaires plus en détail avant de répondre : vous venez de répondre à l’une des questions que je me pose plus bas, en réponse à Seve. Merci. :)

  • philistin
    philistin
    quidam
    • Posté à 18h13 le 30/01/2010
    • Internaute 102604
      quidam

    Ce qui est extraordinaire c’est que la réponse du ministère de l’EN comporte une énorme faute de français : « Le ministère met déjà en place un système pour pallier au manque de connaissances de base des élèves en orthographe... » Or le verbe pallier est transitif direct : il fallait écrire : le ministère met en place un système pour pallier le manque de connaissances de base...
    Ceci dit il ne faut pas déconner : c’est effectivement le boulot de l’EN de donner un niveau de base en langue, il est grand temps qu’elle serre quelques boulons, y compris dans la formation de ses profs, très défaillante ces derniers temps.

    • sabrina
      sabrina répond à philistin
      NounouOgg ascendant Vimaire
      • Posté à 19h56 le 30/01/2010
      • Internaute 24259
        NounouOgg ascendant Vimaire

      Pas de souci, d’ici l’année prochaine, les profs ne seront plus formés du tout... du coup, l’orthographe...

    • renovu
      renovu répond à philistin
      en vie
      • Posté à 21h49 le 30/01/2010
      • Internaute 88250
        en vie

      Félicitations pour avoir relevé cette erreur, très répandue désormais. Mais permettez-moi de passer de la grammaire à l’explication de texte : « y compris » montre que vous liez la débâcle supposée de l’orthographe au manque de formation des enseignants (en orthographe ou en pédagogie de l’orthographe ?).
      Cette évolution est liée à des facteurs étudiés de longue date, tels que la diminution des heures exclusivement vouées à l’orthographe (pour des compétences aussi fondamentales dans notre monde actif que la compréhension de lecture, ou l’informatique...), l’allongement de la durée minimale de scolarité -facteur positif en principe-, ou encore l’écart croissant entre les langues orale et écrite, compte tenu de ce que le Français est vivant, alors que l’orthographe continue d’exiger la pratique de règles figées depuis 1880 (en 1920 par exemple, le son é/ai était mieux différencié dans la pratique quotidienne orale de certains élèves, qui l’écrivaient donc mieux). Notre tendance à idéaliser nos compétences passées jette un voile supplémentaire sur ces réalités.
      Heureusement, l’Education Nationale dispose des fines analyses livrées sur les forums et autres blogs pour arranger tout cela.

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure répond à philistin
      Journaliste
      • Posté à 22h41 le 30/01/2010
      • Internaute 34
        Journaliste

      J’ai réagi de la même manière à l’utilisation de pallier. Je me souviens d’une interview de Françoise Sagan dans laquelle elle disait que cette faute de français l’exaspérait.

      • pipolino
        • Posté à 23h31 le 30/01/2010
        • Internaute 89242
          .

        Et au jour d’aujourd’hui au lieu de à ce jour ou tout simplement aujourd’hui
        Et je mange tranquille au lieu de je mange tranquillement
        Boisson alcoolique au lieu de boisson alcoolisée

        Les journalistes en font beaucoup, sans parler des accords, des liaisons ..

        Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne. - La Bruyère

  • Séverine Barthes-Vignes
    Séverine Barthes-Vignes
    En lisant, en écrivant
    • Posté à 18h20 le 30/01/2010
    • Internaute 17693
      En lisant, en écrivant

    Malheureusement, quand on voit les exemples donnés, on peut s’interroger sur la pertinence des résultats. Comme dans le cas des « Dictées de Mérimée » et autres « Dictées de Pivot », c’est l’exception, et non la norme, qui est mise en avant (sauf dans la première partie des exercices, mais on ne peut savoir, avec les seuls éléments présents ici, comment sont répartis les exercices et les difficultés).

    Cela semble une spécificité bien franco-française : on privilégie les constructions les plus rares ou les plus marquées par l’histoire de la langue et les mots techniques ou rarement employés au détriment des fonctionnements « de base » de la langue, qui peuvent être irréguliers, mais sont au moins souvent utilisés. Ainsi, les accords des participes passés, avec toutes les configurations possibles, sont plus importants que de savoir conjuguer correctement s’ensuivre ou échoir.

    Il y a quelques années, on m’avait demandé de refondre totalement l’épreuve d’orthographe d’un concours de recrutement de fonctionnaires de catégorie C. En effet, les épreuves des années précédentes étaient, en fait, une compilation des exercices les plus difficiles sur les leçons les moins utiles du Bled : conjuguer surseoir au passé simple, absoudre au présent du subjonctif... Des connaissances utiles en soi, mais guère pertinentes pour le recrutement en question, où il vaut mieux avoir des gens qui connaissent les règles de construction des phrases, la logique des accords (adjectifs, participes passés, sujet/verbe...) et la construction d’un texte cohérent plutôt que des candidats qui ont avalé leur Bescherelle.

    • anini
      anini répond à Séverine Barthes-Vignes
      terrienne de souche !
      • Posté à 18h36 le 30/01/2010
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Entièrement de votre avis !
      Les difficultés de la grammaire et de l’orthographe de base sont déjà très complexes et peuvent décourager beaucoup d’élèves , je ne vois pas à quoi peut servir l’utilisation de constructions complexes quand on reconnaît que les bases ne sont pas acquises !

    • michel 13
      • Posté à 20h27 le 30/01/2010
      • Internaute 49378

      Vous avez tout à fait raison. L’élitisme dans ce domaine ne sert à rien même si personne n’est à l’abri de fautes d’orthographe. Ainsi l’an passé je travaillais avec un livre (dont j’ai oublié le titre) Consacré à l’orthographe et édité chez Duculot-Grévisse qui contenait plusieurs fautes, dont certaines énormes. J’ai donc envoyé un mail pour les signaler à l’éditeur, qui m’a répondu de manière tout à fait naturelle « Nous les corrigerons à la prochaine édition ».
      J’ai trouvé cette réponse un peu cavalière car un livre censé apporté des connaissances devrait être relu avant d’être édité.

    • Lictor
      Lictor répond à Séverine Barthes-Vignes
      informaticien
      • Posté à 22h40 le 30/01/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      C’est un travers typiquement français : le but n’est pas d’avoir des élèves qui soient capables de fonctionner dans la vie normale, mais bien de sélectionner des bêtes de concours, capable d’assimiler en totalité un programme le plus déconnecté du réel possible...

      Je me rappele d’un commentaire de notre assistance d’Italien qui avait lu les QCM d’un concours d’entrée en école de commerce : pour elle, toutes les propositions sonnaient de toute façon faux, parce qu’elles ne correspondaient de toute façon pas à ce qu’aurait dit un Italien normal...

      C’est comme en anglais. On passe un temps extraordinaire sur la grammaire d’une langue qui n’est pas si complexe que ça et on néglige tout le reste : l’accent, la prononciation, le vocabulaire, les idiomatismes, la culture... Au final, on a des français qui sont meilleurs en grammaires que la plupart des américains (pas vraiment un exploit d’ailleurs), mais qui sont incapables d’avoir une conversation..

    • kevangel
      kevangel répond à Séverine Barthes-Vignes
      Chercheur
      • Posté à 11h32 le 31/01/2010
      • Expert 24356
        Chercheur

      Tout-à-fait d’accord. Quand je lis les phrases en exemple, elles sont parfaitement compréhensibles et quasiment aucune faute n’apparaît au premier coup d’oeil. Rien à voir avec la réalité où les fautes d’orthographes de nombreuses personnes rendent carrément leurs textes illisibles. Pour que ça aie de la pertinence, il faudrait un test avec des fautes extrêmement courantes et graves.
      Par exemple, des fautes comme « sais moi qui a manger le gato », c’est bien plus grave que les exemples donnés au-dessus.

      • Vrilopette
        Vrilopette répond à kevangel
        Bosse à la maison
        • Posté à 12h14 le 01/02/2010
        • Internaute 80770
          Bosse à la maison

        Si je suis votre raisonnement, ça ne vous dérangerait donc pas de lire des journaux, des rapports, des mémoires de fin d’études, etc. truffés de fautes d’orthographe uniquement parce que vous comprenenez le sens (le langage SMS n’est pas loin dans ce cas) ? Je ne suis pas un ayatollah de l’orthographe, mais, pour moi, c’est faire preuve de respect envers le lecteur que d’écrire correctement. Cela reviendrait à se présenter à une réunion de travail ou un entretien d’embauche avec la tenue que vous portiez lors du match de rugby du week-end précédent. L’essentiel n’est pas la tenue, mais vous-même, non ?

        L’exemple que vous prenez n’est en rien un problème d’orthographe. C’est de l’analphabétisme ou de la dyslexie et ça ne se traite pas de la même manière.

    • Fenrir
      Fenrir répond à Séverine Barthes-Vignes
      Ingénieur en informatique
      • Posté à 15h36 le 01/02/2010
      • Internaute 54922
        Ingénieur en informatique

      Si on peut reconnaître qu’il y a une certaine difficulté à trouver l’erreur dans certaines phrases de l’exemple, ces extraits ne cassent pas trois pattes à un canard. La présence de propositions ayant en commun de nombreux mots facilite l’exercice (on sent de suite que quelque chose ne va pas entre le serais et saurais des deux premières phrases, et on peut observer l’usage de commémoration et commémorons plus loin). Il me semble que la même astuce est utilisée dans le TOEIC. L’erreur à la phrase 4 est beaucoup plus anecdotique, et dans le cas de la phrase 7, cela peut être soumis à débat : l’erreur ne pourrait-elle pas être seulement un choix rédactionnel de l’auteur ? Ou alors il y a un piège et je me suis fait avoir.

      Le problème de cet article, je pense, est de se concentrer sur le ressenti des personnes ayant passé l’épreuve, ce qui a amené des personnes à la mettre en place, et de savoir si sa mise en place est judicieuse. Mais hormis le fait qu’elle compte 300 question, on ne sait rien à son propos. Y a-t-il des questions permettant de travailler la compréhension orale, comme le TOEIC ? Comment est exactement découpé l’épreuve ? Sans cette dernière information, impossible de savoir où se placent les exemples, et difficile de ne pas exprimer un avis qui soit, au final, à côté de la plaque.

      Je n’ai pas lu tous les commentaires, mais j’ai pu voir que pas mal se focalisent sur un parallèle entre cette épreuve et les leçons de français à l’école. Si elle pourrait être utilisée pour évaluer le niveau d’un élève, je pense qu’il y a de meilleurs moyens, sans doute bien plus précis. Si je continue dans mon hypothèse que passer ce certificat est similaire au passage du TOEIC, alors l’épreuve est bien trop partielle et courte (une petite paire d’heure j’imagine) pour que son résultat soit probant. Idéal pour donner une première idée du niveau de la personne, oui, mais pas suffisant pour savoir si la personne est capable de s’exprimer en français, de manière correcte et précise, aussi bien à l’écrit qu’à l’oral, au quotidien.

      Reste que je pense que ce certificat peut être utile dans des cadres similaires à ceux du TOEIC : à savoir la fourniture d’une estimation du niveau de connaissance de la langue, qui serait sans doute fort utile pour les étrangers ayant choisi de l’apprendre. Bien sûr, j’imagine qu’il existe d’autres certificats, produits par d’autre organismes, de niveau moins important, équivalent ou plus important qui existent déjà : le contraire serait étonnant (amusez-vous à comparer le programme du TOEIC et celui du Cambridge CPE, pour la langue anglaise). Cela nous amène à une autre question à laquelle l’article ne répond pas : ce certificat comble-t-il ou non un trou ou est-il en concurrence avec d’autres ?

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 18h28 le 30/01/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    On pourrait l’imposer pour les ministres et la présidence de l’Élysée ?

    • anini
      anini répond à Iv
      terrienne de souche !
      • Posté à 18h39 le 30/01/2010
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Sans commentaire ! .....

  • zaichonok
    zaichonok
    bobo bio
    • Posté à 18h38 le 30/01/2010
    • Internaute 61156
      bobo bio

    « “ L’orthographe est important ..”
    hummm, et la grammaire alors ? ; o)

    • Renée Greusard
      Renée Greusard répond à zaichonok
      Journaliste Rue89
      • Posté à 18h47 le 30/01/2010
        éditeur
      • Journaliste 69283
        Journaliste

      Oups oups ! Faute réparée. Merci de votre vigilance zaichonokbobo !

  • Renard15
    Renard15
    Militaire
    • Posté à 18h56 le 30/01/2010
    • Internaute 71790
      Militaire

    Déjà savoir marcher avant de courir. Savoir bien écrire notre langue avant de se lancer dans des dictées à la Mérimée...

    Ce qui ne retire rien bien entendu au fameux Mérimée.

    Je ne vois pas l’interêt d’épreuves imbuvables en français pour des fonctionnaires de catégorie « C ».

    Que l’on connaisse la base de notre belle langue, ensuite nous passerons à plus difficile.

  • mandarines
    • Posté à 18h58 le 30/01/2010
    • Internaute 28673

    Les fautes d’orthographe partout, et surtout dans un cv ou une lettre de motivation, c’est lamentable. Sans être un pro de la langue française, éviter des fautes de base serait un minimum ! Secrétaire de formation, je me rappelle qu’à l’école, (il y a vingt cinq ans tout de même), les profs mettaient un point d’honneur à ce qu’on écrive correctement. Maintenant, les secrétaires s’en fichent. Vive les correcteurs orthographiques (loin d’être fiables d’ailleurs) !
    Je pense que c’est le travail de l’éducation nationale, dès le début de la scolarité, de mettre l’accent sur l’orthographe et cela jusqu’à la fin des études. Selon moi, les profs sont trop laxistes pour la plupart avec cette question.
    Quant à payer pour obtenir un certificat d’orthographe, je trouve que c’est uniquement un moyen pour des sociétés privées de faire de l’argent ; rien de plus. Libre à chacun, même adulte, de prendre des cours de remise à niveau pour pallier à ses défaillances. Il y a des ateliers pédagogiques personnalisés (les APP) et d’autres structures propres à chaque ville, moins coûteuses et, à mon avis, tout aussi efficaces. Créer un certificat d’orthographe payant risque de fermer des portes à bien des demandeurs d’emplois et d’étudiants qui n’auront pas les moyens d’entrer dans cette catégorie de personnes qui peuvent se permettre de gaspiller 60 euros pour un test d’orthographe. Je trouve ce projet malsain et discriminant !

    • letroisièmeoeil
      letroisièmeoeil répond à mandarines
      conscience déguisée en être (...)
      • Posté à 20h22 le 30/01/2010
      • Internaute 99824
        conscience déguisée en être (...)

      Tout à fait d’accord.
      Petites précisons néanmoins : vous étiez à l’école il y a vingt-cinq ans (et non « vingt cinq »), gérée déja à cette époque par l’Education Nationale (elle apprécie les majuscules, en tant qu’institution), où en effet, les profs sont trop laxistes pour la plupart SUR cette question [de l’orthographe].

      Ah les joies de la langue française ! Je voulais juste illustrer sa complexité parfois un peu abracadabrante, même si je l’aime comme elle est ;)

      Ca n’enlève rien à la justesse de votre commentaire.

      • Guillemette Faure
        Guillemette Faure répond à letroisièmeoeil
        Journaliste
        • Posté à 22h37 le 30/01/2010
        • Internaute 34
          Journaliste

        Vous êtes sûr de la majuscule à « Nationale » ? J’ai hésité.

         
        • Itello
          Itello répond à Guillemette Faure
          a le bac
          • Posté à 03h58 le 31/01/2010
          • Internaute 47279
            a le bac

          Il n’y en a pas. Voici Lien.

          J’en profite pour signaler une faute sur ce même site :
          La page Lien contient un passage sublime : « toutes les balises ne sont pas authorisées ».

        1 autres commentaires
      • zenon.com
        zenon.com répond à letroisièmeoeil
        sceptique foucaldien
        • Posté à 14h14 le 31/01/2010
        • Internaute 65567
          sceptique foucaldien

        Les affaires de majuscules ne relèvent pas de l’orthographe mais de la typographie. Même si les cuistres de l’éducation nationale souhaiteraient être honorés par des majuscules, l’usage typographiquement correct déconseille ce foisonnement de majuscules à des fins emphatiques.

        Une référence « Petites leçons de typographie »
        Lien

      • elebeau
        elebeau répond à letroisièmeoeil
        enseignant
        • Posté à 14h36 le 31/01/2010
        • Expert 72516
          enseignant

        Majuscules à Education Nationale ?

        Par déférence, respect, veulerie ou dérision, si vous voulez. Mais c’est une négation des règles de grammaire et d’orthographe ! ! !

        Exemple à ne pas prendre.

    • Fredo.
      Fredo. répond à mandarines
      Un peu à côté
      • Posté à 23h57 le 30/01/2010
      • Internaute 64833
        Un peu à côté

      Pallier ses défaillances...
      Même le communiqué de l’éducation nationale contient la faute. Pallier est transitif direct : pas de « à ».

    • Bellérophon
      Bellérophon répond à mandarines
      Enseignant-musicien-écrivain
      • Posté à 03h27 le 31/01/2010
      • Expert 90060
        Enseignant-musicien-écrivain

      Avez-vous déjà tenté de faire entrer des cubes dans des ronds de serviette ?

      Il est courant de comparer le travail d’un enseignant il y a vingt-cinq ans et de nos jours ; première constatation, sur la prétendue et sous-entendue obligation de résultat : non, il n’y avait pas davantage de champion d’orthographe il y a vingt-cinq ans. Évidemment on repérait moins les faiblards, étant donné le moindre accès aux études supérieures. Deuxième constatation, les programmes ont changé... Si nous voulions travailler l’orthographe de la même façon qu’autrefois et en y consacrant le même temps, nous serions tous en faute par rapport aux programmes et instructions officielles. Difficile de composer avec ses exigences personnelles -quel prof pourrait sérieusement être laxiste vis-à-vis de l’orthographe- quand on n’est qu’un élément parmi tant d’autres au sein du parcours d’un élève.

      Reste l’ultime question : quel est le but du système ?

      Hm hm...

      Ceci dit, je suis tout à fait d’accord, ce type de certificat est une aberration, née des insuffisances du système éducatif.

    • bastien_che
      bastien_che répond à mandarines
      chercheur
      • Posté à 05h26 le 01/02/2010
      • Expert 103614
        chercheur

      Avant de participer à des cours de remise à niveau ou autres ateliers, LA LECTURE me paraît être un des meilleurs moyens de se « former » ou de se perfectionner.

      De plus, c’est un bénéfice qui va au-delà de l’orthographe... sans parler de l’aspect financier.

      Du point de vue du plaisir également : la simple idée de participer à des cours d’orthographe me fait frissonner d’ennui ; -)

  • Eliott
    • Posté à 19h06 le 30/01/2010
    • Internaute 24550

    Le plus simple est peut être d’arrêter de brader les diplômes.

    Il n’y a pas que l’orthographe qui ne va pas, aujourd’hui un Bac +2 ne sait même pas calculer une TVA ou une marge.

    Parfois, j’ai l’impression que les BTS n’ont même pas le niveau d’un élève de 3ème des années 70/80.

    • claire_
      claire_ répond à Eliott
      Obscure
      • Posté à 22h59 le 30/01/2010
      • Internaute 76292
        Obscure

      D’un côté on brade les diplômes mais de l’autre on emploie des gens surqualifiés (à mon humble avis).

      Si vous saviez le peu de réflexion qu’on me demandait dans mon travail (technicienne, bac+3, à peine moins mal payée qu’au smic) ! A croire que je devais oublier tout ce que j’avais appris. Ma solution : faire un bac+5 pour espérer faire un travail aussi intéressant que celui que je devrais faire à bac+3...

      • Lictor
        Lictor répond à claire_
        informaticien
        • Posté à 23h44 le 30/01/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        Non non, à bac+5, on s’emmerde aussi...

        Le problème, c’est qu’avoir du boulot intéressant n’est pas rentable. Une entreprise va toujours préférer te faire faire le boulot que tu as fais dix fois, parce qu’il n’y aucun risque. Par contre, te lancer sur un nouveau truc, c’est un risque énorme. Au mieux, tu vas aller moins vite que d’habitude et donc être moins rentable.

        Il y a de petites niches de boulots intéressants, par exemple dans la R&D ou en start-up (les vraies, par les pseudo-startups où tu fais un boulot chiant mais 12h par jour). Mais globalement, le monde de l’entreprise n’offre pas beaucoup de perspectives de développement intellectuel.

        La seule différence à bac+5, c’est que tu fais des trucs compliqués et qui demandent des connaissances. Des connaissances initiales en tout cas, d’où le gros diplôme histoire de ne pas avoir à perdre de temps à te former.
        Enfin, le truc sera compliqué la première fois. A la dixième, tu pourras faire comme les dauphins : éteindre la moitié de ton cerveau et continuer en pilotage automatique avec l’autre.

        Mais bon, les gens du gouvernement, qui n’ont jamais mis les pieds en entreprise, nous expliquent que le travail, ça aide à se réaliser et à se développer... J’ai du rater un truc...

    • elLolo
      elLolo répond à Eliott
      • Posté à 23h05 le 30/01/2010
      • Internaute 27714

      Haaaaaaaa, Sétais mieu à vent... : -)

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 19h07 le 30/01/2010
    • Internaute 51971

    « A-t-on vraiment besoin d’un certificat d’orthographe ? » Je pense qu’il ne serait pas inutile à pas mal de « journalistes » (spécialement à Rue89) !
    Et tant que j’y suis : « l’évaluation de deux heures et demiE. » ; qu’est-ce-que je vous disais…

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