Droit de suite 30/01/2010 à 12h57

Tunisie : le journaliste Ben Brik condamné à six mois de prison

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Le président tunisien Zine Ben Ali en avilr 2008 (Jacky Naegelen/Reuters)

La cour d’appel de Tunis a confirmé ce samedi la condamnation à six
mois de prison ferme du journaliste opposant Taoufik Ben Brik, selon les déclarations de son avocate à l’AFP. Il a été condamné pour violences contre une automobiliste. Il y a trois mois, il racontait à Rue89 comment ce traquenard lui avait été tendu.

(De nos archives) 23 octobre 2009. Taoufik Ben Brik a raconté l’incident à Rue89 : en allant chercher sa fille à son école, jeudi à Tunis, sa voiture a été emboutie par un autre véhicule, dont la conductrice a cherché à le provoquer. Selon le journaliste, la conductrice était de la police et voulait l’amener à user de la violence pour pouvoir l’inculper d’agression. (Ecouter le son)

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benbrik_0.mp3

En l’absence de véritable opposition, malgré l’assurance d’être élu haut la main, pourquoi cette vindicte contre la voix isolée du journaliste ? Taoufik Ben Brik répond avec un parallèle avec « Le Parrain », le film sur la mafia : Ben Ali ne peut pas pardonner l’affront, dit-il. (Ecouter le son)

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Benbrik2.mp3

D’autant que cet incident n’est pas sans rappeler le piège qui avait été tendu il y a quelques années au directeur du bureau de l’Agence France-Presse (AFP) à Tunis, accusé de viol dans une mise en scène qui s’était conclue par son départ du pays. Mais Taoufik Ben Brik répète le titre de son dernier livre : « Je ne partirai pas » (Babelmed). (Ecouter le son)

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benbrik3.mp3


Une d’Afrique-Asie (DR)

Autre victime collatérale de la crispation pré-électorale, l’envoyée spéciale du « Monde », Florence Beaugé, refoulée à son arrivée à Tunis en début de semaine. Elle a expliqué que, sans doute, un de ses articles avait « déplu »...

Heureusement, d’autres médias veillent à la bonne réputation du président tunisien, à l’image d’Afrique-Asie, dont la couverture audacieuse s’affiche sur les kiosques français. On lira avec intérêt l’article de notre confrère Pierre Puchot sur Médiapart (en accès gratuit) à ce propos...

Et on pourra lire aussi les impressions de retour de Tunisie de Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) :

« Le pluralisme de l’information n’est toujours pas une réalité en Tunisie. C’est malheureusement particulièrement vrai en période de campagne électorale. Le président Ben Ali fait la une des journaux qui ne tarissent pas d’éloges à son égard. Les colonnes des journaux d’Etat ou pro-gouvernementaux sont remplies de messages de félicitations et de soutien à l’adresse du candidat-président. Idem à la télévision et à la radio. Les opinions défavorables au chef de l’Etat sont largement absents des médias et les Tunisiens n’ont pas accès à une information équilibrée. »

► Article sorti de nos archives, déjà publié le 23/10/2009.

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  • 32 réactions
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  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 17h12 le 23/10/2009
    • Internaute 18202

    Toute honte bue, le régime français le soutient parce qu’il serait un rempart à la barbarie islamisque.

    A quand une réélection à 100%

    Lien

  • fouadraiden
    fouadraiden
    Commentateur bruxellois
    • Posté à 17h24 le 23/10/2009
    • Internaute 59283
      Commentateur bruxellois

    Quand on voit l’inertie des régimes arabes on en viendrait presque à regretter la méthode des invasions américaines, qui semblent être dans cette région la seule force capable de balayer les potentats arabes .

    C’est bien sûr kifkik au Maroc en Algérie en Arabie en Egypte et en Lybie.

    Malheureusment il n’y a donc rien à tirer du cas tunisien.

    Les peuples du Maghreb auraient-ils disparu ?

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 17h25 le 23/10/2009
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    Encore une fois, désolé, je râle sur la forme de l’article. On parle d’une affaire qui concerne des pouvoirs étrangers, ça peut être utile de dire où se passent les événements. L’accident et l’altercation avec la policière, c’était en France ou en Tunisie ?

    Je suis heureux de voir des articles sur rue89 qui sortent de l’hexagone et j’aimerais en voir plus, mais une petite suggestion. L’AFP par exemple commence tous ses articles par la localisation géographiques de ses événements : « TUNIS- TUNISIE. Zine Ben Ali a beau être assuré d’une... ». Je sais que vous n’êtes pas une agence de presse, mais ce genre de précisions peut être utile dans un article qui concerne un collaborateur de rue89 (Français ? Double nationalité ?)

    Ce n’est pas que j’attache une grande importance morale aux lieux et nationalités mais ils ont une importance légale pour comprendre ce qui se passe et les dérives éventuelles que ces événements représentent.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Iv
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 17h38 le 23/10/2009
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Vous avez raison d’exiger plus de précisions, même si, dans ce cas, l’ambiguité n’était guère possible sur le fait que ça se déroule sur le sol tunisien et pas en France. J’ai rajouté Tunis. Quant à Taoufik Ben Brik, il est un journaliste tunisien indépendant.

      • juba71
        juba71 répond à Pierre Haski
        Revolté
        • Posté à 18h30 le 23/10/2009
        • Internaute 77776
          Revolté

        A quand un papier sur le voisin de l’ouest de Mr zine el abidine ben ali , je veux dire la république algérien démontable et portatif
        par exemple nous parler de la tangente ou si vous voulez la poudre d’escompette qu’a pris un ministre de mouvance islamiste algérien de geneve il ya une semaine, car un journaliste algerien a deposé plainte contre lui pour torture.

        traduisez pour les pieds noir svp

         
        • Pierre Haski
          Pierre Haski répond à juba71
          Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
          • Posté à 02h14 le 24/10/2009
            éditeur
          • Journaliste 9
            Cofondateur

          L’affaire dont vous parlez a fait l’objet d’un article cette semaine sur Rue89, revenez plus souvent...

          Lien

          • Aequopulsatpede
            Aequopulsatpede répond à Pierre Haski
            Sauvé de Dati par la retraite.
            • Posté à 19h09 le 30/01/2010
            • Internaute 63631
              Sauvé de Dati par la retraite.

            C’est bien de relever ironiquement (points de suspension) un article paru sur R89.

            Mais faudrait aussi publier d’autres articles tout aussi intéressants sur l’actualité nationale.

            Il est à noter, que tous ces sujets qui font défaut sur R89 ne sont pas à l’avantage des gens en place.

            Coïncidence ?

          • Tchiper
            Tchiper répond à Pierre Haski
            Camillard
            • Posté à 21h56 le 30/01/2010
            • Internaute 66741
              Camillard

            Cette semaine ? (Un ex-ministre algérien échappe à des poursuites pour torture - Par Frédéric Burnand | Swissinfo | 21/10/2009 | 15H17). Vous devriez relire Rue89 plus souvent.
            Je me disais bien qu’il y avait une impression de déjà-lu...

        3 autres commentaires
  • PassionDeLaVerite
    PassionDeLaVerite
    Auto Entrepreneur
    • Posté à 17h53 le 23/10/2009
    • Internaute 92832
      Auto Entrepreneur

    Quel est le pays arabe qui peut se targuer d’être une démocratie ?
    Et les peuples de se confondre dans les intégrismes ou la peur faisant le lit des dictatures florissantes.
    La Tunisie est minée par la peur.
    Les médias n’ont de média que le nom.
    Il faut regarder les journaux télévisés, lire la presse et écouter la radio afin de réaliser concrètement que le peuple n’a aucun relais pour porter la voix de sa colère.
    Mais avec la crainte des lendemain qui déchantent, de voir sa famille prise en otage, nul ne daigne avoir le courage du sacrifice salvateur.
    Que tous descendent dans la rue, et ils pourront changer ce régime honteux.
    Mais la division, la peur et l’individualisme conséquent, permettent à Ben Ali et sa femme de dormir tranquille.
    Un pays où l’on ne pense qu’à avoir un mariage clinquant, une villa au bord de la mer, et la dernière voiture coûteuse permet de continuer tranquillement son despotisme, puisque les cerveaux ne fonctionnent qu’en pensant « avoir » et « paraître ».
    Et « après moi le déluge ».

    • kikoom
      kikoom répond à PassionDeLaVerite
      Webdesigner
      • Posté à 18h43 le 23/10/2009
      • Internaute 54742
        Webdesigner

      Bonsoir Passion de la vie .. ton message me fait penser à une excellente émission de radio consacrée à Sihem Bensedrine ...

      C’est ici > Lien

  • amour
    amour
    retraite
    • Posté à 18h08 le 23/10/2009
    • Internaute 48580
      retraite

    brave courageux journalistes a quand des articles sur les autres pays « democratiques ’arabes...decapitations...lapidations etc...

  • Crepitus
    Crepitus
    Retraité
    • Posté à 19h02 le 23/10/2009
    • Internaute 85789
      Retraité

    Je n’aurais pas écrit « suspense haletant “ mais suspense hilarant.

  • Patrick Guergnon
    • Posté à 20h08 le 23/10/2009
    • Internaute 10669

    « “ Le pluralisme de l’information n’est toujours pas une réalité en BIIIIP . C’est malheureusement particulièrement vrai en période de campagne électorale. Le président BIIIIP fait la une des journaux qui ne tarissent pas d’éloges à son égard. Les colonnes des journaux d’Etat ou pro-gouvernementaux sont remplies de messages de félicitations et de soutien à l’adresse du candidat-président. Idem à la télévision et à la radio. Les opinions défavorables au chef de l’Etat sont largement absents des médias et les BIIIIP n’ont pas accès à une information équilibrée. ”

    Vision de ce que sera la BIIIIP en 2011 - 2012 ?

  • alangaja
    alangaja
    "Bank brother is watching you"
    • Posté à 23h07 le 23/10/2009
    • Internaute 93690
      "Bank brother is watching you"

    entendu sur Europe 1 : Eric Raoult louant la liberté de la presse en Tunisie.
    plus c´est gros...

  • affreuxjojo
    • Posté à 23h09 le 23/10/2009
    • Internaute 29421

    Des entreprises françaises s’étant installées en Tunisie, il ne faut pas compter sur les autorité Française pour moufter.

    On nous avait affirmé de façon péremptoire, pour nous vendre la mondialisation, que le développement des échanges commerciaux conduirait infailliblement, dans un premier temps à l’ouverture des pays au monde, et ensuite à la démocratie plus ou moins par « contagion ».
    Avec le recul, on peut souvent conclure à la réalisation du phénomène exactement inverse. Une fois que des entreprises des pays démocratiques se sont installées dans des dictatures (soit pour y conquérir de nouveaux marché, soit pour y trouver de l’énergie ou des matières premières ou de la main-d’oeuvre aussi docile que peu couteuse) les gouvernement des dits pays démocratiques se retrouvent paralysées sur les questions des droits de l’homme.
    Récemment, des délégations gouvernementales importantes, accompagnées de chefs d’entreprises, ont visité différents pays particulièrement peu démocratiques. Le thème de ces visites à toujours été les contrats d’affaires. La question des droits de l’homme étaient systématiquement oubliée. Et la signature de contrats importants est une reconnaissance, de facto, de la légitimité du pouvoir dans ces dictatures.
    Quel est le véritable bilan du développement des échanges sur la question des droits de l’homme ? Progrès ou régression ?

  • cristofalix
    • Posté à 23h33 le 23/10/2009
    • Internaute 14995

    Cher M. Taoufik Ben Brik,

    Je ne peux, de ma petite fenêtre occidentale et grand admirateur de la Tunisie, que vous encourager à continuer à parler, à écrire, à résister. Quel courage ! Je sais que vous en avez tant besoin, je sais qu’il est si difficile (et rare !) de trouver des tunisiens qui puissent s’exprimer librement, et quels risques sont les vôtres. Je lis vos billets, vos cris de détresse, tout impuissant que je me sens, que je me suis senti lors de mes nombreuses visites chez vous. Écrivez, parlez, dites ce que vous avez à dire. Qui aurait le droit de vous critiquer ? Qui de nous, ici, pourrait entreprendre une remise au point à ce que vous êtes en train de vivre ? Pardonnez certains commentaires de mes compatriotes qui peuvent être parfois d’une naïveté affligeante, ils ont oublié quelle chance ils ont de pouvoir s’exprimer librement - oui, certes, on a Sarkozy, mais il n’a pas (encore) osé amorcer le dépistage de toute la résistance légitime à son régime. Je connais votre pays, mes amis m’ont raconté, j’ai vu les prisons (seuls nouveaux bâtiments construits par Ben Ali) aux bords des routes jusqu’au Kef, j’ai expérimenté les pièges de ces informateurs qui, par leurs actions, espèrent bêtement une promotion dans ce système, j’ai visité (malgré moi) les imprimeries officielles du gouvernement, etc. Je vous trouve courageux, et je m’inquiète aussi de votre sort. Faites attention à vous.

    Et merci à Rue89 de vous laisser la parole !

    Christophe Alix

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 01h09 le 24/10/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Entendu les déclarations de nombre d’hommes politiques français sur la partialité et la méchanceté de la presse française, on imagine assez facilement qu’ils tiennent la politique en la matière de Ben Ali pour exemplaire.
    J’espère juste qu’on n’en arrivera pas là.

  • bidule
    • Posté à 11h55 le 24/10/2009
    • Internaute 25967

    Regardez de plus près la photo...on nous trompe ; il ne s’agit pas de Ben Ali mais de Frank Fernandel ! !

  • tweesty
    tweesty
    Gaucher et contrarié
    • Posté à 11h57 le 24/10/2009
    • Internaute 83901
      Gaucher et contrarié

    Une drôle de tête, Ben Ali, Ben Ali, sur la photo.
    A mon avis c’est les pois chiches...
    (un connaisseur)

  • orange
    • Posté à 15h38 le 24/10/2009
    • Internaute 27539

    Un grand merci à la France pour l’aide apporter à ce que ce dictateur reste au pouvoir. applause.

  • papy38
    papy38
    retraité
    • Posté à 15h46 le 24/10/2009
    • Internaute 69081
      retraité

    Et la Tunisie est une « grande amie » de notre Etat « Sarkozien ». Au nom d’une « démocratie » qui n’en a que l’apparence. Mais au fond, la France ... ?

  • solènejazz
    • Posté à 17h46 le 24/10/2009
    • Internaute 89346

    La Tunisie n’est donc pas prêt d’être une démocratie mais les Tunisiens souhaitent un tel régime politique ? ? ? Personnellement mon attachement aux principes de révolution française me rend inconcevable la vie dans un autre régime mais pour les Maghrébins la question de la liberté est peut être secondaire ? ? la question économique arrivant largement en tête.

    De plus quand on voit l’attitude des démocraties occidentales (france en tête) face à cette parodie d’élection, on est écoeuré. En fermant les yeux elles sont en fait complices. Il faudrait questionner énergiquement nos politiques et il y a des moyens de pression. J’ai vraiment l’impression d’une répétition de la période coloniale : je promet une chose (la démocratie) et j’encourage le contraire (la dictature).

  • LienRag
    • Posté à 22h26 le 24/10/2009
    • Internaute 34767

    Afrique Asie, c’est bien celui qui s’appelait dans les années 90 « le nouvel afrique-asie » ?
    En voyant cette couverture dans les kiosques, j’ai été étonné et si Rue89 pouvait expliquer les raisons de cette servilité, cela m’intéresserait.
    J’ai lu le Nouvel Afrique-Asie quelques temps après avoir constaté à quel point Jeune Afrique servait la soupe (manifestement contre rémunération) aux régimes pro-occidentaux les plus infréquentables,et ai avec le temps fini par comprendre que le NAA servait en fait, quoique plus discrètement, la soupe aux régimes dits « progressistes » (Angola, etc.) dont la Tunisie ne fait absolument pas partie. Alors pourquoi ce revirement ?

    On notera pour la petite histoire que l’Autre Afrique, qui se voulait indépendant et a pas mal innové en ce qui concerne la presse africaine, a fini par couler après quelques années, faute de ressources publicitaires suffisantes...

    • Gibert Because-Youno
      Gibert Because-Youno répond à LienRag
      Kaléïdoscopique
      • Posté à 16h13 le 25/10/2009
      • Internaute 68955
        Kaléïdoscopique

      Oui, ce serait intéressant un article sur les différents journaux africains, quelle vision ils développent, quels projets politiques ils soutiennent.

      J’aimerais en savoir plus là-dessus.

  • verlaine91
    verlaine91
    épris de liberté
    • Posté à 11h11 le 25/10/2009
    • Internaute 72245
      épris de liberté

    C’est une très bonne initiative de parler de toutes ces magouilles, et je soutiens ce journaliste.
    Hélas, il n’est pas le seul comme vous le dites et l’émission Thalassa l’a bien montré puisque le reporter de l’émission a été suivi tout au long de son périple. Que faisait il ? Un doc sur les régions « non touristiques » de la Tunisie. (Le nord). Eh bien malgré tout, il avait toujours2 flics aux basques.
    L’Equipe de G Pernoud doit être très dangereuse aux yeux de Ben Ali ! ! !
    Je mets en parallèle ce fait avec ce qui se passe en Iran : Antoine de Maximy confronté aux mêmes tracasseries au pays des mollahs.
    Et Ben Ali qui dit lutter contre l’islamisme utilise les mêmes méthodes !

    J’ai vécu et travaillé en Tunisie dans les années 70, c’était Habib qui gouvernait.
    Je n’ai jamais connu cette ambiance. Je retourne régulièrement dans ce pays et j’ai vu les changements policiers depuis ces dernières années. Les Tunisiens parlent aux Français quand ils ont confiance et je m’enorgueillis de parler avec eux quand je suis là bas.
    Mais, quand je vois des « Beaufs » français dire à la télé qu’ils se sentent bien en Tunisie parce qu’il ya une « bonne présence policière » des vigiles et la sécurité partout, j’ai honte et je me demande ce que les Tunisiens qui regardent notre télé vont penser.
    Je suis de tout coeur avec le peuple tunisien qui souffre mais ne peut réagir car il n’aura aucun soutien de la part des Français.

  • spouny_boy
    spouny_boy
    Lynchez moi j'aime ça ! ! Mais (...)
    • Posté à 14h52 le 30/01/2010
    • Internaute 52117
      Lynchez moi j'aime ça ! ! Mais (...)

    Ayant habité en Tunisie un moment je peux témoigné que les tunisiens ont tous peur du pouvoir en place ce qui met une sale ambiance générale !

    SCREW BEN ALI ! ! ! !

  • Otreman
    • Posté à 16h11 le 30/01/2010
    • Internaute 45643

    Un « pays » complètement assisté au gouvernement duquel tout est permis sans critique. Une vitrine pour le tourisme à bas-coup...

  • lilazak
    lilazak
    retraitée
    • Posté à 17h29 le 30/01/2010
    • Internaute 103316
      retraitée

    Pour pouvoir bronzer idiot
    Et cela ne va pas empêcher les groupes de touristes d’aller se faire bronzer en Tunisie, les Tunisiens de voter massivement pour leur président et sa police, et notre gouvernement de protester mollement quand il proteste... On importe la démocratie et on se préoccupe des droits de l’homme dans les pays qui nous intéressent ou là où nos amis s’embourbent...

  • Aequopulsatpede
    Aequopulsatpede
    Sauvé de Dati par la retraite.
    • Posté à 18h34 le 30/01/2010
    • Internaute 63631
      Sauvé de Dati par la retraite.

    Ben, si ça ne se passait pas comme ça en Tunisie, le président ne serait pas le grand copain à Sarkö......................

  • Holocrate
    Holocrate
    Douteur plus que douteux
    • Posté à 18h52 le 30/01/2010
    • Internaute 97427
      Douteur plus que douteux

    Pour le lecteur lambda, pas grand chose d’autre à faire que ce que je fais déjà avec les régions et/ou les communautés dont je réprouve l’attitude : les boycotter en n’y mettant plus les pieds (entre autre).

    A ces régions (comme la Corse ou la Vlaamse kust, par exemple), j’y ajoute la Tunisie.
    Dommage, car les Tunisiens sont comme leurs mlabes : craquants et fondants.

  • Mizaanoun
    • Posté à 23h54 le 30/01/2010
    • Internaute 11626

    Gloire à Ben Brik.

    Évidemment on est triste à l’annonce que la condamnation à six mois de prison ferme du journaliste Taoufik Ben Brik soit maintenue par la cour d’appel. On l’est beaucoup plus de savoir qu’il soit en prison, non pas en tant que journaliste et pour ses écrits, mais pour « un délit de droit commun » montée de toute pièce par les « experts » de la justice en Tunisie. Il faut aussi rendre hommage au courage de Ben Brik, un courage énorme sachant la nature du dictateur pour le défier à partir du sol même du pays.

    Deux choses sont de toute évidence :

    1- Ben Ali est incontestablement un dictateur. Que le personnage fasse l’affaire de la France en particulier et des autres puissances occidentales, il n’y a aucun doute là-dessus. D’où leur complicité dans toutes les tortures qu’en endure le peuple et particulièrement ses braves enfants détenus dans les geôles du tyran. Et paraphrasant Eduardo Galeano la division du travail dans le monde consiste à ce que l’Occident continue à gagner et le reste du monde, c’est-à-dire tous les peuples du sud à perdre et pour que ça continue indéfiniment ainsi, il faut installer des dictateurs partout. Ben Ali est devenu presque le prototype idéal du dictateur au service de l’Occident. La férocité exemplaire de Ben Ali envers les « récalcitrants » est traduite dans l’opinion publique occidentale en stabilité. La misère des plus de 80 % des citoyens est vue d’un air cynique par l’Occident qui considère que les peuples du Sud ne peuvent prétendre à la prospérité du Nord.

    Non seulement Ben Ali, mais tous les dépostes arabes sont reçus les bras ouverts en Occident pourvu qu’ils arrivent, dans le passé, avec des malles bourrées d’argent volé à leurs peuples, et aujourd’hui pour signer des contrats plus que suspects d’achats d’armements ou de produits les plus divers et inutiles à coup de milliards d’euros ou des contrats autorisant les multinationales à explorer et piller tout ce que recèle le sous-sol du pays de ressources les plus variées. Enfin garantir à l’Occident l’accès sans restriction à tout. Et de ce qu’ils reçoivent en contre partie, des bagatelles à côté ce que ces multinationales en tire. Le même système appliqué en Tunisie se répète partout où sont installés les tyrans. À l’image d’un Occident qui ne représente que 12% de la population mondiale qui rafle par contre plus des 80% de toutes les richesses de la planète, eh bien en Tunisie ou ailleurs chez les dictateurs l’équation ne varie pas beaucoup : une minorité de riches dans un océan de misérables.

    2- Ben Brik a fait son travail comme citoyen, d’abord et comme journaliste par la suite. Tout journaliste digne de cette profession aurait dû faire la même chose que Ben Brik. Faut-il couvrir d’éloges un dictateur ? – Bien sûr que non. Des journalistes en Tunisie et dans les pays dominés par l’Occident, il y a très peu qui ont la bravoure de Ben Brik. Dans tous ses écrits – avec son style percutant, sans complaisance et sans détour – il ne relate que la vérité. Que le dictateur s’adonne périodiquement à des farces d’élections constitue non seulement un mépris total de l’intelligence humaine, mais bien un crime, car la haute fonction met à sa disposition et sans justification aucune tout un pays et tout un peuple terrifié et pétrifié par ses bourreaux dans les rues, dans les lieux de travail et partout en long et en large du pays, sans parler des innombrables lieux de détention. Oui il n’y a pas un seul mot employé dans les écrits de Ben Brik à l’égard de ce personnage qui soit inapproprié.
    En faisant son apparition sur la scène, il y a de ça plus de vingt ans, le 7 novembre 1987, Ben Ali le « sauveur » avait vilipendé son prédécesseur, le fondateur même de la dictature. Il avait lancé un discours plein de promesses de changements. Il a parlé de peuple adulte, digne de liberté d’expression, digne de vie conforme aux conditions de son siècle. Il a parlé d’élections libres et transparentes. Il a aboli la présidence à vie et même a promis de restreindre la présidence à deux mandats etc. Rien, absolument rien de ce qu’il a annoncé dans son discours du 7 novembre n’était vrai. Ce n’était que du marketing. C’était le loup qui s’était habillé de la peau du mouton. Bref Ben Brik et beaucoup d’autres avant l’ont défié au prix de leur vie. Eux à coup sûre, ils resteront dans les cœurs de leurs compatriotes. Ben Ali et ses semblables finiront comme tous les dictateurs dans les poubelles de l’histoire. Et la partie n’est pas finie.