Firefox refuse que YouTube devienne « un club de riches »
Les utilisateurs de Firefox seront-ils bientôt privés de vidéos ? Le navigateur dénonce le nouveau système d’encodage testé par Google pour sa filiale YouTube, et qui pourrait ensuite s’imposer au reste du Web. Pour l’utiliser, Firefox devrait dépenser des millions. Et renier sa philosophie du logiciel libre.
A l’origine de la tension entre Firefox et Google : le HTML 5, la dernière version du principal langage utilisé pour la construction des pages Web. Cette réécriture permettra aux plates-formes comme Dailymotion et YouTube d’améliorer leurs players vidéos.
Pour cela, Dailymotion et YouTube doivent aussi choisir un nouveau système d’encodage des vidéos. La plate-forme française a choisi Ogg Theora, un système libre et gratuit. L’Américain en teste un autre, le H.264. Un système protégé par une licence et payant.
Pour Firefox, c’est hors de question. La fondation à but non lucratif Mozilla, qui gère le navigateur, refuse de payer pour que les internautes puissent regarder des vidéos.
« Ce serait hypothéquer l’avenir du Web »
Tristan Nitot, président de la fondation Mozilla en Europe, explique :
« Si le Web est si participatif, c’est parce qu’il n’y a pas de royalties pour participer et créer un contenu. Ce serait hypothéquer l’avenir du Web. [...] On créerait un îlot technologique, un club de riches : on pourrait produire du texte ou des images gratuitement, mais par contre, pour la vidéo, il faudrait payer. »
Si YouTube adoptait définitivement le H.264, les utilisateurs de Firefox n’auraient plus accès à ses vidéos. Pour les partisans du logiciel libre, l’influence de Google pourrait même conduire à la généralisation de ce format sur le Web, comme pour le MP3 dans la musique.
Tristan Nitot résume cette guerre des formats :
« Il y a le camp des pro-H.264 : Google et ceux qui ont payé la licence. Et le camp des anti-H.264, comme Mozilla, parce que c’est cher et que ce n’est pas compatible avec notre approche du logiciel libre. »
Mozilla estime que la licence lui coûterait 5 millions de dollars par an (3,5 millions d’euros). Un coût très élevé pour la fondation, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 78,6 millions de dollars (55,5 millions d’euros) en 2008.
L’essentiel de ce chiffre d’affaires provient d’ailleurs de Google. Comme l’avait expliqué Rue89, Google contribue à hauteur de plus de 80% au chiffre d’affaires de Mozilla, en échange d’une barre de recherche affichée par défaut sur le navigateur.
Pour l’instant, donc, les utilisateurs de Firefox ne peuvent pas tester la version de YouTube en HTML 5. Mais le choix de Google n’est pas définitif. Le moteur de recherche est en train de boucler le rachat d’un spécialiste de l’encodage vidéo, On2, et pourrait donc élaborer un système alternatif.
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- Sur wikipedia.orgLa page Wikipedia sur le HTML 5
- Sur wikipedia.orgLa page Wikipedia sur l'encodage de vidéos en H.264
- Sur youtube.comYouTube présente ses tests de vidéos en HTML 5
- Sur standblog.org"Vidéo dans le navigateur: Theora ou H.246?", un billet de Tristan Nitot sur Standblog
- Sur rue89.comTous nos articles sur Firefox
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Roboticien utopiste
Roboticien utopiste
C’était inévitable...
Il est intéressant de rappeler que le succès de Youtube, ça vient quand même à la base du fait que Microsoft n’a jamais été foutu de sortir un lecteur de video correct de base dans windows, préférant tenter de verrouiller le marché en imposant ses propres formats. Pour deux personnes sans connaissance technique voulant s’échanger une vidéo, passer par Youtube était plus simple que de s’échanger le fichier lui même !
La guerre passe aux formats utilisés dans les navigateurs, rien de bien surprenant. Youtube et Google devraient toutefois se méfier : ils peuvent en jouant ainsi ouvrir la porte à un concurrent plus ouvert qu’eux.
Verrouiller des données en les stockant dans des formats sous une licence peu connue du grand public est une pratique vicieuse et malhonnête qui ne sert aucun acteur économique innovant. Il n’y a qu’un seul parti à ce jour qui combatte cette pratique ouvertement : le parti pirate. Lien




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