A débattre 25/01/2010 à 21h01

La parole aux femmes en burqa que les députés veulent dévoiler


La publication du rapport de la mission parlementaire sur l’interdiction de la burqa était prévue seulement mardi. Mais Le Figaro s’est procuré le texte et a révélé ce lundi les conclusions des élus. Ce document confirme que les députés ont finalement renoncé à une loi bannissant ce voile intégral dont Nicolas Sarkozy avait dit l’an dernier qu’il n’était « pas le bienvenu en France ».

En lieu et place d’une loi d’interdiction générale -qui aurait été difficilement applicable, comme le reconnaissait encore ce lundi matin Michèle Alliot-Marie- la mission préfère une résolution votée par l’Assemblée assorties de « dispositions législatives » pour interdire la burqa dans tous les services publics, y compris les hôpitaux et les écoles. On apprend au passage que conduire leur serait aussi interdit.

Une vision pour le moins extensive de l’interdiction... Le PS a fait savoir dès la fin de semaine qu’il ne voterait pas le texte. Toujours dans Le Figaro, on apprend qu’un député siégeant dans le commission aurait déclaré : « Il faut leur rendre la vie impossible, pour endiguer le phénomène. »

Aucune femme intégralement voilée écoutée

Avant de trancher, les députés ont entendu des dizaines de spécialistes, parmi lesquels la sociologue des religions Leila Babes, dont Rue89 avait publié en 2009 l’intervention devant les députés. Ils n’ont en revanche reçu aucune femme vêtue du voile intégral, dont les RG ont estimé qu’elles étaient environ 400 en France.

Agnès de Féo, réalisatrice, en a rencontré certaines dans le cadre d’un documentaire diffusé depuis la semaine dernière par Oumma.com. De longs entretiens clairement hostiles à toute interdiction, interrompus par le décryptage de Raphaël Liogier, professeur de sociologie à l’IEP d’Aix-en-Provence (manifestement tout aussi hostile au bannissement du voile intégral).

Alors que le film ouvre sur des extraits du débat politique (et notamment Nadine Morano qui s’étouffe sur RTL : « il y en a même à Eurodisney ! »), une demie-douzaine de femmes dont on devine que certaines sont jeunes se succèdent devant le micro. Elles parlent de leur foi, répliquent qu’un visage dévoilé n’a jamais impliqué la probité et s’interrogent :

« Mais de quoi ont-ils peur ? ! »

Mais le passage le plus saisissant tient au discours qu’elles tiennent sur leur liberté à elles. Nicolas Dupont-Aignan, Fadela Amara et de nombreux autres les disent « en prison » ? L’une argue « je suis heureuse, épanouie », l’autre « je ne suis pas contrainte ». (Voir la vidéo)

Nadine Morano et Aurélie Filippetti en appellent à « l’idéal républicain » de liberté et d’autres à l’héritage du féminisme ?

Les femmes interviewées par Agnès de Féo n’en démordent pas : elles se définissent comme l’incarnation-même du discours féministe. Parce qu’elles choisissent. Certaines se montrent même carrément offensive à l’endroit des féministes et interrogent : « Où êtes vous ? Vous devriez être à nos côtés. » (Voir la vidéo)

Ce film assume le fait de relayer une parole trop ignorée des médias - voire la réhabiliter. A vous de vous faire votre avis : l’intégralité du documentaire est accessible gratuitement sur Oumma.com. Mais regardez ce dernier extrait, sur l’austérité, le noir comme couleur et la négation de la mode féminine. (Voir la vidéo)

Intéressant : la parole de ces femmes nous échappe le plus souvent. Ici, on découvre au moins la représentation qu’elles se font d’elles-mêmes. En interview, l’universitaire Raphaël Liogier précise :

« Elles sont volontaires de leur volonté au sens où l’entend Heidegger. »


Une femme voilée et son mari (MYKAIA)

  • 43265 visites
  • 608 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • framboise92
    framboise92 répond à poppa
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 07h24 le 27/01/2010
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Si elles sont obligées elles devront le faire.
    Ce qui est à craindre, c’est que les maris les gardent à la maison avec leurs enfants. mais l’école est obligatoire pour avoir les allocs.

    Mais c’est au prix de cette obligation que nous les mettrons devant leurs obligations comme tout un chacun(e) et nous ne salirons pas notre République pour autant.
    C’est ce que je pense et je suis d’accord avec moi.

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 07h56 le 26/01/2010
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    reste plus qu’à donner la parole à celles qui portent la burqua, ou le niqab, ou je ne sais quoi (on ne va pas chipoter le résultat est le même ), mais qui sont contraintes.
    ah c’est vrai celles là n’existent pas, j’oubliais.

    en passant qu’on m’explique la tenue en robe de chambre des hommes qui garnissent en complément les burqua ; j’aimerais savoir ce qui justifie, d’un point de vue religieux cette tenue.

  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 08h36 le 26/01/2010
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    Les femmes interviewées se définissent comme l’incarnation du féminisme ?
    Alors celle là elle est bien bonne !

    La burqa est à l’origine le vêtement traditionnel des tribus pachtounes en Afghanistan, imposé par le régime taliban. Le niqab, lui, est un voile intégral complété par une étoffe qui ne laisse apparaître qu’une fente pour les yeux, Il s’est répandu sous l’influence de l’islam wahhabite et ses fidèles salafistes, surtout en milieu urbain. Certaines femmes y ajoutent même des lunettes de soleil et des gants, voire un masque.

    En octobre 2009, le cheikh Mohammed Sayed Tantaoui, imam de la mosquée al-Azhar du Caire a notamment demandé à une étudiante d’enlever son voile intégral en expliquant que « le niqab n’est qu’une tradition, il n’a pas de lien avec la religion ni de près, ni de loin ».

    La pensée féministe, elle, vise en particulier l’amélioration du statut des femmes dans les sociétés où le féminisme considère que la tradition établit des inégalités fondées sur le sexe.

    S’il ne fallait retenir qu’une chose du féminisme c’est qu’il est un combat contre la tradition.
    Il existe pourtant bien un courant féministe islamique, tout comme il existe un féminisme catho ou juif, mais celui qu’elles mettent en avant est un hold-up idéologique.

    • DeSuisse-
      DeSuisse- répond à steed1
      Je pense donc je gêne !
      • Posté à 08h51 le 26/01/2010
      • Internaute 101756
        Je pense donc je gêne !

      Tout à fait d’accord (une fois n’est pas coutume). Comme quoi les intégristes ont aussi des intellos capables de renvoyer le message dominant et des marketteurs prêts à le mettre en musique.

      Il y a 400 femmes portant ce type de voile et on en voit déjà 5 ou 6 ayant le même discours ... Cherchez l’erreur et la coordination (il y a du Sarkozy là-dessous, pour sûr).

  • guyome
    • Posté à 08h54 le 26/01/2010
    • Internaute 11884

    Première chose, je ne vois pas un seul homme de tout les images, peut-être parce que la journaliste est aussi une femme. C’est très « entre filles ».

    C’est assez paradoxal, il y à la fois une indépendance à porter le niqab contre la société et une soumissions à l’ordre patriarcal. Et à focaliser sur le niqab, on oublie ce qui leur est propre : comment ont-elles été amenées à cette pratique de l’islam, mais aussi ce qui est politique : quels limites à la pratique religieuse ?

    Elles sont aussi très « occidentales » : féminisme, mode, shopping...

    Vu comment les choses sont complexes, la loi/décret risque au mieux de ne pas être efficace. C’était évident dès le départ. L’égalité homme-femme et la laïcité sont des combats politiques dont l’aboutissement - peut-être - la loi, mais sûrement pas le point de départ.

  • slave1802
    slave1802
    Technicien telecom
    • Posté à 08h59 le 26/01/2010
    • Internaute 58485
      Technicien telecom

    Il y a à peine un siècle que nos grands-pères et nos grands-mères ont chassé les curés et les bigots de nos rues et nos écoles pour les renvoyer chez eux, ce n’est pas pour qu’aujourd’hui le premier mollah intégriste venu viennent nous agiter sous le nez ses carcans de vertu !

    Que tout les adorateurs d’Allah, Jésus, le Père Noël ou Saint Elvis Presley veuillent bien nous lâcher la grappe et essaient de se rappeler que nous vivons dans un pays laïc dont la majorité de la population se fout de la religion comme de l’an 40 !

    Cacher vous sous une burka, flagellez vous tant que vous voulez, mais pitié, faites-le chez vous !

  • Nar
    Nar
    • Posté à 09h16 le 26/01/2010
    • Internaute 28418

    N’empêches, Dark Vador, c’est le précurseur de la burka masculine.

  • mick69
    • Posté à 09h28 le 26/01/2010
    • Internaute 2907

    Rappelons que les conquêtes féministes des sixties n’ont été possibles que parce qu’à l’époque, on n’a tenu strictement aucun compte

    - de la parole des femmes « traditionalistes », pourtant très nombreuses
    - de la parole des religieux

    Se mettre à l’écoute des femmes salafistes et de l’imam qui se cache derrière est donc un bon moyen de faire régresser.les droits humains

    Se présenter à visage découvert, c’est le b-a-ba de la politesse et de l’échange en France

    • shillom
      shillom répond à mick69
      • Posté à 13h32 le 26/01/2010
      • Internaute 22134

      J’ai vu l’autre jour un reportage dans lequel on voyait une vieille musulmane, voilée, interpeller des femmes sous niqab et leur dire, comme vous le faites, qu’en France on ne doit pas se cacher le visage, que c’est une insulte pour son prochain.

      C’est la première fois que j’acceptais ce type de discours, car il venait d’une femme inquiète de la tournure des choses, qui avait peur de voir la population d’origine maghrébine stigmatisée par les français « pure souche ». Elle avait raison, on ne peut pas demander à un européen de base de regarder un visage masqué sans à priori. Et pourtant, ne devrait-on pas regarder son prochain sans tenir compte de son habillement, de sa couleur de peau, de sa confession ?

    • Sethtes
      Sethtes répond à mick69
      Mega Culpa
      • Posté à 18h37 le 26/01/2010
      • Internaute 86642
        Mega Culpa

      Même si, de mon point de vue, le débat est bien plus complexe que tout le monde essaie de le simplifier, c’est la première fois que je vois 5 petites bulles rouges multipliées par 23 pour un texte qui dit qu’écouter son prochain est une régression des droits humains.

      Là, çà fait terriblement peur... Dire que, en écoutant chacun, l’avancée est tout de même possible, mais çà prend du temps, beaucoup de temps, comme pour toute tradition ancrée où que ce soit, ok.
      Mais prôner la fermeture d’esprit totale quand il s’agit de quelqu’un qui n’a pas les mêmes valeurs, le même point de vue, les mêmes traditions, la même culture, il s’agit de prôner le totalitarisme... C’est la première chose que les régimes totalitaires font...

      Incroyable... Oeil pour oeil, langue pour langue ?

      Les avancées se sont faites car, au contraire, il y a eu une grande écoute de tous les points de vue et un démontage méthodique d’un certain nombre de préjugés par des arguments qui ont tenu la route « dans le temps ».

      C’est fou... 23 fois 5... 115 bulles rouges...

  • Tartanpion75
    Tartanpion75
    Discriminé
    • Posté à 09h36 le 26/01/2010
    • Internaute 102739
      Discriminé

    Voilà que les socialistes qui étaient hier encore bouffeurs de curés, se drapant dans une laïcité Républicaine depuis 1905, sont aujourd’hui les nouveaux soumis de l’islam...

  • theshadedcucumber
    theshadedcucumber
    justicier potager
    • Posté à 09h37 le 26/01/2010
    • Internaute 93575
      justicier potager

    Moi, une femme en burqa, je n’ai même pas envie de l’écouter ! Elle a choisi (ou a été contrainte) de s’isoler du monde extérieur, tant pis pour elle. Pour qu’il y ait dialogue, il faut s’ouvrir aux autres, se dévoiler, se montrer. En restant caché derrière un morceau de tissu, le dialogue est forcément tronqué, altéré. Donc sans intérêt.

    • Sethtes
      Sethtes répond à theshadedcucumber
      Mega Culpa
      • Posté à 20h44 le 26/01/2010
      • Internaute 86642
        Mega Culpa

      Il faut aller jusqu’au bout alors : le téléphone, internet... Ca n’a pas d’intérêt ?

      Je ne défends pas la burqa et, symboliquement, ce qu’elle peut représenter, mais il y a des fois où les arguments sont un tantinet opportunistes et il est bien arrangeant d’y croire...

      • theshadedcucumber
        theshadedcucumber répond à Sethtes
        justicier potager
        • Posté à 21h41 le 26/01/2010
        • Internaute 93575
          justicier potager

        Vous pensez ce que vous voulez, mais pour moi, ce ne sont pas des arguments « opportunistes ». Lorsque je croise une femme en burqa dans la rue ou dans un magasin, je n’ai absolument aucune envie de lui adresser la parole, et j’avoue même ressentir une certaine gêne face à cette personne dont l’existence même semble remise en question !

  • Jonas Kenya
    Jonas Kenya
    rêveur
    • Posté à 09h43 le 26/01/2010
    • Internaute 102308
      rêveur

    On ne peut pas forcer les gens à se comporter d’une manière ou d’une autre. C’est contre la liberté, fondamentale, de faire ce que l’on veut tant qu’on ne gêne personne.

    Se dissimuler sous un voile ne gêne personne, même si c’est triste.
    Je préfère encore ça à une société aseptisée, lissée, contrainte, liberticide.

    Et les arguments de « refus de communication » sont dangereux car ils veulent contraindre l’autre et limiter sa liberté.

    On a le droit de ne pas vouloir communiquer, et vivre en société c’est aussi se sentir mal à l’aise face à des comportements différents tout en apprenant à les tolérer.

  • dodu
    dodu
    Slow burn
    • Posté à 10h08 le 26/01/2010
    • Internaute 67365
      Slow burn

    Et pourquoi pas simplement rappeler que sortir à visage découvert, c’est de l’ordre de la plus élémentaire correction, du simple « vivre ensemble » . Après, pour le reste,si ces dames veulent absolument camoufler leurs charmes, c’est leur plus élémentaire droit .

  • poppa
    poppa
    pas papop
    • Posté à 09h53 le 26/01/2010
    • Internaute 75123
      pas papop

    Incompatible avec les « Droits Humains » :
    le voile intégral est l’affirmation de « discrimination sexuelle ».

  • ludik_nonal
    ludik_nonal
    Sans Emploi
    • Posté à 10h27 le 26/01/2010
    • Internaute 70232
      Sans Emploi

    On dit parfois qu’il y a plus de femmes voilées aujourd’hui.

    En fait, les Français préféraient les « bons arabes » des années 60, ceux « qui travaillaient en silence » et qui « gardaient leur femme cachée à la maison ».

    C’est une affaire de cultures et d’incompréhensions ( il existe une science qui étudie ces phénomènes, mais j’en ai oublié le nom ...) : Il me semble que les occidentaux se considèrent maîtres et responsables de leurs pulsions, mais s’accordent des circonstances atténuantes pour expliquer leurs « déviances ».
    D’autres considérent que la pulsion ne doit pas être provoquée « inutilement ».

    En image, je vois dans cette affaire une grande beuverie Rabelaisienne où des gens déguisés en croisés qui scandent « A poil, a poil, a poil ! ».
    Honteux.

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à ludik_nonal
      Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
      • Posté à 12h00 le 26/01/2010
        rédacteur
      • Internaute 74
        Rue89

      Sur l’augmentation du nombre de femmes voilées, il est cependant éclairant d’écouter ce que certaines racontent, notamment la génération 15-35 ans. Elles expriment aussi un désir de rupture avec leurs mères.

      • kkadim
        kkadim répond à Chloé Leprince
        service public rhone alpes
        • Posté à 12h21 le 26/01/2010
        • Internaute 24768
          service public rhone alpes

        quelle rupture ?
        lorsque je suis arrivé dans ma douce zus, il y a 10 ans, on comptait sur les doigts des mains les femmes portant un simple foulard.
        aujourd’hui c’est plus de la moitié des femmes qui portent le foulard, le plus souvent des « méres ». des femmes que j’ai connues parfaitement à l’aise sans ce bout de tissus.
        celles vêtues de la tête au pied sont certainement plus d’une centaine, sans doute plus, et les plus fanatiques avec le visage masqué ( et je me fous de savoir si l’on peut entrevoir les yeux ou pas ) pas loin d’une cinquantaine. celà sur un quartier de lyon.
        ce qui m’éffare c’est l’emprise des « barbus », y compris sur des femmes qui ont la cinquantaine, aujourd’hui « oblibgées » de porter un foulard, et demain sans doute plus, si non ne met pas une limite. je me souviendrais toujours de cette femme pestant : un barbu lui avait fait la morale sur sa tenue. pas de bol : si elle est bien « arabe », elle est chretienne. comme quoi le délit de faciés....
        celà dit vout avez raison, les fanatiques se situent bien dans la génération des 15-35 ans.

  • Pictulo
    • Posté à 10h31 le 26/01/2010
    • Internaute 23785

    Ce qui me sidère, c’est qu’au nom de la défense de la liberté des femmes on les empêche de porter les fringues qu’elles veulent.
    En somme, pour protéger leur liberté, on la restreint.
    On leur dit en substance : « pour ta liberté, je t’interdis de porter cette fringue ». Ça ne m’étonne pas que Copé soit porteur de ce message, on voit combien pour lui la liberté concerne plus le commerce ou les hauts salaires que la liberté individuelle.
    Burqa, niqab me gènent. Je ne suis pas à l’aise quand dans la rue je les croise, il faut l’avouer. Pour autant je suis absolument contre leur interdiction.
    L’été, je suis mal à l’aise quand je croise des gros beaufs torse nu, en short et en tongs, mais je n’impose pas mon pont de vue aux autres, je ferme ma gueule et je regarde ailleurs.
    Sans compter que l’on sait qu’en stigmatisant les porteuses de niqab, on leur fait une pub du tonnerre. Le mécanisme est bien connu depuis les affaires du voile en milieu scolaire.

    • DeSuisse-
      DeSuisse- répond à Pictulo
      Je pense donc je gêne !
      • Posté à 10h42 le 26/01/2010
      • Internaute 101756
        Je pense donc je gêne !

      La burqa/niqab/etc. est la partie émergée de l’iceberg. Ce qui est en jeu est l’intolérance portée par les tenants de cette tenue n’ayant rien à voir avec la religion et qui réclament entre autres des médecins femmes pour les musulmanes, des heures de piscine publiques réservées ou refusent que leurs filles participent à la gymnastique à l’école.

      Chaque fois, ce sont des prétextes pseudo-religieux, généralement dirigés contre les femmes ou en restriction de leurs activités ou droits généraux admis comme tels par le ’vivre ensemble’ français.

      • Pictulo
        Pictulo répond à DeSuisse-
        • Posté à 10h52 le 26/01/2010
        • Internaute 23785

        Vous extrapolez il me semble. Le débat présent porte sur l’accoutrement de ces femmes. Et je ne me prononce que sur ce point précis. Car sur le reste des sujets que vous évoquez (équipements sportifs, gymnastique à l’école, médecins femmes...) je serais aussi intransigeant que je suis tolérant pour la niqab.
        C’est justement cette tolérance qui permet l’intransigeance sur les autres sujets. Sinon, cela s’appelle de la stigmatisation systématique.

         
        • Emmanuel Esliard
          Emmanuel Esliard répond à Pictulo
          écrivain
          • Posté à 11h01 le 26/01/2010
          • Internaute 80612
            écrivain

          DeSuisse n’extrapole pas, il vous montre du doigt le vrai problème, vous regardez son doigt.

          • Pictulo
            • Posté à 11h07 le 26/01/2010
            • Internaute 23785

            Pas d’accord. Je pense qu’on est parfaitement fondé à dire à une femme « habille-toi comme tu veux », et à refuser d’accéder à ses demandes particulières telles que DeSuisse les évoque (scolaires, médicales, etc....). Le « vivre ensemble » peut être une combinaison de ces deux postures.
            C’est au contraire l’amalgame qui mène à la discrimination.

            • DeSuisse-
              DeSuisse- répond à Pictulo
              Je pense donc je gêne !
              • Posté à 11h23 le 26/01/2010
              • Internaute 101756
                Je pense donc je gêne !

              Dans ce contexte, l’habit fait le ’moine’, désolé. C’est soit une revendication extrémiste soit l’expression d’un replis identitaire. Cet habit est une soustraction du corps de la femme à la concupiscence masculine car ce corps (fémnin, donc) est impur. Qui discrimine qui, selon vous ?

              • Pictulo
                Pictulo répond à DeSuisse-
                • Posté à 11h37 le 26/01/2010
                • Internaute 23785

                Je ne cherche aucunement à défendre cet habit, qui me gène profondément lorsque je le croise (je l’ai écrit plus haut). Donc la signification qu’il porte (soustraire le corps impur de la femme à la concupiscence masculine) me gène tout autant. Mais cette opinion personnelle ne m’amène pas à souhaiter une législation restrictive de liberté, surtout lorsqu’elle est présentée très adroitement comme une volonté de « libérer » la femme.
                Je suis pour que chacun puisse se saper comme il veut, c’est une expression simple de la liberté. Et cela ne m’empêche pas d’être ferme sur les valeurs républicaines.

                • DeSuisse-
                  DeSuisse- répond à Pictulo
                  Je pense donc je gêne !
                  • Posté à 12h07 le 26/01/2010
                  • Internaute 101756
                    Je pense donc je gêne !

                  Ne pas comprendre que cet habit est discriminatoire et attentatoire à la dignité de la femme PAR DEFINITION (corps de la femme = impureté) m’étonne.

                  Je prétend - plutôt que de vouloir la lbérer en ne la portant pas -que c’est porter en discriminant qui est dangereux et répréhensible. Cela a l’air sophiste mais c’est exactement l’arcane qu’il faut débusquer sous le couvert de ’liberté’ que l’on oppose ici.

            • Emmanuel Esliard
              Emmanuel Esliard répond à Pictulo
              écrivain
              • Posté à 12h00 le 26/01/2010
              • Internaute 80612
                écrivain

              Vous continuez de regarder le doigt.
              J’ai fait un commentaire sur le fond plus argumenté, qui doit se situer à la page précédente, si çà vous intéresse ... !

              • DeSuisse-
                DeSuisse- répond à Emmanuel Esliard
                Je pense donc je gêne !
                • Posté à 12h07 le 26/01/2010
                • Internaute 101756
                  Je pense donc je gêne !

                Je vous ai mis en ’voisin’.

              • Pictulo
                • Posté à 13h55 le 26/01/2010
                • Internaute 23785

                J’ai lu. Bof. Pas de quoi me faire changer d’avis.
                J’ai lu aussi l’ensemble de votre prose, j’y ai trouvé plus d’invectives et de moqueries que de quoi nourrir un vrai débat. Dommage.

                • Emmanuel Esliard
                  Emmanuel Esliard répond à Pictulo
                  écrivain
                  • Posté à 14h20 le 26/01/2010
                  • Internaute 80612
                    écrivain

                  Pour débattre, il faut être deux et ne pas se tromper de sujet !

                  • Sethtes
                    Sethtes répond à Emmanuel Esliard
                    Mega Culpa
                    • Posté à 20h59 le 26/01/2010
                    • Internaute 86642
                      Mega Culpa

                    C’est quand même fou cette supposée capacité que l’occidental se donne, quand çà l’arrange, de tout régler par la loi : que la symbolique de cette tenue soit très rabaissante pour les femmes, soit. Mais introduire une loi l’interdisant n’aura pas pour conséquence de lutter contre cette symbolique, mais uniquement sur le symptôme, burqa, de cette symbolique.

                    Les conséquences seront simples : ces femmes retourneront chez elles et n’en sortiront plus. Elles auront des pressions terribles de la part des personnes qui considèrent cette tenue comme obligatoire dans la pratique de la religion, une pression terrible depuis le début de leur vie... Et nous, petits occidentaux, on débarque, oh tiens, enlève-là ! , en libérateurs auto-proclamés, comme s’il n’y avait aucun conséquence dramatique pour ces femmes, tiraillés entre une culture dans laquelle elle berce depuis toute petite (même si elle nous semble injustifiée sur ce point précis) et une loi de la société qui l’empêche... de sortir de chez elle, au bout du compte. Le coup de baguette magique, hop...

                    On est nous-mêmes pas foutus de nous séparer d’une culture judéo-chrétienne pesante sur bien des points et on viendrait non seulement donner des leçons mais surtout mettre dans des situations dramatiques des femmes qu’on pensait libérer, dans nos élans de sauveurs de l’humanité qui n’a vraiment rien compris à la vie...

                    1 - on n’écoute jamais ces femmes, il y a donc des amalgames incroyables entre celles qui portent cette tenue, de force, et celles qui sont intimement persuadées (et là c’est leur droit) que c’est une nécessité pour vivre leur religion.

                    2 - on se dit « laïcs » mais incapables d’accepter des visions différentes de la nôtre, des cultures qui viennent heurter nos sensibilités bien ancrées, elles aussi, dans des traditions en tous genres...

                    3 - ce problème est mineur et est un coup politique d’une intelligence rare de la part de ce gouvernement tellement il a détourné toutes les attentions d’un bon grand nombre de soucis majeurs de notre société.

                    4 - il faut du temps, bordel, pour permettre la libération de la pensée... il faudrait relire l’histoire un peu et se rendre compte à quel point le temps est d’une importance capitale et non pas le « tout, tout de suite, avec une loi, de préférence, comme çà, çà justifie mon intolérance et ma décision de ne pas creuser plus loin... »

                    Bref...

                    • Emmanuel Esliard
                      Emmanuel Esliard répond à Sethtes
                      écrivain
                      • Posté à 09h49 le 27/01/2010
                      • Internaute 80612
                        écrivain

                      Vous n’avez pas dû lire mon point de vue sur la question : je suis contre une loi !
                      Par contre, je n’adhère pas à tous vos arguments, vous trouverez ci-après l’intégrale de ma contribution d’hier qui répondait à un autre commentaire :

                      Je suis d’accord avec vous sur toute la ligne. Une fois de plus, on trouve sur Rue89 un article qui non seulement ne va pas au fond du problème, mais au contraire l’embrouille en s’en tenant au côté futile, superficiel.

                      Concernant le niqab (ou la burka), il faut bien avoir à l’esprit que le problème n’est en aucun cas religieux, mais essentiellement politique, en ce sens que, soit il est instrumentalisé politiquement par certains « barbus » qui incitent (obligent ?) des femmes à se vêtir ainsi, soit il vient de jeunes femmes bien éduquées, françaises le plus souvent, voire récemment converties à l’islam, qui le portent par provocation ou par volonté d’affirmer maladroitement l’existence des musulmans en France et de dénoncer les brimades qu’ils subissent (ou subiraient ?).

                      A problème politique, réponse politique. Il pourrait être désastreux de faire une nouvelle loi, ce serait pain bénit (si je puis dire) pour Tariq Ramadan et consorts et un gage donné aux français les plus extrémistes. Une loi donnerait une importance démesurée au problème. Ne pas légiférer, au contraire ferait comprendre aux 4 à 5 millions d’habitants de culture musulmane (et qui pour la plupart ne pratiquent pas) qu’ils font partie de la communauté nationale comme n’importe quel français. Par contre, il sera nécessaire de rappeler à certains (élus, fonctionnaires) qu’ils ont le devoir d’appliquer les lois et règles existantes. Exemple : à Lille chez Martine, dans au moins une piscine, on a réservé des heures pour les femmes musulmanes, ce qui n’est pas admissible !

                      En agissant ainsi, croyez moi le soufflé retombera très vite, le niqab passera de mode.

                      Ce qui est arrivé à l’imam de Drancy hier soir me conforte dans ma position.

        11 autres commentaires
    • lilialbazar
      lilialbazar répond à Pictulo
      travailleure sociale à Toulouse
      • Posté à 19h24 le 27/01/2010
      • Internaute 36758
        travailleure sociale à Toulouse

      se mettre un drap sur la tête n’est pas une façon se se fringuer<. c’est une façon de se discriminer soi-même et après de crier au loup. en fait, ceux qui se singularise ainsi veulent attirer l’attention, le message n’est pas clair malheureusement car c’est difficile de dialoguer ! ! ! ! !

  • Le Bost 1789
    Le Bost 1789
    Réfugié en Périgord
    • Posté à 10h33 le 26/01/2010
    • Internaute 100997
      Réfugié en Périgord

    On a l’impression qu’elles ont subi un lavage de cerveau, passage obligé à une entrée en secte. Une fois convaincues, et qu’elles ont choisi de porter le niqab (qui, en France, a vu une femme vêtue de la burqa pachtoune, bleue et grillagée, imposée par les talibans en Afghanistan ?) ont-elles encore la possibilité de la retirer sans subir les représailles de leurs maris, frères, pères, gourous ? Il parait que cela s’appelle « liberté ».

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à Le Bost 1789
      Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
      • Posté à 11h59 le 26/01/2010
        rédacteur
      • Internaute 74
        Rue89

      Vous trouvez ? Sans partager leur propos (encore moins leur point de vue, et pour cause) je n’ai pas eu cette impression de discours sectaire enfermé. Mais je reconnais qu’on peut aussi les entendre comme cela...

      • lilialbazar
        lilialbazar répond à Chloé Leprince
        travailleure sociale à Toulouse
        • Posté à 21h41 le 26/01/2010
        • Internaute 36758
          travailleure sociale à Toulouse

        mais parce que dans les sectes la com ça existe aussi...

  • Plume timide
    • Posté à 10h44 le 26/01/2010
    • Internaute 4280

    En général, quand on se cache, c’est pour échapper à un danger.
    400 femmes cachent leur visage en public.
    Quel danger veulent -elles fuir ?
    Ne voir dans ce voile intégral qu’une contrainte de la part du mari, de la famille, de la religion est plus que réducteur, ce que révèlent ces interviews.
    Je propose un piste de réflexion aux riverains : ces trois textes admirables de Levinas.

    Le visage se refuse à la possession, à mes pouvoirs. Dans son épiphanie, dans l’expression, le sensible, encore saisissable se mue en résistance totale à la prise. Cette mutation ne se peut que par l’ouverture d’une dimension nouvelle. En effet, la résistance à la prise ne se produit pas comme une résistance insurmontable comme dureté du rocher contre lequel l’effort de la main se brise, comme l’éloignement d’une étoile dans l’immensité de l’espace. L’expression que le visage introduit dans le monde ne défie pas la faiblesse de mes pouvoirs, mais mon pouvoir de pouvoir. Le visage, encore choses parmi les choses, perce la forme qui cependant le délimite. Ce qui veut dire concrètement : le visage me parle et par là m’invite à une relation sans commune mesure avec un pouvoir qui s’exerce, fût-il jouissance ou connaissance.
    Emmanuel Levinas, Totalité et infini, Martinius Nijhoff, 1961, p.172

    Le visage est signification, et signification sans contexte. Je veux dire qu’autrui dans la rectitude de son visage, n’est pas un personnage dans un contexte. D’ordinaire, on est un « personnage » : on est professeur à la Sorbonne, vice-président du Conseil d’Etat, fils d’un tel, tout ce qui est dans le passeport, la manière de se vêtir, de se présenter. Et toute signification, au sens habituel du terme, est relative à un tel contexte : le sens de quelque chose tient dans sa relation à autre chose. Ici, au contraire, le visage est sens à lui seul. Toi, c’est toi. En ce sens, on peut dire que le visage n’est pas « vu ». Il est ce qui ne peut devenir un contenu, que votre pensée embrasserait ; il est l’incontenable, il vous mène au-delà.
    Emmanuel Levinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.91

    La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d’une nudité décente. La plus dénuée aussi : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve est qu’on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance.
    Emmanuel Levinas, Ethique et infini, Fayard, 1982, p.90 

    Dans nos sociétés humaines, occidentales ou non, ne tente-t-on pas de dénier aux visages humains féminins cette signification « sans contexte » pour la replacer aussitôt dans celui du sexe ?
    Ne refuse-t-on pas aux femmes d’être l’Alter Ego ?
    Toutes les études sociologiques le prouvent : inégalité économique, mépris pour les tâches domestiques qu’on leur réserve, difficulté à accéder aux postes de pouvoir (et dénigrement quand elles y parviennent - je pense à Edith Cresson entre autres), etc...

    La Bible avec sa genèse, est le texte fondateur du monothéisme, socle des religions juive, chrétiennes, musulmane, par ordre d’apparition.
    La femme n’est-elle pas, encore aujourd’hui, réduite dans l’inconscient collectif à n’être qu’Eve, issue d’une côte du premier homme, distraction offerte par Dieu pour que le mâle Adam ne s’ennuie pas au paradis ?
    N’est-elle encore qu’une créature diabolique qui, en aspirant à la connaissance offerte pas le serpent, a fait chasser l’humanité de ce fameux paradis ?
    En disparaissant sous le tissu, en n’existant plus, la femme échappe à ce regard porté sur le féminin.
    Qu’elles s’en prennent au féministes qui ont échoué dans leur but, cela se conçoit.
    Elles les souhaiteraient à leur côtés et non comme ennemies.
    Je les comprends même si leur combat par le voile est absurde. Une loi contre ce dernier l’est encore davantage.
    En paraphrasant Tartufe, elle ne dirait que « cacher ce voile que je ne saurais voir »

    • kkadim
      kkadim répond à Plume timide
      service public rhone alpes
      • Posté à 12h45 le 26/01/2010
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      sans oublier un gros détail : la société occidentale est aussi issue du monde hellenistique, où le rapport au corps, à la nudité est tout autre, et pas seulement de la monolatrie à l’origine de la bible.

      • Plume timide
        Plume timide répond à kkadim
        • Posté à 13h45 le 26/01/2010
        • Internaute 4280

        Je ne pense pas que le voile soit en relation avec la problématique du corps.
        Par contre si la misogynie n’a pas attendu la Bible pour exister la Bible l’a gravée dans le marbre.
        Concernant la civilisation grecque, voici ce qu’en disent les historiens :

        « Le mâle est supérieur par nature et la femelle inférieure… l’un gouverne et l’autre est gouvernée. »
        -ARISTOTE

        Par rapport aux femmes des autres civilisations anciennes, les Grecques n’ont en général ni un statut ni un rang élevés, et elles jouissent de peu de privilèges. Même un homme aussi éclairé que Périclès laisse entendre dans un discours important que plus les femmes sont invisibles, mieux c’est pour tout le monde. Sparte, qui, historiquement, a toujours été considérée comme inférieure à Athènes sur le plan culturel, à presque tous les niveaux, semble avoir fait mieux. Et le statut des Spartiates n’était pas exceptionnel.

        Quand ils se rencontrent, les intellectuels soutiennent que peut-être les hommes et les femmes constituent deux espèces différentes. Les hommes ont plus de choses en commun avec les dieux, tandis que les femmes s’apparentent bien plus aux animaux. (Il s’agit peut-être d’une première version, bien imparfaite d’ailleurs, de Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus.) Bien des personnes essaient de faire en sorte que les femmes restent à leur place — au foyer et hors de vue.

         
        • kkadim
          kkadim répond à Plume timide
          service public rhone alpes
          • Posté à 10h27 le 27/01/2010
          • Internaute 24768
            service public rhone alpes

          vous avez raison la place de la femme dans le monde hellenistique n’est guére enviable ( bien que certainement plus enviable que celle d’une femme afghanne d’aujourd’hui ). en fait je faisais allusion à l’influence qu’eut cette civilsation sur la notre : je voulais simplement précisé que nous ne sommes pas les héritiers uniquement de la bible, mais aussi de la gréce antique, et que le rapport au corps différe diamétralement entre ces deux optiques.

          quant à votre premiére phrase je suis en désaccord : le voile est directement lié au rapport au corps ( on ne cesse de nous le repéter : la burqua et autres sont issues de traditions bien particuliéres qui se sont greffées sur la religion musulmanne ).

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 8-10 2
    • Posté à 10h49 le 26/01/2010
    • Internaute 41917
      nc

    A Thierry Reboud et aux autres riverains

    (Désolé de répondre ici, mais mon long texte, si je l’avais mis à la place habituelle, aurait eu l’air d’un rouleau de PQ déroulé !)

    Vous dites « Si je vous ai répondu, c’est simplement parce que le concept par vous mis en avant me paraît aussi périlleux (spéciale dédicace à Poppa) que, par exemple, ceux de haine de soi ou de taqîya récemment mis à la mode. Ils ont ceci en commun d’être bien commode pour disqualifier a priori »

    Tout concept contient par nature un aspect périlleux, notamment s’il sert à disqualifier a priori. Alors je vais vous dire, si ça peut vous rassurer : sans tomber dans l’anti-intellectualisme, je préfère les réalités aux concepts et aux principes. Et ici, la réalité c’est, me semble-t-il, une minorité de militantes, qui parlent, qui se montrent, et une majorité de soumises. Les fondamentalistes musulmans me rappellent l’Eglise catholique au XIX° siècle et dans la première moitié du XX° siècle : expansionniste et dominatrice, dirigée par un clergé tout-puissant manipulant ses ouailles (mot ancien qu signifie « moutons », ces moutons qu’on parque, qu’on mène avec des chiens, qu’on tond et qui finissent à l’abattoir). Il faut avoir connu ces paroisses soumises à un Monsieur le Curé tout puissant sur tout y compris la vie communale, et logé dans la plus belle maison du bourg avec celle du notaire et celle du médecin, juste derrière le château où régulièrement il allait prendre ses ordres. Un curé véritable seigneur de village au courant de la vie intime des familles et n’hésitant pas une seconde à peser sur elles.

    Une majorité manipulée. La première fois que j’ai été sensibilisé à ça fut à Ecully : des amis dont la gamine avait une copine dans l’escalier, sympa et lookée comme une ado ordinaire, qui disparut d’un coup d’un seul dans un sac de patates noir et qui, d’ailleurs, disparut totalement : elle ne leur adressa plus jamais la parole, et de plus ils ne la virent plus. Déménagement ? Claustration ?

    Une majorité manipulée. J’avais en 6° et 5° une élève née de parents d’origine marocaine. Brillante, une tête de classe, mûreet adorant la discussion. Elle était en révolte ouverte contre son père, un collègue que nous avons vu d’année en année s’embigoter dans le salafisme, devenir incapable de parler normalement à ses élèves filles et à ses collègues femmes. Il a fini par être prié de partir, est allé loin (à la r*Réunion) pendant que sa femme se remettait à vivre, à demander le divorce contre ce cogneur, à porter des tailleurs seyants, tout juste voilée alors qu’on l’avait vue jusque là en zombie noir et muet. Et il est revenu, et il a « repris » sa femme et la mosquée (chez les cathos on dirait les paroissiens) a eu le dessus : Ch… qui faisait du théâtre est maintenant lycéenne… et camouflée de haut en bas, à l’exception du visage. Eh bien je suis prêt à parier que si je lui demandais (sans agressivité, bien sûr) de m’expliquer son parcours, elle me réciterait le catéchisme de la Liberté !

    Liberté. Il est amusant de voir ces prisons ambulantes utiliser contre nous et fort habilement l’arme démocratique, arme qui n’existe pas dans des pays comme l’Arabie Saoudite, lieu d’émission de ces façons de vivre à l’abri. Allez donc être chrétien en Algérie, en Egypte, en Irak etc., tous pays où le prosélytisme chrétien est interdit quand le leur est pratiqué à dose massive dans nos banlieues.

    La burka est donc l’emblème de l’islamisme. L’islamisme, lui, est le communisme du XXI° siècle.

    Je m’explique, car je vois ici et là des cheveux se dresser sur des têtes.

    - Islamisme et communisme sont des visions totalisantes du monde, des systèmes qui régentent la totalité de la vie des gens qui y sont soumis. Dans les pays où ils se pratiquent/pratiquaient, aucune place vivable pour les indifférents, les rétifs ou les opposants.

    - Islamisme et communisme disent/disaient combattre, et par tous les moyens guerre comprise, l’impérialisme occidental dont l’acmé serait les vilains USA (même que c’est pas totalement faux).

    - Islamisme et communisme ont/avaient à gauche leurs idiots utiles, qui ont admiré Staline, Mao, Pol Pot, Castro et maintenant Tariq Ramadan. Idiots confortables, qui n’ont jamais eu à subir les effets réels des actions des trois charmants personnages cités en premier, jamais vécu en URSS ailleurs que dans les hôtels réservés et jamais vu ce pays autrement qu’à la mode de l’impératrice visitant ses villages Potemkine. Idiots confortables qui jamais ne porteront de burqa, jamais ne seront excisés, jamais ne se feront vitrioler le visage…

    Le communisme a fait des millions de morts, broyé des millions de vies d’humains réduits à l’état de machines à produire et à obéir. L’islamisme ne compte pas encore les morts par millions. Pour les vivants broyés, le compteur tourne, sous les yeux attendris et démocrates de nos islamo-gauchistes…

    PS Au fait, Thierry Reboud, vous ne m’avez pas dit si j’avais le droit de me balader précieuses et quiqui à l’air libre (c’est l’adjectif) ?

    • Machiavel
      Machiavel répond à A déménagé le 8-10 2
      voisin oisif
      • Posté à 11h05 le 26/01/2010
      • Internaute 21001
        voisin oisif

      Ici vous pouvez observer le produit d’une crise de priapisme postier d’un nostalgique de Yalta. Le sujet n’a eu qu’à remplacer le « judéo-bolchévique » entendu chaque semaine autour du gigot dominical de son enfance par un « islamo-gauchiste » plus contemporain, ceci pour compenser sa honte d’avoir encore à payer les agios familiaux du crédit de l’abri anti-atomique que son papa a fait construire en 1988.

    • kkadim
      kkadim répond à A déménagé le 8-10 2
      service public rhone alpes
      • Posté à 12h54 le 26/01/2010
      • Internaute 24768
        service public rhone alpes

      autant je trouve le début de votre intervention bonne ( je travaille dans une zus et je croise tous les jours ces fanatiques, et je vois la pression à laquelle ils soumettent l’ensembre du quartier ), autant votre délire anti-communiste de la fin vous dessert. vous mélangez tout : entre castro et pol pot il y a plus qu’une nuance, même si le premier n’est pas un ange. vous semblez vouloir « bouffer » de l’islamiste, faute de pouvoir bouffer du communiste.

      • A déménagé le 8-10 2
        • Posté à 13h22 le 26/01/2010
        • Internaute 41917
          nc

        Je reconnais qu’il y a une différence entre Castro et Pol Pot, ne serait-ce que le nombre de morts à leur actif. Moyennant quoi je ne pardonnerai jmais à Castro et à sa bande d’avoir perverti l’idée de communisme à laquelle, je vais vous étonner peut-être, je crois. Allez à Cuba vivre en Cubain lambda et non en touriste ou en invité du régime comme un Ignacio Ramonet ou une Danièle Mitterrand et on en reparle ?

        Bouffer du communiste ou de l’islamiste ? Oh non, je veux juste que les fanatiques ne bouffent personne. Enfin, je souhaite... J’ai un âge et une vie qui me mettent à l’abri de ces gens, mais je ne peux m’empêcher, au nom de la solidarité humaine, de témoigner de la compassion pour ceux qui les subissent.

        Vous savez, je vais régulièrement en Ukraine (où je vis en Ukrainien de base, càd en étant mal logé et en marchant beaucoup : mes amis ukrainiens n’ont pas de voiture). Et je crois donc être bien placé pour observer les ravages autant du communisme que du capitalisme qui a pris la suite.

         
        • kkadim
          kkadim répond à A déménagé le 8-10 2
          service public rhone alpes
          • Posté à 10h34 le 27/01/2010
          • Internaute 24768
            service public rhone alpes

          je vous remercie pour vos précisions , mais je persiste : votre derniére partie trop carricaturale dessert complétement votre propos. et pourquoi se cantonner au communisme, le nazisme ( même si là nous entrons dans un domaine complétement different ), et l’utralibéralisme ( que je ne confonds pas avec l’humanisme et le démocratisme ) ne sont pas non plus trés éloignés. en fait tout idéologie qui déshumanise l’être humain, le remplaçant par un prolétaire, un individu, un aryen, ou, ici un croyant, renvoyant le droit à l’existence à une autorité supérieure extrahumaine : dieu, la science, l’histoire, le marché.

          • A déménagé le 8-10 2
            • Posté à 00h12 le 28/01/2010
            • Internaute 41917
              nc

            Alors... tout en maintenant ma deuxième partie, j’accepte volontiers d’y ajouter nazisme et même ultralibéralisme !

            Tout système qui organise l’oppression des hommes est condamnable.

        2 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 8
  • 9
  • 10
  • 13