Sur le terrain 21/01/2010 à 16h26

Instits non remplacés : le ras-le-bol des parents d'élèves

Marie Kostrz | Journaliste Rue89


Parents d’élèves et syndicats d’enseignants de Seine-Saint-Denis ont manifesté mardi contre le manque de remplaçants dans les écoles maternelles et élémentaires du département. Ils dénoncent la précarisation du métier d’enseignant, corollaire selon eux de la masterisation de la formation. Le gouvernement, qui a reçu une délégation, refuse leurs revendications.

Un enseignant absent, un remplaçant qui tarde à être affecté pour encadrer la classe, le problème n’est pas nouveau. Les parents d’élèves et enseignants de Seine-Saint-Denis pointent cependant du doigt une détérioration manifeste de la situation.

Jacob Mathews, venu manifester avec son fils dans les bras, dénonce :

« Dans l’école maternelle de Saint-Ouen où mon fils est scolarisé, plus de 40 demi-journées durant lesquelles les instituteurs ont été absents n’ont pas été remplacées depuis septembre.

Nous faisons un constat simple et alarmant : quand un enseignant est malade, il n’est pratiquement jamais remplacé. Cette année, la situation est vraiment critique. Les élèves sont répartis dans les autres classes, ce qui nuit à leur apprentissage. »

De moins en moins d’absences remplacées

Depuis plusieurs mois, certains parents essayent de faire pression sur l’inspection académique du département. Révoltés par le manque de moyens mis à leur disposition, ils investissent les locaux des écoles. Hanke Braatz, maman d’une fillette de 8 ans scolarisée à Saint-Ouen, regrette :

« Il est dommage d’en être arrivé là : nous avons occupé le bureau du directeur durant tout le mois de décembre, mais aucune solution n’a été proposée en amont. »

Un enseignant du SNUipp confirme la tension qui règne dans les écoles :

« Chaque école confrontée à des absentéismes répétés appelle
l’inspection académique pour que des remplaçants soient affectés.
C’est celui qui crie le plus fort qui arrive à en obtenir. »

Alertée par cette situation critique, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) a conçu un logiciel permettant de compter le nombre d’absences non-remplacées. Pour Michel Hervieu, président de la FCPE-Seine-Saint-Denis, le résultat est sans équivoque :

« De septembre à décembre 2009, 1 738 jours non assurés n’ont pas été remplacés dans le département ! Nous savions que le problème était réel, seulement le gouvernement ne dévoile aucun chiffre à ce sujet. »

La décision prise par le ministère de l’Education nationale mercredi 13 janvier a mis le feu aux poudres. Le gouvernement a en effet annoncé la suppression définitive de la liste complémentaire des admis au concours de l’IUFM.

Selon Michel Hervieu, cette mesure a considérablement aggravé la situation dans les établissements du premier degré :

« Habituellement, les étudiants de la liste complémentaire étaient contactés afin d’effectuer les remplacements. Mais cette année, ils n’ont pas été appelés, laissant de nombreuses classes sans instituteur. »

La « paupérisation de l’éducation » annoncée

Pour les parents et enseignants venus manifester leur mécontentement, la logique du gouvernement est limpide : mettre en œuvre la masterisation de la formation des instits et faire des économies. Rodolphe Siudat, adhérent à Sud Education, s’explique :

« Les étudiants de la liste complémentaire étaient sollicités pour faire des remplacements de longue durée en attendant d’intégrer l’IUFM l’année suivante. Vu que l’Etat souhaite supprimer l’institut de formation, ils sont bien obligés de fermer la liste ! Maintenant, les étudiants ne seront plus embauchés pour des missions de long terme, mais pour des remplacements ponctuels, moins coûteux pour l’Etat. »

Depuis quelques jours, le gouvernement a en effet contacté ces étudiants pour leur proposer une offre alléchante : pour 3 000 euros, ils ont la possibilité d’effectuer un remplacement du 18 janvier au 12 février. Maxime Camus, inscrit sur la liste complémentaire, s’y oppose :

« J’ai refusé : les années précédentes, les étudiants contactés avaient l’assurance d’être formés à l’IUFM l’année suivante, puis d’être titularisé.

Cette année, le gouvernement ne nous donne aucune garantie : après un mois de travail, il nous jettera aussi facilement qu’il nous a pris. C’est un CDD, qui annonce la précarisation de la profession. »

Le gouvernement prévoit également de faire appel à des étudiants qui préparent le concours mais ne l’ayant encore jamais passé. Thomas Dennou, également sur la liste complémentaire, accuse une mesure aux effets pervers :

« A ce stade de leur formation, ces étudiants n’auront bénéficié que d’un enseignement théorique. Ils ne seront pas armés pour enseigner aux élèves.

De plus, avec ces remplacements de très courte durée, les remplaçants ne seront pas affectés à une école en particulier, contrairement à avant. Les enfants devront sans cesse se familiariser avec de nouveaux enseignants, et ces derniers seront moins efficaces vu qu’ils n’auront pas de connaissance profonde de la classe à encadrer. »

La qualité de la formation remise en question

La délégation, composée de huit représentants syndicaux et d’un responsable de la FCPE, a été reçue en fin de journée mardi par Patrick Allal, le conseiller social du cabinet du ministre :

« Nous avons demandé l’augmentation des remplaçants et l’arrêt de la suppression de la liste complémentaire. Nous voulons aussi plus de postes d’enseignants : sur les trois dernières années, 6 000 nouveaux élèves ont été scolarisés dans le département, mais seulement 30 postes ont été créés, soit un pour 108 élèves ! »

Selon la délégation, le gouvernement a refusé toutes leurs propositions, admettant cependant que la pénurie de remplaçants est problématique. A l’issue de la rencontre, le gouvernement n’a quant à lui pas souhaité se prononcer.

Le problème reste donc entier. François Cauchin, responsable SNUipp à l’origine de la réunion, ne se décourage pas :

« La manifestation générale de ce 21 janvier est aussi un moyen de continuer à nous faire entendre et d’avoir un impact plus large, car ce problème touche aussi les élèves du secondaire. »

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  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 16h42 le 21/01/2010
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Le problème a l’air suffisamment grave que je me demande : pourquoi une si faible mobilisation ?

    • Nondupe
      Nondupe répond à flixp
      • Posté à 17h51 le 21/01/2010
      • Internaute 16772

      Parce que les syndicats sont anesthésiés (mais de toute façon, ils sont dans la co-gestion depuis tant d’années)

      Quant aux enseignants, ils sont désabusés et écoeurés de voir comment tout cela fonctionne.
      L’éducation nationale est une grande machine à démotiver des gens qui le sont pourtant au quotidien, mais finissent pas choisir de faire leur métier en classe avec les enfants.

      La féminisation de la profession est un autre facteur de baisse du niveau de conscience syndicale.

      • sacajawa
        sacajawa répond à Nondupe
        étudiant-diandiante
        • Posté à 19h06 le 21/01/2010
        • Internaute 65804
          étudiant-diandiante

        C’est bien connu : les femmes n’ont pas de conscience syndicale ! C’est, d’ailleurs, certainement de leur faute si les syndicats sont « anesthésiés ».
        Pour le reste, totalement d’accord...

         1 autres commentaires
      • Patrick Guergnon
        • Posté à 19h32 le 21/01/2010
        • Internaute 10669

        La féminisation de la profession est un autre facteur de baisse du niveau de conscience syndicale.

        En ce qui concerne ma boite, une banque régionale, c’est totalement l’inverse : les nouvelles adhésions au syndicat sont très majoritairement féminines. Idem pour les structures militantes : de plus en plus de femmes s’y investissent.
        Et leur apport à notre réflexion est non seulement nécessaire, mais primordiale !

  • yalienx
    • Posté à 16h46 le 21/01/2010
    • Internaute 66859

    Un problème nouveau ? Quand j’étais à l’école, il me semble que c’était déjà comme ça. Sauf qu’à l’époque, j’étais du côté des étudiants bien entendu, et l’absence des profs, c’était quelque chose qu’on prenait plutôt bien (au Lycée par exemple, ça permettait d’avoir quelques heures sympas pour aller au café ! ! !).

    Bref, un problème qui revient tous les ans et qui ne semble pas prêt d’être résolu, les gouvernements successifs depuis 20 ans (enfin, 30 ans, et oui, je ne suis pas vieux mais quand même !) n’ayant pas fait grand-chose pour y remédier...

    • nelmezzodelcamin
      nelmezzodelcamin répond à yalienx
      di nostra vita
      • Posté à 17h23 le 21/01/2010
      • Internaute 3956
        di nostra vita

      Je suppose que les absences non remplacées effectivement ça n’est pas nouveau.
      Mais il faudrait avoir des chiffres, que le ministère se garde bien de donner : combien d’heures (dans le secondaire) ou de demi-journées (dans le primaires) non assurées ? ? ? ? . Tout est une question d’ampleur du phénomène ! !

      Déjà il y a une douzaine d’année les rectorats ne se décarcassaient pas trop : pour mon premier congé maternité, du 15 mai au 10 septembre (en gros), je n’avais pas été du tout remplacée, soit un mois et demi au début et une dizaine de jours à la rentrée suivante... un congé maternité intégralement gratuit autrement dit ! ! ! (et pourtant c’est le genre de choses qui est prévu, par définition !)

      Sauf que, depuis, tous les corps de remplaçants ont été réduits (ce que reconnait mon propre chef d’établissement), la plupart des TZR (titulaires sur zone de remplacement) sont affectés dès septembre, à l’année, sur des « BMP » (blocs de moyens provisoires, un poste provisoire si vous voulez) qui existent parce que le nombre d’heures à faire est fluctuant, parce que le rectorat ne veut pas créer un poste, ou sur des « vrais postes » non pourvus pour tout un tas de raisons (mutation tardive, longue maladie, congé parental, décès de l’enseignant etc).

      Donc après ça il ne reste que très peu de gens pour faire des « vrais remplacements », quand les enseignants sur le poste ne sont pas là. En fonction des matières ça va de quelques-uns à plus personne.(en espagnol, par exemple)

      De toute façon les absences « de courte durée » (soit moins de 15 jours ou 3 semaines) ne sont pas remplacées dans le secondaire, sauf éventuellement en interne (mais ça ne marche pas tellement, la plupart des profs considèrent qu’ils ont assez de boulot comme ça, surtout depuis que près de 10% des heures sont faites en heures sup, ou parce que les emplois du temps ne le permettent pas).

      Pour le primaire le problème est différent puisque les absences ont une répercussion immédiate en terme de problèmes de garde pour les parents, et d’effectifs supplémentaires à gérer pour les collègues.... c’est plus visible ! et effectivement c’est à l’école qui crie le plus fort qu’on attribue le remplaçant ; avec une priorité pour les zones ZEP ou REP, les classes de primaire, surtout le CP... il est arrivé qu’on enlève un instit de maternelle de devant sa classe pour l’envoyer en primaire... tout le monde gère la pénurie ! ! !

      Alors bien sûr, si on a des remplaçants disponibles, il faut accepter que ces gens là ne soient pas devant une classe tout le temps, mais seulement quand on a besoin d’eux, et que donc un certain nombre de jours par an on les paye pour rester à côté de leur téléphone (ou venir donner un coup de main dans une école près de chez eux, avec le risque que les projets mis en place disparaissent si on a besoin d’eux ailleurs). En contrepartie à eux de s’adapter très vite (ils ont 48 h je crois pour rejoindre un poste) à des classes différentes (niveau, environnement social etc), d’être mobiles etc. C’est une marge de sécurité pour le système qui n’existe presque plus, nous aussi on fonctionne à flux tendu, avec une pression sur les gens pour qu’ils ne s’absentent pas.
      La suppression des postes pour l’instant a joué sur deux choses : la variété des options proposées et les remplaçants. Pour l’année prochaine le gouvernement va jouer sur la disparition des IUFM (en gros, les stagiaires vont être balancés dans les classes de vos gamins juste après le concours théorique, sans tuteur pour les suivre : bon courage aux mômes et aux administrations qui vont devoir gérer les problèmes).

      Et après... gagner encore un peu en faisant faire plus d’heures aux profs de lycée (par le biais de la quasi disparition de fait des heures de « première chaire », soit des heures de décharges attribuées selon des critères un peu compliqués,)... mais va falloir attaquer l’os ! !

      • yalienx
        • Posté à 17h39 le 21/01/2010
        • Internaute 66859

        Vous soulevez, je crois, un vrai problème : l’absence d’information sur les chiffres ! Combien d’heures d’absence non remplacées ? Quelle évolution sur les 5 / 10 / 15 dernières années ?

        Moi, je ne peux que me souvenir de mon expérience d’écolier (enfin, surtout de collégien et lycéen, car avant cela, mes souvenirs sont plus flous !). Je me souviens par exemple de l’absence d’une prof de math en seconde pendant près de 1 mois et demi avant qu’on ne trouve un remplaçant. Ca m’avait marqué car il s’agissait d’une absence longue et d’une matière très importante (en terme de coefficient au BAC en tout cas). Les absences courtes étaient plus fréquentes et en général pas remplacées (mais là, c’est presque normal car j’imagine qu’il est extrêmement difficile de trouver un remplaçant pour un enseignant absent seulement 1 ou 2 semaines : disons que ça fait beaucoup de boulot, de paperasse, etc. pour une situation ponctuelle).

        Bref, on peut s’offusquer de cette situation, mais il est difficile de critiquer untel ou untel en l’absence de visibilité sur l’évolution de la situation... en gros, des chiffres SVP ! ! !

      • swing2010
        swing2010 répond à nelmezzodelcamin
        instit
        • Posté à 22h21 le 21/01/2010
        • Internaute 102523
          instit

        Dans l’enseignement primaire, on a en fait moins d’une heure pour se aller remplacer le ou la collègue absente (le temps du trajet après avoir été prévenu le matin même, juste avant le début des cours) et environ 5 mn pour savoir ce que l’on va faire avec les élèves. C’est parfois assez chaud... Et c’est vrai que beaucoup d’absences ne sont pas remplacées et que les maternelles passent systématiquement en dernier, quand il n’y a plus de remplaçant disponible ! De plus en plus d’élèves, de plus en plus de pression, de plus en plus de parents mécontents, des plus en plus d’absences et de moins en moins de postes de remplaçants. Logique gouvernementale.

    • lancetre
      lancetre répond à yalienx
      • Posté à 23h51 le 21/01/2010
      • Internaute 18658

      Je peux vous citer l’exemple d’un professeur qui vient de prendre sa retraite, aux vacances de Noel.

      C’est évidemment une absence prévue de longue date !

      Au moment où elle est partie, (jour des vacances), elle n’était pas remplacée.

      Finalement, une « remplaçante » vient d’être nommée : c’est une étudiante, à qui on demande d’enseigner 20 heures par semaine, en même temps qu’elle prépare ses examens.

      Inutile de vous dire qu’elle rencontre quelques difficultés...

      Cela, c’est nouveau.

      Il n’y a plus de remplaçants.

  • Duc du Granlac
    Duc du Granlac
    Républicain
    • Posté à 16h49 le 21/01/2010
    • Internaute 86373
      Républicain

    Faudrait commencer par arreter de subventionner le privé,comme ça on aurait les moyens d’avoir une école de qualité,mais ce n’est pas du tout la direction que prend le gouvernement.

    • I.P
      I.P répond à Duc du Granlac
      Flat4
      • Posté à 17h02 le 21/01/2010
      • Internaute 25391
        Flat4

      En même temps ce n’est pas une surprise, tout le monde savait qu’en l’élisant l’école publique aurait du souci à se faire.
      Ben voilà, on y est. Merci les 53%.

    • yalienx
      yalienx répond à Duc du Granlac
      • Posté à 17h42 le 21/01/2010
      • Internaute 66859

      Si on ne subventionne plus le privé, de nombreux enfants du privé vont revenir dans le public... ce qui aura un coût (combien ? peut-être autant, et peut-être même plus, que dans le privé, qui sait !).

      Il faut arrêter de voir tout blanc ou tout noir. Si l’Etat subventionne les écoles privées, ce n’est pas uniquement pour des raisons idéologiques. D’ailleurs, vous le savez probablement mieux que moi, il n’y a pas que des riches qui mettent leurs enfants dans le privé...

      • sbastien
        sbastien répond à yalienx
        • Posté à 19h01 le 21/01/2010
        • Internaute 8791

        Pas d’argent public pour l’enseignement privé !

        Idem pour la formation professionnelle !

        Lycée, formation professionnelle... 2 compétences majeures des régions.

         
        • yalienx
          yalienx répond à sbastien
          • Posté à 19h15 le 21/01/2010
          • Internaute 66859

          Ce que vous semblez ne pas comprendre, c’est que si on ne donne plus cet argent aux établissements privés, on le donnera aux établissements publics... qui accueilleront par ailleurs de nombreux ex-élèves du privé. Au total, je ne suis pas certain que ce soit positif pour le public, qui aura certes un peu plus de moyens, mais également plus d’élèves à gérer. En pratique, ce sera peut-être moins de moyens par élève du public. Donc en appauvrissant proportionnellement le public potentiellement !

          Et puis, aujourd’hui, on trouve des élèves de toutes origines dans le privé (grâce aux subventions notamment). Avec une telle réforme, on transformerait les écoles privées en cercle privé (c’est le cas de le dire) pour riches.

          Rendre les écoles privées totalement élitistes en n’améliorant pas le public, c’est très probablement le résultat que vous obtiendriez !

          (P.S. : je dis ça alors même que mes enfants sont dans le public, alors vous voyez, je ne suis pas spécialement défenseur du privé !)

          • sbastien
            sbastien répond à yalienx
            • Posté à 20h03 le 21/01/2010
            • Internaute 8791

            Désolé mais votre démonstration me semble plus proche d’un sophisme... sans vouloir vous offenser.

            Le privé est subventionné pour son fonctionnement (obligatoire par loi) et pour de l’investissement (pas obligatoire). Je parle ici des lycées, le cas des collèges et des écoles n’est pas du ressort du conseil régional, mais le principe reste strictement le même.

            Primo il y a un soucis moral, l’argent public (nos impôts/taxes) doit être affecté au service public. Il ne doit pas servir à enrichir des personnes morales ou physiques, ni grossir leurs patrimoines (dans le cas de subventions à l’investissement). Pas besoin de développer plus, non ?

            Deuxio, il n’y aura pas forcément un transvasement intégral des élèves du privé vers le public, certains parents préférant un enseignement par exemple dans une école catholique, ou n’aimant pas la mixité sociale du public, ou refusant pour x raisons d’inscrire les gamins dans le public (on en connait tous).

            Tertio, je ne crois pas du tout (je n’ai pas les projections devant moi, mais je vais les rechercher dans mes papiers pour prouver ce que je dis) à l’appauvrissement du public par un afflux massif de gamins, le montant des subventions par élèves étant supérieur au cout d’un élève dans le public. Voir le cas de la loi Carle pour les écoles maternelles, primaires et élémentaires qui dépendent des municipalités.

            Enfin concernant le risque de création d’écoles pour riches. Là aussi c’est un problème politique. Personnellement je suis contre l’école privée, je serais pour faire passer à terme ces structures dans le giron public.

            Il y a déjà des écoles pour riches, l’ENA, HEC ? ... Vous avez sans doute entendu parler de la polémique sur les grandes écoles, où on veut imposer un quota de boursier ?

            Les point politiques sont sujets à débat et vous pouvez ne pas être d’accord... je vous le concède. Je vous concède aussi qu’il faut encore plus soutenir l’école publique, et qu’elle besoin de plus de moyens financiers et humains.

            • arenzano
              arenzano répond à sbastien
              ça vous regarde pas
              • Posté à 19h29 le 22/01/2010
              • Internaute 95775
                ça vous regarde pas

              Ce que vous appelez les privé, c’est dans l’immense majorité du faux privé..Les profs sont fournis par l’état. (établissements sous convention avec l’état). Profs avec les mêmes diplômes, passant les mêmes concours, et formés dans les mêmes IUFM. (moins payés que le public, cotisant plus pour leur retraite, et percevant moins le moment venu, pas droit à la MGEN etc.)
              (Mêmes profs que le public, mais plus pauvres, seul avantage, proximité géographique)
              La participation financière des parents , quand à elle, finance les bâtiments, le personnel de surveillance et administratif.
              Si la cote part de l’état était reversée vers le public, seule la proportion concernant les salaires des profs serait concernée,(+ dotations par élève) puisque ce sont les seules.
              Donc, imaginons que les élèves retournent vers le public, donc plus de participation des parents. Ne croyez vous pas que financièrement cela va poser problème ?
              Qui va payer les équipements, bâtiments, personnel de surveillance et administratif supplémentaires pour financer l’arrivée massive de nouveaux élèves dans le public ?
              Cela reviendrait, paradoxalement bien plus cher à l’état.

              Un élève dans le privé revient moins cher à l’état qu’un élève du public. La différence est à la hauteur de la participation des parents au financement de l’école.
              Votre équation est fausse.

              • sbastien
                sbastien répond à arenzano
                • Posté à 20h23 le 22/01/2010
                • Internaute 8791

                Le privé est surtout catholique, les 8 500 établissements privés sous contrat, qui accueillent la quasi-totalité des élèves, sont le plus souvent rattachés à des congrégations enseignantes.

                Faux privé, mais vrai cathos... Cela me pose déjà un problème, mais passons...

                Le salaire des profs est bien payé par l’état, on est d’accord, mais toutes les autres dépenses ne sont pas (comme en théorie) qu’à la seule charge de l’établissement (et donc normalement des familles)

                Sinon pourquoi des subventions publiques ? Subventions de FONCTIONNEMENT.

                Pour baisser la cote part des familles, et faire perdurer le système, on injecte massivement de l’argent public, parfois même si cela n’est pas obligatoire (voir ICT subventionnée par Malvy).

                Parfois sous prétexte de mise aux normes de sécurité, ou pour équiper des laboratoires (par ex de langues en haute Garonne), on subventionne des investissements (ce qui n’est pas prévu par la loi). Investissements souvent très lourds.

                Ceci contredit votre raisonnement comme quoi un enfant dans le privé revient moins cher à la collectivité, qu’un enfant dans le public.

                Les collectivités territoriales (municipalités, CG, CR) payent, l’état paye (salaires des profs), les parents payent... bref tout le monde paye et pas qu’un peu et d’autres s’engraissent. Parfois ils partent même avec la caisse !

                Je pourrais développer plus... Demandez, c’est toujours un plaisir d’éclairer ceux qui sont dans l’obscurité !

                • arenzano
                  arenzano répond à sbastien
                  ça vous regarde pas
                  • Posté à 09h01 le 23/01/2010
                  • Internaute 95775
                    ça vous regarde pas

                  Vous avez une vision tellement caricaturale des choses qu’il me parait difficile de discuter avec vous.
                  simplement :
                  Un établissement catho revient moins cher à la collectivité, simplement parce que, pour arriver à coût égal, il faudrait injecter l’argent des parents par l’état..tout simple.
                  Sauf à dire qu’un établissement public revient moins cher qu’un établissement privé, ce qui est loin d’être vrai, la plupart sont bien moins équipés que le public. (j’ai eu souvent l’occasion de comparer avec mes collègues et parfois amis du public)
                  Il n’y a probablement pas plus de profs cathos dans un établissement catho que dans un établissement public..croyez en mon expérience..
                  On ne trouve plus personne pour les activités religieuses type cathéchisme.
                  La majorité des profs sont de gauche (même proportion que dans le public) et sont syndiqués. (on est en 2010)
                  Leur seule motivation étant de rester a proximité de leur domicile, et ils le payent par un certain nombre d’avantages en moins...normal.

                  Quand vous dites que parfois ils partent avec la caisse, quel amalgame, il n’y a probablement pas plus de gens malhonnêtes dans les établissements cathos que dans les publics.

                  Le reste c’est une vision de l’enseignement catho décalée de 40 ans en arrière et totalement caricaturale.

                  • sbastien
                    sbastien répond à arenzano
                    • Posté à 11h37 le 23/01/2010
                    • Internaute 8791

                    Vous n’êtes pas d’accord mais au moins argumenter avec du solide...

                    Je n’ai jamais dit que les profs sont cathos, mais que les établissement le sont en grande majorité.

                    Je vous montre que sans subvention publiques, ces établissements ne pourraient pas fonctionner, et vous me dites que non ; rien de ce que vous dites n’est clair ni concluant.

                    Vous défendez votre bifteck, c’est de bonne guerre.

                    Mais vous avez raison sur un point, arrêtons ce débat.

                    • Ben85
                      Ben85 répond à sbastien
                      ramoneur
                      • Posté à 21h40 le 23/01/2010
                      • Internaute 75415
                        ramoneur

                      De toute façon, à ce rythme, le débat entre privé et public ne se posera bientôt plus parce que les établissements privés vont sûrement payer très cher ce manque de profs remplaçants.

                      En effet, outre, l’aspect religieux, les parents choisissaient jusqu’ici le privé parce que le personnel y faisait moins souvent grêve que dans le public. Les cours étaient assurés quoi qu’il arrive...

                      Or, aujourd’hui, le non-remplacement des profs absents ramène public et privé au même niveau, les absences pour grêve comptant bien peu face aux arrêts maladie.

                      Ce gouvernement a bousillé le système bien rôdé des remplacements, et cela dans le public comme dans le privé ! Comme ce dernier est plus onéreux que la scolarité dans un établissement public, à prestation désormais égale, les parents auront vite fait le calcul...

                      • kk
                        kk répond à Ben85
                        au vert
                        • Posté à 21h59 le 23/01/2010
                        • Internaute 13480
                          au vert

                        J’ai comme un doute là ...
                        Les enseignants du privé, ils sont pas fonctionnaires au moins ?
                        Labiz

                        • Ben85
                          Ben85 répond à kk
                          ramoneur
                          • Posté à 22h08 le 23/01/2010
                          • Internaute 75415
                            ramoneur

                          A terme, privé sous contrat et public vont fusionner, j’en suis sûr.

                          Et les fonctionnaires du public s’aligneront sur le salaire et les annuités du privé, bien sûr...

                        • arenzano
                          arenzano répond à kk
                          ça vous regarde pas
                          • Posté à 10h53 le 24/01/2010
                          • Internaute 95775
                            ça vous regarde pas

                          si, bien sûr....
                          Enfin presque, depuis 2005, ils sont « agents public d’état ».

                          Mais il y a belle lurette qu’ils sont payés par le trésor public.

                          En tout cas dans le privé qui a signé une convention avec l’état. Profs fournis par l’état, inspectés par l’éducation nationale, mêmes diplômes, mêmes concours.
                          (coût moyen pour les parents 50€ par mois en moyenne)

                          Le privé, vraiment privé existe, coût moyen, entre 3500 et 8000€ l’année scolaire. (voire plus dans certains cas). Mais ils sont très peu nombreux. Aucune inspection, aucune obligation de respecter les programmes, recrutement libre.

    • A déménagé le 6-2
      • Posté à 18h55 le 21/01/2010
      • Internaute 24833

      même dans le privé ça se dégrade
      c’est toute l’éducation qui est menacée en France à cause de ce gouvernement destructeur

    • Thalie 54
      Thalie 54 répond à Duc du Granlac
      rêveuse
      • Posté à 19h59 le 21/01/2010
      • Internaute 81894
        rêveuse

      Tout à fait d’accord.
      Ceci dit, les politiques ont tout intérêt à continuer à subventionner le privé... c’est là qu’ils envoient leurs enfants.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 17h01 le 21/01/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Je me souviens en classe de 1ère, tout le lycée avait fait grève car notre prof d’histoire absente depuis trois semaines n’était pas remplacée et nous n’avions aucune perspective de remplacement ...

    Le temps passe, les problèmes restent

    • 100 000 d entre nous
      100 000 d entre nous répond à amonhumbleavis
      meurent de faim chaque jour
      • Posté à 17h34 le 21/01/2010
      • Internaute 95182
        meurent de faim chaque jour

      Mon humble avis à moi est que :
      si les grèves servaient à quelque chose, il y a longtemps que l’école serait un paradis, que le smic serait à 3000 euros (net), que les politiques seraient honnêtes, que les patrons n’exploiteraient personne...

      Mais les gens qui font grève sont manipulés par des gens qui sont eux-mêmes manipulés (achetés ?) par d’autres, plus puissants. Et au lieu de s’en prendre aux vrais fautifs (les puissants), ils s’en prennent à ceux à qui on les laisse s’en prendre : les usagers, les élèves...
      Bref à plus faibles qu’eux.

      Re-écoutez Coluche, il le disait il y a 30 ans.

  • armi11
    armi11
    Hôtelier
    • Posté à 17h06 le 21/01/2010
    • Internaute 55530
      Hôtelier

    Le public coûte cher, monopolise les profits potentiels, empiète sur les subventions aux écoles privées et ne rapporte rien aux amis !

    • jpierre
      jpierre répond à armi11
      enseignant d'éducation civique (...)
      • Posté à 20h13 le 21/01/2010
      • Expert 53056
        enseignant d'éducation civique (...)

      Empoche ta TVA et écrase-toi.

      • armi11
        armi11 répond à jpierre
        Hôtelier
        • Posté à 17h47 le 22/01/2010
        • Internaute 55530
          Hôtelier

        Nenni l’ami !

  • m a i a
    m a i a
    aquoiboniste
    • Posté à 17h06 le 21/01/2010
    • Internaute 9081
      aquoiboniste

    Idem en lycée.
    Dans mon établissement, un prof de VSP (vie sociale et professionnelle) non nommé depuis la rentrée, la VSP étant une épreuve d’examen.

    Problème différent : une prof d’arts appliqués en congés maladie répétés, dans l’attente d’un congé longue maladie, remplacée par une jeune femme issue de l’ANPE, n’ayant jamais enseigné ni même envisagé d’enseigner.
    Finalement, ça lui plaît, elle a énormément travaillé pour dispenser un cours digne de ce nom (c’est aussi une épreuve d’examen), et souhaite rester.
    Le hic, c’est qu’elle est vacataire : elle aura bientôt fait ses 200 heures et sera donc remerciée. Le poste restera vide.

    Mais en lycée professionnel, qui s’en soucie... ?

    Clap clap clap.

    Supprimons des postes, après tout les enseignants sont des feignasses absentéistes, ça ne se verra même pas.

    Ce sont juste les parents qui s’inquiètent et les élèves qui risquent d’échouer.

  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 17h10 le 21/01/2010
    • Internaute 4892
      walz

    je suis heureux de constater que dans certains département, les parents d’élèves réagissent (sans s’en prendre forcément aux enseignants malades...).

    avec toutes ces grands écoles et ces pôle scolaire en milieu rural, les remplacements ont appelés à la quasi-disparition : la répartition dans las classe, avec comme consigne officielle et hypocritique de ne renvoyer aucun élève à la maison, sera la règle.

    mobilisons-nous pour nos enfants !

    par exemple, la disparition de la liste complémentaire est très préocupante. cette mesure qui para^t une simple question de procédure administrative tend vers la précarité du métier : ça n’apportera rien aux enfants d’avoir des profs encore moins formés (les « liste complémentaire » avait une vu à long terme et des stages en IUFM).

    et puis finalement, quels métiers restera-t-il ? entre les délocalisation les fermetures de postes, d’écoles, d’usine, de magazins...

    ...

    par contre, le jeune à qui on fait dire « les années précédentes, les étudiants contactés avait l’assurance d’être former à l’IUFM l’année suivante, puis d’être titularisé. » se trompe un peu : la titularisation n’est pas automatique : il y a de nombreux renvois et de prolongations de scolarité tous les ans (liste complémentaire ou pas).

    bien @ vous,
    nicogé
    Lien

  • alabergerie
    alabergerie
    http://alabergerie.wordpress. (...)
    • Posté à 17h16 le 21/01/2010
    • Internaute 81339
      http://alabergerie.wordpress. (...)

    Couverture soignée, avec souvent des commentaires journalistiques à la hauteur des attentes de notre bien-aimé président. Plusieurs sources dont je n’ai pas retenu le nom, mais ptêtben qu’y avait même France-Inter dedans là-dis-donc, font état d’une manifestation de parents d’élèves en protestation contre le trop grand nombres d’heures où les profs sont absents, ou plus exactement de cours non assurés pour cause de profs absents.

    C’est à dire que les énonceurs des « brèves » de ce matin, et vous avez dû les entendre aussi, ont parfois présenté cette manif comme étant contre l’absentéïsme des profs, tout en tournant les phrases de manière à ne pouvoir être accusé de l’avoir tout à fait dit. Fortiche ! Est-ce encore une « maladresse » de formulation ?

    • Lucius Sergius
      Lucius Sergius répond à alabergerie
      Citoyen
      • Posté à 19h07 le 21/01/2010
      • Internaute 28239
        Citoyen

      En même temps, qui écoute ou regarde encore la propagande quasi-officielle sans la décrypter ? ... Une poignée de déficients intellectuels, peut-être ? Et encore c’est tellement gros que, même pas trop malin, il faut vraiment y mettre du sien pour ne pas voir les énormes ficelles...

      • alabergerie
        alabergerie répond à Lucius Sergius
        http://alabergerie.wordpress. (...)
        • Posté à 20h01 le 21/01/2010
        • Internaute 81339
          http://alabergerie.wordpress. (...)

        Ouhlààà mais moi je crois qu’ils ne sont pas qu’une poignée, les déficients ; c’est tellement facile de ne pas prêter toute l’attention requise. C’est tellement pas naturel d’avoir le mauvais esprit, c’est tellement difficile d’être systématiquement celui ou celle qui toujours soupçonne, et puis c’est si dur à encaisser de savoir que les gens qui se gaussent en public d’une fumeuse « théorie du complot » ou de son énième avatar, sont justement en train de comploter un truc bien sournois, tout en se foutant bien soigneusement de ta poire.

        En somme, la parano bien maîtrisée, c’est dur à chevaucher. Et puis, va savoir si on ne laisse pas passer des tas d’horreurs, parce qu’on ne sait même pas qu’elles peuvent exister.

         
        • Chipek
          Chipek répond à alabergerie
          • Posté à 20h21 le 21/01/2010
          • Internaute 9870

          Heuhhhhhh , ils seraient pas 53% les déficients ? ? ? ? :)))

          • alabergerie
            alabergerie répond à Chipek
            http://alabergerie.wordpress. (...)
            • Posté à 21h20 le 21/01/2010
            • Internaute 81339
              http://alabergerie.wordpress. (...)

            Bingo ! Et puis c’est un minimum ; ça se reproduit, ces choses-là, malgré les belles explications de Lefebvre sur le taux de mortalité à l’UMP.

          • Lucius Sergius
            Lucius Sergius répond à Chipek
            Citoyen
            • Posté à 12h33 le 22/01/2010
            • Internaute 28239
              Citoyen

            Hum...
            Dans les 53% il y a aussi un noyau dur qui a tout à fait conscience que la propagande raconte n’importe quoi, mais comme c’est dans leur intérêt (ou plutôt comme ils croient que c’est dans leur intérêt), eh bien ils participent au mensonge. Ceux-là ne sont pas déficients, ils sont plus vulgairement et ordinairement malhonnêtes.

        3 autres commentaires
  • Emgann
    Emgann
    présent
    • Posté à 17h29 le 21/01/2010
    • Internaute 26239
      présent

    Déjà le mépris et les réformes débiles,
    avant et toujours l’infantilisation,
    ensuite, le déni, l’instrumentalisation et la pure connerie.

    Les élèves......il y a de bonnes institutions pour ceux qui ’s’intéressent.’

    Sans lutte, plus d’éducation mais de l’instruction passéiste pour les ’masses’.

  • lled
    lled
    (galérienne)
    • Posté à 17h45 le 21/01/2010
    • Internaute 45455
      (galérienne)

    Peut-être ne serait-il pas supperflu de faire une petite présentation de la situation antérieure, formation des instit’, mode de recrutement, mode de remplacement, pour comparer avec ce qui se met en place ?

    Parce qu’à première vue, la masterisation des profs, c’est peut-être pas un mal : quelqu’un avec un grade universitaire n’est-il pas sensé être mieux payé ? Pourquoi cette masterisation entrainerait-elle forcément un manque de pratique par rapport à la situation antérieure ? Comprend pas bien, aimerais mieux comprendre

    Merci.

    • swing2010
      swing2010 répond à lled
      instit
      • Posté à 22h40 le 21/01/2010
      • Internaute 102523
        instit

      Pas compliqué : la masterisation des enseignants est une belle fumisterie. Il y a 20/25 ans, les instits étaient recrutés au niveau bac+2, suivaient une formation professionnelle rémunérée de 2 ans, avec plusieurs stages en école dont un dernier en responsabilité (seul en classe) de 2 mois. A l’issue de la formation, ils passaient un examen et étaient titularisés si l’examen était réussi. On est passé, quelques années après, à un recrutement bac+3, suivi d’une année de bachotage non rémunéré pour préparer un concours, suivi lui-même d’une année de formation professionnelle rémunérée. Donc on demandait en fait aux futurs enseignants non seulement d’avoir les moyens de passer une année de plus en fac (licence), mais aussi d’avoir assez de cash en caisse (ou des parents assez riches) pour tenir une année supplémentaire (la 1e année d’IUFM). Il paraît qu’ensuite, ils étaient mieux payés que leurs collègues instits (les nouveaux venus étant appelés « professeurs des écoles »), ce qui est un peu vrai, mais pas tellement plus en fait, d’autant qu’ils perdaient le droit à la retraire à 55 ans et devaient trimer jusqu’à 60. Maintenant, le gouvernement souhaite que les futurs enseignants d’école primaire aient un niveau master (bac+5) : cela entraîne nécessairement que les postulants aient des parents suffisamment fortunés pour financer les études de leurs rejetons. Mais en même temps, on supprime toute formation professionnelle : disparition des IUFM, des maîtres formateurs (collègues enseignants qui apprennent le métier aux ptits jeunes) et des stages qui ont pourtant le mérite de montrer aux futurs enseignants ce qui les attend et donc, de les y préparer. En même temps, plus de formation rémunérée bien évidemment. Ce qui se traduit par : appauvrissement de la formation professionnelle, choix élitiste des futurs enseignants et gain économique pour le gouvernement. Le gouvernement promet une meilleure rémunération, mais c’est du pipeau bien taillé, on nous le promet depuis des lustres et depuis des lustres, les quelques augmentations de salaires qui nous sont octroyées sont toujours largement inférieures à l’augmentation du coût de la vie. Au train où ça va, dans quelques années le gouvernement demandera aux nouveaux enseignants de bosser gratuitement les premières années.

      • francoisBR
        francoisBR répond à swing2010
        étudiant-salarié
        • Posté à 11h47 le 22/01/2010
        • Internaute 77907
          étudiant-salarié

        Principal problème de la masteurisation : on passe de une année de stage encadré dans une classe à 5 semaines.

        Une ou deux années de formation universitaire en plus : tous vont ils pouvoir se les payer ? Quel salaire en plus (s’il y en a) ? ...

        Le contenu de la formation : les cours de l’IUFM, dans les locaux de l’IUFM, dispensés par les enseignants de l’IUFM mais cela ne s’appel plus IUFM.

        La réforme canada dry^^

        Est-ce que cette réforme améliorera l’absenteisme ou les résultats scolaires, ou fera baisser le nombre d’élèves par classe ?

        Pourquoi faire 5 ans d’études pour être un prof humilié, mal payé, balancé en zep sans formation ? Alors que pour le même nombre d’années d’étude tu peux faire un master pro ou une école d’ingé (pas plus dures) ? ? ? ?

  • Nondupe
    • Posté à 17h46 le 21/01/2010
    • Internaute 16772

    La paupérisation de l’éducation n’est pas annoncée, elle est déjà réelle et entamée

    Que signifie pour un gouvernement qui crie partout et à tue tête, que les caisses sont vides de payer un étudiant 3000€ pour 2 ou 3 semaines...Ca calme les esprits des parents...Mais c’est du gaspilage !
    Tout cela n’a aucun sens. C’est le lot commun des enseignants d’être confrontés systématiquement depuis plusieurs années, à des décisions aberrantes qui n’ont aucun effet, ni aucune suite.

    On est dans le règne du père UBU...et les andouilles nous dirigent déjà.

    • A déménagé le 8-10 2
      • Posté à 18h46 le 21/01/2010
      • Internaute 41917
        nc

      Oh si ça a du sens, hélas.

      - Dans l’immédiat, l’Etat fait des économies pour pouvoir payer encore plus les Caca40 (oui, je sais, c’est un raccourci : mais va pour le symbole)

      - A moyen et surtout long terme, les princes qui nous gouvernent pensent qu’un peuple qui en sait trop est dangereux et qu’il convient de ne point trop l’instruire. Leurs héritiers, eux, sont dans de « bonnes écoles » où les enseignants, triés pour leur excellence et leur docilité, ne font jamais défaut

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 17h54 le 21/01/2010
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Je ne comprends pas bien cette manif qui a réuni 60 personne l’avant veille d’une grosse manif.
    Pouvaient pas rejoindre les autres pour grossir les rangs ?

    • francoisBR
      francoisBR répond à C. Creseveur
      étudiant-salarié
      • Posté à 11h49 le 22/01/2010
      • Internaute 77907
        étudiant-salarié

      On leur posé la même question lors des grèves universitaires l’année dernière^^

  • Guy Tarembois
    Guy Tarembois
    bon à rien, mauvais en tout
    • Posté à 18h04 le 21/01/2010
    • Internaute 100356
      bon à rien, mauvais en tout

    Pas besoin de chiffres au niveau national pour voir que ça se gate.
    J’habite une petite ville de Moselle, et à mon niveau de parent d’élèves je m’en aperçois : en quelques années, les absences d’instit du primaire qui étaient tous remplacés ne les sont plus qu’une fois sur deux ou trois. J’en ai parlé avec le directeur, et il m’a dit que ce serait de pire en pire, parce qu’il n’a plus le « vivier » de remplaçants
    Fatalement, avec le credo du gouvernement (ne pas remplacer un fonctionnaire sur 2), ça devait finir par arriver.................

  • xavier-xavier
    xavier-xavier
    muntagnolu
    • Posté à 18h14 le 21/01/2010
    • Internaute 23086
      muntagnolu

    Les choses ne vont pas s’arranger.

    Depuis la mise en place de la fameuse LOLF (loi organique relative aux lois de finances), l’action de l’Etat est analysée en termes de performance et d’indicateurs.

    Des annexes budgétaires à la loi de finances fixent les objectifs à atteindre et les indicateurs sélectionnés pour évaluer si ces objectifs sont atteints.

    Or, c’est là que le bât blesse, certains des Lien pour les écoles maternelles et élémentaires encouragent de fait la pénurie de remplaçants dans les écoles :

    - indicateur 3.5 « taux de rendement du remplacement » que le gouvernement veut augmenter. Vouloir faire croître ce taux, c’est accepter que des classes soient sans remplaçants à certains moments de l’année (quand il y a beaucoup de remplacements à faire).
    - indicateur 4.2 « Part du potentiel enseignant en responsabilité d’une classe » que le gouvernement veut augmenter. Pour faire croître ce taux, il faut diminuer le nombre de remplaçants (et de maîtres Rased).

    Le budget voté organise donc, à travers ces indicateurs, la pénurie de remplaçants titulaires et qualifiés, au profit éventuel de l’utilisation de personnels précaires et non formés.

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