à débattre 22/01/2010 à 13h51

La fronde d'un juge contre les journalistes

David Servenay | Ex-Rue89


Le président du premier tribunal de France (Paris) aimerait bien contrôler le travail de la presse judiciaire : trop de controverse, trop de commentaires estime Jacques Degrandi, qui veut un « comité national d’éthique ». Fureur des journalistes concernés qui réclament des explications.

D’habitude, l’audience solennelle de rentrée du TGI de Paris est plutôt consensuelle. Devant le gotha parisien du droit en grand apparat, les chefs de juridiction évoquent les enjeux du moment et tracent quelques perspectives de l’année à venir.

« Des commentaires non contradictoires, livrés à l’opinion publique »

Voir le document

(Fichier PDF)

Mercredi, le président du TGI de Paris, en poste depuis 2008, a cru bon de consacrer son audience de janvier au travail de la presse judiciaire. Presse pour laquelle les magistrats se mettent en quatre (Télécharger le discours) :

  • « accréditations »
  • « installations sonores »
  • « aménagement de la salle des pas perdus »
  • et même « construction espaces mobiles »

Et que font ces ingrats de tous ces moyens ? Rien ou presque. A croire la façon dont le magistrat décrit le travail réalisé par les journalistes de la presse judiciaire lors des procès parisiens :

« Sa restitution en temps réel, permise par le développement vertigineux des moyens d’information, produit toutefois dans certains cas, évidemment les plus emblématiques, les plus sensibles, des résultats aussi pernicieux que ceux de la justice ancienne. [...]

Des commentaires non contradictoires, perçus comme une vérité judiciaire, sont livrés à l’opinion publique. [...]

La controverse remplace fréquemment la contradiction. »

Bref, à l’écouter, de vrais nuls à qui il faut rappeler que la « vérité judiciaire » n’est pas la vérité médiatique qui s’exprime à la porte des salles d’audience.

Il est vrai que l’association de la presse judiciaire n’a qu’une petite centaine d’années, puisqu’elle a été fondée en 1887. Avec de vrais incapables, nommés Raymond Poincaré, Léo Lagrange ou Frédéric Pottecher... et dont les héritiers ne sont pas à la hauteur de leur talent.

Un « sursaut nécessaire »

Le magistrat ne s’arrête pas là. Il a aussi des idées pour remédier à cette catastrophe médiatique, car un « sursaut » est « nécessaire » :

« Un sursaut éthique de chacune des professions concernées, magistrats, avocats et journalistes de la presse judiciaire est nécessaire. Il faut mieux faire respecter des règles éthiques et déontologiques communes. Pourquoi pas par le biais d’un comité national d’éthique représentatif de ces professions ? »

Et de promettre une « riposte aussi rapide et diffusable que l’attaque ». Laquelle ? Jacques Degrandi ne s’étend pas. De même qu’il n’explicite pas ce concept de « comité national d’éthique »... Faut-il y voir un comité de censure ? Une instance disciplinaire ou déontologique ? L’intéressé n’a pas répondu à la sollication de Rue89, pourtant désireux d’appliquer la règle du « contradictoire ».

Interdire l’accès aux juges d’instruction

Comment lire cette attaque en règle à l’encontre des habitués du Palais de justice ? En réalité, Jacques Degrandi n’en est pas à son coup d’essai. Dès son arrivée à la présidence du TGI de Paris, en 2008, il cherche à interdire l’accès aux juges d’instruction, logés dans plusieurs « galeries » du bâtiment.

Thierry Lévêque, de l’agence Reuters :

« Quand il est arrivé, il a découvert que les journalistes avaient accès aux galeries de l’instruction. Tout de suite, il a cherché à nous faire interdire ces lieux. Nous avons négocié et obtenu le maintien de cette pratique immémoriale. Au passage, notez que ce sont des lieux publics, sans filtre particulier en dehors de la galerie Saint-Eloi [anti-terroriste, ndlr]. »

L’accès aux juges anti-terroristes est surveillé par des gendarmes, tout comme le pôle financier. Depuis ce bras de fer, le président Degrandi snobe la presse judiciaire.

Dans les (longs) couloirs du Palais, chacun sait que le magistrat a une dent contre la presse judiciaire depuis un article de Florence Aubenas paru en septembre 2007 dans Le Nouvel Observateur, qui décrivait le quotidien du TGI de Nanterre. Un papier concret, fouillé et sourcé. A l’époque, Jacques Degrandi présidait ce tribunal. Il aurait mal vécu le constat dressé par la journaliste, mais il n’a exigé aucun rectificatif ou droit de réponse.

Naturellement, ce discours de rentrée a provoqué la fureur des membres de la presse judiciaire. Les uns étant partisans d’une riposte immédiate, publique et musclée ; les autres préférant une approche plus diplomatique. Finalement, une lettre a été adressée à Jacques Degrandi pour s’expliquer de visu. Rendez-vous a été pris pour la semaine prochaine.

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  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 14h05 le 22/01/2010
    • Internaute 40715
      pas là

    Attends... le mec il demande aux journalistes de respecter des règles déontologiques...
    Il est fou le mec ! ...

    Et pourquoi pas se préoccuper d’un concept aussi farfelu que la vérité aussi ? ...

    Hé ho ! C’est à des journalistes que tu parles mon gars...

    • Abdelkrim
      Abdelkrim répond à Coldo
      Homme libre
      • Posté à 15h08 le 22/01/2010
      • Internaute 97820
        Homme libre

      Ce n’est pas très malin comme remarque. Cela frise même la bêtise insigne. Lorsque le pouvoir, quel qu’il soit, se met à exprimer ses envies d’éthique journalistique, on n’est jamais très loin de la reprise en main.

      • Coldo
        Coldo répond à Abdelkrim
        pas là
        • Posté à 15h29 le 22/01/2010
        • Internaute 40715
          pas là

        Moi je trouve juste dommage qu’il soit à ce point nécessaire de rappeler aux journalistes que la justice est une affaire sérieuse et qu’on ne balance pas n’importe quoi à la foule sans avoir fait preuve d’un peu de prudence et de respect pour la solennité des débats.

        Les journaux « sérieux » (papier ou online) ressemblent de plus en plus à Nouveau Détective ou à Entrevue, et je ne trouve pas ça réjouissant.

         
        • Abdelkrim
          Abdelkrim répond à Coldo
          Homme libre
          • Posté à 16h25 le 22/01/2010
          • Internaute 97820
            Homme libre

          Tout cela existe déjà au travers de la Charte des devoirs des journalistes professionnels (c’est à dire titulaires de la Carte de Presse). Aux directions des publications de rappeler à l’ordre les journalistes contrevenants. Inutile donc de vouloir mettre en place une je ne sais quelle « commission d’éthique ». La régulation de cette profession doit revenir aux seuls journalistes, et non à un quelconque pouvoir, qu’il soit judiciaire ou politique. Pour le reste, la loi, toute la loi, rien que la loi.

          • ludik_nonal
            ludik_nonal répond à Abdelkrim
            Sans Emploi
            • Posté à 18h26 le 22/01/2010
            • Internaute 70232
              Sans Emploi

            Peut être aussi qu’il faut envisager la responsabilités et la crédulité des « consommateurs d’informations ». Si je journaliste est tenu de recouper et de vérifier ses infos, le lecteur peut tout aussi bien appliquer ces règles : cela lui évitera de passer pour un imbécile en société bien souvent.

            • Abdelkrim
              Abdelkrim répond à ludik_nonal
              Homme libre
              • Posté à 18h41 le 22/01/2010
              • Internaute 97820
                Homme libre

              Il s’agit tout simplement d’une question d’éducation, et ce n’est pas nouveau. Comment appréhender ce que l’on nous dit, nous écrit, les images que l’on nous montre. Ce n’est pas plus difficile que l’étude d’une pièce de Molière ou qu’un texte de Voltaire. Internet est un outil formidable, il faut simplement apprendre à l’utiliser. Vieux débat....

          • revan
            revan répond à Abdelkrim
            Cynique
            • Posté à 18h57 le 22/01/2010
            • Internaute 102628
              Cynique

            Les journalistes n’ont aucune capacité pour s’auto-réguler...ils osent même nous dire respecter la présomption d’innocence en parlant systématiquement « d’auteurs présumés ».
            On n’a vu aucun mea culpa suite au traitement lamentable de leur part dans l’affaire Outreau, pas plus que d’excuses aux français pour les avoir traité d’antisémites et de lâches suite à l’affaire du RER A.

            Le magistrat a amplement raison de parler de vérité journalistique sans contradictoire.

            Je me suis souvent demander à quoi peut bien servir le code de déontologie, si on le respecte pas, on perd sa carte de journaliste ou on continue à faire comme on veut ?

            Enfin en appeler à Poincaré et consorts, c’est vraiment du n’importe quoi. Que les journalistes soient honnêtes et nous disent clairement qu’il est interdit de les critiquer ce sera plus simple.

          • Mandagot
            Mandagot répond à Abdelkrim
            Dans un pithos.
            • Posté à 19h26 le 22/01/2010
            • Internaute 95386
              Dans un pithos.

            Euh... En parlant de naïveté, vous le sentez comment, la possibilité qu’une rédaction sanctionne un journaliste, parce qu’il a publié un papier ne respectant pas la moindre éthique, mais ayant attiré du lectorat par le fumet de la bouse alléché ou ayant répondu aux exigences d’un actionnaire, annonceur, ami politique ? La presse, ce n’est pas les Avengers, c’est un pouvoir imbriqué dans notre société marchande.

            La Charte des devoirs des journalistes est en outre un document déclaratif, qu’il est franchement dérisoire de présenter comme une quelconque garantie contre les manquements éthiques.

            Une déontologie suppose normalement l’existence de normes dont le respect est assuré par des pairs, c’est-à-dire l’existence d’une commission de pairs sanctionnant les manquements. L’Ordre des avocats, des médecins par exemple. Notez que pour ces professions, personne ne songerait à confier au cabinet d’avocat seul, la sanction d’un de ses membres qui par des promesses fallacieuses aurait attiré nombres de clients persuadés de sa capacité magique à faire sauter les PV ou à la clinique privée, le soin de taper sur les doigts d’un médecin qui aurait fait des interventions injustifiées quoique payées à l’établissement.

            En d’autre termes. Il n’y a actuellement pas de déontologie journalistique. Il y a une éthique, qui n’est guère suivie.

            • Abdelkrim
              Abdelkrim répond à Mandagot
              Homme libre
              • Posté à 00h07 le 23/01/2010
              • Internaute 97820
                Homme libre

              Parlons-en de l’Ordre des Médecins.....Vous voulez que l’on vous rafraîchisse la mémoire ? Je partage votre point de vue sur l’éthique nécessaire en matière de journalisme, mais cette éthique n’a pas être placée sous le contrôle d’un quelconque pouvoir politique. On sait où cela mène.

          • FPM
            FPM répond à Abdelkrim
            Journaliste
            • Posté à 11h19 le 24/01/2010
            • Journaliste 18908
              Journaliste

            La Charte française date de....1918 (légèrement mise à jour en 1938)
            Voir : Lien

            C’est un texte franco-français, qui n’a aucune valeur contraignante (« tient le scrupule et le souci de la justice pour des règles premières » .. certes, mais encore ?)

            Le document qui fait référence dans les traités, c’est la « Déclaration des devoirs et des droits des journalistes » (voir Lien) , qui a le mérite de reconnaitre l’existence des rédactions, des hiérarchies, de l’entreprise de presse, au-delà du seul individu-journaliste.

            Il serait important de mentionner qu’en France, la mise en place d’une charte de déontologie des journalistes est en route :
            Lien
            sous la coordination de Bruno Frappat (La Croix), avec la bénédiction des pouvoirs publics.

        • brignani
          brignani répond à Coldo
          juriste
          • Posté à 19h15 le 22/01/2010
          • Expert 57137
            juriste

          et bien ne les lisez plus, cela vous évitera de dire des stupidités... Si nous n’avions pas les journalistes ? y avez vous pensé ?

          • revan
            revan répond à brignani
            Cynique
            • Posté à 19h54 le 22/01/2010
            • Internaute 102628
              Cynique

            Pourquoi faut’il qu’on en vienne systématiquement là dès qu’on ose émettre le début d’une critique contre les journalistes ?

            Tiens on ferait quoi sans les cheminots ? sans les policiers ? sans les enseignants ? ...on peut jouer à ce ptit jeu très longtemps...

            • Guillemette Faure
              Guillemette Faure répond à revan
              Journaliste
              • Posté à 22h26 le 22/01/2010
              • Internaute 34
                Journaliste

              Là, il ne s’agit pas de critique des journalistes mais de se demander si les conditions d’exercice de leur profession vont être restreintes.

          • Coldo
            Coldo répond à brignani
            pas là
            • Posté à 22h45 le 22/01/2010
            • Internaute 40715
              pas là

            Ce que vous venez de dire, c’est que si on lit ce qu’écrivent les journalistes, ça nous fait dire des stupidités...

            A vous lire, ça doit être vrai.

  • Magambetov
    Magambetov
    Ca fond ça chauffe ça cuit ça (...)
    • Posté à 14h10 le 22/01/2010
    • Internaute 74638
      Ca fond ça chauffe ça cuit ça (...)

    Le comité national d’éthique n’existe pas c’est une proposition qui amène le débat.
    La voie diplomatique est la meilleure solution c’est de cette façon que les journalistes judiciaires ont pu gardé l’accès aux galeries de l’instruction « Nous avons négocié et obtenu le maintien de cette pratique immémoriale. »
    L’article a un parti pris qui nous pousse à être contre ce comité national d’éthique sans en connaître les réels pouvoirs.
    Le manque d’objectivité se fait sentir.

    • Sethtes
      Sethtes répond à Magambetov
      Mega Culpa
      • Posté à 20h23 le 22/01/2010
      • Internaute 86642
        Mega Culpa

      En même temps, un comité national d’éthique... Pour penser, on a besoin qu’on comité national vienne nous donner une liste des choses à penser ou ne pas penser ? L’éthique elle émane de l’être humain, Lévinas en parle très bien quand il dit que l’apparition de l’éthique a lieu quand on rencontre un visage humain, l’apparition de responsabilité mutuelle... (tous les exemples de gars qui allaient se faire exploser pour leur cause et qui ne pouvaient le faire si ils croisaient, dans leur globalité, des visages...)

      En attendant, un comité national (autant qu’un ministère de la culture) qui viendrait dire ce qui est éthique ou ne l’est pas, ce qui est moral ou ne l’est pas, un échelonnement des valeurs tels de Kant ou Heideger venaient nous asséner via leur « vérité unique », c’est le début (le milieu, le terminus, je sais plus), d’une dictature de la pensée déjà bien avancée chez nous tellement il est difficile de penser différemment de la pensée unique vers laquelle nous tendons.

      A partir du moment où des êtres humains, non finis par définition, viendraient définir, dans leur petit cercle de pensée, ce qui est acceptable ou non, alors c’est qu’on nous prend pour des cons, de manière générale, pour des incapables de penser, de se forger une opinion... Ce ne sera jamais simple mais dès qu’on décide à la place des autres, on est un tyran.

      Heureusement que des Derrida, des Lévinas, des Ricoeur trainent par là...

  • Iv
    Iv
    Roboticien utopiste
    • Posté à 14h13 le 22/01/2010
    • Internaute 39192
      Roboticien utopiste

    « Bref, à l’écouter, de vrais nuls à qui il faut rappeler que la “ vérité judiciaire ” n’est pas la vérité médiatique qui s’exprime à la porte des salles d’audience. »

    Heu... qu’insinue l’auteur de l’article ? que la vérité médiatique est la vérité judiciaire ?

    Ceci étant, un magistrat autant que n’importe quel citoyen cité par un article dispose d’un droit de réponse, c’est cela qu’il faut utiliser.

  • lulu65
    lulu65
    mecano
    • Posté à 14h22 le 22/01/2010
    • Internaute 100368
      mecano

    encore,une attaque contre les journalistes. bien sur que c la censure qui est visé ! ! ! ! ! !

  • Jedd_
    Jedd_
    Touriste
    • Posté à 14h23 le 22/01/2010
    • Internaute 102585
      Touriste

    Je ne vois pas le problème dans la remarque du président du TGI...
    S’inquiéter du fait que les journaux jettent en pature des noms au public sans vraiment prendre les précautions de reserve nécéssaires, je trouve ça normal.
    Cela arrive souvent que des articles laissent peu de doute sur la culpabilité d’un suspect, mettant à mal de principe de presomption d’innocence.

    Quand on lit cet article, il donne l’impression que l’auteur a été véxé par cette déclaration et qu’il écrit à charge contre ce magistrat... Ce qui est dommage car cela décrédibilise l’article.
    De même, je ne vois pas en quoi des références à Pointcarré ou Lagrange apporte de l’eau au moulin.
    L’historique d’une association, aussi prestigieux soit-il, ne justifie pas son fonctionnement actuel...

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 14h32 le 22/01/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    « Un sursaut éthique de chacune des professions concernées, magistrats, avocats et journalistes de la presse judiciaire est nécessaire....

    HOULALA...un sursaut éthique des magistrats...etc.

    Monsieur Jacques Degrandi je vous mets au défi...je vous donne l’autorisation de fouiller dans mes dossiers, ce qui vous permettra de couper quelques têtes parmi des magistrats, préfet, officiers de gendarmerie, gendarmes, ministre et celle de Sarkozy...
    Je ne demande que 3.5 millions € en dédommagement…une peccadille comparé aux milliards des banquiers…etc.

    Jean-Luc LUMEN

  • iFFLYG
    • Posté à 14h46 le 22/01/2010
    • Internaute 30165

    Avant-goût du fonctionnement de la justice si la réforme passe ?

    Les présidents des tribunaux sont nommés par décret de ce type : « Par décret du Président de la République en date du ... sur proposition du Conseil supérieur de la magistrature en date du ..., sont nommés :
    ... pour exercer les fonctions de président du tribunal de grande instance de ... : M. X,...
    M. Y, ..., est déchargé des fonctions de président du tribunal de grande instance de ... et chargé des fonctions de président du tribunal de grande instance de ... ». En n’oubliant pas qu’à plusieurs reprises notre Président de la République s’est assis sur les propositions du CSM.

  • daryo
    daryo
    Juriste
    • Posté à 14h48 le 22/01/2010
    • Expert 37402
      Juriste

    Etant juriste, je constate juste la pauvreté des comptes rendus journalistiques… des nullards ? oui sans aucun doute.

    • brignani
      brignani répond à daryo
      juriste
      • Posté à 19h17 le 22/01/2010
      • Expert 57137
        juriste

      Moi aussi, je suis juriste, et je ne vois pas le rapport avec les journalistes.
      En tous cas, tant qu’ils sont là, on peut espérer empêcher bien des excès.
      Lorsque l’on est juriste, on évite les suffisances, il me semble

      • Eowyn
        Eowyn répond à brignani
        • Posté à 22h18 le 22/01/2010
        • Internaute 31766

        Effectivement, il faut se garder de généraliser : tous les journalistes ne sont pas mauvais. En revanche, leur traitement est parfois singulier, lorsque, par exemple, ils vont interroger les avocats d’une seule partie, et reprendre leurs propos sans aucune distanciation, en les posant comme une affirmation (par exemple, dans l’affaire Foffana).
        Un autre problème est celui du manque de connaissance technique des journalistes, qui entraine parfois des papiers indignés, du fait d’une mauvaise compréhension des règles de droit et qualifications appliquées à l’affaire.
        Dernier problème, à mon sens, mais il est très différent : celui du rôle des médias lors d’une enquête médiatisée : du média-relai d’une opinion publique vengeresse, mais ignorante des subtilité du dossier, au média quoi pour faire de l’audience va informer la populations d’éléments secrets d’une enquête, quitte à mettre en danger des personnes (par ex dans les affaires d’enlèvement, quand la police pense avoir trouvé le coupable)...

        Donc le problème du rapport entre médias et justice se pose, et il est passionnant. L’auteur de l’article se ferme trop, je trouve, à cette problématique.

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 14h51 le 22/01/2010
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    La vérité judiciaire ?

    Il me semble que l’on tenterait de confondre trois point très différents que sont :

    - La loi
    - Le Droit
    - La Justice...

    Et ajoutons à ceci la Morale...

    Un peu comme si l’on disait que je jugement de Polanski etait une question de Morale, alors qu’il n’est question que de Droit ! !

    Ici, de même !

    Car, qu’est donc la « vérité judiciaire » ?

    Un rêve, mais pas un rêve de juriste. Un justiste veut du droit, et pas forcément une « vérité » ! Quand à être juste...

  • Olbirion
    Olbirion
    Ingénieur
    • Posté à 14h50 le 22/01/2010
    • Internaute 63329
      Ingénieur

    Quand j’étais petit on me disait souvent : ya que la vérité qui blesse !

    Le commentaire de ce magistrat me parait parfaitement légitime, la réaction de l’auteur de l’article est disproportionnée.

    Tout le monde n’est pas Pascale Robert-Diard...

    • David Servenay
      David Servenay répond à Olbirion
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 22h54 le 22/01/2010
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Pour info, Olbirion, je ne fais pas partie de la presse judiciaire et, comme vous, j’apprécie particulièrement le travail de cette consoeur du Monde sans jamais avoir eu la prétention d’égaler son talent à rendre compte d’une audience.

      • Nils Wilcke
        Nils Wilcke répond à David Servenay
        Etudiant
        • Posté à 23h51 le 22/01/2010
        • Internaute 49020
          Etudiant

        C’est toute la difficulté du métier, quand on n’est pas « spécialiste » de rendre compte de la chose…

        Je compatis ^^

  • ludo2776
    ludo2776
    thésard en biologie
    • Posté à 14h51 le 22/01/2010
    • Internaute 102344
      thésard en biologie

    faut pas monter sur ses grands chevaux comme ça. qu’il y ait un certain nombre d’incompétents, c’est inévitable, aucun corps professionnel ne peut y échapper. ensuite, il est clair qu’un journaliste ne résumera jamais une audience contradictoire en quelques lignes. alors, il suffirait de noter « ce récit n’est qu’une interprétation personnelle, qui n’engage que moi et ma rédaction, de x heures d’audience où les faits/déclarations marquant(e)s » au cas où certains lecteurs soient dépourvus d’esprit critique.

  • LeLapin
    LeLapin
    Infopigiste
    • Posté à 15h02 le 22/01/2010
    • Internaute 31149
      Infopigiste

    Frédéric Pottecher était déjà en activité en 1887 ? ? ? Mais je dois être atrocement vieux ! Je l’ai connu en pleine activité : -)

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 15h02 le 22/01/2010
    • Internaute 51971

    Un « comité national d’éthique » pour les « journalistes » : si seulement ! ...

  • pascalter
    • Posté à 15h53 le 22/01/2010
    • Internaute 69701
      .

    Ce magistrat a commis un crime de lèse-majesté… Il a osé remettre en cause le pourvoir de nos chers médias, qui c’est bien connu, sont pourvus d’une éthique grosse comme ça ! Qui c’est bien connu sont tellement proche de la perfection qu’il est simplement inenvisageable d’émettre la moindre critique à leur endroit. Nous avons à faire à des quasi demi-dieux...

    Cher David Servenay, demandez-vous donc si l’affaire Dray (par exemple, pour ne pas prendre la plus sérieuse, mais celle qui me vient en tête maintenant) aurait été traitée de la même façon par vos aînés : Raymond Poincaré, Léo Lagrange ou Frédéric Pottecher…

    Ainsi, pour ce magistrat plein de bon sens, « Un sursaut éthique de chacune des professions concernées, magistrats, avocats et journalistes de la presse judiciaire est nécessaire. »

    Mais je rajouterai : pas seulement monsieur le magistrat ! Il faudrait faire quelque chose pour l’ensemble du fonctionnement (suicidaire) de notre 4e pouvoir, une corporation perdue à jamais dans les buzzs et autres vides sidéraux.

    • David Servenay
      David Servenay répond à pascalter
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 22h49 le 22/01/2010
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Sans doute me suis-je mal fait comprendre.

      Ce qui est paradoxal, dans le propos de ce magistrat, est qu’il fustige les dérives de l’information spectacle dans l’actualité judiciaire, en prenant à partie... des journalistes spécialisés dans ce type d’affaires qui, justement, prennent beaucoup de précautions pour ne pas céder aux sirènes du procès médiatique.

      Il semble donc régler une sorte de compte personnel lors de cette audience solennelle, alors que la justice a en ce moment bien d’autres chats à fouetter. Au hasard : carte judiciaire, suppression du juge d’instruction, inflation continue de textes inapplicables ou inappliqués, manque de moyens...

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à David Servenay
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 12h54 le 23/01/2010
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Un Justice que l’on veut étouffer, y compris dans la relation rédactionnelle de ses petits travers par des journalistes...spécialisés !

        ¤ Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, n’est-ce-pas ?

        Et surtout pas par les Journalistes ou les reporters, qui sont désormais priés de mentir, de déformer, ou plus simplement de la boucler.

        Nous allons dans le mur...du silence !

  • Et vlan
    Et vlan
    Humain
    • Posté à 15h16 le 22/01/2010
    • Internaute 100918
      Humain

    Le problème réccurent de beaucoup de journalistes c’est qu’ils s’estiment au dessus des Lois...
    A mon avis une affaire judiciaire ne devrait être publiée dans la presse qu’un fois qu’elle est terminée.

    Parce que qu’est-ce qui est mieux pour le lecteur X de savoir lundi que Madem Y a été assassinée ou de savoir Jeudi que Mme Y a été assassinée et que l’auteur présumé Z a été interpellé ?

    • Nils Wilcke
      Nils Wilcke répond à Et vlan
      Etudiant
      • Posté à 15h50 le 22/01/2010
      • Internaute 49020
        Etudiant

      « Le problème récurent de beaucoup de journalistes c’est qu’ils s’estiment au dessus des Lois... »

      On aimerait en savoir davantage, mais on ne saura pas… Parce que c’est faux…

  • Hemenate
    • Posté à 15h18 le 22/01/2010
    • Internaute 856

    « Dès son arrivée à la présidence du TGI de Paris, en 2008, il cherche à interdire l’accès aux juges d’instruction, logés dans plusieurs “ galeries ” du bâtiment. »

    L’instruction étant en principe secrète, éviter que les journalistes se baladent dans les locaux des juges d’instructions ne me paraît pas tout à fait stupide.

    « Il est vrai que l’association de la presse judiciaire n’a qu’une petite centaine d’années, puisqu’elle a été fondée en 1887. Avec de vrais incapables, nommés Raymond Poincaré, Léo Lagrange ou Frédéric Pottecher »

    Je ne comprends pas bien en quoi l’ancienneté de l’institution et la qualité des fondateurs/anciens membres, induirait que l’association ne pourrait pas, par principe, être remise en question ?

    • Nils Wilcke
      Nils Wilcke répond à Hemenate
      Etudiant
      • Posté à 15h37 le 22/01/2010
      • Internaute 49020
        Etudiant

      Le secret de l’instruction est depuis longtemps une rigolade ! Tout le monde le balaye, et tout le monde s’en accommode. A commencer par les magistrat qui peuvent faire des confidences aux journalistes pour éviter que leurs affaires sensibles ne tombent aux oubliettes…

  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 15h27 le 22/01/2010
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    Renversons le problème : pourquoi n’y a-t-il (presque) qu’en France que la profession de journaliste ne s’est pas organisée afin de se réguler ?

    Pour ne prendre que des pays francophones, des conseils de presse existent déjà et se sont dotés de codes éthique, voire de possibilité de déposer une plainte :

    Luxembourg : Lien

    Canada (Québec) : Lien

    Celui de la communauté francophone de Belgique est en gestation :
    Lien

    A choisir, je préfère encore une régulation des journalistes par des journalistes plutôt qu’une immixtion d’autorités extérieures dans le fonctionnement des organes de presse.

    Il est assez piquant de voir que l’attaque vient d’un magistrat. Suite à l’affaire dite d’Outreau, on a beaucoup reproché aux magistrats leur supposée irresponsabilité. Certaines affaires impliquant des journalistes (PPDA est un intervieweur-menteur et un repris de justice par exemple) ont montré qu’en l’espèce, à impunité des magistrats, impunité et demi des journalistes.

    • Rorschach
      Rorschach répond à fdrebin
      La fin est proche
      • Posté à 15h42 le 22/01/2010
      • Internaute 70012
        La fin est proche

      100% d’accord.

      Si notre « état de droit » va si mal, c’est bien la faute du pouvoir judiciaire, qui contrairement à ce que j’ai pu lire dans un des posts, n’est pas le 4ème pouvoir, mais bien le 1er.

      A Outreau, n’oubliez pas de rajouter Dray, Juppé et autres hontes.

      Si ce magistrat veut un travail journalistique de qualité, il n’a demander aux siens de faire pareil.

    • pascalter
      pascalter répond à fdrebin
      .
      • Posté à 16h01 le 22/01/2010
      • Internaute 69701
        .

      L’affaire d’Outreau ! ! ! !

      Il est vrai que même si les magistrats n’étaient pas au top, nos médias ont particulièrement brillé dans le cadre de l’affaire d’Outreau... Encore un exemple qui va dans le sens du magistrat cité, qui demande un sursaut d’éthique !

      Il faut noté que la justice à été capable de se remettre en cause, sans grand résultat il est vrai. Mais la presse elle, rien ! Et pourtant...

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 15h30 le 22/01/2010
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Je constate que tous demande une éthique des journalistes, ok, ok … mais avant de demander une éthique pour les autres ...ne faudrait il pas déjà commencer par soi même...messieurs les magistrats

    • pascalter
      pascalter répond à Jean-Luc LUMEN
      .
      • Posté à 16h03 le 22/01/2010
      • Internaute 69701
        .

      Et que faites vous des procédures d’appel ? Et des cassations ? Y a t il un équivalent du coté des médias ?

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à pascalter
        en invalidité
        • Posté à 00h01 le 23/01/2010
        • Internaute 47198
          en invalidité

        Ce que je fais des procédures d’appel...cassations, je les classe comme procédures guignolesques
        Maintenant ce que j’en pense… bouffonnades sur toute la longueur…naturellement de temps à autre… il y a deux ou trois procédures où la vraie justice s’applique

        Bouffonnades criminels faites et organisées par des personnes sans foi ni lois, ayant pourtant prononcés serment de rendre la vraie justice et non une justice de copinage. Rien qu’en france les millions de victimes de ses bouffons vous salues

        Monsieur Pascalter, saviez vous que la France et l’unique démocratie ou la Notoriété Publique fait office de preuve irréfutable pour vous embastiller éventuellement à vie… L-3213-2 anciennement art. L343 de la loi du 30 juin 1838 …saviez vous que la gestapo s’était largement inspirée du texte de cette loi…
        Sauf que la gestapo n’est plus…et que la France a toujours maintenu son article

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Jean-Luc LUMEN
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 12h56 le 23/01/2010
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Jean-Luc, méfie toi de ne pas faire une « fixation » grave !

          • Jean-Luc LUMEN
            Jean-Luc LUMEN répond à Yvon le Zébulon
            en invalidité
            • Posté à 15h30 le 23/01/2010
            • Internaute 47198
              en invalidité

            Pas besoin de faire une fixation sur les graves dérives des lois françaises…
            Chaque nouveau jour en apporte un nouveau lot.

            Yvon…trouves tu normal que la France et le seul pays démocratique où la notoriété Publique fait office de preuve irréfutable ?

            Extrait concernant le teste de Stanley Milgram
            « Il semble donc que l’espoir repose et continue de reposer sur la présence d’individus ou de groupes oeuvrant sans arrêt à dénoncer les abus et l’injustice, afin de servir de contrepoids aux tendances à l’apathie et à la soumission, qui caractérisent la majorité. A méditer... »

        2 autres commentaires
  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 15h34 le 22/01/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    Plutôt que de faire avancer ses dossiers (forcément en retard) Monsieur se pique d’apprendre aux journalistes à faire leur métier !

    Il faut dire que l’article de Florence Aubenas rappelait deux choses intolérables pour ce Monsieur :

    - la politique du chiffre
    - l’enterrement des affaires sensibles liées à la corruption notamment dans les affaires de marchés publics…
    - la gabegie qui règne dans les tribunaux alors que les politiques en font leur réserve de voix !

    De telles critiques ne sont pas neuves, Eva Joly il y a vingt ans avait déjà tiré la sonnette d’alarme !

  • Lozardèche
    Lozardèche
    Musicien
    • Posté à 15h40 le 22/01/2010
    • Internaute 100487
      Musicien

    On sait qu’en France, les journalistes sont très partiaux. Conditionnés, dressés par les écoles de journalisme qui leur apprennent essentiellement à faire de la propagande de gauche antisarkozyste, ils arrivent, la g....... enfarinée, croyant qu’il est « naturel » et hautement recommandé de perroquetter leur antisarkozysme. Les propos de ce Juge ne sont pas une incitation à la censure, mais à l’objectivité. Qu’on en finisse avec cette propagande immonde, avec ces syndicats cégétistes qui contrôlent l’info dans les media publics. Cela, oui, est scandaleux ! Ayez de la liberté d’esprit, messieurs les journalistes, soyez indépendants de tous les pouvoirs, y compris et surtout du pouvoir de la gauche, ne soyez pas les complices du rabaissement de la liberté d’expression dans notre pays, soyez lucides ! Vous n’êtes pas des perroquets !

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