28/10/2007 à 22h46

« Autant pour moi » ou « au temps pour moi » ?

Guillemette Faure | Journaliste


Est-ce qu’on en fait trop sur la séparation des Sarkozy ? Faut-il modérer les commentaires ? A Rue89, on a souvent des débats passionnés mais peu avec d’autant d’ardeur que pour discuter de la graphie de l’expression « autant pour moi » / « au temps pour moi ». Vos commentaires recueillis sous des sujets variés semblent indiquer que certains d’entre vous ont aussi des sentiments à vif sur le sujet.

Yann Guégan, notre webmaster, est un pratiquant du « au temps » car « il y a une histoire » (vous la lirez plus loin). Si on suit le plus grand nombre, à l’en croire, « la langue perd en richesse » . Face à lui, notre rédacteur en chef Pascal Riché, défend le « autant » au nom de l’usage plus courant. « Pour le moment, j’écris “événement” mais le jour où une large majorité des gens écrira “évènement”, j’écrirai “évènement” », explique t-il sans avoir peur de déclencher une nouvelle guerre.

Alors « au temps » ou « autant » ? On téléphone chez Larousse. « Vous écrivez ça comment ? » , nous répond Thérèse Leridon, responsable des relations presse, à l’annonce du sujet qui nous taraude. Enfin, c’est nous ou c’est vous le maître du dictionnaire ! « Justement, c’est pour ça qu’on vous appelle. » Elle nous faxe la page du Grand Dictionnaire des difficultés et pièges de la langue française.

Résultat : « Le commandement ’au temps’ indique (dans les exercices militaires, en gymnastique, en escrime etc.) un retour au mouvement (temps) précédent. Au figuré, au temps pour moi, se dit pour reconnaître qu’on s’est trompé et qu’on est prêt à revenir au point de départ pour reconsidérer les choses. » Mais, mais, mais… « Il est plus correct d’écrire “au temps pour moi !” plutôt que “autant pour moi !” même si l’usage a de plus en plus tendance à oublier l’origine militaire de cette expression. »

Et à l’armée, qu’est-ce qu’on en pense ? « Effectivement, c’est une expression qu’on utilise pas mal », nous répond le capitaine Jardy à la Dicod, le service d’information de l’armée. « C’est bien une expression militaire qui veut dire que l’on s’excuse. On reconnaît son erreur. S’il y a des mouvements d’ensemble, si le chef se trompe, il admet son erreur en disant ’au temps pour moi’ et on revient à la situation antérieure. » Il est très convaincant mais juste avant de raccrocher, il rajoute un bémol, « mais c’est très personnel... » Mince, depuis quand l’armée ouvre t-elle la porte aux interprêtations interprétations personnelles ?

Que faire donc ? Consulter les immortels ! « Il est impossible de savoir précisément quand et comment est apparue l’expression familière au temps pour moi, issue du langage militaire, où ’au temps’ se dit pour commander la reprise d’un mouvement depuis le début (au temps pour les crosses, etc.). De ce sens de ’C’est à reprendre’, on a pu glisser à l’emploi figuré. On dit ’Au temps pour moi’ pour admettre son erreur -et concéder que l’on va reprendre ou reconsidérer les choses depuis leur début », écrit l’Académie. « L’origine de cette expression n’étant plus comprise, la graphie ’Autant pour moi’ est courante aujourd’hui, mais rien ne la justifie. »

Luc Bentz, qui tient le site Langue Française, n’arrive pas à s’expliquer l’intérêt porté à cette question. « C’est le sujet le plus consulté sur le site », nous déclare ce juge de touche de l’orthographe qui prend le temps de répondre par e-mail à toutes les questions sur les accords de participe passé. Depuis le 29 septembre 2004, la page consacrée à AuXXXX pour moi a généré 333000 requêtes et sur les forums du site, le sujet dépasse maintenant la douloureuse question de l’accentuation des capitales. Départagez nous !

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  • Anonyme

    Le plus simple est de s’en remettre à qui de droit, et justement c’est le rôle de l’académie française.
    Lien
    Si l’académie dit « au temps pour moi », il ne sert à rien de chercher à le contester puisque son rôle est justement de servir d’arbitre.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 10h44 le 29/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Cher 1H27, tout le monde ne partage pas votre avis, comme Guillemette le rappelle. Continuons donc à nous interroger sur la langue et ses usages, dans la joie et la bonne humeur si possible :)

      • Anonyme répond à Yann Guégan

        Pour moi, il n’y a pas de discussion possible, on écrit au temps pour moi, cela vient de l’italien, des marches militaires, etc. Pourquoi vouloir écrire autant, je ne comprends pas Pascal Riché plus son exemple sur événement n’est pas bon, dans la mesure où les deux sont autorisés et dans le dictionnaire alors que définition de autant n’a jamais le sens de au temps

         
        • Anonyme

          à CA du 30/10/07 - 10h52
          Depuis que je sais écrire... il y a près de 80 ans, et que j’ai appris l’orthographe, c’est la première fois qe j’ai vu dans les différentes interventions sur rue 89 le mot« autant » orthographié « au temps »... et à chaque fois j’ai été choquée. Je viens de consulter un dictionnaire BORDAS « les difficultés de la langue française » édité en 1989 qui est une réédition de la 1ére édition de cet ouvrage paru en 1981, les termes « au temps » ne s’appliquent qu’à la date ou à une époque : « au temps de »... par exemple « au temps de mes études ». Mais il est aussi précisé que la formule : « Au temps, pour les crosses ! » - et là on rejoint sans doute le milieu militaire - est à préférer à « Autant pour les crosses ! “La définition est la suivante : il s’agit du premier temps d’un mouvement. De même ‘au temps, pour moi’ = en ce temps pour moi plutôt que : autant, pour moi.(p.755 de cet ouvrage).
          L’adverbe ‘autant’ exprime l’égalité, l’équivalence
          par exemple ‘travaille autant que moi’ (p.82 et 83) de cet ouvrage.
          Voilà ma contribution à ce dilemne ! Mer à tous car cela m’a permis de découvrir que ‘au temps’ existe bien mais seulement d’un usage bien plus restrein que ‘autant’. Bonne journée. Suzb.

        • Anonyme

          Comme l’expression « au jour d’aujourd’hui “ qui ne veut rien dire !

          Le compliquage de la langue Française, ça nous oblige à nous culturer ! ! !

          Pascal du Haut-Poitou

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Le problème est que le temps que les Immortels aient fini de rédiger leur Dictionnaire, ils n’ont plus qu’à le recommencer, l’usage allant beaucoup plus vite.
      Du reste, il a suffi que monsieur Maurice Druon, alors Secrétaire perpétuel de l’auguste Compagnie, décrète que, même femme, un ministre est un ministre, pour que l’usage de « la ministre » se généralise, sans que cela choque grand monde. Dieu sait que je prends grand soin de ne pas trop écorcher la langue de nos aïeux (enfin, ça dépend des générations !), mais il ne faut quand-même pas exagérer !
      A part ça, tant que l’orthographe « autant pour moi » n’est pas validée par une grammaire, le Robert ou le Litré, je continue à écrire « au temps pour moi ».

      Thomas GREDAT

      • Claude PELLETIER
        Claude PELLETIER
        Retraité dans son jardin
        • Posté à 11h10 le 29/10/2007
        • Internaute 10710
          Retraité dans son jardin

        Vu le respect dû aux aïeux, nous pourrions écrire que vous souhaitez la validation par une grand-mère !
        Beaucoup de locuteurs prononcent [gran.mère] le mot « grammaire » ainsi que je l’ai constaté.

         
        • Anonyme répond à Claude PELLETIER

          « Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ?
          - Qui parle d’offenser grand-mère ni grand-père ? »

          A part ça, le respect dû à la langue de nos grand-parents m’oblige à rétablir le « t » que j’ai ôté à « Littré ». Pardon Mimile !

          T. G.

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Eh oui, cher Thomas, les Immortels ont l’avantage sur nous de l’être, Immortels, et donc d’avoir tout leur temps...
        Cela dit, la langue françoise a quand même bel et bien évolué au fil des siècles (relisez Rabelais dans le texte, c’est coton...) et cela continuera. C’est même le principe d’une langue vivante. O tempora, o mores...
        Mais vous avez raison, le principal est de continuer à respecter la langue elle-même.

        Otto Naumme

         
        • Anonyme

          Respecter la langue et respecter les gens !

          • Anonyme

            Et respecter les gens, bien sûr !

            Otto Naumme

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    C’est l’intérêt principal de votre site, n’est-ce pas ?

    De même qu’évènement n’a pas encore supplanté événement, je suis sûr que pour l’instant votre rédacteur en chef se contente d’écrire interprétation, et non pas « interprêtations personnelles ».

    • Pascal Riché
      Pascal Riché
      Redchef Rue89
      • Posté à 08h38 le 29/10/2007
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      ça c’est vrai !

    • Anonyme

      C’est bien connu, l’on n’interprète qu’aux riches...

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure
      Auteur(e) de l'article Journaliste
      • Posté à 12h10 le 29/10/2007
      • Internaute 34
        Journaliste

      C.A de 6h36, merci. La red’chef de Rue89 est effectivement incollable en accents circonflexes.

  • Anonyme

    C’est un très vieux thème qui n’est pas près de se refermer. Les puristes voudraient qu’on écrive absolument « au temps pour moi » ; dans les années 60, j’étais en CE2 et j’avais posé la question à mon institutrice. Elle m’avait répondu que les deux versions étaient possibles, que la seule correcte était « au temps pour moi » mais que plus personne ne savait sur quelle origine elle reposait et que tout le monde écrivait « autant pour moi » de manière fautive sans pour autant commettre une erreur. Elle m’a demandé pourquoi je l’avais écrit « autant pour moi » je lui ai expliqué que la notion d’excuse s’exprimait à mon avis avec celle de quantité, comme en Italien ou en Anglais, d’où le choix de « autant » (toute l’erreur est pour moi) mais que quoiqu’il en soit je n’aurais jamais idée d’y associer le temps.

    Petit souvenir d’enfance.

    Cette expression a fait couler de l’encre depuis des décennies.

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 11h34 le 29/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Chère anonyme de 08H16, vous touchez du doigt ce qui fait sens. Et faire sens n’est-ce pas l’intérêt de la langue ?

      Il arrive un moment où tout bascule. Quand la musique militaire marque le pas, quand elle n’est plus à la parade dans nos esprits, notre culture, cette référence au « temps » que vous notez devient incompréhensible. Si peu de marches dans nos iPod !

      On voit ici l’histoire d’une expression, et cela parle de nous, des glissements progressifs des sens. Pourquoi ne pas accueillir un nouvel usage quand il est lui aussi vecteur de sens.

      Quand j’affiche un « autant pour moi », je prends acte d’une erreur et je m’en attribue la responsabilité en totalité ou en partie. Il y a une forme de politesse, de civilité dans cette tournure qui bat sur un mode plus mesuré. Soyons civils plutôt que mirlitaires ! Arrêtons de dégainer de trop catégoriques « Au temps pour moi », arrêtons de parader !

      Il y a moins de tambours, de trompettes, de pas cadencés mais plus d’humilité et de réserve dans « autant pour moi ». Oui, c’est cela soyons réservistes !

      Et si les deux usages étaient une richesse de la langue, une nuance supplémentaire à notre nuancier ? Moi, je garde les deux.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 07h45 le 29/10/2007
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Nous vivons surtout au temps de l’espoir du « autant par mois » qui nous ramène inexorablement au temps des illusions !
    Lien

    • ABD insulaire
      ABD insulaire répond à Infovite
      • Posté à 08h12 le 29/10/2007
      • Internaute 19289

      Autant certains s’en foutent, au temps ils reviendront en arrière

  • le-vilain-petit-canard
    • Posté à 08h09 le 29/10/2007
    • Internaute 19295

    La cause semble entendue, il faut dire :
    au temps pour moi

    Mais quid, du mot achalandé dans l’ expression ce commerce est bien achalandé
    clients ou marchandises ? ?
    Une piste pour les passionnés de langue française le vieux verbe chaloir qui survit dans l’ expression « Peu me chaud » (j’ en ai rien à battre)

    Bonne Paul et Mick ...
    comme disait un canard de mes amis je me mare

    • Anonyme répond à le-vilain-petit-canard

      Aïe, encore eut-il fallu ouvrir et ne pas LIRE le Bescherelle en diagonale avant que de tenter de briller de son sens de la répartie, laquelle tombe à plat en l’occurence.

      outil mnémosique :
      Chaud : contraire de froid
      Chaut : du verbe chaloir, se conjugue comme le verve valoir ou falloir
      peu m’en chaut : avec un « t » !

      Lien

      Bien le bonjour.

      Je réitère, les deux orthographes sont admises « au temps pour moi » « autant pour moi ».

      • Anonyme

        Au passage, je pense que le Bescherelle vous aurait indiqué que « occurrence » prend deux R, histoire de mieux respirer sans doute...
        Et ne parlons pas du « verve »...

        Chauds les marrons...

         
        • Anonyme

          de quoi nourrir les tricoteuses, profitez profitez

          nourrir pourrir oui 3 r
          ouf

        • Claude PELLETIER
          Claude PELLETIER
          Retraité dans son jardin
          • Posté à 12h04 le 29/10/2007
          • Internaute 10710
            Retraité dans son jardin

          J’ m’en Fu Mancho !

        2 autres commentaires
      • Anonyme

        Un peu bêcheur le Bescherelle.

  • Anonyme

    amusant ... j’ai déjà vécu cette polémique sur un autre forum ;)

    au temps pour moi, j’ai reconnu mon erreur d’avoir écrit « autant pour moi »

    La question subsidiaire est de savoir s’il faut rester puriste ou si on adapte la langue à l’usage qu’en fait le plus grand nombre d’utilisateurs.

    Quant à « achalandé », pour moi, il n’y a aucun doute, le « chaland » est le « client »

    « autant pour moi » ou « au temps pour moi » ? les deux se dit ou se disent ? ;)

    caro (pas loguée)

    PS : j’ai voté pour au temps

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 09h20 le 29/10/2007
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    je n’avais jamais entendu cette expression avant mon service militaire
    il me semble qu’on ne la rencontre tout de meme peu dans la litterature, c’est surtout une expression verbale
    Et effectivement à l’armée, elle est surtout utilisée par celui qui donne les commandements pendant l’execution de « l’ordre serré », lorsqu’il s’est un peu emmêler les pinceaux.
    Au temps pour moi se jutsifie donc.
    ça peut s’assimiler au reporter de radio qui lorsqu’il bégaye dit « je reprends tout » ou « je recommence » et recommence effectivement au début de sa phrase

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à jyeden
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 12h08 le 29/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Vous apportez de l’eau à mon moulin. J’expliquais plus avant que je vivais l’expression « autant pour moi » comme une formule de politesse. Plus d’humilité que d’autorité !

      Vous faites ressortir concrètement qu’il y a du commandement dans l’expression « au temps pour moi ». Et dans ce cas seulement, le silence se fait, et la personne investie d’autorité garde la main car on attend qu’elle se manifeste à nouveau pour entamer la reprise. Alors que la formule de politesse autant pour moi » ne ferme pas la bouche des autres locuteurs !

  • Tom Bombadil
    Tom Bombadil
    Je ne suis pas un hobbit
    • Posté à 09h21 le 29/10/2007
    • Internaute 9759
      Je ne suis pas un hobbit

    Pardon de me répéter, mais je vote d’abord pour être reconnu sur le site automatiquement sans avoir à entrer mon identifiant ! Et après pour « Au temps », pour autant, je prends conscience (avec une certaine horreur) que je vivais dans l’erreur depuis si longtemps. Il faut envoyer ça à Finkielkraut, ça pourrait le réconcilier avec Internet, ce côté ayatollah de la bonne langue, règle de bois, blouse grise et tableau noir ?

  • Anonyme

    J’ai longtemps écrit « autant pour moi » avant de découvrir, je ne sais plus comment, que c’était une erreur. Peut-être l’usage, qui, dans une langue, est souverain, finira-t-il par faire passer cette orthographe. En attendant, ce n’est qu’une question de « temps » pour moi.
    J’ai longtemps ignoré l’origine de cette expression, et je vous remercie de me l’avoir apprise.

    Thomas GREDAT

    • Anonyme

      Mais de toute maniere on ecrira « O tan pr moa » dans moins de 5ans, il n’y a pas lieu de débattre !

      Vandheure deux taixteaux chai esséfaire

  • Anonyme

    Mnémotechnique

    LE GARÇON
    — Pour Monsieur ?

    PREMIER CLIENT
    — Un demi.

    LE GARÇON
    — Et pour Monsieur ?

    SECOND CLIENT
    — Autant pour moi [un demi]...
    Euh... Au temps pour moi ! Un café.

  • Lafayette
    • Posté à 11h34 le 29/10/2007
    • Internaute 208

    Je profite de cet article pour souligner que d’autres erreurs de langage sont commises et , dès lors qu’elles sont entendues ou lues dans les médias, on considère qu’elles sont justes car très souvent exprimées par des journalistes censés maîtriser le français .
    Exemple :
    -« bien évidemment » ( expression favorite de Christine Ockrent )
    Ou c’est bien ou c’est évidemment et non pas « bien évidemment »,
    ou alors évidemment bien , comme certainement bien.
    - « au final »
    Cette expression introduite par la presse s’est presque généralisée
    aujourd’hui. Contrairement à « au total » , terme reconnu par l’Académie,
    « au final » n’existe pas, du moins pour l’instant.
    On devrait employer « finalement » ou « en définitive » ou encore, dans certains cas, « in fine ».

    J’ai même entendu « au global »

    J’aurai envie de lancer « au secours ».

    Et puis, bien sûr, il y a des modes, des mots qui reviennent souvent, et toujours lancés par la presse qui semble être aujourd’hui l’initiatrice du nouveau langage , celui de la rue, Rue89 compris .

    Exemple :
    -ampathie
    -on va dire ( pour disons )
    -quelque part

    ......et bien d’autres exemples.

    Et pour revenir à « évènement », oui, c’est une question d’accent, celui des Parisieng !

    • Anonyme répond à Lafayette

      Evénement est simplement un oubli du dictionnaire de l’académie de 1878, elle avait corrigé avénement en avènement selon le voeu de Littré, mais elle a négligé d’être cohérente. Depuis les rectifications de 1990 les deux formes peuvent s’écrire et en fait évènement est la seule forme acceptable d’un point de vue phonétique puisque la syllabe suivante contient un e caduc.

    • gloriaparker
      gloriaparker répond à Lafayette
      • Posté à 13h45 le 29/10/2007
      • Internaute 19996

      et bien moi je le dis : au secours ! ! ! !
      si même les journalistes ne savent plus écrire le français...bon je sais ce n’est pas nouveau avec les « voire même » « au niveau de » et autres « suite à » qu’on nous balance à longueur de temps...mais là franchement : chapeau bas ! ! ! ! ! ! !

      Moi, ça me fait peur...parce que si je comprends bien la logique de l’article rédigé ci-dessus, la modification de la langue française se justifierait apparemment par le large consensus rencontré par les fautes d’orthographe.

      Donc quand je lis dans les copies de mes étudiants de master des fautes énormes ou une manière d’écrire type SMS, qui excusez moi du peu,pour des futurs avocats ou magistrats est plutôt choquante, comme par exemple« Cé ok » ou « Cé la Cour de cass. » et bien je devrais donc dire : à la demande quasi générale « C’est » va s’écrire à présent « Cé ».

      Non mais je rêve ! ! ! !

      • Anonyme répond à gloriaparker

        Euh, dites-moi, avec ce niveau d’élocution (« cé ok »...), ils vont VRAIMENT réussir à devenir avocats ou magistrats ? Il n’y a pas des notes ou un concours qui permette de faire le tri et de ne « remercier » certains qui, à l’évidence, n’ont rien à faire là ?
        Autre question : comment ont-ils pu aller jusqu’au master avec un tel niveau de français ?
        Merci de vos explications...

        Otto Naumme

      • Anonyme répond à gloriaparker

        Vous m’avez l’air bien horrifiée, chère Gloriaparker. Mais c’est déjà de la même manière que la langue a évolué jusqu’à présent ! voyez donc l’orthographe des mots, disons, à l’époque de La Fontaine. Elle a énormément évolué sous la pression de l’usage. Faut-il s’étouffer parce que clef s’écrit de plus en plus clé et blé ne s’écrit plus du tout blez ? Le langage SMS n’a fait qu’accélérer ce mouvement, qui est plus difficile à digérer en 5 ans que j’adis en plusieurs générations. Question d’échelle de temps, pas de nature de la transformation.

  • Anonyme

    Je prefere la signification paritaire « autant pour moi » , qui semble dire « J’ avoue, j’ ai été AUSSI CON que toi (ou que vous) »
    M’ enfin, c’est pas grave ..

  • Anonyme

    j’ai toujours écrit « autant pour moi » et je continue à le faire : ce que je trouve étrange, c’est de vouloir trouver une « vraie » orthographe alors qu’on est en présence de 2 expressions qui ont en réalité un sens très différent : pour moi, c’est donc un faux problème, ce qui compte, c’est de savoir ce que la personne qui employe l’expression cherche à dire :

    1) « on remet les compteurs à zéro ! » (aka « au temps pour moi ») : on est bien dans l’idée de temporalité, on revient à la situation antérieure et on fait comme si rien ne s’était passé en gros (genre j’ai fait une connerie mais c’est pas grave, plouf plouf on recommence et on oublie)

    2) « je pensais avoir raison et en fait non, c’était toi qui était dans le vrai : quelque part, tu peux me le reprocher autant que je te l’aurais reproché si j’avais été dans le vrai » (aka « autant pour moi ») : on a l’idée de quantité, d’équivalence et absolument AUCUNE référence au temps : l’expression induit également implicitement une excuse à celui à qui on s’adresse (ce qui ne transparaît pas du tout dans « au temps pour moi »)

    les 2 sens sont quand même radicalement différents et dire qu’on peut employer les 2 expressions indifféremment me choque un peu : soit on veut exprimer l’idée de temporalité et dans ce cas, on utilise « au temps pour moi », soit on veut faire référence à une équivalence (et s’excuser par la même occasion : quand vous dîtes « autant pour moi », vous n’êtes pas obligé de rajouter « désolé », les gens comprennent rien qu’à l’emploi de l’expression que vous êtes en train de vous excuser pour votre erreur) et dans ce cas, c’est « autant pour moi », mais employer l’un pour lui faire dire le sens de l’autre, ça ne marche pas

    je pense que pour la plupart des gens, le « autant pour moi » est plus naturel parce que c’est bien ce sens-là qu’ils veulent lui donner : je ne vois donc pas l’intérêt d’imposer l’autre orthographe sous prétexte qu’elle est plus « juste » alors qu’en réalité, elle n’exprime pas EXACTEMENT ce que la personne veut dire

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 13h01 le 29/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Oui, exactement !
      Mais je soulignerai le caractère autoritaire autant que temporel de « Au temps pour moi ! »

      Remarque.
      aka -> « as know as » ( littéralement « connu comme »)
      se traduit par « c’est-à-dire » que je comprends sous la forme « càd »……

      • Anonyme répond à Claude PELLETIER

        ne se traduit pas par c’est-à-dire.
        mais par alias

        monsieur truc aka machin

         
        • Yann Guégan
          Yann Guégan
          Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
          • Posté à 17h39 le 29/10/2007
            éditeur
          • Journaliste 1836
            Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

          « aka », c’est plutôt « also know as » me semble-t-il. Donc « alias » est plus adapté que « c’est-à-dire’

          • Anonyme répond à Yann Guégan

            « also known as » peut-être ?

            Et qu’est ce que ce forum qui n’est pas encore passé à l’heure d’hiver. Au temps pour lui ! (et autant pour les autres qui n’ont pas lu leur Duneton).

          • Claude PELLETIER
            Claude PELLETIER répond à Yann Guégan
            Retraité dans son jardin
            • Posté à 18h57 le 29/10/2007
            • Internaute 10710
              Retraité dans son jardin

            Mais oui, je m’ai trompé. Autant pour moi !

            M. Parkinson

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