L'Hadopi a enfin un visage, mais toujours pas de voix
Pour sa première apparition publique, la présidente de l’Hadopi s’est livrée à une partie de cache-cache avec les journalistes. La consigne était claire : se montrer mais ne rien dire. Notamment sur le retard accumulé. Au mieux, l’Hadopi ne sera opérationnelle qu’au printemps.
Ce vendredi, Frédéric Mitterrand a officiellement mis en place le collège de l’Hadopi, qui chapeautera l’autorité anti-piratage. A sa tête, Marie-Françoise Marais, conseiller à la Cour de cassation. Sa déclaration aux côtés du ministre aura au moins eu le mérite d’être brève :
« Je m’appliquerai à faire de l’Hadopi une autorité indépendante et respectée. Merci. »
La première décision de l’Hadopi, c’est visiblement de contrôler sa communication. Pendant une heure, Marie-Françoise s’est employée à éluder les questions et à éviter micros et caméras.
Eco89 peut néanmoins vous livrer ce scoop : à peine nommée, la présidente de l’Hadopi veut « souffler ». (Voir la vidéo)
Marie-François Garais ne soufflera pas longtemps. L’Hadopi a pris du retard par rapport au calendrier prévu lors du vote définitif de la loi, en septembre.
Au départ, les premiers mails d’avertissement aux pirates devaient être envoyés au janvier. Il faudra en fait attendre le printemps, voire l’été, a expliqué Frédéric Mitterrand :
« L’option basse, c’est avril, et l’option haute, juillet ».
Le gouvernement n’a publié que deux des décrets d’application de la loi, fin décembre : le premier précise le fonctionnement de l’Hadopi, le second nomme les membres de l’Autorité.
Le plus difficile reste à faire :
- Le décret le plus important, consacré à l’instruction des plaintes à l’égard des pirates, n’est toujours pas bouclé. Une fois rédigé, il devra encore être validé par la Cnil et le Conseil d’Etat.
- Le système technique permettant de traiter les plaintes et d’expédier les mails d’avertissement n’est pas encore prêt, confie un membre de l’Hadopi à Eco89.
- Les négociations se poursuivent avec les fournisseurs d’accès, qui devront investir pour traiter les demandes de l’Hadopi. Selon un membre du cabinet de Frédéric Mitterrand, le système pourrait leur coûter au total « deux à trois millions d’euros », aucune compensation financière n’étant prévue pour l’instant par l’Etat.
Ce vendredi, ces petits détails semblaient loin des préoccupations de Frédéric Mitterrand. Son objectif : donner enfin un visage à l’institution et démontrer qu’elle n’est pas « un aréopage de pères fouettards ».
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- Sur gouv.frLe décret sur le fonctionnement de l'Hadopi, sur Legifrance.fr
- Sur gouv.frLe décret de nomination des membres de l'Hadopi, sur Legifrance.fr
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C’est le décret sur le logiciel de sécurisation que j’attends le plus car c’est à mon avis le plus important.
Je me demande comment ils vont pouvoir répondre à toutes les contraintes. (conformité aux lois, pas trop intrusif..., qui réponde de manière opportune à la loi ayant crée la Hadopi etc)
A ce titre, je me pose toujours des questions sur son utilisation.
Nous savons qu’il doit répondre au problème du défaut de sécurisation de la ligne de l’abonné afin que celle ci ne puisse pas être piratée et utilisée pour commettre des téléchargements illégaux.
Hors, selon les déclarations, on entend parfois parler d’un fonctionnement de type « logiciel de contrôle parental ».
Mais ce type de logiciel ne protège absolument pas la ligne de l’abonné contre les intrusions ou les piratages.
Elle empêche uniquement l’abonné lui même de faire certaines choses.
Donc un logiciel fonctionnant sur le même mode que celui d’un contrôle parental ne répond absolument pas au problème posé par la loi :
Le défaut de sécurisation de la ligne entrainant un téléchargement illégal.
Il empêche juste l’abonné d’effectuer des téléchargements illégaux.
Bref je suis curieux et reste attentif.




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