09/01/2010 à 16h54

L'équipe de football du Togo attaquée au Cabinda. Où ça ?

Pierre Haski | Cofondateur Rue89


Photo : localisation de Cabinda (capture d’écran d’une Google Map)

Football et géopolitique ne font pas toujours bon ménage. La Coupe d’Afrique des nations (CAN), qui s’ouvre dimanche, en donne une nouvelle illustration avec l’attentat dont a été victime l’équipe du Togo à son arrivée dans l’enclave angolaise de Cabinda, provoquant son retrait de la compétition panafricaine. Mais qui connaît le Cabinda ? Pas grand monde en France, sauf dans la tour Total à La Défense.

Un conflit ancien au parfum de pétrole

L’équipe du Togo a été victime d’un mitraillage provoqué par le Front de libération de l’enclave de Cabinda (FLEC), faisant trois morts, deux Togolais et le chauffeur du bus transportant l’équipe pour son premier match, et un blessé grave, le gardie de but togolais.

Les Togolais n’ont évidemment rien à voir dans cette affaire, mais le FLEC y a trouvé un moyen de relancer l’attention autour d’un conflit qui dure depuis plus de trois décennies dans l’indifférence générale.

Le secrétaire général du FLEC, Rodrigues Mingas, a déclaré pour justifier son acte :

« On est en guerre, tous les coups sont permis. L’Angola veut faire croire à une paix effective au Cabinda, mais la paix n’existe pas. »

Le Cabinda est une aberration géographique et politique, une enclave comptant moins de 400 000 habitants, coincée entre les deux Congo, celui de Brazzaville et celui de Kinshasa, mais faisant partie intégrante de l’Angola, situé plus au sud le long de la côte. Mais surtout, Cabinda regorge de pétrole et c’est, comme toujours, ce qui a fait son malheur.

La revendication indépendantiste cabindaise, portée par le FLEC, est ancienne et s’appuie sur une histoire spécifique, distincte de celle de l’Angola auquel il s’est trouvé rattaché par le fait d’une tutelle portugaise commune. Cette mainmise portugaise remonte à 1885 et un accord conclu avec le roi du Cabinda, alors que les puissances européennes découpaient leurs empires d’Afrique à coups de conquêtes et de soumission de monarques locaux.

Lorsque l’heure des indépendances africaines a sonné, en 1960, le Portugal est resté sourd et s’est obstiné à vouloir contrôler des pans entiers du continent (Angola, Mozambique, Guinée Bissau, Cap-Vert, São Tome et Principe), malgré l’essor de guérillas nationalistes dans tous ces territoires.

Cabinda n’est pas resté à l’écart de cette vague jusqu’à la révolution des Œillets à Lisbonne, en 1974, qui a permis aux colonies portugaises d’Afrique de devenir indépendantes.

La fin de l’empire portugais et le début de la guerre civile

Le départ des Portugais d’Angola n’a toutefois pas été simple, en raison de la rivalité farouche entre plusieurs mouvements de libération angolais, chacun appuyé sur un « parrain » différent. Les capitaines portugais progressistes firent le choix du MPLA, le mouvement populaire de libération de l’Angola d’Agostinho Neto, soutenu par l’URSS.

Les Portugais permirent au MPLA de s’installer à Luanda et surtout de contrôler Cabinda, l’enclave devenue la principale source de revenus du pays grâce à la découverte et l’exploitation du pétrole off-shore par les Américains de la Gulf Oil. Les Cabindais, qui pouvaient s’attendre à se voir accorder l’indépendance séparément par les Portugais, en furent révoltés.

Très vite, les installations pétrolières se retrouvèrent protégées par les troupes angolaises, mais surtout par des milliers de soldats cubains arrivés en renfort pour empêcher l’effondrement d’un régime progressiste sous les coups de butoir additionnés du Zaïre de Mobutu soutenu par les Etats-Unis, de l’Afrique du Sud de l’apartheid, et de l’Unita, le mouvement rival du MPLA, soutenu par la CIA et ... par la Chine maoïste.

Dans ce maelström géopolitique, il manque encore un acteur : le Français Elf (aujourd’hui incorporé dans le géant Total), bien implanté au Congo Brazzaville où il exploite les gisements de Pointe Noire, voisins de ceux de Cabinda, et qui lorgne sur les gisements de Chevron.

Elf s’implique, comme dans de nombreux autres coups fourrés de sa riche histoire africaine, dans le soutien à l’une des tendances du FLEC, qui est alors dirigée par nul autre qu’un employé d’Elf-Congo...

Les soldats cubains défendant une multinationale pétrolière américaine contre les supplétifs armés d’une multinationale pétrolière française, voilà comment pouvait se résumer la situation au début des années 80, dans une Afrique plongée en pleine guerre froide et dépossédée de son destin.

Cabinda toujours oublié

La suite ne manque pas de sel pour autant. Par d’habiles tractations de coulisse, Elf parvint à retourner la situation à son avantage, et à signer d’importants contrats pétroliers avec le gouvernement angolais, pour l’exploitation de nouveaux gisements découverts au large des côtés angolaises et non plus au large de Cabinda. Aujourd’hui, l’Angola pèse lourd dans l’implantation africaine du groupe Total.

Ce retournement de situation, tout comme la fin de la guerre froide, la disparition du régime de l’apartheid au sud, du régime de Mobutu au nord et la mort du chef de l’Unita Jonas Savimbi, changèrent la donne géopolitique au cours des années 90, renvoyant la cause indépendantiste cabindaise à son isolement historique.

Elle retrouvera quelques couleurs lorsque l’Afrique centrale redeviendra l’enjeu d’une guerre terrible, mêlant tous les pays voisins de la République démocratique du Congo, y compris l’Angola.

Toutes ces péripéties expliquent pourquoi, plus de 30 ans après le premier coup de feu tiré par des indépendantistes dans l’enclave de Cabinda, hier contre les Portugais, aujourd’hui contre les Angolais et ces malheureux Togolais qui ne demandaient rien, l’impasse soit entière.

Le Cabinda fait partie de ces particularismes locaux oubliés, dont la légitimité historique est sans doute incontestable, mais dont l’opportunité politique actuelle est niée par tous. Le FLEC s’est ainsi trouvé un moment dans une alliance mondiale avec les Taiwanais et les Tibétains, autres causes perdues même si plus médiatiques que celle du Cabinda.

L’Afrique n’a jamais vu d’un bon œil les tentatives de modification des frontières héritées de la colonisation, quel que soit le cas de figure. L’Erythrée est le seul exemple de pays indépendant, membre de l’Union africaine, né de la séparation avec un Etat existant, l’Ethiopie, qui l’avait annexé après la colonisation italienne.

La cause des indépendantistes cabindais, lorsqu’elle n’est pas instrumentalisée dans les rivalités régionales ou économiques, n’a guère d’espace de survie. D’où ce coup d’éclat au démarrage de la CAN 2010.

Mais la mort de sportifs est une bien mauvaise vitrine pour quelque cause que ce soit, même si, assurément, elle fera que le public saura désormais que le Cabinda existe, et que les Cabindais ne sont pas tous heureux d’être Angolais.

Modifié le 09/01/2010 à 11h00, avec la précision que la gardien de but n’est pas mort, mais est gravement blessé

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  • mesam
    mesam
    Etudiant
    • Posté à 17h40 le 09/01/2010
    • Internaute 85700
      Etudiant

    A la question qui risque d’arriver « pourquoi on t il pris le bus ? » :
    Le Togo n’a pas pris l’avion car ils étaient en stage au Congo Brazzaville et dans la ville de Pointe-Noire, ce trouvant dans l’axe menant à l’enclave du Cabinda (Angola pays limitrophe du Congo) où devait jouer le Togo.
    La CAN n’aurait jamais du se jouer dans ce pays et encore moins dans cette zone connue pour sa dangerosité.
    Organiser une compétition dans un pays en guerre civile est ce bien raisonnable ?

    En revanche, cette catastrophe peut poser la question des différentes enclaves dans le monde et leur légitimités, Ceuta et Melilla sur la côte nord du Maroc, La colonie britannique de Gibraltar, sur la côte sud de l’Espagne et j’en passe.

    • depassage102
      depassage102 répond à mesam
      mieux !
      • Posté à 23h57 le 09/01/2010
      • Internaute 58299
        mieux !

      (HS) Tiens d’ailleurs je viens à peine de remarquer que le enclaves espagnoles au Maroc sont très précisément dessinées sur le côté pile des pièces de 1 et 2 Euros...

    • mauser
      mauser répond à mesam
      • Posté à 11h49 le 10/01/2010
      • Internaute 4683

      Sauf qu’il est quasiment impossible de toucher aux frontières héritées de l’époque coloniale.
      Nous avons découpé les territoires en fonction de nos besoins, ici les anglais sont les grands gagnant de l’Afrique utile comme ailleurs dans tous les cas.
      Où en suivant les lignes géodésiques sans même avoir exploré les territoires créant ainsi des dizaines d’Alsace-Lorraine Il n’existe pas un seul pays du continent qui n’ait sa « minorité » qui devient une majorité sur un territoire donné ou à cheval sur ces fameuses lignes si droites sur la carte.
      Ajoutez aux tensions ethniques, la misère, la politique du clan le plus fort s’accaparant toutes les sources de profits Les grandes puissances et les grandes compagnies se disputant marché et sources de profits comment voulez vous que ce malheureux continent s’en sorte.
      Organiser des championnats de quoique ce soit dans l’enclave revient à se promener avec une torche dans un poudrière Souvenez vous de l’équipe de criquet ? Indienne attaquée au Pakistan à moins que ce soit l’inverse la bas ce sport est aussi populaire que le foot ici
      Les organisateurs qui ont oublié qu’une manifestation de ce genre risque toujours d’attirer les terroristes sont aussi criminels que les attaquant du bus.

  • de la soul
    de la soul
    Go ahead, make my day.
    • Posté à 17h18 le 09/01/2010
    • Internaute 85071
      Go ahead, make my day.

    Pour la coupe du monde de foot en Afrique du Sud, ça risque d’être sportif aussi (dans tous les sens du terme), vu le taux de criminalité du pays et l’afflux prévu de supporters du monde entier.

    Voir les conseils du Quai d’Orsay aux voyageurs qui doivent se rendre dans ce pays : Lien

    La liste des « consignes élémentaires de sécurité » est très fournie.

    • Mačak Crni
      Mačak Crni répond à de la soul
      Etudiant en Grèce
      • Posté à 17h41 le 09/01/2010
      • Internaute 89684
        Etudiant en Grèce

      En meme temps, ca se saurait si les conseils aux voyageurs du Quai d’Orsay singalaient les vrais dangers d’un pays...

      • de la soul
        de la soul répond à Mačak Crni
        Go ahead, make my day.
        • Posté à 17h56 le 09/01/2010
        • Internaute 85071
          Go ahead, make my day.

        Je suis pas allé vérifier sur place, et les conseils sont peut-être exagérés, mais quand même, ils ont pas non plus inventé tout ça. L’ampleur du phénomène de la criminalité en Afrique du Sud est connue.

         
        • TienTien
          TienTien répond à de la soul
          impavide devant les ruines de (...)
          • Posté à 18h32 le 09/01/2010
          • Internaute 86881
            impavide devant les ruines de (...)

          J’ai des amis vivant à Durban (Natal) sur la côte est. Dès le crépuscule, il est vivement conseillé de se barricader chez soi. Si vous deviez encore circuler en voiture à la tombée de la nuit, la consigne est de ne JAMAIS s’arrêter, par exemple à un feu rouge... Ils rêvent de pouvoir émigrer en Australie, mais leur belle maison ne vaut plus grand chose, vu le délabrement de la plus élémentaire sécurité.

        • mauser
          mauser répond à de la soul
          • Posté à 11h15 le 10/01/2010
          • Internaute 4683

          Attention je parle de l’enclave de Cabinda pour l’afrique du Sud je n’avais pas posé la question à l’époque
          Je n’ai pas de scoop sur le sujet juste un avis d’un ami qui travaille dans le pétrole Disons que pour aller sur certaines tête de forage en mer l’accompagnement est musclé et la descente à terre se limite à un convoi entre le port et l’aéroport.
          Vous en concluez ce que vous voulez

        2 autres commentaires
      • mioumiou
        mioumiou répond à Mačak Crni
        • Posté à 17h56 le 09/01/2010
        • Internaute 34943

        Ouai et c’est peut être un mec qui a le le cul vissé sur son siège et n’a bougé nul part dans le monde qui va prodiguer de bon conseils ?
        Ce tic de mettre en cause toute institution (aussi imparfaite soit-elle) est la preuve d’une ignorance chronique.
        Je suis sûr que vous n’avez même pris le temps de lire les recommandations du Quai d’Orsay et que vous vous êtes hâté à écrire votre commentaire débile.

        Lisez le et vous verrez que les informations données sont précises, assez complètes et fort utiles avec cartes à l’appui .

         
        • depassage102
          depassage102 répond à mioumiou
          mieux !
          • Posté à 01h25 le 10/01/2010
          • Internaute 58299
            mieux !

          Les recommandations du Quai d’Orsay s’adressent aux franchouillards qui voyagent « à la Framçaise », et qui sortent une fois dans leur séjour de leur hôtel all inclusived... si on les écoute on ne va nul part.

          Pas besoin d’eux pour savoir que l’AF. du Sud est dangereuse, ni qu’il ne faut pas se balader avec des liasses qui dépassent de la poche : ça relève du bon sens le plus élémentaire, et c’est tout autant risqué de le faire dans une ville française...
          Je ne me suis jamais senti en insécurité au Cambodge, par exemple, qui est un de ces rares pays au monde où une femme peut voyager seule sans danger (ce qui n’est pas le cas de la France), et quand on lit leur fiche sur ce pays c’est censé être un coupe-gorge...

        • Mačak Crni
          Mačak Crni répond à mioumiou
          Etudiant en Grèce
          • Posté à 14h06 le 10/01/2010
          • Internaute 89684
            Etudiant en Grèce

          J’ai lu les conseils prodigues pour l’Afrique du Sud, et je les ai compares avec ce que peuvent me dire certains de mes amis qui vivent en Afrique du Sud. Evidemment, c’est un pays dangereux, mais pas autant que le precise diplomatie.gouv, d’apres ce qu’ils ont pu me dire (et je tiens a precise qu’ils ont eu l’occasion de passer plus d’une semaine a Soweto...), a condition evidemment de prendre certaines precautions.

          Ensuite, merci de ne pas parler d’ignorance concernant le site diplomatie.gouv.fr, vu qu’il m’est arrive a maintes reprises de comparer ce qui etait dit sur ce site avec la realite, particulierement dans la zone ou je vis actuellement (les Balkans), ou les conseils sont la plupart du temps inutlies, car ils mettent en avant des dangers quasi-inexistants tout en ignorant les vrais dangers. Et ceci m’a ete confirme par des travailleurs d’amabassade, qui m’ont eux-memes explique que les conseils etaient vraiment tres mal faits, mais qu’ils s’adressaient plutot, comme le dit depassage102, au touriste de base un peu cretin !

        2 autres commentaires
  • sunra7
    • Posté à 17h32 le 09/01/2010
    • Internaute 30836

    Ca fait du bien de lire ce type d’article pédagogue. L’auteur aurait pu ajouter que la présence de l’enclave de Cabinda explique l’influence angolaise en République Démocratique du Congo, en ce qu’il prive cette dernière d’un accès franc à l’Océan Atlantique.Gênant quand on est un pays de la taille d’un continent.....

  • fidesien
    fidesien
    ouvrier
    • Posté à 17h42 le 09/01/2010
    • Internaute 61414
      ouvrier

    Comme le rapelle NELSON MANDELA la chute de l’apartheid comme lors de la bataille de CUITO CUANAVALLE en 1988 en ANGOLA ou les internationalistes cubains bloquerent les troupes de l’Apartheid et de leur suppletif de l’UNITA.
    Le premier voyage de Mandela libre fut d’ailleurs à CUBA en juillet 1991,geste courageux alors que l’on ne donnait pas cher, apres l’effondrement du bloc sovietique ,du régime cubains.
    Haski oublie de préciser qu’il y eu toujours plusieurs FLEc ,l’un effictivement financé par la françafrique et Total,l’autre par la CIA et les pétroliers US

    • fidesien
      fidesien répond à fidesien
      ouvrier
      • Posté à 17h44 le 09/01/2010
      • Internaute 61414
        ouvrier

      erratum « comme » par commença

    • nemo3637
      nemo3637 répond à fidesien
      Déchoukeur
      • Posté à 18h51 le 09/01/2010
      • Internaute 44521
        Déchoukeur

      Excellent rappel historique.
      La folle entreprise du dictateur de Cuba, avec le sacrifice de 10000 soldats cubains en terre africaine, aura quand même permis de rabattre le caquet au régime de l’apartheid de Pik Botha, et surtout, dans les négociations qui s’en suivirent, la libération de Nelson Mandela.

      • fidesien
        fidesien répond à nemo3637
        ouvrier
        • Posté à 19h05 le 09/01/2010
        • Internaute 61414
          ouvrier

        Les folles entreprises des régimes français en Afrique c’est génocide,assasinats de nationalistes africains,soutien aux régimes corrompus et sanguinaire
        Cuba d’Afrique n’a emporté que ces morts(5000),les Pasqua,Bolloré,Mitterand,Chirac,De Gaulle,ELF TOTAL et compagnie le sang des africains

  • Riboulbo
    Riboulbo
    Marche ou rêve
    • Posté à 18h05 le 09/01/2010
    • Internaute 48839
      Marche ou rêve

    Je trouve ça vraiment bien que rue89 fasse un focus sur le Cabinda et ses revendications, on est jamais informé sur ce type de problèmes.

    Par contre, pour répondre à mesam, je crois que l’Angola est sortie de la guerre civile il y a quelques temps et fait justement partie de ces pays d’Afrique qui se relèvent lentement mais surement.
    Je crois que c’est courrier international qui titrait « l’angola, le nouvel eldorado » et pas pour rien, puisque de nombreux portugais ou brésiliens émigrent vers ce pays désormais prometteur où tout reste à faire et où donc il y a du travail et des sources de profits en passe d’être générées.
    Que la Coupe d’Afrique des Nations soit accueillie par ce pays ne me dérange donc pas, au contraire, ça donne de la fierté au peuple, ça fait marché l’économie, bref, pas mal de bon.

    Après, je suis d’accord pour dire que les organisateurs n’auraient peut-être pas dû programmer des matchs au Cabinda.
    Mais les 400 000 personnes de cette enclave, angolais eux aussi, se sentiraient probablement mis de côté et resteraient convaincu qu’il leur faut leur indépendance..

    C’est toujours délicat ce genre de choix.

  • TonyMo
    TonyMo
    hummm
    • Posté à 18h31 le 09/01/2010
    • Internaute 22269
      hummm

    On va voir si l’argent du football est plus fort que l’honneur de ses amis et coéquipiers. Show must go on ?

  • destribat
    destribat
    anti-corruption
    • Posté à 20h45 le 09/01/2010
    • Internaute 18954
      anti-corruption

    Cette histoire rappelle que l’on ne peut pas acheter la paix sociale avec des milliards. Le pouvoir de Luanda a cru qu’il pouvait régler cette situation avec l’argent du pétrole, construire un stade moderne dans cette enclave pour acheter les revendications des rebelles.

    Concernant les rebelles indépendantistes, ils ont fait une grosse erreur stratégique, une erreur d’appréciation. Que voulaient-ils, qu’on parle d’eux, qu’on montre leur cause. Oui c’est réussi, aujourd’hui beaucoup de personnes savent situer sur une carte le Cabinda. Mais le revers d’un tel acte c’est de donner une caution à Luanda qui pourra bombarder les bases rebelles avec l’accord et l’appui de la communauté internationale.

  • Crepitus
    Crepitus
    Retraité
    • Posté à 21h36 le 09/01/2010
    • Internaute 85789
      Retraité

    Je ne souhaite la mort de personne, quoique... Mais je ne vois pas en quoi la mort de sportifs soit plus importante que celle de n’importe quel autre individu.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 00h17 le 10/01/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Mauvaise vitrine vaut mieux que pas.

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 00h40 le 10/01/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Si Total n’est pas content de la censure du foot, il devrait revendre à Schindler ou Thyssen.

    Ils savent s’occuper des Cabinda censeurs...

  • negropolitain
    negropolitain
    éditeur
    • Posté à 05h25 le 10/01/2010
    • Internaute 101163
      éditeur

    D’abord mes condoléances aux familles endeuillées, mais aussi à toute la sélection togolaise a qui revient la décision de jouer ou pas le CAN. Désolés pour tous ceux qui veulent donner les leçons de civisme à ces pauvres Eperviers qui ont pris des balles dans les ailes. Par ailleurs, j’entends aussi des voix qui s’élèvent ça et là déplorant le manque de sécurité aux frontières angolaises. Mais, franchement, quiconque ayant voyagé par les routes africaines ne peut manquer de s’interroger du fait que la fédération togolaise ait choisi de faire traverser ses joueurs plusieurs pays pour une compétition d’une telle importance. Est-ce vraiment respecter ses joueurs ? Je comprends que ces derniers n’aient plus le cœur à la compétition, mais pourquoi diable ont-ils accepté des tels conditions de voyage ? Par patriotisme ? En Europe où certains de ces joueurs évoluent ils n’auraient pas accepté des tels conditions de voyage,j’en suis certains. J’accuse donc la fédération togolaise de non assistance à personne en danger. Le gouvernement togolais devaient plutôt enquêter sur les raisons d’une telle imprudence. Était-ce pour des raisons économiques de faire traverser les frontières de cinq pays, en car, et faire courir des tels risques à sa sélection ? Même la RDC voisin de l’Angola ne l’aurait pas fais ! A qui profite ce crime au juste ? Le gouvernement togolais doit d’abord enquêter auprès de sa sélection au lieu de verser les larmes de crocodile.
    Ce qui s’est passé à Cabinda aurait pu se passer à n’importe quelle frontière ou route africaine. Malheureusement, c’est le FLEC qui « rafle ma mise “pour faire parler de sa cause. A ce propos, je crois d’ailleurs que les conséquences politiques pour le FLEC (ou autres groupuscules séparatistes cabindais, car y en a, tous aussi opportunistes et corrompus les uns que les autres !) vont être graves. Je parie que le gouvernement angolais (qui n’est un modèle de démocratie) qui voulait redorer son blason - après trois décennies de guerre civile - ne va pas en rester là. Je parie que la riposte va être terrible ! De ce fait, le FLEC s’est tiré une balle dans le pied. Le FLEC semble signer là, avec cet acte terroriste, sa propre mort. Comme Savimbi et l’UNITA hier. Attendons la fin du CAN quand, hélas, tous les médias du monde auraient quitté l’Angola…

    • mesam
      mesam répond à negropolitain
      Etudiant
      • Posté à 15h22 le 10/01/2010
      • Internaute 85700
        Etudiant

      Monsieur vous êtes bien mal informé comme je l’ai dit dans mon premier commentaire sur ce sujet la sélection togolaise se trouvez en stage à la pointe noire ville du Congo Brazzaville limitrophe de l’enclave Cabinda où devait jouer le Togo, d’autant plus que le bus togolais disposait d’une escorte.
      En Europe où la plupart des joueurs jouent comme vous l’avez précisez, on ne prend pas l’avion pour des déplacements courts mais bien le car.
      La faute ne vient pas de la fédération togolaise mais des organisateurs de la Can (l’Angola, la caf, et la fifa) d’avoir permis à la compétition de se jouer dans cette enclave d’une grande dangerosité.
      D’ailleurs le FLEC a menacé de continuer la violence au Cabinda.
      L’Angola à choisi d’organiser une partie de la compétition au Cabinda au détriment de la sécurité des sélections pour des raisons politique afin de montrer à la communauté internationale qu’il a la maîtrise de la sécurité dans cette région où il y a 1 militaire pour 10 habitants.
      Est ce un choix judicieux ? Au vu de cette catastrophe il apparait que non...

      • Brent1950
        Brent1950 répond à mesam
        vacance
        • Posté à 15h33 le 10/01/2010
        • Internaute 89963
          vacance

        Pointe Noire / frontière du Cabinda environ 30 kms par une route en bon état
        En 2007 résidant alors à Pointe Noire ils ns avaient été recommandé entre autre par le consulat de ne pas s’approcher de cette frontière car le Flec s’agitait. Il y avait risque de prise d’otage. Cette recommandation n’était pas levée fin 2008 date de mon départ de PNR. C’est par cette route qu’en 2009 les troupes Angolais ont pénétrées sur Pointe Noire lors du ’’retour’’ au pouvoir de Sassou

      • negropolitain
        negropolitain répond à mesam
        éditeur
        • Posté à 15h20 le 11/01/2010
        • Internaute 101163
          éditeur

        Je partage vos observations et j’avoue avoir réagi « à chaud », après avoir reçu quelques infos dans la presse française. Vous avez raison dans le fond. Les organisateurs ont péchés par arrogance, particulièrement le gouvernement angolais. Construire un stade à Cabinda c’était pour montrer, effectivement, que l’état maitrisait tout, y compris la sécurité à Cabinda. Pourquoi ne pas avoir construit un stade à Uige ou Mbanza Kongo qui sont aussi des provinces du nord, des régions Kongo (ethnie) comme cabindais ?
        Je continue à croire qu’ayant été atteint dans son orgueil, le gouvernement de Dos Santos va certainement riposter. Et c’est les habitants de Cabinda qui vont en faire le frais. Merci le FLEC !

    • empecheur.de.gouverner.en.rond
      • Posté à 19h18 le 10/01/2010
      • Internaute 82946
        Pharaon

      Feit attention a l’aurtaugraphe stp. C’est génamd .... Ca vo oci pour le comantére du dessous ... Un effort, question de respect pour les lecteurs.

  • Rémy Peter
    • Posté à 10h34 le 10/01/2010
    • Internaute 22201

    En cherchant des images de l’Angola j’ai trouvé cette page (un communiqué d’ExxonMobil, 1ere réponse de google image) : Lien

    le commentaire :
    The average citizen of Angola (pictured) stands to benefit tremendously from the new fields

    avec une photo de miss Angola ! !

  • chambord-
    • Posté à 11h11 le 10/01/2010
    • Internaute 25908

    Quel sac de nœuds ! Ce matin le journal « l’équipe “dit que le chauffeur du bus est vivant, qu’il n’y aurait qu’un mort de la part d’un autre journal...du n’importe quoi. Comme cette histoire de pétrole, c’est délicat de traiter un tel sujet, et pour commencer il faudrait connaitre la situation. Comme tout ce qui se passe en Afrique je ne sais même pas si les concernés savent ce qu’ils veulent.
    Le principal étant de se défouler à coups de mitraillettes, ne critiquons pas, des demeurés qui se défoulent ça arrive aussi chez nous avec des jeunes qui entre dans des lycées et qui tirent à tout va.

  • Calimero87
    Calimero87
    Etudiant
    • Posté à 11h12 le 10/01/2010
    • Internaute 95336
      Etudiant

    @ Pierre Haski

    Le (deuxieme) gardien Togolais est bien vivant ; conscient et dans un état stable à l’hopital de Johannesbourg. Il doit être opéré aujourd’hui.

    Le chauffeur du bus, l’entraineur adjoint et le responsable de la communication sont décédés.

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Calimero87
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 11h55 le 10/01/2010
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Merci, c’est corrigé.

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 12h30 le 10/01/2010
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    C’est deplorable de tirer sur des joueurs de foot qui en fait viennent porter un message de paix et puis l’Angola qui a choisi de cacher sous le tapis les problemes independantiste de la Cabinda pour offrir aux invites une vitrine montrant une Angola sur la voie du developpement.
    Encore une fois, une region petrolifere qui souffre, comme quoi l’or noir reste plus une source de problemes que de progres.
    Mes condelances a l’equipe du Togo. J’ai trouve courageux que les joueurs insistent pour revenir jouer, l’important etant de participer.

  • Flamm
    Flamm
    PNT
    • Posté à 12h34 le 10/01/2010
    • Internaute 100295
      PNT

    Négropolitain,

    « Fédération Togolaise de football non assistance à personne en danger » ? ? ?
    -De quoi est-elle coupable ?
    -Qui vous a dit que l’équipe du Togo est partie depuis Lomé ?
    -Sinon la lecture vous pose problème ?

    « Quiconque ayant voyagé par les routes Africaine »
    -Yes sir ! moi...
    souffrez que je sois d’avis contraire et ça c’est pour rester polie
    pas loin que novembre 2009 j’ai fais Zürich(Suisse)-Bata
    (Guinée-équatoriale) en voiture,je ne connais pas celles que
    vous utilisez cher monsieur,mais votre commentaire est la
    preuve d’une ignorance chronique et surtout le fait
    des personnes qui ont des avis sur tout sans bouger
    Nulle part dans le monde...
    Négropolitain contrairement à vous une fois de plus désolé je crois que le FLEC est un mal nécessaire, un caillou dans la chaussure de Mr Dos santos (c’est quoi ce nom)c’est Portugais ? je croyais que la colonisation était terminée ?

    C’est fou partout où il y’a conflit en Afrique on retrouve Total,Areva,Bolloré,Bouygue,l’armée française,la cia,le mossad,les armes russes,les armes suisse bref tout l’occident tout ceux qui n’ont rien à faire ou perdu de ce côté-là et on s’étonne que l’Afrique se porte mal avec toutes ses Sangsues et autres parasites qui vivent sur son dos ?

    • ydcl
      ydcl répond à Flamm
      • Posté à 12h34 le 11/01/2010
      • Internaute 17421

      Les angolais ont des noms portugais, car contrairement aux autres colonisateurs, les portugais ont converti de force, supprimant même les noms africains (ex : le nom des noirs aux USA). Voilç pour les noms.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h45 le 10/01/2010
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    D’autres personnes connaissent le Cabinda, celles qui aident les demandeurs d’asile à constituer leur dossier, car les réfugiés cabindais sont de plus en plus nombreux. Malheureusement, bien souvent les demandes sont déboutées par l’OFPRA, l’Angola auquel est rattaché le Cabinda, n’est pas considéré comme un pays particulièrement peu sûr.
    Est-ce que le mitraillage du car des joueurs togolais, ces morts et blessés complètement inutiles pour la cause des FLEC, va permettre à l’OFPRA de considérer d’un autre oeil les dossiers des Cabindais ?

    • mauser
      mauser répond à caro
      • Posté à 14h16 le 10/01/2010
      • Internaute 4683

      Dèsolè pour eux mais nous avons des interets en Angola maintenant et l’enclave nous importe peu
      Les droits de l’homme et le pètrole ne passent pas par les même canalisation et font rarement bon mènage

      • caro
        caro répond à mauser
        délinquante avérée
        • Posté à 14h21 le 10/01/2010
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        vous avez raison, mais en ce début d’année j’ai émis un vœu ... pieux

  • Alex Engwete
    Alex Engwete
    Consultant
    • Posté à 13h50 le 10/01/2010
    • Internaute 45440
      Consultant

    Que l’on imagine un moment le scandale qui secouerait l’Europe devant la situation suivante : un groupuscule séparatiste corse mitraille l’équipe de la Suède lors d’une coupe de l’UEFA organisée en France, et le porte-parole de ce groupuscule revendique l’attentat à Dakar où il donne des interviews aux média dans lesquelles il se moque des victimes suédoises en promettant d’autres attaques. Après quoi, notre porte-parole s’en va au café du coin prendre tranquillement son café et tailler bavette… sans être le moins du monde inquiété par la police ou les services antiterroristes !

    C’est exactement ce qui se passe en ce moment. Rodrigues Mingas, le porte-parole du FLEC/Position Militaire, vit paisiblement entre la France et le Luxembourg (aujourd’hui, lorsqu’il accordait une interview à Al-Jazeera qui l’avait appelé il se trouvait au Luxembourg).

    Voici le numéro de téléphone de ce criminel, que les agences de presse utilisent pour l’appeler et l’entendre se moquer des victimes togolaises : +33 646843130… Question que devrait se poser Rue89…

    Voici la photo de Rodrigues Mingas :

    Lien

  • pissefroid
    pissefroid
    râleur velléitaire
    • Posté à 16h46 le 10/01/2010
    • Internaute 26278
      râleur velléitaire

    Quand des personnes sont arrêtées et torturées par des militaires au Cabinda, ça ne fait pas de bruit.

    Il faut lire le dernier article sur le cabinda (Pascal Rigollot-Dereudre) du journal de l’UPF (union Pacifiste de France) de septembre 2009 pour prendre connaissance de ce fait par un rapport de HRW (Human Rights Watch).

    L’article rappelait aussi que

    « un groupe du FLEC a même menacé d’augmenter ses activités en prévision de la Coupe d’Afrique des nations 2010 qui aura lieu au Cabinda »

    Je suppose que les autorités ont négligé d’informer les joueurs.

  • essivi
    • Posté à 20h06 le 10/01/2010
    • Internaute 17182

    Si Patchka n’engrangeais pas tous les fruits du foot togolais, ils auraient pu prendre l’avion. Il me semble fou de faire un tel périple en car pour disputer un match important. Désolée pour cette équipe ! (parce qu’il a beau être soit disant en prison, je suppose qu’il touche encore des subsides du football togolais.)

  • roning
    • Posté à 21h32 le 10/01/2010
    • Internaute 9856

    Mon propos n’est pas sur le foot, mais se situe sur cette « enclave » de Cabinda connaissant quelque peu l’Afrique de l’Ouest….

    Il y a fort longtemps, j’ai effectué une mission de formation d’ouvriers africains à Abidjan dans une usine de production d’huile et de savonnerie. Tous les gens que j’avais autour de moi se situaient par rapport à leur nationalité, leur origine ou leur ethnie ; beaucoup m’interpellaient en disant « Moi, M’sieur R.b.t », je suis Ghana, moi je suis Togo, moi je etc, etc, ..TOUS se revendiquaient d’une ascendance liée à leur origine, leur contrée ou à leur CLAN.

    Ainsi, à propos de cette « province » de Cabinda, je ne m’étonne pas qu’il y ait une certaine tension, sachant surtout qu’il y a « en sous-sol » de quoi faire « baver » quelques « groupes étrangers » aux dents longues et à la convoitise acérée….

    NB : Par contre, je m’étonne que l’on s’étonne de la prise de conscience de ces pays-là, et ce n’est pas en stigmatisant « l’homme de l’Afrique qui n’a pas pris son chemin dans le monde actuel » que cela va s’arranger ..( j’étais à Dakar lors du discours de qui-vous-savez …..)

  • bart_31
    bart_31
    libre penseur
    • Posté à 11h10 le 11/01/2010
    • Internaute 101247
      libre penseur

    Tres bon articles mais juste une petite précision quand vous parlez de l’Éthiopie.

    « l’Éthiopie, qui l’avait annexé après la colonisation italienne. »

    Je tiens a vous préciser que l’Éthiopie n’a jamais été coloniser mais a subi durant la seconde guerre mondiale une occupation,(comme nous d ailleurs par l’Allemagne)

    Par ailleurs l’Éthiopie est le seul pays africain a n’avoir jamais été colonisé

    « Les mots ont un sens » Attention

  • ydcl
    • Posté à 12h43 le 11/01/2010
    • Internaute 17421

    Bizarre, je ne trouve ma réponse à cet (bip), de tvaargentine, pourquoi ?