TRIBUNE 28/10/2007 à 11h53

Monsieur le Président, sauvez le « train de Jaurès »

Paul Quilès | Ancien ministre PS

Le 25 octobre 2007, lors des conclusions du Grenelle de l’environnement, MM. Sarkozy et Borloo annonçaient que les préoccupations environnementales seraient désormais déterminantes dans les politiques publiques ; le même jour, à l’issue de manifestations à Toulouse auxquelles j’ai participé, la SNCF annonçait qu’elle confirmait la suppression du « train de Jaurès » (Carmaux-Cordes-Paris), dont les trajets en Midi-Pyrénées seront effectués par des cars... Ce qui augmentera les émissions de gaz à effet de serre.

Curieuse façon d’illustrer la « révolution verte », pour reprendre la formule enthousiaste et prometteuse des membres du gouvernement !

Les actes viennent contredire brutalement les paroles, sans même parler du mépris affiché par la SNCF, entreprise publique, pour ses missions de service public : absence de concertation avec les élus et les usagers (en contradiction avec la « Charte des services publics »), prise en compte exclusive de la « rentabilité » d’une ligne, mauvaise volonté dans la promotion du rail, désintérêt à l’égard de l’aménagement du territoire (zones rurales et touristiques).

Il m’a semblé indispensable d’interpeller le Président de la République sur ces contradictions préoccupantes.

S’il n’intervient pas auprès de son ministre des Transports, qui a la tutelle de la SNCF, pour maintenir le « train de Jaurès », on saura alors ce que valent les promesses de la « révolution verte ».


Paul Quilès Cordes sur ciel le 25 octobre 2007 

Ancien ministre

Maire de Cordes sur ciel

Monsieur le Président de la République

La SNCF vient d’annoncer l’arrêt du train Carmaux- Cordes- Paris, connu comme « le train de Jaurès », qui dessert des zones rurales mais aussi touristiques de notre région. Cette décision, prise sans la concertation prévue par la « Charte des services publics » présentée à Mende en juin 2006, suscite une vive émotion.

Si c’est à vous que je m’adresse, Monsieur le Président, et non au Directeur régional ou à la Présidente de la SNCF ou encore au ministre des Transports, c’est parce que j’ai noté que vous souhaitiez vous impliquer dans les dossiers de la vie quotidienne des Français qui sont emblématiques de certains choix politiques.

A cet égard, alors que le « Grenelle de l’environnement » vient de faire apparaître la nécessité de prendre en considération les préoccupations environnementales –et notamment les émissions de gaz à effets de serre - dans les politiques publiques, l’attitude de la SNCF est incompréhensible. Il est en effet facile de montrer que la suppression de ce train aura un effet négatif sur le « bilan carbone ».

On peut aussi regretter que la SNCF s’éloigne de sa mission de service public, en mettant en avant de façon exclusive l’objectif de rentabilité d’une ligne, sans s’intéresser aux obligations d’aménagement du territoire et de péréquation, qui sont pourtant à la base de la notion de service public.

Pour ces raisons, je vous demande de bien vouloir intervenir, afin que la SNCF rapporte sa décision et engage une concertation avec les élus, les associations d’usagers et les cheminots, qui permettra de définir les conditions du maintien et du développement de cette ligne à laquelle nous tenons tout particulièrement.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Paul Quilès

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  • Anonyme

    Si l’aménagement du territoire est un argument indiscutable, celui du « bilan carbone » l’es un peu plus.

    Le taux d’émission de CO2 est devenu un peu trop facilement un argument d’autorité pour assener des contre-vérités écologique. Sans doute parce que le traité de Kyōto en a fait une marchandise comme les autres, qu’on peut mesurer, évaluer, vendre, épargner.

    Un car consomme de l’énergie sous forme de carburant, fossile ou bio peu importe. il produit certes du carbone, mais énergétiquement il consomme bien moins qu’un train.

    Un train demande énormément d’énergie sous forme électrique fournit par le nucléaire dont on fait semblant d’ignorer l’impact écologique et de nier que c’est tout autant une ressource non-renouvelable.

    L’écologie est sensé être une vision globale du monde, mesurant l’impact de chaque chose sur l’environnement. Et le « bilan carbone » n’est sûrement pas la meilleure solution pour en rendre compte.

    • Anonyme

      Vous paraissez oublier un peu vite qu’un car ne transporte pas, le plus souvent, l’ensemble des passagers d’un train, même si votre souci de ne pas tomber dans une gestion comptable de l’écologie est tout à fait louable.

      • Anonyme

        C’est seulement parce que j’ai fait la supposition que la ligne était supprimée par manque de fréquentation. Au delà je n’ai pas les moyens ni les capacités de savoir où se trouve le seuil d’équilibre entre les solutions.

         
        • Anonyme

          votre supposition est la bonne : le train en question ne transporte en moyenne que 40 personnes, donc juste de quoi remplir un autocar !

          • Anonyme

            Où avez-vous lu qu’il transportait 40 personnes ? Si cela vient de la SNCF, c’est sujet à caution.

            La SNCF raisonne de plus en plus comme un transporteur aérien, en termes de « bout en bout », or ceux qui prennent ces trains de nuit savent que les gens le prennent souvent sur les arrêts intermédiaires du parcours. Après Carmaux ce train dessert Albi, Villefranche de Rouergue, et d’autres localités moins importantes. Où les gens montent ou descendent.

            En outre une moyenne cache la forêt car il y a de fortes variations saisonnières et hebdomadaires. Quand j’ai pris ce train l’an dernier un vendredi soir il était bondé.

            Et quand on voit le prix, 92.60 Euros en plein tarif pour aller de Paris à Albi par exemple, alors que ces couchettes sont de véritables cages à poules... prix de haut de gamme, prestation de bas de gamme.

            De toute façon, la SNCF bénéficie d’un monopole d’exploitation, en contrepartie duquel elle devrait assumer des missions de service public.

            Vincent Doumayrou,
            auteur de la fracture ferroviaire (éd. de l’Atelier)
            Lien

            ps en fait si j’ai bien compris, ce train changera de parcours et desservira moins de gares, il n’est pas encore supprimé.

        • Anonyme

          Il est facile de rendre un train non rentable
          Des dessertes à des heures n’arrangant personnes
          Des Correspondances inexistantes ou mal faites.
          Un voie non entretenu faisant chuter la vitesse moyenne à celle d’une bicyclette etc.
          A ce jeux la, la SNCF est championne depuis plus de 30 ans.
          En alsace, une ligne menacé de fermeture faute de passagers que je connait bien était désservie il y a 30 ans par un seul train à 10h00 du matin. La dite ligne n’a pas fermé mais à été rénovée par la région et le cadencement des trains est de 20mn aux heures de pointes.
          Maintenant ceux ci sont bondés.

        3 autres commentaires
    • Anonyme

      amusant !
      On entend beaucoupe que la voiture est un bouc emissaire, mais est-ce vrai ?
      En principe il faudrait calculer, energie non-renouvelable depensee pour construire et maintenir une route en bon etat, + son impact sur l’environement, ensuite, il faut calculer l’impact de la construction de la voiture de l’entretien de la voiture (usine de construction, piece, trajet autour de la planete pour transformer un ensemble de petites pieces en une autre plus grande, si possible en Chine, loin et couteux en CO2 mais pas cher), puis de sa destruction (car l’industrie automobile ne voudrait pas que vous gardiez votre voiture trop longtemps a cause du manque a gagner).ETC...

      Pour comparer l’impact de 2 modes de transport on additionne tous ces chiffres et les divise par le nombre de personne transportees par kilometre.

      On arrive a un resultat qui m’est inconnu, par contre on peut dire que si on doit employer des transports publics on doit reflechir au but du voyage et rationaliser, parce que contrairement a la voiture on ne va pas resauter dedans a peine rentre parce qu’on a oublie d’acheter du lait, 3km en voiture ce n’est evidemment rien en temps, essence etc... par contre a pied ou en transport public on commence a se faire une meilleur idee de l’energie requise pour reparer ce petit oubli (passez un apres-midi sur une petite route nord-americaine a l’entree d’un village et comptez combien de fois la meme voiture peut passer par la !).

      • Anonyme

        TOUT A FAIT DE VOTRE AVIS J IRAIS MEME PLUS LOIN EN DISANT QUE LES MEDIAS NOUS INTOXIQUENT EN NOUS FAISANT CROIRE QUE DEMAIN TOUT EST FINI BONNE OPERATION MARKETING EN CE QUI CONCERNE LES CAMIONS JE SUIS TRANSPORTEUR ET JE VOIS DE PLUS EN PLUS DE CAMIONS ETRANGERS AVEC DES CHAUFFEURS SOUS PAYE DES MARCHANDISES FABRIQUEES A L EST DE L EUROPE A DES COUTS MOINDRE ALORS MESSIEURS LES POLITIQUES CESSEZ DE PRENDRE LES GENS POUR DES IMBECILES ET DES TIRELIRES

    • Numerosix
      Numerosix
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h45 le 28/10/2007
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Il y a deux modes insupportables , en ce moment . Dont la premiere me semble extremement dangereuse :
      1) pretendre que l’ectricité nucleaire est ecologique
      2) recuperer Jean Jaures à tout bout de champs .

      Messieurs les censeurs de point rouge, bonsoir !

  • Anonyme

    vous crachez sur le président mais vous l’appelez au secours ! ! !
    quel amour propre !

  • Anonyme

    EH OUI LE GRENELLE DE L ENVIRONNEMENT UNIQUEMENT DE LA COM COMME TOUS CE QUE FAIT LE GOUVERNEMENT. AUTRE EXEMPLE L ATTRIBUTION D UN TRAIN FRET PERPIGNAN LILLE AU PRIVE EN SOIT PAS DE PROBLEME SAUF QUE LE PRIVE UTLISE UNIQUEMENT DES LOCOMOTIVES DIESEL BILAN 420 TONNES DE FUEL SUR LE TRAJET 2 FOIS PAR JOUR TOUTES L ANNEE ALORS QUE CIRCULE 1500W DANS LA CATENAIRE AU DESSUS CHERCHEZ L ERREUR ! ! ! !

    • Anonyme

      quelle honte ! ! ! !

    • Anonyme

      Avec, ne l’oublions pas, plus de 70% de pertes d’énergies sur le réseau (les fils électriques), qui consomment de l’uranium, du fuel ou du charbon, selon la centrale, uniquement pour réchauffer l’atmosphère, puisque toute cette énergie est transformée en chaleur.

      Vous travaillez à la SNCF ?

  • geronimo46
    • Posté à 19h53 le 28/10/2007
    • Internaute 4223

    Il me semble que dans le courrier de M. Quilès il n’est pas que question du grenelle de l’environnement mais bien aussi d’un problème d’aménagement du territoire, de péréquation qui fait l’âme du service public. En tant qu’usager je trouve inadmissible de ne pas pouvoir pouvoir bénéficier de transports publics. Tous les ans la SNCF supprime des trains nationaux à destination de midi pyrénée cela suffit.
    Le temps de la révolte est venu nous ne voulons pas être des citoyens de seconde zone.
    La République ne s’arrête pas à Brive (Corrèze)
    J’EN PROFITE POUR ANNOCER UN RASSEMBLEMENT REGIONAL GARE DE VILLE FRANCHE DE ROUERGUE
    LE 9 NOVEMBRE A 19H POUR DIRE STOP AU DESENGAGEMENT DE L’ETAT
    Christophe Schimmel président de l’association de défense de la gare d’Assier et de promotion du rail
    président du collectif lotois de défense et de développement des services publics

  • Anonyme

    Alors voilà :
    Aujourd’hui une voiture/car/train Diesel pollue car elle consomme un carburant fossile, alors qu’une voiture E85 par exemple a un bilan carbone neutre (sauf les deerniers 15%) car le CO2 produit a été stocké par la plante dont elle est issue.

    Je ne veux rien nier, je suis fan d’écologie (j’ai 3 pulls sur moi quand il fait froid, ma voiture est partie pr durer 10 ans...)

    MAIS ! le pétrole et autres ressources fossiles sont issus de la sédimentation de végétaux il y’a de cela plusieurs dizaines (centaines ?) de millénaires (tourbe, charbon, pétrole et stade ultime,le diamant) ; à l’origine il y’avait bel et bien des végétaux, ces végétaux ayant emprisonné dans leurs cellules le vilain carbone sous des formes diverses qu’une longue alchimie a transformé en chaînes carbonées riches en énergie.

    Ne sommes-nous pas simplement en train de rétablir l’équilibre dans la composition de l’atmosphère ?

    Les premiers végétaux ont piégé le Carbone dans leurs cellules et ont ainsi permis à la vie de se développer...aujourd’hui, ce carbone captif est relargué par notre train de vie pour revenir à un équilibre originel (certainement dévastateur hélas).

    Le dérèglement climatique est très certainement issu de la consommation d’énergies fossiles, néanmoins, l’homme n’est alors qu’un catalyseur de réaction qui, inconsciemment rétablit une vérité naturelle : » il est un accident de parcours et ne devrait plus exister »

    • Anonyme

      Pendant que d’autres végétaux sont enfouis sous des sédiments (les algues dans les cônes de déjection des fleuves, par exemple) et que de nouvelles énergies fossiles se forment.

      Ce qu’on ne sait pas, c’est à quelle vitesse (chiffre qu’il serait intéressant de connaître pour le comparer à notre consommation), mais voici du carbone emprisonné pour longtemps.

    • Anonyme

      Dans un bilan écologique, n’oubliez jamais tous les ingrédients : gazole des camions de livraison d’engrais, de semences, tracteur pour préparer le terrain, semer, récolter....production d’engrais et autres produits...bref le calcul donne des résultats différents. Quant aux différentes énergies, on oublie souvent le GPL dont le principal défaut est sa tarification défavorable aux pétroliers et au gouvernement.
      Ne pas changer de voiture ne permet pas de profiter des progrés trés important sur le plan de la pollution.
      Il faudrait surtout commencer à régler le problème des gros pays pollueurs.

  • Jean-Claude De Cat
    Jean-Claude De Cat
    retraité Ed. Nat.
    • Posté à 08h40 le 29/10/2007
    • Internaute 11640
      retraité Ed. Nat.

    L’Union-L’Ardennais de Reims a publié à sa une du samedi 27 octobre l’information suivante : « PRIVE DE RAIL, ARDAM MULTIPLIE LES CAMIONS ». On apprend ainsi que la SNCF a supprimé l’arrêt fret de Revin qui permettait à Ardam d’expédier sa production ( 4 trains pour 150.000 machines à laver par an, soit 4 wagons par semaine : conséquences : 50 camions en plus par semaine dans une vallée trop enclavée. A quand l’étape suivante à savoir la fermeture de l’usine qui permettrait d’épargner l’environnement défendu par le Grenelle du même nom ?

  • Thorgal46
    Thorgal46
    Informaticien dans le Lot
    • Posté à 10h57 le 29/10/2007
    • Internaute 4302
      Informaticien dans le Lot

    Mon post est peut être un peu éloigné du sujet de l’article, mais pas tant que ça.
    Quelqu’un est il au courant de la consommation de l’Armée en matière de carburant (essence, fuel, kerozene...) ?
    Et, question découlant de la première, a-t-on entendu le Gouvernement s’exprimer sur une réduction des budgets de l’Armée en matière de consommation énergétique ?
    Il est incontestable que nos millions de voitures particulieres sont concernées par ces problèmes écologiques mais ne soyons pas les seuls boucs-émissaires...

  • Anonyme

    Il y a d’autres lignes menacées, celle de Béziers à Neussargues, fleuron de l’aventure ferroviaire de la IIIe République (dans des coins restés longtemps enclavés : Millau et Garabit, etc.), pourrait servir, outre son attrait touristique, au ferroutage.
    Mais les projets sont au point mort.

    Cet été, je l’ai empruntée avec mon épouse et beaucoup de bagages, résultat : pour faire des économies de matériel (et dégoûter les voyageurs ? dixit un contrôleur), 1) les voitures ne correspondaient pas à la numérotation des réservations 2) les passagers ont dû changer de train à Neussargues ET Clermont-Ferrand...

    La volonté politique manque encore largement, malgré les effets d’annonce.

  • Anonyme

    La SNCF détruit minitieusement et depuis des années tout ce qui n’est pas le TGV. Les trains de nuit en sont par exemple qui sont les premiers supprimés au moindre problème. Les arrêts ont été supprimés sous prétexte de sécurité la nuit ce qui a fait perdre la clientèle des gares intermédiaires (Limoges, Brives, Chateauroux, etc.). les tarifs sont trop élevées. les voitures qui étaient réutilisées dans la journée ne le sont plus et sont donc sous-utilisées. les lignes secondaires n’ont pas été modernisées ce qui oblige à maintenir du personnel en gare rien que pour ce train, ce qui en plombe évidemment l’équilibre financier. etc. Les prochains trains de nuit menacés ? Après avoir supprimé tous les trains de nuit du Massif Central (Paris-Nimes, Béziers, Aurillac, Carmaux bientôt, Bordeaux-Lyon), la sncf s’attaque à ceux des Alpes. les trains Paris-St-Gervais de nuit ne circuleront plus toutes les nuits en basse saison. C’est le début de la tactique bien connue de la dévitalisation. Le train se vide petit à petit de sa clientèle et quand on le supprime, il n’ y a plus personne pour protester.

  • Anonyme

    Bah, le chemin de fer, c’est un peu comme l’arlésienne : on n’en parle que par necessité(élections,...).
    Quid le ferroutage de Gayssot, par exemple...
    Depuis, rien n’a changé. la SNCF continue son agonie et les automobilistes crèvent sur la route.
    Continuons jusqu’à ce que la voie soit obstruée...
    Bah, il nous reste l’atome, le retour des farines animales, les pesticides sur 1cm de peau des 5 fruit par jour etc, etc...
    Pauvre Nicolas Hulot de RhonePoulenc, il te reste du boulot...