Tribune 07/01/2010 à 11h18

Aider les boursiers pour les concours, ça marche

David Allais | Journaliste & responsable associatif


une poche vide

Faut-il 30% de boursiers dans les grandes écoles ? Non, répond la Conférence des grandes écoles (CGE), car les quotas pourraient impliquer une baisse du niveau des diplômés. Un argument qui n’a rien d’évident et qui revient sur la table à chaque fois qu’il est question de quotas.

La vraie question est celle de l’égalité des chances face aux concours. Les épreuves favorisent les candidats issus de milieux aisés, à la fois parce qu’ils connaissent les codes culturels utilisés dans les concours et également parce qu’ils peuvent se préparer de manière spécifique en suivant des préparations souvent très chères. Le jeu est donc biaisé dès le départ.

Donner une chance aux concours

C’est ce constat qu’ont fait, il y a quatre ans maintenant, les initiateurs de la Chance aux concours, préparation bénévole aux concours des écoles de journalisme pour les étudiants boursiers. La diversité sociale est faible au sein des écoles de journalisme.

La plupart des étudiants qui réussissent les concours ont étudié dans un Institut d’études politiques (IEP) ou ont effectué une préparation privée (entre 900 euros et 3000 euros). Parfois même les deux. Difficile, quand on n’a fait ni un IEP, ni une préparation privée d’intégrer une école de journalisme.

Les étudiants boursiers n’ont pas les moyens de payer d’onéreuses préparations privées alors que bon nombre d’entre eux travaillent pour payer leurs études à l’université. Souvent, ils ont un déficit en culture générale et en anglais, deux éléments essentiels pour intégrer une école. Un certain nombre de ces étudiants manquent de confiance en eux car ils n’ont jamais été sur « la voie royale de la réussite ».

Quinze étudiants suivis sur cinq mois

La Chance aux concours tente, chaque année, de palier ces inégalités de départ en offrant à une quinzaine d’étudiants boursiers une préparation de 5 mois aux concours des écoles de journalisme. Le point commun de tous ces étudiants est une motivation profonde pour le métier de journaliste et une réelle envie d’y arriver.

L’accent est mis sur la culture générale, des cours d’anglais ont lieu toutes les semaines, le contact hebdomadaire avec des journalistes permet à des étudiants qui souvent n’en ont pas de se faire un réseau dans la profession. Plus facile, après, de trouver un stage, un facteur qui peut aider fortement à intégrer une école. Des tuteurs suivent des groupes de trois étudiants, ils les motivent au quotidien, les encouragent quand ils lèvent le pied, les aident à prendre confiance en eux.

50% de réussite aux concours

Et ça marche. Sur les 41 étudiants ayant effectué la préparation de la Chance aux concours, près de 50% ont intégré une école de journalisme reconnue par la profession. Ils ne réussissent pas tous les concours du premier coup, mais ceux qui essayent une deuxième fois le font en général avec réussite. Et la majorité de ceux qui n’ont pas intégré d’école continue sur la voie du journalisme, intégrant des formations en alternance ou multipliant les stages.

Cette année, les premiers étudiants diplômés d’une école sont arrivés sur le marché du travail et ont intégré les rédactions d’Europe 1, du Figaro.fr ou pigent pour France Inter ou le Magazine littéraire. Ces étudiants ont seulement besoin qu’on leur offre la même chance que les autres. Quand on leur donne, ils la saisissent avec appétit.

Il faudrait sans doute aller plus loin. Les concours en eux-mêmes sont porteurs de discriminations puisqu’ils favorisent les gens ayant un large accès à la culture, aux voyages, à la pratique des langues. Les écoles de journalisme recrutent en théorie à bac+2 mais dans les faits à bac+3 ou bac+4. La Chance aux concours s’aligne sur les critères des écoles, les étudiants qui intègrent le dispositif ont donc déjà franchi un certain nombre d’obstacles.

La profession de journaliste a besoin de gens débrouillards et dynamiques issus de toutes les catégories de la population française. Au-delà de l’intégration des boursiers qui se sont frayés un chemin dans l’enseignement supérieur se pose, en amont, la question d’un travail de fond dès le lycée. Plusieurs grandes écoles ont mis en place, ces dernières années, des dispositifs de soutien aux lycéens, mais est-ce à des structures privées de faire ce travail ?

David Allais est coordinateur de la Chance aux concours.

(Photo : Une poche vide, Stuartpilbrow/Flickr)

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  • Cinsault
    Cinsault
    Graine de rosé
    • Posté à 11h30 le 07/01/2010
    • Internaute 24720
      Graine de rosé

    ouaip, les « codes culturels » dans les grandes écoles ... c’est peut être vrai pour les trucs de bavards , genre ENA ou écoles de commerce.
    Mais pour les écoles d’ingénieurs : vous savez ou vous savez pas, que ce soit à l’écrit ou à l’oral.

    • Igrec
      Igrec répond à Cinsault
      Ingénieur dans l'industrie
      • Posté à 14h29 le 07/01/2010
      • Internaute 97254
        Ingénieur dans l'industrie

      L’importance des codes culturels est surement plus marquée pour les concours d’entrée aux « trucs de bavards », mais elle n’est pas inexistante non plus pour les écoles d’ingénieurs :
      - Il faut voir l’importance dans la notation aux concours des coefficient des epreuves de français et de langues.
      - Même pour les épreuves scientifiques, le fait d’avoir dans sa famille ou son entourage des scientifiques favorise l’acquisition des connaissances requise et également une certaine culture scientifique. Il s’agit peut-être là plutôt de contexte social que de code culturel mais je pense que l’idée est la même.

      • Cinsault
        Cinsault répond à Igrec
        Graine de rosé
        • Posté à 15h10 le 07/01/2010
        • Internaute 24720
          Graine de rosé

        Je ne nie pas - et j’en sais quelque chose - que le parcours scolaire est moins facile quand vos parents ne peuvent absolument pas vous aider en quoi que ce soit. Mais c’est un peu différent de la notion de code culturel.
        Il n’empêche que c’est la faillite du collège et du lycée de ne plus être capable d’identifier et d’aider les meilleurs . En plus on voit bien que de dévaloriser et de noyer le niveau scientifique en terminale a eu pour effet de souvent rendre nécessaires des cours de soutien pour bien démarrer en enseignement supérieur : ça profite à qui, sinon ceux qui en ont les moyens.
        Pour pallier cette carence il faudrait instaurer des quotas, dont la seule conséquence sera de dévaloriser le diplôme, sa signification intellectuelle et scientifique et instaurer une suspicion plus particulière sur certains diplômés de ces écoles (et ce, même s’ils sont passés par la voie normale).
        Pour ma part je suis totalement d’accord avec la CGE : un seul concours mais des moyens supplémentaires pour les meilleurs des lycées les moins favorisés pour qu’ils rattrapent éventuellement le niveau.

    • Anastaze
      Anastaze répond à Cinsault
      inconsolable
      • Posté à 14h55 le 07/01/2010
      • Internaute 53186
        inconsolable

      Comment expliquez-vous, alors qu’on reconnait un centralien, un X, un normalien, un ingénieur de l’École Supérieur des Mines ou même des Arts et Métiers dès la première phrase. Rien que leurs dénominations sont un code à lui tout seul.

      • Cinsault
        Cinsault répond à Anastaze
        Graine de rosé
        • Posté à 14h55 le 07/01/2010
        • Internaute 24720
          Graine de rosé

        Je ne pense pas qu’on peut faire ce que vous dites si facilement, mais surtout c’est une conséquence de la formation elle même de ces écoles : rien à voir avec ce qui se passe avant.

         
        • Anastaze
          Anastaze répond à Cinsault
          inconsolable
          • Posté à 15h05 le 07/01/2010
          • Internaute 53186
            inconsolable

          Vous avez raison, aux Art et Métiers la première année est consacrée à l’apprentissage de ces codes culturels . Mais la plupart des élèves de ces écoles, apprennent ces codes dès le biberon.

          Je connais des enfants de X qui se comportent en X (un peu raides), des enfants de centraliens qui se comportent en centraliens (un peu cools), et des enfants de normaliens qui n’obéissent à aucune loi.

          • pablico
            pablico répond à Anastaze
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
            • Posté à 15h34 le 07/01/2010
            • Internaute 14278
              À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

            Faut-il 30% de boursiers dans les grandes écoles ? Non, répond la Conférence des grandes écoles (CGE), car les quotas pourraient impliquer une baisse du niveau des diplômés.

            tout le monde pensait naïvement qu’il faillait avoir tout bonnement :

            - l’intelligence ,
            - la valeur, la force morale, le dépassement de soi (battant)
            - un bon diplôme (valeur intellectuelle et culturelle)

            si il faut des codes, ces personnes valeureuses sont capables de les apprendre et les assimiler ..

            le plafond de verre existe... on nous le prouve de jour en jour.

            liberté, égalité, fraternité ....mais plafonné à l’argent, aux codes sociaux....

            vous parlez d’une république soit disant basée sur la valeur.

            les ’fils de’ ont encore de bons jours devant eux..

            ils n’ont pas fait exprès d’être ’fils de’ comme les autres n’ont pas fait exprès d’être ’fils de quelconque’

            • NonooStar
              NonooStar répond à pablico
              Informaticien
              • Posté à 15h48 le 07/01/2010
              • Internaute 34879
                Informaticien

              Cette question est complètement biaisée.
              Reformulez là en « Quel pourcentage de boursiers faudrait-il dans les grandes écoles ? » et la CGE répondrait sans doute « le même pourcentage que le pourcentage global d’étudiants boursiers toutes filières confondues ». Dans un « monde idéal », il n’y aurait pas de raison qu’une filière ait plus de boursiers qu’une autre.

              Et prétendre que la CGE est contre les boursiers parce qu’elle refuse les quotas, c’est soit ne rien comprendre au système prépa/CPGE soit purement de la malhonnêteté intellectuelle (pour l’auteur de l’article, je penche pour le second choix).

              • pablico
                pablico répond à NonooStar
                À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
                • Posté à 15h59 le 07/01/2010
                • Internaute 14278
                  À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

                il n’y a qu’une seule réponse :

                que le meilleur gagne.

                le meilleur ou les meilleurs ne doivent jamais entrer dans des quotas, des pourcentages de quotas...sinon la course compétition est truquée. ou on fait des courses à handicap par l’argent.

            • gavroche...
              gavroche... répond à pablico
              • Posté à 18h12 le 07/01/2010
              • Internaute 36688

              Bonjour Pablico,

              le soucis, c’est que le plafond de verre ne se construit pas après le bac et au niveau du recrutement des « grandes » écoles ; c’est souvent dès le primaire et le secondaire que les discriminations se font insidieusement sentir.

              La difficulté du travail à la maison, la difficulté du soutien et du suivi familiale, etc. sont des vecteurs du renouvellement social, du déterminisme social.

              A mon sens, ce n’est pas en instaurant des quotas que l’on résoudra le problème (et je ne suis pas de ceux qui pensent que les quotas rabaissent le niveau des diplômes, mais simplement que l’usage des quotas n’est qu’un pis-aller pour combler une carence plus profonde de la société), mais en s’intéressant aux mécanismes qui se mettent en place en primaire et au secondaire, à la fois par le suivi pédagogique des élèves, mais également par le suivi sur la voie d’une formation diplomante et intéressante personnellement (ce sont, bien souvent, ces codes-là qui ne sont pas connus).

              Nous arrivons au résultat d’un système qui a vécu ; l’enseignement doit être revu et adapté – et certainement pas en revoyant le nombre d’enseignant à la baisse – pour permettre de corriger ce déterminisme social, qui a été décortiqué par plusieurs travaux. Il existe sans doute un moyen à la fois de permettre aux « bons » de progresser rapidement et aux « fils de quelconque » d’être aidé en tant que de besoin ; par exemple, en augmentant le nombre d’élève par classe, et en privilégiant un soutien individualisé par les profs ainsi « économisés » (plutôt que simplement supprimer les postes).

              Bref, à mon sens, ce débat sur les grandes écoles ne fait que cacher, un peu plus, un débat plus profond. Mais sans doute est-ce encore révélateur de « l’élitisme à la française »...

              gavroche...

        5 autres commentaires
      • NonooStar
        NonooStar répond à Anastaze
        Informaticien
        • Posté à 15h53 le 07/01/2010
        • Internaute 34879
          Informaticien

        Parce que toutes les écoles d’ingénieurs développent des codes et des traditions qui lui sont propre et que chaque élève apprend lors de son séjour à l’école... et connaître ces codes à l’avance n’est d’aucune utilité pour entrer dans ces écoles. C’est essentiellement le niveau en sciences aux concours qui compte.

         
        • Anastaze
          Anastaze répond à NonooStar
          inconsolable
          • Posté à 17h18 le 07/01/2010
          • Internaute 53186
            inconsolable

          Je propose que 30% des fils d’ingénieurs aillent apprendre à lire là où « on porte sa casquette à l’envers et où on parle en verlan », pour réparer le préjudice injuste qu’ils subissent.

        1 autres commentaires
    • Iv
      Iv répond à Cinsault
      Roboticien utopiste
      • Posté à 16h51 le 07/01/2010
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Tout à fait.
      Et si ces codes culturels compent aux concours, c’est les concours qu’il faut changer. Mais l’égalité des chances, c’est justement un concours anonyme et sans information sur le candidat.

      Le concours de l’école que j’ai faite était un QCM. C’est chaud de transmettre des codes de cette façon... Généralisons le QCM ?

      Il vaut mieux lutter contre le piston et pour une amélioration du collège et du lycée public que de fustiger un des rares éléments du système éducatif qui est justement neutre et tout à fait républicain.

      • Lictor
        Lictor répond à Iv
        informaticien
        • Posté à 17h30 le 07/01/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        Le problème du QCM, c’est que c’est extrêmement pauvre comme épreuve. C’est avec des QCM qu’on se retrouve à recruter des matheux incapables de s’exprimer dans aucune langue humainement connue... J’en ai eu dans mes promotions. Certes, ce sont des demi-dieux en maths, mais j’ai du mal à imaginer dans quelle entreprise ils pourront concrètement travailler...

        Mais je suis d’accord, les efforts doivent se faire très très en amont. Pour moi, dès la maternelle et le primaire, puisque c’est là que l’essentiel se décide. Et l’amélioration doit aussi passer par le renforcement du niveau des université, puisque c’est un lieu où l’on peut se permettre de faire du recrutement de manière un peu différente et plus souple que dans les écoles.

         
        • Iv
          Iv répond à Lictor
          Roboticien utopiste
          • Posté à 20h01 le 07/01/2010
          • Internaute 39192
            Roboticien utopiste

          Le QCM n’est qu’une piste, mais elle a l’avantage d’empêcher les « codes culturels » de passer. Juger de l’expression d’une personne peut facilement ouvrir la porte à des abus. Le concours dont je parle comportait en QCM des épreuves de culture générale (et de Français aussi, mais c’est loin)

          • Kacaille
            Kacaille répond à Iv
            étudiant
            • Posté à 10h17 le 08/01/2010
            • Internaute 96312
              étudiant

            C’est vrai que la QCM sont une possibilité d’éviter les codes culturels. Mais à ce moment là, encore faudrait-il supprimer les épreuves de français-philosophie et de langues ? Non, vraiment, si aux concours de prépas scientifiques on faisait des QCM de maths.... ce serait n’importe quoi. Et puis des ingénieurs qui font 4 fautes de français par phrase c’est insupportable ! Le problème vient bien plus en amont et avantager les boursiers aux concours par des quotas ce serait aussi désavantager les non-boursier-non-bourgeois.... vous savez ceux qui sont juste au dessus des seuils de bourses et qui pourtant sont incapables de se payer des cours privés ou des stages intensifs ? et bien ceux-là l’aurait forcèment dans le baba (pour rester poli).

            • Iv
              Iv répond à Kacaille
              Roboticien utopiste
              • Posté à 10h37 le 08/01/2010
              • Internaute 39192
                Roboticien utopiste

              Je donnais mon expérience personelle...

              Quand on voit la variabilité d’une note à une épreuve de Français et de philo en fonction du correcteur, on peut en effet se poser la question de leur utilité.

              Instaurer une dictée : pourquoi pas ?

        3 autres commentaires
    • Lictor
      Lictor répond à Cinsault
      informaticien
      • Posté à 17h25 le 07/01/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      « Mais pour les écoles d’ingénieurs : vous savez ou vous savez pas, que ce soit à l’écrit ou à l’oral. »

      Mouais, enfin, pour entendre pipoter des types sur le terrain, on apprend à devenir bavard en école après le concours...

      Et qu’on le veuille ou pas, les sciences ont aussi une dimension culturelle ! C’est encore plus vrai pour une matière comme les mathématiques dans le cadre de l’enseignement français. Je me rappelle le premier cours avec un grand mathématicien russe qui nous avait fait une interrogation « surprise » sur des trucs pas encore vu en nous disant : « je veux pas les démonstrations, c’est pas intéressant démonstrations, je veux vous intuiter les réponses ! ». Ca avait été le grand choc culturel...

    • Skandal
      Skandal répond à Cinsault
      Capitaliste
      • Posté à 15h27 le 08/01/2010
      • Internaute 46921
        Capitaliste

      Tout a fait vrais.

      En plus ceux qui s’attaquent aux concours, jugé trop durs ou discriminatoires (ce qui est paradoxal pour un concours), veulent particulièrement s’en prendre à la culture générale et à l’anglais soit exactement ce qui manque aux étudiants Français...

      C’est vraiment le nivellement par le bas sous le fallacieux prétexte de la non-discrimination...

  • Lozardèche
    Lozardèche
    Musicien
    • Posté à 11h45 le 07/01/2010
    • Internaute 100487
      Musicien

    Quand on parle des Grandes Ecoles on parle de l’enseignement de matières « lourdes » comme la physique, les math, les techniques, l’informatique, l’innovation, l’engineering, et j’en passe, mais en rien des écoles de journalisme qui sont pour la plupart du brassage de vent et de la propagande de gauche. Cet article est un ramassis de sophismes qui tendrait à nous faire croire qu’en France il n’y a pas d’égalités des chances ! C’est vrai que pendant des années, on trompe les lycéens en leur faisant croire que leurs diplômes ont quelque valeur, alors que ce sont des diplômes au rabais. Cela me fait penser à cette anecdote où l’on demande à un bachelier :
    « Diplômes ? »
    A quoi il répond :
    « Plômes... »

    • Tyb
      Tyb répond à Lozardèche
      (par ici, par là)
      • Posté à 14h18 le 07/01/2010
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      Avoi un plaisir coupable pour les blagues carambar ça passe encore, penser que ça constitue un argumentaire, là non.

    • Lictor
      Lictor répond à Lozardèche
      informaticien
      • Posté à 17h33 le 07/01/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Je vois mal en quoi l’informatique est une matière lourde... Après tout, informatique et journalisme s’intéressent à la même matière brute : l’information...

      • MagnusMaximus
        MagnusMaximus répond à Lictor
        Doctorant
        • Posté à 03h05 le 09/01/2010
        • Internaute 94610
          Doctorant

        L’informatique est une branche des mathématiques. Dans l’informatique que je fais, on parle de problèmes NP-complets, de complexité, d’algorithmes ... si ça c’est pas une matière lourde. Si pour vous (et pourtant vous signez « informaticien ») l’informatique c’est ouvrir deux pages et trois feuilles excel alors oui, c’est du même niveau que le journalisme ...

    • Skandal
      Skandal répond à Lozardèche
      Capitaliste
      • Posté à 15h35 le 08/01/2010
      • Internaute 46921
        Capitaliste

      Bravo ! !

      C’est exactement ça.

      Le journalisme ne demande pas d’intelligence spéciale, il suffit de voir le niveau journalistique d’aujourd’hui, aussi bine à la télé que dans la presse écrite.

      En revanche, être ingénieur, ça demande un minimum de travail, de logique et de compétence intellectuelle...

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 11h44 le 07/01/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Redite du making of d’hier ?

  • PHS
    PHS
    aviateur
    • Posté à 14h19 le 07/01/2010
    • Internaute 97069
      aviateur

    Aider les boursiers est une chose (et il faut saluer l’exemple présenté dans cet article).
    Imposer des quotas aux concours en est une autre.
    Avoir un pourcentage donné de boursiers dans un cursus donné, en est d’ailleurs encore une autre (conséquence éventuellement des précédentes mais pas seulement).
    Cet exemple d’aide des boursiers me paraît conforter l’idée que l’important n’est pas le quota mais bien de donner à tous les candidats les mêmes chances au départ.

  • ellilou
    • Posté à 14h33 le 07/01/2010
    • Internaute 21018

    Alors si je comprends bien (mais peut-être pas, après tout) les Grandes Ecoles (il y en aurait donc des petites... ?) ne veulent pas qu’on leur imposent un quota de « pauvres », parce que j’imagine que ceux qui ont des bourses sont des « gueux ». Donc en résumé l’équation plus de boursiers (pauvres) = plus d’échec et de mauvais résultats. Oh ! mais ça sent bon le « Darwinisme social » tout ça (soit dit en passant, Darwin n’aurait pas adhéré à cette théorie si je me rappelle bien ce que j’ai lu DE lui et SUR lui).

    • Strawman
      Strawman répond à ellilou
      Scientocrate
      • Posté à 14h44 le 07/01/2010
      • Internaute 96130
        Scientocrate

      Foutez donc la paix à Darwin, il n’a absolument rien à voir avec tout ça. On lui a déjà attribué la politique stalinienne, l’Holocauste d’Hitler... Rappelons que c’était un biologiste, pas un politicien.

      Comme les sujets sur les quotas de boursiers dans les Grandes Ecoles se ressemblent tous, je ne vais pas me fatiguer à reformuler la même réponse de manière différente ; voici donc ma dernière intervention sur le sujet.

      « Ce ne sont pas les boursiers qui font baisser le niveau (argument idéologique) mais les quotas (argument mathématique), qu’ils concernent le revenu des parents, l’ethnie, la pointure des chaussures...
      Si une école recrute 500 élèves, le quota impose 150 boursiers/roux. S’il n’y a que 100 boursiers/roux dans les 500 premiers, on doit en chercher 50 autres qui ont eu des résultats inférieurs, et refuser 50 non-boursiers/non-roux qui avaient le niveau. Le niveau baisse, et les élèves méritants sont discriminés.

      On observe au passage la malhonnêteté intellectuelle de ceux qui défendent les quotas, politiques comme journalistes, qui usent et abusent du sophisme pour faire croire que le refus vient de préjugés condescendants envers les boursiers. La méthode de l’homme de paille.
      Lien

      • ellilou
        ellilou répond à Strawman
        • Posté à 14h57 le 07/01/2010
        • Internaute 21018

        C’est bien ce que j’ajoutais entre parenthèses à la fin de mon message ( Que Darwin n’aurait certainement pas accepter cette distorsion de sa pensée)...calmez-vous.
        Et, si je peux me permettre, auriez-vous l’amabilité de ne pas être aussi condescendant ? Ici, on ne fait » que » commenter et échanger des idées sans avoir à justifier d’un QI supérieur à 250.

         
        • Strawman
          Strawman répond à ellilou
          Scientocrate
          • Posté à 15h16 le 07/01/2010
          • Internaute 96130
            Scientocrate

          Je ne cherchais pas à être condescendant, je suis juste irrité de voir que la propagande des « journalistes » de rue89 porte ses fruits : tout le monde diabolise les Grandes Ecoles, les font passer pour des aristocraties anti-classes moyennes, alors que le seul endroit où le coup de téléphone d’un papa bien placé ne dispense pas de travailler et de suer, c’est bien en salle d’examen d’un concours aux Grandes Ecoles...

          Non, ce n’est pas un mépris envers les boursiers qui motive leur réponse, mais un rejet des quotas qui sont un déni du principe d’égalité. N’y a-t-il pas un journaliste qui osera aborder ce point avec franchise ?

        1 autres commentaires
    • pablico
      pablico répond à ellilou
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 15h43 le 07/01/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      après ont va se plaindre que nos dirigeants n’ont aucun code de la populace...

      avec leur codes communs et hors du commun, ils sont : bonnets blancs, blancs bonnets..

      et le fossé se creuse entre ceux d’en haut et ceux d’en bas...

      est-ce saint ?

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 14h33 le 07/01/2010
    • Internaute 40715
      pas là

    Dommage que cet article démarre par un mensonge... La CGE n’a jamais dit qu’elle était contre tel pourcentage de boursier. Elle a dit qu’elle était contre les quotas...
    Vous voulez plus de boursiers dans les Grandes Ecoles ? ... Pourquoi ne pas tenter d’augmenter leur niveau scolaire, plutôt que de baisser le niveau des concours...

    Imaginez que vous allez vous faire opérer par un chirurgien et qu’on vous dise : « normalement il ne devrait pas être chirurgien, il a raté le concours. Mais on lui a quand même donné le diplôme car il fait partie d’un quota »...
    Vous seriez rassuré ?

    Rem : j’ai intégré une Grande Ecole en passant par une prépa dans un lycée public. Et comme la large majorité des élèves je n’ai pas eu besoin de payer « une onéreuse préparation privée »...

    Finalement, c’est peut-être sur le niveau des écoles de journalisme qu’il faut réfléchir.

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 14h35 le 07/01/2010
    • Internaute 40715
      pas là

    « La profession de journaliste a besoin de gens débrouillards et dynamiques »

    Elle a surtout besoin de gens honnêtes... Apparemment c’est pas gagné.

  • yurf_98
    yurf_98
    Informaticien
    • Posté à 14h43 le 07/01/2010
    • Internaute 100926
      Informaticien

    L’intérêt des concours c’est de prendre les plus préparés.
    Instaurer un quota aura juste pour effet de prendre les élevés les plus préparés, et 30% d’autre élève qui ne le seront peut être pas assez.
    Donc totalement injuste (pour ceux qui n’ont pas pu être pris. Alors on laisse les élèves des ZEP galérer au primaire, au collège et au lycée dans des établissement pourris, puis on les injecte dans des grandes écoles ? ? Pratique, ça règle vachement les inégalités ! !
    On devrait plutôt soigner l’éducation dès le départ et motivé ces jeunes pour qu’ils accèdent aux écoles par eux même. Peut être même créer un centre de soutien gratuit au concours ! !

    PS : Lozardeche, quand on s’exprime comme ça : « des écoles de journalisme qui sont pour la plupart du brassage de vent et de la propagande de gauche » Je vois pas comment tu pourrais être crédible. catégoriser un ensemble de personne... basé sur des a-priori personnelle... de manière péjorative... comment ça s’appelle déjà ?

  • Hemenate
    • Posté à 15h38 le 07/01/2010
    • Internaute 856

    L’instauration de quotas entraîne nécessairement une baisse du niveau, c’est évident.
    Si on a besoin de quotas pour faire rentrer certaines personnes qui n’auraient pas pu y arriver sans ceux-ci, c’est bien qu’on fait baisser le niveau, c’est mathématique.

    Le problème est bien :
    Pourquoi les boursiers ont du mal à entrer dans les grandes écoles ?

    Cela tient effectivement à une question de capital culturel.
    Les initiatives comme « la Chance aux Concours » sont donc positives, mais insuffisantes.
    Le problème doit être traité en amont.

    Les grandes écoles forment l’élite du pays, elles se doivent de prendre uniquement les meilleurs, avec pour seule critère le niveau, c’est leur rôle.
    Le problème vient de l’échec de l’Education Nationale, qui ne parvient pas à limiter ce prédéterminisme social.

    C’est une refonte totale de tout le système de l’Education Nationale qui est nécessaire, avec une réintroduction de l’élitisme, et l’instauration de classes niveau.

    Le refus des classes de niveau implique de facto un nivèlement par le bas.
    Or, plus le niveau est bas, plus l’influence du déterminisme social est forte, c’est encore une fois mathématique.

    Contrairement à ce qu’on raconte depuis 30 ans, c’est « l’égalitarisme » ambiant qui, en refusant une réelle sélection sur le niveau dans l’Education Nationale, permet cette reproduction des élites.
    Le refus de l’élitisme et des classes de niveaux dans l’Education nationale a pour seule effet de masquer ce déterminisme, il ressurgit donc évidemment à la première sélection réelle : les concours d’entrée aux écoles.

    Bref c’est une refonte globale de tout l’enseignement public qui est nécessaire, si on veut réellement remettre en service un semblant d’ascenseur social.
    Evidemment il faut accepter de ne voir les premiers résultats qu’environ 15 ans plus tard.
    Mais dans la « société de l’instant » actuelle, on ne s’intéresse pas au fond du problème, on cherche simplement à avoir des statistiques à montrer au moment des prochaines élections.

    ...

    « La profession de journaliste a besoin de gens débrouillards et dynamiques issus de toutes les catégories de la population française. »

    Elle a avant tout besoin de gens de plus en plus cultivés, capables de faire les ponts entre les différentes composantes sociologiques, économiques, juridiques, philosophiques, historiques... d’un même sujet.
    Et ce dans une société de plus en plus complexe.

  • letibelim
    • Posté à 15h28 le 07/01/2010
    • Internaute 22553

    Quelques remarques.

    Loin de moi l’idée de dénigrer La Chance aux concours, initiative louable. Cependant, au même titre que les lycées conventionnées « Sciences Po », elle représente un cautère sur une jambe de bois.
    Je m’explique : c’est très bien, pour les quelques boursiers rattrapés in extremis dans les filets de ces filières, mais quid des autres ? De ceux, par exemple, qui ont le défaut d’être pauvres en province (je hais ce mot, mais tant pis), et non à Paris où la Chance aux concours est présente ? Peut-être ouvrirez-vous bientôt une antenne à Lille, Lyon ou Toulouse, mais ça ne changera rien à la situation des pauvres d’ailleurs, englués non seulement dans leur misère, mais aussi dans leur « terroir ».
    Je ne veux pas condamner ces initiatives, car d’une manière individuelle, elles sont louables pour ceux qui en bénéficient, ainsi que pour les écoles auxquelles elles préparent, en leur apportant un brin de diversité.
    Mais ce qui ne va pas, vraiment pas, c’est qu’au lieu de s’attaquer au fond du problème, on en arrive à des solutions d’exceptions comme celle-ci, au lieu de s’occuper du problème général, à savoir l’égalité devant l’éducation, et cela, dès le plus jeune âge. Et que le pouvoir se réfugie désormais devant ces solutions d’exceptions.

    D’autre part, vous dites ceci : « La plupart des étudiants qui réussissent les concours ont étudié dans un Institut d’études politiques (IEP) ou ont effectué une préparation privée (entre 900 euros et 3000 euros). Parfois même les deux. »

    Il ne faut pas exagérer l’importance des préparations privées. Dans ma promotion, sur 34 élèves, 2 ou 3 avaient fait une formation privée. L’emprise de Sciences Po, en revanche, ne fait aucun doute. L’homogénéité de l’origine sociale des élèves non plus, d’ailleurs.

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 15h06 le 07/01/2010
    • Internaute 40715
      pas là

    « Les concours en eux-mêmes sont porteurs de discriminations puisqu’ils favorisent les gens ayant un large accès à la culture, aux voyages, à la pratique des langues. »

    Ouais ! C’est honteux ! Les concours sont discriminatoires car ils favorisent ceux qui savent lire, écrire et compter...

    C’est dégueulasse ! ...

    A quand des quotas d’analphabètes dans l’enseignement supérieur ?

  • lulumagie
    • Posté à 15h33 le 07/01/2010
    • Internaute 80738
      .

    Les écoles sont conscientes de leur manque de mixité sociale. Et elles essayent donc de s’ouvrir ( communication et suivi auprès d’élèves diffèrents de leurs profls type de candidats, Bourse interne s’additionnant au bourse d’état, ...)
    Cependant, ces efforts (parfois symbolique, parfois rééls) ne sont pas efficace car le faible taux de boursier montre que ces écoles forment les fils de cadres à devenir les cadres de demain.

    Le quota semble injuste car cela ferait mathématiquement baisser le niveau des dernier admis et fausserait le jeu des concours (quand on voit la pression que ce mette certains préparationnaires, ils auront du mal à l’accepter)

    Cependant, il me parait sain que l’état agite ce chiffon rouge aux grandes écoles pour qu’elles intensifie leurs efforts pour s’ouvrir ’naturellement’ à toutes les classes sociales.

    Et si leur seul réaction est de le rejeter en bloc, imposons leur ce quota pour qu’elles soit obligés de trouver de bons élèves boursiers (ils existent, il faut juste que les écoles arrivent à les attirer) afin de ne pas baisser leur niveau

    • Hemenate
      Hemenate répond à lulumagie
      • Posté à 15h58 le 07/01/2010
      • Internaute 856

      C’est prendre le problème à l’envers.

      Les Grandes Ecoles sélectionnent les meilleurs, indifféremment de leurs origines sociales, elles sont dans leur rôle.

      Le problème vient de l’Education Nationale qui s’avère incapable de diminuer le déterminisme social.

      Les enfants des classes aisées ont à la base un meilleur capital culturel.
      Les enfants entrent inégaux à l’école, ils en ressortent inégaux.
      C’est bien l’Education Nationale qui est en cause, pas les Grandes Ecoles.

      Seule une élévation des exigences scolaires, par une réinstauration de l’élitisme, pourra faire baisser ce prédéterminisme social.

      • Lictor
        Lictor répond à Hemenate
        informaticien
        • Posté à 18h00 le 07/01/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        Assez d’accord, mais je dirais qu’il ne s’agit pas d’un problème de reproduction des classes aisées, mais bien de reproduction des élites intellectuelles. Le fils Sarkozy n’a pas l’air de bénéficier d’un avantage déterminant dans ses études par exemple - en tout cas pas dans les même proportions que pour trouver un job.

        On trouve par exemple dans les élèves privilégiés beaucoup d’enfants d’enseignants ou même d’instituteurs. Clairement, il ne s’agit pas d’une élite économique ! Mais il s’agit bien d’une élite intellectuelle - et qui en plus connait bien les astuces du système.

        De même, il serait intéressant de voir l’origine non pas sociale mais intellectuelle des fils d’ouvriers ou d’employés qui réussissent. On peut être ouvrier et aimer lire, se poser des questions et, au final, donner une bonne base à ses enfants.
        Ou, en posant la question d’une autre façon, est-ce que les quelques fils d’ouvrier qui arrivent en grande école y arrivent grâce à la puissance républicaine de l’école ou grâce à un climat propice à la maison ? Dans le second cas, l’école perd vraiment toute dimension républicaine et ne devient plus qu’une machine à enregistrer l’inégalité créée par la naissance, par le don inné ou par l’environnement familial...

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Lictor
          • Posté à 18h29 le 07/01/2010
          • Internaute 856

          Tout à fait d’accord.

          A mon avis cela tient effectivement, avant tout, à la valeur donnée à l’école dans l’éducation parentale reçue.

          Je pense qu’indépendamment de la classe sociale et quel que soit le capital culturel familial, ce sont en moyenne les enfants dont les parents auront insisté sur l’importance de l’école, et qui leurs auront imposé de réelles attentes en terme de résultats, qui s’en sortent le mieux.

          Le fait est qu’il me semble que en termes de grandes tendances, le capital culturel et les attentes sociales, sont fonctions des classes sociales.

          Il est difficile d’agir sur une telle variable mais je pense que l’établissement de classes de niveaux pourrait permettre de faire baisser le nombre d’élève par classes, en fonction du niveau.
          Ce qui permettrait d’ajuster le taux d’encadrement en fonction des besoins.

        1 autres commentaires
  • piotrgustav
    piotrgustav
    phynancier
    • Posté à 15h34 le 07/01/2010
    • Internaute 100142
      phynancier

    Avant de se demander si les boursiers y arrivent aussi bien que les autres, j’aimerais bien savoir pourquoi il faudrait favoriser particulièrement les plus modestes pour accéder aux grandes écoles, alors qu’en réalité, elles leur sont déjà tout à fait accessibles.

    Dans le cas de nombreuses structures affiliées à la Conférence des Grandes Écoles (notamment les écoles d’ingénieurs, et écoles de commerce), la préparation aux concours est extrêmement peu onéreuse, et la réussite aux concours n’a pas grand chose à voir avec la connaissance de codes culturels élitistes, ésotériques ou bourgeois comme de nombreuses personnes le font croire.
    Je doute au final que cela soit différent pour les écoles de journalisme. Si vous voulez vraiment faire une prépa peu coûteuse pour un IEP, intégrer une Hypokhâgne ou une prépa Ecole de commerce ES dans un Lycée publique. Faites un ou deux ans. Après ça le concours de Science Po, c’est une promenade de santé.

    La plupart des mes amis et moi-même qui ne sommes pas nés avec une cuiller en argent dans la bouche et n’avons pas de parents dans ce cénacle, avons intégré une classe préparatoire publique et quasi-gratuite (Henri IV, Louis-le-Grand, Kléber, Le Parc, Pierre de Fermat, Montaigne...), et avons réussi les concours des méchantes grandes écoles, soit payantes comme l’Essec, HEC, soit gratuites (voire mêmes rémunérées ! !) comme l’E.N.S., l’X, Centrale, les Mines...

    Pour intégrer une grande école quand on n’a pas d’argent, c’est facile :

    1- travailler un minimum au lycée, surtout les maths (pas exactement la matière la plus socialement discriminante au monde), mais ne pas rechigner à la lecture d’un bon bouquin (pas le bien culturel le plus inaccessible de la planète). Et surtout être curieux (ça ne coûte rien, ça rapporte beaucoup).
    2- faire une prépa publique. Ça marche bien, et les plus modestes (malheureusement plutôt des garçons) trouvent des places en internat ce qui rend la vie encore moins chère qu’en fac.
    3- bosser comme un âne pendant deux ans, qui resterons les plus belles de votre vie après coup.
    4- intégrer une école d’ingénieur (gratuit, ou coût négligeable), ou une école de commerce (payant, mais très fortement soutenu pour les gens réellement modestes).

    L’argent n’est à aucun moment un réel soucis dans ce parcours (en tout cas pas plus que pour n’importe quel étudiant. Un de mes amis, fils d’ouvrier retraité dont la mère n’a jamais travaillé, a réussi à finir une école de commerce payante avec 10.000€ d’économies sur son compte parce qu’à la fin, il était dispensé de tout et recevait des bourses et des allocations de la terre entière. Personnellement, j’ai emprunté. Alors oui, c’est très désagréable, mais je n’ai en rien été empêché de poursuivre mes études à cause du système.

    Enfin, et c’est sûrement le plus important, j’ai toujours été sur un pied d’égalité avec mes collègues de prépa, qu’ils fussent riches ou pauvres. Le fils du radiologue tout comme la fille de parents divorcés et en galère sont deux candidats comme les autres le jour du concours.

    N’oubliez pas qu’en créant ce type de norme, vous perdez l’avantage de l’égalité objective des chances pour la remplacer par une correction subjective, dont les seules victimes en seront des bénéficiaires dévalués, et surtout la multitude de ceux qui, sans être riches, ne seront pas assez pauvres pour en bénéficier, et devront se battre pour moins de places qu’auparavant.

    Avis aux personnes modestes : à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Et je peux vous assurer que ça ne vient pas d’un défenseur de la bourgeoisie.

    • Rorschach
      Rorschach répond à piotrgustav
      La fin est proche
      • Posté à 01h59 le 08/01/2010
      • Internaute 70012
        La fin est proche

      Parfaitement réaliste et très bien dit.

      Maintenant, il ne faut pas nier que pour des oraux non technique (IEP, commerce), un enfant de bonne famille (rien de méprisable) aura plus d’aisance.

      On ne peut pas reprocher aux parents d’avoir soigné l’éducation de leurs enfants.

      Je suis beaucoup plus critique pour les parents des milieux défavorisés qui « bourrent le mou » de leurs enfants en dénigrant les diplômes et les études et qui détruisent par leurs aigreurs l’avenir de leurs gamins.

      Très triste de voir que ce débat sur les GE ne fait que conforter ce discours négatif et destructeur d’avenir.

      Mais dans un monde ou un footballeur (handballeur en fait ! !) gagne plus en un an qu’un ingénieur dans toute une vie, comment leur reprocher d’être déstabilise.

  • NonooStar
    NonooStar
    Informaticien
    • Posté à 15h35 le 07/01/2010
    • Internaute 34879
      Informaticien

    Le problème de cet article, c’est qu’il ne concerne qu’une partie infime des Grandes Ecoles (pour info, le CFJ est la seule école de journalisme à faire partie de la CGE). Plus de 50% des écoles membres de la CGE sont des écoles ingénieurs, environ 20-25% sont des écoles de management et le reste des écoles spécialisées (journalisme, vétérinaire, architecture).

    Dans la grande majorité des cas, le recrutement en école se fait par concours après deux ou trois ans de classes préparatoires qui, dans la grande majorité des cas, sont publiques et donnent de meilleurs résultats que les classes préparatoires privées. Et même s’il existe des différences de niveaux entre les différents lycées qui proposent des classes préparatoires, on peut dire que globalement les élèves qui se présentent à un concours au bout de ces deux ou trois ans sont à peu près sur un pied d’égalité. Ou plutôt que les différences ne se font pas tant selon l’origine sociale que selon le lycée où ils ont fait leur prépa (un élève d’Henry IV aura plus de changer d’intégrer Polytechnique que celui d’un petit lycée de province). Néanmoins la quasi-totalité des élèves qui parviennent au bout de leur classes préparatoires intègrent une école, certes plus ou moins prestigieuse mais qui leur permet néanmoins de bénéficier d’enseignements de qualité.

    Donc de façon très logique, puisqu’on retrouve les mêmes élèves en Grandes Ecoles qu’en classes préparatoires, on y retrouve à peu de chose près le même quota de boursiers, la différence provenant essentiellement de la petite proportion d’élèves qui intègrent une école en étant passés par la fac ou l’IUT.

    Donc si on impose des quotas de boursiers aux grandes écoles, ils ne pourront pas aller les chercher en classes préparatoires puisqu’il n’y a pas un quota de 30% de boursiers en classes préparatoires. L’alternative serait de faire rentrer plus d’élèves via les filières fac et IUT, c’est une possibilité, mais l’inconvénient est que les élèves qui arrivent de ces filières ont un cursus différents de ceux qui sortent de prépa. Or les programmes des grandes écoles se basent essentiellement sur les programmes de prépa. Et donc les élèves qui arrivent de la fac ou de l’IUT ont souvent des matières où ils sont en retard (dans le cas où elles n’étaient pas dans leur cursus) et des matières où ils sont en avance (dans le cas où elles étaient dans leur cursus et pas dans celui de prépa). Donc ces différences demandent souvent à l’école un peu plus d’adaptabilité dans ses enseignements et remettent un peu en cause le système binaire « prépa-grande école ou fac/iut ». Mais cette question est un autre débat et il serait à mon sens idiot de modifier ce système pour une question de quota sans autre réflexion préalable.

    Donc ce qu’on voit, c’est qu’à l’heure actuelle, si on veut remonter le quota d’élèves boursiers en grandes écoles, la seule manière efficace est de remonter le quota d’élèves boursiers en classes préparatoires. Non seulement c’est mathématique, mais en plus, ça a du sens. Car si le passage fin de prépa-grande école est quasi-automatique et que les différences de niveau à ce moment-là se traduisent par des notes à une épreuve commune, c’est au moment de l’entrée en prépa qu’interviennent des critères beaucoup plus subjectifs comme le lycée d’origine et que les notes ont beaucoup moins de pertinence : entre un élève qui a 17 en maths en terminale parce qu’il a bachoté toute l’année et un autre qui a la même note parce qu’il est réellement doué, on peut considérer que l’un est meilleur que l’autre.

    Donc des quotas, pourquoi pas ? Mais imposés plutôt à l’entrée des classes préparatoires qu’à l’entrée en grandes écoles.

    • Lictor
      Lictor répond à NonooStar
      informaticien
      • Posté à 18h09 le 07/01/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Concernant les prépas, la sélection se fait aussi en amont. Par exemple, faire ses études dans un grand lycée aide grandement pour passer dans la prépa maison ou dans une prépa d’un niveau équivalent. Tout simplement parce que les profs se connaissent entre eux, vont passer un coup de fil pour appuyer un élève bruyant, voire, enseignent également eux-mêmes dans la prépa du lycée...
      Et de fil en aiguille, on peut remonter toute une chaine d’inégalité : il est plus facile de passer dans un grand lycée quand on a été dans un bon collège.

      Attaquer le problème au niveau des GE, ou même des prépas, est idiot. C’est à se poser des questions sur l’intelligence (ou la volonté de tromper) des politiciens qui proposent ce genre de solution... S’il faut intervenir pour rétablir la situation, c’est bien en amont. A mon avis dès le primaire, voire en maternelle, là où les élèves sont fortement déterminés par leurs parents et où les écarts se précisent et ne feront que s’amplifier.

  • AubeMort
    AubeMort
    fonctionnaire
    • Posté à 15h48 le 07/01/2010
    • Internaute 54666
      fonctionnaire

    « Les épreuves favorisent les candidats issus de milieux aisés, ... parce qu’ils peuvent se préparer de manière spécifique en suivant des préparations souvent très chères. Le jeu est donc biaisé dès le départ. »

    C’est faux en ce qui concerne les Grandes Ecoles (type Polytechnique, les mines, Centrale, HEC, écoles d’agro...) où la majorité des prépas sont dans des lycées publics et donc gratuites.
    C’est dommage que si peu de gens en soient conscients et continuent à faire l’association Classe Préparatoire = Frais de scolarité très élevés.

    • k_reno
      k_reno répond à AubeMort
      Voyageur
      • Posté à 16h06 le 07/01/2010
      • Internaute 15813
        Voyageur

      D’autant qu’une grosse partie de l’enseignement acquis lors d’un cursus Grande Ecole est en fait dispensé... par les Classes Prépas. Le concours passé, l’intensité des cours théoriques diminue grandement...

      Si les choses n’ont pas changé dans un passé récent, les prépas privées (et donc payantes et chères) parasitent le système en introduisant une sélection par l’argent (et en travaillant de trop près avec les rédacteurs des épreuves), pourquoi ne pas agire sur elles en les obligeant à accepter 50% de boursiers gratuitement pour réduire l’impact de la sélection par l’argent ?

    • Lictor
      Lictor répond à AubeMort
      informaticien
      • Posté à 18h12 le 07/01/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Tout à fait. D’une certaine façon, les prépas sont moins difficiles à passer que les deux premières années de fac et coûtent moins cher (repas mieux pris en charge, internat disponible, moins de frais de scolarité à rallonge). Même sans volonté de rejoindre une grande école (cas fréquent en prépa littéraire vu la difficulté du concours quasi-unique), zapper les deux premières années de fac en les passant en prépa est plutôt une bonne idée...

  • chourave
    • Posté à 15h59 le 07/01/2010
    • Internaute 29660

    Il faudrait imposer un quota d’enfant d’Enarque dans les écoles d’apprentissage pour nettoyeurs de surface.

  • k_reno
    k_reno
    Voyageur
    • Posté à 16h08 le 07/01/2010
    • Internaute 15813
      Voyageur

    Quid des concours de soins infirmiers, pharmacie, médecine... ?

    Pourquoi est-ce que cela parait moins séduisant de recruter des médecins par quota plutôt qu’au mérite ?

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