tribune 26/10/2007 à 16h30

Le projet aberrant de RFI pour l'audiovisuel extérieur


Responsable du site Internet pour la chaîne France 24, je ne peux m’empêcher de dénoncer l’absurdité du scénario avancé par des collaborateurs de RFI pour réorganiser l’audiovisuel extérieur, et qui consisterait à lancer un portail Internet sous une nouvelle marque avec sa propre rédaction multimédia. Un tel schéma est un non-sens complet !

Pourquoi donc créer une nouvelle marque, la cinquième après RFI, TV5, MonteCarlo Doualiya [ex-RMC Moyen-Orient, ndlr] et France 24 ? A-t-on idée du coût que cela peut représenter de lancer une marque sur le Web à l’échelle mondiale, dans un univers déjà plus qu’encombré ? Sait-on que cela se chiffrera en dizaines de millions d’euros avant qu’elle ne puisse commencer à émerger sur le Net ? Et que cherche-t-on ? Ne faudrait-il pas d’abord réfléchir aux moyens de rationaliser les marques existantes avant d’en créer une nouvelle ?

Les journalistes de France 24, polyvalents, acceptent de travailler pour le Web

L’autre volet du projet RFI est que ce portail serait alimenté par une équipe rédactionnelle spécifique, issue des trois sociétés de l’audiovisuel extérieur. Mais a-t-on idée aujourd’hui des énormes disparités qui règnent entre les personnels de l’audiovisuel public et ceux de France 24 ?

Sait-on par exemple que le volume annuel des jours de travail des journalistes de RFI est significativement moins élevé que celui des journalistes de France 24. Et sur quelle base alignera-t-on alors les journalistes de la holding ? Sur le mieux ou sur le moins disant ?

Comment fera t’on travailler ensemble des personnels qui, du côté de France 24, sont polyvalents, pluridisciplinaires, plurimédia et travaillent indifféremment pour les antennes télévision, web ou mobile de la société, avec ceux de RFI qui croient en la spécialisation et non à la polyvalence et qui, pour une très faible majorité d’entre eux, acceptent de travailler pour la radio ET le site Web ?

Et je pourrais multiplier à l’envi les exemples qui illustrent que nos différences actuelles seront au mieux des freins, au pire des handicaps et en aucun cas sources d’enrichissement mutuel.

A la BBC, une réforme en profondeur, douleureuse mais nécessaire

Si la remise à plat de l’audiovisuel extérieur passe par des collaborations entre nos différentes sociétés et doit aboutir à un rapprochement des structures et des personnels, alors encore faut-il le faire de manière cohérente et dans le bon ordre.

Ayons le courage d’affronter les réorganisations indispensables et puisque l’on cite souvent la BBC comme une référence, suivons ce qu’elle fait en se réformant en profondeur, au prix de licenciements malheureux mais nécessaires (2 500 suppressions d’emplois sur six ans, compensés en partie par des recrutements), de formation des journalistes au multimédia, de réorganisation des rédactions actuellement cloisonnées, et de négociations avec des syndicats représentatifs et responsables.

Mettons donc l’audiovisuel public extérieur en ordre de bataille avant de le fusionner, le cas échéant, avec France 24. Misons aussi sur le bon modèle, celui qui a fait ses preuves, chiffres à l’appui. Et dans ce domaine, France 24 peut être fier du travail accompli dans un temps record. Qui osera contester par exemple les plus de 3 millions de visiteurs uniques (Source Nielsen) qui, chaque mois visitent le site de France 24 et dont plus de 80% proviennent de l’étranger, alors que celui de RFI en attire quinze fois moins !

Le succès de France 24 sur le web doit guider la réorganisation

Si nous avons pu obtenir ces très bons résultats, c’est parce que France 24 a réussi à créer un modèle de média unique en son genre où la totalité des journalistes de France 24 (et non une petite rédaction multimédia au sein d’eux) contribuent, sous diverses formes, au site Web. Car Internet est au coeur de notre stratégie et le multimédia, dans l’ADN même de France 24. C’est cette culture du multimédia qu’il faut insuffler à nos partenaires !

Projetons-nous dans l’avenir et initions sans tarder nos premières collaborations par une page d’accueil commune aux trois sites de TV5, RFI et France 24 qui servirait de vitrine aux meilleurs contenus de chacun. Créons ensemble des dossiers spéciaux ou des mini-sites événementiels (par exemple lors de la prochaine Coupe d’Afrique des nations début 2008). Réalisons des économies d’échelle en centralisant ou mutualisant nos achats. Développons les synergies et la promotion croisée. Réfléchissons à des couplages publicitaires.

Les actions ne manquent pas, qui pourront être réalisées rapidement dans le respect des marques et identités de chacun et optimiseront nos résultats à budget constant, tout en préparant l’avenir. Mais rejetons fermement tout scénario qui serait inefficace, coûteux, passéiste et destructeur de valeur ! Après tout, le président de la République fixait déjà cette orientation dans sa lettre de mission :

« Il ne s’agit pas de copier un modèle, mais de créer les conditions d’un pilotage coordonné et efficace de notre politique audiovisuelle extérieure (radio, télévision, internet) et de procéder aux réorganisations nécessaires. »

Stanislas Leridon est directeur Internet et nouveaux médias de France 24.

Lire aussi : France 24, RFI et TV5 refusent le mariage forcé

  • 7787 visites
  • 64 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    Après tout le bien que vous avez dit du personnel « moins disant » de RFI, on imagine leur joie à la perspective de travailler un jour avec des gens « polyvalents, pluridisciplinaires, plurimédia », en un mot, géniaux, comme vous...

    • Anonyme

      c’est un fait (le mépris en moins). RFI est une radio.

  • Anonyme

    Qui propose une nouvelle marque en plus des autres ? M. Leridon n’a visiblement pas lu le texte dont il parle avec autant de mépris.

    • Anonyme

      expliquez nous ou vous voyez du mepris ?
      pensez surtout au mepris des telespectateurs, auditeurs et internautes du monde entier quand on peut faire une revolution de broutille grace a quelques syndicats mal lunes

  • Anonyme

    D’après ce que j’ai lu, le rapport que dénonce Leridon ne parle pas d’une rédaction web séparée mais au contraire d’une rédaction intégrée travaillant pour internet, pour la télé et la radio, au sein de services spécialisés. Ca n’est vraiment pas la même chose ! La vérification des sources fait-elle partie des qualités qu’attend la direction de F24 de ses journalistes ou est-ce optionnel ?

  • Anonyme

    Ce Leridon, il veut que rien ne change, non ?

    • Anonyme

      visiblement et je suis d’accord avec lui.
      La France doit multiplier ses canaux pour EXISTER dans le concert médiatique mondial. L’opinion publique est fabriquée dans les médias anglo-saxons, il y va de l’indépendance du pays. Combien coûte un porte avion ?

      Sarkozy cherche du fric partout pour rattraper les dettes qu’il a plombé les 15 premiers jours de son septenat..

      France, où est ton esprit de conquète ?

    • Anonyme

      justement non ! ! ! il dit justement que les vieilles recettes avec des pages web en ms-dos, ca veut pas dire grand chose : c’est juste le bon moment pour un bon wake-up call comme disent nos bons amis de cnn, fox news et bbc worldwide... on n’est pas sorti de l’auberge avec un truc a la ortf, ambiance pompidou-giscard

  • Anonyme

    Intéressant de voir que pour l’auteur de ce texte, France 24, entièrement financé par les deniers publics, n’appartient pas à l’audiovisuel public extérieur !

  • Anonyme

    Une page commune pour trois chaînes, c’est quand même le degré zéro du multimédia, monsieur le directeur Internet. Vous n’avez rien d’autre à proposer ?

    • Anonyme

       ? ? vous voulez parler de la page d’accueil du site ?

    • Anonyme

      c’est bien justement et precisement ce qu’il denonce ! ! ! wwaaaaasssssup ?

  • Anonyme

    sdj

    Halte au dénigrement !

    Suite aux attaques répétées des dirigeants de France 24 ces dernières semaines, la Société des Journalistes de RFI tient à réaffirmer la compétence et la polyvalence de la rédaction.

    Dans le Monde du 23 octobre, le président de France 24 a salué « l’extrême polyvalence de ses journalistes » face aux « spécialistes » de Radio France Internationale. Toujours dans le même esprit mais cette fois sur le site d’information Rue 89, le directeur Internet de France 24 évoquait le 26 octobre un soi-disant manque de « polyvalence » de RFI.

    La SDJ juge ces propos fallacieux et injurieux pour tous les personnels de notre radio.

    Les reporters et les correspondants de RFI ont toujours montré, en plus de leur connaissance approfondie des dossiers, une capacité à s’adapter rapidement aux terrains les plus difficiles. Ils produisent de façon autonome des reportages montés, traduits et mixés qu’ils transmettent à Paris quelque soit l’endroit du monde ou ils se trouvent. Depuis des années ils alimentent également le site internet de la radio en textes, photos et vidéos.

    La SDJ demande à la direction de RFI de défendre comme ils le méritent les journalistes de cette rédaction, honorant ainsi la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie sur le terrain.

  • Anonyme

    Jeudi après-midi, le président de france 24 a réuni le personnel pour lui dire en substance : « si nous sommes fusionnés avec RFI, c’est la mort de France 24 et de son projet, car les gens de RFI sont vieux, ils ne travaillent pas et sont trop syndiqués et ils vont vous contaminer... »

    Quelques heures plus tard, nous avons droit à une tribune dans la même veine de l’un de ses adjoints. Faute d’idées originales, les dirigeants de France 24 manient l’insulte.

  • Anonyme

    L’outil ALexa permet de comparer les fréquentations des sites web. L’outil est très imparfait mais pas sans intérêt qaund on compare le traffic de RFI et celui de France 24.
    Voir ici Lien

    • Anonyme

      tout le monde sait qu’alexa n’a aucune valeur
      soyons serieux

  • Anonyme

    Pouzilhac et sa garde rapprochée semblent perdre leur sang-froid. Avoir déjeûné sept ou huit fois avec Sarkozy ne suffit donc pas ?

    • Anonyme

      Ca c’est une vrai argumentation ! !
      Reflechie,supportée,dense,avec une vrai hauteur de vue....
      Quand on n’a rien à dire,vaut mieux se taire.
      Le debat ici est important...il s’agit de la voix de la France a l’exterieur de nos frontieres.
      Un peu de serieux svp
      Merci

  • Anonyme

    Pour une fois qu’il y a une initiative ( France 24) qui permet de combattre l’hegemonie de CNN et BBC et d’etre presents dans les principales places du monde pour donner une vision differente des evenements de la planete, on va trouver moyen de diluer cet outil dans un magma informe avec des euipes d’une radio dont personne n’ a jamais entendu parler.
    Mais bon sang, liassez les vivre.
    Leridon a raison.Il faut exploiter le talent que France 24 a demontré et arreter les projets debiles.

  • Anonyme

    Mais quel formidable débat ! La « garde rapprochée » de Mr Pouzilhac qui est critiquée ici, ne semble pas aussi présente sur ces réactions que les journalistes de RFI.
    Je pensais que le métier de journaliste était aussi d’accepter les critiques.

    L’article de Mr Leridon a le mérite d’être clair et d’exposer son opinion de façon constructive. Après peut-on lui en vouloir d’avoir une position en faveur de France24 vu sa poste ? En tout cas ce monsieur à le mérite d’assumer à 300% son article.
    Un simple lecteur.

  • Anonyme

    Moi je trouve que France 24 est une superbe marque et il serait tres regretable qu’elle disparaisse.
    Le reste du debat est compliqué et je ne comprends pas tous les arguments echangés
    Mais ce qui est clair pour moi c’est que France 24 est une vrai et belle marque.
    Si le projet consiste a en créer une nouvelle, ca me parait à la fois inutile et en plus ca va couter un maximum d’argent.Sais -t-on ce que coute de faire exister une marque... ? Des fortunes.
    Sur ce point en tous cas Monsieur Leridon a tout fait raison.

  • Anonyme

    Vive la différence : 5 approches différentes, 5 ambassadeurs de la France.

    Vive la concurrence : France 24 représente la France, et la représente bien dans un marché très, voir trop anglo-saxon.

    Un projét de réorganisation serait un pas sinon plusieurs en arrière, et engendrerait des coûts entièrement injustifiés.

  • Anonyme

    Les chiffres de fréquentation : Stanislas Leridon met au défit de les contester. Mais quand France 24 utilisera les mêmes outils de mesure de fréquentation que les autres médias, on pourra parler cartes sur table. Comme les chiffres d’audience de France 24 évoqués fréquemment et tout à fait fantaisistes. A croire qu’il suffit d’avoir entendu les mots « France » et « 24 » au moins une fois dans sa vie pour être compté comme télespectateur de la chaîne.

    • Anonyme

      De quoi parle t-on ici, Stanislas Leridon donne sa source : Source Nielsen. Est-elle contestable / fantisiste ?
      Nielsen est aujourd’hui un référence en terme de mesure d’audience sur internet. Qui irait le contester ? Référence que la très large majorité des gros sites utilisent. Je ne vois pas Stanislas Leridon parler d’autres chiffres d’audience que de Visiteurs Uniques, donc de chiffres Nielsen.

  • Anonyme

    France 24 représente bien la France dans un marché anglo-saxon ? C’est ce qu’on peut lui souhaiter. Mais on en est encore loin ! Pour des raisons techniques qui n’ont rien à voir avec le travail de son personnelle, France 24 a un taux de pénétration qui est encore confidentiel. Espérons que ça change, sans cannibaliser les moyens de TV5 et de RFI pour autant.

    • Anonyme

      dans les pays anglo-saxons, mais ailleurs ? très bon en europe et dans les pays arabes...

  • Anonyme

    France24 a réussi en peu de temps à prendre une réelle place aux cotés de grandes chaines d’info anglo-saxonnes.
    Notamment son approche très orientée Internet, comme le souligne Mr Leridon, a l’avantage de pouvoir toucher facilement son public à l’étranger.
    L’idée que la France communique d’un seule voix à l’étranger est très bonne, mais je ne vois pas pourquoi TV5, RFI et France24 ne pourraient pas travailler ensemble ?
    Surtout ne dépensons pas des sommes colossales pour construire une nouvelle marque. France24 est une chaine toute neuve qui a su s’implanter rapidement. Profitons de ce sang neuf et continuons à cultiver cette marque en enrichissant le contenu éditorial grâce aux apports de journalistes venant de plusieurs horizons.
    Une telle organisation donnerait alors une très belle image de la France qui a su s’entendre pour parler d’une même voix.

  • Anonyme

    a pamphlet ? vive rfi à bas téléchirac

    • Anonyme

      d’aucun parlent de rfi comme très « ministère des affaires étrangères ». Le fait est que son patron est aussi l’etat, et qu’une enorme part de son audience est africaine.

    • Anonyme

      commentaire au top du ridicule !
      trouvons donc une bonne idee et arretons la sturb sur qui a engendre qui !

  • Anonyme

    Ledit projet est uniquement une initiative émanant de deux salariés de la radio. Ils pensent qu’un mariage avec France 24 peut sauver RFI. Mais qu’en pensent France 24 ? Là est la question.

    • Anonyme

      ben a moins de veritablement revolutionner rfi c’est a dire casser la machine et revoir ses objectifs tout de suite maintenant je vois pas trop....

    • Anonyme

      Rectificatif : un seul des deux est salarié de rfi.

  • Anonyme

    Je vis depuis plus de 15 ans a l’etranger et pitié « Ouvrez les yeux » ! Face aux media anglo saxons nous avons urgement besoin de France 24 avec plus de couverture pour toucher tout le monde, mieux et partout. Vous n’allez pas « plomber » cette formidable aventure par une réorganisation politico vaseuse. On ne peut s’empecher de sentir les vieux demons de l’ORTF revenir (plutot normal c’est la Toussaint).
    Bravo à Mr Leridon pour son courage d’exprimer avec professionnalisme et intelligence sa position et à Rue 89* de nous amener ce debat.

    * Je fais remarquer à tous que Rue 89 est un formidable exemple de mutation et de polyvalence

  • Anonyme

    J’espère bien, pour l’avenir de France 24, que son approche Internet est un peu plus originale que d’offrir simplement le telecast sur le web pour ceux qui ne peuvent pas capter la chaîne autrement. Parce que ça, tout le monde le fait déjà...

    • Anonyme

      ah ouais t’as vu ca ou ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
      moi depuis bombay je suis bien content qu au moins on ai cette possibilite ! et si rfi avait des images j’en ferais autant mais j ai cru comprendre qu’ils faisaient uniquement de la radio qu on ecoute un peu plus souvent quand on prend des taxis brousse ce que je ne serais pas a meme de critiquer

  • Anonyme

    Bonjour, je ne suis pas journaliste, n’ai donc aucun intérêt dans « l’organisation » de France24 et de RFI. Mon point de vue est celui d’un usager.
    J’écoute de temps en temps la station radio RFI, je connaissais de nom France 24 mais n’ayant pas la télé (d’ailleurs il ne me semble pas qu’on puisse la regarder en France, si ?), je suis allé voir les deux sites pour me faire une idée du billet de M. Leridon et des réactions provoquées.
    Résultat, j’avoue avoir été déçu par le « modèle de média unique en son genre » vanté par M. Leridon. Encore une fois je ne parle QUE du site France 24 pas de la chaîne. Comparé à ce qui se fait sur internet - sites d’information adossés à des journaux ou pas - c’est assez pauvre sur le plan rédactionnel. Les articles sont courts, conséquence peu ou pas d’analyses. Bon c’est sans doute un format adapté au temps de lecture des internautes pressés - c’est du type info en continu - mais au final ça ne dit pas grand chose de plus que les agences. Sur ce point le site de Rfi n’est guère mieux - conséquence de l’impératif d’actualité ou des habitudes radio/télé ? . Comme point positif cependant la mise en ligne d’entretiens avec des personnalités et des interviewers étrangers, pratique pour ceux qui n’ont pas la télé et intéressant d’entendre d’autres voix. Avantage à Rfi cependant sur le dossier « culturel ». Les rubriques « voyager » de France 24 sont au niveau du publireportage à peine retravaillé.
    En conclusion, si la page d’accueil du site France 24 me semble mieux organisée que celle de RFI, la navigation dans les deux sites n’établit pas d’autres différences que celles inhérentes aux média pratiqués : tv versus radio.
    Après comme je le disais dans l’introduction, il est difficile de juger de l’organisation et du fonctionnement des équipes. Mais bon, la différence est ténue du côté de la réception, un peu d’humilité Messieurs les journalistes, la révolution médiatique sera longue !

  • Anonyme

    Il me semble que ce qu’a réussi le mieux jusqu’ici France 24, c’est de se projeter dans l’avenir, tant au niveau des supports de diffusion qui, à l’image des médias, se traduit par une réelle convergence de ses rédactions, qu’au niveau du projet de chaîne d’information internationale susceptible d’offrir une alternative aux médias anglo-saxons. Ainsi, le débat de fusion qui nous occupe aujourd’hui ne semble pas à la hauteur de l’ambition de France 24 et de ses cadres et leur réaction, à l’mage de M. Leridon, est tout à fait compréhensible. La rationnalisation qui préoccupe nos responsables politiques reste une question très franco-française qui froisse et soulève les coeurs s’agissant de médias qui, redevances et subsides de l’Etat obligent, nous appartiennent tous un peu. Néanmoins, halte aux passions. Protégeons ce qui réussit, et France 24 en est un bel exemple, repositionnons ce qui ne fonctionne pas. Pourquoi RFI ne regarde-t-elle pas du côté de ses consoeurs de la Maison de la Radio ? Internet n’est-il pas le média n°1 d’aujourd’hui et surtout de demain, qu’importent les mesures de fréquentation et leur pertinence ? La manne publicitaire qui fera vivre ces médias suivra celui qui va dans le sens de l’histoire et à ce jeu, je parie sur France 24. Il ne vous reste plus messieurs qu’à lancer un quotidien international gratuit de mi-journée si l’objectif est d’occuper tous les terrains. N’ayez pas peur, M. Leridon, on fait ici de la brasse coulée dans un verre d’eau.

  • Anonyme

    L’article de Leridon fait sens, la France va pas s’amuser a lancer des portails d’info internationales tous les ans - non ? si RFI avait de l’ambition dans ce domaine pourquoi ses dirigeants ont ils attendus de se faire bousculer dans leur habitudes par France 24 et tenter apres coup (bas ?) de venir regagner du terrain avec en plus des fonds publics - cela me paraitrait etre du gachis et je comprends qu’on ait pas envie de voir ses efforts ruinés par une ligne budgétaire quand on a été précurseurs dans bien des domaines.

  • Anonyme

    Avec une diffusion remontant a 1931, les deniers du contribuable francais depuis 70 ans et soit-disant 45 millions d’auditeurs dans le monde en 2006, comment se fait-il que RFI soit un tel nain sur les nouveaux medias ? Qu’a-t-on fait de l’argent public ? En moins d’un an d’existence, France24, moderne et agile, a laisse sur place RFI en terme d’audience. Nielsen, Lien et Lien le prouvent chaque jour qui passe. Allez voir par vous-memes !

    Au moment ou la video fait une percee fulgurante sur le Net et se trouve consideree par tout le monde comme l’avenir du web, veut-on en France accrocher un modele d’avenir a la radio ? Nouveau combat d’arriere-garde ? Comparez les deux sites : y a-t-il hesitation sur celui qui a le look le plus moderne ?

    En moins d’un an, France24 est devenue une voix qui compte dans le paysage international, passant devant CNN et BBC en Allemagne, en Italie, au Japon, en Russie et bientot dans nombre d’autres pays. Ou en est RFI, depuis 70 ans qu’elle existe ?

    Il n’y a que les resultats qui comptent. ET ILS CRIENT EN FAVEUR DE FRANCE24. A la cigale qui chante tout l’ete, et bien dansez maintenant !

    • Anonyme

      Quels sont les chiffres d’audiences les plus élevés entre France 24 et les autres chaînes d’information en continu en langue française, type LCI, iTV ?
      Parce que si le seul argument valable est le résultat, alors supprimons France 24 et traduisons TF1 en anglais et en arabe.

  • Anonyme

    Dans cette histoire, si on veut rationaliser (mot à la mode),on peut le faire simplement.
    En partant d’un constat : il y a 3 marchés ( 3 publics) et 3 produits ( une radio, une tele d’info et une tele a vocation generaliste et qui –accessoirement– est detenue par plusieurs etats qui doivent etre ravis qu’on coupe et tranche sans leur demander leur avis..)
    Si on veut rationaliser, pourquoi ne pas mettre les « back offices » en commun (pour autant que ce soit possible....en faisant attention a la casse sociale) et garder les « front offices ».
    C’est ce que font les industriels et leurs equipes marketing dans tous les pays du monde et avec succes.
    Mais il est vrai qu’il doit y avoir chez eux moins de technocrates
    Le papier de Leridon ne dit pas qu’il ne faut rien faire mais qu’il faut etre constructif autour de principes du type de ceux decrits ci avant.
    Principes de bon sens.
    Ce qui semble le plus manquer dans cette affaire.

  • Anonyme

    rue89.com existait le 5 Mai 2007 ? ? ? ? ?

    Et aujourd’hui ? ...Il suffit d’être pertinent et différent pour se faire un nom mon cher Stanislas Leridon.

    • Anonyme

      wouaouh ! ! ! trop de classe et de cynisme dans ce commentaire sybillin... bravo. ceci dit, vu de l’etranger, c’est bien ridicule voire limite grotesk !

  • Anonyme

    Bon, et si on évoquait les vrais enjeux ? Par rapport à ses ambitions (légitimes), France 24 est manifestement sous-capitalisé, sous-budgété. L’un des actionnaires est passif (France Télévision) et l’autre est déloyal (TF1, qui a empêché la diffusion sur ADSL, TNT et ne donne ses images qu’après 24 heures). Bref, pour se développer, France 24 a besoin d’argent frais. Problème : les pouvoirs publics ne sont pas prêts à augmenter l’enveloppe globale. Donc, la solution est toute trouvée : cannibaliser les budgets de RFI et de TV5. Certains de vos internautes novices feignent de croire que RFI et TV5 n’ont pas d’audience ni de notoriété mais c’est un peu court et ne résiste pas à l’examen. Donc, résumons-nous, l’objectif du publicitaire qui dirige F24 est de piquer le budget des autres pour développer sa télévision qui, aujourd’hui, est encore un peu bancale, malgré les cocoricos sur commande de quelques contributeurs. Eh bien je ne vois rien de surprenant à ce que ceux dont la mort est programmée est une autre vision des choses. Par ailleurs, les rémunérations pharaonesques de l’équipe dirigeantes et les plans com onéreux creusent davantage encore un budget qui, rappelons-le, est supporté entièrement par le contribuable.

  • Anonyme

    C’est vraiment frappant de voir notre incapacité à nous moderniser.

    Ce n’est pas en sauvegardant une organisation passéiste qu’on construit l’avenir.

    Il faut bien sûr des équipes qui traitent en même temps de TV de radio et d’internet. La spécialisation est un non sens économique. Et surtout elle empêchera le développement de tous.

    Au final voulons nous que tout le monde échoue ?

  • Anonyme

    Des équipes qui traitent en même temps de TV de radio et d’internet, c’est exactement ce que propose le rapport que Stanislas Leridon qualifie d’aberrant, apparemment sans même l’avoir lu...

  • Anonyme

    Aberrant ? Pourquoi ? Au moins, RFI a un projet. Critiquable comme tous les projets, mais qui répond clairement à la demande du gouvernement de réorganiser l’audiovisuel extérieur en rapprochant ses différents acteurs. Mais France 24, pour l’instant du moins, ne semble avoir d’autre projet que de continuer comme avant tout en creusant les déficits.

  • Anonyme

    quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi on veut mettre ensemble des gens qui font une radio (essentiellement diffusée en afrique si je comprends bien) et des gens qui font une tele de news distribuée en europe, cote est des US , moyen orient et afrique..... ?
    c’est evident qu’on crée toutes les conditions d’un probleme
    le mariage de la carpe et du lapin version temps modernes ?

  • Anonyme

    Ce débat est avant tout idéologique avec deux visions du métier de journaliste qui s’opposent.
    Oui, RFI est plutôt un projet « de gauche », oui France 24 est plutôt un projet « de droite ».
    Oui les journalistes de France 24 sont jeunes et pluridisciplinaires, oui les journalistes de RFI sont plus expérimentés et spécialisés.
    France 24 a eu la chance de se construire sans antécédents, dans un contexte où l’importance de l’internet n’était plus une question pour personne, et sans avoir à gérer la résistance de ses journalistes -qui par définition ont adhéré à cette façon de travailler en signant leur contrat de travail. France 24 n’a pas eu à faire sa révolution internet, elle était une donne au départ.

    L’audiovisuel public est quant à lui engagé dans une réforme difficile, il a conscience de la nécéssité d’évoluer -comme la BBC- pour continuer à mener sa mission de service public auprès de toutes les générations.
    Là comme ailleurs le rapt par la droite des idées de réforme, de rupture et de progrès ne doit pas masquer d’un côté la nécessité de protéger les salariés de RFI et de l’autre celle d’accepter que le mode de fonctionnement et de diffusion de France 24 est adapté à l’évolution des compétences, des comportements et des mentalités.

    Il serait aberrant que de ce débat sorte un gagnant et un perdant. Nous avons besoin de la modernité -de ton, d’organisation et des outils- dont France 24 a fait preuve depuis son lancement, nous avons besoin de l’expérience et des réseaux des journalistes de RFI.

    Un internaute de gauche téléspectateur de France 24.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2