De pro-Bush à anti-Obama, le paradoxe Sarkozy vu par le FT
Les affinités transatlantiques du président français seraient-elles un peu anachroniques ? « Nicolas Sarkozy, le président français le plus pro-américain depuis un demi-siècle affiche des sentiments plus froids à l’égard de Barack Obama, le dirigeant américain le plus populaire en France depuis plusieurs générations », s’étonnait dimanche le Financial Times.
Après Newsweek qui, en octobre, avait fait sa une européenne sur « le complexe Obama de Sarkozy “, le quotidien britannique raconte comment les sentiments de Nicolas Sarkozy pour Barack Obama se sont dégradés depuis l’époque où il parlait de ‘mon copain’.
‘Personne n’a intérêt à l’échec de Barack Obama’
Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire aux relations internationales du PS et cité dans le Financial Times, explique à Rue89 que ‘Nicolas Sarkozy est passé d’une politique pro-Bush à une politique anti-Obama’ et que ces articles moqueurs dans la presse internationale continueront ‘tant qu’il arrivera à chaque sommet en présentant la France comme le sauveur du monde’.
Pour le député de Paris, il convient plutôt ‘de respecter chaque nation, faire naître des politiques convergentes’ et surtout ‘de ne pas parier sur un échec de Barack Obama, comme semble le faire Nicolas Sarkozy’ :
‘Personne dans le monde occidental, et même en France, n’a intérêt à l’échec de Barack Obama. Sinon cela signifierait que ce sont les conservateurs qui ont gagné.’
‘Frictions sur la chorégraphie et le symbolisme’
Entre Nicolas Sarkozy et Barack Obama, explique le Financial Times, il y a les désaccords de fond (l’envoi de troupes en Afghanistan, l’Iran), les petites réflexions du premier à la presse française sur les dernières défaites électorales du second aux Etats-Unis, mais aussi des ‘frictions sur la chorégraphie et le symbolisme’.
En clair : la petite vexation comme lorsque, de visite en France pour l’anniversaire du débarquement, le président américain n’avait pas souhaité de rencontre bilatérale avec son homologue français.
Paradoxalement, poursuit le Financial Times, alors que Jacques Chirac attaquait les Etats-Unis sur ses abus de pouvoir, Nicolas Sarkozy prend pour cible les tergiversations et la supposée faiblesse américaine.
Dans son discours à l’ONU le 24 septembre, le chef de l’Etat a rappelé la réalité des centrifugeuses en Iran, en reprochant aux ambitions de désarmement d’Obama de s’appliquer à un ‘monde virtuel’.
‘Sarkozy est arrivé au pouvoir avec deux préjugés’
Le changement d’attitude du président français vis-à-vis de son homologue américain s’explique par le fait que ‘Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir avec deux préjugés, qui se sont trouvés invalidés’, nous explique encore Jean-Christophe Cambadélis :
- ‘Le candidat Sarkozy prônait une rupture de la France avec son modèle et son intégration dans la mondialisation, or la crise du capitalisme financier a poussé le gouvernement français à faire l’inverse.’
- ‘La défaite des conservateurs a invalidé sa théorie selon laquelle après la chute du communisme et de l’URSS, il fallait s’aligner sur le libéralisme et les Etats-Unis, or le monde occidental s’est aperçu qu’il perdait de l’influence et que le monde était devenu multipolaire.’
Et le secrétaire aux relations internationales du PS ne semble pas enclin à penser que les relations entre les deux hommes soient en voie de pacification :
‘Nicolas Sarkozy a été pris au dépourvu par le leadership moral pris par Barack Obama depuis son élection, ce qui l’a agacé. Cela risque de se passer encore de manière complexe tant que Nicolas Sarkozy ne prendra pas en compte cette autorité.’
► Mis à jour le 28/12/2009 à 17h01, avec les déclarations de Jean-Christophe Cambadélis à Rue89.
- 37899 visites
- 130 réactions
















3








Jardinateur
Jardinateur
Dans un article sur les relations obama-sarkozy le FT cite Jean-Christophe Cambadélis, le porte parole du PS aux relations internationales.
Jean-Christophe Cambadélis, qui joint (ou est joint par) rue89, réaffirme la même chose et enfonce le clou.
Pourquoi pas, il est dans son rôle.
Il serait temps de changer le titre, et de le remplacer par :
« De pro-Bush à anti-Obama, le paradoxe Sarkozy vu par Jean-Christophe Cambadélis “.
Parce que si le FT est une telle référence (ce qui reste à démontrer), il serait de bon ton d’en ressortir le fond, et non pas l’extrait qui plait à rue89 fourni par un français dans un parti d’opposition.
Ce qui ressort du FT, c’est que les deux présidents ont chacun une personnalité très différentes, même si en accord sur les principaux sujets de la politique.
Mon petit doigt me dit que le FT, journal britannique ‘conservateur’, en a probablement pas grand chose à faire de Sarkozy. La comparaison sur les tempéraments a peut être aussi pour vocation de mettre en exergue certaines faiblesses d’Obama. C’est ainsi aussi l’occasion de critiquer Obama sur son côté ‘réservé’, qui a toujours du mal à prendre une décision.




Partager