Iran : la mort de Montazeri remet les opposants dans la rue
Suite à la mort d’Hossein Ali Montazeri, une figure de l’opposition, les manifestants iraniens se sont à nouveau rassemblés dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement. Depuis le mois de juin, les partisans d’un changement de régime descendent régulièrement dans la rue en dépit d’une répression intense.
C’est à Qom, où ont lieu les funérailles du grand ayatollah Hossein Ali Montazeri qu’ont affluédes centaines de milliers de personnes, originaires de plusieurs villes d’Iran. (Voir la vidéo)
L’ancien dauphin déchu de l’ayatollah Khomeyni a largement soutenu les manifestants du mois de juin. A plusieurs reprises, le dignitaire religieux de 87 ans a pris officiellement position contre la répression des manifestations.
Montazeri avait dénoncé les procès des opposants arrêtés en juin
Il avait notamment irrité le régime en soulignant l’illégalité des procès des opposants arrêtés en juin. Plusieurs d’entre eux avaient étaient contraints de faire des aveux forcés. Hossein Ali Montazeri avait déclaré :
« Les aveux obtenus en prison n’ont absolument aucune valeur religieuse ou morale et ne peuvent être utilisés pour prononcer des peines de prison ou de mort. Ceux qui ont soutirés ces aveux sont des criminels et sont religieusement et juridiquement coupables. »
Selon la presse réformiste, plusieurs membres de sa famille avaient été arrêtés suite à ces prises de position. La presse officielle iranienne a relayé avec grande discrétion l’annonce de la mort de Montazeri, et aucun deuil national n’a été décrêté. Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, opposants de Mahmoud Ahmadinejad, avaient appelé à une journée de « deuil public » ce lundi et à une participation populaire aux obsèques.
Des consignes précises à la presse pour les nécrologies
Dans une revue de presse consacrée aux médias d’opposition, Courrier International, citant Radiozamaaneh.com, souligne l’absence d’information dans les journaux officiels :
« Le ministère de l’orientation islamique a donné l’ordre aux journaux de ne pas parler de la vie politique de ce dignitaire de l’islam. Ils ont demandé aux journaux de mettre en avant les différences entre l’imam Khomeyni [fondateur de la République islamique] et Montazeri. Ils ont demandé de ne pas mentionner les critiques de Montazeri contre le régime.
Les agences de presse gouvernementales ont diffusé la nouvelle de son décès en ne faisant pas référence à son statut de grand ayatollah. Selon les médias officiels, Montazeri a été un perturbateur après l’élection présidentielle de juin dernier. »
Des slogans hostiles au régime (« Mort au gouvernement », « Montazeri n’est pas mort, c’est le gouvernement qui est mort ») ont été scandés par la foule tout au long des funérailles. (Voir la vidéo)
Des témoignages de manifestants rapportent des affrontements avec les forces de l’ordre. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés pour disperser les opposants de Mahmoud Ahmadinejad. Plusieurs vidéos ont été postées sur YouTube. Comme l’été dernier, les autorités ont à nouveau interdit aux médias étrangers de couvrir l’événement.
Les manifestants n’ont pas l’intention de baisser les bras. De nouveaux rassemblements sont prévus dimanche prochain, lors des cérémonies chiites d’Achoura.
► Voir la carte Pearltress sur la mort d’Hossein Ali Montazeri :
- Sur Rue89Iran : scènes de résistance et de violences à Téhéran
- Sur Rue89Iran : les accusations de fraude électorale se précisent
- Sur Rue89Iran : les manifestants veulent croire à la révolution
- Sur liberation.frEn Iran, la contestation perd son ayatollah, sur Liberation.fr
- Sur guardian.co.ukIran braces for protests as 'up to 1m' attend funeral of reformist cleric, sur Guardian.co.uk
- Sur lemonde.frHossein-Ali Montazeri, grand ayatollah iranien, sur LeMonde.fr
- Sur nytimes.comCleric Wields Religion to Challenge Iran’s Theocracy, sur NYTimes.com
- Sur rue89.comVie et mort de Neda, icône de la répression en Iran
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MR BESSON n’a pas fait partir les iraniens qui sont en France pour aller faire leurs révolution




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