Témoignage 23/12/2009 à 10h53

Mort en buvant, dans le calme, le médicament du médecin



photo-cercueil-sylgorkaya.jpg

« Avec tendresse et amour nous avons laissé partir... » C’est par ces mots, traduits du néerlandais, que débute le faire-part de décès de mon beau-père, « joli-papa ». Il est mort très rapidement en buvant dans le calme et la sérénité, sans hésitation, le médicament que lui a préparé le médecin. Il était entouré de son épouse, de son fils et d’un couple d’amis (et du médecin). Tout s’est bien passé. Mais reprenons.

Septembre 2007. « Joli-papa », qui vit aux Pays-Bas, vient chez nous et se perd à la gare du Nord alors qu’il connaît très bien les lieux.

Janvier 2008. Le diagnostic est une maladie neuro-dégénérative rare, la dégénérescence cortico-basale.

Avril 2008. Mon beau-père nous annonce à demi-mots qu’il envisage l’euthanasie. Pour des raisons de dignité. Une épée de Damoclès a été accrochée au dessus de nos têtes.

Fin septembre 2009. Sa femme et lui font une tournée d’adieu à la France : ils retournent sur les lieux qu’ils ont aimé et passent chez nous. Belle-maman explique à mon ami qu’ils ont rendez-vous avec le médecin en rentrant aux Pays-Bas.

La procédure est lancée. Celle-ci consiste en un premier rendez-vous avec le médecin traitant, puis un rendez-vous avec un second médecin. Il y aura ensuite une commission qui autorisera ou non l’euthanasie. La durée entre la première visite et le décès ne peut excéder deux mois. Le cas échéant, la procédure peut être recommencée.

Comment parler d’un décès prévu ? Une copine me dit que c’est la même chose avec un malade qui n’en a plus que pour deux ou trois mois. Je ne sais expliquer pourquoi ce n’est pas pareil. Plus tard, j’en parle avec un copain. Lui me dit que la décision de mon beau-père engage tout le monde.

Je sais maintenant : une personne qui n’en a plus que pour deux ou trois mois, c’est la fatalité et on s’attend à l’annonce d’une mort. Dans le cas demon beau-père, je saurai très exactement quand il mourra.

Début novembre 2009. Nous passons une semaine chez joli-papa et belle-maman. Tous les soirs, nous trinquons. Un soir, alors que je suis sortie, joli-papa et moi nous faisons un signe de main par la fenêtre ; j’ai le sentiment que nous nous sommes dit au revoir. Belle-maman me dit qu’elle n’est pas prête et qu’elle lui a demandé de repousser à janvier. Ils doivent voir un médecin début décembre et cela leur donne un sursis.

Mi- novembre 2009. J’écris sur le site de Rue89 :

« Le refus de débat [de Roselyne Bachelot sur l’euthanasie] tient [...] de la même hypocrisie qu’il y avait avant la légalisation de l’avortement : tout le monde sait que cela existe mais les acteurs sont dans l’illégalité [...]. En refusant le débat sur la scène publique, on renvoie la question à la sphère du privé. En clair, faites ce que vous pouvez et ne dites surtout rien car c’est votre problème.

Aux Pays-Bas, l’euthanasie est strictement encadrée, on peut en parler, accompagner et se faire accompagner car cela pose des questions pour lesquelles nous n’avons pas de repères. De retour en France, comment en parler car ça n’existe pas ? »

Fin novembre 2009. Ma belle-mère explique à mon ami que son père n’a plus envie de vivre. La date est fixée. Cela tombe un jour où j’enseigne, comment vais-je affronter cela ? Nous prenons nos dispositions : quand il va y aller en train, quand je le rejoins en voiture avec les enfants. C’est trop gros, il faut se rapporter à des petites choses. Il s’énerve contre cette procédure qui laisse peu de place à l’humain et n’est faite que pour protéger le médecin.

Un copain m’écrit sur le poids du christianisme pour lequel le suicide est une lâcheté. C’est tout de même assez fort, quand on y réfléchit, de cultiver l’idée que l’euthanasie, associée au suicide, est une lâcheté. Un autre copain me rappelle que dans certaines sociétés les vieux partent et vont mourir seuls.

Dimanche. Mon ami prend le train. Lundi soir je l’appelle. Ça va. Il m’explique que demain midi on posera à son père une perfusion de back-up (le médicament qu’il va boire est très puissant et peut provoquer un
endormissement avant qu’il ait tout bu, le médicament en perfusion sert
dans ce cas) et que cela aura lieu le soir. Son père me dit au revoir.

Mardi midi. Je rappelle : j’ai quelque chose à dire à joli-papa avant de lui dire au revoir à mon tour. Mardi soir, je reçois un SMS de mon ami me disant de ne plus appeler ; une heure après, un SMS m’annonce le décès.

Vendredi matin. Je pars en voiture avec les enfants et une copine. Nous discutons de l’importance du cadre, de fixer des limites pour savoir où se situer. Je pense qu’à partir du moment où joli-papa a lancé la procédure, la date était fixée, ce n’était plus possible de repousser. Cette procédure, avec ses étapes, est indispensable pour préciser le terme.

A l’arrivée, nos enfants de 5 et 3,5 ans voient leur grand-père, semblent soulagés et jouent devant lui. Ils ne pouvaient imaginer la mort. Lors de la cérémonie, pendant la lecture de textes, les enfants dessinent sur le cercueil en bois brut qui sera ensuite incinéré [voir la photo ci-dessus]. Joli-papa et belle-maman l’avaient ainsi souhaité.

Je pense à toutes celles et tous ceux qui ont vécu sensiblement la même histoire et ne peuvent pas la raconter car elle se passe dans un pays où l’euthanasie n’est pas encadrée.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 11h08 le 23/12/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    la dignité n’a pas besoin de commentaires, mais juste du respect silencieux..

    La lucidité est le bouleversant témoignage de la seule dignité de l’homme : la révolte tenace contre sa condition.( Albert Camus)

  • vermisseau
    vermisseau
    étudiant ingénieur en (...)
    • Posté à 11h05 le 23/12/2009
    • Internaute 26276
      étudiant ingénieur en (...)

    pourvu que Roselyne lise ça...

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 11h06 le 23/12/2009
    • Internaute 12261
      sal'bête plein'd'poils

    C’est très beau comme fin, aux antipodes de la souffrance de plus en plus mal apaisée par la morphine, dans le cadre déshumanisant du maintien en vie hospitalier. En France l’absence de règlementation permet aussi d’euthanasier sans consentement préalable, pratique quand il y a une question d’héritage, mais bon certaines morales sont plus importantes dans notre république soi-disant laïque.

    • Lapin agile
      Lapin agile répond à Chou marin
      Apprenti sorcier
      • Posté à 11h51 le 23/12/2009
      • Internaute 63233
        Apprenti sorcier

      Si en parlant de souffrance mal apaisée et de cadre déshumanisant, vous évoquez votre expérience professionnelle, je vous plains, le manque de formation doit vous sembler criant, exigez que cela change.

      Mais que vous parliez d’absence de réglementation, c’est du n’importe quoi... l’euthanasie est interdite, point barre, mais c’est un crime « légèrement » puni en France dans certaines circonstances (voir l’affaire Tramois/Chanel).

      Et l’’euthanasie sans consentement pour toucher plus rapidement un héritage a un nom en langage courant, crime crapuleux, mais je ne vois pas le rapport avec la mayonnaise.

      • Chou marin
        Chou marin répond à Lapin agile
        sal'bête plein'd'poils
        • Posté à 13h28 le 23/12/2009
        • Internaute 12261
          sal'bête plein'd'poils

        Reglementer n’est pas synonyme d’interdire ; la vente de tabac est par exemple reglementée, celle d’héroïne interdite. Si vous cherchiez juste à montrer votre désaccord, vous auriez du choisir de meilleurs arguments.

         
        • Lapin agile
          Lapin agile répond à Chou marin
          Apprenti sorcier
          • Posté à 14h19 le 23/12/2009
          • Internaute 63233
            Apprenti sorcier

          Je persiste et signe, mais je vais mettre de l’eau dans mon vin : l’absence de réglementation est le corolaire de son interdiction en France, ça vous va ?

          Faut être hollandais pour légiférer dans le sens de son interdiction mais réglementer dans le sens de sa permission (c’était le cas, je crois jusqu’en 2002, depuis, c’est légalisé).

          • Chou marin
            Chou marin répond à Lapin agile
            sal'bête plein'd'poils
            • Posté à 15h19 le 23/12/2009
            • Internaute 12261
              sal'bête plein'd'poils

            Dites-moi plutôt ce qui motive votre désaccord, c’est probablement plus intéressant.

            • Lapin agile
              Lapin agile répond à Chou marin
              Apprenti sorcier
              • Posté à 16h24 le 23/12/2009
              • Internaute 63233
                Apprenti sorcier

              Si désaccord à éclaircir il y a (je pensais avoir été clair, je dois me tromper) :

              - je ne vais pas répéter ce que je vous ai dit sur la réglementation, c’est de l’argutie à 2 balles, c’est du formel, ça n’avancerait à rien ;
              - quand vous parliez d’euthanasie pour récupérer un héritage, je ne voyais pas ce que ça venait faire dans la discussion, et je ne le vois toujours pas ;
              - quand vous parliez de souffrance mal apaisée et de cadre déshumanisant du maintien en vie en milieu hospitalier, au lieu de vous dire bêtement que vous racontiez n’importe quoi, que vous n’y connaissiez rien, que vous feriez mieux de faire un tour dans les services où l’on sait prendre en charge les patients en fin de vie, pour savoir de quoi on parle, je me référais à votre éventuelle expérience professionnelle sur le terrain (en négligeant volontairement votre expérience personnelle, familiale), juste pour vous dire que vous n’aviez pas eu de bol, parce qu’on fait mieux ailleurs, qu’on doit faire mieux, la déontologie nous y oblige, la loi nous y force...

              Ensuite, si vous pensez que je suis en désaccord avec ce que l’auteure de l’article a écrit, je n’ai rien dit à ce sujet ; c’est le récit d’une tranche de vie auquel je n’ai rien à redire, et même s’il est agrémenté d’une charge conte la situation française, j’estime que le débat n’a pas sa place ici.

              Et si vous vouliez quand même savoir ce que je pense de l’euthanasie en général, je peux vous renvoyer à ces quelques interventions :

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              • Chou marin
                Chou marin répond à Lapin agile
                sal'bête plein'd'poils
                • Posté à 16h57 le 23/12/2009
                • Internaute 12261
                  sal'bête plein'd'poils

                merci pour les liens qui éclairent votre position et améliorent la piètre image que vos arguments m’avaient laissé. Vous ne devez en effet pas avoir le temps d’écouter vos patients, sinon vous entendriez leur plus grosse peur : celle de finir d’une façon indigne, longue et/ou douloureuse. Le positionnement idéologique rend aveugle, mais chez vous c’est peut-être juste un problème d’écoute.
                ps : je tiens à rétablir un malentendu qui doit être de la faute de ma formulation (chacun son tour) : quand je parlais de douleur de moins en moins apaisée ce n’est que pour illustrer la réaction naturelle et obligatoire des services de soins palliatifs : augmenter les doses en conséquence, jusqu’au point ou le patient ne puisse être conscient sans douleur - vous connaissez la suite.

                • Lapin agile
                  Lapin agile répond à Chou marin
                  Apprenti sorcier
                  • Posté à 17h22 le 23/12/2009
                  • Internaute 63233
                    Apprenti sorcier

                  Pas le temps d’écouter mes patients...
                  J’aurais tout lu...

                  Je me moque de l’image que je peux vous donner...

                  Je vous trouve bien présomptueux(se) de prétendre connaître l’étendue de mes capacités d’écoute auprès de mes patients, alors que moi-même, j’appréhende ses limites avec difficultés, alors que je tente de m’améliorer à chaque occasion.

                  Je vous remercie de me renvoyer à mon positionnement idéologique aveuglant (et qui rend également sourd manifestement) ainsi qu’à mon incompétence professionnelle.

                  Sur ce...

                  Réponse à votre ps : soit vous n’avez jamais mis les pieds dans un service de soins palliatifs, soit les médecins que vous avez vu travailler sont des manches - ce que vous décrivez est très loin d’illustrer le quotidien de la pratique des soins palliatifs - les troubles de la conscience en fin de vie sont très souvent attribués à tort aux traitements psychotropes ou morphiniques éventuellement encore en route (oui, on peut finir sa vie sans aucun traitement), on oublie simplement l’évolution de la maladie qui fait son travail de sape ; ça existe, mais c’est loin d’être une généralité.

                  • Chou marin
                    Chou marin répond à Lapin agile
                    sal'bête plein'd'poils
                    • Posté à 17h36 le 23/12/2009
                    • Internaute 12261
                      sal'bête plein'd'poils

                    Ne vous vexez pas si facilement : la question ne concerne pas la qualité des soins palliatifs, ni votre compétence professionnelle, mais celle de l’encadrement, des conditions, et des arguments pour ou contre le droit à une fin digne, et ceci, en regardant l’exemple des Hollandais. Incompréhension encore : je ne vous taxe pas d’idéologie, mais plutôt de possible surdité (moins grave), je précise de plus que c’est certainement une question de temps, vous ne nierez pas qu’il en manque trop souvent, non ?
                    Bon, pour finir, je remarque que les années d’études et d’expérience dans un métier se basant quand même sur le soin aux êtres humains ne vous a pas appris à tempérer vos humeurs sur un forum. un truc : imaginez qu’il y a une vraie personne derrière mon pseudo, et traitez-moi comme si j’étais en face de moi. Mais peut-être ne le pourriez-vous pas non plus

                    • Lapin agile
                      Lapin agile répond à Chou marin
                      Apprenti sorcier
                      • Posté à 19h13 le 23/12/2009
                      • Internaute 63233
                        Apprenti sorcier

                      Le temps, on n’en a jamais assez, surtout s’il s’agit de prendre soin des gens.

                      En vous re-re-re-relisant, j’admets que je me suis peut-être un petit peu excité, ceci dit, je ne retire rien sur le fond. J’estime être cependant resté courtois malgré un ton sec... si vous vous êtes senti agressé(e), mes salutations aux bisounours.

                      Enfin, passons...

        7 autres commentaires
      • Pépé
        Pépé répond à Lapin agile
        Ecoeuré
        • Posté à 16h03 le 24/12/2009
        • Internaute 35773
          Ecoeuré

        Non l’euthanasie n’est pas interdite en France. Lisez la loi du 22 avril 2005.

         
        • Lapin agile
          Lapin agile répond à Pépé
          Apprenti sorcier
          • Posté à 17h07 le 24/12/2009
          • Internaute 63233
            Apprenti sorcier

          Je crois surtout que l’on ne parle pas de la même chose quand on parle d’euthanasie : je vous invite à vous documenter sur la notion de limitation des soins (on peut arrêter des traitements mais pas les soins) et sur la théorie du double effet que certains tenants de l’euthanasie voient comme une hypocrisie.
          L’euthanasie que j’évoque est celle qui consiste à provoquer volontairement le décès du patient (d’ailleurs, à la lumière de cette définition, parler d’euthanasie active/passive est un non sens).
          Laisser un patient partir ou accélérer incidemment son départ, par exemple par l’administration d’un traitement qui n’avait aucun autre but que de lutter contre son inconfort... ce n’est pas du tout dans la même philosophie que de lui donner un traitement pour le tuer, fût-ce avec les meilleures intentions du monde (le soulager).
          Donc, décortiquez la loi Léonetti tout ce que vous voulez, il n’en ressortira que des principes relatifs aux droits des malades en fin de vie, mais aucun espace pour légaliser l’euthanasie. Jusqu’à l’éventuelle création d’un espace dérogatoire, l’euthanasie reste un homicide volontaire.
          Pourquoi pensez-vous qu’une proposition de loi visant à autoriser et encadrer l’euthanasie a été présentée récemment ? Pour faire doublon avec la loi du 22 avril 2005 ?

        1 autres commentaires
    • christobal0094
      christobal0094 répond à Chou marin
      citoyen du monde
      • Posté à 14h04 le 23/12/2009
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      Belle histoire de choix accepte.

      pour ceux qui continuent a vivre, les proches, c’est evidement a eux que je pense.

      qu’ils sachent que mourir, et surtout ainsi, n’est pas si dur.
      perdre le controle de son corps et de son esprit, dans ces dernieres semaines est une fatalite assez abominable.

      ceux qui parlent de suicide et jugent, ne comprennent pas cette ultime necessite : choisir la dignite.

  • Atlantis
    Atlantis
    Etudiant apolitique
    • Posté à 11h07 le 23/12/2009
    • Internaute 39710
      Etudiant apolitique

    Article bouleversant, merci de ce témoignage et toutes mes condoléances.

  • Croquemitaine
    Croquemitaine
    Ingénieur précaire
    • Posté à 11h14 le 23/12/2009
    • Internaute 35066
      Ingénieur précaire

    Mes condoléances.
    Et tout mon respect devant votre courage et votre dignité.

  • Compte supprimé le 3 janvier 2
    Compte supprimé le 3 janvier 2
    Collectionneur d'armures.
    • Posté à 11h34 le 23/12/2009
    • Internaute 88342
      Collectionneur d'armures.

    Vous stigmatisez ceux qui refusent l’euthanasie, en parlant de lâcheté, d’hypocrisie. Respectez donc ceux qui ne pensent pas comme vous, au lieu de vous plonger dans l’ivresse de la bonne conscience, dans le dévergondage compassionnel, dans la disneylisation de ce qu’il y a de plus sacré, la vie humaine. Sachez que, Catholique, je pense tout le contraire de vous et je n’ai pas l’impression, ce faisant, d’être tant soit peu méprisable. Cette façon que vous avez de jeter l’anathème sur les autres vous discrédite !

    • Majesté
      Majesté répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      On respire enfin
      • Posté à 11h36 le 23/12/2009
      • Internaute 77564
        On respire enfin

      Enguerrand, à titre personnel, je respecte votre choix, même si je suis favorable à l’euthanasie.

      Pourquoi favorable ? Parce que dans une société qui se veut civilisée, j’estime que chacun doit pouvoir faire ses choix en âme et conscience.

      Et c’est le reproche que je fais à l’Eglise : vouloir imposer ses vues à tous, y compris à ceux qui ne pensent pas comme elle. Qu’elle ait une vision des choses et qu’elle la propose, c’est normal. Qu’elle jette l’anathème sur ceux qui pensent autrement, je ne l’accepte pas.

    • ON M RSA2012
      ON M RSA2012 répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      Touché en plein coeur
      • Posté à 11h36 le 23/12/2009
      • Internaute 85545
        Touché en plein coeur

      Enguerrand

      S’agit-il d’une stigmatisation ou de l’évocation d’une pression qui peut nuire au débat ?

      A lire ton commentaire, tu le prends comme une stigmatisation et tu rejettes le choix de l’autre.

      Il me semblait que le catholicisme amenait à plus de tolérance que l’expression de ton commentaire.

    • Pseudo
      Pseudo répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      Enfin libre : -)
      • Posté à 11h41 le 23/12/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)
    • Keldan
      Keldan répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      Now future & karpe diem
      • Posté à 11h46 le 23/12/2009
      • Internaute 5164
        Now future & karpe diem

      Se foutre en l’air est le choix de chacun, et personne n’a à ramener sa gueule pour imposer son avis sur le sujet.
      Car la vie humaine n’est pas sacrée, c’est la conscience humaine qui l’est !

      Donc t’es libre de crever à tout petit feu dans d’horrible souffrance, d’être tellement mal en point que tu te rendras pas compte qu’il te faut une infirmière pour te faire bouffer et changer tes couches.
      Je n’ai absolument aucun droit pour abréger tes jours, mais inversement tu n’as aucun pour m’empêcher de mettre un flingue sur ma tempe.

      Mieux vaut aller en Enfer en marchant plutôt que de ramper jusqu’au Paradis !

    • Numerosix
      Numerosix répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 12h13 le 23/12/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ha ! Ha ! les catholiques ! Pauvre Enguerrand qui n’ a pas encore compris qu’en occident pour tous les problèmes de société , c’est l’idéologie libérale protestante qui a totalement écrabouillé les immondes papistes qui puent la vielle mitre mitée..
      Bien fait pour leurs gueules , tant pis pour les adeptes sado-masochistes de la souffrance rédemptrice en phase terminale et tant mieux pour les bonnes femmes et les tapettes en collants ..

    • benouz
      • Posté à 11h51 le 23/12/2009
      • Internaute 97895
        concubin

      Juste une précision, j ai bien relu l article, il semble que le mot lâcheté soit utilisé pour dire comment les cathos définissent ceux qui choisissent le suicide et par la meme l’euthanasie, et non a qualifier les cathos eux memes.
      Par contre pour le terme hypocrisie, c est le cas. Et je suis d accord avec le terme employé.

    • jean terre
      • Posté à 12h37 le 23/12/2009
      • Internaute 56777
        journaleux

      Cher Enguerrand - et désolé pour votre prénom au passage -, vous demandez donc le respect de ceux qui ne pensent pas comme vous...
      Et bien, sachez que les militants pour l’euthanasie respectent parfaitement le droit de mourir en souffrance. Ils respectent tout à fait celles et ceux pour qui la vie humaine est sacrée.
      Créer un cadre légal pour l’euthanasie veut dire deux choses :
      1) Enfin encadrer une pratique qui - de toute façon - est presque quotidienne. Mettre fin à cette hypocrisie.
      2) Donner à tout le monde les moyens de choisir sa vie - à laquelle la mort appartient tout aussi bien que la naissance.
      Personne ne vous forcera de vous faire piquer quand vous choperez une grippe à 90 ans. Par contre, les patient-e-s qui souffrent de cancer ou d’autres maladies incurables et qui souhaitent mourir méritent aussi notre respect.

    • -Candide-
      • Posté à 14h09 le 23/12/2009
      • Internaute 40778
        Jardinateur

      Je suis en général souvent en désaccord avec vous, mais mon intégrité m’oblige à abonder dans votre sens.

      Un peu de réthorique :
      « Un copain m’écrit sur le poids du christianisme pour lequel le suicide est une lâcheté. »
      -> déjà ça annonce la couleur, c’est pas moi qui le dit, c’est un copain. Ca évite de s’engager.

      Que dit le christianisme exactement :
      « Dans le cas du suicide, le chrétien ne doit pas céder aux sentiments qui peuvent l’y pousser, ces sentiments étant en général des signes de faiblesse et de lâcheté, comme la peur et la honte. »
      Comment comprendre cette phrase ?
      Elle s’adresse AUX CROYANTS, qui par nature sont convaincus d’une résurrection et d’une vie éternelle.
      Dans ce contexte, préciser que se dérober aux difficultés de la vie terrestre pour arriver directement à une vie éternelle serait une solution de facilité.
      Le terme « en général » est par ailleurs utilisé, ce qui montre qu’il peut y avoir des exceptions en cas de grandes souffrances.
      Du reste le premier concile de Braga qui s’est tenu vers 561 indiquait déjà que le suicide était un grand péché « sauf pour les victimes d’un grand chagrin “

      Je ne vois par pourquoi les Chrétiens, et plus particulièrement les Catholiques par l’intermédiaire de leur porte-paroles officiels, n’auraient pas le droit d’exprimer leur position sur l’euthanasasie pour eux-même et pour la société de manière générale.

      N’introduisant pas de condamnations systématique pour eux-même dans le cadre de la religion, je ne vois pas comment on pourrait interpréter leur position sociétale (càd indépendamment de la croyance) comme une opposition systématique à l’euthanasie.
      Ce qui est généralement dit en revanche est que les lois proposées sur l’euthanasie ignorent beaucoup trop les risques de dérives.

      On pourra d’ailleurs noter que dans son témoignage émouvant Sylgorkaya, précise : ‘Tout s’est bien passé.’
      Comme pour évacuer avec soulagement que le contraire eut été envisageable.

      Qu’on ne se méprenne pas sur mon discours :
      Je suis favorable à l’euthanasie et je ne suis même pas croyant.
      Mais je trouve dangereux que l’on aborde la problématique de sa législation sous le seul angle de l’émotion ou par des notions aussi équivoque que ‘la dignité’.
      Autoriser l’euthanasie soulagera probablement un certain nombre de personnes en souffrance mais elle conduira aussi à des dérives conscientes ou inconscientes liées à la pression sociale et familiale.

  • trappeur
    trappeur
    jeune voyageur
    • Posté à 11h24 le 23/12/2009
    • Internaute 95321
      jeune voyageur

    C’est avec beaucoup d’émotion que je termine la lecture de ce témoignage. C’est d’un grand courage que de pouvoir accepter de telles décisions et c’est ainsi qu’en France on refuse ce genre de débat moins par lâcheté que par déni.

    Un respect s’impose donc devant un tel témoignage...

  • AC-89-
    • Posté à 11h28 le 23/12/2009
    • Internaute 39476

    Merci de ce témoignage qui dédramatise une situation difficile.
    Bravo aux Pays-Bas de ne pas être comme nous soumis à l’hypocrisie de la secte vaticane et de ses séides.

  • Majesté
    Majesté
    On respire enfin
    • Posté à 11h32 le 23/12/2009
    • Internaute 77564
      On respire enfin

    Merveilleuse, cette idée de laisser les enfants dessiner sur le cercueil.

    Une excellente manière de dédramatiser la mort, d’en faire un dernier acte de simple humanité, un dernier lien éternel avec le défunt.

    Plus tard, ces enfants garderont une image positive de leur grand-père et de la mort. Une démarche proche de celle de certaines sociétés que nous taxons péremptoirement de primitives, et pour lesquelles la mort fait partie intégrante de la vie, tout simplement, et le défunt garde une place parmi les vivants.

    Autre chose qu’une tombe glacée dans un cimetière abandonné, reflet saisissant de notre « société » occidentale déshumanisée.

    • PoG
      PoG répond à Majesté
      Etudiant.
      • Posté à 13h31 le 23/12/2009
      • Internaute 70681
        Etudiant.

      Bof. Je suppose que vous n’êtes pas pédo-psychiatre ?

      Je suis légèrement d’accord avec vous, mais de la à sortir des faits tel que « plus tard, ces enfants garderont une image positive leur grand-père et de la mort », c’est un peu fort.
      On a pas une image positive de la mort en dessinant sur un cercueil. Et le silence religieux, toute ces démarches glauques et bien encadrés qui encadrent la mort et la façon dont la voit (que je ne cautionne pas) peuvent aussi avoir leur coté bénéfique je suppose. Un certain respect de la mort, du corps humain dans son ensemble et de la vie en général. La mort c’est grave, voila ce qu’il se passe quand quelqu’un meurt. Etc.

      Bref, une critique un peu gratuite de ce que notre méchante et vilaiiine société occidentale a fait de la mort. Avoir des arguments, ça aurait été cool.
      Mais bon, c’est bien vu de chier sur la société actuelle. Sans s’imaginer qu’au final, si elle est comme ça, c’est peut être pour une raison précise, et que même si c’est pas vraiment le cas, remettre tout en doute sans preuve est quand même dangereux.

      • Nils Wilcke
        Nils Wilcke répond à PoG
        Etudiant
        • Posté à 15h47 le 23/12/2009
        • Internaute 49020
          Etudiant

        D’accord avec vous…

    • alaixih
      alaixih répond à Majesté
      • Posté à 21h53 le 23/12/2009
      • Internaute 19775

      Oui l’éternité + 1 jour.

  • ninaneux
    ninaneux
    retraité
    • Posté à 11h33 le 23/12/2009
    • Internaute 60234
      retraité

    Pour gérer et légiférer sur cette question primordiale de notre société moderne,il serait souhaitable de ne pas mettre déjà, avant une étude intellectuelle et rationnelle, ce dossier entre les mains et les idéaux politiques..

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 11h33 le 23/12/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    C’est certainement plus courageux de préparer sa propre mort quand elle est aussi bien encadrée qu’aux Pays-Bas. En France, le sujet reste tabou et l’hypocrisie de notre éducation judéo chrétienne prédomine. Ce qui fait que ce n’est pas demain la veille que les « décideurs » reconnaîtront l’euthanasie calme et sereine alors qu’elle se pratique insidieusement dans les hôpitaux tous les jours... !

    Même si la mort d’un être cher peut être douloureuse, je laisse les coordonnées de mon blog « blagues actualités ». Dans notre monde de brutes, amour, humour et dérision sont indispensables... ! !

    Lien

  • roxor
    roxor
    enseignement conduite poids (...)
    • Posté à 11h34 le 23/12/2009
    • Internaute 26632
      enseignement conduite poids (...)

    continuons à en parler pour faire évoluer notre pensée sociale. choisir sa mort.
    Merci beaucoup de ce témoignage.

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 11h34 le 23/12/2009
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Toutes mes condoléances... et mon respect

  • Gostarm
    Gostarm
    loin des tourbillons géants
    • Posté à 11h36 le 23/12/2009
    • Internaute 22986
      loin des tourbillons géants

    Merci pour votre témoignage.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 11h38 le 23/12/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Le suicide est un droit fondamental !
    Je comprends parfaitement ce type, si je savais que dans six mois que j’allais non seulement me transformer en légume mais en plus avoir la cervelle en compote, tant que je suis capable de comprendre ce que je fais, je me foutrais en l’air.
    Et même pour moins que ça, j’ai déjà cogité la question et je me suis promis de mettre fin à ma souffrance quand je cracherais mon sang et quand la morphine ne suffira plus.
    Évidemment, le plus délicat est de convaincre ses potes, pas forcément à assister (c’est quand même un peu trash) mais à accepter le geste. Les conneries catholiques sur le suicide ont la peau dure...

    Et vu que les méthodes classiques sont rarement agréables, je préfèrerais moi aussi avoir un bon médoc pour passer l’arme à gauche sans même un frémissement.
    Parce que se pendre c’est trop long, le shoot fatal c’est pas du tout agréable selon ceux qui ont tenté le coup, et s’ouvrir les veines ça prend trop de temps selon mes copines qui s’y sont amusées.
    Et comme on est en France on peut pas se tirer une balle, quant à se jeter par la fenêtre ça peut être un dernier fun mais j’aurais trop peur de tomber sur un type qui m’a rien fait.

    En plus faire ça volontairement, ça permet de fêter ses propres obsèques, ce qui est un véritable luxe vu qu’en général c’est les autres qui en profitent.
    Et surtout ça permet de rappeler à tout ceux qui ont l’air malheureux comme un menhir un matin de Novembre qu’eux n’ont pas à se plaindre ou à être triste, après dans l’histoire c’est pas eux qui meurent.
    Toujours cette hypocrisie du deuil où l’on plaint le décédé alors qu’en réalité on est juste égoïstement triste de ne plus voir le keum en question.

    J’ai pu le constater facilement, au dernier enterrement d’un pote, fidèle à nos convictions nous fîmes un enterrement festif, arrosé et plein de rappel d’anecdotes sur un ton nostalgique (et moult verres renversés sur le sol).
    Mais il fallait voir la réaction des vieux intégristes du village et même des autres, qui avaient tous l’air aussi choqué que nous lorsqu’on a su que ses vieux ont trainé sa dépouille devant le curé. Quoi que ça a eu un avantage, pendant que les gens normaux étaient à l’église, on était pénard au bistrot.

    • Compte supprimé le 3 janvier 2
      Compte supprimé le 3 janvier 2 répond à Keldan
      Collectionneur d'armures.
      • Posté à 11h46 le 23/12/2009
      • Internaute 88342
        Collectionneur d'armures.

      « Le suicide est un droit fondamental ! »

      C’est faux. Dans la Loi française, c’est un délit. La sainte église catholique refuse aux suicidés l’enterrement religieux, car notre corps, qui est le Temple du Saint-Esprit, selon les termes admirables de la Foi Catholique, ne nous appartient pas. En revanche, l’Eglise refuse l’acharnement thérapeutique.

      • Keldan
        Keldan répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
        Now future & karpe diem
        • Posté à 12h00 le 23/12/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Je piétine la loi, elle n’existe que pour les animaux humains qui sont pas foutus de se comporter convenablement tout seul. Et la religion, j’en parle même pas tellement que c’est pour les gens si atteints que même la Loi ne leur suffit pas.

        Ton enterrement dans les normes, je m’en cogne totalement, je le refuse et je clame à tous que si vous m’enterrez je me démerde pour revenir vous hanter
        Idée pour ma viande froide : vendre mes organes, baiser mon cadavre, filer les restes aux porcs (juste retour des choses vu la quantité que j’ai mangé dans ma vie) ou alors faire de l’engrais pour une plantation de cannabis.

      • Pseudo
        Pseudo répond à Compte supprimé le 3 janvier 2
        Enfin libre : -)
        • Posté à 12h01 le 23/12/2009
        • Internaute 25947
          Enfin libre : -)

        « Dans la Loi française, c’est un délit. »

        En France, le suicide n’est plus réprimé depuis le Code pénal de 1810.

         
        • Majesté
          Majesté répond à Pseudo
          On respire enfin
          • Posté à 12h26 le 23/12/2009
          • Internaute 77564
            On respire enfin

          Réprimer le suicide, il fallait y penser.

          J’imagine l’article du code pénal : « tout suicidé sera condamné à la peine capitale par décapitation ».

          N’empêche, si quelqu’un pouvait m’expliquer comment la loi s’y prend (ou s’y prenait) pour punir un suicidé, je suis preneur.

          • Pseudo
            Pseudo répond à Majesté
            Enfin libre : -)
            • Posté à 12h31 le 23/12/2009
            • Internaute 25947
              Enfin libre : -)

            En fait, elle punissait de mort ceux qui se rataient. Du coup je suppose qu’ils avaient droit à un enterrement chrétien. : -))))

        • Jean-Luc LUMEN
          Jean-Luc LUMEN répond à Pseudo
          en invalidité
          • Posté à 15h33 le 23/12/2009
          • Internaute 47198
            en invalidité

          faux archi faux, toute personne faisant une tentative de suicide et interné d’office...pour troubles à l’ordre public.

          selon le fameux article L3213 de 1à 10.

          Sauf si vous êtes un député, notables, préfet...etc.

          • Yp2
            Yp2 répond à Jean-Luc LUMEN
            Sale gauchiste d'IEP
            • Posté à 15h35 le 23/12/2009
            • Internaute 71496
              Sale gauchiste d'IEP

            Les tentatives ratées sont punies, pas les réussites. Serait-ce une incitation à l’efficacité ?

            • Jean-Luc LUMEN
              Jean-Luc LUMEN répond à Yp2
              en invalidité
              • Posté à 15h58 le 23/12/2009
              • Internaute 47198
                en invalidité

              oui… car il n’y a aucune prise en charge psychologique, ils sont parqués, reçoivent des calmants, à manger, à boire …et tournent de 6 mois à indéfiniment en rond dans le local sans aucune tâche à accomplir ou sans aucune occupation, ce qui revient au même titre qu’une torture…

      • einna
        • Posté à 12h02 le 23/12/2009
        • Internaute 6227

        là il faut prendre les petites gouttes bleues prescrites par le médecin. « Notre corps ne nous appartient pas car il est le temple du saint esprit.. » Ces propos sont quand même proches du délire mystique.....

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