Filtrage en Australie : la web pornographie en danger
Alors que les Chinois offrent des primes aux dénonciateurs de sites pornographiques, l’Australie vient d’annoncer son intention de filtrer le Net sans limitation explicite du spectre de la censure. Les sites pornographiques « classiques » sont eux aussi visés.
Cette décision, la première émanant d’une démocratie occidentale, embarrasse les acteurs de l’Internet et notamment Google qui s’est fendu d’un communiqué.
Au-delà de la dimension idéologique de la censure, ces annonces traduisent une évolution économique importante. En effet, dans la phase de déploiement des accès à Internet - et d’équipement des ménages en terminaux numériques - les Etats ont laissé les contenus les plus exotiques circuler sur le Net, souvent au mépris des règles de « décence » et de propriété intellectuelle.
Le but était que ceux-ci relèvent l’utilité perçue par le consommateur, c’est-à-dire son consentement à payer pour l’accès, et par là même, l’utilité sociale de l’adoption rapide et généralisée du standard numérique.
Les contenus pornographiques, au même titre que les œuvres piratées, ont ainsi contribué à la valorisation de la connexion et de tous les équipements numériques associés. Or, avec près de 70% de la population ayant accès au réseau, cette phase de déploiement est désormais achevée. Les bénéfices du déploiement étant atteints, les nuisances numériques apparaissent plus visibles.
La phase qui s’ouvre correspond à une réévaluation, dans un environnement stabilisé, des coûts et des bénéfices de la numérisation. Parmi les coûts, le contournement de la propriété intellectuelle a alerté les pays ayant des actifs à protéger.
Ils ont - cf Hadopi en France - engagé des démarches de rétablissement de l’institution. Mais aussi, les effets de l’exposition précoce des mineurs aux images pornographiques inquiètent les opinions publiques, classiquement demandeuses de censure audiovisuelle. Il est logique que les politiques s’en saisissent et considèrent qu’ils ont plus à gagner à restreindre qu’à tolérer.
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Mais comme dans le cas de la propriété individuelle, la masse des données transitant sur le web est telle qu’il est impossible de contrôler leur transit : ce que les gouvernement sont tentés de faire, c’est tenter de contrer les expressions publiques de désaccord avec le pouvoir, comme le fait la Chine, ou de travailler à donner aux moins « tech-savvy » des citoyens l’illusion que le gouvernement travaille efficacement contre les contenus illicites, comme la France avec Hadopi.
Il serait plus efficace de la part des gouvernements de se concentrer sur les phénomènes les plus graves (pédo-pornographie, extrémisme, terrorisme) qui concernent des groupes criminels restreints (parce que l’atteinte aux droits d’auteurs... tout le monde va l’enfreindre en allant sur Youtube) mais faisant de lourds dégâts à la société (et donner en libre accès des films pornos à un public qui existe déjà -les adolescents n’ont pas attendu le net pour chercher des représentations graphiques de la sexualité- ne tient pas du « lourd » dégât). Et ces sujets finiront bien par devenir des priorités au fur et à mesure que la population s’appropriera la technologie




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