A debattre 18/12/2009 à 18h23

Au Medef, la chasse à Laurence Parisot est ouverte


Le départ de l’Ania, la branche agroalimentaire, relance les spéculations sur la succession de la patronne des patrons.



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A six mois de l’élection du président du Medef, l’Association nationale des industries agro-alimentaires (Ania) quitte l’organisation patronale : trop chère, estime-t-elle, et pas assez efficace. Au cœur de la polémique : la contestation de Laurence Parisot, présidente jugée à la fois trop timorée, trop autoritaire, et peu sensible aux difficultés concrètes des entreprises.

Perte sèche de 623 000 euros sur un budget de 38 millions

Qui sera le rival de Laurence Parisot dans la course au fauteuil de patron des patrons, remis aux voix à l’été 2010 ? La question n’est jamais explicitement formulée, mais occupe les esprits patronaux depuis quelques mois.

Et qui reprend de plus belle avec la sortie de Jean-René Buisson. Le président de l’Ania et bras droit (chargé du social) de la présidente du Medef a rendu public jeudi le départ de sa fédération du Medef.

Un coup d’éclat d’une grande portée symbolique -l’Ania, ce sont de puissants patrons comme Franck Riboud (Danone) ou Patrick Ricard (Pernod Ricard)- et qui aura une conséquence concrète : les 623 000 euros de cotisations annuelles de cette fédération n’iront pas dans les caisses du Medef.

Interrogé par Rue89, Jean-René Buisson ne cache pas sa déception sur le « style Parisot » :

« Le Medef est très orienté sur les sujets sociétaux, alors qu’en temps de crise, les PME attendent que l’on se recentre sur les problèmes d’entreprise. Sur le plan interne du management, on n’est pas vraiment dans l’affectif, au Medef. Comme ce sont des fonctions bénévoles, on pourrait s’attendre à une gestion plus ouverte... »

Autrement dit, Laurence Parisot n’écoute personne. « Elle est en bisbille avec tout le monde », résume un fin connaisseur des mœurs patronales, pour qui le départ de l’Ania n’est pas une « banderille », mais le « symptôme d’une désagrégation ».

Ce départ a plusieurs significations :

  • Buisson était un proche de Parisot. Il fut l’un de ses premiers soutiens lors de sa campagne de 2005. Il était surtout l’homme du Medef chargé de toutes les négociations sur la protection sociale.

  • Sur le fond, les industriels de l’agro-alimentaire reprochent à Parisot de ne pas avoir suffisamment soutenu leurs intérêts. L’héritière est vue comme une affidée d’un club de grands patrons, au premier rang desquels Michel Pébereau, patron de BNP-Paribas, son mentor du CAC 40.

  • Ce clash intervient après une série de ruptures qui ont laissé des traces : affaire de la « caisse noire » de l’UIMM, le licenciement contesté de l’ancien DG du Medef Jacques Creyssel, toujours black-listé dans le milieu patronal, le conflit avec le patron de la CGPME Jean-François Roubaud, etc. Autrement dit, Parisot a trop d’ennemis.

  • Selon Jean-René Buisson, cette crise pose aussi la question de la représentativité patronale :

« Entre les fédérations, les confédérations, les petits et les grands, il y a trop d’étages. A-t-on besoin de tout ce monde ? Ne peut-on avoir des indicateurs de performance ? Ce sont des débats qui méritent plus de clarté et de transparence. On n’en parle jamais, or on ne peut pas rester dans l’immobilisme. »

A la recherche du remplaçant idéal

Comme souvent en temps de crise, la principale instance de représentation patronale s’interroge sur sa mission. Comme le CNPF des années 70, le Medef, confronté à la crise financière, est tiraillé entre :

  • la nécessité de moderniser les relations sociales et le fonctionnement des organisations paritaires

  • le désir d’amortir les effets de la crise sur les entreprises, en assouplissant le droit du travail et en allégeant les cotisations sociales

  • la recherche d’un nouveau modèle économique jugé périmé par la plupart des protagonistes

Comme le remarque abruptement un habitué de l’avenue Bosquet :

« Dans les Medef territoriaux, ça tangue beaucoup. Le problème c’est qu’elle ne s’occupe pas d’économie et de social, mais de com’ et de sociétal. Cela peut passer par mer plate, mais pas par grosse mer. Une PME qui n’arrive pas à boucler ses fins de mois a envie d’entendre autre chose que des discours sur l’égalité homme-femme. Il y a les discours de temps de paix et les discours de temps de guerre. »

Dans ce contexte, le départ de l’Ania ne serait donc que la première étape d’une opération anti-Parisot. Même à l’Elysée, la présidente du Medef compte ses soutiens.

Début septembre, le très prudent Raymond Soubie, conseiller social du Président, s’est publiquement démarqué de la gestion Parisot, donnant une définition ironique à la fameuse « délibération sociale » pronée par la présidente du Medef :

« Une situation où on ne refuse pas la négociation sans l’ouvrir vraiment. »

Mais pour se débarrasser de Parisot, encore faut-il lui trouver un remplaçant idéal. Les candidats ne sont pas pléthore. Et c’est là que l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) revient dans la course.

L’hypothèse Kessler, champion des services

Soucieuse de regagner le terrain perdu dans l’affaire dite de la « caisse noire », la nouvelle direction des métallos manœuvre pour identifier le candidat idéal. Plusieurs habitués des pronostics circulent : du libéral Yvon Jacob, président du Groupe des fédérations industrielles (GFI) au jeune loup Thibault Lanxade, en passant par Xavier Fontanet, PDG d’Essilor ou Geoffroy Roux de Bézieux, président de l’Unedic.

Mais aucun n’apparaît comme ayant l’envergure pour l’emporter. Frédéric Saint-Geours, président de l’UIMM, pourrait se présenter le moment venu.

Le candidat idéal doit remplir plusieurs critères :

  • ne pas appartenir, étant donné le contexte de la crise, aux deux secteurs controversés : la grande distribution ou la banque

  • avoir l’appui de l’UIMM et du bâtiment

  • être légitime aux yeux des grands patrons

Un portrait auquel correspond Denis Kessler, ex-vice-président du Medef du temps du baron Seillière. Reconverti aujourd’hui comme patron de la société de réassurance SCOR, Kessler est salué comme un grand négociateur, respecté des syndicats. Il a des idées, parfois musclées, sur l’évolution du dialogue social et c’est un expert des retraites qui sera le grand dossier de la fin de mandat Sarkozy.

Seul hic : Kessler est un homme des assurances, une tare aux yeux des « métallos ». Officiellement, il n’est absolument pas candidat : il faudra venir le chercher.

Dans tous les cas, si elle veut être réélue pour un second mandat de trois ans, Laurence Parisot devra rassembler plus de 50% des suffrages des adhérents. Autrefois, il en fallait 70%.

Pascal Riché et David Servenay

Photo : Laurence Parisot à l’université d’été du Medef, août 2008 (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 22h20 le 18/12/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    La campagne des concurrents a déjà commencé :

    • fidal
      fidal répond à funkystefffff
      guide de tourisme
      • Posté à 12h25 le 19/12/2009
      • Internaute 50600
        guide de tourisme

      Putain,je sais pourquoi je n’arrterais jamais de fumer.

  • survivant
    • Posté à 22h27 le 18/12/2009
    • Internaute 25864

    Guillaume le frérot va ramener les apparatchiks ou plutôt les barbouzes de l’ania dans les rangs dont-ils ne seraient jamais sortis. Avec le pognon ont peut tout faire. Et toujours la même stratégie : Évincer, attaquer de l’intérieur, puis prise du pouvoir. Les trois fondamentaux de la dictature.

  • Dominique52
    • Posté à 22h31 le 18/12/2009
    • Internaute 53166

    Denis Kessler ?
    Celui qui parlait de « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance » ?
    et qui approuve probablement Sarkozy qui lui veut « liquider l’héritage de mai 68 »...
    Certainement le candidat idéal !

    • Naradamuni
      Naradamuni répond à Dominique52
      sans
      • Posté à 00h34 le 19/12/2009
      • Internaute 30050
        sans

      Sarkozy qui lui veut « liquider l’héritage de mai 68 »... et qui, lui, défait méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance, comme l’approuve Denis Kessler et, le demande l’Europe, l’OMC ... !

      « Dans l’immense champ de bataille de la guerre civile mondiale, le langage constitue une arme de choix. Il s’agit d’appeler les choses par leur nom et de faire découvrir l’essence cachée de ces réalités par la manière dont on les nomme. Leur - démocratie libérale - est un mythe en cela que - l’organisation dominante du monde - n’a rien de démocratique ni même rien de libérale. Il est donc urgent de substituer au mythe de la démocratie libérale sa réalité concrète de - système totalitaire marchand - et de répandre cette nouvelle expression comme une trainée de poudre prête à incendier les esprits en révélant la nature profonde de la domination. »
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  • gmily
    • Posté à 22h47 le 18/12/2009
    • Internaute 40670

    Ah , s’ils pouvaient s’entretuer ! .................

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 23h44 le 18/12/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Ah Laurence, ignorante des mœurs de l’UINM et de ses caisses noires quand les médias ont mis sur la place publique les dizaines de millions d’euros qui servaient à « fluidifier les relations sociales »..
    Il est d’ailleurs surprenant que la justice ne se soit pas saisie de la réalité des ces menus subsides du Medef et n’ai toujours pas nommé un juge d’instruction. Serait ce les prémices de la dépénalisation des « affaires » cher à notre « bon Président »
    Quant à la succession de Parisot, n’y a t’il pas dans la famille Sarkozy un frère Guillaume qui a déjà été vice- Président du Médef, de 2000 à 2006, François vice-président de BioAlliance Pharma, et puis il y a Jean son fils qui peut être administrateur de l’Hepad, Président du Medef, et doyen de l’université de Paris 1er, Loui termine ses études, mais il peut quand même postuler, on ne sait jamais

    • Dominique52
      Dominique52 répond à padiran
      • Posté à 10h40 le 19/12/2009
      • Internaute 53166

      « ...Quant à la succession de Parisot, n’y a t’il pas dans la famille Sarkozy un frère Guillaume qui a déjà été vice- Président du Médef, de 2000 à 2006... »
      ––––––––––––––––-

      Guillaume ? Celui qui a failli dans le textile et s’est ensuite retrouvé à la tête de MEDERIC (assurances « mutuelles » privées) ?

      Après la fusion du même MEDERIC avec MALAKOFF qui est gestionnaire du système de retraite du régime général ARCO, alors que l’on reçoit à présent sans arrêt des publicités pour des assurances privées de la part de ce groupe qui utilise sans vergogne le fichier des cotisants pour son propre compte ?

      Avec un tel homme à la tête du MEDEF on peut s’attendre à un flinguage en règle de tout les systèmes de protection social au profit du privé.

      Guillaume Sarkozy ou Denis Kessler c’est du pareil au pire....

      • padiran
        padiran répond à Dominique52
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 10h48 le 19/12/2009
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Guillaume Sarkozy ou Denis Kessler c’est du pareil au pire.
        Ils ont été vices Président du Medef tous les deux

  • Ray62
    Ray62
    Retraité actif
    • Posté à 08h48 le 19/12/2009
    • Internaute 86230
      Retraité actif

    Que se soit Parisot , les Ministres & Secrétaires d’Etat ; de la « gente “ féministe , étant soit : incomptétentes ou inutiles. Nous sommes maintenant en République bananière !

  • Danielle29
    Danielle29
    Soutien à amonhumbleavis
    • Posté à 10h25 le 19/12/2009
    • Internaute 30791
      Soutien à amonhumbleavis

    « La vie et l’amour sont précaires, pourquoi le travail ne le serait-il pas ? » disait madame Parisot il y a deux ou trois ans.

    « La vie et l’amour sont précaires,pourquoi la place au MEDEF ne le serait-elle pas ? peut-on lui dire aujourd’hui.

    • framboise92
      framboise92 répond à Danielle29
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 10h51 le 19/12/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      oui, précaire la Parisotte !

  • survivant
    • Posté à 10h48 le 19/12/2009
    • Internaute 25864

    J’ai fais une énorme boulette l’autre jour Pascal Riché. Je m’explique : La dernière phrase de ton article portait à confusion. Je reconnais que je suis un mufle, aie ! ( c’est rien c’est le coup de bâton que je viens de m’administrer) et qu’il y a d’autres moyens pour demander des explications sans en rajouter une tartine. La sentence est sans appel. Je suis bon pour payer une tournée générale.

  • fab 31
    fab 31
    travailleur social
    • Posté à 11h01 le 19/12/2009
    • Internaute 69381
      travailleur social

    va falloir changer l’eau de l’aquarium géant...les requins vont se lâcher ! ! !
    qu’ils se débrouillent entre eux, de toute façon nous ne seront que des alevins pour eux.....
    au fait...c’est quand la révolution ?

  • Disciple ressucité
    • Posté à 11h36 le 19/12/2009
    • Internaute 71674

    Bof, si on me paye pour rabattre le gibier ; même pas beaucoup, même très peu...
    Et puis va savoir, si le goût m’en vient, je le ferai peut-être bénévolement par la suite.
    Taïaut ! Taïaut !

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 11h08 le 19/12/2009
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Peut-être que laurence Parisot devrait se prendre une coach à plein temps et non à mi-temps
    Lien

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 11h27 le 19/12/2009
    • Internaute 97292
      1ère version

    La reine du sondage sondée par ses adhérents. Ils doivent cocher la case : pas du tout satisfait.

    Ils l’a trouvent trop timorée ; Ben, moi, je l’a trouve plutôt extrémiste. Mais comme dirait princesse Lauréal « on a pas les mêmes valeurs ».

  • AlfredoGarcia
    • Posté à 11h36 le 19/12/2009
    • Internaute 47461
      Rien

    C’est comme une guerre de gangs, ce serait un pari sot de se positionner pour un ou autre des clans.

  • VILLON
    • Posté à 12h01 le 19/12/2009
    • Internaute 15956

    Kessler successeur ? Cet ancien syndicaliste passé au patronat, a bien déclaré, en octobre 2007, « qu’il fallait sortir de 1945, et de défaire, méthodiquement, le programme du Conseil national de la Résistance ! » ! A las barricadas, companeros !

  • survivant
    • Posté à 12h38 le 19/12/2009
    • Internaute 25864

    A quoi se résume le suspense qui pèse sur la tête de parisot :

    C’est l’histoire d’un petit ver, sortit de son trou sous terre, il voit une pomme par terre. Il se dit : J’ai faim ! Je vais rentrer dans la pomme et je l’a mangerai de l’intérieur comme ça je serai plus tranquille . Mais à côté de lui se trouve un mulot qui voyant la scène se dit : je vais attendre que le ver soit dans la pomme comme ça je vais manger la pomme et le ver. Mais pas loin caché derrière le pommier se trouvait un serpent qui guettait en se disant : je vais laisser le ver manger la pomme, le mulot manger le ver et la pomme, et je mangerai le ver, la pomme et le mulot. Mais dans les airs planait un rapace qui de son œil impitoyable suivait la scène. Lui aussi se disait : je vais laisser le ver manger la pomme, puis le mulot manger le ver et la pomme, et le serpent manger le ver la pomme et le mulot. Comme ça je pourrai manger le tout : à savoir le ver, la pomme, le mulot et le serpent. Mais dans le pommier se trouvait une chatte qui surveillait la scène tout en se disant : je vais laisser le ver manger la pomme, le mulot manger le ver et la pomme et le serpent manger le ver la pomme et le mulot. Comme ça je mangerai, le ver, la pomme, le mulot, le serpent et le rapace. Et en une fraction de seconde la chatte bondit et............ dans la précipitation s’accrocha à une branche et tomba dans l’eau. MORALITÉ :
    plus c’est long plus la chatte est mouillée.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 16h01 le 19/12/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    MM cinéma vas nous ressortir sa réplique d’anthologie

    je suis effondrée ! !

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 17h38 le 19/12/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Avec les lettres de Parisot, on peut faire « sortira » et on laisse la lettre « P » commencer le mot plus-value, mot qu’il révise tous les soirs au MEDEF....

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  • A déménagé le 27-12-2011
    • Posté à 21h02 le 19/12/2009
    • Internaute 93166
      non connue

    SI je me réveille cette nuit, je prendrai cinq minutes pour la plaindre, la pauvre... !

  • olyvyer
    olyvyer
    journaliste loisir
    • Posté à 12h50 le 21/12/2009
    • Journaliste 24880
      journaliste loisir

    eh oui Laurence, même le soutien de ses proches est précaire.

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