vos réactions 25/10/2007 à 00h10

Réponse à Finkielkraut : Internet à l'école, comment ça marche


Parmi les nombreuses réactions à l’article rapportant les déclarations d’Alain Finkielkraut souhaitant la suppression d’Internet à l’école, le témoignage de Nicolas, documentaliste en collège nous a semblé une réponse intéressante .

Je sais depuis déjà quelques années que mon métier est trop peu reconnu dans l’Education nationale [...], donc j’en profite pour expliquer aux internautes ainsi qu’à notre grand philosophe qu’il existe une éducation à l’Internet au sein des écoles (je confirme aussi que nos élèves savent lire !).

En effet, je suis professeur-documentaliste (professeur car j’ai passé un Capes et que je forme les élèves à l’utilisation à la documentation et à l’information-tique), et je reçois dans mon CDI toutes les classes de sixième et de quatrième, les Segpa [classes pour les élèves en difficulté, ndlr] et même une classe d’UPI (handicapé) deux fois par mois en groupe durant toute l’année scolaire. Ces formations alternent travaux de recherche sur les documents papiers et sur le Net.

Sachez que les élèves n’ont aucun accès à Internet sans une autorisation, que toute recherche documentaire est avant tout effectuée dans les livres du CDI. Mais Internet vient compléter les manques du fonds documentaire de la bibliothèque du collège. Car, il faut le savoir, le budget d’une bibliothèque d’un collège du 93 est de 1 500 euros par an, tout compris (livres, informatique : 5 ordis pour 500 élèves -Internet est loin d’être partout !). Alors faites le calcul : le Net permet de grosses économies.

Enfin toutes les formations qui sont réalisées au CDI sur le Net sont évidemment en rapport avec les disciplines et le programme. Pour exemple, avec mes classes de sixième, nous effectuons actuellement un travail de recherche sur l’Egypte ancienne. La première étape se déroule sur les dicos, puis l’encyclopédie (qui date des années 90), l’atlas, les documentaires et enfin la fin de l’info est trouvée sur le Net : évaluée, vérifiée et confondue.

Voilà, entre autres, à quoi sert mon métier et comment les élèves sont formés à l’Internet. Ils savent AU SEIN de l’école que son utilisation n’est réservée qu’au travail scolaire. Pour le reste, les parents doivent eux aussi jouer un rôle très important en matière de sécurité, de protection et d’éducation à la pratique personnelle de la Toile.

Pour conclure, une fois de plus, les élites sont trop loin (et pourtant si proche, il y a juste un « putain de périph’ » à passer) pour se rendre compte de ce qui se passe dans les écoles et, j’en suis certain, aussi dans celles des villes et de province.

Nicolas.

Lire aussi : Pour Finkielkraut, il faut supprimer le Net dans les écoles

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  • Anonyme

    merci d’avoir remis un peu de réalité au centre de la provoc’.

  • Anonyme

    internet peut être la pire et la meilleure des choses. Vous montrez la meilleure, merci et merci pour votre enthousiasme.

    Mais, hélas, on ne peut généraliser votre expérience à toutes les écoles. Il faudrait des moyens, des enseignants, tout ce que le gouvernement actuel refuse.

    • Anonyme

      Comme Nicolas je m’étais aussi demandée, à la lecture des propos tenus pas Finkielkraut, dans quel établissement scolaire ce dernier avait bien pu se rendre pour s’imaginer que les élèves avaient un un accès permanent, non contrôlé et illimité à internet.

      Contrairement à ce que vous semblez croire, la situation décrite par Nicolas, sur l’usage fait du Net à l’école, est la plus répandue.
      Et cette situation décrite montre justement que, faute de moyens (5 PC au CDI par exemple), l’idée Finkielkrautienne d’une école envahie et dévastée par Internet...relève du fantasme ! !

      • Anonyme

        qu’en est-il aussi des écoles primaires, où il n’y a pas de centre de documentation ?

         
        • Anonyme

          La manière dont sont gérées les activités liées à l’utilisation d’internet dans les collèges et lycées (publics ou privés d’ailleurs), est vraiment très similaire d’un établissement à l’autre...

          La situation dans le primaire diffère sans doutes d’avantage d’une école à l’autre.

          Dans les établissements fréquentés par mes enfants, il y avait une « salle informatique » dotée de matériel avant-avant-dernier cri.
          Selon les années, c’est à dire selon qu’il y ait ou non une personne (au statut indéterminé !)pour animer le pôle informatique de l’école, la pratique (en terme de quantité) de l’Ordi et du Net...variait ! ! Grosso modo, les enfants devaient en moyenne passer une heure toutes les 3 semaines devant un ordi (par groupe de 2).

          En primaire, c’est la maîtrise de l’outil informatique qui est d’abord enseignée aux enfants (à quoi servent les touches, la souris, comment écrire un texte, changer la taille des polices, leur couleur, comment l’enregistrer et le retrouver, etc, etc...)... parce qu’avant de pouvoir surfer...il faut en avoir beaucoup appris sur le fonctionnement d’un PC.

          Après ça, l’utilisation qui est faite d’internet s’inscrit généralement (comme dans le secondaire) dans le cadre d’un travail de classe (recherche documentaire par exemple), d’un projet d’école (site ou blog qu’il faut « alimenter » en poêmes, dessins, photoreportages, carnets de voyage etc, etc... !))...

          Bref rien que pédagogique (un peu ludique quand même ;))...et sûrement pas de l’Internet illimité !

        1 autres commentaires
    • Anonyme

      On retrouve avec l’Internet les mêmes phénomènes de refus que dans le passé pour le cinéma, la BD et la Télé : pour l’écrivain G.Duhamel (je crois que c’est bien lui) le cinéma était un « pase-temps d’ilotes » (les ilotes étaient des esclaves à Sparte) aurement dit des ânes battés

      Je me soviens aussi que la télé. fut un divetissement honteux : lorsque fut diffusé pour la première fois « Belphégor », les gamins se voyaient recommandés à l’école de ne pas regarder la télé. Moyennant quoi, ils le faisaient quand même, et le lendemain à l’école ils étaient mal dans leur peau : moins parce qu’ils avaient eu peur en regardant le feuilleton, que parce qu’ils ne pouvaient pas en parler à l’école puisqu’ils n’en avaient pas le droit. ET ça a donné un beau coup de fouets aux consultations de psychologues ! ..

      Mais quand les gens comme Annette Suffert ont proposé qu’on introduise dans les&tablissements scolaires des cours d’image, qui auraient permis aux élèves de comprendre un peu mieux ce qu’ils voyaient, ce fut un niet généralisé.

      Aujourd’hui Finkielkraut jettel’anahème sur l’Internet...

      Juste une anecdote : travaillant sur un sujet lié à l’Afriue du Sud, j’ai pu obtenir un contact, puis communication de la thèse d’une universitaire sud africaine en... 5 minutes : par l’Internet, précisément. Alors on pourrait peut-être introduire à l’école quelques leçons sur l’art et la manière d’utiliser l’outil à bon escient.

  • leconcombrevert
    leconcombrevert
    La vraie vérité > : -))
    • Posté à 09h22 le 25/10/2007
    • Internaute 8843
      La vraie vérité > : -))

    Merci à rue89 d’avoir relayé ce temoinage qui serait certainement passé inaperçu dans le flot important des commentaires que votre article a provoqué.

    Pour moi il est évident que c’est bien à l’école que les jeunes doivent apprendre à se servir d’internet de façon raisonée. Il faut vrament être de tres mauvaise foi pour imputer à ce fait tout les problèmes actuels du système scolaire français.

    On voit une fois de plus que le discours et les préoccupations Finkielkrautiénnes manquent de fondement réel, visent surtout à créer un évenement télégénique et n’ont de toute façon que peu à voir avec la philosophie.

    Mais, bon, à une époque, qui a découvert une philosophie du marketing, une philosophie de l’élévage des poules en batterie et une philosophie du ramassage des ordures ménagères, pourquoi se priverait elle d’une philosophie de la posture revoltée style Finkielkraut. Si ça se vend.

    • Anonyme répond à leconcombrevert

      oui, je partage votre opinion...
      Finkelkraut a encore une fois, fabriquer un peu de provoc’ afin de pouvoir « vivre »...
      Dire quelque chose, exister...voir son nom écrit quelque part !
      Les nouveaux (vieux maintenant) philosophes ne savent plus quoi dire, alors ils disent n’ importe quoi, sur n’ importe quoi...
      Voir BHL...
      Ah, Michel Onfray... réserves-toi de rentrer dans ce grand travers qui les fait exister et qui nous pèse tant !

      Christiane Bazin

  • Anonyme

    Monsieur Finkielkraut n’aime pas les portables, ni internet, et autres gadgets électroniques harnachés aux corps, les baladeurs et autres Ipods, les appareils photo numériques. Il n’a pas tort. Bientôt, il ne sera plus possible de converser avec un inconnu dans une rue, ou dans un jardin public, etc. de la vie, à moins d’avoir un chien en laisse pour engager un dialogue, certes peu platonique. C’est l’authenticité de la relation interpersonnelle que l’on est en train de détruire peu à peu. Rien n’est plus agaçant que d’entrer dans une agence de service, et de devoir attendre que l’agent termine sa conversation sur son portable avant de vous accueillir et de vous adresser la parole. Il n’y a pas d’usage raisonné des NTIC. Les NTIC n’ont rien à voir avec la raison. Aucun outil ne doit dicter une raison à ce qui se prétend encore être humain, et de grâce, les paroles ne sont pas nécessairement des rumeurs sans valeur. Les gadgets ont pris plus d’importance que les paroles d’honneur...

    • Anonyme

      si je vous lis bien, vous pensez internet comme un outil, voire son avatar, un gadget. pensez vous aussi le livre comme un outil ? un outil de connaissance diriez-vous ?
      et des étagères (par exemple) ? comme un outil de rangement ?
      voyez vous une différence symbolique entre les deux ? trouvez vous que brûler des livres est le même geste que celui de mettre au feu des étagères ?
      pensez vous que l’internet est plus proche de l’étagère ou du livre ?

      je lirais bien volontiers votre réponse.

    • Anonyme

      J’ai surtout remarquée que Finkielkraut prend plaisir à prendre contact avec le monde vivant à travers la télévision.

  • Claude PELLETIER
    Claude PELLETIER
    Retraité dans son jardin
    • Posté à 14h53 le 25/10/2007
    • Internaute 10710
      Retraité dans son jardin

    Merci pour ce nouvel article. Le précédent article avait fait apparaître un phénomène énorme, bien plus important que les quelques dires de Finkelkraut.
    À savoir qu’il est très facile de bavarder sur des fantasmes en ignorant ce qu’est la réalité. Ce que faisait le philosophe de service. Et ce que faisaient, à sa suite, beaucoup de contributeurs, même ceux qui exprimaient un profond désaccord ou désamour pour lui.

    Seuls, des enseignants pouvaient mettre sur la table des faits, des représentations de la réalité proches du terrain. Dans cette cacophonie, des enseignants ont eu bien du mal à faire entendre cette voix différente. Je n’avais pas aperçu le message de Nicolas, professeur et documentaliste, (peut-être était-il dans les dernières pages ; c’est dur d’aller au-delà de la troisième !).
    Je suppose aussi qu’on ne sait jamais trop bien « qui est qui » et la part de compétence d’un contributeur peut nous échapper ou ne pas s’afficher.

    Il ne reste plus qu’à savoir si le témoignage de Nicolas est totalement représentatif de l’école aujourd’hui. Il me le semble. Pourquoi cette réserve ?
    En effet, Nicolas pourrait témoigner d’une situation qu’il connaît bien mais qui serait exceptionnelle.

    Ce pourrait être un établissement ou une zone scolaire, où sévit de façon anormale le manque de « moyens matériels ».
    On évoque déjà une pauvre BCI ou BCD : 1500 € par an, ce n’est pas un niveau bas. On est proche du zéro. Environ une centaine d’ouvrages ! Une étagère quoi ! C’est très, très peu pour un collège de cette taille.

    [………]

    Le nombre réduit d’ordinateurs (à associer avec le nombre d’élèves pouvant postuler) et le faible ratio par individu, une machine pour 100 élèves, pourraient aussi être anormalement bas en 2007.

    Dans le temps, je connaissais des enseignants de plusieurs écoles primaires qui, à titre purement individuel, « faisaient les poubelles », et récupéraient, récupéraient pour constituer (notamment) des petits parcs informatiques …

    Ceci dit, tous les citoyens ont le droit d’apprécier, critiquer ce qui se passe en milieu scolaire ; il faudrait un peu plus de modestie à certains, ceux qjui oublient de retirer leurs bottes crottées et de regarder ce qui se passe réellement.
    Et le jour (lointain) où Internet sera un élément de la vie quotidienne dans les écoles, à côté de bien d’autres (BCD de taille honorable, matériels pédagogiques divers……), on pourra se poser alors certaines questions……

    Dernière remarque sur les propos de Nicolas. L’informatique scolaire ne se limite pas aux recherches documentaires. L’ordinateur est un un outil polyvalent. D’autres usages méritent d’être pris en compte. Peut-être existent-ils un réseau sur l’établissement avec des postes dans les classes. Non ? ?

    Enfin, M. Finkelkraut ayant parlé de pré-requis, de formation préalable à l’uage d’Internet, une autre question mériterait des développements.

    Faut-il être formé avant d’utiliser l’outil informatique et Internet ?

    Sans oublier de l’associer à ceci :

    Comment se forme-t-on ? Comment apprend-on ?

    • Mila Saint Anne
      Mila Saint Anne répond à Claude PELLETIER
      internaute
      • Posté à 00h20 le 26/10/2007
      • Internaute 14402
        internaute

      Que ce soit dans les IUFM pour la formation initiale des enseignants, ou au niveau des plans académiques de formation pour leur formation continue, les TICE sont très présents (les plans de formation sont généralement en ligne et consultables par qui veut). Les stages n’intégrant pas de TICE sont de plus en plus rares.
      Pour ma part, à la fin de l’année scolaire en cours, j’aurais assuré auprès de 150 de mes collègues un total de 120 heures de formation pour leur montrer en quoi les TICE peuvent apporter un plus à leur enseignement de l’histoire géographie (et éducation civique).
      Je pense qu’on peut parler de formation sérieuse, non ?

      Mila.

  • Anonyme

    je suis enseignant dans un lycée et je confirme la réalité de tout ce que dit Alain Finkielkraut. Vu le désastre qu’est devenue l’école actuelle, il serait urgent, je le pense aussi, de remettre le LIVRE, et non l’ordinateur au centre de la vie lycéenne. sinon, le CDI ne me paraît plus être qu’une sorte de garderie bruyante où les élèves viennent surfer sur le web...

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 20h04 le 25/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Merci d’apporter votre point de vue. Beaucoup aimeraient sûrement en savoir plus.

      Pour que l’on comprenne mieux ce que vous avancez
      pourriez-vous avoir l’amabilité d’en dire plus ?
      Que se passe-t-il dans votre établissement ?

      Et comment comprenez-vous la contribution de Nicolas professeur et documentaliste ?

      Dans l’attente de votre réponse .

  • Anonyme

    Vous nous dites en fait que dans votre lycée, le proviseur n’a aucune conscience de ce qui pourrait lui être reproché (ou reproché à l’éducation nationale) si un élève était victime d’une mauvaise rencontre ou fomenteur d’un délit quelconque, via l’Internet de son école ? ? ?

    Soi votre proviseur (ou directeur) est un laxiste de première...soi vous êtes d’une incroyable mauvaise foi ! !

    Et (que se soit dit entre nous), Finkielkraut ne décrit aucune réalité, il ne donne aucun détail de cette réalité, ne nous propose aucun exemple... son propos ne repose sur rien, sur aucune connaissance du milieu dont il parle !

    L’école actuelle est (peut-être) un désastre...mais la politique de nos gouvernants a sûrement plus à voir dans cet état de fait, que l’arrivée d’internet !

    • Anonyme

      Mon commentaire s’adressait (évidemment) au CA de 19 h.

      Et je rajoute : les élèves qui savent se servir d’internet, savent lire et écrire (même s’ils font des fautes)...alors en tant que Prof soucieux de ce qu’il convient d’avoir appris... concentrez vous sur ceux qui ne vont jamais à le garderie ! !

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 21h50 le 25/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      On peut imaginer que vous avez voulu répondre à l’auteur(e) d’un message mais que vous n’avez pas eu l’idée de cliquer au bon endroit.

      Dans ce cas, il fallait viser sur « Répondez-lui » en grisé, tout au bas et à l’intérieur du cadre contenant son message.

      Bonsoir.

      • Anonyme répond à Claude PELLETIER

        Effectivement...le répondez-grisé c’est mieux...mais vous savez ce que c’est : parfois on fait du répondez-pressé ! ;)

  • Anonyme

    Puisque l’argument des moyens est ici mis en avant, de façon parfaitement juste, rappelons qu’il existe au sein de l’éducation nationale :

    - un centre national de documentation pédagogique ( Lien )

    - des centres régionaux de documentation pédagogique ( Lien )

    - des centres départementaux de documentation pédagogique ( Lien )

    Par conséquent, suivant le niveau où l’on regarde, il y a à la fois pénurie de moyens ... et prolifération de moyens. D’une part, l’éducation nationale ne dépense que 1500 € pour un collège du 93, ce qui est effectivement ridicule ; de l’autre, elle entretient une machinerie bureaucratique d’une complexité inouïe, qui prolifère à tous les niveaux (état, région, département).

    Double scandale donc : celui de la pauvreté des uns et celui de la richesse des autres. D’un côté la disette, de l’autre le gaspillage.

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 21h44 le 25/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      AGACÉ par un truc technique tout bête. Les quatre derniers messages sont signés seulement par la mention « Courageux Anonyme ». C’est vraiment contraire aux conditions d’une discussion entre gens de bonne compagnie de ne pas connaître (ou plutôt reconnaître) ses interlocuteurs, d’autant plus que deux messages ont pu être écrits par la même personne et qu’il/elle semble croire qu’on peut s’en rendre compte. Je passe……… mais on pourrait faire de l’identification par un pseudo la règle !

      LA PROLIFÉRATION DE MOYENS dont vous parlez n’est qu’apparente. Beaucoup d’enseignants utilisent les ressources pédagogiques précisées par vous … c’est donc un plus pour l’enseignement. Mais on s’éloigne. Et à trop s’éloigner …

      Dans l’Éducation Nationale, les financements sont complexes. L’État paie les salaires des enseignants de tous niveaux mais le financement des bâtiments, et des moyens suit des chemins variés selon le niveau concerné.

      Par exemple, le primaire s’inscrit dans un échelon communal. Ce sont les communes qui paient la construction, l’entretien des bâtiments et règlent en général chichement les autres frais d’équipement et de fonctionnement.

      [……]

      En tout cas ce n’est pas votre démonstration qui nous permettra de déceler un gaspillage répréhensible.

      Quelles sont vos compétences ?
      et d’où parlez-vous pour pouvoir définir ce que vous prenez pour un scandale ?

      • Anonyme répond à Claude PELLETIER

        Mes compétences sont, avant toute autre chose, celle du simple citoyen. Appelons cela la démocratie participative.

        D’après les chiffres officiels du ministère (1), le budget par élève et par an est de 7 710 € au collège, 10 130 en lycée général et technique, 10 430 € en lycée professionnel. L’enseignement secondaire français est donc l’un des trois ou quatre plus riches au monde.

        Si on prend en compte la formation des professeurs, maintenant. Un étudiant d’IUFM coûte entre 15 000 et 17 000 € (2), salaire du stagiaire non compris. C’est plus qu’une classe prépa. A titre de comparaison, le budget de la Sorbonne est de 3500 €.

        Alors oui : l’éducation nationale française est riche. Plus riche de 20% que la moyenne de l’OCDE.

        Elle est riche, mais les professeurs sont mal payés, et dans les classes, trop souvent, on manque de tout.

        Comment expliquer ce mystère ?

        De façon simplissime : entre ce que paie le contribuable et ce que reçoit l’enseignant pour faire son travail, il existe une bureaucratie d’une complexité incroyable (là encore, unique au monde), qui grève très lourdement les moyens. Rectorats, IUFM, Ministère, délégations sans nombre, conseils, commissions par centaines, comités et observatoires créés chaque année à un rythme soutenu, pour les programmes, pour l’évaluation (3), les examens, les concours, la prévention de X ou Y, la santé, les recherches en psychologie et en sciences de l’éducation, la citoyenneté, la sécurité, l’accès à culture, etc, etc, etc.

        Le bac, à lui seul, est l’un des derniers vestiges de l’ère soviétique, tellement monstrueux que nos collègues étrangers le regardent en se frottant les yeux d’incrédulité. On le visitera bientôt comme on visite le musée de l’Armée Rouge. Il paralyse les établissements pendant un mois plein, occupe un nombre important de fonctionnaires pour la surveillance et les corrections, il active – là encore – une quantité colossale de commissions et de sous-commissions : celles qui cherchent les sujets pour la quasi-centaine d’options (en double), celles qui encadrent le travail des correcteurs, celles qui « harmonisent » les résultats, celles qui font de la prospective, celles qui évaluent l’ensemble et, bien entendu, celles qui évaluent les évaluateurs.

        En tout, personne ne sait exactement combien ça coûte. Le ministère est incapable de donner les chiffres exacts du baccalauréat, et ce dans un rapport de 1 à 7. Dans l’éducation nationale, on n’en est plus à 700% près.

        Et tout ça pour quoi ? Pour un examen que, en prenant les redoublements en compte, plus de 90% des candidats obtiennent.

        Encore le baccalauréat n’est-il qu’un élément parmi d’autre. Les programmes, autre exemple, se constituent de plusieurs centaines de pages dans chaque discipline, tellement bouffis de partout qu’ils en sont illisibles. Des armées entières de chercheurs et de professeurs les mettent en place au prix de guéguerres permanentes et coûteuses... pour un résultat à chaque fois nul puisque, deux ans après, une nouvelle « réforme » vient balayer l’ensemble et on recommence.

        Alors oui. L’éducation nationale est très pauvre, puisqu’elle ne fournit plus à ses professeurs les moyens minimum pour travailler.

        Et aussi, l’éducation nationale est très riche, puisqu’elle se paie le merveilleux luxe de claquer des milliards dans cette bureaucratie absolument pharaonique.

        L’un n’empêche pas l’autre. Tout dépend où l’on regarde.

        ––––––––––––––––-
        (1)Lien

        (2) il s’agit d’une estimation : les IUFM sont les seuls organismes de l’éducation nationale qui ne publient pas leurs comptes. Pas par malice, mais parce qu’ils sont tellement mal gérés qu’ils ne savent pas combien ils dépensent.

        (3) En son temps, Claude Allègre a même mis en place un corps de super-évaluateurs chargés d’évaluer le travail des évaluateurs. Qui dit mieux ?

  • Mila Saint Anne
    Mila Saint Anne
    internaute
    • Posté à 00h04 le 26/10/2007
    • Internaute 14402
      internaute

    Pour répondre à Courageux anonyme de 01H15 le 25/10/2007 et faire avancer le débat...

    Tous les CDI sont animés et gérés par des professeurs documentalistes comme Nicolas et TOUS les documentalistes font de la formation aux techniques documentaires. Plus ou moins bien sans doute (les profs sont des êtres humain, et comme tous les humains plus ou moins bons dans leurs activités), mais ils en font tous.

    J’avais déjà réagi à l’article sur Finkielkraut en expliquant comment internet était entré dans les pratiques des classes et en parlant de mon expérience, à la fois en tant qu’utilisatrice et en tant que formatrice.
    On me répond souvent que je suis une exception et que l’Éducation Nationale ne faisant pas d’études à propos des TICE, on ne peut pas avoir de vue réelle des usages.

    Je vous donne donc ce lien :

    Lien

    Je crois que la lecture de ce rapport vous en dira plus long que tous les témoignages de terrains.

    Il suffit également, dans votre moteur de recherche préféré, de taper les mots clé « enseignement“+‘TICE’ (ou de remplacer le mot ‘enseignement’ par la matière de votre choix) pour avoir une idée de l’importance que les TICE ont pris dans le monde de l’école.

    Enfin, pour répondre à ceux qui s’inquiètent du manque de contrôle des sites accessibles aux élèves, baladez vous sur les sites académiques, vous y trouverez une abondante documentation sur les barrières de sécurités mises en place, des anti-pub aux black-list ...

    Mila
    (qui va se coucher pour assurer demain dans l’établissement où elle va former des collègues à l’usage des TICE)

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à Mila Saint Anne
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 12h19 le 26/10/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Merci Mila, pour ce lien qui vaut bien un chapelet de témoignages sur l’état des lieux à un moment donné. Il faudrait que l’on soit nombreux à l’avoir épluché. Surtout ceux qui imaginent l’école en ignorant royalement ses configurations réelles. J’espère que l’effort pour s’approprier la réalité l’emportera sur les a priori et les inepties du Café du Commerce.

      Cela fait, un autre débat nous attend. Plus central. Comment l’élève apprend-il et comment l’utilisation d’Internet et de l’informatique participe-t-elle à ses apprentissages ? Je vais essayer de commencer……

      Pour Kinkelkrault, les pré-requis sont indispensables. En effet il avance qu’ Internet c’est pour les gens formés.

      Pensez à l’apprentissage de la langue orale par les bébés. Les tout-petits sont plongés dans un bain de langue dès leur naissance. Quelle formation préalable, les bébés ont-ils reçue pour être en mesure de profiter de ce bain de langue ? Aucune. Et même pas question d’enseigner des sons [phonèmes] pour ensuite prononcer de petites phrases ! Bonzou maman !

      Cet exemple, qui a l’avantage d’être flagrant, pourrait nous amener à comprendre qu’en matière d’apprentissage, les choses sont bien plus complexes que M. Finkelkrault le croit.

      L’apprentissage de la lecture commence bien avant la classe qui lui est dédiée. La rencontre d’écrits divers, autour de lui et en tous lieux favorise une sensibilisation de l’enfant. Les réactions des siens avec ces écrits amènent quelques prises de conscience. Enfin les efforts de proches pour établir des passerelles entre l’enfant et l’écrit autorisent ou renforcent deux choses : l’envie d’apprendre, et un réel début d’apprentissage. Certains enfants ne bénéficient pas de ces premiers pas et cela gênera leur parcours scolaire, et quelques-uns, très rares, apprendront tout seuls et seront en mesure de sauter la première classe.

      Les TICE. Je ne développerai pas mais il ne faut pas connaître beaucoup de choses avant d’utiliser un ordinateur. Tout comme il ne faut pas avoir compris tous les secrets de la matière pour utiliser des matériaux…… Et pas de cours d« équilibre avant de monter à vélo pour la première fois.

      Par contre utiliser l’informatique alors qu’on sait peu de choses, permet d’avancer, de progresser souvent dans plusieurs domaines de front…… Pour moi, cela aussi est une réalité !

      [J’ file. À vous lire.]

  • Anonyme

    Nicolas me paraît trop formaté pour être honnête. Sans doute s’agit-il d’un hableur comme l’Éducation Nationale en produit à profusion. Gageons que son CDI-modèle n’est qu’un cyber-café comme les autres...