14/12/2009 à 20h09

Presse : « Dépôt de bilan », le terme est lâché aux NMPP

Augustin Scalbert | Journaliste Rue89

Selon un document confidentiel que s’est procuré Eco89, la situation du leader de la distribution de la presse est alarmante.


Marchand de journaux à Nice le 5 mars 2009 (Eric Gaillard/Reuters)

Les Nouvelles messageries de la presse parisienne (NMPP), principal acteur de la distribution de la presse en France, viennent d’adopter un nouveau nom. Mais s’appeler « Presstalis » ne changera rien au fait que l’opérateur est à neuf mois du dépôt de bilan, selon un document confidentiel qu’Eco89 a pu consulter.

Jeudi dernier, le directeur général des NMPP, Rémy Pflimlin, conviait les journalistes à visiter le nouveau siège de son entreprise, qui lui permettra d’économiser 6,5 millions d’euros par an. L’occasion aussi de dévoiler son nouveau nom. Le désormais patron de Presstalis s’est voulu rassurant sur la situation financière du groupe, détenu à 51% par cinq coopératives d’éditeurs de presse et à 49% par Lagardère, qui en est l’opérateur :

« La question de la trésorerie ne se pose pas aux NMPP, pas à court terme. (...) Dans nos projections 2010, il n’y a pas de difficulté importante de prévue. »

Eco89 a eu connaissance d’un document qui montre de manière éclatante le contraire. Il s’agit du compte-rendu d’un conseil d’administration de la Coopérative de la presse périodique (CPP), l’une des plus importantes des NMPP (le président de la CPP, Jean de Montmort, préside d’ailleurs aussi le conseil de gérance des NMPP).

Ce conseil s’est tenu le 25 septembre. Plusieurs administrateurs de la CPP, mais aussi des dirigeants de la coopérative ou des messageries, y tiennent des propos extrêmement alarmants quant à la situation financière du groupe dans son ensemble.

« Loïc Guilloux suggère d’aller jusqu’au dépôt de bilan »

Ainsi, Pierre Pus, directeur général adjoint des NMPP et directeur des affaires administratives et financières du groupe, parle du « cap difficile de trésorerie d’août 2010 ». La phrase complète est même explosive, puisqu’elle remet en cause le plan de départs volontaires actuellement en cours :

« M. Pus précise que 120 personnes doivent quitter l’entreprise d’ici le 1er janvier 2011, ce qui représente un coût de 26 M€. Geler le plan permettrait de passer le cap difficile de trésorerie d’août 2010. »

Le président de Condé Nast France -éditeur de GQ, Vogue, Glamour... et administrateur de la CPP- Xavier Romatet, se prononce aussi pour un gel du plan des NMPP.

Avec une prévision de résultat en déficit de 17 millions d’euros en 2009, ou plutôt de 47 millions d’euros en incluant la dépréciation d’actifs, la situation est effectivement alarmante. Si les NMPP sont encore en déficit l’an prochain, elles seront obligées de trouver de nouveaux fonds propres, ou de déposer le bilan :

« Pour [le directeur de la CPP Jean-Paul] Abonnenc, trois voyants sont au rouge : l’exploitation, les fonds propres et la trésorerie. »

Un administrateur, Loïc Guilloux (Prisma Presse), « suggère d’aller jusqu’au dépôt de bilan ». En réponse, Jean-Paul Abonnenc rappelle « la nécessité de reconstituer les fonds propres de l’entreprise d’ici un an qui, si elle n’est pas réalisée, nous rapprochera d’une telle décision ». Le président de la CPP se prononce pour un « appel de capital ».

Outre la crise générale de la presse écrite (le document précise que tous les chiffres de vente sont en baisse, sauf ceux de la presse féminine), cette dramatique « dérive budgétaire » a plusieurs raisons. Sur les CDD et les heures supplémentaires par exemple, l’excédent de dépense est de 3,9 M€ par rapport au budget.

Un chiffon rouge pour le syndicat du livre

Certaines des solutions proposées pourraient mettre en rogne le très puissant syndicat du Livre, majoritaire aux NMPP :

« Les frais de personnel ne baissent que de 1,6 M€ alors qu’un différentiel de 4,5 M€ était inscrit au budget. Le président souhaite connaître la raison de cette dérive.

M. Pus précise que, sur l’ensemble de l’année, la masse salariale devait baisser de 15 M€, mais que seulement 7,5 M€ seront réalisés car le nombre de postes n’a pas baissé autant que les départs [...].

M. Pus craint que, si une renégociation n’intervient pas, les départs en retraite soient en partie remplacés. Le président souhaite que cette renégociation intervienne au plus vite.

[L’éditeur du Figaro Frédéric] Cassegrain met en garde les NMPP sur l’éventualité de conflits en octobre et novembre. M. Pus ajoute que l’entreprise n’a plus les moyens de financer de telles dérives. »

Pour éviter la catastrophe, les administrateurs évoquent aussi la possibilité d’augmenter les barèmes (les tarifs que payent les éditeurs pour la distribution), mais l’un d’eux, Yves de Kerautem (Réponses Maison), « juge inacceptable une hausse de trois points », qui permettrait de dégager 60 millions d’euros.

« S’il y a un problème de trésorerie... »

Le directeur général de Presstalis, Rémy Pflimlin, n’a pas pu être joint lundi pour commenter les criantes différences entre ses déclarations de jeudi et ce compte-rendu. La semaine dernière, il faisait une déclaration qui devrait mécontenter les éditeurs :

« Si il y a un problème de trésorerie, il faudrait examiner la possibilité de payer plus tard les éditeurs. »

Or ceux-ci sont déjà étranglés par la crise... Interrogé sur d’éventuels changements de situation depuis le 25 septembre, un porte-parole de Presstalis a rappelé que la baisse du chiffre d’affaires se stabilise (-7% prévus sur 2009) et évoqué « 20 millions d’euros d’économie réalisées », sans plus de précision :

« Les débats dont vous faites état ne sont pas publics, seulement une trentaine de personnes à Paris sont au courant. Il y a une crise, ça va mal, mais des mesures sont prises et les choses sont sous contrôle. »

La distribution de la presse, et la situation économique de son principal acteur français, les NMPP, est un problème récurrent pour le gouvernement et les acteurs de la filière. Cette question devait être abordée lors des états généraux de la presse en 2008, mais les débats ont surtout abouti à un plan de modernisation de la distribution, et non à une refonte totale du modèle économique. Qui semble pourtant de plus en plus indispensable.

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  • Prolo du livre
    • Posté à 12h49 le 15/12/2009
    • Internaute 12784

    C’est bête, mais les libraires n’ont rien à voir avec les nmpp...
    Les nmpp ne s’occupent que de Presse, pas de Livre.

    Pour les pitbull anti-cgt, je re-post ce que j’avais déjà re-posté :
    Lien

    « Si les imprimeurs ont un poids sur leur patronat du fait qu’il peuvent bloquer la production, c’est le cas de n’importe quelle grève, c’en est même le but et le principe. On ne peut leur reprocher de s’être battus pour obtenir de meilleurs conditions. [...]
    Si il n’y a qu’un seul syndicat puissant dans la Presse (la c.g.t.), il y en a d’autres (je saurais bien incapables de vous les citez mais ça m’étonnerait que Sud, f.o., ou autres n’essayeraient pas de rentrer dans ce secteur), et si il n’y en a pas d’autres, ce n’est pas par interdiction mais par manque d’opposition, ou de volonté d’entrisme.

    Ensuite, si l’ensemble des ouvriers votent pour un seul syndicat, où est le problème ?
    Pour vous, visiblement, c’est son poids, mais c’est le principe même !

    Un seul syndicat semble vous dérangez, mais il est logique qu’un syndicat efficace (denrée extrêmement rare de nos jours) soit reconduit, puisqu’efficace.

    Alors monopole, peut être, mais pas imposé, juste que c’est le seul présent et qui fait relativement bien son boulot. »

    J’ai lu une référence au port de Marseille un peu plus haut. Dire que le port a été coulé à cause des syndicats est un mensonge propagandiste.
    Le J4 a été fermée il y a deux/trois ans, et l’on redécouvre que l’on a à nouveau besoin d’un môle (au frais du contribuable et au bénéfice de Vivendi), donc nouveau projet. Idem pour les chantiers navals de La Ciotat, bénéficiaire mais fermés sur volonté parisiennes. (Lire Une Histoire universelle de Marseille aux éditions Agone).

    Ensuite, ceux qui critiquent vertement le syndicat du livre, semblent oublier que le patron à 49 % n’est autre que Lagardère, le frangin du patron. Même pour les bobos, et les gauchistes rosée du p.s., il semble surprenant qu’entre Lagardère/Matra/hachette et la cgt, ce soit le premier qui pense au bien-être des employés, et décide d’une gestion « intelligente et humaine »...

    Et dire que les « torchons » sont mal distribués en presse... Vous mettez les pieds dans un kiosque de temps en temps ? Parcqu’il me semble que l’on trouve plus facilement Gala et Voici (les journaux du patron) que Le Plan B, CQFD, L’Humanité ou La Décroissance...

     
    • Prolo du livre
      • Posté à 12h52 le 15/12/2009
      • Internaute 12784

      Et comme quoi on en a déjà parlé :
      Lien

      Et autres… :
      Lien

      Lien

      Et même ici, où je me suis retrouvé d’accord avec Pedro :
      Lien

    • Les Grands Champs
      Les Grands Champs répond à Prolo du livre
      Retraité, le doigt là où ça (...)
      • Posté à 14h16 le 15/12/2009
      • Internaute 61722
        Retraité, le doigt là où ça (...)

      Qui livre les journaux chez les libraires ?

      La suite de votre diatribe ne me concerne pas vous faites des confusions dans votre comm. !

      Je mets les pieds plusieurs fois par semaine dans une librairie et la presse que vous citez n’a pas ma faveur, mais des personnes l’achètent ET lisez bien le comm. précédent, vous lirez que j’y reprenais le terme « torchons » !

      Quelques petits manques vous animent.

      • Prolo du livre
        • Posté à 12h34 le 19/12/2009
        • Internaute 12784

        1° J’ai bien précisé « pitbull anti-cgt ». Pas de confusion.
        2° C’est bien vous qui faite une confusion : Une librairie ne vend pas de Presse ! Elle vend des Livres. Ce sont deux systèmes de diffusion/distribution totalement distincts.
        3° Donc les manques...

        Salut Déluge !
        Ben oui les Livres et le Syndicalisme, je mords ! ! !
        Y’a trop de Mistral pour la pêche, donc pour une fois derrière l’ordi !

        « La haine t’appartient
        ce combat est le mien
        tu aimes violer les riches
        avec ton pied de biche
        pour toi ce sont des chiens
        et j’en fais des putains
        tu n’aimes pas ceux qui trichent
        j’me sauve par la corniche
        sur ton terrain de chasse
        où le luxe a sa place
        t’as violé un vieillard
        dans un quartier Richard
        et partout où tu passes
        la police me menace
        on traque le renard
        et c’est moi le renard !
        Mais tu sais te cacher
        quand il y a du danger
        tu choisis qui frapper
        j’ligote mes prisonniers
        tu donnes des ordres brefs
        en jeans et en baskets
        et tu encules les chefs
        une cagoule sur ma tête
        ton combat personnel
        ma vengeance est cruelle
        tes victimes violées
        je me fais un café
        puis tu fais la vaisselle
        avant d’me faire la belle
        tu es le déglingué
        je connais bien l’armée

        Le renard est armé
        fusil canon scié
        les riches vont payer
        je vais les enculer
        le renard est violeur
        c’est mieux que d’être éventreur
        il sème la terreur
        je fuis comme un voleur
        il est jeune, mince et froid
        je n’éprouve plus d’angoïsse
        il ne s’énerve jamais
        je donne des ordres brefs
        il viole les bourgeois
        je me fous de la loi
        de tous âges de tous sexes
        je sais ce qui est laid ! ! !

        Oh malheureux renard
        les milichiens t’ont eu !
        oh malheureux renard
        ta rage n’est pas perdue ! »

        Béruriers Noir - Le Renard

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 23h25 le 15/12/2009
      • Internaute 29846
        menuisier

      Bonsoir Prolo !

      Et vive la hargne.

    4 autres commentaires
  • Compte supprimé le 3 janvier 2
    Compte supprimé le 3 janvier 2
    Collectionneur d'armures.
    • Posté à 06h49 le 15/12/2009
    • Internaute 88342
      Collectionneur d'armures.

    « 300 000 euros à 55 ans »
    Pas besoin de faire des études : voilà ce qu’on peut toucher à 55 ans quand on appartient au syndicat du Livre.
    Au lieu d’attaquer Sarkozy, comme ils le font connement et lâchement, les journalistes auraient dû et devraient attaquer les racketteurs mais ils n’en ont pas le courage, à l’exception de Jeoffrin auquel il faut rendre hommage. Voilà où conduisent les lois sociales, à l’iniquité la plus abjecte, avec la bénédiction de tous les bovidés du PS... et de ce blog !

    • Georges65100
      • Posté à 11h51 le 15/12/2009
      • Internaute 98611
        Visiteur

      se lever de si bonne heure pour écrire des bêtises .. franchement ...
      et combien coûtera le fils Sarkozy à 55 ans ...
      vous savez celui qui a loupé sa seconde année de droit ...
      C’est même pas 5 ans de droit et le reste de travers comme disait Coluche ...
      Pauvre umpiste incompétent !

  • kkadim
    kkadim
    service public rhone alpes
    • Posté à 06h49 le 15/12/2009
    • Internaute 24768
      service public rhone alpes

    juste une question : ça a couté combien le changement de nom ( commission pour la boite qui à trouvé le nouveau nom, logo, remise à jour de toute la signalétique, de tous les documents....).

    • alberich
      alberich répond à kkadim
      fumiste
      • Posté à 07h11 le 15/12/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      Espérons pas trop cher, le nouveau nom est tellement original que google renvoie en premier lien vers une société bretonne qui existe depuis 20 ans.

      Lien

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 07h22 le 15/12/2009
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Après avoir coulé pendant des décennies toute tentative de presse indépendante, hors Hachette-Filipachi-Lagardère, les NMPP sont en difficulté ? Je pleure.

    • alberich
      alberich répond à PIT LE CHIEN
      fumiste
      • Posté à 07h37 le 15/12/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      Dans le principe, l’idée des NMPP n’était pas si mauvaise, elle a permis la diffusion de toute la presse sur l’ensemble du territoire durant des années.

      Le problème vient de la main mise du syndicat du livre, problème que l’on retrouve également dans l’imprimerie.

      • PIT LE CHIEN
        PIT LE CHIEN répond à alberich
        Wouaooouh!
        • Posté à 10h05 le 16/12/2009
        • Internaute 25924
          Wouaooouh!

        Je n’évoquais pas le syndicat du Livre mais l’hégémonie sur les NMPP du groupe Hachette - Filipachi - Lagardère et es méthodes vis-à-vis des kiosquiers à l’encontre des magazines créés en dehors du groupe.

  • minuipile
    minuipile
    testeur info
    • Posté à 09h46 le 15/12/2009
    • Internaute 97838
      testeur info

    Le progrès est inévitable,

    Gutenberg en avait fait un outil démocratique. Aujourd’hui remplacé par le numérique, le livre va devenir un outil vintage prochainement ^^

    Un cadeau que l’on offre et que les gens vont vraiment feuilleter les « papy » montreront à leur petits enfants comment on utilisait un livre... Non mon petit tu ne l’as pas cassé en deux, tu l’as juste ouvert. Je vais donc te raconter l’histoire...

    Je n’accuserais nullement les CGT ou autre syndicat d’avoir couler les livres... Pour moi c’était inéluctable.

  • guyome
    • Posté à 10h07 le 15/12/2009
    • Internaute 11884

    Toute cette histoire du syndicat du Livre semble quand même tourner un peu en boucle. Quand on cherche des sources tangibles de tous à tout ça, on tombe sur le bouquin de Emmanuel Schwartzenberg (à l’époque journaliste au Figaro), « Spéciale dernière - Qui veut la mort de la presse quotidienne française ? » et le coup de gueule de Joffrin à la fois juge et parti. J’arrive à trouver des articles du Point (Lien) sur les méthodes musclés mais rien de plus. Rien sur les affaire de cuba, ni de la cache d’arme (l’ajout sur Wikipedia est postérieur à l’article de rue89). Juste du « off », comme qui dirait. Ça sens pas mal l’enfumage, quand même...

    Quand à l’état de la presse elle est connue depuis bien longtemps et que les distributeurs en souffre aussi, ça semble normal. Après, je rappelerai a tout ses gens qui râle sur les communiste de la CGT, qu’aux état unis, les syndicats savent aussi se faire respecter (Lien)

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 10h30 le 15/12/2009
    • Internaute 16438
      ici et là

    Franchement je me demande comment une boite réussit à être déficitaire alors qu’elle est en situation de monopole... Ça sent les mauvais habitudes tout ça...

  • Gorn
    Gorn
    Geek farceur
    • Posté à 10h52 le 15/12/2009
    • Internaute 92890
      Geek farceur

    Ca risque d’être plutot une bonne nouvelle pour le secteur de la presse. Il y a aura besoin d’éditeurs après la faillite des NMPP, c’est l’occasion de recommencer sur des bases plus saines.

  • jcousin
    jcousin
    journaliste
    • Posté à 11h23 le 15/12/2009
    • Journaliste 62562
      journaliste

    J’ai noté avec intérêt deux remarques :

    1)« Après avoir coulé pendant des décennies toute tentative de presse indépendante, hors Hachette-Filipachi-Lagardère, les NMPP sont en difficulté ? »

    2)« Quand on sait que les NMPP n’ont jamais cessé de mettre des bâtons dans les roues des éditeurs qui veulent se passer d’eux pour diffuser leurs canards, comment ne pas se réjouir de la disparition de ce panier de crabes ?

    La loi Bichet voté après la Libération avait comme objectif ’de lutter contre le système Hachette (Monopole) de distribution de l’entre-deux-guerres ».
    Aurait il était réinstauré de façon plus subtile ?

    Par ailleurs Hachette-Filipachi-Lagardère est majoritaire dans la Nmpp, puisqu’ils possédent 49% des parts plus environ 15% des parts des coopératives qui détiennent 51% des Nmpp.

    Certains veulent’ils au travers une faillite de la Nmpp réactualisé le système Hachette (Monopole) de distribution de l’entre-deux-guerres ?

    En outre, comment une entreprise peut elle survivre, lorsqu’un magazine (*les quotidiens ont une problématiques différentes) est vendu 1 euros, c’est impossible.

    Car la marge dégagée totale est d’environ 35 centimes ( pour la rétribution de la chaine de vente des kiosquiers, distributeurs, Nmmp)

    Alors que dans le même temps un magazine (même poids, même format vendu 5 euros rapporte 1,75 euros pour la rétribution de la chaine de vente des kiosquiers, distributeurs, Nmmp).

    La logique élémentaire voudrait qu’à service égale la rétribution soit la même, il faudrait donc facturer un prix fixe en fonction du poids et du format, sans ristournes pour de prétendues effet de volume.

    En effet les kiosques sont encombrés de magazines à 1 ou 1,50 euros, alors que la marge se fait avec des magazines à 5 euros et plus.

    Qui peut vivre avec des produits à 1 ou 2 euros ?
    Personne........................

    *les quotidiens ont une problématiques différentes :
    Forte ventes parfois plusieurs centaines par kiosque, faible poids unitaire, etc... Ils sont donc plus rentable.

    Hachette Filipachi Lagardere

  • Eric F
    Eric F
    trader
    • Posté à 12h38 le 15/12/2009
    • Internaute 49991
      trader

    Effectivement, le bruit de « dépôt de bilan » court depuis quelques mois. Banquier des éditeurs, banquier des détaillants, c’est un vraie performance ! Qu’il est loin le temps où le champagne coulait à flot tous les soirs aux NMPP...
    On peut certes accuser la CGT et le coût social exorbitant du moindre reclassement ou licenciement, mais on peut aussi légitimement se poser des questions sur les directions qui ont signé de tels accords, les ont fait perdurer jusqu’à aujourd’hui...
    À quand des éditeurs courageux attaquant Arnaud Lagardère pour « mauvaise gestion » ? En août 2010 ou avant ?

    • DBL8
      DBL8 répond à Eric F
      Retraité
      • Posté à 05h49 le 16/12/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      « ... les directions qui ont signé de tels accords... »

      Avaient-elles le choix de ne pas signer ?
      NON ! Car il y avait la menace de grève dans les imprimeries.

      Rappelez-vous ce qu’il s’est passé pour « le Parisien », entre autre.

  • Le Mitterand
    Le Mitterand
    manque d'r mais pas d'air
    • Posté à 12h49 le 15/12/2009
    • Internaute 70744
      manque d'r mais pas d'air

    c’est evident...
    un monopole de la distribution, une fourmiliere de CGTistes... Tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut liberaliser ca.

  • cassino
    cassino
    Auteur
    • Posté à 16h18 le 15/12/2009
    • Internaute 25023
      Auteur

    Mais ils ne savent pas se débrouiller aux NMPP ! 17 millions de déficit ? C’est quoi ça ? Un pourboire de perdu ! A Lyon, on a le journal « Le Progrès » qui a un déficit cumulé de 50 millions et qui se porte comme un charme ; ils viennent même de déménager dans un immeuble flambant neuf, dans le quartier des putes, histoire de se retrouver entre amies.
    Même si tu n’a plus de lecteurs, le principal c’est de cirer les pompes (enfin je reste poli) aux pourvoyeurs de fonds.

  • Presstalis
    Presstalis
    resp. des relations extérieures
    • Posté à 21h08 le 15/12/2009
    • Internaute 99119
      resp. des relations extérieures

    paris le 15 décembre, Précisions de Presstalis :

    En réaction à votre article d’hier soir intitulé « Presse : “ dépôt de bilan ” le terme est lâché aux Nmpp », voici des précisions pour compléter certains éléments, pour la plupart déjà énoncés récemment, notamment lors de la conférence de presse de Presstalis du 11 décembre dernier, qui se réfèrent au plan stratégique Défi 2010 lancé par le groupe Nmpp en 2007.

    Sur les fonds propres :
    Une problématique autour des fonds propres de l’entreprise existe depuis 2008 du fait de la provision de 62 millions d’euros inscrite dans les comptes 2007, pour financer le plan de modernisation dans son aspect social (départs en préretraite à 56 ans autofinancés par l’entreprise sans aucun aide externe pour environ 300 salariés). Dans ce contexte, les fonds propres sont devenus négatifs. La question fait régulièrement l’objet d’échanges, en particulier cette année, du fait de l’accélération de la baisse des ventes et des difficultés induites. La reconstitution prévue des fonds propres - qui concerne au premier chef les actionnaires – a subi de ce fait un décalage.

    Sur la trésorerie :
    Elle est directement impactée d’une part par la baisse forte du volume d’affaires, qui concerne tout le secteur, et d’autre part par les décaissements liés aux départs en préretraite prévus dans le plan. La situation difficile du secteur (dépôts et diffuseurs) impacte négativement le rythme et le niveau des encaissements.
    Ces éléments sont suivis attentivement, toutes les hypothèses sont discutées, mais il n’a jamais été question d’autre chose que de tensions ou de situations très particulières, comme celle spécifique et anticipée du mois août 2010 du fait du faible volume d’activité en cette période estivale.

    Sur la réalisation du plan d’économies et de développement :
    Le plan se déroule conformément à ce qui était prévu : réorganisation industrielles et logistiques sur la distribution des quotidiens et publications (fermeture de Combs-la-Ville, remplacement du centre de Stains par un nouveau centre à Gonesse, début de l’intégration de certaines ARM dans des dépôts du groupe), départs de salariés en préretraite, etc. A fin octobre 2009, les charges annuelles étaient mêmes inférieures au budget prévu de 3 millions d’euros. Le montant global d’économies était prévu à 30 millions d’euros à l’issue du plan. Face à la crise aggravée cette année, ce montant a été relevé à 50 millions d’euros (soit 15% des charges) grâce au déménagement, à de nouvelles économies dans les centres ainsi qu’au siège social.
    En outre, la politique volontariste de développement et d’amélioration du réseau se poursuit (développement des points de vente, assortiment et plafonnement, etc.), de même que le développement de nouvelles activités se poursuit (accord avec Kiala, extension de l’accord avec Editis notamment).

    La distribution de la presse écrite en France est confrontée à une crise des ventes qui impacte tous ses acteurs, comme d’ailleurs dans l’ensemble des pays occidentaux.
    Cette crise a été largement débattue ces derniers mois, dans le cadre notamment des Etats Généraux de la Presse Ecrite (EGPE) organisés par les pouvoirs publics. Des réformes ont été par la suite engagées, et des restructurations envisagées, tout particulièrement au niveau 2 (dépôts). Comme tout acteur majeur impliqué dans son secteur, Presstalis prend et prendra toutes ses responsabilités, comme il l’a toujours fait.

  • CPP
    CPP
    Coopérative de la presse (...)
    • Posté à 15h19 le 16/12/2009
    • Internaute 99190
      Coopérative de la presse (...)

    Le Conseil d’Administration de la Coopérative de la Presse Périodique déplore unanimement la divulgation malveillante d’un projet de compte-rendu de procès-verbal (pas encore approuvé) et rappelle que les échanges entre administrateurs -par nature libres et confidentiels- ont aussi pour vocation l’étude de différentes hypothèses de travail.

    Le Président de la Coopérative de la Presse Périodique, Monsieur Jean de MONTMORT, estime « qu’une telle divulgation -le jour même du changement de nom des NMPP en PRESSTALIS et de l’emménagement dans son nouveau siège social- n’est pas le fait du hasard et relève clairement d’une stratégie délibérée et irresponsable de déstabilisation externe ».

    • Eco89
      Eco89 répond à CPP
      • Posté à 15h27 le 16/12/2009
      • Internaute 54634

      Si Eco89 a décidé de publier ce communiqué (ce que ne demandait pas la CPP), nous en désapprouvons totalement les qualificatifs : en publiant cet article, notre but n’était pas « malveillant », ni de « déstabiliser » quiconque, mais d’informer.

  • philoguide
    philoguide
    ouvrier du Livre
    • Posté à 07h04 le 17/12/2009
    • Internaute 57594
      ouvrier du Livre

    Communication de la Section Messageries NMPP/Presstalis

    Grandes manœuvres dans la distribution
    de la presse

    Le temps de changer de nom (les NMPP sont devenues Presstalis depuis lundi dernier) et d’occuper de nouveaux locaux, la première société de messagerie de presse de France serait au bord du dépôt de bilan.
    Une information diffusée sur le site internet Rue 89 qui aurait consulté un « document confidentiel » émanant d’une des cinq coopératives de presse détenant 51% du capital de Presstalis (ex NMPP).
    Ce qui était soi disant confidentiel ne l’est plus désormais, grâce au talentueux journaliste Augustin Scalbert, spécialiste des Médias de Rue 89. Mais comment et pourquoi ce document strictement interne s’est retrouvé par miracle dans les mains de « Saint » Augustin ?
    D’aucuns diront : rien de plus normal ! N’y aurait-il pas d’ailleurs une trentaine de personnes sur la place de Paris déjà au courant des « difficultés » des NMPP et des mesures envisagées pour y remédier ?
    Cependant nous soupçonnons les « confidences » de ce journaliste d’arriver au bon moment pour ceux qui rêvent de régler rapidement le sort de la société de messagerie NMPP / Presstalis.
    Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que M. Scalbert ne porte pas les Ouvriers du Livre dans son cœur. Ce dernier a eu particulièrement l’encre mauvaise pour relater le conflit des NMPP en 2008. Aujourd’hui, il semble se délecter des effets que pourrait avoir son annonce sur les acteurs de la distribution, notamment les salariés des NMPP / Presstalis.
    Dans la mesure où ce document n’avait plus le caractère confidentiel, il aurait été judicieux de nous le présenter dans sa version intégrale pour nous permettre une lecture plus objective.
    En effet, les propos, tirés par-ci par-là, ne reflètent pas forcément l’esprit de ce document et les éléments comptables cités ne donnent pas plus de crédit à l’ « exclusivité » de M. Scalbert.
    Ceci étant dit, nous devons nous interroger sur les motifs et les intérêts qu’ont les responsables d’une coopérative de presse d’apporter de l’eau au moulin de ceux qui veulent enterrer le système coopératif de distribution. A ce titre, la conclusion de M.Scalbert est une réponse qui a le mérite d’être claire puisqu’elle suggère une « refonte totale du modèle économique » du système.
    Ce qui veut dire dans un langage clair : mettre un terme à tout ce qui contribue depuis plus de 60 ans à assurer une distribution égalitaire de toute la presse et ce quel que soit l’importance et la nature des titres. Cet objectif de remise à plat du système ne date pas d’aujourd’hui, les NMPP ont été régulièrement depuis leur création en 1947 l’objet de tentatives de sabordage.

    Les principes d’égalité de traitement des titres de presse et de solidarité entre les éditeurs n’ont jamais fait bon ménage avec les principes du libéralisme auxquels adhèrent facilement les mastodontes de l’édition dont fait partie le groupe Lagardère, opérateur des NMPP/Presstalis. Marie Bénilde, journaliste au Monde Diplomatique avait déjà évoqué en novembre 2002 cette politique de désengagement : « Avant de lâcher les NMPP, il convient cependant de mettre la maison en ordre pour le compte des éditeurs de magazines… ».
    Ainsi, le Groupe Mondadori France a décidé tout récemment de confier la distribution de ses titres phares aux Messageries Lyonnaises de Presse (MLP). Celles-ci, bien entendu ne ratent pas les occasions pour dénoncer le « monopole » des NMPP alors qu’elles ont toujours tiré de nombreux avantages du réseau et du savoir faire de ces dernières.
    Certes, la situation de la presse n’est pas resplendissante, les baisses des ventes sont une réalité que personne n’ignore. Mais, faut-il pour autant casser un système qui a fait ses preuves en matière de diffusion et surtout accessible à tous les éditeurs ?
    Cette croisade contre les NMPP pourrait bien être une réplique de la crise de la distribution au lendemain de la dernière guerre où les Messageries Françaises de Presse (MFP)- mises à mal par le transfert organisé des titres au sein de la société de distribution d’Hachette, L’Expéditive - ont finalement rendu l’âme.
    Il n’est peut être pas l’heure de faire des comparaisons historiques, il n’en demeure pas moins que les arguments avancés par certains éditeurs sont assez explicites pour prendre au sérieux ces manœuvres dont M. Scalbert se fait le propagandiste.
    Le « dépôt de bilan » des NMPP serait donc à l’ordre du jour dans les neufs mois qui courent si…
    Si quoi ? Qu’est ce qui pourrait bien changer au niveau de la trésorerie de la société de messagerie si les éditeurs continuent à tirer sur la corde comme ils le font depuis deux décennies ? N’oublions pas que ces derniers sont clients et actionnaires des NMPP et qu’à ce titre, ils fixent par l’application de barèmes le coût de l’intervention de la société.
    Ainsi, depuis dix ans, ils se sont octroyés un point de remise par anticipation sur des économies qui n’ont jamais été réalisées. Ce sont donc plus de 200 millions d’euros qui n’auraient jamais dû s’évaporer des caisses des NMPP. Ces sommes auraient pu être utilisées notamment pour développer le réseau de vente et rémunérer à leur juste valeur les diffuseurs.
    Ceux qui brandissent aujourd’hui le spectre du dépôt de bilan étaient hier responsables de décisions économiques et industrielles qui ont conduit à cette situation. Nous ne comptons pas les largesses entre « amis » accordées aux éditeurs et imprimeurs au détriment du système de distribution. Si nous additionnons toutes les opérations financières hors fonctionnement effectif des NMPP, nous serions aujourd’hui dans une posture comptable que beaucoup de dirigeants de sociétés nous envieraient.
    Saint- Augustin, le théologien disait dans ses confessions : « la nécessité ne connaît pas de loi ». C’est précisément ce que pensent les détracteurs du système de distribution qui ont en tête de mettre la clé sous la porte et d’abroger la loi Bichet du 2 avril 1947…
    Gonesse, le 16 décembre 2009

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