Pourquoi toujours préciser « conformément à la réglementation » après des mentions comme « sans colorant » ?
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J’ajoute aux remarques d’Homer un extrait du code de la consommation, Lien qui doit avoir son rôle à jouer :
L’étiquetage ne doit comporter aucune mention tendant à faire croire que la denrée alimentaire possède des caractéristiques particulières alors que toutes les denrées alimentaires similaires possèdent ces mêmes caractéristiques.
En gros, du moment que la réglementation définit (par exemple) qu’une boisson prétendant à l’appellation « jus de fruit » est « sans colorant », l’étiquetage « sans colorant » tout court ne suffirait pas car il insinue que ce jus de fruit aurait pu se voir ajouter des colorants, que ce n’a pas été le cas, mais que les concurrents produisent peut être des jus de fruit d’une autre qualité... Alors que non, tous les jus de fruit, du moment qu’ils s’appellent jus de fruit, ont les mêmes caractéristiques du point de vue de l’ajout de colorant, et le fabricant ne peut se parer d’un avantage concurrentiel qu’il n’a pas.
Le fabricant aurait aussi pu ne pas mentionner l’absence de colorants je suppose, mais j’imagine que le marketing est moins efficace.
Je serais assez curieux de savoir s’il y a quelque chose de plus précis dans la loi, et si la réglementation européenne a eu son rôle pour compléter sur ce point la loi française.
Je me demande s’il ne s’agit pas simplement d’un argument marketing. Comme pour le jus d’orange, où il est systématiquement mis en avant le fait que c’est à base de pur jus, sans conservateur, encore une fois « conformément à la législation en vigueur ». Ca me fait un peu penser à ces entreprises qui pondent des chartes sur les relations sociales, qui dégoulinent de bons sentiments et de lapalissades (du genre « nous nous engageons à lutter en faveur de l’égalité entre les minorités visibles et le reste de la société ») : encore heureux ! Mais ça permet de s’acheter une bonne conscience.
Cette mention permet, en fait, d’utiliser des conservateurs, ou des colorants, etc, tout en indiquant qu’il n’en est pas fait usage !
Si, par exemple, la législation permet d’utiliser un conservateur dosé à moins de x/100, sans obligation d’indiquer son usage, l’industrie pourra faire figurer la mention « SANS CONSERVATEUR » en gras, et « selon la législation » en tout petit.
Ainsi, les mentions « pur bœuf » sur l’emballage des steachs haches ne signifie pas « pur muscle » ; « sans sucre ajouté » ne veut pas dire qu’on a pas sucré un peu la boisson concernée (comment expliquer autrement la rigoureuse exactitude du taux de sucre dans des jus « 100% fruits » ?) ; même la farine panifiable peut comporter, sans en informer le consommateur, quelques traces de corozo, un vieux plastique. Cette tolérance, née pendant la guerre, a fait l’objet d’une loi jamais abrogée...).
Toutes ces mentions ne sont pas là pour protéger le consommateur, mais pour mieux le tromper. L’industrie alimentaire cherche par tous les moyens à faire baisser ses coûts, et se soucie peu de la qualité des produits qu’elle vend.
Ainsi, dans les plars cuisinés contenant du riz ou de la semoule, trouve-t-on désormais de la sphaigne.
Késékça ? Oh, rien, un végétal non-alimentaire qui retient plusieurs dizaines de fois son poids en eau. On l’utilise depuis des années pour l’élaboration de couches-culottes et de garnitures périodiques. C’est pas dangereux. Enfin, on sait pas, c’est une plante. Mais c’est vach’ment bien : beaucoup moins cher que le riz...
La mention de l’usage de sphaigne en-deça d’une certaine quantité n’est pas obligatoire... « conformément à la réglementation »...
Mes cours d’agro alimentaire sont un peu loin.
Oui, on peut trouver du sucre dans un produit sans sucre, du colorant dans un produit sans colorants et des OGM dans un produit sans OGM...
Le mot « sans » sur un produit fait partie des mots donnant une information quantitative sur ces produits (riche en, source de, allégé en, sans ... ajouté, à teneur réduite/garantie...) et sur lesquels il faut légiférer sans quoi les industriels marqueraient ses allégations au « feeling » (Genre marquer riche en vitamine C parce que le produit en contient 0.00001g pour 1Kg).
Donc toutes ces allégations ne peuvent être inscrites que si ces additifs restent dans les plages de quantité prévues par la loi.
Jusque là c’est pas dur.
Il faut faire preuve d’ouverture d’esprit pour admettre que, pour la loi, « sans » n’est pas synonyme de 0. Le mot « sans » peut être utilisé si le produit contient entre 0 et, par exemple, 0.5g /100g de produit.
L’explication est en fait assez terre à terre. Il est impossible de contrôler un prossess industriel de bout en bout. Les machines de fabrications servent à produire plusieurs produits (Le gâteau au chocolat puis celui à la vanille) , de plusieurs gammes dont la recette change (premier prix, MDD, marque nationale, bio) et pour plusieurs pays à la législation différente. Entre chaque changement de recette sur la machine, il peut rester de traces de la recette précédente et il est donc impossible de garantir le 0g dans une recette à moins de ne jamais utiliser ce produit pour aucune recette. Bien sur, ça reste des quantités ultra réduite, mais pas le 0 mathématique.
Une bonne indication est celle des produits allergènes. Combien de produits ont sur le dos la mention « produit fabriqué dans un atelier utilisant du ... » ou « contient des traces de... » ? On se rend compte qu’un accident de prossess est vite arrivé.
Pour bien montrer aux clients que c’est le mot « sans » selon la définition de la loi et pas « sans » selon la définition des hommes qui est utilisé, les industriels rajoutent donc la mention « conformément à la loi ».
Ça c’est le point positif valable pour les sucres, graisses OGM...
Pour les colorants et conservateurs c’est beaucoup plus pervers et ultra simple. La mention « Sans colorant/conservateur conformément à la loi » implique que aucun colorant ou conservateur interdit pour le type de produit que vous regardez n’est utilisé mais que les autres peuvent être dedans puisqu’ils sont permis. un peu con comme allégation j’en convient.
Attention à ne pas tout diaboliser non plus :
Vous lisez sur une étiquette « acide ascorbique ». Première réaction ? « Beurk, caca industriel ! ». E300 ? Même réaction. Avouez, c’est on ne peut plus normal...
L’acide ascorbique ou E300 est en fait un excellent anti-oxydant et est... de la vitamine C.
Sur tous les additifs que je connais, un grand nombre sont naturels et seul 5 sont réellement dangereux selon les test dont... le très utilisé aspartame. Les autres sont juste interdits.
Rendez vous ici pour analyser les étiquettes de ce que vous achetez et faire vos choix en connaissance de cause :
Lien
C’est long, chiant mais c’est la santé.




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