Tribune 12/12/2009 à 10h49

« L'Inra m'a payé 15 € pour un sondage idiot sur les crevettes »

Jérôme Godard | mangeur de crevettes


En une demi-heure, j’ai gagné 15 euros en remplissant un questionnaire sur les crevettes. C’est de l’argent public, j’ai honte et je suis en colère. Vous réclamez des explications, les voici.

Il y a deux semaines environ, une opératrice de télémarketing m’appelle chez moi. Je lui laisse sa chance car c’est un boulot ingrat. Elle est assez douée. Elle arrive à me convaincre de participer à une enquête sur la consommation des crevettes.

C’est incongru mais j’accepte par curiosité. Je reçois quelques jours plus tard une lettre de convocation à l’en-tête de « l’Institut national de la recherche agronomique ». L’INRA est un établissement public qui dépend à la fois du ministère de la Recherche et du ministère de l’Agriculture.

Je suis convié à participer à une « séance » à 18 heures précises dans une salle d’AgroParisTech, « l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement ». C’est rue Claude Bernard, dans le Ve arrondissement. Dans la salle de classe, ambiance studieuse : nous sommes douze, hommes et femmes, plutôt entre deux âges, pas de très jeunes, pas de très vieux, pas de « minorité visible ». Drôle de panel, mais passons.

Combien la barquette de crevettes ?

On nous remet plusieurs questionnaires qu’il faut remplir prestement grâce à un stylo Bic aimablement fourni. Le premier questionnaire est destiné à déterminer le profil du participant.

Ensuite, très vite, on vous teste sur les crevettes.

On vous demande d’abord quel prix vous acceptez de payer pour une barquette de crevettes de 100 grammes vendues sous vide dans la grande distribution. Je flaire le piège et je place la barre très haut et je dis 4 euros, ce qui est exorbitant.

Le problème se corse avec le questionnaire suivant : on vous indique que ces crevettes ont été produites dans des conditions environnementales peut-être discutables. Allez-vous revoir vos tarifs ? Je ne change pas mes prix : ma barquette de crevettes reste à 4 euros (ce qui est encore extrêmement cher, j’en conviens).

Ca se gâte pour la crevette

Autre questionnaire encore plus pressant et volontairement déstabilisant : on vous précise maintenant que ces crevettes, élevées dans un milieu presque putride, ont été conditionnées par des esclaves, enchaînés sous les fers de la mondialisation (j’exagère à peine, ce n’est pas formulé de cette façon mais c’est ce qu’on est prié de comprendre).

Nouvelle question : allez-vous changer votre barème pour cette crevette dégueulasse qui exploite le tiers-monde ? Moi, je ne change rien. Ma barquette vaut toujours 4 euros.

Mon intention se précise : je veux saboter par tous les moyens ce sondage débile de l’Inra.

Un nouveau questionnaire, le dernier, nous est proposé. Là, c’est le bouquet : la crevette élevée dans des eaux nauséabondes, récoltée par des populations étrangères et serviles, cette crevette criminelle mérite-t-elle le label « identité française » ?

Evidemment, les questions ne sont pas posées de cette façon. Mais c’est ainsi que le questionnaire est orienté. Je remplis les formulaires en vitesse mais avec application. Le truc est bouclé en 30 minutes chrono.

Un sbire poli pose devant moi 15 euros en liquide en échange d’une signature et de la présentation d’une pièce d’identité.

En sortant, j’interpelle une jeune femme bien sous tous rapports qui avait l’air de superviser les choses.

Interrogations méthodologiques

Je lui demande si c’est l’Inra (organisme financé par mes douloureux impôts) qui a pondu ce questionnaire percutant à propos des crevettes. « Oui », me répond-elle.

Je lui objecte qu’à mon avis, toutes les questions auxquelles j’ai répondu me paraissent dangereusement biaisées, exagérément environnementalistes et idéologiquement douteuses.

La jeune femme bien sous tous rapports de l’Inra n’a pas l’air de comprendre mes objections. Elle me rétorque, avec une belle assurance, que le questionnaire est conforme « aux normes européennes ». Ça ne me rassure pas vraiment.

Je m’éclipse.

J’ai empoché indûment 15 euros, comme les autres personnes présentes. C’était le paiement promis. C’est du fric de la République française. C’est une toute petite partie du pognon de mes impôts. Total : 180 euros pour toutes les personnes présentes.

Il faut ajouter à cette somme relativement minime les émoluments indéterminés des « chercheurs » de l’Inra qui ont imaginé depuis des semaines ou des mois cette enquête fondamentale sur les crevettes et qui vont maintenant décrypter pendant des semaines et des mois les résultats de ce sondage vaseux que j’ai volontairement sabordé avec des réponses excessives et absurdes.

L’Inra cherche

C’est un questionnaire auquel 12 personnes ont répondu ce soir et qui va déboucher sur quoi, au juste ? La politique sanitaire de la France à l’égard des crevettes pourries venues de l’étranger va-t-elle prendre une nouvelle orientation ? De qui se moque-t-on ?

La recherche publique en France, c’est donc ça ? C’est ce questionnaire tendancieux et inutile préparé par un organisme public, dans des locaux publics, avec des citoyens comme moi, dédommagés par de l’argent public, chauffés et éclairés par un budget public ? C’est une goutte d’eau, certes. Mais ça en dit long sur un état d’esprit.

Je ne suis pas fier d’avoir été complice de cette pathétique mascarade. Je garde néanmoins mes 15 €. Je vais aller m’acheter des crevettes venues du tiers-monde, élevées dans des conditions indignes et dégradantes, des méchantes crevettes qui polluent la planète. Avec l’argent de l’Inra, je devrais pouvoir me payer en prime un peu de mayonnaise

Aller plus loin
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    • 127 réactions
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    • ApollonduRéverbère
      • Posté à 11h02 le 12/12/2009
      • Internaute 15757

      Eh bien vous voyez, vous avez servi de cobaye. Ca ne vous rappelle rien ? I comme Icare. A la fin du film, le vôtre, vous empochez les 15 euros malgré vos objections de conscience. Ils sont malins les scientifiques quand ils sont pilotés par les politiques, hein ? Bon appétit.

    • Benjisite
      Benjisite
      (entrepreneur)
      • Posté à 11h05 le 12/12/2009
      • Internaute 51820
        (entrepreneur)

      L’inra ne s’adapterait-elle pas plutôt aux méthodes des groupes privé ?
      Cet article ne mériterait-il pas un exposé de la bonne méthode de sondage selon vous ?

    • Anabase
      Anabase
      chti
      • Posté à 11h06 le 12/12/2009
      • Internaute 48813
        chti

      L’époque est très fertile en bêtises de toutes espèces. Continuons à les dénoncer, quand même cela ne semble pas faire changer.

    • funkystefffff
      funkystefffff
      écolo antipathique
      • Posté à 11h08 le 12/12/2009
      • Internaute 55257
        écolo antipathique

      Et dire qu’il n’y a pas de sous dans les caisses, le CNRS doit se serrer la ceinture !
      Fermez l’INRA, qui a pour but : nous faire manger de la merde, des OGM, éliminer les diversités d’espèces pour ne conserver que les plus productives et les doper.

      • Jalex78
        Jalex78 répond à funkystefffff
        chercheur
        • Posté à 12h25 le 12/12/2009
        • Expert 93465
          chercheur

        Haha, typiquement le genre de guignol qui refuse de se faire vacciner parce que c’est un gouvernement de droite qui est au pouvoir ! C’est SUPAYYYYRRR tu es indépendant mec, tu luttes bravo ! faut aller plus loin, faut pendre les scientifiques qui nous pourrissent notre planète en nous détraquant le climat avec des bombes atomiques ! ! ! ! -_-

        • funkystefffff
          funkystefffff répond à Jalex78
          écolo antipathique
          • Posté à 01h10 le 13/12/2009
          • Internaute 55257
            écolo antipathique

          Je ne me fais pas vacciner parce que j’ai moins de chance de mourir de la grippe que d’un accident de voiture. Je n’ai pas fait vacciner ma fille parce que son pédiatre (sûrement un « guignol etc... ») nous a clairement conseillé de ne pas le faire.
          Vous devez avoir la constante impression d’être cerné par des cons : bon courage ! ! je serai bon prince, pour cette fois, je compatis à votre mal de vivre, je ne vous pendrai pas.

           
          • vino
            vino répond à funkystefffff
            oenologue
            • Posté à 14h09 le 13/12/2009
            • Internaute 58851
              oenologue

            Et s’ils réduisent encore la vitesse de 10% vous ne ralentirez pas parce que vous moins de chance de mourir d’un accident de voiture que d’une attaque cardiaque ? Avouez qu’à tourner un peu en rond, mieux vaut que ce soit dans un cercle vertueux plutôt que vicieux.
            Si l’INRA n’existait pas et ne faisait pas ces sondages parfois presque foireux, l’agro-alim serait largement plus pourrie encore. Ca vaut ses 15 euros.

            • funkystefffff
              funkystefffff répond à vino
              écolo antipathique
              • Posté à 00h08 le 14/12/2009
              • Internaute 55257
                écolo antipathique

              Vous ne m’en voudrez pas si je ne participe pas à votre polémique presque trollesque. Vous risqueriez d’arriver trop vite à court d’arguments. Bonne soirée quand même !

          2 autres commentaires
    • 14240
      14240
      retraité
      • Posté à 11h09 le 12/12/2009
      • Internaute 95774
        retraité

      Excellent ! ! ! ! ++++++++++1111111111

    • nickcr33
      nickcr33
      webmaster
      • Posté à 11h13 le 12/12/2009
      • Internaute 66474
        webmaster

      ça pour une tribune c’est une tribune ! qui pour dénoncer un biaisement force le trait et fait au final caricature et procès d’intention en un seul tour.
      Le pire étant l’amalgame entre l’Inra et l’état / le gouvernement actuel ; au final l’auteur ne fait qu’amener de l’eau au moulin du gouvernement qui voudrait bien privatiser ou prendre la main sur l’Inra et le Cnrs qui sont encore relativement indépendants.

    • Barbatruc
      Barbatruc
      Jedi
      • Posté à 11h15 le 12/12/2009
      • Internaute 92719
        Jedi

      Quel scandale monumental ! C’est énorme ! Ça mérite bien d’être publié en page d’accueil de Rue89... J’espère que le rapport final de la sauterie de Copenhague en tiendra compte !

      Faut dissoudre l’INRA, je ne vois que ça !

    • citrouille
      citrouille
      gerboulade permanente
      • Posté à 11h29 le 12/12/2009
      • Internaute 33365
        gerboulade permanente

      Les crevettes sont l’aberration ecologique maximale. Elevees en Norvege (ca fait bien sur l’etiquette) elles partent en Asie pour se faire décortiquer et reviennent ensuite en Europe. Au prix de baril, les décortiqueuses et les décortiquées ne sont pas lourd payées. Les « transformeurs », si.
      Et les dites crevettes n’ont pas vraiment le gout de crevettes, vu leur nourriture au maïs OGM et aux colorants pour faire crore qu’elles ont mangé comme le screvettes cotieres.
      De la m**** rose.
      L’INRA cautionne, comme d’hab, bravo et bon appétit.

      • Clem
        Clem répond à citrouille
        Bobo sous nicotine.
        • Posté à 15h02 le 12/12/2009
        • Internaute 3295
          Bobo sous nicotine.

        oui, mais je pense qu’il y a aussi une critique de la production de crevette du Bangladesh.
        Dans le delta, au sud du pays, la terre émerge assez peu et des propriétaires chassent les agriculteurs qui y vivent, inondent ces champs, empêchent l’élevage bovin qui nourrit la population, et exploitent les lésés dans une industrie qui est à destination de l’occident.

        rappelons que les ministres de l’agriculture des pays de l’UE ont refusé à l’unanimité l’étiquetage de la provenance de chaque produit sur l’emballage des plats cuisinés. on ne peut même plus choisir l’origine de nos aliments à partir du moment ou il y en a deux qui sont mélangés.

      • a déménagé le 10 décembre
        • Posté à 12h26 le 13/12/2009
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        « l’inra cautionne ? ? ? »
        Je suis pas bien sûr de ça ! Il me semble qu’au contraire, ils essayent de voir quel prix accorde le consommateur au respect de l’environnement et des règles sociales dans ses achats ...
        Par contre effectivement, l’auteur ne mérite pas ses 15 € car il n’a pas répondu en fonction de ce qu’il pensait ...

        PS les crevettes sont le plus souvent produites dans les zones tropicales où on rase les mangroves pour installer l’élevage ... ce qui est encore pire que ce que vous décrivez

    • Jojo2
      Jojo2
      Ancien actif
      • Posté à 11h29 le 12/12/2009
      • Internaute 95629
        Ancien actif

      Il s’agissait d’un sondage sur la validité des sondages.

    • Waldeck
      Waldeck
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 11h30 le 12/12/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      Très bon reportage, Jérome, sur le front de la crevette !

      Mais je n’y vois pas le scandale que vous prêtez à cette pratique.

      En effet, si l’INRA était passé par un organisme de sondage genre IFOP ou SOFRES , cela aurait coûté beaucoup plus que 180 € , sans pour autant être plus rigoureuse.

      Vous avez bien mérité vos 15 € !

      • a déménagé le 10 décembre
        a déménagé le 10 décembre répond à Waldeck
         ? ? ?
        • Posté à 14h59 le 13/12/2009
        • Internaute 42623
           ? ? ?

        non : il n’a pas mérité ses 15 € car il a répondu n’importe comment !
        si tous les sondés ont réagi comme lui, la conclusion de l’INRA sera : allez y, créez encore plus d’élevages de crevettes en rasant les mangroves et sans tenir compte de la main d’oeuvre que vous exploiterez car les consommateurs français s’en foutent...

        Les pauvres travailleurs Malgaches ou Asiatiques exploités pourront alors savoir que ce qui leur arrive est du notamment à Jérôme Godard

    • Brédala
      Brédala
      NB : dernières lignes dans " (...)
      • Posté à 11h31 le 12/12/2009
      • Internaute 63792
        NB : dernières lignes dans " (...)

      « ...Mon intention se précise : je veux saboter par tous les moyens ce sondage débile de l’Inra... »

      Vous vous êtes expliqués sur ce fil, mais les sondeurs ne savent pas que vous avez saboter leur sondage, ils vont prendre vos réponses au pied de la lettre !
      On ne sera pas surpris de trouver en rayon, des barquettes de crevettes de 100g à 4 €, élever dans des conditions abjectes !

      Vous vous en défendez, mais vous cautionnez malheureusement ce système que vous dénoncez.

      Et si c’était vous, l’objet du sondage, à savoir, jusqu’à quel tarif on peut admettre la misère humaine afin d’assouvir pleinement nos envies consuméristes.. ?
      Un coup des Yes-men, peut-être ?

    • unouveaucompte
      • Posté à 11h35 le 12/12/2009
      • Internaute 39715

      j’aime bien les crevettes à 4 euros les 100 grammes avec du safran à 40 euros le gramme

    • alberich
      alberich
      fumiste
      • Posté à 11h38 le 12/12/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      Rien ne dit qu’il s’agit d’argent public, il s’agit peut-être d’une étude effectuée dans le cadre de leurs produits valorisés.

    • dalhug
      dalhug
      Héro professionnel
      • Posté à 11h38 le 12/12/2009
      • Internaute 77074
        Héro professionnel

      Fin d’année il faut liquider les budgets, ils seront reconduit l’année prochaine de la meme somme si leur balance est à zéro sinon baisse substantielle l’année suivante. Alors il faut trouver comment dépenser cet argent dans un laps de temps réduit (décembre) C’est le problème numéro un des administrations publiques en fin d’année.

    • tregnirutuf
      • Posté à 12h02 le 12/12/2009
      • Internaute 75850
         ?

      Je me demande sérieusement comment rue89 peut laisser des bêtises pareilles être publiés.

      Ce questionnaire comme vous le dites si mal est un bon questionnaire, car le test ne porte pas sur les crevettes ( c’est ça le piège ), mais sur la réflexion d’un consommateur lorsqu’il est précisé sur l’étiquètes des produits 0% matière grasse, sans calorie ou autres...

      En gros, en vous donnant des informations sur les conditions du produit, on évalue précisément l’influence des informations présentées sur les prix perçus par le consommateur.

      Malheureusement vous êtes passée à coté d’une occasion de dire que le consommateur est bête et il croit à tout ce que l’on lui dit.

      Il y a des choses très intéressantes à lire sur des tests de ce genre, mais mon préféré est celui du dilemme du prisonnier parmi d’autres ( ceux de Ashe, Milgram, Mayo, Cohen... et plein d’autres qui en apprennent beaucoup sur la nature humaine) .

      Merci de contacter l’INRA avant de descendre injustement dans les médias un institut de cette renommée.

      ps : ici c’est du Cohen il me semble

      • I.P
        I.P répond à tregnirutuf
        Flat4
        • Posté à 13h31 le 12/12/2009
        • Internaute 25391
          Flat4

        Merci !
        Je commençais à me demander si j’étais le seul à avoir remarqué que l’auteur était complètement à côté de la plaque.

        Pour l’auteur, si le sondage ne vous plaît pas, ne répondez pas et n’empochez pas les 15 euros, ça serait un peu plus cohérent que de saboter le travail des gens et prendre quand même leur argent. Et si le panel ne vous semblait pas représentatif c’est peut-être parce qu’ils n’avaient pas mis tous les sondés dans la même salle ?

    • mymy49000
      mymy49000
      Femme active
      • Posté à 11h40 le 12/12/2009
      • Internaute 70853
        Femme active

      Je trouve cette indignation bien exagérée... et cette analyse complètement biaisée puisque votre interprétation de ce sondage est faite sans en connaître les tenants et les aboutissants. Il eût été intéressant d’avoir les véritables questions posées plutôt que leur restitution selon votre interprétation.

      « Je lui objecte qu’à mon avis, toutes les questions auxquelles j’ai répondu me paraissent dangereusement biaisées, exagérément environnementalistes et idéologiquement douteuses. » :

      1) « dangereusement biaisées » : vous devriez de toute urgence postuler à l’INRA si vous êtes capable de déceler le biais dans leurs enquête sur une si brève expérience

      2) « exagérément environnementalistes » : ...

      3) « idéologiquement douteuses » : ce qui est idéologiquement douteux, c’est de tirer d’une expérience de quelques minutes (dont vous ne connaissez pas la méthodologie) des conclusions sur la pertinence des crédits alloués à la recherche...

    • A déménagé le 13-10-2012 2
      • Posté à 11h51 le 12/12/2009
      • Internaute 85164
        non connue

      L’INRA , un panier de crabes ? ? ? ?

    • Badgud
      Badgud
      Athée
      • Posté à 12h54 le 12/12/2009
      • Internaute 75022
        Athée

      Franchement, je ne sais pas si en effet le questionnaire que vous avez rempli mènera à une publication intéressante.

      Néanmoins pour les 15 euros que vous avez récupéré, c’est normal. Il a fallu que vous alliez à AgroParisTech (ce n’était pas gratuit normalement) et en plus vous avez pris sur votre temps pour remplir ce questionnaire.
      S’il n ’y avait pas eu ces 15 euros, l’INRA n’aurait trouvé personne pour remplir ses questionnaires.

      « Mon intention se précise : je veux saboter par tous les moyens ce sondage débile de l’Inra. »
      Ce n’est pas vraiment intelligent, vous ignorez tout de l’intention de l’INRA et pourtant vous mettez un point d’honneur à fausser leurs résultats.

      Bien que je ne fasse pas parti de l’INRA et que je n’ai aucun lien avec cette étude, je vais quand même vous donner des pistes sur les possiblités d’utilisation de cette étude.

      L’INRA bosse probablement avec une société vendant des crevettes pour cette étude (bon ok, jusque là je pense que vous vous en doutiez). Ils voulaient savoir combien d’euros vous pensiez dépenser pour une boîte de crevettes de 100 grammes de qualité (sous vide).
      Et après ils voulaient savoir quel prix vous seriez prêt à mettre au fur et à mesure que la qualité des crevettes diminuait. Ils ont essayé de jauger l’importance qu’a l’environnement à vos yeux. Si vous vous souciez des conditions de travail des personnes les produisant (importance du commerce équitable en quelque sorte).

      Selon les prix que vous indiquiez l’INRA pouvait savoir jusqu’à quel point il pouvait améliorer le processus de fabrication pour l’entreprise avec laquelle cet organisme travaille.
      Est ce que ça vaut le coup de mettre les crevettes sous vide (processus chère) ou si c’était préférable de mettre plein de conservateurs (là ça coûte moins chère). ?
      Se donner une idée de l’importance du marché. Si 8 personnes sur les 12 préfèrent prendre des crevettes de merde, parce que ça leur coûte moins chère, cela signifie que le marché n’est pas si important que ça et que finalement l’INRA ne peut pas se permettre d’investir trop d’argent dans ce projet.

      Enfin si le groupe de personnes était prêt à mettre plus d’argent sur la table pour manger de la nourriture de qualité, que dans le même temps l’idée d’exploiter les personnes du tiers monde les dégoûtait, l’INRA pouvait envisager un processus de meilleur qualité que le « sous vide ».

      Comme procédé plus chère, ils pouvaient envisager la biopréservation par exemple.

      Exemple d’étude qui peut être poursuivi par l’INRA :

      Pour conserver les crevettes, une solution de benzoate-sorbate est utilisée. Les benzoates provoquent des réactions cutanées (l’urticaire principalement) Les symptômes peuvent aussi être des oedèmes laryngés, de l’asthme ou plus rarement de l’anaphylaxie. Le mécanisme de l’intolérance aux benzoates serait dû à l’inhibition de la cyclo-oxygénase.
      Les sorbates ne sont pas des additifs dangereux lorsqu’ils sont ajoutés seuls, par contre en présence de sulfites ou de nitrites, des produits mutagènes sont formés.
      Les consommateurs sont de plus en plus méfiants vis-à-vis des produits chimiques ajoutés dans les aliments, la mention « sans conservateur » est de plus en plus vendeuse.
      Il est donc important de trouver une alternative pour conserver les crevettes en saumure. On peut par exemple pulvériser des bactériocines (composé produit par les bactéries) pour conserver les crevettes.

      Les effets de 3 bactériocines produites par des bactéries lactiques ont été étudiés par Einarsson and Lauzon (Einarsson and Lauzon, 1994). Les bactériocines sont la nisine Z, la bavaricine A et la carnocine UI49.
      Carnobacterium piscicola produit la la carnocine UI49. La nisine Z est produite par L.lactis SIK-83. L.bavaricus produit la bavaricine A.
      La carnocine UI49 a été écartée car elle n’a pas d’activité inhibitrice à 4°C. Elle n’agit qu’à des températures plus élevées, sa température optimale est 34°C.
      La bavaricine A agit, mais moins que la nisine Z. Seule la nisine Z permettait la persistance de la domination des bactéries gram – de la flore de la crevette.
      La nisine Z et la solution de Benzoate-Sorbate sont les deux traitements qui permettent aux produits de ne pas être altérés après 24 jours. De plus, la nisine Z n’a pas besoin d’être purifiée pour être efficace. Elle inhibe le développement de Listeria monocytogenes.
      La nisine Z est donc un bon candidat pour la biopréservation de la crevette.

      Lien

      Ce genre d’étude est tout à fait intéressant et permet d’améliorer la qualité des aliments que nous mangeons. Les questionnaires que l’on vous a donné peuvent servir à savoir si ça vaut le coup ou non financièrement de se lancer dans ce genre de recherche. 180 euros, c’est rien comparé à l’investissement qui va suivre.

      Dans un de mes posts sur un autre sujet, j’ai écrit :
      « Le manque de culture littéraire vous choque, ben sachez que le peu de culture scientifique, dont certains font preuve, nous choque tout autant. »
      Et là oui en lisant votre article, j’ai été choqué. Et je pense que si une des personnes de l’INRA qui est lié à ce projet vous lit, il doit être dégoûté.

      • Jalex78
        Jalex78 répond à Badgud
        chercheur
        • Posté à 19h27 le 12/12/2009
        • Expert 93465
          chercheur

        très bon post, merci Badgud.

      • oldmc
        oldmc répond à Badgud
        abstentioniste volontaire
        • Posté à 19h55 le 12/12/2009
        • Internaute 67746
          abstentioniste volontaire

        à vous lire on pourrait conclure que la santé publique n’est qu’une histoire d’argent, vous n’avez peut être pas tord, mais c’est lamentable...
        Si nous mangions tous des produits locaux peut être que nombre de problèmes seraient résolus.

        • Jean-Luc LUMEN
          Jean-Luc LUMEN répond à oldmc
          en invalidité
          • Posté à 02h29 le 13/12/2009
          • Internaute 47198
            en invalidité

          ces produits empoisonnés légalement( ?) devraient être interdit à la vente

      • Belda
        Belda répond à Badgud
        Lecteur
        • Posté à 20h45 le 12/12/2009
        • Internaute 98748
          Lecteur

        merci pour ces informations

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à Badgud
        en invalidité
        • Posté à 02h26 le 13/12/2009
        • Internaute 47198
          en invalidité

        Merci pour votre exposé, qui démontre si cela était encore à démontrer, que les fonctionnaires, hauts fonctionnaires experts en nutrition ne recherchent pas les moyens de ne pas nous empoisonner, mais bien les moyens de nous empoisonner légalement.

        Ces mêmes fonctionnaires n’ont-ils pas le devoir de faire interdire toutes fabrications et importations de produits à risques ? ? ?

      • luminalbe
        luminalbe répond à Badgud
        L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
        • Posté à 10h36 le 13/12/2009
        • Internaute 68745
          L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

        Bon, vous avez l’air de bien connaitre le sujet, tant mieux. Vos arguments sont solides., bon.
        Mais, à mon avis le sondage est inutile, la dépense de l’argent aussi inutile, juste pour savoir ce que l’acheteur est prêt à acheter !
        Honnêtement le rôle des producteurs de crevettes c’est, entre autre,respecter les conditions d’hygiène concernant le produit de notre acheteur. Si INRA veut savoir si il existe des acheteurs pas trop regardant à l’hygiène ou trop regardant à l’hygiène, il y a anguille sous roche, c’est clair, pour moi en tout cas.
        vous dites : « Selon les prix que vous indiquiez l’INRA pouvait savoir jusqu’à quel point il pouvait améliorer le processus de fabrication pour l’entreprise avec laquelle cet organisme travaille. »
        Il n’y a pas besoin « de savoir jusqu’à quel point il pouvait améliorer.... »
        Si besoin il y a d’améliorer, qu’ils améliorent ! Et si moi, en tant qu’acheteur ne suis pas contente, ou je fais une réclamation ou je n’achète pas, basta. Mais dépenser de l’argent pour savoir qui et en quels conditions un consommateur va-t-il consommer, je trouve aberrant. Aberrant et manipulateur.
        vous dites encore : » Pour conserver les crevettes, une solution de benzoate-sorbate est utilisée. Les benzoates provoquent des réactions cutanées (l’urticaire principalement) Les symptômes peuvent aussi être des oedèmes laryngés, de l’asthme ou plus rarement de l’anaphylaxie. Le mécanisme de l’intolérance aux benzoates serait dû à l’inhibition de la cyclo-oxygénase. »
        bravo, vous vous connaissez, mais moi, suis un acheteur « ordinaire » qui aime les crevettes. Donc, si les responsables vendeurs des crevettes et les vigiles de l’hygiène savent tout ça, nul besoin d’un sondage. Seulement respecter les règles d’hygiène, de conservation, etc,etc il me semble EVIDENT.

        • Badgud
          Badgud répond à luminalbe
          Athée
          • Posté à 12h55 le 13/12/2009
          • Internaute 75022
            Athée

          « Si INRA veut savoir si il existe des acheteurs pas trop regardant à l’hygiène ou trop regardant à l’hygiène, il y a anguille sous roche, c’est clair, pour moi en tout cas. »

          Je pense que l’INRA parlait d’hygiène pour se mettre au niveau des personnes qu’ils sondent. L’INRA est un institut de recherche et ça me parait évident que derrière il y a probablement un projet de recherche visant à améliorer la production et la conservation des crevettes.

          « Si besoin il y a d’améliorer, qu’ils améliorent ! Et si moi, en tant qu’acheteur ne suis pas contente, ou je fais une réclamation ou je n’achète pas, basta. Mais dépenser de l’argent pour savoir qui et en quels conditions un consommateur va-t-il consommer, je trouve aberrant. Aberrant et manipulateur. »

          L’INRA travaille avec une entreprise et le but d’une entreprise c’est de rémunérer leurs actionnaires, c’est froid dit comme ça, mais c’est notre réalité. Cette entreprise a donc besoin de garanti pour ce projet d’innovation dans lequel elle compte investir et cette étude lui permettra peut être d’en avoir une.
          Très souvent un projet de recherche doit être rentable au bout de 3 ans. Il est donc très important pour l’équipe de chercheurs de savoir si en effet les gens achèteront les produits qui auront bénéficié de leur recherche.
          Une entreprise d’agroalimentaire en a strictement rien à foutre de la santé du consommateur tout ce qui l’intéresse, c’est de se faire du fric. Si le consommateur est sensibilisé à la nocivité des conservateurs, l’entreprise d’agroalimentaire cherchera à innover (avec l’INRA par exemple) pour fabriquer un produit sans conservateur, ce qui lui donnera un avantage sur la concurrence.

          « Donc, si les responsables vendeurs des crevettes et les vigiles de l’hygiène savent tout ça, nul besoin d’un sondage. Seulement respecter les règles d’hygiène, de conservation, etc,etc il me semble EVIDENT. »

          En fait là, c’est une réaction qui m’a surpris. Ca fait longtemps que j’ai assimilé le fait qu’il y a des produits toxiques dans de nombreux aliments. Il n’y a pas que les crevettes qui sont concernés.
          Un conservateur, c’est un composé qui ralentit la croissance des bactéries, des levures et des moisissure. C’est grâce à ces conservateurs que de nombreux produits peuvent être conservé aussi longtemps. Les moisissures et les levures, ce sont des cellules eucaryotes. Le corps humain est constitué de beaucoup de cellules eucaryotes. Il est donc logique que si un composé a un effet sur les levures et les moisissures, les cellules eucaryotes du corps humain n’en sortent pas indemne.

          Et même lorsqu’un conservateur est utilisé pour ralentir le développement des bactéries (cellules procaryotes), il a des effets nocifs sur l’organisme.
          Par exemple pour les nitrates et les nitrites (le nitrite de potassium, le nitrite de sodium, le nitrate de potassium et le nitrate de sodium) qui sont dans de nombreux aliments (produits de charcuteries, produits de viande en conserve, fromage à pâte dure, harengs, etc.), il y a des risques de cancer. Lorsque les nitrates ou les nitrites interagissent avec les protéines de la viande, des nitrosamines sont formés. Les nitrosamines sont classées substances cancérigènes par l’OMS. Les nitrites et nitrates permettent notamment de limiter la prolifération de Clotridium botulinum.
          Lien

          De nombreux conservateurs et de colorants ont des effets toxiques qui ont été avérés. Lors de mon premier cours sur les additifs alimentaires, notre professeur nous avait donné la liste des additifs alimentaires avec leur nom et leur code (et vu le nom de certains composés, on comprend pourquoi les industriels préfèrent utiliser le code E XXX). En face des additifs, on avait les effetx toxiques, c’était impressionnant, produit cancérigène, tératogène, allergène, provoque des vomissements et des nausées (les gastros après avoir mangé des aliments asiatiques sont souvent du à la grosse utilisation de glutamate par exemple, c’est un exhausteur de goût par contre), ...

          Les conservateurs et leurs effets et bon appétit bien sure :
          Lien

          Néanmoins pour prouver la nocivité de ces composés, les souris de laboratoire ont reçu de fortes doses. Donc si un consommateur mange une fois de temps en temps l’aliment pourvu d’un conservateur, il n’y a pas beaucoup de risques. Le risque c’est lorsque le consommateur mange souvent le même aliment en grande quantité (ou un autre aliment contenant le même conservateur). Notre professeur nous avait d’ailleurs conseillé de manger varié et donc d’ingurgiter en faible dose chaque conservateur/colorant/édulcorant.

          En fait, il y a eu de nombreux scandales dans l’agroalimentaire, les règles pour l’utilisation d’un nouveau conservateur ont été durcis, il est donc très difficile pour une entreprise agroalimentaire de sortir un nouveau conservateur qui serait moins toxique. Résultat, les entreprise agroalimentaires innovent peu dans le domaine des additifs, les conservateurs qui ont été trouvés il y a longtemps continuent d’être utilisé malgrè leur nocivité. Donc les entreprise d’agroalimentaires respectent les règles, mais ces règles ne sont pas forcément à l’avantage du consommateur.
          Par exemple, la Nisine Z (bactériocine de l’étude présentée dans mon précédent post) est considérée comme un additif, malgré que ce soit un produit naturel (produit à partir de bactéries), les procédures pour légaliser l’utilisation de cet additif sont particulièrement lourdes et ça coûte énormément d’argent pour fournir les preuves que cet additif n’a aucun effet nocif sur le corps humain. Les entreprise d’agroalimentaires ne souhaitent pas investir autant d’argent surtout que le résultat est incertain (si le produit est déclaré nocif, ils perdent tout l’agent qu’ils ont investis dans ce projet) et que ce n’est pas certain que les consommateurs achèteront (le produit coûtera plus chère, car il faudra que l’entreprise rentabilise les coûts d’innovation et de légalisation).
          La principale hantise des industries agroalimentaires, c’est une intoxication qui sera dans la plupart des cas surmédiatisée. Ca peut couler la boîte. Ils préfèrent mettre des conservateurs. Choper un cancer, c’est un processus lent et c’est difficile d’en définir la cause. Il y a donc très peu de chance que l’entreprise d’agroalimentaire ait des problèmes en utilisant des conservateurs.

          Bon ben sinon désolé d’avoir été si long, mais quitte à répondre, je ne voulais pas faire les choses à moitié. Ce que j’ai écris ne me réjouis pas, c’est juste ce que j’ai constaté.

           
          • luminalbe
            luminalbe répond à Badgud
            L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
            • Posté à 12h57 le 13/12/2009
            • Internaute 68745
              L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

            Merci pour cette longue réponse, longue et détaillée. Personnellement en tant que consommateur (il faut bien se nourrir) tout ça c’est un peu compliqué. Donc, je vais simplifier les choses à ma compréhension. Les chercheurs ont leur responsabilité de prouver qu’un tel ou un tel composant est nocif pour la santé, on est d’accord ? Tout mon respect pour les chercheurs, mais pourquoi impliquer le consommateur dans un domaine qu’il (le consommateur) ne maitrise pas ? C’est aux chercheurs de prendre la responsabilité et faire en sorte que les producteurs ne vendent pas du poison ! !
            vous dites : « De nombreux conservateurs et de colorants ont des effets toxiques qui ont été avérés ».Puisque les chercheurs ont fait leur travail qu’il le fassent jusqu’au bout, obliger les entreprises agroalimentaires d’y tenir compte. Pensez vous vraiment qu’un sondage puissent les convaincre plus qu’un chercheur avisé ? Non, mais, c’est vrai pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué !
            Je pense que ce témoignage veut mettre en avant justement cette manie, cette agitation, cette capacité de compliquer là où les choses sont simples et évidentes. A nos dépenses bien sur. Quelqu’un disait ici que ça fait tourner les 15 €...est-ce le but de notre existence sur la terre de faire tourner en rond 15 € ? ? ?

            • Badgud
              Badgud répond à luminalbe
              Athée
              • Posté à 13h12 le 13/12/2009
              • Internaute 75022
                Athée

              « C’est aux chercheurs de prendre la responsabilité et faire en sorte que les producteurs ne vendent pas du poison ! ! »

              Le lobby de l’industrie agroalimentaire est très puissant, les chercheurs ne font tout simplement pas le poids.
              Les projets de recherche sont financés par les industries, c’est le gagne pain des chercheurs, si un chercheur se met à dos l’industrie agroalimentaire, sa carrière est finie.

              • luminalbe
                luminalbe répond à Badgud
                L'inconnu n'est pas dangereux, (...)
                • Posté à 14h26 le 13/12/2009
                • Internaute 68745
                  L'inconnu n'est pas dangereux, (...)

                Dans ce cas, c’est ce système qui est mal fait et qu’il faut améliorer. Soyez honnête, un sondage payé 15€/per. ne va pas révolutionner cela. par contre les chercheurs peuvent réclamer, arguments à l’appui un changement en faveur de leur autonomie, être libre de dire la vérité...
                Les chercheurs peuvent dénoncer ce conflit d’intérêt, démontrer la facette perverse de la situation et trouver des solutions claires pour pouvoir exercer leur métier en toute liberté...

                • Badgud
                  Badgud répond à luminalbe
                  Athée
                  • Posté à 19h17 le 13/12/2009
                  • Internaute 75022
                    Athée

                  « Soyez honnête, un sondage payé 15€/per. ne va pas révolutionner cela »

                  Bien sure que ce sondage ne va rien révolutionner et il n’en a pas la prétention. Il sert juste à donner au manager (chercheur) une idée des besoins des consommateurs et les moyens qu’ils sont susceptible de dépenser pour avoir des crevettes de qualité. C’est l’étape de préparation du projet, on définit les objectifs, les ressources matérielles et humaines que l’on souhaite mobiliser et la durée du projet.
                  Pour que le manager (ou chercheur dans ce cas) puisse convaincre son supérieur de la viabilité de son projet, il doit prouver que ses objectifs sont en accord avec les besoins du marché et que son projet sera rentabilisé dans les trois ans. Les résultats de ce sondage feront probablement parti des preuves qui lui permettront de montrer la cohérence de son projet.
                  Dans le cas de l’INRA, le chercheur peut aussi essayer de convaincre une société qui vend des crevettes que ce projet de recherche leur rapportera de l’argent. Les entreprises ne financent pas facilement les projets de recherche, il faut les convaincre.
                  Mais bon ça ce n’est pas spécifique à l’agroalimentaire, c’est dans tous les domaines.

                  « Les chercheurs peuvent dénoncer ce conflit d’intérêt, démontrer la facette perverse de la situation et trouver des solutions claires pour pouvoir exercer leur métier en toute liberté... »

                  Nos politiques demandent de plus en plus à la recherche d’être financé par le privé et ce que j’ai dit plus haut, c’est le prix à payer. Les chercheurs ne sont pas prêt d’être indépendant.

          4 autres commentaires
    • Marcantoines
      Marcantoines
      trouveur
      • Posté à 11h53 le 12/12/2009
      • Internaute 55044
        trouveur

      Tout à fait normal que vous receviez 15 € puisque ce sondage vous a obligé à perdre du temps et de l’argent ( transport).
      Sur l’idiotie des questions, je trouve plutôt que ce sont vos réponses irréfléchies et dédaigneuses qui rendent ce sondage stupide.
      Il y a quelques jours, je discutais avec un spécialiste de physiologie végétale moléculaire. Nous parlions des Ogm. Et il me disait que les chercheurs français tenaient compte de l’opinion publique défavorable en la matière pour orienter leur recherche dans des domaines moins délicats, plus en accord avec « la bien pensance actuelle ».
      En gros, cela signifie qu’un directeur de recherche INRA, ayant des années d’études sur l’obtention d’une plante trangénique résistant à tel parasite ou à telle condition climatique, abandonnera ses recherches. Peut -être travaillera t-il sur l’élevage de crevettes en eaux putrides ! ! ! Passionnant, mais quel temps de perdu pour se rendre compte dans quelques années de l’utilité de certains bons Ogm.
      La France a d’excellents chercheurs ( voir classement du CNRS) malheureusement...nous loup(er)ons la plupart des virages technologiques ( microélectronique, communications, thérapie génique, solaire,...). Peu d’entreprises innovantes, secteur industriel déficient, ingénieurs et chercheurs au rabais, obligés de partir à l’étranger...

    • Pakontoi
      Pakontoi
      Indépendant
      • Posté à 12h00 le 12/12/2009
      • Internaute 57250
        Indépendant

      Pfff... à lire cet article, j’ai envie de faire un parallèle entre l’auteur et les crevettes roses, mais je m’abstiendrais : ça a valu un procès à Timsit & Gaccio !

      Il ne vient pas à l’esprit de l’auteur que 15 euro, cela peut être un faible dédommagement pour un sondé venant d’assez loin, ou qui a pris une demi-journée de congés, etc.

      Après après après demain on nous vendra des crevettes infâmes d’origine inconnue hors de prix à cause de l’auteur qui répond « 4 euro » seulement parce qu’il n’avait aucune idée du prix couramment pratiqué.

      Il y a quelques années, j’avais été payé cher pour goûter une cinquantaine de chocolats. Il y avait des « sondés rebelles » qui préféraient « saboter par tous les moyens cette dégustation débile » (En réalité, ils étaient vexés de ne pas savoir reconnaître le bon chocolat du mauvais car il n’y avait pas d’étiquettes, et préféraient passer pour des rebelles qu’avouer ne pas reconnaître les divers chocolats...).

      Le résultat obtenu grâce à ces rebelles du sondage est que quelques mois après, les industriels ont pu augmenter le pourcentage de matière grasse végétale dans le chocolat, avec à l’appui les sondages indiquant que les consommateurs ne voyaient pas la différence...
      Consommateurs ou « sondés rebelles à pas de risques » et encaissant l’argent ?

    • LTulasne
      LTulasne
      Technicien Géomètre entre deux (...)
      • Posté à 12h00 le 12/12/2009
      • Internaute 14857
        Technicien Géomètre entre deux (...)

      Bonjour,

      Probable que ce test (on ne paie pas les gens pour un sondage !) cherchait à évaluer autre chose que les crevettes ou le goût qu’on leur porte ! Les chercheurs,même à l’INRA, sont tout sauf bêtes ! J’émettrais même l’hypothèse que le dédommagement n’est pas neutre dans ce test ...

      Cdlt.

      Laurent

      • alberich
        alberich répond à LTulasne
        fumiste
        • Posté à 12h15 le 12/12/2009
        • Internaute 84604
          fumiste

        Exactement, il est courant que des tests soient parfaitement masqués quant à leur objet.

        Plus jeune j’ai participé à une dégustation de maquereaux au vin blanc en boîte avec bien sûr toute une série d’appréciations à porter sur les produits. En fait l’étude ne portait pas sur les recettes mais sur les boites et leur ouverture. Les questions gastronomiques n’étaient là que pour faire masse et banaliser celles portant sur les boîtes.

    • jflesch
      jflesch
      Ingénieur informaticien
      • Posté à 12h02 le 12/12/2009
      • Internaute 98700
        Ingénieur informaticien

      - 12 personnes à une séance, d’accord, mais était-ce la seule séance ? Je doute que tout les participants acceptent de venir le même soir à la même heure ? Je suppose aussi qu’ils ont du mal à trouver des volontaires pour répondre à leurs questions. Ça couplé à une volonté d’avoir des résultats préliminaires rapidement a sûrement dû les inciter à faire des séances plus petites et plus nombreuses plutôt qu’une seule grande séance ?
      - Donner des réponses volontairement exagérées n’aura probablement servi à rien. Je crois savoir que les sondeurs n’ont que peu de scrupules à se défaire de résultats trop invraisemblables. De plus, les premières questions (du type « combien payeriez-vous pour 100g de crevettes ? ») étaient probablement juste là pour filtrer ceux qui voudrait « pourrir » leur sondage ou ceux qui me s’intéresseraient qu’aux 15 euros. En fait, vous leur avez probablement juste fait perdre ces 15 euros qui autrement auraient été investis dans vos réponses (le fait qu’il s’agisse d’un bon investissement ou non est une autre question).
      - Le sondage en lui-même peut sembler idiot, mais des sondages dont les résultats peuvent à première vue sembler prévisibles donnent parfois des résultats surprenants. (bon ok, je dois admettre que pour ce sondage en particulier, je n’y crois pas trop moi-même)
      - L’INRA ne se contente clairement pas que de faire des sondages idiots. Il suffit d’aller sur leur site web pour avoir un panel de leurs activités (notamment leur page « Exemple de recherches »). Les épingler sur un raté bien précis ne me semble pas pertinent pour juger de l’utilité de leur travail en général (je fais référence à la phrase « Mais ça en dit long sur un état d’esprit »). L’incompétence d’un sous-groupe n’implique pas forcément l’incompétence de tout le groupe.

    • Numerosix
      Numerosix
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 12h02 le 12/12/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Une excellente fractale de l’aberration générale mondiale , cet article ..

    • Jean Weber
      • Posté à 12h04 le 12/12/2009
      • Internaute 657

      Tu t’es vu ?

      1. Tu trouves que les 15 Euros pour le déplacement et le temps passé sont un Scaandaale mais tu signes le papier et tu les prends. Pourquoi ne pas les refuser ?
      2. Tu sabotes volontairement un sondage qui visait sans doute à améliorer les choses dans le sens où on peut se douter qu’il cherche a optimiser le lien entre les conditions de production, le cout de production et le bénef (eh oui, le fric ne tombe pas du ciel). Si tu n’étais pas d’accord pourquoi ne pas avoir refusé de remplir le papier ?

    • Jalex78
      Jalex78
      chercheur
      • Posté à 12h05 le 12/12/2009
      • Expert 93465
        chercheur

      Ce genre d’étude est généralement financé par des organismes privés, l’INRA et les autres organismes de recherche ne bossent pas qu’avec du fric public.

      Dans ton article on n’apprend rien... quel labo ? quel financement ? t’as été rue Claude Bernard et alors... c’est là que se passent tous les sondages, quasi tous les concours INRA etc. Du gros boulot d’investigation quoi !

      Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet article est à l’image de tes crevettes industrielles, de la merde :)

    • caro
      caro
      délinquante avérée
      • Posté à 12h11 le 12/12/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      En fait, grâce à la question sur « l’identité française », j’ai bien peur que les chercheurs aient voulu éliminer les crevettes guyanaises ... les habitants des DOM relèvent-ils de l’identité française ?

      A l’instar de ces pratiques impactantes, le chalutage crevettier de Guyane, dans son fonctionnement d’origine, reste une cause considérable de trouble de l’ensemble de la faune marine...
      nous dit le WWF

      Enfin, ce que j’en dis ... : -))

      Vous avez bien mérité vos 15 € mais ça ne vaut pas le prix d’un voyage (même en bus) vers Copenhague pour participer à la manif de cette après-midi

    • Gael Tnl
      Gael Tnl
      Expat
      • Posté à 12h11 le 12/12/2009
      • Internaute 51843
        Expat

      L’INRA existe pour étudier les possibilités de débouché pour les produits des agriculteurs et des pêcheurs français.
      Arrêter de les critiquer sans rien savoir sur leur travail. Leurs recherches ont permis de sauvegarder des milliers d’emplois dans nos régions et sur nos côtes !
      Ce sondage avait peut-être pour objectif d’étudier les possibilités de déboucher ou de croissance de ce marché pour les professionnels français, dont ceux des DOM-TOM, ne les oublions pas !
      Après les même personnes qui critiquent ici, critiqueront le gouvernement pour ne pas aider ces populations là.

      12 personnes à 15 euros, merci à eux, car ce n’est vraiment pas cher payé comme sondage.

      Et si je suis d’accord pour tout faire pour protéger l’environnement, il ne faut pas non plus tout ramener à Copenhague ! Ça en devient ridicule !

    • A déménagé le 02-02-2012-2
      • Posté à 12h21 le 12/12/2009
      • Internaute 82025
        non connue

      L’INRA apparaît parmi les 100 premiers publicateurs dans le classement mondial de la Recherche.
      (place 81, voir Lien )
      Hé hé, vous avez participé à ce beau classement.

      Concernant les crevettes, rappelons qu’elles font partie des éboueurs des mers, et qu’il vaut mieux ne pas savoir ce qu’elles mangent...
      Et ça coûte entre 8€ et 12€ le kilo, sauf arnaque.

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à A déménagé le 02-02-2012-2
        journaleux - blogueur
        • Posté à 12h43 le 12/12/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        le kilo, de vraie crevette…
        ce qui fait combien la barquette (genre 150 ou 200g) ? moins de 4€

      • Xiaolin
        • Posté à 13h25 le 12/12/2009
        • Internaute 1264

        En été, au bord de la mer dans une station estivale (donc attention : prix gonflés de toute façon), la bonne, la vraie, la grise, pêchée localement, fraîche et fleurant l’iode : 2,40 les cent grammes. 1,80 si elles viennent de plus loin, mais vous verriez leurs têtes : les pauvres, prêtes à mettre en barquettes sous vide...

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