tribune 12/12/2009 à 18h36

L'histoire telle qu'on l'enseigne mérite-t-elle d'être « sauvée » ?

Bernard Girard | Enseignant blogueur

La levée de boucliers contre le projet de rendre optionnel l’enseignement de l’histoire en terminale S, dans le cadre de la réforme des lycées, suscite deux types d’observations.

Bien que le texte accouché par le ministère se réduise à quelques ajustements techniques qu’on aurait du mal à qualifier de réforme, les mesures envisagées se heurtent une nouvelle fois à la logique disciplinaire qui n’est pas, loin s’en faut, une logique éducative.

Alors que le second cycle se caractérise par un emploi du temps surchargé et par la lourdeur des programmes, il faudra qu’on nous explique comment on peut réformer le lycée -en essayant, notamment, de donner une certaine substance à l’accompagnement personnalisé- en ne touchant ni aux quotas horaires attribués à chaque discipline ni aux emplois du temps.

Conserver tel quel l’enseignement de l’histoire équivaut à amputer l’horaire de français, de math, de sport, à rogner davantage encore la culture scientifique, toutes choses dont la légitimité n’est pas inférieure à celle de l’histoire.

Les protestations ne seraient-elles pas le signe qu’on se refuse à toute réforme du bac et qu’on s’accommode fort bien, finalement, du lycée tel qu’il est ?

Vous avez dit « réactions épidermiques » et « jugements sommaires » ?

Pour les initiateurs de « l’appel des vingt » (au passage, on ne comprend pas quelle nécessité a poussé les dix-neuf à rechercher la signature de Finkielkraut...), qui mettent le projet Chatel en regard du débat Besson sur l’identité nationale :

« [La mesure envisagée] va priver une partie de la jeunesse française des moyens de se faire de la question une opinion raisonnée grâce à une approche scientifique et critique, ouvrant ainsi la voie aux réactions épidermiques et aux jugements sommaires. »

Tout cela est bien imprudemment écrit : car les « réactions épidermiques » et les « jugements sommaires » ne sont-ils pas, justement, le fait de ceux qui s’expriment aujourd’hui, notamment sur le forum ouvert pour la circonstance et qui, tous, ont connu un enseignement de l’histoire à plein temps, depuis le primaire jusqu’au lycée ?

Les dérives idéologiques

Il suffit d’ailleurs de voir la quantité de références historiques -Jeanne d’Arc, Clovis, et beaucoup d’autres- qui émaillent ce forum pour se rendre compte des dérives idéologiques que l’histoire peut engendrer. L’histoire, ou, plus exactement, sa traduction scolaire qu’on appelle communément l’histoire à l’école.

En appeler aux valeurs citoyennes et critiques de la discipline historique, c’est oublier un peu vite que l’histoire telle que l’enseigne l’école, notamment l’école primaire, tourne encore autour de l’impérieuse nécessité de « faire naître chez l’enfant une conscience nationale » (la formule est de Chevènement) et qu’à ce titre, elle n’est probablement pas étrangère aux « réactions épidermiques », aux « jugements sommaires » qu’on feint de redouter.

De la conscience enfantine formatée par l’histoire nationale aux préjugés xénophobes et racistes, le lien est sans détour.

Les historiens, qui s’expriment dans l’appel des vingt et pour certains desquels on a le plus grand respect, n’ont pas montré semblable véhémence à l’encontre des programmes Darcos de 2008, potentiellement plus dangereux pour la mémoire et la formation du citoyen -parce que touchant tous les enfants à un âge où ils sont encore très malléables - que la suppression de quelques heures d’histoire en terminale.

Lors de la Grande Guerre, des soldats gavés d’histoire...

Lorsque Pierre Milza dénonce « une régression formidable qui pourrait concourir à une amnésie générale », il escamote le fait -défaut regrettable mais assez courant dans la corporation des historiens- que l’histoire scolaire, lorsqu’elle faisait silence sur la colonisation ou la collaboration, sur les croisades ou sur tout autre thème qui mettait à mal le roman national, était précisément le vecteur privilégié de cette « amnésie générale ».

Au cours de la Première Guerre mondiale, des millions de jeunes sont morts dans les tranchées, de la façon la plus stupide et la plus inutile qui soit, parce que, écoliers, il avaient été gavés d’histoire, une histoire certes partielle et partiale qui leur faisait voir au-delà des frontières des étrangers, des ennemis, plutôt que des êtres humains.

Face aux égarements idéologiques dans lesquels elle s’est longtemps fourvoyée -mais cette période est-telle vraiment révolue ? - on en viendrait parfois à rêver que l’histoire n’eût jamais été enseignée.

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  • La mouche du coche-
    • Posté à 18h54 le 12/12/2009
    • Internaute 45466
      diptère

    z
    z
    J’ai fait les études, mais je n’ai rien compris à cet article.

    Que veut dire par exemple cette phrase ? « De la conscience enfantine formatée par l’histoire nationale aux préjugés xénophobes et racistes, le lien est sans détour. “
    L’histoire nationale inviterait-elle au racisme ? Il n’est pas possible que l’auteur pense une chose pareille : cela doit être tout autre chose, de l’ironie, je ne sais pas.
    z
    z

    • Holocrate
      Holocrate répond à La mouche du coche-
      Douteur plus que douteux
      • Posté à 19h25 le 12/12/2009
      • Internaute 97427
        Douteur plus que douteux

      « L’histoire nationale inviterait-elle au racisme ? »

      Eh bien, à partir du moment où l’Histoire enseignée dans les écoles exacerbe le nationalisme et où celui-ci est plus proche du racisme que de l’ouverture aux autres...

      • karlM
        karlM répond à Holocrate
        Précaire
        • Posté à 23h50 le 12/12/2009
        • Internaute 21378
          Précaire

        L’école doit enseigner aussi l ’histoire du plus grand nombre,l’histoire du peuple, l’histoire locale aussi.
        actuellement elle est souvent,pas toujours,à côté de la plaque.

    • mass0
      mass0 répond à La mouche du coche-
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 21h13 le 12/12/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      reprend tes études peut être.

  • admirateur-
    • Posté à 19h03 le 12/12/2009
    • Internaute 32111

    Cet article est à vomir
    bernard girard, l’émule d’éric besson

    • mass0
      mass0 répond à admirateur-
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 21h14 le 12/12/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      Vous n’’avez sans doute pas lu l’article, il est justement en contradiction complète de ce que aimerais le petite traitre.

      Peut être pas assez de français en 1er.

  • Nom-d-utilisateur
    Nom-d-utilisateur
    Situation
    • Posté à 19h11 le 12/12/2009
    • Internaute 96666
      Situation

    Ras-le-bol de la fixette sur la suppression de l’histoire-géographie en Terminale S (qui perd aussi des heures de sciences..), qu’on me permettra cependant de ne pas approuver.

    Il serait temps de parler de l’ensemble des mesures imposées, et de ce qu’elles vont permettre en terme d’économies budgétaires, bref du fait que tout cela sert à faire passer les suppressions de postes et n’ a rien à voir avec l’intérêt des élèves donc avec l’intérêt collectif (sauf à supposer que l’ intérêt collectif consiste uniquement à baisser des impôts qui, de plus, ne baissent guère, il faut bien renflouer les banques, et à se conformer aux diktats de « l’Europe ») .

    Les belles heures d’ aide individualisée seront notamment utilisées comme des variables d’ajustement et seront distribuées selon le bon vouloir du chef d’établissement (Éducation Nationale, tu parles : le lycée va ressembler de plus en plus à une entreprise à « manager »), ici en telle matière, là, en telle autre, là encore dans une troisième, et là dans une quatrième, et ainsi de suite. Si ça se trouve, et qu’on n’ y voie pas de mépris pour la matière, on verra des heures d’aide individualisée (tant qu’elles existeront : c’est si facile à supprimer...) en EPS.

    • admirateur-
      • Posté à 19h14 le 12/12/2009
      • Internaute 32111

      bravo et merci pour montrer aussi clairement que cette réforme ne se limite pas à une histoire d’heures en Hist-Gé mais finit d’achever l’école publique. A mettre en relation avec la décision de financer les instituts privés de formation supérieure (ESSEC, HEC, Institut catholique etc.)

      • Nom-d-utilisateur
        Nom-d-utilisateur répond à admirateur-
        Situation
        • Posté à 19h39 le 12/12/2009
        • Internaute 96666
          Situation

        Et de formation des plus jeunes : la « loi Jean-Claude Carles » (Lien) va obliger les maires des communes où les écoles primaires publiques auront été fermées à financer des écoles privées dans les communes voisines, (même si ce n’est bien sûr pas formulé aussi clairement) !

         
        • Compte supprimé le 3 janvier 2
          Compte supprimé le 3 janvier 2 répond à Nom-d-utilisateur
          Collectionneur d'armures.
          • Posté à 06h51 le 13/12/2009
          • Internaute 88342
            Collectionneur d'armures.

          C’est tout à fait normal : les parents qui envoient leurs enfants dans le privé payent souvent bcp plus d’impôts que les autres. Chaque citoyen reçoit une certaine somme pour faire éduquer ses enfants dans l’école de son choix !

          • Gotch
            • Posté à 08h01 le 13/12/2009
            • Internaute 15306

            Oooooh la mauvaise foi ! Si ces parents payent plus d’impôts, c’est très probablement parce qu’ils ont des revenus supérieurs. Beaucoup de gens aimeraient bien payer des impôts, cela signifierait qu’ils ne craignent pas autant la redoutable fin de mois...

            Pour ma part, je reprendrai un slogan qui me paraît très juste « A école publique, fonds publics. A école privée, fonds privés ». Si les profs du privé enseignent strictement le programme, rien que le programme, il est logique de les rémunérer de la même façon que leurs collègues du public. En revanche, les écoles où ils exercent leur métier n’ont aucune vocation à recevoir des fonds de l’État.

            • Manololespiedsdanslo
              Manololespiedsdanslo répond à Gotch
              Impresario
              • Posté à 10h02 le 13/12/2009
              • Internaute 88768
                Impresario

              il y a deux sortes de privé ceux qui sont reconnus par le ministère et l’etat et les autres comme l’école des « roches » dans l’eure !

              • Gotch
                • Posté à 11h35 le 13/12/2009
                • Internaute 15306

                Ce sont toujours des établissements privés, je n’ai rien à retirer ou ajouter : soit les enseignants appliquent le programme, tout le programme, rien que le programme, et l’Éducation Nationale leur verse un salaire, sinon rien. Pour les établissements eux-mêmes, c’est rien de chez rien. Ou alors, ils ne sont pas privés.

                Certains lycées et collèges ont un enseignement si différent de ce qui est prévu (établissements non conventionnés) que rien ne leur est donné, y compris à leurs enseignants. Ceux qui sortent de là.... des médisants parlent des madrasas.... mais c’est du même niveau. Dangereux. J’ai connu un garçon qui y avait passé des années : il surpassait, depuis son catholicisme intransigeant, les pires prédicateurs salafistes.

          • Manololespiedsdanslo
            • Posté à 09h57 le 13/12/2009
            • Internaute 88768
              Impresario

            Une connerie de plus.... dis tu es allé à la messe ce matin ?

        11 autres commentaires
  • admirateur-
    • Posté à 19h16 le 12/12/2009
    • Internaute 32111

    à lire, à diffuser
    Lien

  • Augustus-
    Augustus-
    Globe-trotteur en quête de (...)
    • Posté à 19h18 le 12/12/2009
    • Internaute 11613
      Globe-trotteur en quête de (...)

    « Au cours de la Première Guerre mondiale, des millions de jeunes sont morts dans les tranchées, de la façon la plus stupide et la plus inutile qui soit, parce que, écoliers, il avaient été gavés d’histoire »

    Je suppose que M. Girard tient à notre disposition les procédures de l’étude approfondie dont cette phrase est la conclusion.

    En attendant de pouvoir les consulter, j’incline à penser que cette affirmation péremptoire mérite une place de choix sur la plus haute étagère du Salon d’Honneur de la Bêtise Universelle.

    • alberich
      alberich répond à Augustus-
      fumiste
      • Posté à 19h25 le 12/12/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      +1 et une place au salon d’Honneur de l’Ignorance Crasse.

      • Propergol
        Propergol répond à alberich
        Chasseur de troll
        • Posté à 20h12 le 12/12/2009
        • Internaute 24265
          Chasseur de troll

        ...ainsi qu’au salon du détournement de phrases de leur contexte et de leur style.

      • Augustus-
        Augustus- répond à alberich
        Globe-trotteur en quête de (...)
        • Posté à 08h35 le 13/12/2009
        • Internaute 11613
          Globe-trotteur en quête de (...)

        Comme le disait Napoléon à propos de M. de Talleyrand-Périgord, cela bas de soie !

    • mass0
      mass0 répond à Augustus-
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 21h17 le 12/12/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      Il est de notoriété publique qu’après la défaite de 1870. L’éducation a été plus un système propagandiste anti-allemand. Vous avez sauté les cours d’histoire en terminal ?

      • Augustus-
        Augustus- répond à mass0
        Globe-trotteur en quête de (...)
        • Posté à 08h28 le 13/12/2009
        • Internaute 11613
          Globe-trotteur en quête de (...)

        Enseigner l’histoire est une chose, bourrer les crânes en est une autre. Le « bourrage de crânes » (je remarque au passage que l’on entend plus guère cette jolie expression née je crois vers 1915 en même temps que son antidote d’alors, mais qui a bien - mal - vieilli, le Canard Enchaîné) le bourrage, donc, peut se faire à n’importe quelle sauce, à l’instar des OGM il peut se cacher n’importe où ; dans les cours d’histoire, certes, mais aussi dans les disciplines jadis très en vogue qu’étaient l’instruction civique ou la morale, disciplines attendrissantes dont j’ai connu les derniers pathétiques soubresauts.

        Si l’on avait mis de l’histoire dans les cours éponymes avant 1914, et non de la propagande, on aurait pu enseigner à la jeune génération que leurs homologues alsaciens et mosellans profitaient de prestations sociales très en avance sur celles offertes par la IIIème République, à telle enseigne qu’à l’heure de la « réunification » les trois départements (Haut Rhin, Bas Rhin et Moselle) ont réclamé et obtenu de conserver les avantages que leur avaient apporté le IIème Reich. Le décalage avec la France « de l’intérieur » persiste encore aujourd’hui.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h23 le 12/12/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    « Au cours de la Première Guerre mondiale, des millions de jeunes sont morts dans les tranchées, de la façon la plus stupide et la plus inutile qui soit,[...] » dites-vous.

    Ils ont surtout été envoyés à la boucherie par des officiers carriéristes et incompétents, la pression des embusqués jusqu’auboutistes, le peloton d’exécution, la censure et la propagande aux armées. L’ardeur patriotique de la majorité d’entre eux est complètement surfaite.
    Ils étaient pour beaucoup paysans peu instruits, voire illettrés, et faisaient sans choix possible office de chair à canons dans l’infanterie.

    Les maigres leçons d’histoire qu’il reçurent de l’instituteur n’ont eu aucun effet sur leur pseudo engagement ; ces balivernes qui perdurent malgré leurs témoignages pourtant éloquents.

    Ne donnez pas aux enseignants plus de pouvoir qu’ils en ont mais rendez aux mensonges d’Etat leurs effets dévastateurs au moment des faits mais aussi et surtout pour entretenir cette « amnésie générale ».

  • Mauvaisprofil
    • Posté à 19h39 le 12/12/2009
    • Internaute 30454

    En citation « 
    Bien que le texte accouché par le ministère se réduise à quelques ajustements techniques qu’on aurait du mal à qualifier de réforme, »
    Il est bien vrai que l’écho médiatique des mesures concernant l’histoire-géographie pour la filière S cache les autres réalités de la réforme qui sont loin d’être des ajustements techniques.
    Sans être partisan du statu-quo, le soutien à cette réforme légitime les suppressions de postes et la mise en place d’un conseil des chefaillons.

  • Anonyme

    « ...l’histoire scolaire, lorsqu’elle faisait silence sur la colonisation ou la collaboration, sur les croisades ou sur tout autre thème qui mettait à mal le roman national, était précisément le vecteur privilégié de cette “ amnésie générale ”.
     »
    –-
    je vous plains de ne pas avoir eu de prof à la hauteur de sa tâche. rares étaient ceux qui faisaient silence sur tous les aspects des périodes que vous citez
    votre cas est particulier, on ne peut en faire une généralité.
    Milza à raison, justement. Raccourcir c’est escamoter une partie.

    Quant à vos soldats de 14, gavés d’histoire... là chapeau à celui qui vous a raconté... ces histoires.

  • pmithrandir
    pmithrandir
    Developpeur
    • Posté à 21h03 le 12/12/2009
    • Internaute 90097
      Developpeur

    Plusieurs points :
    Déjà, si l’histoire est enseignée comme cela en primaire, c’est entre autre parce que la peur de l’étranger n’a jamais vraiment disparu de l’inconscient collectif, et que durant des millénaires elle a été présente et a façonnée nos décisions, et donc notre histoire.

    Si on commence par voir l’histoire comme une succession de guerre, ce n’est que de l’histoire, ensuite, on nous append les relations économiques tissées avec plus ou moins de bonheur avec nos partenaires actuels ou passés. C’est de économie, de l’histoire géo...

    En vieillissant, on réétudie 3 fois les mêmes périodes, toujours en s’élevant un peu plus des considérations basiques pour comprendre les tenant et les aboutissants, la plupart du temps en corrélation avec les autres matières(zola par exemple nous apprend beaucoup sur une certaine histoire française).

    Second point :
    On nous explique que ce n’est pas normal que les filières scientifiques attirent toujours plus de monde, et donc, plutôt que de valoriser les autres, on dégomme la filière S. En gros, on a un produit intéressant, qu’on va sciemment dénaturer pour ne pas être trop bon par rapport aux autres...

    Au lieu de se dire que les S font trop d’histoire, ou de matière secondaires, ce qui est faux je trouve, on devrait se demander pourquoi en L on fait régresser des lycéens au niveau de 4ème en mathématique. Et encore, primaire pour la moitié des questions au bac.(fractions et pourcentages au bac... une vraie honte)

    Et si les lycéens de S sont moins bon en histoire, demandons nous aussi ce qu’on leur demande de faire. Les devoirs consistent a disserter et a expliquer le pourquoi du comment d’un sujet. Sauf que dans mon cas je n’ai jamais su faire un plan ou une dissertation cohérente. Mettre en place mes idées, parfois très claires dans ma tête relevait pour moi d’un défi absolu. J’avais des lacunes en français et en vocabulaire qui étaient des pré-requis en histoire et en philo... au final si on ne sait pas poser un plan, on a jamais plus de 10 dans ces matières...

    Adaptons la formation au public qui la suit, et au lieu de dénaturer la culture générale si nécessaire dans la vie, intéressons nous a en donner une un peu plus scientifique aux élèves de L.

    J’ai fait S, et je ne vois pas en quoi cette formation a besoin d’heures en moins. J’ai fait partie des élèves qui ont profité des promesses de soutient(qui ont durée 6 mois) de 1998. Je faisais un peu plus de math et de physique avec un prof en soutient. Ca me faisait gagner du temps sur mes devoirs.

    Et je faisais du sport(voile une après midi par semaine) et de la musique, soit environ 15h de plus par semaine. A chacun de trouver son temps libre.

    • mass0
      mass0 répond à pmithrandir
      athée et citoyen du monde
      • Posté à 21h19 le 12/12/2009
      • Internaute 21240
        athée et citoyen du monde

      vive le gavache des oies. C’est la période.

    • alberich
      alberich répond à pmithrandir
      fumiste
      • Posté à 22h11 le 12/12/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      Les filières sont bizarres.

      Lorsque je suis entré au collège il y en avait deux, la filière classique et la filière moderne. Les différences entre les deux tenant à l’acquisition des fondements dans la filière classique et un aspect plus « pratique » dans le moderne.

      J’ai commencé en filière classique qui était à l’époque la voie royale : celle des agrégés, latin, grec et mathématiques qui vous menait tout droit vers l’ENS, Polytechnique, l’Evéché ou Saint Cyr , ce genre de destins.

      En cours d’études, la réforme du baccalauréat intervint et les cartes se sont brouillées, il m’a fallu choisir entre les mathématiques, les langues mortes et les langues vivantes, la biologie ou la physique.

      A une différence d’approche et de culture s’est substitué un début de spécialisation qui m’a conduit à un bac C, qui était à mon avis plus matheux que le S actuel.

      Par l’étude du latin et du grec nous apprenions les fondements de notre culture et civilisation. Que vous apprennent de plus les mathématiques, sachant qu’un latiniste faisait généralement un excellent mathématicien.

      • Emma T.
        Emma T. répond à alberich
        Camille est sur SeXpress
        • Posté à 09h32 le 13/12/2009
        • Internaute 40366
          Camille est sur SeXpress

        « ... un bac C, qui était à mon avis plus matheux que le S actuel. »

        Objection : la spécialité « Spé Maths » de terminale S est largement aussi matheuse sinon plus que le bac C.

        La « Spé Bio » de S correspondant à l’ex bac D avec bio plus avancée, évidemment on peut trouver que [l’ensemble des S] est moins « matheux »...

        Cordialement.

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
    • Posté à 21h55 le 12/12/2009
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    Je n’ai rien à rajouter - ni surtout à retrancher - à ce que j’ai écrit ci-dessus, sinon que la fameuse pétition lancée dans le JDD à l’initiative des historiens est en réalité une pétition lancée par le JDD, comme on peut le lire sur le site d’Arrêt sur image :
    Lien
    L’enseignement de l’histoire en terminale S ? Un gros coup de bluff plutôt que la fin de l’histoire.

    • La mouche du coche-
      La mouche du coche- répond à Bernard Girard
      diptère
      • Posté à 22h35 le 12/12/2009
      • Internaute 45466
        diptère

      z
      z
      Je ris de vous voir vous autovoter +1 à vos propres commentaires. Vous vous aimez bien visiblement.
      z
      z

      • Bernard Girard
        Bernard Girard répond à La mouche du coche-
        Auteur(e) de l'article Enseignant blogueur
        • Posté à 12h58 le 13/12/2009
        • Expert 31637
          Enseignant blogueur

        Où voyez-vous un « autovote » dans le fait de rajouter un commentaire qui est par ailleurs une information ?

         
        • La mouche du coche-
          La mouche du coche- répond à Bernard Girard
          diptère
          • Posté à 22h39 le 13/12/2009
          • Internaute 45466
            diptère

          z
          z
          Le vote, ce sont les petites boules rouges à cliquer en bas à droite. Ne niez pas je vous ai vu : -)
          z
          z

        1 autres commentaires
    • leo s
      leo s répond à Bernard Girard
      (...)
      • Posté à 22h39 le 12/12/2009
      • Internaute 73621
        (...)

      Bernard G
      enseignant blogueur
      ou
      enseignant blagueur ?

    • Emma T.
      Emma T. répond à Bernard Girard
      Camille est sur SeXpress
      • Posté à 09h36 le 13/12/2009
      • Internaute 40366
        Camille est sur SeXpress

      La chose aurait en effet pu être signalée dans l’article du JDD, mais ça ne retire rien au fait qu’il peut (il doit) y avoir au sein même du JDD, sinon des historiens en titre, des historiens de formation, et des journalistes pour qui l’enseignement de l’histoire est incontournable. [Ce qui a mon avis est plutôt bon signe...]

      Alors pourquoi ce mépris dans le terme « fameuse pétition » ?

      Ce n’est pas si compliqué : il y a d’un coté une réforme qui vise à rendre l’histoire optionnelle en TS (avec les tranches horaires que l’on connait aux options) et renforcement en première et de l’autre coté, des historiens -ou non- qui ne sont pas d’accord, considérant que plus de maturité chez les élèves ne peut pas nuire à la pleine compréhension de la matière.

      J’ajouterais que l’étude de la philosophie sans l’histoire peut devenir elle-même assez... périlleuse.

      Et puis au fond, quel est le but de cette réforme ?

      Une nouvelle crise maniaque du Gouvernement ?

      C’est la seule question à se poser.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 22h36 le 12/12/2009
    • Internaute 73621
      (...)

    Non
    il faut réinventer l’histoire.

    Par exemple, nous étions tous à Berlin en 89.

    ou encore plus fort
    aller blasphémer sur le plateau des glières
    (va voir Walter , retour en résistance)
    et là tu verras de tes yeux comment
    notre président traite la chose.

    Et si tes yeux ne te tombent pas comme dans l’expression « les bras m’en tombent », c’est que t’as trois fois rien compris à ce qui se passe comme le laisse présumer ton billet.

  • 2pacisdead
    • Posté à 23h01 le 12/12/2009
    • Internaute 98655

    J’abonde dans le sens de nombreux commentaires précédents.

    On peut réformer l’enseignement public au lycée en l’enrichissant, pas en le pillant. Personnellement, comme beaucoup il me semble, j’ai abordé la colonisation et la collaboration au collège-lycée en histoire, sans ré-écriture crasse.

    Je suis choqué qu’un être humain lettré trouve des liens indiscutables et aussi simplistes entre histoire et xénophobie et entre histoire et morts de la première guerre mondiale.

    J’espère que votre statut « enseignant-blogueur » est une blague et que vous êtes juste un « sympathique idiot » ou un « tonton en manque d’attention ».

    Ridicule et dangereux.

    • lancetre
      lancetre répond à 2pacisdead
      • Posté à 23h30 le 14/12/2009
      • Internaute 18658

      « un être humain lettré » ?

      D’où sortez-vous cela ?

      C’est un défenseur des IUFM ! ! !

      Il se prétend enseignant, et dénonce à l’envi l’invraisemblable autoritarisme de l’école, que tout le mondee constate ( : -)))))

      mais n’a jamais pu, malgré mes demandes répétées, m’en fournir le moindre exemple concret.

      Tandis que je tiens à sa disposition des douzaines d’exemples précis montrant que les voyous ont toute liberté d’opérer dans l’école, à dessein, à mon avis, de la détruire de l’intérieur avant privatisation par appartements.

      Heureusement, plus ses articles montrent leur front de taureau, plus il se ridiculise et se décrédibilise, sans même s’en rendre compte.

      Le masque du pédagogol va bientôt tomber.

      Et alors va apparaître...Le militant de l’UMP !

      Il défend ici, sans ambiguïtés, la réforme Chatel.

      Nous ne sommes plus très loin du dénouement.

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 23h07 le 12/12/2009
    • Internaute 97292
      1ère version

    L’éducation nationale réforme les programmes scolaires environ tous les 3 ans. Sans compter que chaque ministre de l’éducation veut laisser sa trace (c’est une coutume). On finit pas avoir l’habitude des changements de programmes. Je pense que cette réforme à pour but de supprimer quelques postes d’enseignants de lycées. Il est question également de supprimer 50 % des effectifs des musées. Je suppose que d’autres ministères suivront.

    A mon avis, la vraie question est : à t-on vraiment trop de fonctionnaires en france ? Si oui. Faut-il supprimer des postes ?

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 23h47 le 12/12/2009
    • Internaute 61755

    tout ce fatras me donne envie de relire goubert...

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 23h49 le 12/12/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Je ne ferai que deux remarques, mais je ne suis globalement pas en accord avec ce texte :

    - La sacro-sainte culture scientifique dont on nous rabat les oreilles, on s’en contrefiche. Ce qui compte, c’est comprendre la règle de 3, le sens du « ou » et du « et »,... bref des concepts de base derrière lesquels toute la science est bâtie. Et bien que « matheux », je trouverai bien plus profitable de consolider ces concepts par des liens avec les autres matières que par des heures de maths supplémentaires. Et croyez moi, ça fera de très bons scientifiques.

    - L’intérêt de l’enseignement de l’Histoire en terminale est qu’elle peut être enseignée avec du recul, justement. Et donc en ayant un sens critique, une connaissance de la différence entre l’Histoire officielle et l’Histoire de historiens qui elle est toujours sur l’établi. On ne peut donc pas comparer l’enseignement du primaire et du collège avec celui du Lycée, quand bien même ils traiteraient de la même période.

    • nanabel
      nanabel répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      1ère version
      • Posté à 10h03 le 13/12/2009
      • Internaute 97292
        1ère version

      Je suis d’accord mais je pense que le débat est faussé. Le gouvernement décide de réduire des heures de cours au lycée. Il désigne H.G., comme on lancerait un os au toutou pour l’occuper. La vraie mesure étant de supprimer des postes de profs au lycée. Le primaire et le secondaire ayant subi plusieurs réformes de ce type depuis ces dernières années, c’est au tour du lycée.

      Les questions que l’on devrait se poser, je crois, sont : a-t-on, effectivement trop de fonctionnaires ? Et pourquoi réduire les effectifs dans l’urgence ? 50% dans les musées, suppression des personnels des eaux et forêts et maintenant les profs d’H.G.

      S’il s’agit d’un réajustement des effectifs, parce qu’en 20 ans, de nouvelles technologies permettent l’utilisation de moins de personnel, pourquoi pas.

      Mais s’il s’agit de démanteler les services publics (les moins rentables) au profit du privé et sans garantie efficacité, nous devons y réfléchir.

      Notre particularité n’est-elle pas de bénéficier de services publics qui couvrent tout le territoire ? Au nom de la rentabilité, devons-nous copier nos voisins européens ? Sommes-nous prêts à payer des impôts pour maintenir cette particularité ? L’europe nous a-t-elle transformé en individualistes forcenés ?

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 01h26 le 13/12/2009
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Entièrement d’accord avec Liger. cet article tend à faire croire que l’histoire au lycée en serait restée à « nos ancêtres les gaulois » et à « vous n’aurez pas l’alsace et la Lorraine ».. complètement caricatural et insultant pour les profs d’histoire qui quand j’étais élève (ce qui remonte à pas mal de temps) enseignaient déjà dans le secondaire une histoire nettement plus européenne que nationale et développaient notre esprit critique face au roman national.

  • le mur
    • Posté à 01h28 le 13/12/2009
    • Internaute 40005

    En tant que professeur d’histoire-géographie, je trouve votre article d’une totale mauvaise foi. L’enseignement de l’histoire d’aujourd’hui n’est plus celui de la IIIe République. Vous auriez pu par honnêteté intellectuelle consulter les programmes du lycée.
    - en Seconde, étude de la Méditerranée au XIIe siècle, personnellement je me suis penchée avec mes élèves sur l’Orient au temps des croisades.
    - En Première, la France dans la Seconde Guerre Mondiale et un chapitre particulier sur le régime de Vichy qui souligne le caractère antisémite du régime.
    - En terminale S, un des trois thèmes est consacré à la colonisation et la décolonisation avec une étude poussée de l’idéologie coloniale.
    - enfin, en terminale L, nous étudions les mémoires de la Seconde Guerre Mondiale.
    - J’ajouterai que, concernant la Première Guerre Mondiale, nous devons orienté le cours sur l’étude des Français.
    Il s’agit bien d’une histoire critique et méthodique, et non d’un bourrage de crâne. ! !
    C’est peut être cela qui gêne actuellement.
    Enfin, que connaissez-vous des travaux des historiens qui ont initié la pétition ? Il me semble, d’après mes quelques connaissances, qu’ils sont loin de défendre le roman national !

  • louisette25
    • Posté à 07h28 le 13/12/2009
    • Internaute 92570
      Prof

    Et monsieur est enseignant !
    Vous feriez bien de lire vraiment le contenu de la réforme : toutes les disciplines sont touchées y compris les sciences. Le but est donc bien de supprimer des postes (le votre, j’espère). Quant à l’accompagnement personnalisé : une vaste fumisterie qui permet de se mettre les parents dans la poche. Nous ferons de la garderie sans avoir les moyens ni les compétences pour aider les élèves.

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