Tribune 11/12/2009 à 10h12

Sachez détecter la prison qui se cache dans votre entreprise

Mademoiselle Dusk | Cadre du CAC40

Dans le film « Un prophète », de Jacques Audiard, le héros, Malik, est emprisonné en maison d’arrêt. Frédérique Bredouille, salariée en tant que « coordinatrice transverse » dans une entreprise du CAC 40, a peu de notions sur l’univers carcéral. Pourtant, le film lui a paru étrangement familier.

« It rings a bell » comme on dit chez nous dans le CAC.


« Voilà ton paquetage ». Malik met sa tenue de détenu.

Frédérique met son petit tailleur bleu marine et ses mocassins à gland.

« Voila ta cellule ». Malik entre dans sa cellule. Ca sent la pisse. Les fenêtres ont des barreaux.

9 heures du matin, Frédérique s’installe dans son box dans l’open-space. Ca sent l’ordinateur et la moquette sale. Les fenêtres ne s’ouvrent pas.

« Tu seras avec Riri la bite chaude, le violeur, sur le lit du haut, et Toto les dents blanches, l’anthropophage, sur le lit du bas »

9h30, Jean-Claude, le voisin de Frédérique, s’installe à sa place en face d’elle, grogne un bonjour, décroche le téléphone, compose un numéro de conférence call avec l’inde en haut-parleur, et commence à se curer le nez, comme il le fera pour le reste de la journée. Il colle les crottes de nez sous la table de bureau. A 9h40 arrive Valérie, son autre voisine, qui s’assoit à sa table de travail, et commence à se mâchonner l’intérieur des joues, les yeux rivés sur son écran, comme elle le fera pendant toute la journée.

« Pour les douches c’est une fois par semaine au fond du couloir à gauche, évite de te pencher pour ramasser ton savon il peut t’arriver des bricoles ».

10h. Frédérique a rendez vous avec la DRH pour faire le point sur sa demande de formation au logiciel Excel. La DRH lui répond qu’elle « est très attentive à la gestion des carrières et à la montée en compétence des collaborateurs du groupe, mais que pour le moment elle ne peut donner une suite favorable à sa demande, compte-tenu des restrictions budgétaires auxquelles nous sommes confrontés dans la période actuelle, que Frédérique peut certainement comprendre ce souci d’être en ligne avec les valeurs d’austérité prônées par le groupe et qu’ elle l’invite à réitérer sa demande pour faire partie du plan de formation de l’année prochaine, le cas échéant ». Lorsque Frédérique quitte le bureau, la DRH transmet une note confidentielle au N+1 de Frédérique : « Compétences techniques et aisance avec les chiffres à challenger, insistance démontrant des difficultés relationnelles et un manque patent de diplomatie, à surveiller lors des prochains comités d’évaluation. Envisager remplacement par une ressource offshore moins coûteuse ».

« Ta place c’est le lit du milieu, y’a pas la télé, mais tu peux regarder le mur et compter les fissures, ça distrait »

11h. Frédérique relit des slides powerpoint. On y parle de process, de roll-out, de bonnes pratiques, de valeurs, de retour sur investissement, d’efficacité, d’optimisation. Pour se distraire elle regarde le panneau avec les valeurs du groupe punaisé sur la cloison de son box « Unyielding integrity, Intensity to win, Act with Sensitivity ». Sa bouche commence à sentir le plâtre. Elle suce une pastille Valda pour en chasser le goût.

« A la cantine y’a du rata »

12h30. Frédérique part acheter une salade à la boulangerie. La salalde fait pop quand on ouvre le bol de plastique. Les feuilles ont le goût du bol.

Malik regarde le mur.

Frédérique regarde sa feuille excel. Elle a un peu mal au cœur. Elle reprend une pastille Valda.

Toto les dents blanches menace de manger la jambe de Malik s’il ne lui donne pas un paquet de cigarettes.

Jean-Claude est encore sur haut parleur pour un conférence call avec l’inde. Frédérique lui demande de baisser un peu le son. Jean Claude regarde Frédérique avec un regard mauvais, sans cesser de se curer le nez. Frédérique se replonge dans son year-end forecast et sort ses boules Quies de son caisson.

Malik fume un joint. Dans les brumes de la drogue, il voit apparaître Marwann, le fantôme de l’homme qu’il a assassiné, ce qui lui a valu son incarcération. Il lui parle de Dieu.

Frédérique prend un cappucino à la machine Selecta et va aux toilettes. Dans le miroir, son reflet se met à lui parler en Araméen.

Malik est pris dans une bagarre dans la cour et écope de 10 jours de QHS. Il en ressort les yeux hagards, complètement désorienté.

Frédérique monte dans sa rame de RER A un jour de grève. Elle réussit à s’extraire à la station Val de Fontenay, dans le Val de Marne, les yeux hagards, complètement désorientée.

Malik pleure : « Ca fait 8 ans que je suis ici, j’ai pas mérité ça ! ». Riri lui répond d’une voix cinglante « T’as tué un mec à coups de couteau, t’as pas à te plaindre ».

Frédérique soupire : « Qu’est ce que je m’emmerde ! ». Valérie lui répond d’une voix cinglante « Tu n’es pas en ligne avec les valeurs de notre groupe ! Il y a tant de gens qui rêveraient de prendre ta place. J’appelle la RH ! ».

Malik a enfin droit à une permission ce week-end. Il se tape une prostituée.

C’est vendredi soir. Frédérique surfe sur Meetic.

« Malik, ta peine est purgée. Tu es libre ».

Frédérique demande : « Et moi ? Je peux m’en aller ? ». Son N+1 lui répond : « Ha non, toi tu restes ! T’en as encore pour une bonne trentaine d’années ! ».

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  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 10h19 le 11/12/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Boulot, Dodo, Cachot !

  • expat
    • Posté à 10h40 le 11/12/2009
    • Internaute 25627

    On a parfois cette impression enchaine a un poste de travail qu’on n’a le droit de quitter que si on a un remplacant, quand on donne son preavis, la direction est choquee ! Une chance a part dans certains jobs, comme le controle aerien et l’armee americaine il semble qu’on puisse choisir de mourir de faim dans la rue plutot que de continuer a experimenter combien les valeurs de la democratie et des droits de l’homme sont absentes du monde du travail !

    Par contre je crains que la prison ne soit encore un univers plus loin dans l’horreur que l’enfer du monde du travail. Et en sarkozie (ou ailleurs) aujourd’hui, pensez aux tresors de patience et d’ingeniosite a inculquer a nos enfants pour qu’ils survivent dans le monde de demain que nous leur avons prepare !

    • obey-
      obey- répond à expat
       : -\
      • Posté à 13h13 le 11/12/2009
      • Internaute 66286
         : -\

      Il n’y a pas qu’aux usa dans certains services qu’on peut partir sans probleme.

      La demission, ca existe.

      • Waldeck
        Waldeck répond à obey-
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 14h41 le 11/12/2009
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        -« Il n’y a pas qu’aux usa dans certains services qu’on peut partir sans probleme »

        - Oui, en sautant par la fenêtre ... !

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 10h41 le 11/12/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Sauf qu’en prison on y est 168h par semaine, qu’on ne peut pas démissionner et que le soir on y est toujours...

    • Sexus Empiricus
      Sexus Empiricus répond à Keldan
      • Posté à 16h51 le 11/12/2009
      • Internaute 6004

      Bien évidemment, la différence entre l’une (prison) et l’autre boîte (à salaire) saute aux yeux, et ce que vous dites n’est pas négligeable.

      Sauf que... sauf que, dès lors qu’on ne réduit plus les salariés à des corps disponibles 30-40 heures par semaine (selon que vous bossez à temps plein, partiel ou sup), que vous leur bouffez le peu de « temps de cerveau disponible » - et le cerveau tout court -, vous voyez des cohortes de salariés, corps et âmes, que le travail « travaille » malgré eux, la nuit, insomnie, les jours endimanchés ou chômés, sans répit, avec pour tout repos au choix : 1) les doux cachetons du psy de service ou 2) les divertissement d’îlotes.

      En prison, au contraire, les petites mains qui travaillent dans les ateliers en concession, travaillent pour s’évader (Arbeit macht...), se sortir de la cellule (mais pas la familiale certes) et... oublier la prison, qu’on continuera de vouloir oublier, comme des salariés, à coup de cachetons ou de télévision...

      • Keldan
        Keldan répond à Sexus Empiricus
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h03 le 11/12/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Ok, le boulot est une fatalité, une sorte de prison, vu qu’il faut du fric pour vivre et donc bosser pour avoir du fric.

        Par contre s’abrutir devant la télé (ou autre forme de lobotomie) c’est de l’emprisonnement volontaire.
        Personne ne nous force à mater TF1 en rentrant du boulot. Même si on est crevé physiquement ou mentalement, et qu’on n’a pas envie de jouer aux échecs ou faire du jogging, on peut toujours pratiquer des activités reposantes et divertissantes qui ne sont pas aliénantes.

        On peut fustiger la société, mais la société n’est rien de plus que les gens qui la composent. Et si ceux-ci se complaisent dans leur malheur et aiment s’emprisonner, il ne faut pas s’étonner du résultat.

         
        • Sexus Empiricus
          Sexus Empiricus répond à Keldan
          • Posté à 21h08 le 11/12/2009
          • Internaute 6004

          Oui, Keldan, ce que vous dites là me paraît juste. Je n’y trouve rien à redire.
          L’idée de « détecter la prison qui se cache dans votre entreprise » n’en reste pas moins un exercice amusant. Plus difficile, mais non moins profitable, l’exercice inverse, qui consiste à repérer l’entreprise qui se cache dans l’institution « prison ». (Ce réparage a déjà été fait, m’a-t-on dit.)

        1 autres commentaires
  • tripo
    tripo
    résident de la république
    • Posté à 11h09 le 11/12/2009
    • Internaute 77696
      résident de la république

    on aurait préféré « sachez détecter »...
    j’espère qu’aucun prisonnier ou ex ne lira cet article parce que cet article est particulièrement de mauvais goût...
    sortez de votre CAC 40, vous en avez la liberté !

    • obey-
      obey- répond à tripo
       : -\
      • Posté à 13h12 le 11/12/2009
      • Internaute 66286
         : -\

      Cet article n’est pas du tout de mauvais gout, au contraire il explore de facon tres intelligente les paralleles de situation dans nos societes modernes.

      Tres bon article, que certains esprits ne peuvent pas comprendre il faut l’admettre.

      • tripo
        tripo répond à obey-
        résident de la république
        • Posté à 13h28 le 11/12/2009
        • Internaute 77696
          résident de la république

        entre une personne qui a choisi de travailler dans une entreprise du CAC et une personne emprisonnée, j’ai du mal à voir le parallèle de situation
        mais effectivement je n’ai sûrement pas l’esprit suffisant pour ça, moi qui n’ai pas pour mot d’ordre « obéir » (aux patrons du CAC ? au tout-sécuritaire ? (j’ai vu par ailleurs que vous ne compreniez pas qu’on puisse se poser des questions sur le vidéosurveillance des rues, tout s’explique...))

         
        • Lictor
          Lictor répond à tripo
          informaticien
          • Posté à 14h53 le 11/12/2009
          • Internaute 68450
            informaticien

          Bien sûr que si il y a un parallèle... On ne finit pas en prison par hasard, on ne finit pas dans une entreprise du CAC40 par hasard...

          Dans les deux cas, un humain s’est retrouvé à un moment de sa vie à ne plus percevoir l’éventail des choix qui s’offraient à lui, mais s’est au contraire vu guidé dans un tunnel vers un choix qui lui est apparu comme unique. Que ce choix soit de sombrer dans la délinquance ou dans l’open space...

          La notion de choix est très relative. On a effectivement toujours le choix, celui de ne pas aller en prison comme celui de ne pas finir échoué dans ce genre d’entreprise. Mais une fois qu’on a perdu la vision de ses choix, il est très difficile de faire machine arrière... Tout le monde de l’entreprise repose sur cet effet de réduction des choix et des possibles... Tout comme le monde de la délinquance...

        1 autres commentaires
      • raginwulf
        raginwulf répond à obey-
        • Posté à 06h33 le 12/12/2009
        • Internaute 97052

        Emettre des réserves ne signifie pas qu’on ne comprend pas le sujet, c’est seulement participer à une discussion. Certains esprits condescendants ne peuvent pas comprendre ça, il faut l’admettre.

    • Waldeck
      Waldeck répond à tripo
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 14h58 le 11/12/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« j’espère qu’aucun prisonnier ou ex ne lira cet article parce que cet article est particulièrement de mauvais goût... »

      - Comme dit Keldan, on peut sortir chaque soir de sa cellule « professionnelle »...

      - Mais il y a une différence fondamentale : celui qui va bosser n’a commis ( au demeurant...) aucune infraction, aucune contravention, aucun crime...

      Et si pour moi la sanction à une faute ( prouvée et jugée équitablement ) est l’emprisonnement, celui-ci doit être une « privation de liberté, dans la dignité » .

      Je n’aime pas le mélange des genres, comme on l’entend parfois : « ...les Grévistes prennent les Usagers “en Otages”... »

      Pour tous les Autres, simples employés, pour le moment en attente - provisoire - d’une G.A.V. pour « outrage » ou « rébellion », pourquoi devrions-nous avoir à subir des conditions d’emploi proches de la détention ?

      - Pour une préparation « psychologique » afin d’appréhender un avenir « Pénitentiaire » ... ?

      • Sexus Empiricus
        • Posté à 17h08 le 11/12/2009
        • Internaute 6004

        Mais il y a une différence fondamentale : celui qui va bosser n’a commis ( au demeurant...) aucune infraction, aucune contravention, aucun crime...

        Pas sûr, Waldeck, pas sûr.
        Mais je suppose que vous avez voulu donner la parole à notre bonne conscience de travailleur qui se lève tôt pour gagner sa place au soleil.

  • ClaireChar
    • Posté à 11h24 le 11/12/2009
    • Internaute 16497

    Oui franchement ça met très mal à l’aise cet article parce que c’est d’abord évidemment caricatural mais sans apporter quoique ce soit au débat sur le monde de l’entre prise, et SURTOUT méprisant pour le monde carcéral en faisant semblant de comprendre « oui nous aussi dehors on souffre »
    je crois pas que ce soit exactement comparable.

    Me fatigue un peu ces cadres de grandes entreprises qui se plaignet en permanence, mais sortez vous les doigts allez chercher du boulot ailleurs, bougez vous
    y’a une inertie affligeante incompréhensible que j’observe depuis 10 ans que je bosse dans des grandes boites chez des cadres diplômes qui se bougent pas,sont soit disant brimés, jamais contents, mais n’ont pas refiat un CV depuis 10 ans
    putain y’a des millions de gens qui ont pas de boulot, des millions de gens qui n’ont pas d’autres choix que de rester dans leur usine de merde sur une chaîne de production avec un chef tortionnaire parce qu’il est autrement plus difficile de changer de boulot à 45 ans sans qualification autre que ce que vous faites depuis 25 ans,

    alors le petit cadre dynamique brimé par ses présentations ppt , ses lacunes excel et sa drh tortionnaire ça va bien.

    un peu de décence ça n’a absolument aucun rapport avec le monde carcéral

    • A déménagé le 13-10-2012 2
      • Posté à 12h05 le 11/12/2009
      • Internaute 85164
        non connue

      Ils ne peuvent pas ,
      Il faut payer le loft qui coûte si cher , les artisans sont hors de prix , les travaux n’en finissent plus et puis il a acheté la nouvelle Porche , on avait un mariage cet été et on pouvait pas y aller décemment avec la Laguna de 2007 , franchement comment s’en sortir avec 6000€ par mois .

    • obey-
      obey- répond à ClaireChar
       : -\
      • Posté à 13h14 le 11/12/2009
      • Internaute 66286
         : -\

      > y’a une inertie affligeante incompréhensible que j’observe depuis 10 ans que je bosse dans des grandes boites...

      Visiblement vous n’avez pas trouvé l’humour dans ces societes.

      Decompressez un peu.

    • gramoune
      gramoune répond à ClaireChar
      citoyen du monde
      • Posté à 08h06 le 12/12/2009
      • Internaute 84032
        citoyen du monde

      Entièrement d’accord avec vous, comme le disais un célèbre voyant .... Monsieur a son avenir devant lui, et l’aura dans le dos chaque fois qu’il se retournera.

      Moi aussi j’en ai u peu mare de ces cadres bobo qui se plaignent tout le temps, vous avez raison ils ont la chance de pouvoir changer de boîte facilement pour peu qu’ils se bougent.

      J’en suis un exemple : 26 ans de métier et 10 boîtes au compteur, et j’espère bien en inscrire encore 2 ou 3 à mon tableau.

      j’ai décidé de faire une collection d’employeurs comme d’autres de timbres poste.

      si quelqu’un connaît le mot qui désigne cette collectionnite (aigue cela va de soi) je suis preneur

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 13h11 le 11/12/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Travaille, consomme, meurt.

    Cela dit, c’est très bien raconté.

    • Sexus Empiricus
      Sexus Empiricus répond à obey-
      • Posté à 17h04 le 11/12/2009
      • Internaute 6004

      « Travaille, consomme, meurs ». La devise semble en effet coller avec les slogans les plus officieux, du genre : « Trime, achète, crève ». C’est du long terme !

      Mais il me semble qu’il manque certains termes, et que cette trinité laisse de côté d’autres Valeurs de Civilisation : « Bosse plus plus, bouffe à donf, fais tout plein de gosses et - j’irai mouâ chercher la Croissance avec les dents ». (C’est notre sûr Moi qui parle.)

  • nanabel
    nanabel
    1ère version
    • Posté à 13h37 le 11/12/2009
    • Internaute 97292
      1ère version

    Je crois qu’il est temps pour la personne qui a écrit cet article de penser à la reconversion. Je lui conseillerai de se rendre utile en donnant de son temps bénévolement, comme visiteuse de prison peut-être... Parfois il est enrichissant de découvrir qu’il existe un autre monde que son boulot.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 14h36 le 11/12/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Il y a aussi ceux qui sont à l’extérieur de cette prison et qui aimeraient y rentrer.

  • Chou marin
    Chou marin
    sal'bête plein'd'poils
    • Posté à 14h45 le 11/12/2009
    • Internaute 12261
      sal'bête plein'd'poils

    C’est un peu osé en effet, des anti-dépresseurs pourraient aider ; -)
    - Reste que cela relate bien l’atmosphère et les conditions dans ces boulots. D’ailleurs, les emplois dans le tertiaire ressemblent de plus en plus à un esclavagisme des temps modernes.

    • Lictor
      Lictor répond à Chou marin
      informaticien
      • Posté à 14h57 le 11/12/2009
      • Internaute 68450
        informaticien

      Oh oui, te médicamenter pour continuer à bosser comme si de rien n’étais alors que ton subsconscient de hurle de te casser...

      C’est une bonne idée ça... Et tellement dans l’air du temps :
      - les somnifères pour être reposé au taff le matin malgré les angoisses noctures
      - les antidépresseurs et les anxyolitiques pour tenir la pression
      - les barbituriques pour être docile malgré l’envie d’étrangler le n+1
      - la coke pour être plus productif
      - les médicaments qu’on donne aux gamins hyper-actifs pour être plus concentré

      Le cocktail du parfait salarié des temps modernes...

      • Chou marin
        Chou marin répond à Lictor
        sal'bête plein'd'poils
        • Posté à 15h35 le 11/12/2009
        • Internaute 12261
          sal'bête plein'd'poils

        Oubliez pas l’alcool pour réussir à faire un rictus lors des « team-events » pseudo-non-obligatoires ; -)

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h15 le 11/12/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Pourquoi limiter cette réflexion à l’ entreprise ?

    « Envisagée sous cet angle imprenable, ce n’est pas la prison qui serait un repaire pour les ratés de la société, mais la société présente qui fait l’effet d’une prison ratée. La même organisation de la séparation, la même administration de la misère par le shit, la télé, le sport, et le porno règne partout ailleurs avec certes moins de méthode. Pour finir, ces hauts murs ne dérobent aux regards que cette vérité d’une banalité explosive : ce sont des vies et des âmes en tout point semblables qui se traînent de part et d’autre des barbelés et à cause d’eux ».

    Julien Coupat

    • padiran
      padiran répond à Numerosix
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 16h26 le 11/12/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      La « cellule invisible », c’est celle de son propre enfermement intellectuel et idéologique, ou celle qui veut préparer la libération des autres ? On est toujours prisonnier de quelque chose ou de quelqu’un, même et surtout dans un village global. La toile en est un exemple parfait avec son droit à l’oubli qui n’existe pas.

      • guerzit-
        guerzit- répond à padiran
        Incomprenant majeur
        • Posté à 17h17 le 11/12/2009
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        « La “cellule invisible”, c’est celle de son propre enfermement intellectuel et idéologique »

        Heureux les simples d’esprit qui n’auront jamais ce genre de pensée... Car bien que vous n’ayez pas vraiment tort, je crois qu’il ne faut pas sous-estimer la terreur que représente l’enfermement...

        Prisonnier de quelque chose, certes, mais libres du reste...

  • franc parleur
    franc parleur
    anarchieevangelique.wordpress. (...)
    • Posté à 15h28 le 11/12/2009
    • Internaute 75335
      anarchieevangelique.wordpress. (...)

    Sachez détecter la prophétie que TOUTE la presse met en prison

    Un message pour l’unité :
    Lien

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 17h34 le 11/12/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Ce qui est décrit là est effrayant. On se croirait, dans cette entreprise, dans un camp de concentration, aux mains de kapos névropathes et pervers. Bon appêtit à celui qui met en douce ses crottes du nez sous le bureau, pour les manger ensuite je suppose. J’ ai connu quelqu’ un qui les mangeait directement, ce n’ était pas dans une entreprise, mais dans mon entourage .
    Ecoeurant ! ! !

  • heinpasdeux-
    heinpasdeux-
    Trollé par la modération...
    • Posté à 23h48 le 13/12/2009
    • Internaute 94001
      Trollé par la modération...

    Hébédisdoncpopopofffuiiii(sifflement)lavachec’estdinguez’yvamorteltropmuch...

  • Mademoiselle Dusk
    Mademoiselle Dusk
    Auteur(e) de l'article Cadre du CAC40
    • Posté à 10h40 le 15/12/2009
    • Internaute 98527
      Cadre du CAC40

    Quelqu’un dans ses commentaires me propose de cesser de me lamenter sur mon sort, et de venir faire visiteuse de prison...excellente idée ! Directement du producteur au consommateur !

    En effet c’est moi, Frédérique Bredouille, la gentille cadresse un peu terne mais bien disciplinée, qui contribue à les remplir, les prisons, puisque mon travail a pour seul objectif d’« optimiser les process ». En clair, de niquer vos emplois.

    A bientôt à Fleury-Mérogis, donc.

    Et pour en savoir plus, googlez-moi....