En images 07/12/2009 à 15h59

20 000 travailleurs forcés d'Indochine oubliés par la France

Pierre Daum | Journaliste


Pahm Van Nhân prise à Phuc Yên (Tonkin), le 12 novembre 1939, au moment de son engagement. Crédit : Pham Van Nhân.

C’est une première en France : jeudi 10 décembre, le maire d’Arles va rendre hommage aux travailleurs indochinois envoyés pendant la Seconde guerre mondiale en Camargue pour y travailler le sel et le riz. C’est grâce à eux, d’ailleurs, qu’il existe aujourd’hui du riz camarguais - ce que tout le monde ignore. Jeudi, en prononçant son discours en présence des dix derniers acteurs encore vivants de cette épisode historique, Hervé Schiavetti (PCF) deviendra le premier élu de la République à reconnaître officiellement cette page sombre du passé colonial de la France.

La patrie ou la prison

Septembre 1939, la France entre en guerre. Pour le gouvernement de la IIIe République, il est naturel de piocher sans compter dans les réserves humaines des peuples colonisés afin de soutenir la patrie en difficulté. Ordre est donné à l’administration de l’Indochine de recruter dans chaque village un nombre déterminé d’hommes. Quelques volontaires se présentent, mais trop peu.

La règle devient alors la suivante : chaque famille qui compte au moins deux hommes en âge de partir (entre 18 et 45 ans) doit en fournir un à la France, sinon leur père sera envoyé en prison. 20 000 paysans sont ainsi recrutés, puis expédiés en fond de cale vers la métropole afin de servir non pas de soldats, mais d’ouvriers dans les usines d’armement.

Débarqués à Marseille, ces hommes passent leur première nuit sur le sol de la mère patrie... à la prison des Baumettes, qui vient d’être construite. Organisés en 73 compagnies de 250 hommes chacune, ils sont ensuite envoyés à travers l’Hexagone dans des établissements appartenant à la Défense nationale.

Location de main d’œuvre à bas prix

La défaite, en juin 1940, surprend tout le monde. Quelques milliers de ces travailleurs indochinois (appelés aussi ONS, pour « ouvriers non spécialisés ») sont rapatriés. Mais dès l’été 1941, la route maritime vers l’Extrême-Orient est coupée par la flotte britannique. 14 000 ONS indochinois se retrouvent bloqués en France pour toute la durée de la Seconde guerre mondiale, et même au-delà.

Le service de la main-d’œuvre indigène (M.O.I.1), qui gère ces hommes au sein du ministère du Travail, décide alors de louer cette main d’œuvre à des entreprises privées (usines de textiles, industries métallurgiques, scieries, exploitations agricoles...) qui le désirent, ou à des collectivités locales pour des travaux de voiries, d’assèchement de marais, de coupe de bois, etc...

L’employeur passe un contrat avec la M.O.I. et lui verse une somme correspondante au nombre d’ouvriers et de journées travaillées. Le prix est avantageux, puisque exempté de charges sociales. Pendant toutes ces années, la M.O.I. encaisse l’argent sans jamais le redistribuer aux travailleurs indochinois qui, mal nourris, mal logés et souvent mal traités, reçoivent des indemnités journalières équivalentes au dixième du salaire de l’ouvrier français de l’époque.

Un morceau d’histoire qui s’est volatilisé

Cette situation concerne toute la moitié sud de la France. De très grands camps de travailleurs indochinois voient en effet le jour à Marseille, Sorgues (Vaucluse), Agde (Hérault), Toulouse, Bergerac (Dordogne), Bordeaux et Vénissieux (Rhône). La Libération ne change pas grand-chose au système, et ce n’est qu’à partir de 1948 que les premiers rapatriements sont organisés. Les derniers ONS ne revoient leur pays qu’en 1952, après 12 années d’exil forcé. Un millier d’entre eux décident de rester en France.

Et après ? Plus rien. Du jour au lendemain, l’histoire de ces 20 000 hommes s’est volatilisée dans la mémoire des Français. En 1986, une étudiante de Nanterre rédige un mémoire de maîtrise sur ce sujet. Dix ans plus tard, Lê Huu Tho, interprète de la 35e compagnie, publie ses souvenirs sous le titre « Itinéraire d’un petit mandarin » (éditions L’Harmattan).

Moi-même, lorsque j’ai par hasard entendu parler de cette histoire, mon premier objectif a été de retrouver les derniers de ces hommes encore vivants, et de recueillir leur témoignage avant que cette mémoire orale ne disparaisse à jamais. J’ai parcouru la France et suis parti au Vietnam.

Après quatre années de recherche, j’avais recueilli 25 témoignages, 11 en France et 14 au Vietnam, que j’ai complété par de solides recherches archivistiques. Paru en mai dernier aux éditions Actes Sud, mon ouvrage, « Immigrés de force, les travailleurs indochinois en France (1939-1952) », lève enfin le voile sur cette page sombre de l’histoire coloniale.

Poussé par Lê Huu Tho, j’ai alors suggéré au maire d’Arles d’organiser un hommage à ces hommes. Entre 1941 et 1945, en effet, 1500 d’entre eux ont été envoyés en Camargue, les uns utilisés par Péchiney dans les salines autour de Salin de Giraud, les autres employés dans une vingtaine de mas, avec pour mission d’essayer de faire pousser du riz. Ils y sont parvenus, au-delà de toute espérance. Et ont apporté à cette région une fortune et une culture dont les Arlésiens profitent encore aujourd’hui.


Camp Bao Dai à La Ferté (Saône et Loire).

Photo 1 : photo de Pahm Van Nhân prise à Phuc Yên (Tonkin), le 12 novembre 1939, au moment de son engagement. Crédit : Pham Van Nhân

Photo 2 : Camp Bao Dai à La Ferté (Saône et Loire). Le camp a été construit pour héberger les travailleurs envoyés couper le bois. Dans une baraque logeaient une soixantaine de travailleurs. Construites en bois, il y faisait froid, mais les hommes pouvaient se chauffer grâce à des poêles à bois. Crédit : Pham Van Nhân

Pour voir la suite du diaporama


Travailleurs indochinois dans le camp de Mazargue à Marseille. Crédit DR

Travailleurs indochinois dans le camp de Mazargue à Marseille. Crédit : Pierre Daum

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Vénissieux, 1er avril 1941. Salut aux couleurs

Vénissieux, 1er avril 1941. Le capitaine Guérin vient de renverser Valent Falendry, il prend le commandement. Tous les matins, vers 7h30 ou 8h, après le petit déjeuner, salut aux couleurs. À droite, c’était la cuisine et le réfectoire. Derrière se trouve la vingtaine de baraquements dans lesquels les ONS dormaient. Crédit : Pham Van Nhân

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Le capitaine Crouvezier face à sa compagnie, la 58ème

Le capitaine Crouvezier face à sa compagnie, la 58ème, dans le camp de Vénissieux, vers 1943. Ce jour-là, les ONS faisaient grève pour protester contre la mauvaise nourriture. Les hommes du devant sont des interprètes. Crédit : Pham Van Nhân

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Repiquage du riz en Camargue, 1942. Crédit Vu Quoc Phan

Repiquage du riz en Camargue, 1942. Crédit : Vu Quoc Phan

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Culture du riz en Camargue. Crédit Pham Van Nhân

Culture du riz en Camargue. Crédit : Pham Van Nhân

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Archives Dang Van Long

Départ de manifestation au camp de Mazargues, à Marseille. Peut-être vers la gare Saint Charles, afin d’accueillir le leader vietnamien, de passage dans la capitale phocéenne le 17 septembre 1946. Sur la banderole, on peut lire : « Vive Ho Chi Minh » (littéralement : Ho Chi Minh 1000 vies). Crédit : archives Dan Van Long

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Chu Van Ngan Vietnam 2007. Crédit Pierre Daum

Chu Van Ngan, ancien ONS, en 2007 au Vietnam. Crédit : Pierre Daum

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Lê Huu Tho, ancien interprète de la 35ème compagnie, et sa femme Madeleine, Grenoble, 2007. Crédit Pierre Daum

Lê Huu Tho, ancien interprète de la 35ème compagnie, et sa femme Madeleine, Grenoble, 2007. Crédit : Pierre Daum

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  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 16h21 le 07/12/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    On ne les entend pas se plaindre comme certains prompt a se plaindre pour un oui ou pour un non alors qu’ils ont l’independance depuis plus de 50 ans.

    Etonnant non.

    • flixp
      flixp répond à obey-
      Aboyeur
      • Posté à 16h31 le 07/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      encore plus étonnant est ce type de comparaison stupide.

    • Riverain qui a déménagé le 5-8
      • Posté à 19h11 le 07/12/2009
      • Internaute 14534

      obey, le messager a toujours été mal accueilli ;)

    • Crepitus
      Crepitus répond à obey-
      Retraité
      • Posté à 19h18 le 07/12/2009
      • Internaute 85789
        Retraité

      L’indépendance depuis plus de cinquante ans ? autrement dit aux alentours de 1960. S’il y eut une indépendance vis-à-vis de la France un peu plus tôt, la véritable indépendance, quoique l’on puisse penser par ailleurs du système politique gagnant, n’eut lieu que lorsque les états-uniens se replièrent en hâte. Laissant malgré tout un pays et ses voisins dévastés par le fameux agent orange, en fait , sauf erreur, de la dioxine.

    • lled
      lled répond à obey-
      (galérienne)
      • Posté à 20h06 le 07/12/2009
      • Internaute 45455
        (galérienne)

      [Obey] : « On ne les entend pas se plaindre »

      ...Le contraire serait un peu flippant. Vous je sais pas, moi j’entends rarement réclamer les morts :

      ( »...Jeudi, en prononçant son discours en présence des dix derniers acteurs encore vivants de cette épisode historique, »)

  • 14240
    14240
    retraité
    • Posté à 16h28 le 07/12/2009
    • Internaute 95774
      retraité

    Page sombre de la colonisation ? ? ? ...HEU...rien n’a changer ! ! ! on fait toujours venir de la main d’oeuvre de l’étranger....pour les exploiter...et puis les renvoyer chez eux...par charters ! ! ! voir hortefeux..besson ! !
    Nous sommes toujours un pays de colonisation ! ! ! ..le seul changement...il est dans le discours ! ! ! ...

    • tweesty
      tweesty répond à 14240
      Gaucher et contrarié
      • Posté à 16h57 le 07/12/2009
      • Internaute 83901
        Gaucher et contrarié

      On a même trouvé encore plus simple : la colonisation économique.
      Et puis c’est pratique, en les maintenant chez eux à travailler pour les Européens et des salaires de misère, on évite qu’ils ne s’installent durablement chez nous.
      Par contre, inutile de parler d’un quelconque progrès économique ou social pour les personnes concernées.

      • eden-saga.com
        eden-saga.com répond à tweesty
        webmestre
        • Posté à 18h18 le 07/12/2009
        • Internaute 89905
          webmestre

        Nous sommes tous des exploités de naissance au service des nouveaux dieux bling bling, qui ne sont pas meilleurs que les anciens.
        Lien
        Lien

      • DBL8
        DBL8 répond à tweesty
        Retraité
        • Posté à 22h44 le 07/12/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        Pas QUE pour les Européens ! !
        Les asiatiques et moyen-orientaux le font aussi très bien en Afrique.
        Regardez un peu mieux !

         
        • tweesty
          tweesty répond à DBL8
          Gaucher et contrarié
          • Posté à 01h11 le 08/12/2009
          • Internaute 83901
            Gaucher et contrarié

          C’est, hélas, parfaitement exact...
          Dans mon post précédent, je parlais uniquement de ce qui nous (les Européens) concernait.

        1 autres commentaires
    • jubo
      jubo répond à 14240
      Intra-Terrestre
      • Posté à 17h41 le 07/12/2009
      • Internaute 50630
        Intra-Terrestre

      Page sombre.

      Livre sombre.

      Bibliothèque sombre.

      ...

      Sinistre monde.

      • 14240
        14240 répond à jubo
        retraité
        • Posté à 17h53 le 07/12/2009
        • Internaute 95774
          retraité

        Monde sinistré...j’l’ai vu dans ma bibliothèque...dans un livre NOIR...au pages....blanches ! ! ! ...+1

    • chengyang
      chengyang répond à 14240
      • Posté à 18h59 le 07/12/2009
      • Internaute 38622

      La colonisation est en effet par définition « sombre » !
      Mais n’oublions pas que la colonisation française en Indochine fut particulièrement féroce (en général, on en a plutôt une image « soft »), c’est peut-être ce que voulait dire l’auteur .... Par exemple, suite à la crise de 1929, une révolte de paysans fut réprimée, le 12 septembre 1931 à Hung-nguyên par un bombardement... d’aviation, qui fit plus de 200 morts et plus d’un millier de blessés ! À d’autres endroits, le gouvernement français n’hésita pas à lâcher sur les paysans la Légion étrangère qui fusilla des centaines de suspects sans jugement ; des villages entiers furent bombardés et complètement rasés, comme par exemple le village de Phu-an. Des milliers et des milliers de paysans déportés périrent les pieds dans les fers dans les camps de prisonniers.
      Cette sinistre page de l’histoire de France est tombée dans les oubliettes, il ne serait pas mauvais de s’en souvenir afin d’éviter cette espèce de condescendance qui caractérise l’actuel gouvernement français lorsqu’il donne des leçons au monde entier...

      • DBL8
        DBL8 répond à chengyang
        Retraité
        • Posté à 22h47 le 07/12/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        Et chez nous ?
        Rien ?
        Dans le Sud-Ouest et le Nord de la France il ne c’est rien passé ?
        Les gouvernements de l’époque n’y ont-ils pas envoyé l’armée pour réprimer les paysans ?
        Ce n’est pas une excuse, mais n’oublions pas que chez nous aussi il y a eu de tels faits.

      • TienTien
        TienTien répond à chengyang
        impavide devant les ruines de (...)
        • Posté à 08h13 le 08/12/2009
        • Internaute 86881
          impavide devant les ruines de (...)

        Connaissez-vous le cimetière chinois de Noyelles s/mer (Somme) ?

      • 14240
        14240 répond à chengyang
        retraité
        • Posté à 09h31 le 08/12/2009
        • Internaute 95774
          retraité

        VU.toutes les atrocités que nous avons commis de par le monde pendant la colonisation ! ! ! nous devrions nous repentir chaque jour de la semaine ! ! ! ...la liste est longue ! ! !

    • maboul
      maboul répond à 14240
      infirmier
      • Posté à 19h20 le 08/12/2009
      • Internaute 39253
        infirmier

      Heu ..depuis un moment ils ont tendance a venir sans y être invité

  • Duc du Granlac
    Duc du Granlac
    Républicain
    • Posté à 16h39 le 07/12/2009
    • Internaute 86373
      Républicain

    L’histoire doit être etudié par les historiens,je n’aime pas que les politiques l’exploitent à des fins bassement éléctoralistes.

    Je suis contre toutes les lois memorielles.

    D’ailleurs c’est marrant que ce soit un communiste qui vienne nous faire la morale.

    • flixp
      flixp répond à Duc du Granlac
      Aboyeur
      • Posté à 16h53 le 07/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      Je ne sais pas si c’est de la propagande électoraliste comme vous semblez le dire.. Mais au moins, l’action de cet élu m’a fait découvrir cette histoire que je ne connaissais pas. Il ne s’agit pas d’une loi mémorielle mais de l’organisation d’une cérémonie pour relater les faits, reconnaitre certains torts de la république et ainsi rendre hommages à ces forçats.

      Vous dites que l’histoire est étudiée par les historiens, j’en conviens, mais chacun est en droit d’en parler et de la faire connaître.

    • asozial
      asozial répond à Duc du Granlac
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 19h18 le 07/12/2009
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      c’est vrai, tout ça pour obtenir le vote des bagnards vietnamiens retraités, salaud de rouge !

      on se demande comment ce genre d’idée infâme a pu lui venir à l’esprit !

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 16h55 le 07/12/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Mieux vaut tard que jamais. il était temps de rendre justice à ces hommes fût ce de façon assez confidentielle...
    Chez moi, dans le sud-Ouest, la même étude reste à faire avec les espagnols qui eurent les mêmes conditions d’accueil et travaillèrent la vigne en échange d’un très maigre pécule. malgrè tout cela, ce sont eux qui fournirent le gros des troupes de la Resistance. Ils libérèrent Nérac et Marmande entres autres.
    A titre de comparaison voici un lien très documenté sur le camp d’Argeles. A la fin de la guerre d’Algérie, la plupart de ces camps servirent pour les harkis. Douce France ?

    Lien

  • Anonyme

    « C’est grâce à eux, d’ailleurs, qu’il existe aujourd’hui du riz camarguais - ce que tout le monde ignore ».
    –-
    c’est tellement grâce à eux qu’en cherchant un peu on s’aperçoit que du XIV au XVIe siècle, de nombreux écrits témoignent de l’extension des rizières en Provence.

    Conseillé par Sully, Henri IV a ordonné le 23 Août 1593 que soit entreprise en Camargue la culture du riz.

    • flixp
      flixp
      Aboyeur
      • Posté à 17h14 le 07/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      j’ai été surpris aussi.

      Sur le site Lien on y lit :

      « Du XIV au XVIème siècle, de nombreux écrits témoignent de l’extension des rizières en Provence. Sur les conseils de son ministre Sully, Henri IV ordonne en effet le 23 Août 1593 que soit entreprise en Camargue la culture du riz. Etait-ce pour agrémenter sa légendaire “poule au pot” ? L’histoire ne le précise pas.

      A la fin du XIXème siècle, après de nombreux essais peu concluants effectués en d’autres régions, la riziculture reprend en Camargue, terroir au climat privilégié avec de faibles écarts de température, une luminosité intense et un effet bénéfique du mistral.

      Créée dans les années 1840 sous l’impulsion d’Etienne Noël Godefroy, administrateur de la Compagnie Générale de dessèchement, la première rizière du Domaine de Paulet, sert avant tout à lutter contre le sel qui menace de transformer la Camargue en désert après l’endiguement contre les crues du Rhône. Le rôle essentiel des rizières restera, jusqu’en 1930, la préparation des sols pour d’autres cultures comme la vigne.

      C’est dans les années 40 que la riziculture française connaît un réel essor. L’interruption du trafic maritime de 1939 à 1945 et la pénurie de denrées alimentaires pendant et après l’occupation, incitent alors les producteurs à donner à la culture du riz la place qu’elle mérite.

      Sous l’impulsion d’Edmond Clauzel sont entrepris sur l’aire de production des travaux gigantesques : nivellement des terres, constitution d’un réseau de canaux d’irrigation et de drainage, stations de pompage, silos et usines pour le stockage et la transformation du riz paddy récolté... “

      Donc si j’ai bien lu, le réel développement de la culture du riz en Camargue serait réalisé en 39-45 et selon l’article avec l’aide de la MOI.
      Donc si j’ai bien suivi le raisonnement, sans les indochinois, la guardianne se mangerai sans doute avec de l’épeautre.

    • DBL8
      DBL8
      Retraité
      • Posté à 22h50 le 07/12/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      CHUT ! !
      Vous lui cassez sa belle histoire sur le riz en France, il y croyait !

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 17h04 le 07/12/2009
    • Internaute 25388
      sur le fil

    C’est bien que toute ces choses ressortent, ca fait aussi parti de notre histoire commune, de l’identité nationale. La France c’est loin d’etre seulement la patrie des lumières et des droits de l’homme. C’est aussi ca.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 17h06 le 07/12/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    -« 20 000 travailleurs forcés d’Indochine oubliés par la France »

    - Une préfiguration de « l’immigration choisie » (choisie, mais par qui ?)

    • TienTien
      TienTien répond à Waldeck
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 08h15 le 08/12/2009
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Connaissez-vous le cimetière chinois de Noyelles s/mer (Somme) ?

  • PAPY5755
    PAPY5755
    néant
    • Posté à 17h11 le 07/12/2009
    • Internaute 95109
      néant

    A quand une repentance des Suédois et des Espagnoles pour les méfaits, destructions et actes de barbaries causés lors de la guerre de trente ans en Lorraine.
    Ségoléne demande pardon.

    • flixp
      flixp répond à PAPY5755
      Aboyeur
      • Posté à 17h17 le 07/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      On peut aussi se repentir en vain de vous avoir donné la parole.

      Mais sans doute connaissez vous des témoins de la guerre de trente ans qui souhaiteraient rendre hommage à leurs compagnons tombés sous le joug d’un affreux capitaliste profiteur de la main d’oeuvre étrangère bon marché ?

      • maboul
        maboul répond à flixp
        infirmier
        • Posté à 19h23 le 08/12/2009
        • Internaute 39253
          infirmier

        Il faudrait aussi penser a rendre hommage a ceux tombés sous le joug d’un merveilleux communisme

  • solènejazz
    • Posté à 17h38 le 07/12/2009
    • Internaute 89346

    les choses avancent

    l’omerta sur la période de Vichy et la colonisation prend progressivement fin

    on peut regretter tout ce temps perdu

    mais finalement nos enfants apprendront que
    1) non la colonisation n’a pas été une bonne chose pour les « indigènes »
    2) la France a bien collaboré pendant la seconde guerre mondiale et même si une minorité de Français ont combattu le nazisme, la France n’aurait jamais dû être inclue dans les vainqueurs de 1945

    • Emmanuel Esliard
      Emmanuel Esliard répond à solènejazz
      écrivain
      • Posté à 18h30 le 07/12/2009
      • Internaute 80612
        écrivain

      @ solènejazz

      Tout à fait d’accord avec le premier point sur la colonisation, mais en total d’accord sur le deuxième.

      De la manière dont vous évoquez la collaboration, vous semblez affirmer qu’une majorité de français a collaboré avec l’occupant, alors que les choses étaient infiniment plus complexes. Vous oubliez les deux zones, l’aura de Pétain, le fait par exemple que 75 à 80 % des juifs ont été sauvés en France alors que dans des pays voisins, c’est exactement l’inverse.

      Une anecdote plus révélatrice du climat de l’époque que bien des rapports préfectoraux. Mon père m’a raconté qu’en 1943, des groupes de maquisards armés avaient l’habitude de venir au marché hebdomadaire de notre chef-lieu de canton en Bretagne, si des gendarmes se présentaient, les uns ignoraient les autres, il y avait même parfois des sourires complices. Personne ne les a jamais dénoncés, alors qu’une garnison allemande et la milice se trouvaient à une quinzaine de kilomètres de là.

      • solènejazz
        • Posté à 20h59 le 08/12/2009
        • Internaute 89346

        Je suis peu être un peu dur mais j’ai toujours estimé que les Français n’avaient pas été à la hauteur pendant l’occupation et que la défaite (la raclée) de 1940 avait été en partie espérée. Vous me direz pourquoi : mettre fin définitivement à l’expérience de type front populaire et aux valeurs issus de la révolution française (liberté, égalité, fraternité)

        Pourquoi une majorité de français qui avaient suivie les Anglais après dunkerque ont ils décidé de revenir en France ? Pourquoi une majorité des territoires coloniaux n’ont ils pas fais rejoint rapidement la résistance. Pourquoi les Français ont ils accepté le statut des juifs d’octobre 1940 ? ? pourquoi, pourquoi, pourquoi. je comprends votre scepticisme à l’égard de mon opinion mais même sans « l’armée française » , les alliés auraient vaincus les nazis et de plus se sont les soviétiques (20 millions de morts) qui ont vaincus Hitler

  • ApollonduRéverbère
    • Posté à 17h44 le 07/12/2009
    • Internaute 15757

    Merci à l’auteur d’avoir rapporté ces faits à notre connaissance, car c’est vrai, il faut lever ce voile de plomb qui pèse sur les hommes qui ont été importés sur le sol de France comme autant de marchandises, et il faut leur faire savoir combien nous avons honte de ces agissements.

    Pour autant, la riziculture contrairement à ce que mes co-commentateurs ci-dessus mettent en exergue, date de bien plus loin qu’Henri IV. En effet, il y avait du riz en Camargue depuis la conquête romaine.

    Néanmoins, je veux croire que ces hommes ont participé à remettre une culture sans doute éteinte en valeur. Et cela ne retire rien, riz ou pas, au sort qui leur a été fait.

  • Made in Asia
    Made in Asia
    festival des cultures d'Asie
    • Posté à 17h48 le 07/12/2009
    • Internaute 98274
      festival des cultures d'Asie

    Pour ceux qui sont curieux d’en savoir plus, je me permets de signaler la participation de l’auteur, Pierre Daum, au festival Made in Asia à Toulouse, le 9 février prochain...

    Lien

    merci pour cet articles et pour les photos qui l’illustrent...

    • TienTien
      TienTien répond à Made in Asia
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 08h16 le 08/12/2009
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Connaissez-vous le cimetière chinois de Noyelles s/mer (Somme) ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h59 le 07/12/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    On attend maintenant sur le modèle de l’Uncle Ben’s les nouveaux emballages de riz camarguais avec en figurine le sympathique oncle Hô..

  • PAPY5755
    PAPY5755
    néant
    • Posté à 17h56 le 07/12/2009
    • Internaute 95109
      néant

    Les copains de Boudarel ils se repentent quand ?

  • MathieuC
    MathieuC
    Informaticien
    • Posté à 18h00 le 07/12/2009
    • Internaute 98273
      Informaticien

    Ce n’est pas la première fois que j’entends parler d’une histoire sordide sur le passé colonial de la France, à chaque fois j’ai l’impression de marcher sur une mine, je marche tranquillement et paf un truc m’explose à la figure au détour d’un article, d’un reportage.

    Entre les pensions des anciens combattants de nos ex-colonies, le massacre de Sétif le 8 mai 1945, la répression des tirailleurs sénégalais à Thiaroye le 1er décembre 1944, le sort des travailleurs indochinois et tous les autres que je n’ai plus en tête, la France a un bon nombre d’actes à se faire pardonner.

    Je me demande combien d’histoires du même genre dorment tranquillement dans le placard de notre passé colonial. Même si c’est désagréable à lire, je remercie tout ceux qui s’acharnent à faire remonter ces histoires, grâce à eux nous arriverons peut être à en finir avec cette période de notre histoire.

    • TienTien
      TienTien répond à MathieuC
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 08h26 le 08/12/2009
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Connaissez-vous le cimetière chinois de Noyelles s/mer (Somme) ?

    • Lazare.1
      Lazare.1 répond à MathieuC
      En quête...
      • Posté à 18h32 le 08/12/2009
      • Internaute 80615
        En quête...

      « Je me demande combien d’histoires du même genre dorment tranquillement dans le placard de notre passé colonial. » : les massacres perpétrés par la France à Madagascar par exemple, largement ignorés me semble-t-il...

    • Azza
      Azza répond à MathieuC
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 14h55 le 09/12/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Y’a aussi le massacre des Bamileke au Cameroun au debut des annees soixantes

      Lien

  • A déménagé le 13-01-2012 5
    • Posté à 18h07 le 07/12/2009
    • Internaute 98137
      non connue

    Il faudrait varier un peu les formules.

    Quand je lis « page sombre de notre histoire », ou « avant que blabla ne disparaisse à jamais », j’ai plus envie de sortir mon flingue que de lire l’article, c’est insupportable...

    Et puis une « page sombre » sans massacres, c’est un peu décevant quand-même...

    • flixp
      • Posté à 18h27 le 07/12/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      C’est son premier article sur la rue. Et déjà, le crédit « formule toute faite » est épuisé !

    • asozial
      asozial répond à A déménagé le 13-01-2012 5
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 19h21 le 07/12/2009
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      grand causeux, petit faiseux.

    • Azza
      Azza répond à A déménagé le 13-01-2012 5
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 15h06 le 09/12/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Alors si la formule avait ete plus originale, plus accrocheuse, moins culpabilisante (encore que je ne la trouve pas plus culpabilisante que de dire que les guerres de religions ont ete une page sombre de notre histoire, sans m’en sentir pour autant plus bourreau ou victime, vu que j’y etais pas), peut etre auriez vous ete plus enclin a la lecture ?

      Encore qu’apparement, vous avez du lire l’article pour en arriver a la conclusion que sa contenance en massacre etait un peu trop faible a votre gout...

      Finalement, vous auriez peut etre du aller au bout de votre logique : ne pas le lire et ne pas le commenter.

  • aa77
    aa77
    Bâti
    • Posté à 18h14 le 07/12/2009
    • Internaute 49074
      Bâti

    Juste le temps de la cérémonie et puis ça repart aux oubliettes

    On ne va pas me dire que les instigateurs des débats nauséabonds à la veille d’une élection ne connaissent pas tous ces évènements ?

    On manipule et on manipule davantage, à croire qu’on va à une proportion d’intégristes de plus en plus importante et l’élu au lieu de favoriser l’essor de tout un peuple, au contraire contribue au négationnisme

    il est utile et c’est à saluer que quelques-uns aient le courage de rappeler certains évènements même douloureux. Je ne pense pas que ce soit payant électoralement par contre le populisme ou le fascisme de nos jours si !

    Plus je vieillis et plus ça se dégrade, plus de trente ans en France et on nous crache de plus belle et pourtant lorsque j’écoute les sages du village, 1870, 14-18, 39-45, etc...grâce à l’apport, grâce au courage, grâce à la bravoure de toutes ces personnes, une partie de la population ici aujourd’hui a acquis la liberté et surtout celle de nous insulter.

    Certains commentaires me font mal, j’estime que les personnes qui sont en face d’un ordinateur ont déjà un minium de jugeote mais il est vrai qu’instruction et intelligence sont deux choses distinctes

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 18h19 le 07/12/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    L’utilisation et le sacrifice de pauvres bougres par une république dédaigneuse de la vie humaine est une longue tradition. D’abord les ruraux de l’hexagone réputés plus rustiques, puis les « indigènes ».
    On en a des exemples édifiants tout au long du siècle dernier : tranchées de l’Artois et de Verdun en 14-18, débâcle de 1940, et bien sûr guerres coloniales où ils étaient utilisés comme supplétifs ou « goudronneuses ».
    Un petit mot sur les goudronneuses ?
    Il s’agissait des noirs d’AOF et d’AEF que l’on faisait passer devant la troupe lorsque qu’on soupçonnait la présence de mines sur les pistes d’Indochine.
    Cet épisode camarguais ne devrait donc pas nous étonner, pas plus que sa dissimulation qui elle aussi fait partie d’une longue tradition militaro-politique de la France.

    • TienTien
      TienTien répond à Jonas2
      impavide devant les ruines de (...)
      • Posté à 08h18 le 08/12/2009
      • Internaute 86881
        impavide devant les ruines de (...)

      Connaissez-vous le cimetière chinois de Noyelles s/mer (Somme) ?

  • fée clochette
    fée clochette
    babyboomer
    • Posté à 18h28 le 07/12/2009
    • Internaute 49178
      babyboomer

    du vrai journalisme, à l’honneur de Rue 89

    c’est article est d’ailleurs l’occasion de rappeler que les français d’origine asiatique sont complètement transparents au niveau des représentations ; alors que les français d’origine africaine et nord aficaine trouvent peu à peu leur place , les asiatiques sont ignorés alors qu’ils sont touchés de plein fouet par le chômage et le racisme inavoué à l’embauche

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