Police et gendarmerie : dégraisser le mammouth
La révélation, lundi par l’Agence France Presse (AFP), d’un document de travail émanant du ministère du Budget risque de provoquer de violents remous dans la « maison police ». En préconisant la suppression à terme -d’ici à 2011- de 10000 emplois dans la police et la gendarmerie, soit un poste sur vingt, l’inspecteur des finances François Mongin jette un sacré pavé dans la mare.
Cette idée est soulevée dans un document de travail, rédigé dans le cadre de la révision générale des politiques publiques. Mongin, ancien directeur général des Douanes et actuel chargé de mission sur la réforme de l’Etat auprès d’Eric Woerth, suggère que cette baisse des effectifs dans le domaine de la sécurité soit obtenue pour l’essentiel par rationalisation des structures entre la police et la gendarmerie.
120000 policiers, 100000 gendarmes en France, il y a en effet sans doute de la marge, du « gras ». Mongin trace deux pistes : d’une part le resserrement du dispositif actuel police/gendarmerie « sans remise en cause radicale » de leur organisation, avec un gain escompté de 8375 ETP (équivalents temps plein), et, d’autre part, « la remise à plat de l’organisation territoriale des forces (de sécurité) et de la formation », ce qui impliquerait la « fermeture de la moitié des brigades » de gendarmerie et la « constitution de grandes circonscriptions de police nationale sur le périmètre d’agglomérations de plus de 50000 habitants ».
En fait, à terme se profilerait la fusion pure et simple de la police et de la gendarmerie, placées sous la tutelle du ministère de l’Intérieur. En effet, la gendarmerie est un corps militaire dont la place n’est plus justifiée dans le cadre de l’Union européenne, où toutes les autres polices militaires sont passées ou sont en voie de passer sous la tutelle d’un ministère civile.
C’est une vraie révolution, que redoutent en particulier les gendarmes, qui y perdraient leur relative autonomie. Ce serait d’évidence la fin de la « guerre des polices ». Même si elle s’est fort atténuée au cours des dix dernières années, cette « guerre » qui sévit en France depuis des décennies est doublement coûteuse, en crédits et en efficacité.
Bien qu’encore à l’état d’épure -« c’est une réflexion théorique », souligne-t-on au ministère de l’Intérieur-, ce projet va provoquer de violents soubresauts. Il s’inscrit dans la droite ligne de la fusion en cours entre la DST et les Renseignements généraux dans le cadre de la DCRI, direction centrale du Renseignement intérieur. Cette fusion ne serait donc qu’un galop d’essai : d’autres regroupements sont en vue, notamment au niveau des organes de police scientifique, de la formation et des instituts de recherche.
Enfin, selon des informations concordantes, en prélude à ces projets, la gendarmerie quittera le giron de l’armée dès le 1er janvier 2009 pour passer sous le contrôle du ministère de l’Intérieur. De nombreuses questions restent en suspens, mais cette évolution paraît inéluctable, d’autant plus qu’elle est voulue par le président de la République.
► Addendum le 23/10/2007 à 20h05 : le dernier paragraphe de l’article.
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En réalité, Sarkozy s’est attaqué à l’Education Nationale, mais c’est bien la police et la gendarmerie qu’il aurait fallu dégraisser en premier chef. 2011 ne peut être qu’une date butoir. Le dégraissage doit s’opérer où il est nécessaire et utile d’économiser, sans doute qu’en réformant l’E.N. on découvrira qu’en effet on peut ramener les effectifs et les matières enseignées à la moyenne de ce qui se pratique en Europe sans léser l’enseignement et en éliminant les matières extra-scolaires de son champ.
Mais la police, la gendarmerie, les pompiers, il y a du lest à larguer rapidement ! On emploie des gens à ne rien faire pendant des mois pour une opération ponctuelle ou un chien écrasé. Ca coûte en installations, en logements, en salaires, en heures supps c’est un comble !




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