02/12/2009 à 15h16

Et si on créait des espaces pour les séniors immigrés ?

Teycir Ben Naser | Reporters d'Espoir


Photo : un vieil homme à Bordeaux (filtran/Flickr)

A l’heure de la retraite, beaucoup d’immigrés de la première génération, arrivés en France dans les années 60, choisissent d’y rester. Pourtant ils vivent dans une grande précarité : vie en foyer depuis plus de 20 ans, revenu inférieur à 450 euros par mois, maîtrise du français limitée ou encore solitude. Alors, ils errent dans leur quartier, s’attardent de longues heures au café ou sur les bancs des jardins publics.

Face à cette situation, des associations ont essayé de mettre en place des espaces de sociabilité où les immigrés vieillissants peuvent se retrouver et être aidés. Des initiatives encore peu relayées.

L’idée

Selon le dernier sondage de l’Insee en 2006, plus de 963 000 immigrés retraités ou préretraités vivent en France. Un phénomène qui n’avait pas du tout été prévu, si bien que, jusqu’au début des années 2000, les immigrés retraités ont été les grands oubliés des politiques publiques.

Depuis quelques années cependant, plusieurs rapports ont alerté les élus sur la nécessité de prendre en compte la situation très particulière de cette population : vieillissement précoce en raison de la pénibilité des tâches à l’usine ; difficulté à assumer leur inactivité dans la mesure où c’est le travail qui légitimait la présence en France ; incompréhension des procédures d’accès au droit ; perte des liens affectifs avec le milieu d’origine ; fort sentiment de déracinement.

Si les immigrés ne rentrent pas dans leur pays d’origine, c’est parce qu’ils ne s’y reconnaissent plus, mais aussi parce que le retour définitif signifierait pour eux la perte de leur droit au régime général de l’assurance maladie. Bref, autant de handicaps qui rendent cette population plus fragile que les autres seniors. Si les pouvoirs publics avancent timidement sur la question, les associations quant à elles se sont mobilisées pour assurer une vieillesse digne aux immigrés retraités.

Des cafés sociaux ont été créés. Leur but ? « Lutter contre l’exclusion des vieux migrants en proposant des lieux où ils peuvent siroter un thé, jouer aux dominos, échanger, mais aussi demander de l’aide », explique Moncef Labidi, sociologue et fondateur du Café Social « Ayyem Zamen » (« Les temps jadis », en français), créé en 2003 à Belleville (Paris 20e).

Ahmed, qui porte sur son visage les traces des longues années passées à l’usine, s’y rend régulièrement pour retrouver ses amis :

« J’aime bien venir ici, je me sens moins seul, et il y a Myriam, l’assistante sociale, qui m’aide quand j’ai du courrier que je ne comprends pas. »

Depuis son ouverture, le Café ne désemplit pas : il reçoit chaque jour plus de 150 personnes et compte 2 300 adhérents. Un succès qui s’explique par une augmentation constante du nombre de migrants atteignant l’âge de la retraite mais surtout par le manque de structures où ils se sentent respectés et valorisés.

Comment la mettre en pratique

Pionnière dans ce milieu, Zineb Doulfikar a fondé en 2000 le café social « Les Chibanis », dans le centre-ville de Nice. Assistante sociale de formation et aujourd’hui directrice de l’association, elle a commencé à travailler pour les vieux migrants dès les années 1990 :

« Au début, je faisais une permanence spécifique pour les immigrés de plus de 50 ans. Mais je voulais aller plus loin. J’ai donc créé l’association “Les Chibanis” et mis en place un café social. »

Une initiative qui a bénéficié du soutien de la Dass et de l’Agence Nationale pour la Cohésion Sociale et l’Egalité des Chances (Acsé), sans laquelle elle n’aurait pu voir le jour. Car sans appui financier, il est impossible de réaliser un tel projet.

Proposer un espace pour les vieux migrants nécessite aussi de bien comprendre les enjeux politiques liés à cette question. Ainsi, Zineb Doulfikar précise qu’elle ne voulait pas se substituer aux services sociaux. Elle accompagne les vieux migrants à la Caisse d’allocations familiales (Caf), constitue avec eux des demandes de logements auprès de différents organismes, etc. La présidente des « Chibanis » tient en effet « à ce que le droit commun s’occupe de ces personnes. L’association vient en complément, on joue le rôle de médiateur ».

C’est précisément sur ce risque qu’Omar Samaoli, gérontologue spécialiste des immigrés vieillissants, attire l’attention :

« Je ne suis pas contre ces cafés sociaux, mais il ne faut pas que l’on s’en contente : les pouvoirs publics ont un énorme travail à faire dans ce domaine. Je crains que ces structures, qui sont loin de résoudre des priorités comme la question du logement, soient en fait la vitrine des collectivités locales en termes de prise en compte de cette population délaissée. »

Sur ce point, Frédérique Calandra, maire du 20e arrondissement de Paris, se défend :

« Le travail précieux d’accompagnement effectué par l’association Ayyem Zamen permet aux migrants d’aller plus facilement vers tous ces dispositifs dits de droit commun. »

Autre risque invoqué : le communautarisme. Omar Samaoli redoute que ces cafés ne deviennent des espaces de repli :

« Evidement qu’il faut prendre en compte les spécificités des vieux migrants, mais il faut savoir qu’ils ressentent une grande culpabilité d’être en France alors qu’ils ne travaillent plus. Cette culpabilité les rend discrets, voir invisibles. Or, ces espaces confortent ce genre d’attitude. »

Pourtant, ni l’association « Les Chibanis », ni « Ayyem Zamen » ne voient dans leur initiative une quelconque incitation au repli identitaire. Les immigrés, concentrés depuis leur arrivée en France sur le travail et le souci de mettre de côté de l’argent pour la famille restée au pays, n’ont souvent connu que le foyer et l’usine. Par conséquent, ils n’ont eu qu’une très faible insertion sociale et culturelle.

C’est pourquoi, explique Zineb Doulfikar, « les vieux migrants ne partagent ni les mêmes discussions, ni les mêmes loisirs que les séniors ordinaires. Et en termes d’aide administrative, ils ont besoin d’un accompagnement beaucoup plus important ».

Et « prendre en compte l’histoire et les spécificités culturelles d’une population, n’a rien à voir avec le communautarisme », s’indigne la directrice qui tient tout de même à préciser que dans son association, « des Français de souche viennent nous voir pour qu’on les aide à constituer un dossier de retraite ».

La maire du 20e arrondissement abonde en ce sens :

« Nous associons systématiquement le café social Belleville aux actions que nous mettons en place en direction des séniors de l’arrondissement. Je pense par exemple au “ Rendez vous des aînés ”, une initiative à laquelle le Café social a été intégrée comme membre du comité de pilotage. Plus de 1 200 personnes, de tous horizons, y ont participé. »

Ce que l’on peut faire

Plusieurs associations de quartiers ont pris conscience ces dernières années de la nécessité de créer des lieux pour les immigrés retraités. De quoi réjouir Zineb Doulfikar :

« On nous appelle régulièrement pour nous demander conseil. La première chose à faire est de sensibiliser les collectivités locales pour avoir les financements nécessaires mais aussi pour que ces derniers prennent à bras le corps l’urgence de cette question. »

L’idée n’est pas de faire un café social dans son coin : il faut aussi que ce lieu soit un prétexte pour mettre en avant une population oubliée de tous mais qui a pourtant participé à la construction de la France des années 1960.

C’est pourquoi la directrice des « Chibanis » insiste : « C’est important d’exiger un local au centre-ville car c’est un moyen de montrer aux pouvoirs publics et aux habitants que les immigrés retraités existent ».

Même son de cloche à Belleville : « Il faut prendre le temps de créer un lieu d’accueil digne de ce nom où ils trouveront le confort matériel et humain auxquels ils ont droit ». Si les cafés sociaux n’ont pas vocation à répondre à tous les problèmes rencontrés par les migrants retraités, ils ont le mérite de faire sortir de l’oubli cette population.

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  • tecole74hs
    tecole74hs
    passe repasse trépassera...
    • Posté à 15h40 le 02/12/2009
    • Internaute 59167
      passe repasse trépassera...

    Voilà à mon sens, le parfait exemple ou l’état n’a pas à intervenir directement, mais doit laisser plutôt la place au milieu associatif qui bien entendu doit être soutenu financièrement par les collectivités sociales, car j’imagine la clientèle de ces bistrots tappant plus volontiers le carton que consommant des whiskies coca.

    • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      • Posté à 15h45 le 02/12/2009
      • Internaute 18202

      Cette époque de la France généreuse et reconnaissante est terminée.

      Avec les bras cassés qui gouvernent en ce moment, faut pas rêver.

      Savez-vous que les anciens combattants(tirailleurs sénégalais) perçoivent une pension minable après services rendues ?

      Lien

      • Pouffpouff
        Pouffpouff répond à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
        En activité
        • Posté à 16h47 le 02/12/2009
        • Internaute 27937
          En activité

        Par rapport au coût de la vie au Sénégal ?

         
        • Akhetaton
          Akhetaton répond à Pouffpouff
          Chercheur
          • Posté à 19h06 le 02/12/2009
          • Expert 92577
            Chercheur

          Quelle différence entre ancien combattant français et ancien combattant sénégalais ? N’ont-ils pas versé leur sang pour libérer la France ? Au moins pendant que certains français collaboraient avec Hitler, plus de 500 000 tirailleurs sénégalais participèrent à la libération de la France.
          Mon grand-père qui reçoit une misérable pension a été plus chanceux que d’autres compagnons d’arme massacrés après leur libération (massacre du Camp de Thiaroye 1 décembre 1944)

          • dupleix50
            dupleix50 répond à Akhetaton
            cadre moyen dans un grand (...)
            • Posté à 22h44 le 03/12/2009
            • Internaute 97551
              cadre moyen dans un grand (...)

            WIKI : En 1914-1918, ce sont environ 200 000 « Sénégalais » de l’AOF qui se battent dans les rangs français, dont plus de 135 000 en Europe. 30 000 d’entre eux y ont trouvé la mort, et nombreux sont ceux qui sont revenus blessés ou invalides
            Les troupes levées en Afrique du Nord, théoriquement non noires, comprenaient en fait aussi des Africains noirs (15 000 noirs au Maroc, pour 30 000 soldats environ), qui servent sous les ordre de Mangin.
            Et « uniquement » 1 division (20000 hommes max) sur WW2 et - de 1000 morts.
            Sans retirer aux combattant leur courage, il faut remettre la vérité en place. Jamais la France libre n’a reuni autant d’hommes jusqu’à la libération.

        • menalahy
          menalahy répond à Pouffpouff
          Tel Quel
          • Posté à 14h09 le 03/12/2009
          • Internaute 96592
            Tel Quel

          Ces personnes vivent en France et non dans leur pays d’origine. Il faut donc comparer ce qui est comparable. Tu sous-entend que ces personnes perçoivent une somme d’argent qui leur permettrait de vivre à l’aise dans leur pays d’origine. Ce qui sous-entend implicitement : renvoyons-les dans leur pays d’origine et ils pourront vivre confortablement. Et de cette façon aussi, le problème sera réglé sur le sol français.

          C’est oublier que la richesse de la France a été créée par ces personnes, aujourd’hui rejetées par la société car elles ne sont plus productives.

          Quelle manque de gratitude.

        3 autres commentaires
    • Léo01
      Léo01 répond à tecole74hs
      étudiant
      • Posté à 18h27 le 02/12/2009
      • Internaute 76182
        étudiant

      Entièrement d’accord !

      Les pouvoirs publics seraient de toute façon beaucoup moins bons dans ce genre d’initiative sociale.

      L’État ou les collectivités locales doivent se contenter de financer, si possible généreusement. Les associatifs, souvent originaires des quartiers, sont présents sur le terrain et sont donc bien plus impliqués que des fonctionnaires mutés ici par hasard. Et il y a la chaleur humaine en plus. Cela dit sans vexer les fonctionnaires !

      Merci Rue 89 pour cet excellent article, c’est sur ce genre d’info qu’on vous attend.

    • critiquesociale
      • Posté à 10h32 le 03/12/2009
      • Internaute 90103

      bonne idée mais pour que les associations puissent faire ça il faut des thunes.

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 15h44 le 02/12/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    « Si les immigrés ne rentrent pas dans leur pays d’origine, c’est parce qu’ils ne s’y reconnaissent plus, mais aussi parce que le retour définitif signifierait pour eux la perte de leur droit au régime général de l’assurance maladie. »
    C’est aussi parce que pour beaucoup d’entre eux, qui n’ont plus de famille ou qui sont rejetés par leur famille, leur pays d’origine ne se précipite pas pour les prendre en charge.

    Lien

    • ruelle55
      ruelle55 répond à Anastaze
      desperate husband
      • Posté à 10h36 le 03/12/2009
      • Internaute 54846
        desperate husband

      C’est aussi parcequ’ils ont honte de ne pas avoir réussi.J’avais vu un repartage poignant sur le JT de France2 (quand certains ont commencé à parler d’un débat sur l’identité nationale !).La France,c’est ça aussi.Les immigrés.Nos immigrés.Ceux qui ont construit la France.Un gouvernement-je ne sais plus lequel-a autorisé les immigrés à percevoir leur retraite dans leur pays d’origine,c’est déjà bien.Mais malheureusement,on ne peut rien faire d’autre,niveau politique.

      • Anastaze
        Anastaze répond à ruelle55
        inconsolable
        • Posté à 10h58 le 03/12/2009
        • Internaute 53186
          inconsolable

        C’est vrai pour les jeunes, mais passé un certain âge la honte est secondaire. Si j’en parle c’est parce que j’ai connu plusieurs cas de ce type, sur la période Boumédienne Chadli (ce n’est pas nouveau) qui n’avaient pas honte du tout, qui n’arrivaient pas à se voir attribuer un logement (c’était l’époque du socialisme).

        Je me souviens d’un en particulier, marié à une française, sans enfant qui avait fait une grève de la faim devant la présidence au début des années 80. Il est évident qu’à cette époque le logement des chibanis était loin d’être une priorité.

         
        • Orwelle
          Orwelle répond à Anastaze
          sarko-verdose.bbactif.com
          • Posté à 16h44 le 03/12/2009
          • Internaute 62370
            sarko-verdose.bbactif.com

          Malheureusement ce n’est pas une question d’âge, de génération ou de nationalité. Un exilé qui a le sentiment de ne pas avoir réussi professionnellement, ne rentre pas chez lui.

        1 autres commentaires
    • Pinky-Pinky
      Pinky-Pinky répond à Anastaze
      Lapine Crétine
      • Posté à 10h51 le 03/12/2009
      • Internaute 95865
        Lapine Crétine

      Si leurs pays d’origine ne les prennent pas en charge c’est pour la simple raison que ces immigrés sont des « harkis », c’est à dire des « vendus ».
      Il est vrai que ces individus ont combattu pour la France - ce que je peux comprendre, beaucoup n’ont pas eu le choix- mais n’oublions pas que de l’autre côté de la méditerranée, les peuples maghrébins combattaient pour leur indépendance. Difficile donc, pour l’Algérie par exemple, d’accepter le retour de personnes le plus souvent considérés comme des traitres au pays...

      • Anastaze
        Anastaze répond à Pinky-Pinky
        inconsolable
        • Posté à 11h01 le 03/12/2009
        • Internaute 53186
          inconsolable

        Non, il s’agit des chibanis, pour les harkis ce n’est même pas la peine d’y penser, et je crois qu’ils n’y pensent même pas.

  • Humain
    • Posté à 16h08 le 02/12/2009
    • Internaute 21387

    Et si l’on créait des espaces pour les séniors...

    Immigrés et pas immigrés... ! ! C’est quoi la différence ? Dans les deux cas ils sont exclus !

    Pourquoi faire la différence entre les deux ?

    • poppa
      poppa répond à Humain
      pas papop
      • Posté à 16h21 le 02/12/2009
      • Internaute 75123
        pas papop

      Dans un cas ils l’ont toujours été, pas dans l’autre.

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 répond à Humain
      Bonne
      • Posté à 18h30 le 02/12/2009
      • Internaute 30028
        Bonne

      En voila un bon thème
      sur ______________par exemple __l’Identité Nationale .

  • LeCoin
    LeCoin
    Travailleur social au chômage... (...)
    • Posté à 16h14 le 02/12/2009
    • Internaute 75140
      Travailleur social au chômage... (...)

    Et là, on n’entends pas les « trolls » habituels... Non pas que je les regrette, mais face à l’humain la réthorique droitière s’écroule, loin des généralisations accusatrices on ne sait plus quoi dire... On lui préfère sans doute un silence et une ignorance peu glorieuse... L’identité nationale schizophrène depuis trop longtemps...

    • Juggernaut
      Juggernaut répond à LeCoin
      intello précaire ?
      • Posté à 16h22 le 02/12/2009
      • Internaute 93472
        intello précaire ?

      ... tiens, un troll.

      • LeCoin
        LeCoin répond à Juggernaut
        Travailleur social au chômage... (...)
        • Posté à 17h46 le 02/12/2009
        • Internaute 75140
          Travailleur social au chômage... (...)

        intello précaire ou précaritée de l’intellect ?

  • theshadedcucumber
    theshadedcucumber
    justicier potager
    • Posté à 16h27 le 02/12/2009
    • Internaute 93575
      justicier potager

    Ce genre d’initiative me fait toujours un peu peur (enfin, peur non, mais disons me gêne). Car il y a quand même forcément, à la clé, le risque du communautarisme.

    Communautarise signifie repli identitaire bien entendu, mais également exclusion sociale, avec des gens qui vivent en France, mais entre eux, sans lien avec la population de ce pays qui est pourtant le leur.

    Alors, je le dis clairement : je ne suis pas favorable à des espaces pour les seniors immigrés ! Je préfèrerais des espaces pour les seniors tout court, immigrés ou pas ! ! !

    D’un autre côté, je suis réaliste, et je suis bien conscient de la difficulté d’éviter le communautarisme :
    - d’un côté, les seniors français ne voudront peut-être pas être mélangés à des seniors immigrés, du moins la partie un peu xénophobe d’entre eux, pas la peine de se voiler la face
    - de l’autre côté, les seniors immigrés réagiront de même, parce qu’ils se sentiraient mal à l’aise peut-être s’ils ne maîtrisent pas la langue notamment, mais également un peu par xénophobie sans doute (ça existe des deux côtés).

    Bref, difficile la situation est difficile et on risque fort de recréer, au niveau des seniors, des sortes de « ghettos » dans lesquels on trouvera ici des algériens, là des marocains, etc., triste non ?

  • the rox
    the rox
    Neurone
    • Posté à 16h28 le 02/12/2009
    • Internaute 68632
      Neurone

    je suis heureux de lire cet article !
    c’est vrai que les retraités immigrés en France sont vraiment dans une situation pas sympa, ils ont fait le choix de venir en France en solo, en laissant derrière eux une femme au bled avec des enfants pour juste travailler, après une trentaine d’année de travail, ils ont appris a vivre seuls, manger seuls, sans même connaitre leurs enfants de l’autre coté de la méditerranée, son pouvoir les aider pour aller a l’école , ils se contentaient d’envoyer la grosse partie du salaire, enfin bon, ils ont choisit , mais maintenant, c’est plus un choix, c’est une impossibilité, une incompatibilité, ils ne peuvent pas survivre dans leur pays natal (et oui...), et ils se contentent de survivre dans leur pays d’accueil, ils sont en attente ... je sais pas mais moi je pensais que c’était une situation exceptionnelle, que c’est leur solitude est de leur faute mais au fait en lisant , je me demande ce que la France aurait pu faire pour cette catégorie de seniors (qui , pour la plupart d’entre eux, selon moi, respectent EN EXCÈS les lois !) !
    Bien a vous !

    • ruelle55
      ruelle55 répond à the rox
      desperate husband
      • Posté à 10h40 le 03/12/2009
      • Internaute 54846
        desperate husband

      « ...qui , pour la plupart d’entre eux, selon moi, respectent EN EXCÈS les lois ! ... ». Attention à la Bande Des Papys Voyous ! ! !

      • the rox
        the rox répond à ruelle55
        Neurone
        • Posté à 19h31 le 03/12/2009
        • Internaute 68632
          Neurone

        oui ils trainent pas en bas des cité mais j’en ai vu quelques uns piquer des truc aux supermarchés et frauder la sécu ...........

  • boboétie
    • Posté à 16h29 le 02/12/2009
    • Internaute 2816

    « Un phénomène qui n’avait pas du tout été prévu, si bien que, jusqu’au début des années 2000, les immigrés retraités ont été les grands oubliés des politiques publiques. »
    Pas prévu ? Moi qui croyais que la politique servait, aux mains des responsables si sûrs de leur fait, à anticiper ce genre de situation navrante pour les non-politiques...
    C’est donc que leur avenir les intéresse davantage, dans une perspective toute chrétienne ? Charité bien ordonnée commence par soi-même ? Et hop ! je m’augmente !
    Ceux qui votent pour ceux-là (mais pour qui d’autre ?) sont vraiment des irresponsables, en définitive...

    • theshadedcucumber
      theshadedcucumber répond à boboétie
      justicier potager
      • Posté à 16h44 le 02/12/2009
      • Internaute 93575
        justicier potager

      « Ceux qui votent pour ceux-là (mais pour qui d’autre ?) sont vraiment des irresponsables, en définitive... »

      Là, vous y allez fort. Car sur la période (jusqu’au début des années 2000), les gouvernements successifs ont compris :
      - des RPR / UMP
      - des centristes
      - des socialistes
      - des verts
      - des radicaux de gauche
      - des communistes

      Ca fait quand même un paquet de partis qui sont passés à côté du truc... et comme vous le dites, pour qui d’autre voter ?

  • Enki
    Enki
    alchimiste
    • Posté à 16h31 le 02/12/2009
    • Internaute 9562
      alchimiste

    Entre laisser faire, aider à faire, faire et faire faire, on va de l’évidence à l’insensé.

    Le club des patoisants ch’ti, le café des supporters portugais, le cercle des bigoudens, les fest-noz antillais, ce sont des évidences et le libre droit de chacun à s’associer pour partager des éléments culturels communs. Ces associations doivent être aidées à faire exister leur objet dans le tissu social.

    Mais c’est du ressort de la liberté d’association, faire un constat public et créer des associations à la place des gens, c’est les utiliser. Dans ce cas, avant de faire un article promotionnel, on se renseigne un peu.

    Dans ce cas en effet, l’article omet d’expliquer que Zineb Doulfikar, présidente de « Ni putes ni soumises » à Nice, et décorée en 2008 par sa copine Fadela Amara, a quelques ambitions politiques comme le montre sa présence sur la liste du dissident socialiste Patrick Mottard : « Nice autrement », pour les municipales de 2008.

    Marginaliseront nous les vieux blédars jusqu’au bout, pour les rendre utiles aux ambitions de quelques bonnes âmes ? A l’usine, ils ont bossé avec les autres, dans le quartier, ils ont vécu avec les autres, faut-il prévoir des maisons de retraites communautaristes comme des classes séparées pour les enfants de non-francophones ?

    Toutes les personnes de ces générations prolétariennes vivent un problème d’identité lié à l’inactivité lorsqu’ils partent en retraite. Un agriculteur du Gers qui a labouré tout seul toute sa vie n’a pas moins de problèmes de sociabilité lorsqu’il se retrouve parqué en maison de retraite, confronté à la diversité socio-culturelle sous le joug d’une aide-soignante bétaillère.

    Le problème n’est-il pas -en général- le traitement de notre troisième âge dans sa diversité, tout comme l’école pour tous ? S’agit-il de s’alarmer des carences des services sociaux, du logement social, du tissu social, des services gérontologiques ou d’en nourrir quelques carrières opportunistes ?

    Quand des problèmatiques générales posent des problèmes particuliers, c’est d’abord aux solutions générales qu’il faut se consacrer.

    • Yfig
      Yfig répond à Enki
      Poète sans illusions j'écris (...)
      • Posté à 17h38 le 02/12/2009
      • Internaute 41364
        Poète sans illusions j'écris (...)

      Jolie réponse intellectualisant bien le problème, mais zéro sur le plan pratique !

      Il faut mettre les « ni putes ni soumises » au turbin pour qu’elle gagnent du fric pour payer des maisons de retraites à nos vieux !
      Ca c’est du pragmatisme !

      Remarque, y’a un obstacle ...... elles sont moches !
      D’ailleurs, c’est pour ça qu’elle regimbent !

      L’agriculteur du Cher, dans sa maison de retraite, il doit bien s’amuser avec la bétaillère ! ! ! ! !
      Allez ! hue la Marie ! ! ! ! !

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à Enki
      en invalidité
      • Posté à 19h11 le 02/12/2009
      • Internaute 47198
        en invalidité

      Jolie.

      « “c’est d’abord aux solutions générales qu’il faut se consacrer.” »

      qui sont les... » » il faut « »...que peut faire le citoyen de base, comparé aux nuisibles que sont nos hauts fonctionnaires et autres décideurs

    • Morjane
      Morjane répond à Enki
      précaire
      • Posté à 10h06 le 04/12/2009
      • Internaute 97567
        précaire

      ... Merci Mr Enki, je désespérais de ne pas trouver un seul commentaire comme le votre... (cela dit sans agressivité pour les autres)

      Mais il me semble que la culture, l’ Art sont les grands sujets délaissés de ce débat.
      Le théâtre, pour ne citer que le plus en danger de ses vecteurs devrait être considéré, à l’aune de tous les débats actuels sur le non prise en compte des générations vieillissantes et/ou naissantes de l’immigration et des minorités.
      Son pouvoir de catharsis, et la formidable transversalité des problèmes, situations qu’il met en acte par le récit et la joie devrait être l’un des moyens plébiscité en premier lieu par tous les acteurs de ce débat.
      Mais il est plus simple de dresser quelques tables de solitudes où taper le carton en attendant la mort comme une autre geôle, que de s’attaquer comme vous le dites à protéger les mémoires par les grands moyens Humains...

  • Pouffpouff
    Pouffpouff
    En activité
    • Posté à 16h44 le 02/12/2009
    • Internaute 27937
      En activité

    Arrivés en France dans les années 60 (trente glorieuses) finir en retraite avec 450 euros par mois en 2000. N’y a-t-il pas fragilisation de l’idée qu’ils ont reconstruit la France ? Ou alors ils n’ont travaillé que 15 ans si on tient compte des semaines de 48 h des années 60 et 70.

  • Disciple ressucité
    • Posté à 17h08 le 02/12/2009
    • Internaute 71674

    Une tortue, c’est un peu ridicule une tortue, non ?
    Au début de cet été je suis souvent allé dans une petite ville au nord de Clermont-Ferrand. Au cours de mes promenades j’avais pris l’habitude de saluer un vieil homme assis sur un banc, un vieux maghrébin. A son côté il y avait un carton à chaussures et à ses pieds une tortue qui mangeait des pissenlits ou je ne sais quelle herbe.
    Mon histoire n’est pas rigolote, hein ?

  • fdrebin
    fdrebin
    Dilettante doué
    • Posté à 17h09 le 02/12/2009
    • Internaute 78377
      Dilettante doué

    J’avoue ressentir un vrai malaise à la lecture de cet article...

    Ces travailleurs ont été amenés en groupe, employés dans les mêmes usines, logés entre eux et là on voudrait qu’il passent leurs dernières années avant la mort entre eux ?

    Et comment se fait-il qu’ils ne maîtrisent pas le français après parfois plus de 40 ans passés ici ? Pourquoi leur vie s’est-elle résumée à ces aller-retours domicile-travail sans vie sociale avec les français ? J’ai l’impression de condamnés à perpétuité que l’on pourrait croiser dans la rue sans même les voir.

    Et surtout, ou sont-ils les enfants nourris grâce à leur labeur ? et les pays d’origine ou leur salaire a contribué à l’économie locale puisqu’ils en envoyaient une part substantielle ?

    • solstice
      solstice répond à fdrebin
      pigiste
      • Posté à 17h28 le 02/12/2009
      • Internaute 38451
        pigiste

      Vrai, condamnés à perpète et exclus « au pays » comme ici. Un mirage qui continue à fonctionner... Ils ont vécu comme des rats (les bidonvilles des années 60 aux portes de Paris, les foyers Sonacotra) et un maximum de fric envoyé à la famille : ils ont tout donné, rien gagné, même pas le regard des générations suivantes. Quelle tristesse !

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 17h19 le 02/12/2009
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Pourquoi pas une mosquée ............... avec plein de minarets !

    Est-ce que ces personnes ne seraient pas plus heureuses au pays ?
    450 euros, je crois que c’est un revenu meilleur en Afrique du Nord qu’à Paris ?
    Je n’ai pas de certitude, je ne vis pas cette vie .... je me dis seulement qu’il faudrait peut-être le leur proposer, voir ce qu’ils en pensent ...

    Je crois savoir qu’ils sont déracinés, que le seul lien qu’ils ont avec leur famille, après des décennies, c’est le virement mensuel au pays ....
    J’avais un copain chibani qui vivait dans une cabane de chantier .... il faisait gardien de nuit, juste pour quelques sous qu’il envoyait au pays .... il était absolument seul et refusait de repartir, il disait que plus personne n’avait besoin de lui en Algérie .... il était plus têtu qu’un Breton ! ! ! ! !
    C’était un très brave homme qui a travaillé comme une bête de somme toute sa vie ....
    Il est mort dans sa cabane, mais en France !

    Je trouve ça désespérant, cet exil sans retour ..... n’y a-t-il donc personne pour les aider à renouer avec leur terre natale, leurs ancêtres, leurs familles ..... est-ce humain de mourir loin des siens, sans espoir ?

    Tiens, Fadéla, qui ne sert à rien, pourquoi ne crée-t-elle pas un pont entre la France et les pays du Magrheb pour aider tous ces vieux à retrouver leur sol natal ?

    Et pourquoi ne pas les construire là-bas les hospices ?

    Elle dépense des milliards en cocktails et soirées branchées .... (le canard enchaîné nous dit qu’elle a 51 conseillers dans son simili ministère ... la cour des comptes a-t-elle droit d’y mettre les pieds ?) elle ferait mieux d’utiliser tous ces sous pour améliorer le sort des chibanis !

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à Yfig
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 18h33 le 02/12/2009
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Au-delà du problème économique ou famillial, culturellement ils sont entre deux univers et même s’ils ne sont pas à l’aise et sont isolés en France, il est hors de question pour eux de retourner au pays ...
      C’est comme si on vous proposait de retourner un siècle en arrière, après vous avoir projeté pendant 40 ans un siècle plus tard, ils y vont une fois l’an mais ne pourraient pas y vivre...

      • Warzana
        Warzana répond à amonhumbleavis
        Retraité
        • Posté à 00h53 le 03/12/2009
        • Internaute 94837
          Retraité

        ne pas oublier que notre « beau et cher » pays de France les a incité à y venir, pour aider à la reconstruction et participer à l’essor de notre économie dans les années 50/60 ..
        Par ailleurs, leur existence chez nous, n’est pas ce que l’on peut appeler « vivre », alors ici ou ailleurs ...

         
        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à Warzana
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 12h10 le 03/12/2009
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          Je n’oublie rien, rassurez-vous.

          Ici ou ailleurs ? c’est ICI pour eux ! et on leur doit bien ça ...

        1 autres commentaires
    • menalahy
      menalahy répond à Yfig
      Tel Quel
      • Posté à 11h23 le 03/12/2009
      • Internaute 96592
        Tel Quel

      Tu sembles ne pas comprendre, malgré ton discours pseudo-compréhensif, que ces personnes n’ont plus envie de rentrer dans leur pays car ils s’y sentent comme des étrangers.

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 17h22 le 02/12/2009
    • Internaute 38451
      pigiste

    Immigré + vieux = la discrimination maximum, effectivement. Pour peu qu’ils portent un signe distinctif (musulman, gay etc.), ils sont nos « intouchables » à nous...

    Pays des droits de l’Homme ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h24 le 02/12/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Après une vie de labeur, vivant dans un foyer pour vieux, touchant une retraite misérable, seuls, difficilement compréhensible, larguer par leur époque, zonant les bancs du quartier ou squattant les bistrots...

    Heu... on parle des vieux en général là non ? : D

    Que des types créent des cafés remplis de vieux, pourquoi pas, ça marche du tonnerre en Auvergne, pour certains c’est la deuxième maison et le lieu où rencontrer ses potes et se faire des belotes en sirotant des rouges.

    Mais pour tout ce qui est administratif, et surtout pour donner un logement adapté et une pension décente, c’est entièrement de la responsabilité de l’état. Et c’est à lui qu’il faut botter le cul pour qu’il se bouge.

    Accessoirement, j’ai du mal à qualifier d’immigré un type qui est dans ce pays depuis plus longtemps que moi.
    C’est un peu comme appeler un mec « le nouveau » à l’école, même au bout de quatre ans.

    • Morjane
      Morjane répond à Keldan
      précaire
      • Posté à 10h34 le 04/12/2009
      • Internaute 97567
        précaire

      MERCI.

  • nahera
    • Posté à 17h37 le 02/12/2009
    • Internaute 6180

    ....« mais aussi parce que le retour définitif signifierait pour eux la perte de leur droit au régime général de l’assurance maladie. »

    Et ça, ce n’est pas scandaleux ? On ne me fera pas croire qu’il n’y a pas un moyen pour régler ce problème et que leurs droits soient maintenus si ils décident de rentrer dans leur pays d’origine.

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