26/11/2009 à 15h54

« On s'intéresse au porno, mais pas pour réfléchir à son utilité sociale »

Camille | Mauvais genre


Photo du colloque le 19 novembre à Bordaux (Crédit JM Devésa)

Il fallait oser inviter l’actrice Ovidie, l’avocat Emmanuel Pierrat et d’autres « intellos du sexe » à l’université pour discuter le plus sérieusement d’un univers où se mélangent fantasmes et argent.

C’est assez courageusement que Jean-Michel Dévésa, maître de conférence habilité à l’université Bordeaux III a organisé le 19 novembre un colloque intitulé « La pornographie et ses industries : un univers fantasmatique “marchandisé” ? »

Le colloque a rassemblé 120 personnes, un record pour les moyens alloués. La manifestation partait d’un constat : la pornographie est pleine de contradiction, puisqu’elle est censée être à la fois une démonstration de la pauvreté sexuelle et la preuve que notre monde est sexuellement libéré, presque sans tabou ni interdit.

J’ai demandé à Jean-Michel Dévésa de m’en dessiner les grandes lignes. Interview.

Pourquoi organiser ce colloque ?

Pour beaucoup, le « porno » contribue à une modification des comportements sexuels, en édictant de nouvelles normes, banalisant des comportements qui consacrent l’aliénation au désir masculin et la réification des femmes.

L’univers fantasmatique dans lequel puiserait la pornographie ou auquel elle donnerait forme serait invariablement « marchandisé » et masculin, ou même « marchandisé » parce que masculin, comme le pensent les tenantes du féminisme « officiel ».

Bref, la pornographie serait à l’origine d’une perte du « sens » de la sexualité (lequel résiderait dans l’amour) et serait responsable de l’accroissement des crimes les plus affreux, des homicides, des viols collectifs et individuels, etc.

J’ai souhaité que ce colloque permette, en partie, d’examiner et d’interroger le phénomène avec davantage de pondération, car la critique conventionnelle de la pornographie méconnaît deux points capitaux, touchant à la spécificité de l’image et au fonctionnement du désir.

Mais le porno est déjà un sujet d’études récurrent ?

Experts, universitaires, politiques et journalistes s’intéressent volontiers au « porno », mais pas pour réfléchir à l’utilité sociale de cette industrie et de ces activités et à ce qu’elle peut (éventuellement) ajouter comme valeur positive à la société.

Ils ne tentent pas non plus de comprendre le ressort psychologique à l’origine de l’intérêt renouvelé à travers les siècles des individus pour les productions et les matériaux pornographiques.

Ils s’y intéressent seulement afin d’instruire son procès, parce qu’il lui est reproché de drainer des volumes financiers colossaux et d’exercer une influence délétère sur la société.

Il est significatif que ces « spécialistes » occultent le besoin et le plaisir qu’ont les individus à s’adjoindre, dans et sous certaines conditions, pour la rêverie et/ou un jouir solitaire, ou pour « embrayer » une relation intime, ou même encore pour l’épicer, un support écrit ou iconique prenant prétexte d’une histoire, d’une situation, d’une posture, d’une ambiance, etc., pour montrer et exhiber des pratiques sexuelles.

Il me semblait utile de mettre l’accent sur ces aspects.

Quelles sont les communications qui vous ont le plus intéressées et pourquoi ?

Je pense d’abord à Emmanuel Pierrat qui, en grand spécialiste des questions juridiques, a bien montré comment et pourquoi l’évolution de la législation restreint le champ des libertés en substituant en quelque sorte à la censure d’Etat une autre, privée.

Cette dernière est dévolue à des associations qui, comme dans l’affaire de l’exposition « Présumés innocents », entendent exercer, par le biais du judiciaire, un contrôle étroit sur la vie de l’esprit

Puis à Ovidie, qui est venue présenter son « Histoires de sexe(s) » qu’elle a co-réalisé avec Jack Tyler. Elle a alimenté la réflexion sur la façon dont le cinéma pourrait montrer le sexe et les sexualités de manière plus réaliste qu’il ne le fait d’ordinaire.

Enfin à Jacques Abeille qui, depuis fort longtemps, écrit des récits pornographiques qu’il signe du pseudonyme Léo Barthes. Il a été bouleversant au point que je me demande si, en plus de la publication de son texte, je ne dois pas songer à diffuser sa voix.

Il a expliqué les raisons pour lesquelles son travail d’écrivain l’avait exclu de l’industrie pornographique, attendu qu’il refuse d’émarger à un quelconque atelier fantasmatique destiné à alimenter les bibliothèques de gare, et que son écriture ouvre et sollicite le champ du sensible et du poétique pour « dire » l’émoi du sexe.

Il a conclu son analyse sur l’affirmation que le féminin était à la fois le ressort et la clé de son univers et de son art.

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  • ysengrimus
    • Posté à 16h46 le 26/11/2009
    • Internaute 12674

    Vont-ils chercher à dominer la distinction cruciale entre porno et érotisme, en la posant sur un axe autre que le sempiternel axe moral ?

    Lien

    Si oui, grand merci à eux...
    Paul Laurendeau

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h52 le 26/11/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    J’espère que la clique des « experts, universitaires, politiques et journalistes » aura compris quelque chose, parce que moi je suis largué.
    Pourquoi faut toujours partir dans des diatribes aussi tordues avec autant de mots compliqués, alors que la démonstration est toute simple :

    porno => branlette => couilles vides => moins envie de violer la voisine

    Parce que bon, au Moyen Age y’avait pas des masses de films de cul, et pourtant le viol était un sport national.
    De même les curés en théorie n’ont pas du en voir et pourtant c’est pas ça qui les empêche de tripoter des gamins.

    Alors c’est pas parce que trois débiles en matent un et pètent un plomb que le porno est le mal incarné. Le porno, le métal, le bowling, c’est vrai que c’est très dangereux...
    Ces mecs là étaient déjà débile avant, surement à cause de la semence paternelle coupée avec celle du chien, mais bizarrement s’ils avaient maté le JT de TF1 avant leur forfait on aurait jamais osé faire le lien sur l’icône sexuel qu’est Claire Chazal (un instant faut que j’aille vomir...).

    Si on veut faire le procès du porno, autant viser ce qui mérite la critique, principalement qu’étant en marge de la société c’est un lieu où le traffic de chair tourne à plein rendement, sans parler de ses liens avec la prostitution (forcée) et les cames zarbis.

    Mais c’est de la faute aux « experts, universitaires, politiques et journalistes » (aussi appelé « les tiques »), quand on range un truc dans un coin sombre faut s’étonner que les rats le boulotte.

    la pornographie serait à l’origine d’une perte du « sens » de la sexualité (lequel résiderait dans l’amour)
    Et donc on est sensé dire que le porno c’est mal à cause de ça... Mais au contraire, c’est une très bonne chose ! Faut arrêter le délire, y’a aucun amour dans le sexe, c’est les bonnes sœurs qui ont sorti cette excuse foireuse pour se donner bonne conscience.

    De toutes manières c’est toute la société qui est abrutie.
    Il parait que devant un gosse faut pas dire « bite » ou « pénis ». Mais « zizi » on peut. Donc un des synonymes est casher, les autres tabou, mais tous désigne la même chose non ?
    C’est du même niveau que décider que l’interjection « merde » est interdite, mais insulter quelqu’un avec le terme « patate pourrie » ça cause aucun soucis.

    Rien que la censure est la preuve de la connerie du système : à 12 ans on peut voir sur un écran des meurtres, à 16 ans des idées malsaines, mais faut attendre 18 ans pour voir une chatte, autrement dit le mec à toutes les chances d’en voir d’abord une en vraie avant d’en voir une à la télé.
    Ha oui c’est vrai, il faudrait pas qu’il fasse comme à la télé, on sait jamais. Je comprends, après avoir maté mon premier film de cul j’ai violé ma mère...
    Sans dec, et faut aussi expliquer aux ados que mettre une cape et une moule-burnes ridicules ne permet pas de s’envoler par la fenêtre ? Et que les Peugeot blanches marseillaises ne peuvent pas voler ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h34 le 26/11/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ce qui est amusant, Camille,c’est que je suis en train de lire un livre qui dit exactement le contraire . Que la société libérale est devenu entièrement pornographique et obscène , comme les écrits de Sade et que c’est une catastrophe .
    ( Je l’ai juste commencé, malheureusement)

    La crise, qui n’est pas seulement économique et financière, a mis à nu ces mécanismes pervers qui régissent aujourd’hui le fonctionnement de la Cité.
    S’il faut s’empresser de les révéler, c’est parce qu’il est fort possible que bientôt, en attendant une nouvelle crise de plus grande ampleur encore, tout redevienne comme avant. Entre-temps, nous aurons mesuré l’ampleur des dégâts. Nous vivons dans un univers qui a fait de l’égoïsme, de l’intérêt personnel, du self love, son principe premier. Ce principe commande désormais tous les comportements, ceux de l’ » hyperbourgeoisie « ou des bandes de jeunes délinquants comme ceux des classes intermédiaires.
    Destructeur de l’être-ensemble et de l’être-soi, il nous conduit à vivre dans une Cité perverse. Pornographie, égotisme, contestation de toute loi, acceptation du darwinisme social, instrumentalisation de l’autre : notre monde est devenu sadien. Il célèbre désormais l’alliance d’Adam Smith et du marquis de Sade. A l’ancien ordre moral qui commandait à chacun de réprimer ses pulsions, s’est substitué un nouvel ordre incitant à les exhiber, quelles qu’en soient les conséquences.
    Revisitant l’histoire de la pensée, jusqu’à saint Augustin et Pascal, Dany-Robert Dufour éclaire notre parcours. Afin de mieux savoir comment sortir de ce nouveau piège (a) moral.

    • PhiPoePsy
      PhiPoePsy répond à Numerosix
      Etudiant-Chercheur
      • Posté à 19h38 le 26/11/2009
      • Expert 41171
        Etudiant-Chercheur

      Le problème du livre de Dufour (nous en avons discuté lors de sa venue dans ma ville), c’est qu’il est à la fois partial dans ses lectures et inconséquents dans sa conceptualisation :

      - partial parce qu’il impose UNE lecture de Sade et UNE lecture de Lacan, toutes deux très discutables. Pour Sade, il zappe complètement l’ironie des discours ; pour Lacan, il zappe trop rapidement la distinction fondamentale entre désir et jouissance qui est DEJA à l’oeuvre dans « Kant avec Sade ». Les autres auteurs évoqués sont très souvent aussi choisi pour prouver que le libéralisme est devenu sadien, et non pour en éprouver la thèse...

      - inconséquent car la pornographie n’est jamais franchement conceptualisée, et assez facilement associée au sadisme ou plus simplement aux mécanismes relevés à travers Sade... J’ai même l’impression que le livre dit peu de chose de la pornographie...

      - cela dit, le constat sur la société est convaincant, dommage qu’il ne le soit pas en ce qui concerne la pornographie, cela aurait pu contribuer au débat... D’ailleurs, lors de sa venue pour la présentation de son livre, le débat n’a absolument pas porté sur la pornographie ce qui est révélateur.

      - le risque -la question lui a d’ailleurs été posée- est de permettre l’instauration d’un Nouvel Ordre moral contre l’Ordre normatif d’une Cité perverse ; les deux voies sont à éviter...

      (en ce qui concerne le colloque, cela semble extrêmement intéressant, en effet, de questionner les rapports de la pornographie à notre imaginaire, aux mythes, aux lois, etc. mais il ne faudrait pas oublier le rapport du visuel au tactile, fondamental.)

    • Camille
      Camille répond à Numerosix
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 19h54 le 26/11/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      J’ai pas lu le bouquin mais dit comme ça, ça fait un peu « mais Mme Michu, la société est devenue pornocrate, vous vous rendez pas compte » ; -)

      Je simplifie, j’outragise, tu m’en diras plus après lecture et j’arrêterai de médire bêtement.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Camille
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 20h34 le 26/11/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Non non , vous avez peut-être raison ,le monsieur du dessus et toi l’épicène . Je ne sais pas , en fait .

        La seule chose que je sais , c’est qu’il ne faut pas confondre pudeur (légèrement) agacée par l’exhibitionnisme systématique avec le puritanisme et surtout l’ordre moral , par contre . Ça , je suis bien placé pour le savoir..

  • Quel Thierry
    Quel Thierry
    Webmestre de Quel Sexe
    • Posté à 18h22 le 26/11/2009
    • Internaute 97176
      Webmestre de Quel Sexe

    Présent à Bordeaux, j’ai publié un petit compte-rendu du colloque il y a quelques jours :
    Retour de Bordeaux, colloque sur la pornographie :
    Lien
    Je publierais dans les jours qui viennent le texte de présentation de Jean-Michel Devésa pour les films d’Ovidie et Catherine Corringer, puis un extrait du débat d’après films.

  • Crainquebille
    • Posté à 19h19 le 26/11/2009
    • Internaute 64055

    L’utilité sociale du porno, c’est sans doute qu’un peuple qui se masturbe est un peuple qui se tient un peu plus tranquille.

    • padiran
      padiran répond à Crainquebille
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 18h09 le 28/11/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      « L’utilité sociale du porno, c’est sans doute qu’un peuple qui se masturbe est un peuple qui se tient un peu plus tranquille »
      Non un peuple qui se masturbe est un peuple qui a au minimum une main d’occupée, l’autre peut servir à se battre.

  • Alexandre Gamberra
    Alexandre Gamberra
    Ecrivain et universitaire
    • Posté à 22h09 le 26/11/2009
    • Expert 85747
      Ecrivain et universitaire

    Il vaut mieux un peuple qui se masturbe - quoique ce soit une vision plutôt réductrice assez facile : se gausser des hommes hétéros qui se branlent, en feignant d’ignorer que des couples et que des sujets relevant d’autres orientations sexuelles puissent avoir envie de lire, voir, consommer des produits pornographiques -il vaut donc mieux un peuple qui se branle qu’un peuple aux mains liées par l’Etat, les Eglises et le puritanisme.

  • fantome de la nuit
    fantome de la nuit
    insomniaque
    • Posté à 23h20 le 26/11/2009
    • Internaute 50069
      insomniaque

    La grande question : existe-t-il une élite érotique ? (ce terme est emprunté à Houellebecq)

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 01h11 le 27/11/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Humm.
    Ce n’est pas clair.

    Si je comprends bien, l’objet de ce colloque, c’est « le besoin et le plaisir qu’ont les individus à s’adjoindre, dans et sous certaines conditions, pour la rêverie et/ou un jouir solitaire, ou pour “ embrayer ” une relation intime, ou même encore pour l’épicer, un support écrit ou iconique prenant prétexte d’une histoire, d’une situation, d’une posture, d’une ambiance, etc., pour montrer et exhiber des pratiques sexuelles. »

    Alors, si le porno répond à ce « besoin », c’est bien qu’il a une utilité. Accoler ou non l’adjectif « social » à cette utilité ne me fait pas beaucoup de différence.

    Ainsi, le vrai objet de ce colloque semble être celui de pouvoir être entre gens qui vivent par et pour le porno et qui veulent le défendre. Dans un colloque, souvent, on a tous les gens qui travaillent sur un thème (même ceux qui défendent le contraire de nos idées). Ici, au contraire, les intervenants du colloques sont d’abord des avocats du porno. Les spécialistes dont les conclusions sont à charge, ne semblent pas invités. Ce colloque rassemble donc, visiblement, des passionnés du porno non pas comme thème de recherche, mais pour le plaisir commun que chacun y trouve. Finir par le mot « art » me semble d’ailleurs assez diagnostique de cette amour émotionnel (et non intellectuel) du porno..

    Quant à l’intellectualisation de tout ça, visiblement, elle reste plutôt secondaire.

    • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      Bobus Trucus Bidulus Maximus- répond à Tita
      Gros con de droite
      • Posté à 21h07 le 27/11/2009
      • Internaute 96637
        Gros con de droite

      Si, au contraire, c’est important d’accoler l’adjectif social. Si on arrive à le faire de manière crédible, alors le porno aura acquis une image de gauche, c’est à dire un peu niais et bébête mais sympathique et prétendument positif pour la société. De ce fait, nous aurons un gouvernement et une assemblée pornocratiques car toute la gauche rejointe par les lubriques de droite aura voté pour. TF1 remplacera le feuilleton du dimanche soir par le porno du dimanche soir, et les cours d’instruction sexuelle au collège deviendront des cours d’éducation pratique, on s’y fera moins chier.

      Mais pour ça, il faut que le porno soit de gauche.

      D’où l’intérêt de le qualifier de « social ». Ce colloque est par conséquent subversif de l’identité nationale, et on se demande ce qu’attendent les CRS pour faire cesser ce scandale à grands coups de matraque où je pense...

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 21h29 le 27/11/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        Autrement dit, le « social » est exclusivement de gauche, non ?

        Encore autrement dit, la « droite » est, on va dire pour pas faire Trust, « a-sociale ».

        Tu as raison, mais c’est tellement mieux quand c’est dit clairement.

        Pour le reste, le porno, c’est de la branlette, et le coté où ça tombe n’a pas grande importance puisqu’en général ensuite c’est le kleenex qui empoche la mise.

        (Tu sais que ça fait du bien ? pas la branlette-encore queue- mais le retour d’un bon Gros con de droite ?)

         
        • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
          • Posté à 21h45 le 27/11/2009
          • Internaute 96637
            Gros con de droite

          Attention : je ne suis pas un droitiste siliconé !

          PS : ahlàlà la mauvaise foi alors... Je n’ai pas dit ça, j’ai dit que social ça fait sympa ça fait de gauche auprès du bon peuple des braves gens. Il est évident qu’en vérité, la seule approche sociale sérieuse, efficace et qui se tienne est l’approche sociale libérale de droite. Je n’en démordrai pas.

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 23h27 le 27/11/2009
            • Internaute 29846
              menuisier

            Il ne manquerait plus que la mauvaise foi soit exclusivement de droite ! (encore qu’un certain tropisme...)

            Je suis prêt à me battre jusqu’au dernier sang pour une mauvaise foi sociale, juste, éthiquement responsable, respectueuse de l’environnement, des conditions de production, des acquis sociaux et garante d’une plus juste équité.

            Le réel est plus compliqué, certe.

        2 autres commentaires
  • pikasso02
    • Posté à 10h10 le 27/11/2009
    • Internaute 10134

    « On s’intéresse au porno... » Des colloques sur le porno. Pourquoi ne s’intéresse-t-on pas au plaisir sexuel comme on s’intéresse au plaisir de lire ? Je crois que le sexe fait peur à des tas de personnes. Pourquoi ? Notre éducation judéo chrétienne ? Sans doute ou quoi d’autre ? Quoi affaire personnelle ! On ne parle pas de cela ! Tabou ? Tant que le plaisir de jouir ne passera que par l’humour il ne se passera rien. Quoi ! Je suis vieux jeu ? Sans doute. Mais je ne fais qu’un constat. Non ! Je me trompe ? A quel moment ? Avez-vous déjà entendu une personne des médias ou de votre entourage familial ou non parler du plaisir de l’acte. Discours porno ? Non ! Discourir du plaisir ne pourrait que décoincer des tas de personnes. Non ! Dommage.

    • Numerosix
      Numerosix répond à pikasso02
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 19h22 le 27/11/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ben allez y . Discourez nous du plaisir pour débloquer not’ blocage judéén Chreto , puisque vous êtes si fort .Qu’est ce que vous attendez , bon sang ( de bois) ?

      Méchant Christ ! Tout est de ta faute !

      Mon Dieu , pardonnez leurs ! Ils ne savent pas dépasser les poncifs..

      • pikasso02
        pikasso02 répond à Numerosix
        • Posté à 22h17 le 28/11/2009
        • Internaute 10134

        Vive l’humour ! Pourquoi dépasserais-je les poncifs, alors que ma thèse montre que les poncifs restent à la source des créations. Le travail que vous me demandez de faire je l’ai fait, mais personne ne daigne répondre. Comment Numérosix expliquez-vous cela ? Avec ou sans humour, pourquoi ma thèse vous dérange-t-elle ?

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à pikasso02
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 10h08 le 29/11/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)
        1 autres commentaires
    • Bobus Trucus Bidulus Maximus-
      Bobus Trucus Bidulus Maximus- répond à pikasso02
      Gros con de droite
      • Posté à 20h55 le 27/11/2009
      • Internaute 96637
        Gros con de droite

      Le porno, ce n’est pas du sexe, c’est du cul. Soyez plus précis svp, sinon on n’y comprend rien nous autres les cons.

  • anonyme2
    anonyme2
    dév
    • Posté à 11h33 le 27/11/2009
    • Internaute 61019
      dév

    calmer les masses
    comme le foot

  • Quel Thierry
    Quel Thierry
    Webmestre de Quel Sexe
    • Posté à 19h26 le 27/11/2009
    • Internaute 97176
      Webmestre de Quel Sexe

    Voilà la suite sur le site Quel Sexe :
    « Le Sexe au cinéma : “Le cerveau, c’est l’écran” (Gilles Deleuze) »
    Par Jean-Michel Devésa, Université de Bordeaux 3

    Lien

    Présentation des films Histoires de sexe(s) d’Ovidie et Jack Tyler et Smooth de Catherine Corringer, soirée de projection à l’Université Bordeaux 3 en cloture du colloque.

  • Alexandre Gamberra
    Alexandre Gamberra
    Ecrivain et universitaire
    • Posté à 16h01 le 28/11/2009
    • Expert 85747
      Ecrivain et universitaire

    Ayant lu d’assez près les organisateurs du colloque, je voudrais insister sur deux points :

    -les CRS ne sont pas intervenus pour disperses l’assistance mais les universitaires - parfois de grande qualité - qui acceptent de s’exprimer sur des questions comme celle qui a été examinée à ce colloque, « grillent » leur carrière, sont marginalisé(e)s, etc. Plutôt que se contenter de « bons » mots sur le sujet (pas toujours bons, d’ailleurs), il conviendrait de regarder la situation universitaire française en face : un(e) étudiant(e) qui consacre à sa thèse à Sade (son théâtre par exemple) ou à la littérature érotique, ou aux adaptations cinématographiques de livres érotiques, aura le plus grand mal à se faire recruter par l’université (laquelle pourtant proclame urbi et orbi qu’elle est un lieu de liberté et de tolérance et de débat scientifique). Aussi un colloque de ce type est littéralement un « OVNI » au sein des universités françaises. Ovidie à la Sorbonne ? Ce n’est pas pour demain...

    -comme les organisateurs de ce colloque, je pense que l’un des clivages politiques essentiels n’est plus « politicien » ou « politicard » (droite/gauche, etc. Si on reste là, on accepte par avance la déception et la trahison des « promesses » et des espoirs, attendu qu’à quelques inflexions près, droite et gauche mènent la même politique d’accompagnement à la société de l’information). Ce qui fait la différence c’est par exemple la possibilité ou non pour chacun de faire usage librement, comme il l’entend, de son corps. Et c’est sur ce terrain qu’il faut interroger les politiques. On s’aperçoit alors qu’au moralisme judéo-chrétien de la droite conservatrice correspond l’austérité « éthique » de la gauche progressiste (les plus anciens d’entre nous savent combien le PCF stalinien était réticent à la libéralisation de l’avortement : alors que le MLAC menait campagne le PCF de Marchais restait muet...).

    Mais j’arrête là. Il faut en effet du temps et de l’espace pour discuter vraiment. Sauf si on veut simplement piquer, moquer, railler l’autre, ce qui n’est pas du tout mon objectif.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 19h15 le 29/11/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Un livre à lire sur le sujet, c’est celui de Ruwen Ogien :
    « Penser la pornographie ».

    Il utilise les outils de la philosophie analytique, ce qui est assez rare en France dans la philosophie morale, en se réclamant d’une « éthique minimale », loin des discours moralisateurs sur la pornographie, et des discours sur la « marchandisation néo-libérale » et autres baudruches conceptuelles.

    Dans d’autres travaux, il emploie l’expression de « panique morale », pour caractériser le prêchi-prêcha général qui nous submerge de moraline. C’est bien vu.