Témoignage 28/11/2009 à 11h34

Jeudi noir à Paris : les habitants triés sur le volet



Jeudi noir, Paris janvier 2008 (manuel

Un riverain a contacté Rue89 jeudi 26 novembre dans la soirée. Il voulait raconter l’accueil que lui avait réservé Jeudi noir lors de son séjour parisien. Un témoignage de la frustration grandissante à l’égard du collectif des « galériens du logement ».

Lorsqu’il écrit à Rue89, il vient de rentrer dans l’Est de la France, où il vit chez des proches, entre Metz et le département de la Marne. Son séjour parisien, en compagnie d’un pote, a tourné court. Fraichement sorti des études (industrie culturelle et sciences politiques en master), il n’est plus boursier et cherche du boulot depuis le début de l’année. Il n’a pas encore déposé de dossier pour avoir les minima sociaux, estime qu’il n’est sans doute pas le plus à plaindre. Il a 23 ans.

A Paris, il souhaitait postuler pour un job d’assistant dans le domaine culturel. La veille du départ, il avait contacté le collectif Jeudi noir. De ces militants qui ont investi il y a un mois un hôtel particulier de la Place des Vosges inoccupé, il ne savait pas grand chose. Tout au plus ce qu’il en avait vu dans la presse et quelques reportages télé montrant des étudiants et de jeunes actifs retaper des locaux pour y installer des matelas propres.

Des jeunes punks laissés à la porte

Le séjour à Paris tourne à la désillusion :

« Aucune réponse après avoir contacté par mail Jeudi noir et rempli leur questionnaire, expliquant que nous arrivions sur Paris et que nous aurions besoin d’un logement au moins à court terme. En allant dans un cybercafé non loin de la Gare de l’Est, à peine arrivés, on n’avait aucun retour. On a donc appelé Julien Bayou [un des cofondateurs du collectif, ndlr] dont on trouve le numéro sur Internet. Pas de réponse.

On lui a ensuite envoyé un SMS pour lui demander un rendez-vous, des contacts de gens qui pourraient nous orienter vers un squat pour nous dépanner. Il nous a dit qu’il avait des réunions, et c’est tout. »

Dans des articles sur le Net, les deux jeunes avaient récupéré une liste d’adresses occupées par Jeudi noir. Le premier avait fermé. Le deuxième, c’était l’hôtel particulier de la place des Vosges. Porte close. Devant, des SDF qui n’ont pas pu entrer et qu’on voit sous les arcades depuis plusieurs semaines :

« Les Jeudi noir étaient enfermés à l’intérieur et un habitant du quartier nous a dit qu’il était peu probable qu’ils nous reçoivent. Un petit groupe de jeunes punks très remontés nous a dit qu’ils avaient été laissés à la porte. Ça nous a un peu choqué.

En repassant devant, on a pu rencontrer un des habitants qui nous a confirmé qu’on n’avait aucune chance et que lui-même ne pouvait pas faire venir ses amis. Il faisait déjà nuit, on a dormi une nuit dans la rue après avoir découvert des squats artistiques, plus ouverts. Puis on est repartis dans l’Est. »

« Un discours très sélectif, j’ai été vraiment choqué »

Notre riverain se sent davantage famillier de squats plus alternatifs mais dit ne pas non plus franchement s’identifier aux « punks à chiens ». C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’étonne :

« Je ne suis pas très différent du profil des gens de Jeudi noir. Et il y a des SDF autrement plus dans le besoin que moi, qui ai malgré tout une famille. Leur discours très sélectif m’avait déjà un peu interpellé, mais j’ai été vraiment choqué, là. »

Des témoignages de ce type sont rares dans la presse, où Jeudi noir a plutôt bonne cote, y compris sans doute sur Rue89. Sur le terrain, pourtant, la frustration contre le collectif augmente, justement parce que la médiatisation l’a plutôt servi jusque-là. (Voir l’extrait que leur a consacré le 20 Heures de TF1 début novembre)

Interrogé par Rue89, Julien Bayou, confirme que ces requêtes pas toujours adéquates se multiplient :

« Je vois de qui il s’agit, je n’ai pas pu les rencontrer. D’autant que je savais qu’on n’avait pas de place pour eux. Vous n’imaginez pas comme on est débordé de demandes de ce type. En août, avant d’ouvrir la place des Vosges, on avait pointé 950 demandes de gens répondant à nos critères ! Mais on ne peut pas accueillir tout le monde : collectivement, les habitants de la place des Vosges risquent 115 000 euros d’“indemnités” par mois. Il faut des gens pleinement conscients des risques. »

Logique militante et bouts de chandelles

Actuellement, ils sont trente à vivre dans 25 chambres dans l’hôtel particulier. Lui-même ne compte pas parmi les habitants. Il n’est pas sans savoir la frustration que leur médiatisation engendre :

« Il suffit d’ouvrir la porte deux minutes pour entendre des gens qui râlent parce qu’on ne peut pas les accueillir. Je ne plaisante pas, c’est tous les jours qu’on rencontre cet agacement. C’est un effet de la médiatisation : les gens s’imaginent que nous sommes une association soutenue financièrement par les pouvoirs publics. Or pas du tout : ce sont des bouts de chandelle et mon forfait téléphone perso, par exemple. »

Et la poignée de SDF qui dort devant dans le froid ? Là encore, Julien Bayou « assume » :

« Les SDF dehors sont alcooliques et violents, on assume de ne pas les accueillir. Nous sommes très critiqués par les squats d’extrême gauche qui sont sans doute plus ouverts. Nous, nous sommes dans une logique militante parfois très complexe, sur des questions de fiscalité, par exemple. On entend rééquilibrer le droit au logement et le droit à la propriété. »

Jeudi noir affirme avoir obtenu cette semaine le soutien historique du Conseil de Paris. Du côté de ses détracteurs déçus, on reproche au contraire aux leaders du collectif d’avoir été récupérés par les partis politiques. Notre riverain, lui, parle carrément d’« instrumentalisation ».

Photo : Jeudi noir, Paris janvier 2008 (manuel | MC/Flickr).

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  • 148 réactions
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  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 11h40 le 28/11/2009
    • Internaute 18202

    Les mecs se sont embourgeoisés.

    La télé corrompre vraiment. D’une bonne action, ils font finalement comme ceux qui expulsent, ignorent, discriminent. Quel dommage !

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    • ApollonduRéverbère
      • Posté à 13h54 le 28/11/2009
      • Internaute 15757

      Jeudi Noir et similaires ont toujours acté comme des petits bourgeois. La meilleure preuve, vous l’avez dans le choix des immeubles squattés : rien que dans les quartiers les plus riches de la capitale. Jamais d’actions en banlieue où pourtant il y a des logements moins chers. Que cherchent ces jeunes qui les sollicitent ? Des logements gratos ou à moindre coût. Or, le salarié Smicard lui non plus ne rase pas gratos et pourtant il s’appuie ses 30 à 45 mn de train sans rechigner en se félicitant d’avoir un toit sur la tête.
      Des logements deux à trois fois moins chers que dans Paris, ça se trouve. Dans la grande couronne parisienne. Alors, pourquoi ce choix délibéré de squatter au coeur de la capitale ?

      • yooy
        yooy répond à ApollonduRéverbère
        in situ
        • Posté à 20h22 le 28/11/2009
        • Internaute 86360
          in situ

        c’est parce que c’est dans ces quartiers là que la spéculation immobilière bat son plein et où l’on trouve le plus d’immeuble vide... t’habitent vraiment à Paris pour dire ces conneries ?

      • guerzit-
        guerzit- répond à ApollonduRéverbère
        Incomprenant majeur
        • Posté à 10h37 le 30/11/2009
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        « Alors, pourquoi ce choix délibéré de squatter au coeur de la capitale ? »

        Parce que la rétention immobilière est un phénomène très très important à Paris, et pourtant illégal...

    • heleor
      heleor répond à ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      artiste
      • Posté à 11h13 le 29/11/2009
      • Internaute 59226
        artiste

      bobo parisien

      • guerzit-
        guerzit- répond à heleor
        Incomprenant majeur
        • Posté à 10h38 le 30/11/2009
        • Internaute 28472
          Incomprenant majeur

        Moi je propose « juif errant », mais j’avais aussi pensé à « crypot-communiste »... Faut dire que c’est pas les étiquettes prémachées qui manquent...

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 11h42 le 28/11/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Certes, il y a des SDF alcooliques et violents, mais ce n’est pas en les rejetant que leur problème de logement, ni leur problème personnel ne va s’arranger... ! !

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    • SuperCopter
      SuperCopter répond à Phil2922
      Chômeur (provisoirement durable) (...)
      • Posté à 11h55 le 28/11/2009
      • Internaute 97162
        Chômeur (provisoirement durable) (...)

      Bonjkour,
      Les SDF sont alcooliques puisque boire réchauffe et fait oublier la misère. Ils sont violents car on est plus expressives et on se monte plus vite la tête après quelques verres. Je ne connaissais pas ce collectif Jeudi Noir mais je trouve que leur logique est tronqué, trop faite de clichés et ils ne semblent pas s’y connaître grandement...

      • topperheadon
        topperheadon répond à SuperCopter
        employé marketting à Lille
        • Posté à 13h36 le 28/11/2009
        • Internaute 25945
          employé marketting à Lille

        Je trouve un peu simple de leur repprocher le fait de ne pas loger ces SDF.

        Il faut rappeler que Jeudi Noir tente d’apporter une solution au mal logement des jeunes (étudiants ou jeunes actifs), et non à l’ensemble des problèmes des logements.

        Ils n’ont ni la volonté ni les moyens de répondre à ce genre de demandes.

        Au lieu de jeter la pierre à un collectif qui fait ce qu’il peut avec les moyens du bord (en prenant de sucrcroit des risques à titre individuel), il serait bon de demander des comptes aux bonnes personnes...

         
        • alaixih
          alaixih répond à topperheadon
          • Posté à 16h02 le 28/11/2009
          • Internaute 19775

          Les problèmes liés aux SDF sont complexes.
          Je me rappelle don quichotte et les campements sauvages sur les quais de la seine.

          Les SDF tous gentils, tous beaux etc.... Mais le problème est que certains d’entre eux avaient la tuberculose. Certains volontaires sont allés là bas et ont chopé la tuberculose. Et les quais on vu certain commerçants à proximité perdre leur droit à exploiter ces lieux parce que les lieux ont été déclarés insalubres.... Insalubres....

          Il y a SDF et clochards... La nuance est parfois difficile à faire... Mais si tout le monde peut entrer dans un squat qui est sensé être un lieu de sécurité et de paix pour des gens qui sont étudiants ou qui bossent il est vrai qu’ouvrir un squat aux tous venants pose certains problèmes de logistique, d’hygiène, de sécurité etc..........

          Ceci dit la question posée par cette association est politique c’est pour cela que le squat doit rester clean et qu’il maitrise sa population.

        • Ishtar
          Ishtar répond à topperheadon
           ? ?
          • Posté à 11h35 le 30/11/2009
          • Internaute 26226
             ? ?

          Leur reprocher de ne pas s’occuper du logement des SDF c’est un peu comme demander à une crèche d’accueillir des personnes âgées.
          Jeudi noir s’occupe d’étudiants mal-logés et je conçois aisément que cela soit suffisamment complexe et spécifique.Prendre en charge des SDF implique des structures et une approche différentes.

        2 autres commentaires
  • stupéfiant
    stupéfiant
    musicien
    • Posté à 11h47 le 28/11/2009
    • Internaute 97356
      musicien

    « confondateurs » un nouveau mot ? je ne l’ai pas trouvé dans le robert...

  • char23
    char23
    Salarié du privé
    • Posté à 12h05 le 28/11/2009
    • Internaute 71832
      Salarié du privé

    C’est quand meme dingue que des neuneus confondent Jeudi noir avec une agence immobilière et viennent ensuite chouiner sur Rue89.
    C’est aussi un peu simpliste de confondre un truc militant sur le logement des étudiants et des précaires et la problématique des SDF qui dépasse largement celle du logement pour aller sur celle de l’exclusion sociale. On peut donner un logement à tous les SDF, il ne seront pas inclus dans la société et on continuera à mourir dans nos rues

    • Iv
      Iv répond à char23
      Roboticien utopiste
      • Posté à 10h37 le 30/11/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      En effet, Jeudi Noir fait un travail d’équilibristes entre moralité et illégalité, médiatisation et mission. Qu’une bagarre avec blessés éclate dans un de leurs lieux, ça aura des répercussions médiatiques fortes.

      Ils font forcément des maladresses, ils sont humains... Mais en attendant, si l’article s’indigne que seulement 30 personnes soient logées place des Vosges, il ne faut pas oublier que c’est 30 personnes auxquelles un logement a été trouvé.

      On ne peut pas reprocher à une assoce à faibles moyens de ne pas en avoir plus.

  • Tortoiz
    Tortoiz
    curieux
    • Posté à 12h06 le 28/11/2009
    • Internaute 50639
      curieux

    Comme le signalait Houellebecq, c’est l’extension du domaine de la lutte.
    On a maintenant les SDF typés extrême Gauche, et maintenant les « SDF » Parisiens bobos qui sont ultra-select, C’est pathétique.
    Du squat de luxe, sans les effets secondaires.
    A quand les squatteurs de droite à la Concorde ?

    • malpoli
      malpoli répond à Tortoiz
      Homme de paille
      • Posté à 12h19 le 28/11/2009
      • Internaute 37834
        Homme de paille

      Ce n’est pas dans ce sens que Houellebecq parlait d’extension du domaine de la lutte mais dans le sens du droit au sexe pour tous (et pour son personnage principal en particulier).

      • jerry.commanche
        jerry.commanche répond à malpoli
        quidam
        • Posté à 12h47 le 28/11/2009
        • Internaute 63891
          quidam

        Sexe surtout pour lui-même qui trouve que les femmes en Europe sont trop émancipées, ont le choix de le refuser. Par contre à Thailande, les adolescentes n’ont pas les moyens, donc pas le droit, de refuser des crétins qui se pavanent comme des grands écrivains. Allez Michou, au Cambodge les gamines sont encore moins chères. Ce pouvoir de disposer du corps d’autrui contre espèces sonnantes...comme le disait un autre grand écrivain-penseur-ministre que, comme d’habitude, le monde entier nous envie.

         
        • malpoli
          malpoli répond à jerry.commanche
          Homme de paille
          • Posté à 13h27 le 28/11/2009
          • Internaute 37834
            Homme de paille

          La différence avec notre ministre est qu’il s’agit ici d’un roman. Personnellement je l’ai pris comme un raisonnement par l’absurde sur les limites de l’extension des droits jusqu’a ce que je lise cet article.

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        1 autres commentaires
    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Tortoiz
      Situation
      • Posté à 12h50 le 28/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Oui. Exactement. Retrouver un tel partage, une telle division, au sein même d’un phénomène d’exclusion sociale est pitoyable.

      Du genre, « nous », « on » n’est pas des squatteurs « d’extrême gauche », notre « logique » est différente...pfff. Tout ça pour rester entre soi, même si l’on se retrouve provisoirement ou pas, à la rue.

      Je rêve....

      Todeti

    • Baboche
      Baboche répond à Tortoiz
      Anonyme quelconque
      • Posté à 13h22 le 29/11/2009
      • Internaute 94687
        Anonyme quelconque

      Je ne sais pas trop ce que vous trouvez pathétique. En tout cas, ce que met en lumière Jeudi noir, c’est qu’on est depuis quelques années passé à une autre dimension de la crise du logement : à Paris, les gens qui travaillent, sont insérés socialement, etc. sont de plus en plus nombreux à ne pas pouvoir se loger, ou alors dans des conditions lamentables et pour des prix proprement délirants. Et ça, ça prouve l’aggravation du problème.

      Il ne s’agit pas d’opposer ces étudiants ou travailleurs à tous les autres qui peuvent être dans des situations bien moins enviables ; mais de montrer que les prix des loyers à Paris, sous l’effet de la spéculation et des logements vacants, ont atteints des niveaux tout simplement intenables, où le logement devient un casse-tête y compris pour les classes moyennes. Le rôle que s’attribue Jeudi noir n’est pas de reloger tout le monde, ni d’aider les SDF alcooliques à s’en sortir, etc., d’autres associations font ce qu’elles peuvent dans ce sens (puisque l’Etat refuse de faire quoi que ce soit). Ce sont des simples militants qui, par des actions ciblées, mettent en lumière le fait que des millions de personnes galèrent pour se loger alors que des millions de logements vides prennent la poussière pendant des années... Ca fait quand même du bien de l’entendre dire, non ?

  • jubo
    jubo
    Intra-Terrestre
    • Posté à 12h11 le 28/11/2009
    • Internaute 50630
      Intra-Terrestre

    Que la France est devenue cynique.

  • malpoli
    malpoli
    Homme de paille
    • Posté à 12h12 le 28/11/2009
    • Internaute 37834
      Homme de paille

    Vu le nombre de SDF, la taille de l’agglomération, la médiatisation, je ne vois pas comment il aurait pu en être autrement. Laisser la porte ouverte à tous avec toutes les chances que ça ne serve à personne ou en choisir quelques-uns pour leur offrir rééllement une solution temporaire de logement ? C’est tout le problème du logement aidé, il n’y en a pas pour tout le monde et tout ne se vaut pas. Même en Hlm, il y a ceux qui attendent depuis des années, ceux qui sont dans des barres au bord du periph et ceux qui ont la chance d’avoir une adresse dans le centre. Tant qu’il n’y aura pas de logement pour tous, Il faudra bien trouver des critères qui sur certains angles seront forcément injustes. Tout le monde n’est pas beau et gentil mais qui peut proposer sérieusement autre chose ?

  • Sowinski
    • Posté à 12h21 le 28/11/2009
    • Internaute 45555

    Il y a un truc à pas perdre de vue, c’est que quand on a x places et 100x candidats, la sélection est inévitable, fût-elle sous forme de loterie (pas forcément ce qui se fait de plus juste).
    A première vue, le vrai scandale ici c’est l’inaction de l’Etat, qui seul a les moyens de loger tout le monde.

    Après si l’association justifie sa sélection sur des critères discutables, c’est un autre débat, mais qui me parait un poil moins important, est pas forcément productif.

    Tirer publiquement sur les assoces ne me semble pas être un bon moyen de faire avancer les choses, même quand les critiques sont justifiées. Ne nous trompons pas d’ennemi.

  • pimentos
    • Posté à 12h21 le 28/11/2009
    • Internaute 4361

    Je pense que le collectif a raison d’en sa manière d’agir. Encas de surpopulation ou de problème voir de dégradation, il est évident qu’ils seront expulsés. Alors peut être vaut il mieux loger 30 personnes tout l’hiver que 60 1 semaine.

  • Andimion
    Andimion
    hors système
    • Posté à 12h26 le 28/11/2009
    • Internaute 97363
      hors système

    J’aimerais vous voir dans leur situation. Il est facile de critiquer leur lutte, mais sachez que leur dernier squatte leur a couté chère, puisqu’ils ont été condamné au bénéfice d’une personne qui est soupçonné de fraudé le fisc qui a laissé un immeuble vide pendant plusieurs année et qui se fout de ces étudiants puisqu’elle en a profité pour vider les comptes bancaires des squatteurs de façon tout a fais illégal. Les SDF sont dans des situations plus critique que ces étudiant je l’accorde mais il n’est pas questions de la même lutte. Ensuite embourgeoisement ou pas Jeudi Noir rénove et réhabilite bien souvent les lieux qu’ils investissent, beaucoup de SDF n’en prendraient même pas la peine. Les SDF ont besoin de lieu structuré pour leur réinsertion social et non pas d’un squat qui ne ferrait que les enfoncer encore plus dans la précarité. Ce n’est pas à l’association Jeudi Noir de gérer toute la misère Française et Parisienne mais aux autorités publiques, Jeudi Noir est une association responsable qui connais les risques de son action de faite c’est normal qu’il soit obligé de faire des choix même s’ils ne sont pas compris.

    • kERLE
      kERLE répond à Andimion
      étudiant/salarié
      • Posté à 12h41 le 28/11/2009
      • Internaute 97368
        étudiant/salarié

      Enfin une remarque qui prend en compte l’essence meme d’une action plus qu’honorable !

      N’en n’avez vous pas assez de critiquer toute action, sans faire l’effort d’en comprendre la démarche ? Il s’agit ici de redistribuer les cartes d’une politique de logement obsolète... attaquez donc les pouvoirs publics et pas une association qui prend des risques au quotidien ...

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Andimion
      Situation
      • Posté à 12h45 le 28/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Quel discours....

      Est-ce que vous rendez compte de ce que vous racontez ?

      Todeti

  • mioumiou
    • Posté à 12h33 le 28/11/2009
    • Internaute 34943

    C’est la preuve que ce genre d’actions ne sert strictement à rien du tout !
    C’est du vandalisme point à la ligne, pour changer les choses il faut se placer à un autre niveau, en demandant une politique de logement plus ambitieuse.

    • yooy
      yooy répond à mioumiou
      in situ
      • Posté à 20h26 le 28/11/2009
      • Internaute 86360
        in situ

      si ça sert à loger des gens voire des familles qui sont au bord de la chute libre... le vandalisme c’est de laisser des millers de mètres carré vacant.... jamais habité dans 10m carré à deux avec les chiottes sur le pallier hein ? ben je vous le souhaite au moins pendant 5 ans parce qu’à Paris c’est tout ce que tu trouves quand tu gagnes le smic

      • syndicamembert
        syndicamembert répond à yooy
        Bloggeur
        • Posté à 16h28 le 29/11/2009
        • Internaute 79828
          Bloggeur

        Yooy, tu ne peux pas dire que ça sert à loger des familles au bord de la chute libre ...
        C’est totalement faux, la démarche de Jeudi noir est d’occuper UN bâtiment visiblement, pour faire le coup médiatique, pas d’ouvrir des tas de squats pour faire dormir des gens et des familles au chaud.
        La preuve, UN seul squat ouvert et tu vois des familles dedans ? Des enfants ? Non, ce sont des squats occupés par les militants de Jeudi noir et des étudiants militants, pas par des nécessiteux.
        Les vrais SDF, Jeudi ne veut même pas en entendre parler, la preuve, ils ne peuvent pas rentrer dedans et dorment devant.

  • Au sud de nul part-
    • Posté à 12h42 le 28/11/2009
    • Internaute 57434
      Situation

    Bien. La récup’ de toutes idées et les actions qui ont été mis en oeuvre par « l’extrême gauche » continue. On fait un squatt, mais un squatt propre....un squatt pour petit bourgeois déclassé. Parvenir à se donner bonne conscience, en se distinguant des mauvais SDF, ceux qui ne correspondent pas à certains « critères », soit en fait à une sorte d’éthos de classe et aux signes qui l’accompagnent, est confondant d’hypocrisie et de soif de distinction. On ne se me^le pas à n’importe qui dans notre squatt....

    Grosso modo, comme il y a les bons et les mauvais chasseurs, pour le porte parole de ce triste collectif, il y a les bons et les mauvais SDF. Ce qui revient -comble de la bassesse - à valoriser une action (le fait de squatter un lieu) en affirmant que l’on est fondé à le faire, puisque l’on subi une vraie injustice (je suis jeune, je suis diplômé, je mérite un logement...), alors que d’autres ne le méritent pas. Le discours du porte parole de ce collectif est tristement bien normé ; bien sous tous rapports.

    Est que l’on rêve ? Alors que ce collectif est dans l’illégalité, que ces membres subissent une des formes de la précarité, il n’empêche qu’ils reproduissent la même logique d’exclusion : ce collectif exclu d’un lieu qui ne leur appartiennent pas ( !), qu’il ne loue pas ( !), les SDF non-conformes....L’un des habitants affirme ne pas pouvoir recevoir « ses amis »...dans un squatt ? ! ! ! Je n’ai jamais entendu une telle ânerie. Qu’est ce donc qu’un tel squatt ? Une caserne ? Comment peut-on se croire un meilleur SDF qu’un autre ? Selon quels « critères », se ce n’est celui de vouloir vant tout être avec des personnes du même « profil » ?

    Todeti

    • Andimion
      Andimion répond à Au sud de nul part-
      hors système
      • Posté à 13h03 le 28/11/2009
      • Internaute 97363
        hors système

      Sans un minimum de règles même dans l’illégalité c’est le chaos. Jeudi Noir s’appuie sur une loi républicaine du droit au logement opposable, il n’est pas question là de définir quel est le plus ou moins précaire de l’histoire mais bel et bien de faire bougé les lignes et d’appliqué purement et simplement la loi et cela pour le bénéfice de tous, ne vous caché pas derrière un discourt idéologique et hypocrite, oui les misères sont différentes mais tout confondre est une erreur. Jeudi Noir n’est pas une association politisé donc je ne vois pas le rapport avec une quelconque idéologie de gauche.

      • Au sud de nul part-
        Au sud de nul part- répond à Andimion
        Situation
        • Posté à 13h20 le 28/11/2009
        • Internaute 57434
          Situation

        Je ne me cache derrière rien du tout. Quel discours idéologique ? Quelle hypocrisie ? Vous pensez qu’il suffit de prononcez « idéologie » pour avoir tout dit et croire que l’on a raison ? Je crains qu’en matière de pensée par cliché, vous ne soyez pas mal pourvu. Qui vous dit que les autres squatts fonctionnent sans règles ? Sinon, pour votre gouverne, vous pourriez lire cet article, le méditez un peu, et, surprise, vous y découvreriez que c’est le collectif « jeudi noir » qui fait allusion à « l’extrême gauche » pour s’en distinguer. Vous ne savez peut-être pas analyser un texte ? Sinon, ne me causez pas d’hypocrisie : SDF, je connais, je l’ai été. Et le discours de ce collectif (puisqu’il investit l’espace public, celui de la parole) peut être analysé comme n’importe quel autre discours.

  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 12h47 le 28/11/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Oué mais d’un autre côté faudrait voir à pas confondre Jeudi Noir et agence immobilière...

  • Juggernaut
    Juggernaut
    intello précaire ?
    • Posté à 12h49 le 28/11/2009
    • Internaute 93472
      intello précaire ?

    la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part.

    Jeudi Noir est dans le même constat. Et ils accueillent déjà leur part.

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Juggernaut
      Situation
      • Posté à 12h53 le 28/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Là ont atteint un sommet....

      En gros, il y a les bons squatteurs et les mauvais squatteurs.
      Devinez qui sont les bons ?

      Todeti

  • Plume timide
    • Posté à 13h00 le 28/11/2009
    • Internaute 4280

    Naïf cet étudiant !
    Jeudi noir n’est ni une agence de logement ni l’Abbé Pierre ni l’Armée du Salut .
    Si j’ai bien compris, le but de ce collectif est de faire réagir les politiques par le biais de coups médiatiques originaux percutants mais peu coûteux.
    Et de faire avancer les lois pour garantir un vrai droit au logement.
    Si ce brave étudiant s’adresse à un parti écolo pour avoir son panier bio toutes les semaines, il risque aussi d’être déçu !

    • Au sud de nul part-
      Au sud de nul part- répond à Plume timide
      Situation
      • Posté à 13h23 le 28/11/2009
      • Internaute 57434
        Situation

      Sauf que les squatts existent depuis très longtemps. Mais, curieusement, c’est seulement de ces jeunes gens dont on cause.
      On se dmenade bien pourquoi. Le piano, peut-être ?

      Todeti

      • ced-rick
        ced-rick répond à Au sud de nul part-
        jardinier ouvrier
        • Posté à 13h34 le 28/11/2009
        • Internaute 84206
          jardinier ouvrier

        non , le plan com

         
        • vincelemat
          vincelemat répond à ced-rick
          La V2 m'a coupé la tête
          • Posté à 21h10 le 28/11/2009
          • Internaute 47435
            La V2 m'a coupé la tête

          C’est à dire les relations, ce qui confirme ce que dit « au sud de nul part », le fait que jeudi noir est une assos bourgeoise dont les fondateurs se préparent une belle petite carrière. Voilà pourquoi ils laissent les vrais SDF à la porte, ils s’en fichent comme d’une guigne.

        1 autres commentaires
      • Wildleech
        Wildleech répond à Au sud de nul part-
        révolutionnaire en devenir
        • Posté à 02h09 le 29/11/2009
        • Internaute 81842
          révolutionnaire en devenir

        Et pourquoi ne parle-t-on pas des autres squats ?
        Est-ce qu’ils ne revendiquent rien ?
        Ont-ils des problèmes qui ne doivent pas être médiatisés ?
        Si ceux là peuvent faire parler des squats et du manque de logements c’est certainement parce qu’ils ont les relations mais aussi parce qu’ils évitent de se disqualifier aux yeux de la loi.

    • syndicamembert
      syndicamembert répond à Plume timide
      Bloggeur
      • Posté à 15h07 le 28/11/2009
      • Internaute 79828
        Bloggeur

      Amusant ton rapprochement avec l’Abbé Pierre, car il se trouve que hier matin sur France inter dans le sept dix, le « co-fondateur » parlait de la nuit solidaire, à laquelle son collectif s’associe, avec ATD quart monde et la Fondation Abbé Pierre... ! Amusant donc, surtout qu’on entend clairement le cofondateur dire que la galère du logement ça concerne tout le monde, les SDF ne sont pas des marginaux... Il oublie de parler des alcooliques violents.

      Jeudi noir devrait dire la vérité uniquement, qu’ils ne squattent pas, c’est un insulte pour le mouvement squat . Jeudi noir refuse les punks et les SDF qui n’ont pas Bac+5, pour mieux faire une bel accueil à leur voisin : Jack Lang

      Non jeudi noir occupe un beau bâtiment (qu’ils, parfois, récupèrent à des gens qui le squattaient déjà, comme pour la marquise, pour après leur en interdire l’entrée, comme ça se passe actuellement), pour après se comporter comme des proprios finalement.
      Ils sont chez eux, ils sont bien installés et c’est fermé !

  • martin_
    • Posté à 13h02 le 28/11/2009
    • Internaute 32221

    Aux riverains « choqués » (comme disent les mères de famille dans les micro-trottoirs) :
    - Le but premier de ce mouvement n’est PAS d’ouvrir des squats pour loger des gens.
    - Le but premier de ce mouvement est de faire avancer des idées par des actions militantes. Les gens qui occupent ces locaux ne sont là que pour les nécessités de la Cause, pas pour bénéficier d’un « service à la personne ».

    Moi espérer vous comprendre.

    PS : « Il n’est pas sans ignorer la frustration que ... » veut dire qu’il ignore. 3x(-1) == -1.

    • MagnusMaximus
      MagnusMaximus répond à martin_
      Doctorant
      • Posté à 13h57 le 28/11/2009
      • Internaute 94610
        Doctorant

      Ou plutôt (-1)³ = -1 ... mais je chipote ; -)

  • MagnusMaximus
    MagnusMaximus
    Doctorant
    • Posté à 13h03 le 28/11/2009
    • Internaute 94610
      Doctorant

    De toute façon, le volume de leur hôtel étant fini, il faudra bien un jour qu’ils arrêtent d’accueillir des gens. Et bien ils ont déjà commencé, et ce, apparemment pour garantir de meilleures conditions à ceux qui sont déjà là.
    Je ne vois pas où est le problème.

  • boulettes
    • Posté à 13h06 le 28/11/2009
    • Internaute 90314

    je trouve ce article (et les réactions qui l’accompagnent) choquants. Jeudi Noir est un collectif de fils à papa qui s’immiscent dans un créneau pour justifier leur opportunisme. Les critères de sélection suffisent à eux-même pour montrer qu’ils ont les moyens de se loger autrement (mais peut-être pas dans l’hyper centre, damned, aller vivre en banlieu, que nenni) et qu’ils occupent des lieux qui devraient être dévolus à ceux qui en ont vraiment besoin, qui n’ont pas eu la chance comme eux de faire des études et de recevoir le bagage culturel suffisant pour faire d’eux des citoyens « conscient des risques qu’ils prennent ».
    Que font les parents des ces fils à papa ? Ils devraient leur payer un logement dans le marais au lieu de les laisser s’encanailler, à moins que ce ne soit là un moyen de parfaire leur éducation politique ?
    Le vrai problème c’est la carence de l’Etat en ce domaine, pas ces happenings de bobos qui ne résolvent rien mais font parler d’eux !
    Je préfère encore les « punks à chien ».
    Hoy !

    • Andimion
      Andimion répond à boulettes
      hors système
      • Posté à 13h16 le 28/11/2009
      • Internaute 97363
        hors système

      « collectif de fils à papa » , ce n’est pas le cas et quand bien même se sont des Citoyens tout comme vous c’est pourquoi ils prennent le problème à bras le corps pour faire bouger les choses. Les personnes propriétaires de ces lieux sont des particuliers ou des entreprises qui ont à la fois laissé se dégradé ces logements pendant des années mais en plus ont fais de la spéculation immobilière au détriment des mal logées et des SDF, ne vous trompé pas d’ennemis.

    • Grégory
      Grégory répond à boulettes
      • Posté à 14h55 le 28/11/2009
      • Internaute 12569

      A partir où ils ne sont pas pauvres, c’est donc qu’ils sont riches... Entre les deux, on n’a pas le droit d’exister, d’avoir des problèmes spécifiques, de vouloir les résoudre, donc ?

  • Rastakouer
    • Posté à 13h11 le 28/11/2009
    • Internaute 18978

    QUOTE

    « C’est quand meme dingue que des neuneus confondent Jeudi noir avec une agence immobilière et viennent ensuite chouiner sur Rue89.
    C’est aussi un peu simpliste de confondre un truc militant sur le logement des étudiants et des précaires et la problématique des SDF qui dépasse largement celle du logement pour aller sur celle de l’exclusion sociale. On peut donner un logement à tous les SDF, il ne seront pas inclus dans la société et on continuera à mourir dans nos rues »

    Merci. +99

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