A la Une 20/10/2007 à 19h59

Guerre en Iran ? Les généraux US tentés par la dissidence

Slate"


De l’état-major général de l’armée américaine au commandement central, la plupart des chefs militaires américans ont exprimé au minimum leur réserve, sinon leur opposition catégorique, à une action armée contre l’Iran. Si le président Bush commence à préparer -et a fortiori donne l’ordre- une telle attaque, que devraient faire les généraux ? Se retirer sans faire de bruit, ou se mettre au garde à vous et accomplir la mission ? La légitimité de la dissension militaire est un sujet brûlant, en ce moment, dans des conférences, documents internes, et discussions de coulisses, générant une forte émotion et une sincère introspection. “Qu’aurions nous dû faire dans la période qui a conduit à la guerre d’Irak ? ‘ demandent les généraux. Que devrais-je faire la prochaine fois ? est le non-dit qui agite leurs consciences.

Un conflit entre deux principes fondamentaux

Ce qui est jeu, c’est le conflit entre deux principes fondamentaux des officiers supérieurs : le devoir de fournir aux responsables politiques civils des conseils militaires objectifs, et l’obligation d’obéir à tous les ordres légaux de leurs supérieurs. Selon la Constitution [des Etats-Unis], le Président est hiérarchiquement supérieur au général ou à l’amiral le plus gradé.

Au cours des dernières années, de nombreux officiers en ont voulu à leurs officiers supérieurs pour ne pas s’être opposés de manière plus forte pendant la période de préparation de la guerre en Irak. Le secrétaire à la Défense d’alors, Donald Rumsfeld, avait insisté pour envahir l’Irak avec entre un tiers et la moitié des effectifs qui avaient été demandés par les généraux. Ils savaient qu’un désastre se préparait, mais se sont tus après un premier round de désaccords.

En avril 2006, trois ans après le début de la guerre, six généraux à la retraite ont exprimé publiquement leur désaccord avec les plans qui avaient été élaborés, et ont demandé la démission de Rumsfeld. Les opposants à la guerre ont applaudi à cette révolte des généraux’.

Cependant, de nombreux officiers d’active -particulièrement dans les échelons intermédiaires engagés dans la guerre- ont été choqués. Ils demandaient : où étaient ces généraux lorsqu’ils portaient encore l’uniforme, lorsque leur dissidence aurait pu servir à quelque chose ? Comment ont-ils pu nous conduire à la guerre en doutant à ce point des plans de bataille ? L’obligation d’obéir aux ‘ordres légaux’

Certains officiers supérieurs estiment toutefois qu’il ne peut pas y avoir de place à la dissidence, surtout une fois que la décision a été adoptée. D’autres ne vont pas aussi loin, mais les règles sont floues sur le moment où il faut s’abstenir. Le code pénal militaire est clair : tous les militaires, y compris les officiers, se doivent d’obéir aux ‘ordres légaux’. Et c’est même un crime de ne pas obéir, passible de cour martiale.

Mais le qualificatif -‘ordres légaux- est important : il rejette par avance les arguments des nazis accusés de crimes de guerre (j’obéissais aux ordres’ n’est pas recevable si l’ordre n’est pas ‘légal’). Et c’est un moyen légitime pour soldats en proie à des problèmes de conscience de ne pas participer à des arocités comme My Lai (massacre au cours de la guerre du Vietnam, ndt) ou les séances de torture comme celles d’Abu Ghraib (en Irak, ndt).

C’est une chose pour un sergent de désobéir à son lieutenant dans le feu de l’action. C’en est une autre pour un général de pouvoir qualifier un ordre du Président d’‘illégal’. Ce n’est plus un geste de sa conscience, c’est un coup d’Etat. Il existe toutefois des circonstances qui peuvent troubler le plus loyal des officiers, comme lorsque Richard Nixon, au cours des dernières semaines de sa présidence, s’est mis à boire abondamment, et à s’égarer mentalement. Le secrétaire à la Défense d’alors, James Schlesinger, avait demandé aux chefs d’état major de confirmer avec lui tout ordre provenant de la Maison Blanche. Mais dans ce cas, l’autorité du Président était mise en cause par un autre civil, pas par le chef d’état major.

Neuf options pour éviter la désobéissance

Désobeir ouvertement à un ordre présidentiel est donc une situation qu’aucun officier d’active ne veut avoir à affronter -et nous devons les en remercier. Mais, dans un article qui a beaucoup circulé, intitulé ‘Knowing when to salute’ (savoir quand saluer) et publié en juillet dernier dans la lettre d’information de l’Institut d’études stratégiques de l’école militaire de l’armée, le général à la retraite Leonard Wong et le colonel à la retraite Douglas Lovelace, ont fait la liste des neuf options qui, sans aller jusqu’à la désobéissance, sont à la disposition des officiers supérieurs pour faire face à des dirigeants politiques qui n’écoutent pas leurs conseils.

Si la situation n’implique aucune menace à la sécurité nationale, ou faible, l’officier peut d’abord demander à être affecté à un autre poste, refuser une promotion ou partir en retraite anticipée, écrivent-ils. S’il existe une menace à la sécurité nationale, ils peuvent choisir la voie de l’‘information publique’ (un euphémisme pour l’organisation de fuites à la presse...), l’écriture d’un texte académique, le témoignage au Congrès, organiser une ‘action collective’ (un complot ?), et si rien de tout cela ne fonctionne, il peut toujours démissionner.

Il existe une grande différence entre prendre sa retraite et démissionner. Lorsqu’un officier prend sa retraite, il garde tous ses avantages sociaux et reste dans la grande famille militaire. Lorsqu’il démissionne, il dit adieu à tout ça. Voilà pourquoi aucun général n’a démissionné aux Etats-Unis depuis plus de quarante ans, et le dernier à l’avoir fait a ensuite demandé, sans succès, à réintégrer le rang.

Démissionner ou prendre sa retraite ?

Wong et Lovelace estiment que le départ à la retraite ‘ne peut pas être une option dans les cas de forte menace à la sécurité nationale : cela peut être personnellement satisfaisant de laisser derrière les aspects les plus déplaisants de la bataille politique, mais c’est ignorer le sens des responsabilités des militaires vis à vis de la nation’.

Les généraux qui s’abstiennent de démissionner ne sont pas nécessairement des égoïstes. Car il faut distinguer entre la révolte des généraux à propos de l’Irak, et l’hypothétique révolte à propos, par exemple, d’un bombardement de l’Iran. Les généraux à la retraite qui se sont exprimés en 2006 ne critiquaient pas tant la décision d’envahir l’Irak que la manière dont cette guerre a été planifiée et menée. Pour beaucoup d’offiers, ces généraux avaient le droit, et même l’obligation d’exprimer leur avis sur le niveau des troupes prévu, la tactique ou la stratégie suivie. Mais ces officiers estiment que lorsque leur désaccord est sur le fond de la politique suivie, ils n’ont pas à s’exprimer publiquement, ils n’ont pas à s’exprimer du tout.

Le colonel à la retraite Don Snider, professeur à l’école militaire et qui a écrit abondamment sur les rapports civils-militaires, estime qu’il existe peu de cas permettant aux officiers d’entrer en dissidence. ‘Les officiers sont les serviteurs, pas les maîtres’, m’a-t-il dit. ‘S’ils ne sont pas d’accord, ils doivent partir’. Mais il a insisté qu’ils doivent partir tranquillement, c’est-à-dire prendre leur retraite, car démissionner serait les projeter dans l’arène du débat politique et diplomatique, au-delà leur expertise et éthique militaire.

Un officier qui réfléchit souvent à ces questions, mais a demandé de ne pas être identifié, accepte la position de Snider jusqu’à un certain point : dans leur dissension, les officiers ne doivent pas sortir de leur domaine, mais il estime que la frontière est parfois très étroite entre questons politiques et militaires. Par exemple : si un président déclare une guerre sur la base de renseignements erronés, cete décision n’est pas strictement politique et la nature des renseignements fait partie du champs de compétence de l’officier.

Comment s’opposer à une guerre désastreuse avec l’Iran ?

Voilà la sorte de débats avec lesquels se débattent aujourd’hui les officiers. Et il y a fort à parier que si la séquence conduisant à la guerre en Irak se répétait aujourd’hui, il y aurait un ou deux généraux pour démissionner — ou pour prendre sa retraite, mais aussi prendre la parole plus rapidement qu’ils ne l’ont fait (Le général Greg Newbold, le directeur des opérations à l’état-major au début de l’administration Bush, a pris sa retraite juste avant l’invasion de l’Irak, mais ne s’est exprimé publiquement que trois ans plus tard, un délai qu’il a regretté).

S’il y a un compte à rebours pour une opération contre lIran, que feront les généraux ? Ce n’est pas une question facile. Mais voici ma proposition (on pourra me dire, à juste titre, que le conseil est aisé puisque je ne suis pas militaire) : si les officiers supérieurs à tous les niveaux de la chaîne de commandement estiment tous qu’une attaque de l’Iran serait un désastre, ils doivent faire tout ce qui est en leur pouvoir pour faire changer d’avis le Président. Ils devraient s’arranger pour être convoqués par des commissions du Congrès et se faire poser des questions délicates, qui susciteraient des réponses critiques. Et, au dernier moment, ils devraient menacer de démissionner ou de prendre leur retraite en masse, et, si la menace ne suffit pas, de la mettre à exécution (même s’ils le faisaient en silence, le départ de six ou huit généraux aurait un impact certain).

Il s’agit d’une affaire dangereuse. Elle ne doit pas être utilisée trop souvent (et en coordination avec des civils qui sont d’accord avec eux, si possible le Secrétaire d’Etat et le Secrétaire à la défense). Mais si un tel bombardement conduit à un désastre, comme le pense actuellement de nombreux officiers, ils doivent réaliser —et le précédent de l’Irak le leur montre- qu’ils en seront aussi responsables. La vraie question est donc : est-ce que l’anticipation de cette responsabilité sera suffisante pour les amener à agir de manière préventive, ne serait-ce que pour compenser le fait d’en avoir fait si peu avant le désastre irakien.




Publié initialement sur
Slate
  • 10842 visites
  • 114 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Anonyme

    « Knowing when to salute »

    Savoir quand obéir / obtempérer

    • kst
      kst
      keep-smiling-through.typepad.com
      • Posté à 20h20 le 20/10/2007
      • Internaute 12032
        keep-smiling-through.typepad.com

      On peut également constater que le titre « traduit » diffère assez sensiblement (dans les mots et dans l’intention) du titre original de l’article :

      « Resign, Retire, Renounce

      What should generals do if Bush orders a foolish attack on Iran ?

      By Fred Kaplan - Posted Wednesday, Oct. 17, 2007 »

      Lien

      ... auquel on ne saurait trop conseiller de se reporter directement, si on le peut, pour échapper à une traduction française approximative (ou orientée ?) qui réussit le tour de force de baigner dans le franglais tout en ne rendant pas compte du texte anglais original.

      Après le titre « réinventé », ça commence très fort dès la première phrase : y a-t-il une raison pour transformer « the idea of bombing Iran » (qui peut se traduire directement sans problème) en « une action armée contre l’Iran », ce qui est incorrect, aussi bien du strict point de vue de l’action militaire que du point de vue de la morale et de l’imaginaire collectif, auquel l’énoncé original fait inévitablement référence ?

      –-

      Lien

      • Pierre Haski
        Pierre Haski répond à kst
        Cofondateur Rue89
        • Posté à 20h43 le 20/10/2007
          éditeur
        • Journaliste 9
          Cofondateur

        et si vous nous aidiez à traduire ? Seriez vous disposé à traduire des papiers de Slate de temps en temps ? ...

         
        • kst
          kst répond à Pierre Haski
          keep-smiling-through.typepad.com
          • Posté à 22h09 le 20/10/2007
          • Internaute 12032
            keep-smiling-through.typepad.com

          Non merci.

          Dans le sens dans lequel vous poussez les choses sur ces sujets je n’ai de plus vraiment aucune intention de vous aider... :)

          Vous faîtes un journal d’opinion, et je fais tout simplement partie de ceux qui viennent ici vous porter la contradiction, dans l’espace prévu à cet effet.

          Si vous souhaitez exclure ce type de commentaires, il vous suffit de le dire et de ne pas les publier ; pour ma part je ne crierai même pas à la censure, considérant que chacun est bien libre de publier ce qu’il veut chez lui.

          Sur le fond et sur le long terme, je crois que vous aurez de toute façon un jour à faire des choix entre : d’une part l’efficacité du journal d’opinion et d’influence que vous essayez d’imposer avec beaucoup de constance et de cohérence — et d’autre part la liberté de débat qui vous plaît beaucoup dans son principe mais semble aussi beaucoup vous irriter dès qu’elle produit ses effets pratiques.

          Je ne sais pas de quel côté vous pencherez en définitive, mais je suivrai certainement ça avec beaucoup d’intérêt...

          –-

          Lien

          • Anonyme répond à kst

            Bien vu sur toute la ligne ; RUE89 m’apparaît bien comme vous le décrivez !

          • Anonyme répond à kst

            ah bravo ! Vous basculez entre l’ironie, une apparence d’impartialité, et une sympathie feinte. Tout ça pour leur faire la leçon. Il est un peu évident que vous les suivrez avec un oeil essentiellement critique...
            Attitude destructive oh combien française. Changez un peu !

            • Anonyme

              et si au contraire le changement devait venir d’ailleurs ?
              si pour une fois dans la presse on avait à lire des textes d’analyse et non d’opinion... Des textes de réflexion honnête et non des idées prêtes-à-porter pour gens du même bord, du type « argumentaire commercial permettant de répondre à toutes les questions »

          • Anonyme répond à kst

            kst

            vous avez embrayé sur mon message concernant le « Knowing when to salute » et je suis en phase avec ce que vous avez écrit par la suite.
            Un traducteur doit avoir totale liberté pour faire vivre un texte : les seules orientations politiques auxquelles il doit se soumettre sont celles présentes dans l’original.
            Il ne peut en aucun cas faire passer ses idées ou celles du demandeur de la trad. Enfin, il doit donner son accord sur la version finale publiée (après concertation).
            Toutes choses qui rendent la tâche proposée on ne peut plus irréaliste compte tenu de la ligne Rue89

            • Redab
              Redab
              Genève
              • Posté à 10h28 le 21/10/2007
              • Internaute 15769
                Genève

              @CAT 10h04
              Rue89 n’étant pas un site de traducteurs, pourriez vous nous faire comprendre le sens que vous donnez à
              « Knowing when to salute »

              « Savoir quand obéir / obtempérer » comme vous le proposez

              et non « savoir quand saluer » comme des francophones simplistes oseraient le penser (avec l’aide de Collins...), bien sûr dans le contexte du sujet abordé.

              Merci

              • Anonyme répond à Redab

                dans la tradition, quand un ordre est donné le soldat salue* pour montrer qu’il a compris et qu’il se soumet à l’ordre reçu donc qu’il va faire ce qui lui a été demandé = obtempérer.
                Le salut n’est donc pas ici le « bonjour respectueux » mais la marque de l’obéissance.

                * dans l’armée américaine on peut saluer tête nue alors qu’en France ce nest pas autorisé : en l’absence de béret, képi, casque, etc... le soldat se met au garde à vous pour faire comprendre qu’il a bien reçu / compris.

                • Anonyme

                  Bonjour,
                  Dans l’armée française il existe un type se salut que l’on pratique tête nue ou lorsque l’on porte une arme. Il s’agit d’un hochement de tête de haut en bas.

                  PP.

              • Anonyme répond à Redab

                Pur s’en persuader il suffit de lire le 2e paragraphe :
                « what should the generals do ? Disobey ? Rally resistance from within ? Resign in protest ? Retire quietly ? Or salute and execute the mission ? »

                même en traduisant littéralement c’est évident :

                « que devraient faire les généraux ? Désobéir ? Rallier l’opposition (la résistance) ? Démissionner en signe de protestation ? Prendre ’tranquillement’ leur retraite ? Ou bien saluer (donc obéir/accepter) et éxécuter la mission »

                • Anonyme

                  merci.
                  explication claire qui justifie.

        • php62
          php62 répond à Pierre Haski
          • Posté à 11h25 le 21/10/2007
          • Internaute 17438

          mon épouse, agrégée d’Anglais, est intéressée.

          à vous de voir

        11 autres commentaires
      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à kst
        43
        • Posté à 00h59 le 21/10/2007
        • Internaute 4591
          43

        @ Kst

        Avant de vous lire j’allais intervenir sur ce site car le titre ne correspond pas au texte,j’y trouvais quelque chose de bizarre.Merci.

         
        • Servais-Jean
          Servais-Jean répond à Servais-Jean
          43
          • Posté à 01h11 le 21/10/2007
          • Internaute 4591
            43

          @ Kst et Rue89

          J’ai entièrement confiance dans Rue89 et je sais que les traductions ne sont pas toujours faciles, à moins d’être traducteur professionnel.Aussi je vous ai remercié pour votre éclairage et je soutiens Rue89 qui ne peut pas se payer un traducteur.

          • Anonyme répond à Servais-Jean

            partant de votre raisonnement on peut tout vous faire avaler, des contresens ou même de l’invention pure vous n’y trouverez rien à dire !

        3 autres commentaires
      • Anonyme répond à kst

        Cher KST,

        Merci, très grand merci pour votre commentaire qui, ce qui est rare dans les médias français (et pas seulement dans les médias), appuie là où ça fait mal : une traduction imcomplète et mal faite, car l’on ne confie quasiment jamais à des professionnels ce travail, c.a.d. à des personnes formées pour cela.

        Il manque, au début de l’article, un mot très très fort pour les militaires US (pour les autres aussi, comme en Birmanie) : « [...] désobéir ? [...]

        Ou alors l’auteur de l’article “interprète”, et ceci d’une manière partielle (partiale ?).

        Question à Rue89 : avez-vous “juste” traduit, où avez vous “interprété” ?

        Marc Meier-Maletz
        Traducteur/Interprète diplômé DIHK (CCI)
        LEA Anglais/Allemand

         
        • kst
          kst
          keep-smiling-through.typepad.com
          • Posté à 08h42 le 23/10/2007
          • Internaute 12032
            keep-smiling-through.typepad.com

          >> « Il manque, au début de l’article, un mot très très fort pour les militaires US (pour les autres aussi, comme en Birmanie) : “[...] désobéir ? [...]” »

          Effectivement cette disparition (qui m’avait échappé) est assez instructive...

          Et la comparaison mot à mot vaut le détour.

          –-

          Le 2ème paragraphe du texte original :

          « So, if President George W. Bush starts to prepare—or actually issues the order—for an attack, what should the generals do ? Disobey ? Rally resistance from within ? Resign in protest ? Retire quietly ? Or salute and execute the mission ? »

          devient, en effet, dans la version reconditionnée par Rue89 :

          « Si le président Bush commence à préparer -et a fortiori donne l’ordre- une telle attaque, que devraient faire les généraux ? Se retirer sans faire de bruit, ou se mettre au garde à vous et accomplir la mission ? »

          –-

          Il faut donc croire que les 3 concepts :

          « Disobey ? Rally resistance from within ? Resign in protest ? »

          n’existent tout simplement pas dans certains dictionnaires, pour certains esprits, ou sous certaines plumes...

          A moins bien sûr que tout ça ne soit que l’effet des hasards de la traduction combinés aux aléas du bénévolat...

          –-

          Lien

        1 autres commentaires
    • pierrejcallard
      pierrejcallard
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 18h45 le 20/10/2007
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Je crois que l’on sous-estime l’effet de la propagande fascisante que distille les médias américains. En ramenant la légitimité à une loyauté au Chef... on rend bien facile pour la population américaine qui en a ras-le-bol d’accepter la simple substitution d’un chef à un autre. Il ne serait pas dans la tradition qu’un militaire prenne le pouvoir aux USA, mais le pouvoir militaire pourrait facilement faire en sorte que quelqu’un le prenne. Il y a cent façons discrètes - ou moins discrètes - de le faire. Tout dépend de l’urgence. Quand des armes nucléaires survolent le territoire américain « par erreur » il y a urgence.

      Pierre JC Allard

      Lien

      • Anonyme répond à pierrejcallard

        Ca va, t’es sûr ? Sinon, on a une psy du CNRS en ligne. En cas de besoin urgent, n’hésite pas.

      • Anonyme répond à pierrejcallard

        pas souvent d’accord avec vous mais là je dois vous approuver.
        En revanche je pense que vous êtes trop « naïf » en ce sens que les EU sont déjà gouvernés par les militaires (ce fameux complexe militaro-industriel).
        Savez vous comment s’intitule le morceau de musique qui accueille le président aux EU ?

        « Hail to the Chief »... ça laisse rêveur non ?

         
        • pierrejcallard
          pierrejcallard
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 07h37 le 22/10/2007
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          @ CA 07.46

          « Vous apprendrez à m’aimer » comme disait l’évêque à la danseuse... : -)). En attendant, NON, les militaires n’ont pas le haut du pavé, aux USA. Dans le complexe M.I, c’est « industriel » qui est le mot-clef. Les USA ne produisent pas pour faire la guerre, ils font la guerre pour produire. Les maîtres, aux USA, ce sont ceux du TOP 1% qui possèdent 34 % de la richesse totale, 55% de la valeur en Bourse. Si vous entendez un bruit de sabres, en Amérique, c’est un GROS changement. Dans les circonstances, ce serait un bonne nouvelle ! Une attaque contre ce fascisme collégial corporatiste qui, porté par une dictature, était néanmoins celui vers lequel tendait Mussolini lui-même !

          Lien

          Pierre JC Allard

    • domisyl
      • Posté à 10h44 le 21/10/2007
      • Internaute 12272

      une petite gifle est toujours salutaire !
      comment se fait il que RUE89 n’ai pas de traducteur objectif sinon « honnète » ?
      mais le fond du sujet en eût il été changé ?

    • Anonyme

      « Bush évoque la Troisième guerre mondiale »
      kouchner er maintenant Bush.. Et si on préparait pas à pas, l’opinion publique, à un conflit inéluctable qui serait à mes yeux une catastrophe pour l’avenir de nos enfants !

      D’un coté le bloc Russie Iran , de l’autre Usa Israel et...la France.

      One peut se résoudre à un tel scénario , il faut informer les francais de cette possibilité de conflit majeur.
      retrouvez l’artcile complet sur Lien

    • Anonyme

      La question se résume à « etre d’abord citoyen ou executant.

      A mon sensl’iran n’est pas une menace pour les USA elle fait comme la coree et instruite par le précédent irakien elle vise en se dotant d’une capacité nucléaire meme modique de tenir à distance l’appétit pétrolier des USA

  • Anonyme
    • Daniel R
      Daniel R
      Visiteur d'entreprise
      • Posté à 17h47 le 21/10/2007
      • Internaute 6667
        Visiteur d'entreprise

      Des généraux qui commencent à réfléchir, ça m’inquiète. Je ne me souviens pas qu’ils l’aient fait avant les deux guerres du golf.

      La premmière était décrite comme une promenade de santé ou un exercice grandeur nature de nos glorieuses armées, en fait, un vrai massacre surtout pour les civils chiites.

      La deuxième, comme un jeu vidéo avec le score des morts - 20/200 000 - 25/250 000 - dans le coin de l’écran.

      Il a fallu que les boys rentrent par milliers dans des boites et sur des brancards, pour que les américains passent de la fierté nationale à la tristesse familliale. La mort et la désolation passent mieux à la télé que devant sa porte.

      Le concept de guerre légale est très intéressant mais difficilement praticable pour le soldat de terrain, vite collé contre un mûrs. Il serait plus normal que ce soit les parlements qui décident après un vrai débat contradictoire, d’abord de la légalité de la guerre puis de sa nécessité.

      A l’inverse, le fait que ce ne soit qu’un seul homme qui décide, est véritablement une abérration démocratique. Imaginez un G.W. Bush ou un N. Sarkozy avec un tel pouvoir ? Un cauchemard.

  • Anonyme
  • Alexad
    • Posté à 16h15 le 20/10/2007
    • Internaute 8145

    Tant qu’ils ne sont que « tentés »... on peut craindre le pire....

  • Anonyme
    • Anonyme

      merci pour le lien vers cet article où le bon sens le dispute à l’intelligence et aux connaissances historiques.

      ils savent lire au quai d’orsay ?

      • kst
        kst
        keep-smiling-through.typepad.com
        • Posté à 00h49 le 21/10/2007
        • Internaute 12032
          keep-smiling-through.typepad.com

        Euh... Sans doute, oui, mais avec le ministre dont ils ont hérité ils doivent quand même ramer un peu...

        –-

        Cf. le récent article de Védrine : « Lien “ (Sept 2007), notamment la dernière partie qui rappelle qu’avec la Chine les Etats-Unis ont su autrefois faire des manoeuvres stratégiques plus brillantes et plus audacieuses — et que les Européens n’ont pas interdiction de les y inciter à nouveau.

        (Lien)

        –-

        Lien

  • Anonyme

    the War is born

    • Anonyme

      Non pas née, mais écrite depuis bien longtemps.

  • Anonyme

    Comme si ces militaires-là pouvaient changer ce qui
    est planifié depuis si longtemps.
    Ils râleront, mais ils iront.
    Eux, peut-être pas, mais les bombes elles iront chez les barbus. War games.

  • Anonyme

    Bonjour,

    Cet article a l’air intéressant. Malheureusement, il n’est pas rédigé en français mais en franglais, une langue que je maîtrise mal et qui m’empêche de me concentrer sur le sens. Je me suis donc arrêté au 2e paragraphe.
    A-t-il été traduit par un francophone ? On peut se le demander.

    Ce texte fait 10.000 caractères, soit 6,7 feuillets de 1500 signes.
    Un bon traducteur prend 30 euros le feuillet, grand maximum.
    30 x 6,7 = 200 euros.

    C’est quand même pas grand-chose, 150 ou 200 euros, pour avoir un texte écrit en français.

    J’apprécie Rue89 et je partage les idées de ce journal.
    Je suis également conscient que l’argent ne pousse pas aux arbres et que ça ne doit pas être facile de faire tourner le journal.
    Cependant, ce genre de chose ne fait vraiment pas sérieux et montre combien la traduction est aujourd’hui méprisée. Curieux paradoxe dans un monde qui soi-disant se globalise.

    Bon courage et merci pour votre travail.

    • ART MONIKA
      • Posté à 17h16 le 20/10/2007
      • Internaute 10855

      Courageux anonyme de 17h05, cet article est parfaitement lisible, ou alors faites-vous allusion à autre chose ?
      Quoi que disent ou ne disent pas les militaires, il faudrait que les « opinions publiques » manifestent très tôt leur opposition à cette menace aberrante d’attaque contre l’Iran.
      Or en France, comment ne pas s’inquiéter de voir aux Affaires Etrangères le French Doctor qui, fervent soutien de la guerre en Irak contre Saddam, a déjà parlé de « guerre » ? Comment ne pas s’inquiéter lorsque l’on voit un Sarkozy qui, contrairement à son prédécesseur,cire les pompes de Bush ?

      • Anonyme répond à ART MONIKA

        si vous le trouvez lisible c’est votre affaire.
        Il n’empêche, de nombreuses tournures auraient mérité des corrections ou au moins une relecture sérieuse. Savoir parler une langue étrangère ne fait pas de vous un traducteur.

      • Anonyme répond à ART MONIKA

        Des généraux qui ne voulaient pas faire la « sale guerre », c’est surtout dans l’armée française qu’on les trouvait, en 39-40.
        Eux aussi à l’époque pointaient du doigt ces fauteurs de guerres qui, comme ce « French Doctor » d’aujourd’hui, portaient des noms suspects.
        Vous envisagez avec sérénité, chère psychologue chercheur au CNRS, l’éventualité d’un armement nucléaire aux mains du régime des mollahs ? Moi pas. Comme la majorité de l’opinion publique au sein des pays libres (enfin, celle qui n’est pas paralysée par le dogme et la haine...), je pense que ce serait une très mauvaise nouvelle pour l’avenir de nos enfants et de nos petits enfants. Et je pense aussi qu’une action s’impose. Mais soyez sans crainte, l’opération envisagée sera courte et la France ne sera probablement pas directement concernée. Vous aurez tout loisir de maudire une fois de plus l’allié américain qui a laissé à deux reprises sur notre territoire quelques dizaines de milliers de tombes précisément pour que vous puissiez le vomir en toute liberté.

         
        • ART MONIKA
          • Posté à 16h13 le 21/10/2007
          • Internaute 10855

          Cher contradicteur de 11h11, vous me faites un mauvais procès. Je ne suis pas antisémite et me préoccupe du sort d’Israël, je ne « vomis » pas les USA mais je redoute la politique de Bush, et je n’envisage pas « sereinement » l’armement nucléaire en Iran, pas plus que ne me rassure, pour l’avenir de nos enfants, la détention de l’arme nucléaire par certains pays occidentaux (=)Hiroshima).
          Ce que vous oubliez, c’est que nous avons tous les jours sous les yeux l’exemple de l’Irak (un kamikaze hier dans une crêche !) et de l’Afghanistan (retour des barbus et enfermement des femmes). L’attaque contre l’Irak devait être une série de « frappes chirurgicales » pour déstabiliser « l’axe du Mal ». Etes-vous satisfait de l’action ?
          Quant à envisager une action « courte » en Iran, laissez-moi avoir des doutes. Cela constituera le début d’une nouvelle escalade, avec une montée de l’Islamisme le plus aveugle.

          • Anonyme répond à ART MONIKA

            Moi, c’est du sort de la France et de l’Europe dont je me préoccupe en tout premier lieu.
            Si je vous suis bien dans votre logique imparable, la seule réponse face à la menace du terrorisme islamiste c’est de se coucher !
            C’est la bonne vieille politique d’apaisement qui, comme chacun sait, a fait largement ses preuves à Munich en 1938, et que vous voulez rééditer face à la folie des barbus.
            Celui qui doit bien se marrer, c’est l’attaché de presse de l’ambassade d’Iran qui intègre certainement vos réactions dans son rapport de synthèse hebdomadaire !

            • ART MONIKA
              • Posté à 17h27 le 21/10/2007
              • Internaute 10855

              A Anonyme de 16h46.
              Comme j’ignore qui vous êtes, puisque vous ne signez pas vos courriers, je préfère ne pas répondre.
              Votre ton est, de toutes les façons, d’une agressivité qui interdit tout dialogue.
              Dans les messages qui suivent les articles de Rue89, les réponses ressemblent de plus en plus à celles de Libé. Dommage. Auparavant, les débats étaient riches et pleins d’humour. Depuis un moment, ils tournent à l’attaque personnelle, avec des « relents » nauséabonds.
              Le site serait-il « pollué » ?
              Ce serait dommage.

              • Anonyme répond à ART MONIKA

                Vous voulez dire que Rue89 aussi aurait été racheté par les Rothschild ?

                • Anonyme

                  peut-être pas encore, mais ils y travaillent, ils y travaillent...

            • pierrejcallard
              pierrejcallard
              http://www.nouvellesociete.org
              • Posté à 07h55 le 22/10/2007
              • Internaute 3366
                http://www.nouvellesociete.org

              @ CA 10.46 L’analogie avec Munich ne s’applique pas. Al Qaeda n’est pas la Wermacht. Le terrorisme islamiste n’est pas conquérantt - du moins pour l’avenir prévisible - il est une mesure défensive assez desespérée, en forme de chantage. Si vous n’aimez pas l’Islam, vous pouvez voir l’activité actuelle comme un invasion barbare, mais elle n’a rien d’une campagne militaire. Si on veut regler la crise actuelle, il suffit que NOUS sortions du Moyen-Orient et que NOUS fermions NOS frontières à l’immigration.

              Lien

              Pierre JC Allard

            • zorbeck
              • Posté à 22h39 le 22/10/2007
              • Internaute 9110

              Moi ce n’est pas seulement du sort de la France et de l’Europe dont je me préoccupe. Le sort d’Israël ne m’est pas indifférent et ce dernier risque de commettre une erreur irrécupérable s’il attaque l’Iran sans en être directement menacé.

              Je crains fort que l’échec relatif de la dernière guerre du Liban et que le succès tout aussi relatif du Hezbollah ne fasse perdre la tête aux Israéliens devant une menace qui n’en est pas vraiment une, un peu comme les Américains ont perdu la tête suite au 11/9. Je sais bien que c’est plus facile à dire ici qu’à Tel-Aviv, mais est-ce parce que les Soviétiques étaient en train de préparer l’arme atomique que Roosevelt ou Eisenhower devaient déclencher une guerre alors qu’ils avaient encore la supériorité de l’armement ? Amahdenijad joue évidemment un jeu dangereux par son double langage sur la disparition de l’Etat d’Israël (disparition de l’Etat mais pas des Juifs etc.), à mes yeux pour asseoir sa popularité et augmenter son prestige auprès des musulmans du monde entier, bien plus que par d’hypothétiques visées de conquêtes territoriales à coups de bombes atomiques. Dois-je rappeler que l’Iran n’a aucune frontière commune avec Israël ? Que Al Qaida non seulement n’a rien à voir avec l’Iran mais organise quotidiennement des massacres de Chiites ?

              Mais qu’arriverait-il si Israël, qui possède la bombe atomique, attaque l’Iran, qui ne l’a pas, mais qui est beaucoup plus puissant qu’un Irak affaibli par un blocus ? Au minimum des pertes humaines considérables, le baril de pétrole à 200$, une crise économique majeure au moins en Occident, un terrorisme exacerbé tous azimuts, voire l’escalade vers une guerre mondiale : les Russes accepteront-ils sans renâcler de perdre un partenaire commercial aussi important et d’avoir des bidasses occidentales à leur frontière ? Les Chinois accepteront-ils plus longtemps le rôle de nain politique avec un pétrole à 200$ qui stopperait net leur croissance ? Et qui serait, aux yeux du monde islamique si pas d’avantage, le coupable désigné de tant de malheurs, sinon Israël, voire les Juifs ?

              • kst
                kst répond à zorbeck
                keep-smiling-through.typepad.com
                • Posté à 00h02 le 23/10/2007
                • Internaute 12032
                  keep-smiling-through.typepad.com

                Grand merci pour cette synthèse pertinente et ces propos responsables.

                Il n’était sans doute pas inutile de rappeler que les risques doivent aussi s’apprécier en perspective, surtout sur des sujets aussi graves où le simplisme et l’unilatéralisme préparent en général des conséquences désastreuses — et pour tout le monde.

                –-

                Lien

        • marc23
          • Posté à 19h07 le 21/10/2007
          • Internaute 12037

          « ’éventualité d’un armement nucléaire “

          Autremnt dit, cet armement n’existe pas. Mais ça n’empêche pas le CA de 11h11 d’envisger sans problème de conscience le bpmbardement REEL de l’Iran poour pallier à des ‘éventualités’ . Assez ignoble, non ? ça veut dire que les Iraniens , ça ne compte pas ; C’est comme les Palestiniens en 1948 : quantité négligeable, sous-hommes dont l’élimination n’émeut pas ces belles âmes pro-américaines ( Bush est descendu à 24% de soutien en Amérique. Il y en a qui sont pires que les Américains eux-mêmes )

        9 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3