Rue89 à un débat sur « les nouvelles initiatives du journalisme »
« Journalisme, un métier à réinventer »... Ce vaste et ambitieux thème donnera lieu à trois débats organisés par le Celsa, une école de journalisme, et l’ACP, l’agence centrale de presse, dont le premier aura lieu jeudi 26 novembre et auquel participe Pierre Haski, cofondateur de Rue89.
Ce premier débat portera sur un certain nombre d’« initiatives de journalisme », et réunira :
- Nicolas Beau, de Bakchich.info
- Jeremy Reboul, de Suite101.fr
- Judikael Hirel, de l’ACP
- Patrick de Saint Exupery, de la revue XXI
- Pierre Haski, de Rue89.com
Avec la participation de Arnaud Le Gal, de L’Entreprise magazine
Le débat, qui sera animé par Bruno Fuchs, aura lieu jeudi 26 novembre à partir de 18h au Celsa, 77 rue de Villiers, 92 200 Neuilly.
A cette occasion, les résultats d’une enquête CELSA - ACP, « Le journalisme vu par les plumes de demain », seront annoncés. 272 étudiants ou récents promus d’une des 13 écoles de journalisme homologuées ont accepté de répondre à cette enquête pour dire comment ils vivent l’information aujourd’hui, comment ils l’imaginent demain.
Il est possible de s’inscrire pour assister à ce débat sur le site de l’ACP.
- 2225 visites
- 28 réactions
























Les mouches ne me trouveront (...)
Les mouches ne me trouveront (...)
LA PRESSE NOUS BEURRE LES LUNETTES ET LA DEMOCRATIE EST A LA DIETE.
Lien
Comptez ces derniers jours le nombre d’informations insignifiantes servies en rafale. Elles ont toutes en commun de ne déboucher sur rien mais d’engorger l’actualité au détriment des vrais soucis : refus de quotas de femmes patronnes pour Darcos, confidences off de Sarkozy, couvre-feu pour mineurs, grippe A, tests ADN, fiscalité des sportifs, assises de la consommation, quotas de femmes dans les CA su CAC 40, Hadopi 2, identité nationale et, bien sûr, thèmes récurrents de la sécurité et de l’immigration pour saupoudrer le tout en permanence…
Un maximum de sujets écrans. Non pas que certaines questions n’en vaillent pas la peine. Mais pourquoi Darcos par exemple ? Pourquoi en ce moment ? Pourquoi un thème bien propre à exacerber les passions et les débats en sachant que cela ne débouchera sur rien de concret et s’enlisera dans les marécages comme d’habitude ?
On peut comprendre que les journalistes ne soient pas maîtres du temps puisque le tempo est donné par le politique en fonction de son calendrier électoral. Ce qui, au passage, est assez lamentable pour le fonctionnement démocratique des institutions. Mais, accourir en revanche au coup de sifflet pour couvrir chaque leurre que le gouvernement lance jour après jour est inadmissible. On peut se laisser avoir au début mais systématiquement, non.
Les journalistes ne sont tout de même pas abrutis au point de ne pas savoir qu’ils se rendent objectivement complices d’une stratégie de brouillage permanent de l’information par overdose. Ils acceptent lâchement d’être réduits au rôle humiliant de tourneurs de manivelles à entonnoir pour gaver les oies. Ces mêmes oies deviennent d’ailleurs plus lucides et critiques que les média. Un comble.
La musique sensée envoûter les citoyens depuis le début du quinquennat est devenue un tintamarre insupportable. Normal. Il faut toujours, pour chaque journal, jouer plus fort que les autres s’il veut être entendu.
Si l’on en croit les sondages, cette cacophonie à forts décibels parvient à lasser plus des deux tiers des spectateurs. C’est-à-dire, même parmi ceux qui ont payé leur place.
Les agences de communication grassement payées par l’Elysée et des ministères se régalent à ce petit jeu des saucisses pour balader les meutes de chiens fous.
Il y a quand même quelque chose de profondément choquant de voir ces média anesthésiés, voire couchés subissant puis nous infligeant le digest de « l’actualité » gouvernementale.
Rares et encore trop confidentiels sont les média qui ne se laissent pas balloter par les foucades du prince et qui s’interdisent de lâcher un sujet qui en vaut la peine tant qu’il n’est pas bien essoré. Le mensonge et la manipulation sont institutionnalisés sans complexe, au point que plus personne ne se donne même la peine de faire semblant de croire à ce qui est « révélé ». Le public regarde sans plus de réactions de pitoyables illusionnistes déployer leurs sinistres numéros sous le regard veule et empressé des média. Ne sachant plus démêler le vrai du faux, les citoyens partent du principe que tout est bidonné. Juste retour de boomerang.
Est-il si difficile pour un journaliste de se soustraire à la pression de conformité du fait d’opinion fabriqué ? Quelle parade le gouvernement pourrait-t-il adopter si la presse privilégiait les infos qui lui paraissent essentielles au détriment des faux scoops parasites ou, dit plus simplement, si les journalistes faisaient leur boulot ?
Le régime tel qu’il est ne pourrait pas tenir sans la complicité des journalistes. L’histoire ne l’oubliera pas.




Partager