Régionales : Bayrou joue la diversité, le PS aussi
François Bayrou avait annoncé « la surprise du chef » pour les régionales en Ile-de-France. Et c’est un inconnu, Alain Dolium, qui a hérité de la tête de liste Modem. Chef d’entreprise de 42 ans d’origine antillaise, qui n’a rencontré Bayrou qu’à deux reprises : il n’en fallait pas plus pour que s’instille l’idée d’une stratégie à la Barack Obama.
Quoi qu’il en soit, François Bayrou le proposera ce mardi soir au bureau exécutif du Modem comme tête de liste aux élections pour l’Ile-de-France. Le choix peut surprendre. Politiquement en tout cas. Car, les régionales d’Ile-de-France vont opposer des candidats à l’aura médiatique éprouvée. Valérie Pécresse pour l’UMP, Jean-Paul Huchon pour le PS et Cécile Duflot pour les Verts. Les noms sont connus, les visages également, mais pour Alain Dolium, il faut creuser davantage.
On retrouve sa trace dans le monde de l’entreprise, aux alentours des sociétés spécialisées dans le marketing, voire à leur tête parfois, avec des expériences diverses en France, aux Etats-Unis et au Canada. Le parcours d’un ancien diplômé d’école supérieure de commerce.
Difficile d’en savoir beaucoup plus sur le personnage. Protocole oblige, celui-ci ne sera pas joignable avant la présentation de ce mardi soir. Et sa candidature ne sera potentiellement validée qu’au mois de décembre après consultation des militants.
Bayrou joue la carte Obama ?
C’est une ascension surprenante. Du simple militant à la tête de liste, alors qu’il n’a rencontré que deux fois le leader de son parti. La première aurait dû « durer vingt minutes, elle a pris deux heures ». « Il a de bonnes choses en tête », se dit alors François Bayrou. Voilà Alain Dolium adopté.
Mais derrière ce nom, c’est celui de Barack Obama qui s’affiche en filigrane dans l’esprit des commentateurs. Une idée qui agace Bernard Lehideux, secrétaire national chargé des élections :
« On ne va pas se référer à Obama à chaque fois. Je n’ai pas vu un seul papier se soucier des origines de Valérie Pécresse ou de Jean-Paul Huchon. C’est avant tout un francilien. »
Le Mouvement Démocrate chercherait avant tout à jouer sur la jeunesse et la proximité de son candidat :
« Les élections régionales se jouent sur des questions de vie quotidienne. Alain est né à Paris, il y a travaillé, il a grandi dans les cités. Il va porter un regard neuf sur des problèmes qu’il a vécus.
C’est un jeune, il a une belle gueule. Nous avons cherché des gens de la nouvelle génération, pas des vedettes. Ce sont soit des élus locaux, soit des personnes qui n’ont pas de mandat. Notre volonté est de porter au pouvoir cette nouvelle génération. Tout le monde réclame un renouvellement alors ne soyons pas surpris quand un parti s’y met. »
Pas de choix par défaut
Stratégie de renouvellement ou absence de candidats d’envergure à placer en tête de liste ? La question se pose après les élections européennes qui ont laissé le Modem mal en point. Face à trois candidats médiatiques, le parti centriste a choisi de délaisser ses dernières têtes d’affiche. Notamment Marielle de Sarnez, ancienne candidate à la mairie de Paris et numéro 2 du parti, ainsi que Bernard Lehideux, qui préside déjà le groupe Modem au Conseil régional :
« Marielle et moi aurions pu nous présenter. Mais ça n’aurait pas été conforme à notre désir de renouvellement. Si Marielle avait été candidate, beaucoup auraient dit : “Encore elle !” Alain n’est pas un candidat sans envergure. Il n’est pas connu mais Cécile Duflot ne l’était pas il y a seulement six mois ! »
Pour combler ce déficit de notoriété, Alain Dolium était reçu mercredi matin par Jean-Michel Apathie sur RTL. (Voir la vidéo)
Modem et PS jouent la diversité
Alors que le scrutin régional s’annonce crucial pour l’avenir du Modem, le parti tente donc de jouer sur plusieurs tableaux : la jeunesse, la proximité et surtout la diversité. Et il n’est pas le seul. Le Parti Socialiste devrait également offrir dès ce soir une tête de liste, celle du Val d’Oise, à Ali Soumaré, ancien porte-parole des familles pendant les émeutes de Villiers-le-Bel et fils d’émigré malien de 29 ans.
Des têtes de liste « de quartiers » pour une stratégie simple, que le futur candidat socialiste résume ainsi dans Le Monde :
« Tant qu’une partie de la population ne se sentira pas représentée, elle ne croira pas dans l’action politique. C’est à nous d’aller la chercher, de la convaincre que la politique peut les aider ».
- Sur Rue89La main tendue de Bayrou à la gauche est petit bras
- Sur lesindiscrets.comBayrou a trouvé son Obama : Alain Dolium, sur lesindiscrets.com
- Sur nouvelobs.comLa surprise francilienne de Bayrou, sur nouvelobs.com
- Sur lemonde.frAli Soumaré : génération quartiers sur lemonde.fr
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Les militants PCF ont voté l’autonomie du Front de gauche vis-à-vis du PS au premier tour des régionales dans au moins 17 régions, mais leur principal partenaire, le PG de Jean-Luc Mélenchon, pourrait mener des listes concurrentes là où des alliances PCF-PS ont été décidées.
AFP - le 23 novembre 2009, 20h53
Créé l’an dernier pour les européennes, le Front de gauche (FG) qui réunit PCF, Parti de gauche (PG) et Gauche unitaire, est donc reconduit, à quelques exceptions près.
Les listes FG autonomes ont été plébiscitées dans 17 régions, souvent à plus de 85%, par le vote de 41.000 adhérents sur les 64.000 à jour de leur cotisation.
Quatre régions ont en revanche choisi l’union avec le PS dès le premier tour : Basse-Normandie (52,4%), Bretagne (57%), Champagne-Ardenne (69,3%) et Lorraine (64,3%).
En Poitou-Charentes, les militants ont inversé le vote de la conférence régionale des délégués du 7 novembre et préféré le Front de gauche (58,3%) à une liste avec Ségolène Royal (PS). Seul le résultat en Bourgogne où le rassemblement avec le PS est en tête de seulement 12 voix, n’était pas fixé lundi soir.
Alors qu’en 2004, le PCF qui compte 185 conseillers régionaux, était parti avec les socialistes au premier tour dans 14 régions, Marie-George Buffet estime que les militants communistes ont fait « le choix du courage et de l’ambition ».
« Donner à voir à ces hommes et ces femmes qui sont en résistance face à la droite (...) que la gauche existe, que des forces se battent pour dépasser les logiques libérales, peut permettre de créer une dynamique », assure la secrétaire nationale qui souhaite un « maximum d’élus ».
« Au deuxième tour, bien évidemment, nous travaillerons avec le PS et les autres forces de gauche pour des majorités de gauche », a-t-elle souligné, une perspective refusée par le NPA d’Olivier Besancenot.
Mais le pari est risqué. Aux européennes, les listes FG en Alsace, Champagne-Ardenne, Franche-Comté, Pays-de-Loire et Poitou-Charentes, sont restées sous les 5% fatidiques permettant une fusion au second tour. En Bourgogne ou Rhône-Alpes, elles dépassaient tout juste ce plancher.
Autre problème pour les communistes : même si le PG ressent une « vraie satisfaction » à ce que le Front soit reconduit dans autant de régions, le parti de l’ex-socialiste Mélenchon pourrait mener des listes d’union concurrentes dans les régions où le PCF partira avec le PS.
« On va vers un bon accord national avec le Front de gauche, ce ne sont que des exceptions à gérer », minimise Eric Coquerel (PG).
Opposé à toute alliance de premier tour avec le PS, le PG étudie « la possibilité de faire des listes crédibles qui pourront peser », notamment avec la Fédération ou les Alternatifs, explique M. Coquerel, dans l’attente du vote des militants NPA (30 novembre-6 décembre).
Des communistes, à titre individuel, pourraient aussi rejoindre ces listes.
D’autres en revanche pourraient rallier le PS malgré l’autonomie votée dans les régions, comme Jean-Claude Gayssot en Languedoc-Roussillon.
Si des unions de deuxième tour PS-MoDem sont à l’étude, comme en Bourgogne, Pierre Laurent (PCF) assure qu’un bon score de premier tour du Front de gauche peut « marginaliser la perspective d’une telle alliance et redonner des couleurs à la gauche ».
Pour le FG, il s’agit maintenant de lancer la campagne et déterminer les têtes de liste. En Ile-de-France, si Mme Buffet souhaite « un homme ou une femme du PCF », Jean-Luc Mélenchon reste sur les rangs.




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