Frédéric Bozo 29/05/2007 à 18h20

Université : inquiétant consensus sur une réforme a minima

Frédéric Bozo | Historien

Pour qui connaît la situation désastreuse du système universitaire français et prend au sérieux la nécessité de changements profonds, le consensus affiché depuis quelques jours entre la ministre en charge du dossier et les syndicats étudiants n’a rien de rassurant. Ces derniers -qui ne représentent à peu près qu’eux-mêmes tant la participation aux élections étudiantes est notoirement dérisoire- n’ont en effet jamais accepté ni de près ni de loin les arguments qui fondent la nécessité de tels changements, considérant comme autant de tabous des impératifs tels que l’autonomie réelle des universités, l’orientation sélective des étudiants ou encore la question des droits d’inscription, sans parler des enjeux stratégiques que constituent les rapports universités/grandes écoles/classes préparatoires, le sort des organismes de recherche ou encore les nécessaires regroupements d’universités.

On peut donc s’interroger sur la signification de premières déclarations gouvernementales consistant à mettre en avant le premier de ces impératifs, qui doit faire l’objet d’une loi dès cet été, tout en renvoyant à des chantiers ultérieurs le traitement de dossiers certes importants (la question des carrières et des conditions de travail des universitaires, celles des conditions de la vie étudiante etc.) mais qui laissent de côté l’essentiel de ce qui constituerait une vraie réforme d’ensemble du système. Et l’on est d’autant plus perplexe que cet agenda restrictif et au fond modeste (quelles que soient les promesses budgétaires qui l’accompagnent) est en rupture… avec la rupture voulue par le candidat Sarkozy. Ce dernier n’avait-il pas tracé les lignes d’une politique très ambitieuse, visant à rien moins qu’à une remise au niveau international du système universitaire français ? Bien sûr, l’autonomie peut être considérée comme la mère de toutes les réformes. Depuis vingt ans, toutes les tentatives de traiter sérieusement cette question ont échoué soit face à la rue (Alain Devaquet en 1986), soit face à la peur de la rue (Luc Ferry en 2003). Et il est évident qu’aucune transformation ambitieuse ne peut se concevoir à gouvernance constante, tant la loi de 1984 organise de facto la paralysie et l’inefficacité du système et empêche toute autonomie réelle sous couvert d’autonomie formelle. On peut donc comprendre la mise en avant de cet objectif comme le préalable à une nécessaire et ambitieuse refondation d’ensemble.

Mais qu’apporterait une modification du cadre institutionnel qui ne permettrait pas de traiter de manière satisfaisante les autres questions énoncées ci-dessus, à commencer par l’orientation sélective, indispensable pour en finir avec le gâchis de l’échec en premier cycle et dont Nicolas Sarkozy avait mis en avant l’urgence -tout en proposant la création d’un service national d’orientation qui assurerait à tout bachelier, comme il se doit, une place à l’université, mais pas nécessairement dans celle de son choix ni dans la filière de son choix ? Que serait une autonomie accrue appliquée à des établissements par trop segmentés et incapables de développer de véritables stratégies et donc de rivaliser avec les universités de rang international ? Et comment peut-on, comme c’est nécessaire, replacer les universités au centre du système sans poser la question des organismes de recherche ? En fin de compte, seule une réforme mérite d’être renvoyée à plus tard pour l’instant : celle des droits d’inscription. Car s’il s’agit d’une mesure indispensable (moins pour renflouer le système que pour responsabiliser ses acteurs), même si elle doit être couplée à une réflexion sur les bourses étudiantes pour d’évidentes raisons d’équité, il est également vrai qu’elle ne pourrait intervenir qu’une fois que la transformation du système aura commencé à porter ses fruits -car comment facturer à la hausse une prestation qui resterait aussi médiocre que ce qu’offrent aujourd’hui nos universités à l’étudiant moyen ? Dès lors, de deux choses l’une. Soit les orientations d’ores et déjà affichées le sont pour des motifs tactiques : il s’agirait alors d’éviter les sujets qui peuvent fâcher afin non seulement de passer le cap des législatives mais aussi de faire passer plus facilement la loi évoquée, celle-ci étant considérée comme un sésame pour la suite. Mais comment ce sésame pourrait-il opérer si la loi en question referme d’emblée les ouvertures évoquées précédemment, à commencer par la mise en place d’une véritable orientation sélective, qui suppose un changement législatif ? Et comment à l’inverse faire passer un tel changement si on l’a exclu un mois plus tôt ? Une telle tactique serait donc soit suicidaire dans la mesure où elle ferait le lit d’une probable contestation, soit paralysante parce qu’elle garantirait une réforme a minima du système.

Ou alors ces orientations annoncées constituent bien un exposé sincère de ce que sera la réforme en question au-delà de la prochaine loi sur l’autonomie. Mais alors il faut bien mesurer ce que ce programme revu à la baisse va avoir de désespérant pour les acteurs du système et -si l’on pense qu’il s’agit d’un dossier central- de désastreux pour l’avenir du pays. Et bien voir à quel point ce serait sous-estimer, sur ce point clé, à la fois la capacité d’évolution de la société française et l’ampleur et la clarté du mandat que le président de la République a obtenu pour ce faire.

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  • Daniel R
    Daniel R
    Visiteur d'entreprise
    • Posté à 21h04 le 29/05/2007
    • Internaute 6667
      Visiteur d'entreprise

    Chacun devrait prendre ses responsabilités : A l’école la formation citoyenne, à l’entreprise la formation professionnelle.

    Tout n’est pas transposable tel quel mais ce n’est pas une raison pour ne pas regarder ce qui se passe ailleurs.

    En Grande-Bretagne, par exemple, les entreprises recrutent des diplômés de l’enseignement supérieur en fonction de leur niveau d’étude puis leur donnent une formation par alternance dans les universités.

    En pratique, un diplômé d’histoire Gréco-Romaine peut commencer sa carrière dans une compagnie d’assurance ou dans une compagnie aérienne. Le jeune restera ou ne restera pas dans la compagnie une fois sa formation terminée. Des objectifs sont fixés. Les salaires s’évaluent en fonction de la réussite aux examens. Le contrat peut inclure une clause de rupture en cas d’échec.

    • Anonyme répond à Daniel R

      Je suis totalement pour l’université et la recherche privées.
      Je me suis retrouvé dans une université de technologie pour mon diplome d’ingénieur. Je n’ai vu qu’un niveau d’enseignement très faible, des copies pas corrigées correctement et où on devait fournir du travail suppléménetaire au bénefice de l’enseignant chercheur pour obtenir son examen ! J’ai fait des stages où mon travail ne servait qu’à couvrir l’incompétence du cadre qui m’encadrait, et j’ai ainsi renforcé les contrats entreprise-université. Bref j’ai été vendu et spolié puisque ayant trop gueulé, ils m’ont viré à la fin de mon projet de fin d’étude. Aucun recours juridique, s’attaquer à l’état étant une perte de temps pour un juge d’instruction...
      On doit être le seul pays à bouffer ses jeunes avant qu’ils rapportent l’investissement qu’on y a mis.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 22h21 le 29/05/2007
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    demander l’autonomie réelle des université équivaut à demander leur privatisation et l’éclatement de l’EN.

    Il y a des choix de société à faire : soit tout privatiser et mettre l’enseignement sous la coupe des multinationales -> droits d’entrées, sélection etc, soit permettre un enseignement pour tous ceux qui veulent faire des études.

    A quoi doit servir l’argent public (nos impôts ?) : au bien être de la population, santé, éducation en priorité. Quand on voit l’augmentation exponentielle du nombre de fonctionnaires policiers et les restrictions drastiques du nombre de profs, on peut légitimement se poser des question.

    • Anonyme répond à caro

      Nous serons bientôt très nombreux à nous poser effectivement des questions ! D’autant plus qu’il n’est
      pas indispensable, dans la majorité des cas de « passer “ par l’universite pour être dans la police, on s’en aperçoit hélas ! tous les jours .

      Quant aux restrictions sévères de profs : qu’à cela ne tienne ! qu’elle importance, puisqu’ils pourront faire des heures supplémentaires ... ...
      On oublie de rappeler que les enseignants, dans un
      pourcentage inadmissible, remplissent un nombre
      de lit en psychiatrie .

      • Anonyme

        « On oublie de rappeler que les enseignants, dans un
        pourcentage inadmissible, remplissent un nombre
        de lit en psychiatrie . »

        Tout simplement faux ! ! ! Des études ont été menées qui ont mis à mal ce lieu commun qui n’est qu’une rumeur.

        Un enseignant dépressif ou malade se voit plus (Cent élèves et leurs familles, amis etc) qu’un journaliste ou autre.

        Hervé de Strasbourg

    • Anonyme répond à caro

      Là vous faites du dogmatisme
      Le choix de l’indépendance est en fait un choix de management, terme qui s’applique autant au public qu’au privé
      Or on a vu l’éfficacité de ce choix dans les entreprises ou l’appropriation d’un projet et de ses moyens par les personnes concernées localement se montre particulièrement éfficace
      Bien sur , c’est une révolution par rapport à nos traditions jacobines

      • janmach1
        • Posté à 13h40 le 30/05/2007
        • Internaute 3369

        je cite courageux anonyme : « on a vu l’efficacité de ce choix dans les entreprises où [ce choix] se montre particulièrement efficace. » bravo, belle déduction !

        plus sérieusement, il est évident que faire financer l’université par le secteur privé qui marche et par les étudiants, est un excelleent choix en terme de rentabilité, personne ne le remet en doute. La réforme Pécresse a pour but de faire fonctionner les universités comme des entreprises, ce qui signifie écremer tout ce qui ne constitue pas un intérêt sonnant et trébuchant pour l’université.
        Tout ce qui est de l’ordre de la culture, de la recherche politique et économique, de la philosophie, des langues anciennes, et qui ne cadre pas avec les intérêts des entreprises dans ces domaines, sera donc de facto exclu du champ universitaire français. On nous parle du mécénat, mais tout le monde sait bien que les études marxistes financées par Rockfeller à Chicago dans les années 30 on surtout prouvé leur soumission aux intérêts idéologiques de leurs financeurs.

        Le choix de société qui est devant nous est celui-là : le savoir est-il un outil à mettre au service des intérêts des entreprises, où est-il un moyen de prendre du recul par rapport au tout-économique ? L’université publique est un investissement de l’Etat pour l’émancipation des étudiants et des chercheurs. Il est nécessairement non rentable à court terme, mais c’est un point crucial de notre démocratie que l’on est en train de faire éclater.

        Lorsque le sens critique des jeunes et de ceux qui réfléchissent sur notre société seront remplacés par l’imposition de penser en terme de rentabilité à court terme, nous aurons fait un pas énorme en arrière en terme de civilisation.

        Mais la démocratie a davantage besoin de porte-avions et de supprimer les droits de succession, que de réfléchir sur elle-même dans l’impartialité, semble-t-il. Triste époque.

         
        • Anonyme répond à janmach1

          Dans cet océan de verbiage imbécile, enfin quelqu’un de sensé. Merci.

        1 autres commentaires
  • Anonyme

    Frédéric Bozo oublie que Sarkozy, à la différence de Royal, a parlé d’une réforme de l’université à moyens constants. En l’état actuel des choses, c’est une absurdité ; les universités françaises ont besoin d’argent ET de réforme - ceux qui nient l’un ou l’autre pan de cette réalité sont des idéologues.

  • Anonyme

    Je suis moi même étudiant et je pense pouvoir parler en connaissance de cause.

    Outre la politique en marche, j’aimerai faire remarquer que la legislation en est à un point où les directeurs de section, les administratif et autres chercheurs doivent etre juristes pour ne pas faire d’impair !
    En effet, les reformes se succedent, se reformes à nouveau ; de tel sorte que ce n’est à plus rien n’y comprendre ! Y compris pour les étudiants. Qui comprend l’interet de la réforme LMD hormis le changement des noms ? Les choses n’ont, dans les actes, pas changées d’un pouce.

    Sans parler des difficultés d’emploi pour les hauts diplomés d’université ( Bac+5 +8), la France est l’un des rares pays où le diplome d’Ingenieur est aussi bien reconnu.( à juste titre ou pas )
    Pourquoi ? Tout simplement car les grandes écoles n’ont pas subis autant de réforme inutil, et donc les professionels connaissent ce que valent les diplomes d’Ingé. Sans compter que le recrutement des Ingenieurs se fait en circuit fermé : reseau d’écoles, etc.

    Donc l’idée meme d’un consensus me fait sourir car on ne parle toujours pas des problemes avec les intéréssés, c’est à dire avec les enseignants(-chercheur), le personel administratif, les directeurs des écoles d’ingenieur, les professionels en contrat avec les instituts de recherche ...etc !

    Pour conclure, ce consensus n’est ni dangeureux, ni salvateur ... il est juste médiatique !
    On regretera juste un systeme un peu plus compliqué sur le papier, les inégalités se creuser ... et les problèmes évités ... Original n’est ce pas !

  • Anonyme

    Je me permets d’intervenir en ma qualité de modeste enseignant universitaire, et de soumettre à votre sagacité quelques éléments de réflexion...

    1° Le ratio de dépense par individu du systéme d’enseignement supérieur français est l’un des plus faibles parmi les PPIs (trois fois plus faible que les USA, quatre fois plus faible que le japon ou la Corée). Un étudiant français « coûte » à l’étât 5500 euros par an en moyenne (en réalité bcp moins, du fait du différentiel entre écoles privées et universités), un étudiant américain 16 000...

    2° Le budget global corrélé au PIB est également l’un des plus faible des PPIs (1,2% pour la France, 1,8% pour la suède, 2,2% pour la corée, 2,6% pour les USA).

    3° En 40 ans (1968/2007), le nombre d’étudiants du supérieur a augmenté de prêt de 450% (500 000 => 2,2 millions). Dans le même temps, il a progressé de 160% en Angleterre, 180% en allemagne. Il était déjà comparativement plus important en France en 1968…

    4° En valeur constante, le budget de l’enseignement supérieur est actuellement à peine supérieur à ce qu’il était en 1968. Il a augmenté de 25% en euros constants alors que la population étudiante augmentait de 450%...

    5° Les aides publiques à l’enseignement supérieur privé (grandes écoles) absorbent prêt de 30% du budget de l’enseignement supérieur pour 3% des étudiants. Une fois ces données croisées avec les aides privées et les droits d’entrée, un étudiant d’une grande école coûte 10 à 30 fois plus cher qu’un étudiant universitaire...et bénéficie d’un soutien à l’avenant...

    6° Contrairement à l’idée reçu, la France compte nettement moins d’enseignants, notamment dans le supérieur, que les autres PPIs. Ainsi, il y a 17% d’enseignants (en % corrélés de la population active totale) en moins en France (5,8%) qu’aux USA (6,8%). Et encore les états unis comptent un % comparable en termes de nombre d’étudiants en % de la population totale, ce qui est loin d’être le cas de nombreux autres pays (creusant d’autant l’écart).

    7° La part du financement public (87%), familial (5%) et privé (8%) n’a en France rien à voir avec la plupart des PPIs (aux USA, plus 50% du financement est d’origine privé !), ce qui marque sa spécificité (égalité des chances, etc...) sachant que les diplômes sont nationaux et les facultés globalement équivalentes (ce qui n’est absolument pas le cas dans les systémes privatisés à l’américaine : on y distingue les facultés d’élite et les poubelles).

    8° Le % d’abandon en cours d’étude est de 40% en France, pour 30% en moyenne sur l’OCDE, ce en grande partie (de mon expérience) du fait de la faiblesse budgétaire de notre systéme (pas d’enseignants professionnels au niveau des TDs, faibles effectifs, faible dotation en équipement, absence de soutien et de tutorat, faible nombre de bourses, etc...).

    9° Le parc du logement étudiant est équivalent à ce qu’il était dans les années 70 du fait de son vieilissement. L’impossibilité pour bon nombre d’étudiants potentiels de simplement se loger (pour des raisons de coût, liées à l’augmentation constante des loyers et à l’extrême indigence du systéme d’aide au logement social étudiant)explique en partie le faible taux d’accés à l’enseignement supérieur en France.

    10° En effet, le taux d’accés à l’enseignement supérieur est en France remarquablement bas (37% d’une classe d’âge contre 51% en moyenne pour les pays de l’OCDE), ce qui s’explique essentiellement par l’orientation vers des cycles courts (l’un des % par classe d’âge les plus élévés du monde !) voire vers les filières professionnalisantes au niveau du secondaire, par la faiblesse des bourses (20% des étudiants, moins de 2000 euros par an en moyenne), du logement social étudiant, etc...

    11° Le statut des enseignants est un réel probléme : la France ne connaît d’enseignement professionnel qu’en matière de cours magistral.

    Personnellement, j’enseigne le droit depuis 7 ans dans diverses universités franciliennes. Je ne suis pas fonctionnaire mais salarié privé sous contrat de service public. Je travaille en moyenne 50 heures par semaine (hors travaux de recherche). Je suis payé à un niveau inférieur au SMIC. Je ne bénéficie pas du droit de gréve. Je peux être licencié à tout moment, sans préavis, sans indemnités, sans recours. En 7 ans, mon salaire a augmenté de 4%. Je dispose de sept semaines de vacances par an, consacrées à des activités de recherche. Mon contrat de travail est renouvellé tous les 12 mois à la discrétion de mon employeur. Lorsque je réalise une étude pour un cabinet d’avocat ou une entreprise, je peux gagner en moyenne jusqu’à un mois de mon salaire universitaire en deux jours de travail.

    Et encore, j’ai disposé des meilleurs statuts (Moniteur/ATER) et n’est jamais été vacataire...

    Tout ça pour (essayer de) dire que le probléme de l’université est trés simple.

    L’argent.

    Le nerf de la guerre.

    Il existe d’autres points importants à réformer (budget fonction du nombre de métre carré et non du nombre d’étudiants, archaisme du systéme de la maîtrise de conférence, absence total de contrôle de la qualité de l’enseignement fournis par les chargés de TD, lien nettement insuffisant avec le secteur privé, etc...) mais le probléme de fonds est fort simple.

    Doubler le budget des facs pour s’aligner sur nos principaux concurrents internationaux.

    Diminuer la participation de l’étât à l’enseignement supérieur privé.

    Et 80% des difficultés de la fac seront réglées...

    Le reste n’est que poudre aux yeux destiné à dissimuler les priorités gouvernementales : privilégier les cadeaux fiscaux sur l’enseignement supérieur.

    Quant aux propositions gouvernementales actuelles, elles n’ont rien de nouveau. COnsultez à ce sujet les rapports spéciaux du sénat pour 2005 et 2006. La quasi totalité des propositions de notre nouveau président y sont déjà abordés, et visent essentiellement à pousser la logique des lois de 1984 à son terme.

    Il y a deux moyens d’améliorer la situation :

    - débloquer des fonds pour pallier aux carences du systéme (et arrêter la réformite tous les deux ans) en augmentant le nombre d’étudiants.

    - mettre en place une sélection qui dimunera le nombre d’étudiants et, par un effet mécanique, augmentera la dotation budgétaire par étudiant.

    La seconde solution à l’avantage de ne rien coûter à l’étât...

    Elle a l’inconvénient (outre sur le plan social, culturel et simplement intellectuel de privilégier la vente de casseroles à l’étude de l’histoire ou des arts, moins rentables) de diminuer encore le taux d’accés à l’enseignement supérieur, qui est déjà l’un des points noirs de notre systéme éducatif et social (ce taux a un imapct direct sur l’employabilité, le niveau de rémunération, et donc le chômage, la consommation, la croissance, etc...).

    Là comme ailleurs, c’est une simple question de choix de modèle social.

    Si être de « droite assumée » reviens à opter pour ce second choix, nous payerons par là où nous avons péché...

    Vivement que mes étudiants fassent des QCMs avec 4 cases ou cocher des croix. Je gagnerai du temps en correction et en enseignement, et on nivellera le niveau par le bas, ce qui nous permettra dans la joie de laminer notre productivité (l’une des plus élévées du monde) et l’excellence reconnue de nos experts issus de cycles longs...donc deux des principaux points forts de notre systéme social et économique.

    Et puis 64% de triche aux examens universitaires (résultat d’une récente étude américaine auprés de 30 000 étudiants du supérieur), c’est aprés tout un bon modèle à suivre...

    Cordialement...

  • christila
    • Posté à 09h04 le 31/05/2007
    • Internaute 2055

    J’entends tous les jours que tout va bien, l’élection Présidentielle reconduit les mêmes aux manettes, on nous annonce une vague bleue, alors moi qui m’inquiète, qui ne suis pas d’accord avec les lois que l’on propose aux Français car je crois qu’elles vont accroître la fracture sociale, moi qui suis retraitée et qui vois mes possibilités financières qui s’amenuisent de jour en jour tandis que mes dépenses de santé augmentent, je suis abasourdie par ce qui se passe dans mon pays. J’ai la gorge serrée, je vais me mettre en léthargie. Hier je voyais à la télé une publicité pour un produit qui faisait mincir et on répétait sans arrêt le même message pour mieux le faire pénétrer dans les esprits et cela durait, durait... J’ai changé de chaîne. Je me sens impuissante. Bon courage aux actifs. Je vais essayer de survivre.

  • Philippe Piedalet
    • Posté à 08h23 le 05/07/2007
    • Internaute 1504

    De la sélection à l’université...petite mise au point.

    Certaines unversités sélectionnent à bac +4, soit après la première année de master ! Chercher l’erreur !

    D’autres, les Instituts universitaires de technologies sélectionnent les post-bacs, sur dossier et sur entretien. Qui intégrent les IUT ? Les bacheliers des filières technologiques ? Oui, mais une très faible minorité puisque sont recrutés en priorités des bacheliers des filières générales. Idem pour les BTS, à un degré moindre.

    Quant aux prépas ... il ne faut surtout pas y toucher puisqu’elles constituent le vivier de « l’élite » française aussi bien que le passeport vers la reconnaissance symbolique des pairs universitaires... Certes, elles fonctionnent et elles fournissent aux universités les échoués de l’ENS, l’ENC (les Chartes) voire des écoles de commerces. Mais il faut aussi préciser qu’un élève de prépa coûte deux fois plus cher à la collectivité qu’un étudiant d’université. Les prépas ont les moyens, les universités non.
    Faut-il pour autant augmenter les droits d’inscriptions ? Pas si sûr puisqu’ils ne sont que le cache misère d’un disfonctionnement ancien.

    Ce petit rappel permet d’introduire la remarque suivante : qui entre à l’université ? De plus en plus d’élèves de sections technologiques qui, parfois et suivant une logique de l’orientation post-bac, n’ont pu trouver une place en IUT ou en BTS ; filières qui leurs sont destinées a priori ! De fait, ces éleves viennent grossir les bancs de l’université et alimentent, malgré eux, le fumeux taux d’échec des premières années de l’université alors que ce taux est largement positif pour les étudiants arrivant avec un bac général.

    Avant de penser la sélection à l’université, serait-il possible de reprendre le sujet à son point de départ ? De penser le problème dans sa globalité et non du petit bout de la lorgnette unversitaire ? Est-ce trop demander de prendre également en considération une certaine volonté politique de perpétuer un système scolaire, qui, fonctionne toujours selon une logique sociale sélective, malgré les discours mythologiques sur l’égalité ? Un enfant de « X » doit être orienté vers la filière « y ». Le conservatisme social n’a jamais disparu de l’Education nationale. Oserai-je faire référence aux « Déracinés » de Barrès ? Non, bien sûr, ce serait excessif ...