l'édito 19/11/2009 à 23h34

Europe : un Président pêché dans l'eau tiède

Pascal Riché | Redchef Rue89

Souvenez vous de l’ambition contenue dans ces trois mots : « Président de l’Europe » ! C’était la grande avancée qu’on nous promettait il y a encore quelques mois. C’était aussi l’un des principaux arguments de vente du Traité constitutionnel européen puis du traité de Lisbonne.

« Pour la première fois de notre longue histoire, un homme ou une femme pourra se dire président du Conseil européen. C’est un événement formidable ! », s’enthousiasmait encore l’an dernier Valéry Giscard d’Estaing, qui imaginait un premier président de l’envergure de Washington, pas moins.

Notre Washington s’appelle donc Herman Van Rompuy, pour deux ans et demi. Je ne le connais pas ; pas grand monde le connait à vrai dire. C’est le Premier ministre belge depuis quelques mois, mais une grande partie des Belges l’ignorent. Il est décrit partout comme un « facilitateur » : le type qui met de l’huile dans les rouages, avec une burette. Son profil n’a pas grand chose à voir avec le premier président des Etats-Unis.

Au poste de Haut représentant aux affaires étrangères, c’est une travailliste britannique, Catherine Ashton, qui a été nommée jeudi soir par les 27. Jusqu’alors commissaire européenne au Commerce extérieur, elle n’a aucune réelle expérience en politique étrangère ; mais pour respecter les équilibres internes au panier de crabe européen, il fallait trouver quelqu’un qui fût anglais, social-démocrate et si possible femme. Le choix était donc assez limité.

Quatre numéros de téléphone

Avec le triste Jose Manuel Barroso à la tête de la Commission -lui aussi pêché en eaux tièdes- voilà le formidable triumvirat qui va incarner l’Union européenne. Ce n’est pas tout : les présidences tournantes sont conservées : comme c’est le cas actuellement, tous les six mois, un pays présidera aux destinées de l’Europe. Celle-ci aura donc quatre têtes (et quatre numéros de téléphone).

Cette désespérante situation est à l’image de l’Europe au lendemain de l’exténuante ratification du traité de Lisbonne : une énorme machinerie, opaque, épuisée, désenchantée. Le choix de Rompuy et Ashton n’obéït à aucune véritable volonté : ils ne sont apparus que quand tous les autres candidats ont été, au gré des tractations, gommés de la liste. Les personnalités politiques d’envergure, et l’Europe n’en manque pas, n’ont même pas eu le loisir de s’afficher candidats.

Le traité de Lisbonne devait permettre de rapprocher l’Europe des citoyens : c’est bien mal parti. A part la nomination du Pape ou du président Chinois, il n’existe guère de procédure moins démocratique que celle qui a conduit à ce tandem censé incarner l’Union européenne et ses 350 millions de citoyens. Tout s’est joué en coulisse, loin des citoyens et de leurs représentants élus.

Les incohérences de la politique européenne de la France

La France, dans cette affaire, n’a pas joué un rôle tellement plus glorieux que la main de Thierry Henry. Sarkozy voulait, paraît-il, une personnalité politique forte : l’Anglais Tony Blair ou l’Espagnol Felipe Gonzalez. Il s’est finalement secrètement entendu avec la chancelière allemande Angela Merkel pour pousser Von Rompuy. Il est vrai que le chef de l’Etat (et plus généralement la classe politique française) a sur l’Europe la cohérence d’un volet qui claque : tantôt en guerre contre les dicktats bruxellois, tantôt en faveur d’un renforcement de la gouvernance européenne ; tantôt favorable à une politisation des dirigeants de l’Union, tantôt accroché à la souveraineté nationale.

Un président de l’Europe « à la Washington », élu au terme d’une procédure transparente impliquant les élus, aurait peut-être pu enfin remettre un peu de politique et de souffle dans la construction de l’Union. C’était l’ambition de départ. On a préféré jeudi soir à Bruxelles ajouter une nouvelle pelletée de terre sur l’aventure européenne.

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 00h21 le 20/11/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    MERDE À LEUR EUROPE ET À SON PRÉSIDENT D’OPÉRETTE

    L’Europe n’existe pas. Le président de l’Europe n’existe pas. C’est juste un mauvais cauchemar à passer pour nous, Français, qui l’avons refusée majoritairement par référendum en 2005.

    Merde à leur Europe et à son président ! Et à tous ces fantoches compassés qui ont essayé de nous refourguer leur package tordu d’une façon aussi crapuleuse que lisbonienne.

    Oui, merde à leur saleté d’Europe. Ça vous va comme slogan ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 00h53 le 20/11/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ils sont bien nommé un homme et une femme . pas deux hommes ou deux femmes , c’est le principal , voyons ..

  • Anonyme

    En tout cas, je vais commencer à prendre des cours de flamand (pour l’anglais, ça peut aller)...

    Les citoyens européens que nous sommes devront forcément s’adapter à leurs nouvelles institutions...

  • Propergol
    Propergol
    Chasseur de troll
    • Posté à 01h02 le 20/11/2009
    • Internaute 24265
      Chasseur de troll

    On aurait préféré un président pêché dans le suffrage universel, mais que voulez-vous...n’est pas démocrate qui veut.

    C’est tordant ! Faire autant de bruit, de vent médiatique, de chantage et harcèlement pour au final que les choses ne bougent qu’un minimum.

    On s’est bien fait avoir avec le traité. On n’en voulait pas, ils nous l’ont imposé, maintenant ils ont les mains libres pour faire ce qu’ils veulent.
    Et le pire c’est qu’ils ne font pas grand chose.

    • SuperAlAmAs-
      SuperAlAmAs- répond à Propergol
      Don Quichotte
      • Posté à 01h14 le 20/11/2009
      • Internaute 65608
        Don Quichotte

      « van Rompuy est assez proche du vicomte Belge Etienne Davignon, le secrétaire du Bilderberg depuis près de quarante ans, membre de l’European Round Table of Industrialist, ponte de la Société Générale et ancien vice président de la Commission européenne, qu’il fréquente au sein du King’s Crown Council où on retrouve l’élite politique Belge. »

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  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 01h05 le 20/11/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte

    Prenez la peine...

    Lien

    « Je ne le connais pas ; pas grand monde le connait à vrai dire. »

    Sans blague, vous connaissiez Obama avant qu’il ne se présente aux élections américaines ?

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à SuperAlAmAs-
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 01h14 le 20/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Il se trouve que oui. Je le suivais depuis 2004, depuis son fameux discours à la convention démocrate.
      Mais j’espère que vous avez raison : que Van Rompuy se révèlera comme un grand européen !

      • SuperAlAmAs-
        SuperAlAmAs- répond à Pascal Riché
        Don Quichotte
        • Posté à 01h30 le 20/11/2009
        • Internaute 65608
          Don Quichotte

        L’europe n’est peut être pas une mauvaise idée, si elle était organisée par des démocraties, par contre elle a été imposée et est sans doute déjà vérouillée par la même bande des think thank comme Bilderberg et Council on Foreign Relations qui l’ont fondée tel que nos libertés individuelles sont réduites quasi à néant, ainsi que nos acquis sociaux, mais dans le fond rien de grave, c’est le système, c’est bien cela ? Donc, les même qui fondent le nouvel ordre mondial depuis un siècle, le nouvel ordre mondial c’est un truc super chiant sans couleur, rien, tout le monde pareil avec des espèces de mégalos qui rêvent d’eugénisme le soir (comme les patrons du WWF et toutes ces succursales de notre éllimination génétiquement naturelle) et qui pensent que nous sommes trop au point de voulloir trouver des solutions rapides et froidement scientifique... Mais peut être êtes vous d’accord avec ça ?

    • Lugi
      Lugi répond à SuperAlAmAs-
      • Posté à 13h59 le 20/11/2009
      • Internaute 28945

      Qu’on ne le connaisse pas, avant qu’il ne se présente aux élections américaines ne change absolument rien au fait qu’on le connaitra de bien avant qu’il se présente puis devienne président de l’Europe, dans le cas où ça arrive.

      Von Rompuy je le connaissais à peine (des souvenir vague de ce qui se passe en politique chez nos voisin, en gros) avant qu’il devienne, en quelque sorte, mon président.

      Pour le reste, j’ai vraiment l’impression qu’un certain nombre de soutiens au TCE et au traité de Lisbonne se rendent compte maintenant de son contenu - ou font mine de.

      C’est assez consternant.

      • SuperAlAmAs-
        SuperAlAmAs- répond à Lugi
        Don Quichotte
        • Posté à 14h51 le 20/11/2009
        • Internaute 65608
          Don Quichotte

        ça change absolument tout... Une « carrière » politique est censée être un travail de groupes et de longue haleine, une longue étude sur ses propres « choix » et « direction », aujourd’hui, touts les programmes sont « quasi » les mêmes, c’est les acteurs qui changent : ils se foutent de notre gueule, pourquoi continuer à croire a ce grand mensonge, les preuves s’accumulent ?
        Nous fustigeons les croyants de l’être, mais si il y a bien une caste de gens têtus et endoctrinés : c’est « Nous » les « démocrates », nous refusons d’entrevoir que l’on ne peut pas continuer à « travailler », parler, écrire des articles, articuler nos vies, sur un système construit tel une illusion, une hallucination collective...
        Nous refusons aussi de nous défendre, et pourquoi ? Parce que pour le moment on en a pas vraiment besoin, matériellement je parle, pourtant dans la première fois dans l’histoire, et pas grâce aux médias, et toc ! , il nous est possible de réagir avant d’avoir froid et faim...
        Le traité de Lisbonne, les fameux articles précisant les autres, ne sont que les moyens d’installation en force d’un nouvel ordre mondial : point !
        Nous avons dit NON, et NON : c’est NON ! Non ? Où est la démocratie...
        Qu’une belle bande de collabos sont devenus les médias, tout le monde le sait, pire, les gens en sont carrément blasé...
        Van Rompuy est un homme de réseau qui travail pour des think thank et des intérêts privés, pas pour l’Europe, voilà...

  • SuperAlAmAs-
    SuperAlAmAs-
    Don Quichotte
    • Posté à 01h48 le 20/11/2009
    • Internaute 65608
      Don Quichotte
  • F
    F
    • Posté à 02h01 le 20/11/2009
    • Internaute 3360

    M. Riché,

    Dans l’avant-dernier paragraphe, vouliez-vous dire la main de Michel Henry le philosophe ? ! Ne s’agirait-il pas plutôt de la main de Thierry Henry, le joueur de football ? ..

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à F
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 08h02 le 20/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      A vrai dire, c’est un copain, Michel Henry (correspondant de Libé à Marseille) qui s’est invité dans cet édito avec le même sans-gêne qu’une Ségolène Royal s’invitant à une fête dijonnaise. Je viens de l’en chasser, merci.

      Son blog : Lien

  • christobal0094
    christobal0094
    citoyen du monde
    • Posté à 02h41 le 20/11/2009
    • Internaute 77671
      citoyen du monde

    L’important est que l’Europe reste une Societe Anonyme ou seuls les lobbyistes a plein temps connaissent leur chemin :
    - ca a donne le chocolat sans cacao
    - les sournoises introduction d’OGM
    - les ampoules fluo. que personne ne sait recycler.

    les etats nationnaux aussi recyclent en general leurs dechets politiques au parlement.
    les citoyens ne s’interesse plus a l’Europe et s’abstiennent massivement de voter.
    l’Europe continue sans ses citoyens a parler de democratie et droits de l’homme a la planet ebahie.

    un consensus d’eaux tiedes et croupies.

    mais on a echappe a Tony Bliar.

  • pmithrandir
    pmithrandir
    Developpeur
    • Posté à 04h55 le 20/11/2009
    • Internaute 90097
      Developpeur

    Optimiste que je suis, j’aurais tendance à espérer qu’ils se révéleront des politiques forts capable d’écraser les présidents et d’imposer une Europe plus présente, plus fédérale et moins vérolés par des intérêts nationalistes qui nous font perdre notre énergie, nos moyens et notre union.

    Mais il est vrai que cela semble mal parti. Cette désignation rejoint encore et toujours les sombres calculs politiques et les magouilles opaques de l’Europe.
    Cette Europe est vérolée et le traité de Lisbonne, ce nouveau président de rien du tout sans légitimité n’aura pas de pouvoir.

    Cette Europe, laissons la aller dans le mur, elle n’a que peu d’avantage à nous offrir.
    En revanche, une Europe fédérale, démocratique, dirigée par un gouvernement élu par le parlement, l’institution la plus représentative et démocratique que je connaisse, je ne pourrais que m’en féliciter.

    Laissons au peuple le soin de se diriger, voir d’auto-détruire l’Europe si ca lui chante. Que diable, les partis au pouvoir au parlement Européen ne sont pas non plus des révolutionnaires.

    Donnons une âme à l’Europe, pas une marionnette.

    Un jour peut être...

  • agustinalarconmuller
    agustinalarconmuller
    Professeur de Physique-Chimie
    • Posté à 07h59 le 20/11/2009
    • Expert 96473
      Professeur de Physique-Chimie

    Je voulais simplement signaler que c’est Felipe Gonzalez et non Gonzales.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 09h17 le 20/11/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    La France éternelle aurait du présenter une Lumière Universelle : Jacques Barrot, Pierre Méhaignerie, Dominique Baudis...

    Enfin, des ténors ayant la stature incontestable de l’immense Jean Lecanuet ... !

  • spleenlancien
    spleenlancien
    Manant, de passage sous le (...)
    • Posté à 09h34 le 20/11/2009
    • Internaute 78672
      Manant, de passage sous le (...)

    Sur la nomination de Van Rompuy presque tout a été dit.
    Je voudrais revenir sur celle plus discrète de la Baronne Ashton of Upholland à la tête de la diplomatie européenne. Si l’on avait voulu paralyser dans l’oeuf, l’idée même de politique européenne commune, s’y serait on pris autrement ?
    Sacrés britanniques toujours maîtres en matière diplomatique !

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 10h26 le 20/11/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Ce « président » n’a pas la moindre légitimité.

    Il suffit que la CGT abolisse la Vème République pour que la soumission de la nation française aux institutions non-démocratiques, non-républicaines, mais bien chrétiennes, de l’Union Européenne, cesse immédiatement......

    Dès avant Charlemagne l’« Europe » a toujours été un projet catholique. Ceux qui font mine d’espèrer une « Europe » républicaine sont des tartuffes.

    Il n’y a qu’une manière de rabattre les prétentions vaticanes, c’est de traiter les catholiques comme des agents d’un chef d’Etat étranger (Etat dictatorial qui ne rempli aucune condition de l’ONU), et de les exclure de toutes les fonctions publiques, de confisquer toutes leurs propriétés et leurs avoirs en France, et de faire passer les plus extrêmistes en cours martiale comme agents de l’ennemi.

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 10h42 le 20/11/2009
    • Internaute 43503
      retraité

    Monsieur RICHE ,j’aurais pu écrire (le talent en moins) la même chose que vous dans cet article.L’Europe que l’on nous vante tant avant les élections et que l’on réduit en bouillie inconsistante le scrutin passé .Mal partie depuis sa naissance ,l’Europe voit son état de santé se dégrader au fur et à mesure de sa croissance comme un prématuré aux handicaps insurmontables.Il y a plus de 50 ans que je suis triste de cette Europe là !

  • Dissonance
    Dissonance
    met le doigt où ça fait mal.
    • Posté à 11h32 le 20/11/2009
    • Internaute 70089
      met le doigt où ça fait mal.

    Je reprends le mot du Yéti : L’Europe n’existe pas.

    La comparaison avec les États-Unis n’a d’ailleurs pas lieu d’être. Le territoire américain n’était avant l’établissement d’une nation, qu’un espace colonial partagé entre trois ou quatre grandes puissances européennes.

    A force de tractations économiques, diplomatiques et militaires, ce territoire est passé sous la main d’une seule de ces puissances, le Royaume Uni. Puis enfin, la guerre d’indépendance à ratifié en 1783 la naissance d’une nouvelle nation. A noter, fait non négligeable là dedans, la très faible pluralité linguistique.

    L’histoire de l’Europe n’a pas grand chose à voir. Jamais l’unification ne s’est faite de façon stable et pourtant, en presque 3000 ans (excusez du peu), nombreux sont les peuples à avoir tenté l’aventure de rallier l’ensemble sous une seule bannière... Second fait, non moins négligeable que le premier : Les États-Unis sont un gamin au regard de l’Histoire. Pensez donc, à peine plus de 300 ans.

    A ce titre, loin d’être enthousiasmante, cette tendance persistante de l’Europe à vouloir singer sa progéniture américaine est tout à fait navrante. Comme si un chérubin se mettait un doigt dans le nez et que ses parents jugent pertinent d’en faire autant...

    Quoi qu’il en soit, je ne crois pas en cette Europe qu’on veut nous vendre (le terme est ici rigoureusement choisi). Ses fondations, strictement économiques (et quelles fondations ! ? Celles-là mêmes qui ont démontré toute l’étendue de leur inefficacité aux États-Unis, notamment depuis 2007), ne sauraient produire une base suffisamment stable à une quelconque unité politique, en aucun cas.

    Toujours en considération de l’Histoire, c’est la volonté d’un peuple de vivre dans une communauté d’idées qui prime, la structuration des échanges économiques en son sein n’en est jamais qu’une conséquence pratique. A ma connaissance, il n’y a pas d’exemple inverse, d’entités séparées qui fusionnent au seul motif qu’elles fassent commerce ensemble. Ce serait d’ailleurs littéralement contre-productif.

    En somme, l’Europe telle qu’elle a été instituée est une parfaite illustration de la maxime bien connue : « mettre la charrue avant les bœufs ». Par conséquent, il n’y a pas d’illusion à se faire sur le dénouement de cette aventure européenne : Elle est vouée à l’échec.

  • Albedo
    • Posté à 11h33 le 20/11/2009
    • Internaute 7121

    Comment pouvez-vous écrire une énormité telle que « A part la nomination du Pape ou du président Chinois, il n’existe guère de procédure moins démocratique que celle qui a conduit à ce tandem censé incarner l’Union européenne et ses 350 millions de citoyens » ?

    Ils ont été choisis par les chefs d’Etat (ou de gouvernement), tous démocratiquement légitimes, c’est une élection indirecte, certes, mais ça n’a rien d’exceptionnel (vous avez élu votre premier ministre ? non, il est nommé par votre président qui est lui élu, d’autres sont nommés par les parlements, etc...)

    Ca se passe au travers de tractations, oui, forcément, de même que la désignation d’un chef de gouvernement élu indirectement va faire l’objet de tractations, intra-parti et inter-partis... je ne vois pas bien en quoi ça le rend moins légitime.

    Et par ailleurs, comment, en tant que journaliste, pouvez-vous faire reposer votre critique de quelqu’un sur l’argument central de votre ignorance de qui il est ? ? ? C’est étonnant.

    Par contre, la seule bonne raison de les considérer comme illégitimes, vous n’en parlez pas... et c’est le fait qu’ils existent à travers le traité de Lisbonne qui a, lui, été imposé de façon scélérate et anti-démocratique.

    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à Albedo
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 12h29 le 20/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Pour la comparaison sino-papale, je parle de la procédure de nomination :

      -on ne connait pas les candidats (parfois eux même ne savent pas qu’ils sont candidats)
      -Les candidats ne présentent pas leurs programme, n’ont pas l’occasion d’exprimer leurs convictions
      -les citoyens et les élus n’ont pas leur mot à dire

      Sur la question de mon ignorance crasse : est-ce si présomptueux de penser que s’ils avaient nommé une personnalité d’envergure, un Washington, ou même un demi-Washington, j’en aurais au moins entendu parler ?

      • Albedo
        Albedo répond à Pascal Riché
        • Posté à 13h07 le 20/11/2009
        • Internaute 7121

        « -on ne connait pas les candidats (parfois eux même ne savent pas qu’ils sont candidats) »
        Pas plus que lors d’une désignation d’un premier ministre en France

        « -Les candidats ne présentent pas leurs programme, n’ont pas l’occasion d’exprimer leurs convictions »
        idem

        « -les citoyens et les élus n’ont pas leur mot à dire »
        Les chefs d’Etat qui les ont choisis sont élus...

        « Sur la question de mon ignorance crasse : est-ce si présomptueux de penser que s’ils avaient nommé une personnalité d’envergure, un Washington, ou même un demi-Washington, j’en aurais au moins entendu parler ? »

        Je n’en sais rien mais de là à condamner quelqu’un parce qu’on ne le connait pas... Au lieu de se dire « tiens, qui c’est, qu’a-t-il fait, de quoi est-il capable ? », vous vous dites « connais pas ce type, il doit être nul ». Il y a des gens qui sont brillants avant d’avoir une quelconque notoriété internationale. Je ne sais pas si c’est le cas de Van Rompuy... je ne le porte pas particulièrement dans mon coeur, mais tout indique que c’est un redoutable manœuvrier d’une part, et qu’il arrive à se faire aimer de la plupart de ses adversaires, d’autres part. Ce n’est quand même pas inutile à son nouveau poste.

         
        • pmithrandir
          pmithrandir répond à Albedo
          Developpeur
          • Posté à 14h55 le 20/11/2009
          • Internaute 90097
            Developpeur

          Une différence de taille entre le premier ministre et le président européen.

          Le premier ministre est nommé par le chef de l’état, et son gouvernement peut être renversé par le parlement a tout moment. Malgré le fait que le chef de l’état puisse dissoudre le parlement, celui ci peut en effet déposer des motions de censures, voter contre toutes les lois, etc... Ce n’est pas le cas actuellement, mais je ne crois pas me souvenir qu’un parti ai déjà eu la majorité absolu seul a l’assemblée et qu’un premier ministre soit rester aussi longtemps à part Jospin(qui n’était pas vraiment le choix de Chirac rappelons le...)

          Ici, le problème est qu’un président est désigné, qu’il a normalement comme mission de donner une seul voix à l’Europe, mais qu’en fait il devra avant toute chose contacter les chefs d’état pour avoir leur avis. Si l’un d’entre eux n ’est pas d’accord, le président Européen n’a pas de légitimité du peuple européen entier pour lui faire entendre raison.(et le faire taire) L’Europe aura donc de nouveau une voix discordante qui la dessert auprès de nos interlocuteurs.
          C’est pour cela qu’en 5eme république on a un suffrage direct, pour donner du pouvoir et de la légitimité au président. Ce n’est peut être pas le meilleur système, en particulier avec les dérives que l’on peut voir actuellement, mais il a l’avantage de ne pas tomber dans l’immobilisme.

        • Pascal Riché
          Pascal Riché répond à Albedo
          Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
          • Posté à 15h13 le 20/11/2009
            éditeur
          • Journaliste 7
            Redchef

          1) Le premier ministre en France n’est pas au sommet du pouvoir executif, et il est responsable devant le parlement, devant lequel il prononce des discours de politique générale.

          2) Les chefs d’Etat qui les ont choisis sont élus. Certes, mais sans aucune consultation du parlement européen, qui est le seul représentant du peuple européen. Les chefs d’Etat et de gouvernement représentent leurs Etats-nations.
          3) Je ne condamne personne : je constate que l’on a choisi une personnalité plutôt effacée. cela dit, j’espère que vous avez raison et qu’il saura s’affirmer comme un grand leader !

        2 autres commentaires
  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 14h17 le 20/11/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »

    L’Europe n’a pas fini de payer une erreur majeure . Avoir fait l’élargissement à 27 avant d’avoir réglé ses problèmes institutionnels et de gouvernance. Tellement heureux de s’éloigner de l’ex URSS, les pays d’Europe de l’est auraient, en tout état de cause, accepté d’adhérer à une Europe rénovée et relancée pour de vraies politiques d’harmonisation européenne sur le plan social et fiscal notamment . Maintenant c’est le compromis vers le bas, à minima, qui est à l’oeuvre et pour longtemps.

    Ce Herman von Rompuy me fait penser à René Coty ! ! !

    • pmithrandir
      pmithrandir répond à philipp
      Developpeur
      • Posté à 16h34 le 20/11/2009
      • Internaute 90097
        Developpeur

      Oh oui...

      Après, je crois que les européens les plus convaincus ne sont plus à l’Ouest de l’Europe.
      Cela fait trop longtemps qu’on la rend responsable de tous nos maux pour que le péquin moyen arrive encore à l’aimer.

      Je me souviens de l’intégration de l’Europe de l’Est, fêtée en grande pompe la bas, et de notre coté on avait une dépêche dans les journaux le lendemain. Il n’était pourtant pas difficile de faire un discours d’espoir sur nos frères de l’Est qui nous rejoignait enfin et bla bla bla... ca aurait fait sortir une petite larme à la ménagère qui aurait été fière de l’Europe et donc de son dernier vote. Elle avait a elle seule sauvé pas moins de 10 pays de la misère...(puis 12)

      Nos frères de l’Est savent qu’ils ont besoin de l’Europe et ont l’immense avantage de ne pas péter plus haut que leur cul comme la France. Du haut de nos 65 millions d’habitants, nous prétendons encore être dans les dirigeants du monde... comment imaginer alors de se rabaisser au niveau des autres pays pour envisager d’être leur égal dans une Europe fédérale et unifiée...

      • philipp
        philipp répond à pmithrandir
        « La voix de son maître »
        • Posté à 19h01 le 20/11/2009
        • Internaute 48057
          « La voix de son maître »

        Il aurait fallu que l’adhésion soit également une adhésion à des programmes et des objectifs à long terme (politique fiscale ,sociale, environnementale...) quitte à négocier au cas par cas des calendriers aménagés avec chacun des candidats et les aides à mettre en oeuvre pour atteindre ces objectifs. Ces politiques seront désormais quasi impossibles à décider à 27. Rien d’étonnant à ce que la commission européenne préfère s’occuper de nos 250 fromages et de leur mode de fabrication ...

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 14h47 le 20/11/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Président de l’Europe, le cher Herman, n’a jamais été candidat à quoi que ce soit, il n’a fait acte d’aucune candidature, son seul et unique programme connu depuis son « élection » est la mise en place d’une taxe verte pour l’Europe. Aussitôt prononcé, cette phrase était déjà décriée et vilipendée par les conservateurs britanniques. Herman aura certainement plus de fil à retordre entre les 27 membres de l’union européenne qu’entre les deux moitiés linguistiques de sa Belgique.
    Elu à l’insu de son plein gré, il fait l’unanimité parmi les 27, car il ne fera jamais de l’ombre à personne. Les Sarkozy et consorts pourront continuer à se prendre pour les maitres du monde tant que Herman sera Président de l’opérette Européenne.
    Une constitution votée contre la volonté des Français, un Président de l’Europe nommé par audio conférence entre partenaires européens.
    Le délire est en marche et on en rigolerais presque si nous n’étions pas directement concernés. Brazil n’est pas loin

  • Troll-en-folie
    Troll-en-folie
    Parano chronique
    • Posté à 15h47 le 20/11/2009
    • Internaute 87214
      Parano chronique

    « Europe : un Président pêché dans l’eau tiède »

    Je trouve que « pêché en eau trouble » correspondrait mieux à notre belle Europe.

  • Olivier MONTULET
    Olivier MONTULET
    penseur libre
    • Posté à 16h57 le 20/11/2009
    • Internaute 91231
      penseur libre

    Je ne partage pas ce point de vue négatif et défaitiste. Certes Herman Van Rompuy s’il a fait montre d’un grand sens du compromis n’a révélé aucune vision politique. Certes Baroso a démontré son incompétence. Certes nous, belges, ne connaissons rien de Cathy Ashon... Certes ces trois têtes couronnées de 12 étoiles ont été désignées par une assemblée de 27 dirigeants européens aux intérêts trop divergeants... Certes...certes...certes...
    Mais au lieu de regarder la bouteille à moitié vide, je préfère boire le vin qui rempli l’autre moitié. La construction européenne est un long cheminement mais qui a déjà démonter qu’il était à même d’apporter bien des profits aux européens en terme de paix, de prospérité, de santé....de liberté. Aujourd’hui une nouvelle étape est franchie, le traité de Lisbonne apportera (bien que trop peu) déjà des améliorations à son fonctionnement et des personnes seront responsables devant les citoyens et les autres nations de la politique européenne. C’est énorme. Quant à ce que sera la présidence, nous jugerons. Il n’est pas dit qu’une personnalité plus charismatique serait plus efficace car sans doute serait-elle plus verrouillée par une posture de défensive que prendraient les 27. Parions au moins que Van Rompuy saura trouver les voies du consensus quand cela sera nécessaire. Ce ne sera déjà pas si mal. Plutôt que de mobiliser des énergies négatives, portons cette présidence de façon optimiste pour lui permettre d’atteindre des objectifs inespérés.

    • Dissonance
      Dissonance répond à Olivier MONTULET
      met le doigt où ça fait mal.
      • Posté à 17h29 le 20/11/2009
      • Internaute 70089
        met le doigt où ça fait mal.

      « La construction européenne est un long cheminement mais qui a déjà démonter qu’il était à même d’apporter bien des profits aux européens[...] »

      Diantre ! Vous avez des preuves à produire à ce sujet ? Des exemples précis ? Des hypothèses, au moins ?

      « des personnes seront responsables devant les citoyens et les autres nations de la politique européenne. »

      Ah ça, la question de la responsabilité, j’aime beaucoup. Ça veut dire quoi responsable à ce niveau ? Ceux qui mènent une politique qui conduit à la ruine sont-ils sommés de rembourser sur leurs deniers propres ensuite ? Sont-ils seulement sanctionnés de quelque manière que ce soit ? Ahhhh oui, c’est vrai, ils ne sont pas réélus, la tuile quoi - enfin quand il y a élection, parce que dans le cas présent, on y est pas tout à fait...

      « C’est énorme. »

      Je ne vous le fait pas dire. En matière de couleuvre, celle là est de fort belle taille.

      « Ce ne sera déjà pas si mal. »

      Typique de la pensée du moins-disant. « Vous plaignez pas, ça pourrait être pire ». A cette position je rétorque par la question suivante : En dessous de quel seuil on commence vraiment à admettre que quelque chose cloche dans le système ? Parce que là quand même, il me semblait qu’on avait touché le fond, mais vous semblez suggérer qu’on a encore de la marge pour creuser un peu... Alors, quand doit-on vraiment commencer à s’inquiéter ?

      « Plutôt que de mobiliser des énergies négatives, portons cette présidence de façon optimiste pour lui permettre d’atteindre des objectifs inespérés. »

      Ah oui, le recours à la pensée magique, important ça. Les énergies négatives, le grand tout universel, abracadabra et cetera... Avez-vous au moins conscience qu’entre l’optimisme et la crédulité il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette ?

      P.S. Faites pas attention, je suis en rogne. M’enfin la prochaine fois, évitez quand même de produire un commentaire à ce point creux, d’avance merci.

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à Dissonance
        Developpeur
        • Posté à 17h57 le 20/11/2009
        • Internaute 90097
          Developpeur

        « La construction européenne est un long cheminement mais qui a déjà démonter qu’il était à même d’apporter bien des profits aux européens[...] »
        Diantre ! Vous avez des preuves à produire à ce sujet ? Des exemples précis ? Des hypothèses, au moins ?

        Je vous répondrais :
        - L’espace shengen qui permet de se ballader sans poste frontière, sans taxes spéciales, etc... sans visa..
        - La zone Euro qui fait que je peux utiliser ma carte bleue partout dans celle ci sans frais. que je ne perd pas des frais de change tout le temps.
        -les garanties sur la qualité des produits, pas tous je vous l’accorde, mais le boeuf aux hormones ne vient pas chez nous. Les OGM arrivent, mais pas trop vite non plus.
        - les privatisations qui si elles sont vues souvent d’un mauvais oeil en France, sont une aubaine pour les pays européens ou l’état ne faisait pas les investissement nécessaires et qui avait un service déplorable.
        - Les droits de l’homme
        - Un poids plus fort a l’international, surtout plus perrein, ca m’étonnerait que la France soit invité encore longtemps dans les G ? pour diriger le monde, sachant qu’elle représente de moins en moins.
        - Pas de guerre, parce qu’on imagine plus taper sur des gens qui habite plus ou moins le même pays(une cohésion européenne)
        - Erasmus

        ...

        Et plein d’autre directives que la France refuse d’appliquer :
        - les quotas de pèche
        - les garanties de 2 ans minimum pour tous les produits électroniques
        - Le respect du présumé innocent(garde aà vue, droits de l’homme, ...)

         
        • Dissonance
          Dissonance répond à pmithrandir
          met le doigt où ça fait mal.
          • Posté à 20h46 le 20/11/2009
          • Internaute 70089
            met le doigt où ça fait mal.

          « - L’espace shengen qui permet de se ballader sans poste frontière, sans taxes spéciales, etc... sans visa..
          - La zone Euro qui fait que je peux utiliser ma carte bleue partout dans celle ci sans frais. que je ne perd pas des frais de change tout le temps. »

          Tout ça est bel et bon. Dommage qu’une proportion non négligeable de la population n’ait pas les moyens de voyager (16% de la population européenne sous le seuil de pauvreté - donnée insee 2005 - ça fait grosso modo 1 citoyen sur 6)... Et alors je ne vous parle même pas de ceux qui n’aiment pas voyager, à l’heure du retour en force du nomadisme obligatoire, c’est pas politiquement correct, et donc pas pris en considération... Et je n’estime pas non plus utile d’ajouter l’hérésie que toutes ces facilités représentent d’un point de vue écologique, je ne voudrais pas trop charger la mule non plus...

          « - les garanties sur la qualité des produits, pas tous je vous l’accorde, mais le boeuf aux hormones ne vient pas chez nous. Les OGM arrivent, mais pas trop vite non plus. »

          Mon vieux, si vous aviez la moindre idée du fonctionnement réel de l’industrie agro-alimentaire, ne serait-ce qu’en France, vous ne seriez certainement pas si catégorique. La garantie essentielle que produit l’Europe en matière d’alimentation porte sur le calibrage des produits, aidé si besoin à grands renforts de produits chimiques ou autres pratiques pour le moins douteuses - par exemple, on incorpore des colorants à l’alimentation des poules pondeuses pour que les jaunes d’œufs soient jolis et homogènes, ou encore on provoque artificiellement l’anémie des veaux pour que leur viande ne soit pas trop rouge.

          « - les privatisations qui si elles sont vues souvent d’un mauvais œil en France, sont une aubaine pour les pays européens ou l’état ne faisait pas les investissement nécessaires et qui avait un service déplorable. »

          Et l’on appelle ça du nivellement par le bas, si je ne m’abuse. Enfin c’est pas grave, ça a permis à des pays comme l’Espagne ou l’Irlande de bien faire joujou sur les marchés jusqu’au moment de se manger la crise en plein dans les gencives. Et du coup maintenant, on va demander de nouvelles subventions à la merveilleuse Europe, sur le compte de ceux qui n’ont pas encore été rincés.

          « - Les droits de l’homme »

          Ah bon, on doit les droits de l’homme à l’Europe ? On m’aurait menti ? Je croyais benoîtement que c’était l’œuvre de l’ONU en 1948, largement inspirée du texte issu de la révolution française... L’E.N. fait vraiment pas son boulot, j’vous jure...

          « - Un poids plus fort a l’international, surtout plus perrein, ca m’étonnerait que la France soit invité encore longtemps dans les G ? pour diriger le monde, sachant qu’elle représente de moins en moins. »

          Ah oui, important ça aussi, la satisfaction de l’ego. Présider aux destinées du monde, ça en jette sur un C.V., etc. Sinon, on pourrait vivre tranquillement sans rien demander à personne, et surtout sans chercher à faire la leçon à tous en toute occasion, mais ça a moins de gueule, c’est certain.

          « - Pas de guerre, parce qu’on imagine plus taper sur des gens qui habite plus ou moins le même pays(une cohésion européenne) »

          Et c’est sur cette idée là que, précisément, j’aurais aimé des arguments (car pour le coup, il y en a) qui démontreraient que sans Europe - du moins, sans l’Europe dans sa configuration actuelle - on se taperait nécessairement dessus. Las, vous êtes tombé à côté. Pas loin, cela dit.

          Le seul vrai argument que je vois sur cette question, c’est qu’aujourd’hui, contrairement à l’aube de la seconde guerre mondiale, on ne dispose plus d’un différentiel monétaire qui puisse contribuer à faire monter la pression entre les États. Là ou le bat blesse, c’est que si la monnaie unique est une condition nécessaire à la paix, elle n’est pas un élément suffisant.

          Rocard le proclame dors-et-déjà, d’autres finiront bien par s’y résoudre, l’Europe est morte, il n’y a plus guère que ses technocrates et certains citoyens encore un peu trop imbibés de paroles rassurantes pour ne pas l’avoir compris.

          Quand la prochaine crise pointera son nez (ou plutôt, les suites de celle dont on vient soit-disant de sortir), il n’est pas dit que la belle cohésion européenne tienne bien longtemps. Il n’est besoin que d’évoquer la question des déficits publics et autres critères de stabilité, pour déjà entendre grincer les dents des uns et des autres.

          « - Erasmus »

          Ah ça, c’est le programme qui semble faire consensus chez tous les bénéficiaires de l’Enseignement Supérieur. Les autres, ceux qui sortent du système scolaire avant, largement majoritaires à ce qu’il paraît, s’en foutent royalement, me semble-t-il.

          « Et plein d’autre directives que la France refuse d’appliquer :
          - les quotas de pèche
          - les garanties de 2 ans minimum pour tous les produits électroniques
          - Le respect du présumé innocent(garde aà vue, droits de l’homme, ...) »

          Une anecdote cocasse dont j’ai eu vent voici quelques années au cours d’une conférence brestoise à ce sujet :

          « La marine commerciale suisse est aujourd’hui - c’était en 2000 - plus importante que la marine commerciale française. »

          Depuis, je rêve souvent de partir en vacances sur le littoral suisse... (ironie ?)

          Et, au risque de passer pour un odieux viandard avide de vider les ressources maritimes, je dois mentionner que les quotas de pêche sont au moins pour partie responsables de cet état de fait.

        1 autres commentaires
  • philipp
    philipp
    « La voix de son maître »
    • Posté à 19h02 le 20/11/2009
    • Internaute 48057
      « La voix de son maître »