Enquete 16/11/2009 à 12h48

Le grand gâchis des fonds consacrés au handicap au travail

David Servenay | Ex-Rue89

Comme chaque année, la semaine pour l’emploi des handicapés tire la sonnette d’alarme : les entreprises rechignent à embaucher ce type de salariés. Sauf qu’à partir du 1er janvier 2010, toutes celles qui n’atteignent pas la barre des 6% de handicapés dans leur effectif vont payer une fortune en cotisation obligatoire.

A partir du 1er janvier 2010, la sanction pourra atteindre 1 500 fois le smic horaire, soit un total de 13 000 euros par salarié handicapé manquant dans l’entreprise.

La loi Handicap de 2005 va donc sortir le bâton des sanctions financières. Ce qui évite de s’interroger sur le reste, et notamment les deux dispositifs publics censés améliorer la situation et dont l’efficacité est, on va le voir, discutable :

  • l’Association de gestion du fonds pour l’insertion des personnes handicapées (Agefiph)
  • le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées pour la fonction publique (Fiphfp)

Le taux d’activité des handicapés stable depuis vingt ans

C’est une histoire de chiffres à manipuler avec précaution. Sur son site, l’Agefiph présente une avalanche d’indicateurs, sauf le plus intéressant, celui du taux d’activité des handicapés. Pour le trouver, il faut consulter les bases de données de la Dares (direction de l’animation, de la recherche et des statistiques). Résultat :

  • Le taux d’activité des handicapés tourne autour de 44%, contre 71% pour l’ensemble de la population
  • Ce taux d’activité n’a quasiment pas bougé depuis 1987, date de création de l’Agefiph

Les moyens consacrés à cette cause sont pourtant considérables. En 2007, l’Agefiph a encaissé 604 millions d’euros de cotisations des entreprises et elle a dépensé 465 millions d’euros. Bilan : 140 millions d’euros de bénéfice. En 2008, l’Agefiph pouvait s’appuyer sur un trésor de guerre de 415 millions d’euros ! Pourquoi une telle trésorerie ?

Le scandale des structures régionales

Mais le gâchis se concentre sur les 18 structures régionales de l’association. Dans ses rapports de 2003 et 2007, la Cour des comptes met en avant le rôle joué par trois organisations patronales :

  • le Medef
  • la CGPME
  • la FNSEA

Ces entités sont les opérateurs de l’Agefiph. A ce titre, l’association salarie un chargé de mission handicap et une secrétaire dans chaque région, sans vraiment avoir les moyens de vérifier la réalité de leur travail. Idem pour les grandes confédérations syndicales, qui ont aussi signé des conventions avec l’Agefiph.

Dans son enquête réalisée pour « L’Histoire secrète du patronat » (livre dont je suis l’un des co-auteurs), Erwan Seznec cite le témoignage de Marc, l’un de ces chargés de mission :

« Ex-permanent du Medef en Normandie, j’ai été rémunéré par l’Agefiph pendant deux ans. L’agence payait d’abord 40% de mon salaire, puis 80%. Elle réglait aussi une partie du loyer de nos locaux.

Pendant ce temps, je n’ai rien, strictement rien accompli en termes d’insertion des handicapés. Les missions d’information auprès des entreprises étaient inexistantes.

Je me contentais de faire circuler une feuille d’émargement à la fin d’une quelconque réunion de patrons de PME, pour faire croire que j’avais fait ma tournée. L’Agefiph n’a jamais réagi. Pourtant, mes faux étaient grossiers. »

Dernière trouvaille : un fonds handicap pour la fonction publique

Une fois encore, les bonnes intentions ne font pas toujours une bonne politique. La loi sur le handicap de 2005 a donné lieu à la création d’un double de l’Agefiph, réservé à l’emploi des handicapés dans la fonction publique.

Le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées pour la fonction publique (Fiphfp) a d’emblée été un succès. Créé en juin 2006, il avait collecté 70 millions d’euros au 31 juillet 2007, pour... 150 000 euros de dépenses.

La présidente du Fiphfp a été débarquée sans ménagement à l’été 2007, tandis que la Cour des comptes lui consacrait un rapport cinglant. Là encore, les syndicats n’avaient rien vu, rien entendu.

Dans Les Echos de ce lundi, la secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, Nadine Morano, précise que « nous ne sommes plus à l’ère de la compassion », s’agissant de cette grande cause nationale. Oubliant de préciser que le grand élan de réforme du gouvernement n’a pas encore atteint ce secteur.

► Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours, le vrai visage du capitalisme français de Frédéric Charpier, Benoit Collombat, Martine Orange, David Servenay et Erwan Seznec - éd. La Découverte - 720p - 25€.

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  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 13h17 le 16/11/2009
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Le handicap & l’emploi ?

    24 300 000 personnes sont considérées comme handicapées en France
    1 800 000 personnes en situation de fortes dépendances

    110 000 personnes handicapées embauchées chaque année avec une priorité pour les diplômés.

    Lien

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 13h27 le 16/11/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Moi j’aimerai savoir pourquoi avec toutes les aides et exonérations, les entreprises n’embauchent pas d’handicapé.

    Alors j’imagine, puisque c’est politiquement incorrect de dire des choses négatives sur les « minorités », plusieurs causes :

    - Les frais d’aménagement (par expl pour les fauteuils roulant) sont exhorbitants
    - Les handicapés sont plus / trop souvent malade. (Quel quote part paye l’entreprise dans les arrêts maladie)
    - Les handicapés sont sur représenté dans les sans diplômes/ sans qualification.
    - On ne peut pas leur faire « confiance » (ils sont absents 4 mois pour soin, juste au moment où on avait besoin d’eux).
    - Un « racisme » latent des collègues est trop difficle a gérer.
    - Ils demandent une attention de la part de leur collègue, et de ce fait, baissent la productivité des valides.

    ...

    Il ne sagit pas de jugement moral, mais de compréhension UNIQUEMENT économique de cet état de fait.

    • ON M RSA2012
      ON M RSA2012 répond à azerty69
      Touché en plein coeur
      • Posté à 13h34 le 16/11/2009
      • Internaute 85545
        Touché en plein coeur

      Parce que les gens n’aiment pas être à coté d’un avenir possible pour eux-mêmes. Ensuite, nos préjugés font le reste.

      Perdre un sens, c’est aussi en développer d’autres. Il ne faudrait pas que les valides s’aperçoivent que dans certains domaines, ils sont moins compétents.

      Les handicapés ne sont pas forcément là où on croit.

      Toujours plus beau, toujours plus fort, toujours plus con !

    • alberich
      alberich répond à azerty69
      fumiste
      • Posté à 13h47 le 16/11/2009
      • Internaute 84604
        fumiste

      Un peu tout ça et surtout que la loi actuelle permet d’évacuer le problème par d’autres moyens que l’emploi direct d’un handicapé.

      Pourquoi s’embêter si l’on dispose d’une solution alternative simple ?

      Déjà de s’appeler Mouloud est un frein à l’embauche ... alors être handicapé !

      • hogan
        hogan répond à alberich
        actif
        • Posté à 15h37 le 16/11/2009
        • Internaute 25474
          actif

        et alors quand on s’appelle Mouloud, et qu’en plus on est handicapé ! !

    • caoua
      caoua répond à azerty69
      sur la lune
      • Posté à 14h29 le 16/11/2009
      • Internaute 95100
        sur la lune

      Toi qui te poses la question,
      je vais me permettre d’y répondre sans prétendre connaitre la vérité absolue.
      Donc, d’après ta question « pourquoi avec toutes les aides et exonérations, les entreprises n’embauchent pas d’handicapés. »
      Tout simplement à mon sens, parce que les « handicapés » comme les « valides » les perçoivent, trouvent qu’ils ne sont pas « rentables ».
      Et oui, il ne faut pas oublier que l’on vis en plein système capitaliste !
      Le paradoxe dans tout ça, c’est que comme tu le dis, ils touchent des aides énorme pour l’embauche d’handicapés. Mais ou est donc l’erreur ? Moi même je comprend pas !

      caoua

    • Désinscrit le 7-4
      • Posté à 16h12 le 16/11/2009
      • Internaute 72436

      La culture et le regard sur les personnes handicapées peuvent se résumer ainsi : « on ne veut pas d ’un bras cassé dans notre service ».
      Vous avez parfaitement résumé ce qui se dit sur les handicapés dans le monde du travail.

      Le fait que cette année les frais à verser pour non respect de 6% handicapés dans l’entreprise ,oblige (l’argent , toujours l’argent) à embaucher.

      Avant tout : les administrations ne savent pas combien elles ont de personnes handicapées dans leurs services : personne n’est obligée de le déclarer ! On n’est pas sous Vichy !

      Pour embaucher les administrations sont en train de signer des conventions avec le FIPHFP : c’est à dire qu’après avoir fait faire un audit (payé par le FIPHFP) elles bénéficieront de l’aide (du vivier ! !) de CAP EMPLOI (par exemple) pour trouver des travailleurs atteints d’un handicap , les recruter , les installer dans leurs postes et pérenniser cette embauche.

      Mon explication est succinct.
      Le plus hard es le regard sur le handicap à faire changer.

      • claire_
        claire_ répond à Désinscrit le 7-4
        Obscure
        • Posté à 17h07 le 16/11/2009
        • Internaute 76292
          Obscure

        « La culture et le regard sur les personnes handicapées peuvent se résumer ainsi : “on ne veut pas d ’un bras cassé dans notre service”. »

        Si vous saviez le nombre de bras cassés pourtant pas handicapés que j’ai vu jusque là :)

         
        • Désinscrit le 7-4
          • Posté à 17h34 le 16/11/2009
          • Internaute 72436

          bien de votre avis !
          Malheureusement une personne touchée par un handicap est vue comme une incapable.

        1 autres commentaires
    • VickingJack
      VickingJack répond à azerty69
      caressotherapeute bénévole
      • Posté à 20h06 le 16/11/2009
      • Internaute 96126
        caressotherapeute bénévole

      « - Les frais d’aménagement (par expl pour les fauteuils roulant) sont exhorbitants »
      –>Faut, ils sont justement pris en charge par l’AGEFIPH !

      « - Les handicapés sont plus / trop souvent malade. (Quel quote part paye l’entreprise dans les arrêts maladie) »
      –>Dans certain cas, peut-être, ça reste à prouver, mais c’est loin d’être une généralité.

      « - Les handicapés sont sur représenté dans les sans diplômes/ sans qualification. »
      –>Certes, et c’est dut en particulier aux problèmes d’accessibilité, mais il n’en reste pas moins que des diplômés n’accèdent pas aux postes à pourvoir.

      « - On ne peut pas leur faire “confiance” (ils sont absents 4 mois pour soin, juste au moment où on avait besoin d’eux). »
      –>Répétition du 2em argument ! !

      « - Un “racisme” latent des collègues est trop difficle a gérer. »
      –> Trop dure ! On devrait même exclure, les arabes, les noirs, les jaunes, les femmes, les petits, les grands,... Bref, qui on laisse ?

      « - Ils demandent une attention de la part de leur collègue, et de ce fait, baissent la productivité des valides. »
      –> Condescendance de culture télétonesque où, il est vrais, certains ce complaise (handicapé ou non, vous n’êtes pas le seul azerty69 !).

      Soyer politiquement incorrect autan que vous voulez (ça lance le débat et il serait temps) mais rendez-vous compte du caractère complètement imaginaire de vos arguments.
      Ce que vous décrivez n’est pas LA réalité mais la réalité de l’imaginaire collectif.

      A vérifier, un collègue parti au états unis ma tenu ce langage :
      « Aux States, les “handicapés‘(1) sont plus considérés qu’en France. Tout simplement parce qu’en France l’image du handicap c’est majoritairement le téléthon et au States c’est Roosevelt qui a conduit et gagné la 2em guerre mondial’
      Ça m’a fait réfléchir.

      (1) Le terme exact à mon avis serrais ‘Personne avec entre autres choses, souvent plus intéressantes, un handicap’ mais j’avoue que c’est un peut long et ça ne me dérange pas que l’on me dise handicapé tant que l’on voie autre chose que le fauteuil !

      • azerty69
        azerty69 répond à VickingJack
        ExecutieveBranleur
        • Posté à 20h34 le 16/11/2009
        • Internaute 42089
          ExecutieveBranleur

        mais rendez-vous compte du caractère complètement imaginaire de vos arguments.

        => J’en suis pleinement conscient. Mais personne, aucun média, n’aborde le problème. Et je n’ai croisé perso qu’une personne en fauteuil roulant en 10 ans de boulot...On reste sur la voie tracée depuis 20 ans sur le fait qu’il est impossible de parler de tout sujet « politiquement délicat ». Donc, je ne m’en remets qu’a mes petites réflexions perso et coupé de tout recoupement avec la réalité.

        - Quand on arrêtera de trouver dans les médias toutes les excuses aux étrangers et toutes les fautes aux français, le racisme baissera peut être.

        - Quand on dira que les femmes sont aussi sexistes que les hommes, l’égalité sexuelle avancera.

        - Quand sortir une généralité négative sur les riches américains est cool et une généralité négative sur les africains est raciste sera fini, on avancera peut être.

        - Quand on pourra dire qu’il existe autant de chômeur fainéant que de riche oisif, on avancera.

        - Quand les personnes de couleurs (arc en ciel ?) seront des noirs, des arabes, des asiatiques, voir même des nègres.

        On embauche bien des noirs sans papiers parce qu’ils sont rentable économiquement, malgré le racisme.
        Je ne pense pas que le problème de l’employabilité des handicapés se résume a un « racisme ».
        Mais quels patrons et quels médias pourraient donner des raisons pragmatiques sans se faire huer par les démago bien pensant et lutter contre le politiquement correct en vigueur depuis 20 ans.

         
        • Yémi
          Yémi répond à azerty69
          • Posté à 23h32 le 16/11/2009
          • Internaute 18726

          Voici un autre problème : quand on parle de personne handicapée, les gens comme vous ont tout de suite en tête « fauteuil roulant ».

          • azerty69
            azerty69 répond à Yémi
            ExecutieveBranleur
            • Posté à 09h28 le 17/11/2009
            • Internaute 42089
              ExecutieveBranleur

            Voilà, le problème. Quand on parle d’une « minorité faible » il faut relire 47 fois ce qu’on a écrit pour ne pas choquer / froisser les démago du dimanche. Et même y’aura toujours un mongol en chaise roulante de la pensée pour te faire chier sur des détails.

            J’aurai pu dire aussi : mongole, aveugle, drogué, cul de jatte, benet, pinguoin...

            • VickingJack
              VickingJack répond à azerty69
              caressotherapeute bénévole
              • Posté à 18h06 le 17/11/2009
              • Internaute 96126
                caressotherapeute bénévole

              Mouai ! Tu va un peut vite en résumant les problèmes à la médiatisation et au politiquement correct. Personnellement je pense que la personne avec un handicap visible (fauteuil, sourd, aveugle, IMC-> ce qui tremble de partout, ...) et par association les handicaps empêchant un travail précis (sciatique->manuel, ... Soit la majorité des personnes reconnu travailleurs handicapée) ont une fonction primordial et malsaine dans la société.

              Je m’explique même si ça reste en débat pour moi et que je crains de ne pas être claire et concis : Il y a quelques années aux sidaction, un mec de ACTUP pousse un coup de gueule : moins 1 millions de dons (je me souvient plus du chiffre exact). Un peut plus tard, téléthon : plus 1 million de dons. Troisième donnée : On pourrais penser que la recherche pour soigner le SIDA ou la myopathie devrais être une priorité financé par l’état (Certes il faut des sous et il faut savoir ce que l’ont veut, les impôts me semble fait pour ça).

              Alors théorie la dessus : La société et les personnes qui la compose, on besoins de personnes faibles et dans le besoin à qui l’on peut accorder sa pitié. Mais ces personnes doivent rentré dans un schéma très précis : Gentil, Waldisney, asexué, non-rebelle sauf contre l’injustice de la vie et reconnaissant (J’en oubli excusez le manque de précision que j’espère momentané).Ça rassure de trouvé pire que soit surtout en les considérant en dessous de soit.

              Donc le schéma est : Les personnes handicapé serrait la comme garantie de n’être pas si bas que cella. Travaillé ne rentre pas dans ce cadre.

              Ceci dit, cela ne concerne qu’une partie des personnes mais est établi médiatiquement. Donc, azerty69, ne confondez pas les médias et certaines personnes appréhendant le problème comme vous le faites, et la réalité des choses : Une personne handicapé est poussé a réagir comme vous le décrivez par cette image médiatique ou co-azerty69, les employeurs de même. Heureusement ce n’est pas la norme et un discours contradictoire existe aussi. De plus les personnes, handicapé ou non, ne réagissent pas qu’en fonction de ces données. La loi et les subvention de l’AGEFIPH sont la pour essayer de modifier cette état des choses. Ouvrir le débat avec vos gros sabots le fait aussi ; -)

              Perso, paraplégique depuis 20 ans, à par les problèmes d’accessibilité et les aprioris comme les vôtres, mon handicap je le gère moi même mais avec des aides qui me semble consécutif à l’assurance maladie ou AT, et à l’aménagement (encore plus que partiel) ne m’empêchant pas de me mouvoir ou d’effectué des geste simple mais parfois impérieux commun a tout le monde (Les chiottes, quoi !). Ceci ne me semble pas du domaine de la charité. Tous comme le non-racisme ne me semble pas charitable mais normal.

              Alors faisons changé cette peut saine image mais pas en tombant dans l’opposé aussi faux et malsain. Casser des tabous au marteau est une choses, croire que le marteau est la vérité en est une autres (Ouah ! Confucius je vais te détrôner ; -))

              PS : Après tout ça j’avais oublié un truc : Si l’AGEFIPH fait du bénef, ne serrais-se pas que les employeurs restent frileux à embaucher et à ce faire subventionner les aménagements de poste qui bénéficieraient aussi en partie au autres (ascenseur,...) ? Alors ne coupez pas ses ressources mais faite évoluer cette culture.

        3 autres commentaires
    • spooneur
      spooneur répond à azerty69
      Noisette Touffue
      • Posté à 00h41 le 17/11/2009
      • Internaute 30045
        Noisette Touffue

      Il va de soit que bon nombre de commentaires ne sont que préjugés.

      Etant « lourdement » handicapé (+ de 80% c’est bien ?), faisant partie de la grande famille capitaliste actuelle et de plus ayant pratiqué de l’intérieur une certaine Association de GEstion des Fonds... je me permets donc d’intervenir pour éclairer certains nimbus habens.

      Les « handicapés » ne sont pas tous sous-diplômés.
      Je ne conteste absolument pas les chiffres qui tendent à le prouver sur...la catégorie la plus lourdement atteinte.
      Effectivement, le handicap ne se présente pas toujours sous la forme handicap/fauteuil...
      Le diabétique n’est-il pas considéré comme handicapé ?
      Bien entendu le muet ne sera jamais chanteur. Le sourd n’aura jamais un poste de standardiste...quoique....

      Le coût financier d’une intégration pour une personne en fauteuil roulant (tel est mon cas) ?
      En ce qui me concerne : 3 cales en bois de chez le menuisier du coin soit environ 100 sous (CF. B. VIAN).

      Tout est donc généralisation.

      Je concède volontiers le fait que les personnes reconnues handicapées et « lourdement » atteintes ne sont que par trop peu présentes dans le haut de la pyramide des diplômes.

      Pourquoi donc si peu de qualifications ?
      1/ Etre intégré dans un cursus scolaire dit normal par notre chère Education Nationale est le parcours du combattant (pas l’ancien) croyez-en mon expérience.
      2/ Les enseignants pratiquant dans les hôpitaux ne sont pas forcément légion...
      Etc etc....

      Concernant le « racisme » des collègues, je le cherche encore. Une personne obèse, et donc surement reconnue travailleur handicap, devra s’intégrer, le dépressif (tiens encore un qui peut se faire reconnaitre « handicapé ») le devra aussi.

      Je suis parfaitement « intégré », mes collègues oublient mon fauteuil et mes clients ne le voit plus quand je suis derrière mon bureau.

      Arrêtons de croire que le handicap est un frein à l’emploi et changeons donc les mentalités afin d’intégrer au mieux ces personnes.

      .G

      Addenda : la productivité est son dada comme dirait André Breton concernant mézigues.

      • Super Jémie
        Super Jémie répond à spooneur
        citoyenne
        • Posté à 13h28 le 17/11/2009
        • Internaute 71426
          citoyenne

        « Bien entendu le muet ne sera jamais chanteur. Le sourd n’aura jamais un poste de standardiste...quoique.... »

        permettez moi d’en douter... vous allez trop au cinéma, et ce n’est pas « sur mes lèvres » qui m’a convaincu du contraire, moi, qui suis tous les jours confrontée à ce gros souci de communication...

    • Mr-Monsieur
      Mr-Monsieur répond à azerty69
      je me ressemble .
      • Posté à 08h42 le 17/11/2009
      • Internaute 65878
        je me ressemble .

      Je suis handicapé et je ne rentre dans aucun critere cités.

      -l amengement pour mon cas n’ est qu 1 question d horaire (apres 17 : 30 pour seance de sport )

      -j ai 1 diplome.( oui ,alors handicapé = obligatoirement neuneu ... bravo ! ? !)

      - on peut me faire « confance » , je ne chope qu 1 rhume dans l hiver.

      -le racisme latent* ,comme votre message ... ,n’est pas qu au boulot donc , et on en est vacciné. Et puis si j en ai envie ca m empeche pas de mettre un gros coup de boules pour me soulager.

      - et la productivité des valides n en est que + boostée quand ils s apercoivent qu en travaillant normalement j abats plus de boulot qu eux ! ? ! ! ... d ailleurs le seul probleme serait là vis à vis de certians/nes feignants/es !

      Vous faites une caricature enorme et récurante, mais il y a pire , pour avoir bossé dans des sondages aupres de quelques patrons
      par rapport à l emploi et l handicape. La pluspart des reponses étaient du genre : « pourquoi je ne veux pas en embaucher ? parceque ! ! ! et-c’est-tout ! ! ! TUuuuT - Tuut-tut-tut-tut... “

  • vecchia
    vecchia
    ouvrier
    • Posté à 13h35 le 16/11/2009
    • Internaute 54814
      ouvrier

    « 140 millions d’euros de bénéfice »
    que fait l’Agefiph avec cette argent ? a t’on augmenté les allocations des handicapés qui ne peuvent travailler, peut-être que cette argent pourrait servir à ouvrir des centres de soins spécialisés qui manquent cruellement pour les adultes et les enfants handicapés.

    • lally
      lally répond à vecchia
      professeur
      • Posté à 15h12 le 16/11/2009
      • Expert 51226
        professeur

      L’Agefiph dispose au plan national de locaux somptuaires mais tire la langue dès qu’il faut donner des fonds pour les handicapés.
      Voilà la réalité hélas que bien des acteurs sociaux connaissent et dont ils se plaignent.

      • Super Jémie
        Super Jémie répond à lally
        citoyenne
        • Posté à 13h31 le 17/11/2009
        • Internaute 71426
          citoyenne

        je ne peux, hélas, que confirmer ce que vous dites.... mon dossier n’est jamais assez complet pour l’Agefiph afin de débloquer des fonds pour ma formation

    • Isafantastica
      Isafantastica répond à vecchia
      Chef de projet
      • Posté à 17h39 le 16/11/2009
      • Internaute 57875
        Chef de projet

      Les CAT (centres d’aide par le travail) ne sont pas assez nombreux et le maillage national est à faire ! Et la direction de certains CAT n’hésite pas à dire aux PH qui se plaignent d’un rythme de travail trop soutenu compte tenu de leur handicap « mais que va dire l’entreprise ? “. Sachant que soustraiter des tâches aux CAT rentre en ligne de compte dans le calcul des 6%, l’entreprise remplit ainsi cette contrainte, mais doit certainement établir un cahier des charges imposant une certaine rentabilité. Et comme les CAT ont besoin de l’argent des entreprises pour vivre...
      L’agefiph finance de la formation et des adaptations au poste de travail mais n’intervient pas sur le montant des allocations de misères réservées aux handicapés, qu’ils soient en CAT ou non. Le jour où la France sortira des ses ‘bonnes intentions’ (même l’enfer en est pavé) pour adopter comme nos voisins belges une réelle politique en faveur du handicap, le Président de la République sera non voyant ou en fauteuil !

  • Dazibaos
    Dazibaos
    Chomeur
    • Posté à 16h47 le 16/11/2009
    • Internaute 74042
      Chomeur

    Bonjour,
    Je vais prendre le problème a l’envers , comment avoir accès aux offres d’emplois quand vous êtes travailleurs handicapés ! ! !
    là c’est la cour des miracles, le parcours du combattant , le pôle emplois pour moi n’existe pas ( ex ANPE ) rayer des listes des chômeurs pour refus de m’inscrire a un Cap Emploi censé favoriser l’emploi de personne handicapé , le pôle emploi n’assure plus le placement de personne avec reconnaissance de la cotorep , a part vous envoyez a un organisme privée dont la première initiative est de vous faire signer un contrat vous engageant avec eux pour une durée indéterminée ( merci les subventions touchez par ces organismes privée dont la 1 ère mission est de vous refaire faire un énième CV ) mais les offres d’emplois ne sont JAMAIS présenter car ils existent des offres réserver aux travailleurs handicapées certes pas beaucoup mais elles sont INVISIBLES alors quand ont parlent des AGEFHIP et tous ces millions , le simple fait de vouloir retirer un dossier pour création d’entreprise à l’agefiph on l’on vous fait miroiter des aides ressemble a une guerre de trancher avec la finalité de plutôt vouloir sans sortir tout seul tant les obstacles mis par tous ses organismes privées et sociaux sont déroutant .
    Je préfère des petits jobs tres mal payer , taire mon handicap pour surtout ne pas faire profiter les employeurs de primes et autres déductions de charges .

    • nanouD
      nanouD répond à Dazibaos
      citoyenne
      • Posté à 17h53 le 16/11/2009
      • Internaute 71941
        citoyenne

      La seule solution : ne rien attendre du pole emploi ou de l’anpe pour retrouver un emploi. SE DEBROUILLER SEUL.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 17h20 le 16/11/2009
    • Internaute 82025
      non connue

    Il y a une vraie réflexion a faire sur le handicap, et elle est particulièrement d’actualité :

    Le gouvernement, en versant des aides à ceux qui embauchent des handicapés, font finalement passer le message qu’employer un handicapé demande un effort tel qu’il nécessite une récompense.

    Et je crois que là, on s’égare.

    Car le problème n’est pas le handicapé, mais le handicap.
    Et autant il est normal que la collectivité finance tout élément matériel nécessaire pour répondre à tel ou tel handicap, autant la présence d’un handicapé représente au contraire un véritable atout pour l’entreprise.
    Et c’est justement ce message là qu’il faut faire passer.

    Il ne s’agit pas d’un discours de bisounours, au contraire :

    Nous avons tous nos problèmes, notre « bosse ».
    Sauf que chez la plupart des gens, elle n’est pas visible, souvent parce qu’on la cache. Mal-être, dépression, manque de sommeil, troubles divers, problèmes familiaux, autant de maux qui bien sûr ne vont pas dans le sens de la « performance ».
    Ce genre de maux conduit, dans des cas extrêmes, au suicide, sujet d’actualité s’il en est.

    En intégrant un handicapé dans une équipe, on renvoie, d’une part, une image plus humaine de l’entreprise aux salariés, et d’autre part cela permet à chacun de montrer de soi une image différente de la seule démonstration de performance.

    Ainsi, l’équipe gagne en confiance mutuelle, élimine plus facilement le stress, peut aborder plus facilement le sujet tabou qui est la non-performance, l’échec, la faiblesse.
    Il s’agit d’une véritable valeur ajoutée : l’humanité. Et elle a des répercutions positives sur les conditions et les fruits du travail.

    Il est temps que nous changions de discours, et pas seulement que nous troquions la carotte pour le bâton.

  • nanouD
    nanouD
    citoyenne
    • Posté à 17h52 le 16/11/2009
    • Internaute 71941
      citoyenne

    Bonsoir,
    j’ai bénéficié des largesses de l’Agefip en 1999. Je voulais retravailler, et j’y suis parvenue. Il faut dire que mon handicap est assez peu visible, sauf dans certains cas.
    J’ai trouvé un boulot de cadre dans une très petite boite, correctement payé, et même bien.
    Au bout de qqs jours, je me suis rendue compte que j’étais dans un beau pétrin : associés, tous les deux mes supérieurs, se tirant des boulets de canon dans les couloirs.
    Et ils se sont servis de moi pour se tirer dans les pattes mutuellement. On m’ra fait porter des cartons malgré mes protestations etc...

    Au bout d’un an, je n’en pouvais plus ; j’ai contacté la médecine du travail qui m’a conseillé de me mettre en arrêt de maladie, puis un inspecteur du travail, qui m’a conseillé la même chose, et pour finir, j’ai appelé l’organisme de réinsertion... qui m’a fait savoir qu’il n’avait aucun contrôle sur les employeurs, ni les conditions de travail des handicapés...

    Et le problème, il est là : il n’y a pas de suivi après que la personne handicapée ait trouvé du travail. Donc l’employeur bénéficie d’aides et aussi d’une prime à l’embauche, puis l’argent empoché, fait démissionner l’employé handicapé en le harcelant...

  • vol19
    • Posté à 18h10 le 16/11/2009
    • Internaute 13492

    Plus qu’ailleurs la société Française repose sur un contrat social basé sur une logique « statutaire ». Le diplôme et plus encore le « statut » du diplome, de l’institution est supposé faire partie de l’« essence » de l’individu lui conférer sa dignité en rapport à autrui, auquel s’ajoutera peu à peu le statut des fonctions exercées dans les organisations.

    Cette logique statutaire donne un sens à un marché de l’emploi à plusieurs vitesses selon les statuts et conditions et plus ou moins précaires ou stables. Différentes recherches ont montré qu’en fait l’emploi très protégé cadres sup, est resté relativement stable, là ou les CDDs, intérimaires encaissent davantage la précarité.

    Et les handicapés... ? Certes, on pourrait leur faire une place dans un système qui serait basé sur la fonction qui prendrait en compte qu’une personne peut très bien fonctionner par rapport à des compétences spécifiques dans un cadre organisationnel bien défini, précis... Mais tel n’est pas la conception de l’organisation en France, ou c’est plutôt le statut, l’essence, la personne qui prédomine. Dans le cadre d’une organisation qui est perçue comme une pyramide de personnes et un lieu d’affrontements et de compétition, la faille, le handicap, la fragilité provoque un rejet qui est celui de la peur de ses propres fragilités (conscientes ou inconscientes) qu’il faut refouler, réprimer dans la lutte des places. Celui qui les porte (ces failles de la nature), quelquepart, il ralentit, et signe ce que l’on peut hair en soi et surgir de manière aléatoire. Dans une société qui vise la « gestion de soi », ce retour de l’aléat biologique est inacceptable. Il doit le faire exprès...

    Et quel statut du handicap... ? Hors caste, certainement ? Faillir au « tripalium », quelquepart, c’est une dignité altérée, que la société veut bien par tradition de compassion soutenir (sinon ce serait insupportable pour elle, surtout après la mémoire du Nazisme, et de laisser un évolutionisme trop net )... soutenir à condition d’être en dehors du regard quotidien. On veut bien payer, qu’ils fassent ce qu’ils veulent entre eux, c’est là en cas de coup dur pour soi, mais qu’ils restent hors de notre regard....
    Voilà pourquoi les « taxations » financieres ne règleront rien... pourquoi pas commencer par règler le problème du stress au travail pour les « normaux », l’ergonomie au travail... Et le jour ou l’organisation sera plus stable alors elle pourrait faire face aux failles de la nature humaine...

    • sacha95
      sacha95 répond à vol19
      secretaire
      • Posté à 19h29 le 16/11/2009
      • Internaute 69978
        secretaire

      mais ou sont les personnes qui aiment travailler avec un (e) handicape (e) ; je n en vois pas c est bien triste ; une personne handicapee a un cerveau qui fonctionne et si elle travaille ses capacites sont reconnues ; comment osez dire que les handicapes ne sont pas rentables, si vous en connaissiez vous sauriez qu un handicape fait et donne tout ce qu il peut pour son travail, parfois il est plus productif que certains valides ; j ai honte du regard que l on porte encore a ce jour sur les handicapes ; regardez d abord la personne dans les yeux et non pas son handicap ; vous avez beaucoup a apprendre ; je pense que les mentalites et les coeurs sont fermes ; une personne handicapee a besoin de travailler pour l argent, pour etre dans la vie, pour exprimer ses connaissances, c est parfois une lutte chaque jour, un combat dirai je, mais au moins c est etre en vie ; ; a vous lire on a l impression de comprendre que le patron ne veut pas « pas rentable », les collegues « les regards, les jours de conges maladie, le handicap, mais demandez aux handicapes ils echangeraient bien leur vie contre la vie d un valide, quoique parfois non, question d humanite, certains valides sont tellement repugnants, que leur place n est pas enviable ; pauvres francais aux mentalites de sous developpes ; ne pas voir la maladie et les combats c est plus facile que d aidez ces personnes qui luttent ; je vis avec une personne handicapee qui a perdu son emploi ; l enfer c est pour elle ; etre laissee pour compte ;

  • zazachavez
    • Posté à 19h19 le 16/11/2009
    • Internaute 83209

    Enfin une décision qui intéresse les multinationales ! ! !

    il était temps ...

     : -)))

  • Hugo4
    Hugo4
    Citoyen
    • Posté à 20h18 le 16/11/2009
    • Internaute 96127
      Citoyen

    Je suis handicapé et j’ai été licencié pour « motif économique ».

    J’ai été embauché en CDI vers 2005 et licencié vers 2007, les premiers salaires ont été corrects mais pas d’augmentations annuels ni primes, c’est ca que je n’étais pas au courant.

    J’ai été embauché avec la prime d’Agefiph pour l’employeur mais pas pour moi car j’ai déjà percu une fois dans la vie quand j’étais apprenti. C’est la règle d’Agefiph. Les fonds d’Agefiph sont dérisoires pour mon cas car là où l’employeur m’avait placé est plus conventionnel donc pas d’aménagements nécessaires.

    Quelques mois avant d’être licencié, le DRH m’avait annoncé qu’il avait l’intention de réduire les effectifs et m’avait juste, par avance, dit que je ferais partie de ces effectifs, afin de me mettre en préparation pour l’après licenciement. J’avais demandé pourquoi je fais partie des personnes à licencier car, je pensais pour mon cas, il doit y avoir moins de charges sur mon salaire. Il me rétoque que mon cas exceptionnel n’a pas été pris en compte.

    Après tout ca, j’ai l’impression que je me suis fait avoir et maintenant Agefiph...

    En plus j’ai été mal compris parmi l’ensemble de la société.

    Ce que je demande, après réflexion, c’est de créer un contrat de « confiance » avec des obligations envers des collègues pour la personne handicapée. Par exemple, quand je demande l’aide pour prendre un carton lourd en haut de l’armoire, je demande l’aide à n’importe qui même au patron (j’en rêverais mais faut pas abuser... : p) sans qu’il me dit comme ceci : « attendez, je finis mon café », « je reviens on m’appelle »... bref : dans l’immédiat. Tout ca c’est juste pour la bonne continuité du travail.

    Mais il y a d’autres choses à améliorer dont : les handicapés ne sont pas les personnes à part. Oui souvent quand quelques collègues se proposaient une sortie après le boulot (de 19-21h avec apéritif et repas ensemble) j’ai été proposé moins que les autres. Pire encore, après 21h, tout le monde sont « rentrés » chez eux, or le lendemain, j’ai entendu les rumeurs qu’ils sont tous sortis ensembles dans un club de nuit ou dans un cabaret. J’ai été dégouté mais je comprendrais que je serais un « fardeau » pour les collègues qui n’ont pas de bon esprit...
    Je rêverais que les handicapés ne sont pas les personnes à part.

    Veuillez excuser de ce débordement mais c’est pour faire réagir dans les hautes instances de la vie sociale...

    En ce moment, je commence une formation qui, j’espère bien, me permettrait de travailler à domicile, c’est juste une expérience, et j’espère aussi que ce nouveau métier me permettrait de vivre plus sereinement et d’être bien entouré des « interlocuteurs » qui deviendront de vrais personnes de mon entourage (et de confiance).

    Merci de m’avoir lu...

  • La Ségaline
    La Ségaline
    écrivain public
    • Posté à 21h07 le 16/11/2009
    • Internaute 90768
      écrivain public

    Vous allez me trouver un peu naïve mais toutes les entreprises sont-elles égales devant la possibilité d’employer des handicapés : comment voulez-vous qu’une entreprise de maçonnerie ou de couverture puisse embaucher 6% de personnel handicapé ?
    D’autre part il faudrait que les services publics montrent l’exemple : en plusieurs années d’enseignement je n’ai pas vu un seul collègue handicapé, à peine une personne dans la maintenance d’un collège, à lui seul il était loin de réprésenter les 6% requis.
    Par contre au gouvernement bravo eux ils sont servis, quelle bande de bras cassés...

    • Duboutdumonde
      Duboutdumonde répond à La Ségaline
      Militante génétique
      • Posté à 23h11 le 16/11/2009
      • Internaute 96142
        Militante génétique

      Un diabétique, une personne muette ne peuvent donc pas être maçon ? ?
      Le problème majeur quand on parle de l’intégration des personnes handicapées c’est d’abord la méconnaissance de ce qu’est le handicap.
      Le commun des mortel en a une représentation hyper simplifiée :
      a) Fauteuil roulant, b) Canne blanche, c) Entonnoir à l’envers sur la tête

      Dans ma boite, sur 40 salariés, 29 sont reconnus travailleurs handicapés ... Faut croire que les bras cassés ne sont pas là où on pense les trouver !
      Petite précision quand même : ça s’appelle une « entreprise adaptée »... et avant de bondir en arguant le montant des subventions, sachez qu’en général celles-ci arrivent avec 6 mois de retard et qu’un employeur privé bénéficie lui aussi d’aides à l’embauche (cumulables) et à l’aménagement de poste et que, contrairement à nous, c’est sans aucune obligation de résultat ou protection du salarié.

      Commençons par faire tomber les représentations mais visiblement, c’est pas gagné !

  • gerard.lansac
    gerard.lansac
    élu consulaire
    • Posté à 22h45 le 16/11/2009
    • Internaute 96140
      élu consulaire

    Bonjour à tous,

    Parler du handicap c’est difficile, et expliquer la frilosité des entreprises à cet égard, encore plus.
    Je souhaite toutefois vous faire part d’une initiative prise par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Toulouse, pour favoriser l’intégration des personnes en situation de handicap au sein des entreprises.
    Sous l’impulsion du Président de la CCIT, Claude TERRAZZONI, nous
    avons crée le Club RÉUSSIR ENSEMBLE l’emploi des personnes handicapées, véritable réseau de partenaires, spécialistes du monde de l’handicap et susceptible de répondre aux interrogations des chefs d’entreprise concernant cette démarche de recrutement.
    Nous avons consacré l’année 2009 à 3 actions phares :
    juin 2009 : conférence sur l’obligation d’emploi des TH et présentation du réseau de partenaires
    septembre 2009 : témoignages d’entreprises « citoyennes » par rapport aux 3 types de handicap
    19 novembre 2009 : rencontre ENTREPRISES HANDICAPS avec un forum de l’emploi, proposant plus de 700 offres ! ! !
    Je pense donc que notre démarche à été entendue et comprise par les chefs d’entreprises et qu’ un mouvement de fonds s’amorce de façon durable.
    Il nous reste encore beaucoup de travail pour diffuser cette « culture du handicap » et le programme d’actions pour 2010 s’annonce très riche : approche de la problématique par branche( médical, hôtelier...) ATELIERS SUR LA COMMUNICATION EN INTERNE...
    On envisage aussi de dupliquer notre expérience aux autres CCI de la région....et peut être plus loin, car l’handicap ne connait pas de frontière

    Notre action peut se résumer à ces quelques mots :

    SAVOIR FAIRE ET FAIRE SAVOIR

    cordialement à tous

  • spooneur
    spooneur
    Noisette Touffue
    • Posté à 00h43 le 17/11/2009
    • Internaute 30045
      Noisette Touffue

    Il va de soit que bon nombre de commentaires ne sont que préjugés.

    Etant « lourdement » handicapé (+ de 80% c’est bien ?), faisant partie de la grande famille capitaliste actuelle et de plus ayant pratiqué de l’intérieur une certaine Association de GEstion des Fonds... je me permets donc d’intervenir pour éclairer certains nimbus habens.

    Les « handicapés » ne sont pas tous sous-diplômés.
    Je ne conteste absolument pas les chiffres qui tendent à le prouver sur...la catégorie la plus lourdement atteinte.
    Effectivement, le handicap ne se présente pas toujours sous la forme handicap/fauteuil...
    Le diabétique n’est-il pas considéré comme handicapé ?
    Bien entendu le muet ne sera jamais chanteur. Le sourd n’aura jamais un poste de standardiste...quoique....

    Le coût financier d’une intégration pour une personne en fauteuil roulant (tel est mon cas) ?
    En ce qui me concerne : 3 cales en bois de chez le menuisier du coin soit environ 100 sous (CF. B. VIAN).

    Tout est donc généralisation.

    Je concède volontiers le fait que les personnes reconnues handicapées et « lourdement » atteintes ne sont que par trop peu présentes dans le haut de la pyramide des diplômes.

    Pourquoi donc si peu de qualifications ?
    1/ Etre intégré dans un cursus scolaire dit normal par notre chère Education Nationale est le parcours du combattant (pas l’ancien) croyez-en mon expérience.
    2/ Les enseignants pratiquant dans les hôpitaux ne sont pas forcément légion...
    Etc etc....

    Concernant le « racisme » des collègues, je le cherche encore. Une personne obèse, et donc surement reconnue travailleur handicap, devra s’intégrer, le dépressif (tiens encore un qui peut se faire reconnaitre « handicapé ») le devra aussi.

    Je suis parfaitement « intégré », mes collègues oublient mon fauteuil et mes clients ne le voit plus quand je suis derrière mon bureau.

    Arrêtons de croire que le handicap est un frein à l’emploi et changeons donc les mentalités afin d’intégrer au mieux ces personnes.

    .G

    Addenda : la productivité est son dada comme dirait André Breton concernant mézigues.

  • Deamon7
    Deamon7
    Petit agité
    • Posté à 05h42 le 17/11/2009
    • 49273
      Petit agité

    Hier il y avait un article sur le site du Figaro qui disait que justement les entreprises ne parvenaient pas a recruter assez de personnels handicapes ayant plus qu’un BAC +4.

    • Hugo4
      Hugo4 répond à Deamon7
      Citoyen
      • Posté à 12h08 le 17/11/2009
      • Internaute 96127
        Citoyen

      Soit parce que les handicapés ne parviennent pas à l’obtenir dans un établissement spécialisé.

      Soit c’est une bonne excuse de ces entreprises qui ne recrutent pas les handicapés.

      Pour info : Il existe des PDG des multinationales ou des milliardaires francais qui n’ont pas eu les diplomes. « Népotismes » ? De ttoute facon, ils sont trop loin en haut comme Icare.

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 08h42 le 17/11/2009
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    les handicapé(es) c comme les elecs,ont parlent d’eux

    une fois par ans (la journée des handicapé(es)

    • Duboutdumonde
      Duboutdumonde répond à jmc06
      Militante génétique
      • Posté à 22h07 le 17/11/2009
      • Internaute 96142
        Militante génétique

      Ici on a fait plus simple : la journée (à l’origine c’était une semaine) est carrément zappée depuis 3 ans, sans que personne ne s’en émeuve (je pense aux asso, aux familles, aux principaux concernés..) .... Pas de journée, pas de problème ... L’est pas belle la vie ? ?