Votre porte-monnaie au rayon X 11/11/2009 à 18h38

Manon, prostituée à Paris pour 2000 euros par mois

Zineb Dryef | Journaliste Rue89

Malgré les variations de ces revenus particuliers, Manon a accepté qu’Eco89 passe son porte-monnaie au rayon X.


Manon, prostituée à Paris pour 2000 euros par mois (Audrey Cerdan/Rue89)

Avertissement : Les sommes indiquées sont approximatives en raison du mode de rémunération et de l’irrégularité de cette activité.

Le rendez-vous a lieu dans un café parisien aux fauteuils mous. A chaque femme qui pousse le tourniquet, vous vous demandez si c’est elle. Celle qui a le foulard rose ? Non, trop coquette, ce doit plutôt être celle dont l’épaisse couche de fond de teint jure avec la méchante teinture jaune des cheveux.

Et lorsque Manon arrive, légèrement décoiffée, chargée d’un grand sac et d’un carnet, vous ne vous dites plus rien. C’est pourtant elle. Une ravissante jeune fille de 26 ans qui explique, durant plus d’une heure, que prostituée, c’est un métier, pas une identité.

Elle n’aime pas trop le mot « prostituée », toutefois utilisé dans cet article parce qu’assez commode pour désigner cette activité qui « va de la pipe à 10 euros à la totale en une heure pour 400 euros ».

« Il n’y a pas mille façons de baiser », dit Manon. Embarrassée par l’expression, elle l’explique :

« Ce qui fait la différence du prix, c’est le cadre, la façon de faire. Pas franchement la technique... Ce que je veux dire, c’est que la gamme est large. Il faut sortir du stéréotype de la misère sur le trottoir contre le grand luxe façon call-girl. Si une fille fait le trottoir, elle aura plus de ’services’ et au final, elle peut se faire autant d’argent que la fille qui prend 200 euros de l’heure. »

Adhérente du Strass, le syndicat du travail sexuel, elle milite pour l’abrogation de l’article sur l’interdiction du racolage passif, inscrit dans la loi sur la sécurité intérieure de 2003 :

« On a besoin d’un vrai statut. Pas forcément une réglementation mais reconnaître ces métiers comme tels. C’est une loi totalement hypocrite qui fait beaucoup de dégâts. Aujourd’hui, on est dans un flou juridique total. On n’a aucun autre droit que celui de payer des impôts. »

Occasionnelle depuis la fin de ses années lycées, Manon, tire la totalité de ses revenus de cette activité depuis sept ans :

« J’y suis arrivée accidentellement. Au début, c’était un moyen d’arrondir mes fins de mois. Le temps passant, c’est devenu mon boulot. On ne choisit pas d’entrer dans la prostitution mais on choisit d’y rester. »

Revenus mensuels : de 700 à 4400 euros par mois

Manon est indépendante. En sept ans, elle a travaillé « dehors » (« j’attends mes clients dans des cafés, pas sur le trottoir ») et un peu sur Internet. Les bonnes semaines, elle a un client par soir :

« Je travaille 25 heures par semaine. Ce qui ne veut pas dire que je passe 25 heures avec des clients. Le prix à l’heure est assez peu représentatif. Pour une passe, il faut travailler plusieurs heures : chercher le client, se déplacer etc. Les meilleurs mois, j’ai un client cinq soirs par semaine. »

Manon touche en moyenne 200 euros par client, soit 3000 à 4000 euros les bons mois :

« C’est difficile de parler d’un revenu mensuel. Il y a des mois où je ne gagne rien. Il suffit que je tombe malade. D’autres où je tourne plutôt autour de 700 euros. La moyenne, c’est vraiment 2000 euros. »

Le prix de la passe, Manon le fixe elle-même. En conformité avec les prix du marché, dit-t-elle. Et si le client veut marchander, c’est non :

« Il faut éviter de se laisser tirer vers le bas. Ça renforce les fausses idées sur le métier, notamment celle des filles tellement dans la merde qu’elles peuvent accepter n’importe quoi.

Quand tu achètes une baguette, tu ne marchandes pas. Je ne vois pas pourquoi mes services seraient négociables. Je trouve ça dégradant. »

Mère célibataire (2 enfants), elle a touché l’allocation parent isolé (environ 700 euros mensuels) jusqu’aux 3 ans de son fils. Durant deux ans environ, Manon a arrêté de travailler. Elle a vécu de ses économies (« 8000 euros »), de cette aide et de multiples emprunts à sa famille.

Aujourd’hui, elle touche une aide au logement (APL) de 200 euros environ par mois et 200 euros d’allocations familiales.

Dépenses fixes : 2000 euros environ

Pour Manon, l’exercice est difficile : « Parce que c’est du black, du liquide, c’est quand même difficile pour nous d’établir des budgets... alors les dépenses... je ne sais pas du tout. »

Logement (électricité comprise) : 850 euros

« C’est difficile pour les filles de se loger. Il faut des bulletins de salaire... Nous n’avons rien de tout cela. J’ai trouvé cet appartement grâce à une copine. Avant je louais en plus un appartement professionnel avec une autre fille. C’était trop cher ; maintenant, je me déplace chez les clients. »

Transport : 250 euros

« Je n’ai pas le permis. Je me déplace en métro et je prends souvent des taxis le soir. Après, ça dépend des mois... »

Téléphone et abonnement Internet : 250 à 300 euros

« Je ne vais pas laisser mon numéro privé sur Internet ! On est obligée d’avoir deux téléphones, deux abonnements. C’est cher. »

Vêtements, accessoires et préservatifs : 100 à 150 euros

« Je ne suis pas très dépensière mais je suis obligée de renouveler ma garde-robe. Prenez les bas, c’est phénoménal les bas ! Ils sont filés tout de suite, c’est une paire de bas par client. Bon, les capotes, c’est pas cher du tout mais il en faut à peu près trois par passe. Il faut son petit matériel. »

Alimentation, produits courants : 300 euros

« Je fais des courses toutes les semaines pour mes enfants et moi. Je ne sais pas vraiment combien je dépense. Plus de 60 euros pour les courses principales de la semaine mais ça ne suffit pas, alors je dois y retourner. »

Loisirs et garde des enfants : 200 euros

« Il y a la danse (280 euros par an), la cantine qui ne coûte pas cher du tout, les sorties, les cadeaux pour les anniversaires, les goûters... Je ne peux pas vraiment calculer. Evidemment, les mauvais mois, on sort moins.

Je fais souvent garder mes enfants par ma famille. Sinon, c’est environ 50 euros pour une soirée avec la baby-sitter. »

Tabac : 100 euros par mois

« J’ai honte. Je fume un paquet par jour. Quand je n’ai pas d’argent, j’achète du tabac et je roule mes cigarettes. »

Autres dépenses

Manon paye 820 euros sa taxe d’habitation (redevance télé incluse) mais ne déclare aucun revenu :

« Plusieurs filles déclarent leurs revenus en profession libérale. Pas sous l’intitulé “prostituée”, plutôt des trucs comme “bien-être”, “massage” ou “prestation artistique”. Ce n’est pas mon cas. L’Etat fait tout pour m’empêcher de travailler, c’est totalement hypocrite de me prélever. Je suis tout à fait pour contribuer et redistribuer à condition de ne pas être exclue. »

Isolée financièrement et socialement

Contrairement à ses collègues du bois de Vincennes qui doivent parfois débourser jusqu’à 150 euros d’amende par soir, Manon se planque pour travailler mais là aussi, l’affaire est compliquée :

« Les bars ferment dans Paris, la police fait des descentes partout. Tous les gens qui “profitent” de notre argent risquent d’être inquiétés pour proxénétisme. Y compris la personne qui loue un appartement à une prostituée ou l’informaticien qui nous aide à faire un site. Bon, moi, je suis inscrite sur des sites gratuits... Mais voilà, tout est fait pour nous isoler. Il faut quand même redéfinir ce terme de proxénétisme ! »

Si Manon dispose d’un compte en banque, elle ne l’utilise que ponctuellement pour ne pas éveiller les soupçons. Ses économies, elle les garde chez elle :

« C’est très important d’économiser parce qu’on n’a aucun filet de sécurité en cas de pépin. Cet argent-là, il est tout de suite dépensé à la moindre tuile. Je suis fourmi, limite radin, alors ça va. »

Comme la plupart des personnes interrogées par Eco89 pour cette rubrique, Manon, à la fin de l’entretien, est étonnée d’être toujours dans le rouge. Elle ne se sent pas précaire mais déplore l’insécurité perpétuelle dans laquelle se trouvent les prostituées :

« Je ne sais jamais combien je vais gagner, si je vais travailler ou pas, si le client posera ou non un lapin, si une baby-sitter se déplacera à temps pour garder les enfants... Economiquement, je ne m’en sors pas si mal mais tant que je gagnerais de l’argent que je ne peux pas dépenser comme tout le monde, ce sera difficile. »

Photo : Audrey Cerdan

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  • ysengrimus
    • Posté à 18h51 le 11/11/2009
    • Internaute 12674

    Certaines font pas mal moins que cela, car il y a du monde qu’il faut arroser... Aussi, je dis : oui à la prostitution adulte

    Lien

    Non à sa privatisation (plus exactement : au proxo privé), oui à son étatisation…
    Paul Laurendeau

    • A.A
      A.A répond à ysengrimus
      Célibataire
      • Posté à 20h38 le 11/11/2009
      • Internaute 93848
        Célibataire

      Bonsoir,

      la marchandisation d ’ un humain, ne deviendra jamais une chose saine ; positive.

      Dans tout les cas de figure ...

      Une allégorie du diable que cette situation : « client-prostitué » ?

      Tu m ’appartiens : corps et âme.

      Dans cette situation l ’acheteur veut : un individu pour un besoin ( à la fois physique et psychique ) , le ou la prostitué : de l’ argent , se soumet.

      L ’un achète l ’autre se vend.

      Et plusieurs interprétations de cet acte , de cette logique , peuvent en être devellopper d ’ailleurs.

      Point d ’Amour dans tout cela.

      Oui , à l ’Amour , qui englobe la sexualité, hors tout cadre financier.

      Voilà de la joie !
      De la chaleur Humaine ... du bonheur peut être ?

      Un instant.

      Arraché au marasme ambiant de cette , sale, société humaine.

      Vivre : enfin.
      La dépasser.

      Puis retomber , ensuite ; en elle.
      Jusqu ’à la prochaine fois ? ? ?

      Ou à tout jamais.

      Je précise que je ne pense rien de mal du client ou du prostitué.

      C ’est une position dogmatique que la mienne :

      l ’Humain ne se corrompt pas.

      A.A

      • Keldan
        Keldan répond à A.A
        Now future & karpe diem
        • Posté à 16h19 le 12/11/2009
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Dans cette situation l ’acheteur veut : un individu pour un besoin ( à la fois physique et psychique ) , le ou la prostitué : de l’ argent , se soumet.
        Super... tu viens de décrire ce qu’on appelle le service contre rémunération, ce qui est la base de 90% des boulots de cette planète...

         
        • Network 23
          Network 23 répond à Keldan
          identité perdue dans mes papiers (...)
          • Posté à 18h35 le 12/11/2009
          • Internaute 23367
            identité perdue dans mes papiers (...)

          Oui, tout à fait. Mais le problème n’est pas si simple, et il est très difficile de prendre position sur un tel sujet. Il faut éviter la caricature « c’est mon choix, je fais ce que je veux » / « c’est immoral, faut l’interdire ».

          La logique de l’option libertarienne « c’est mon choix, ch’fais c’que j’veux » peut aboutir à tout & n’importe quoi : je me prostitue, je me vends en tant qu’esclave (ou salarié, comme tu le dis ; -), je choisis de me faire incinérer dans le Gange alors que ma famille est orthodoxe/juive/musulmane (trois religions qui refusent l’incinération), etc.

          Bref, ce choix est tout aussi bien celui de la « liberté » et du « libre-arbitre » (mais l’homme n’est pas un « empire dans un empire », selon le cher Spinoza et toute sociologie) que celui de l’égoïsme.

          Pour revenir à la prostitution, c’est peut-être son choix, elle en vit peut-être bien et elle assume peut-être les risques personnels qu’elle encourt (stigmatisation sociale, qui peut l’affecter elle, ses enfants, sa famille, etc., viol - et oui, une prostituée, comme une épouse, peut être violée -, meurtre...). Mais qu’en est-il des effets sociaux de cette activité, sur l’ensemble de la société ?

          Quels effets sur les rapports de l’homme & de la femme , sur le sexisme, sur la dégradation de la femme en objet, sur les violences conjugales, sur les meurtres sexistes, sur la misère sexuelle de l’homme et sur la réduction du sens des rapports sexuels, tant vu du côté masculin que féminin - que du « 3e sexe » ?

          Ces questions ne peuvent pas être évitées, même - et surtout - lorsqu’on est partisan de la légalisation de la prostitution, qu’on peut défendre pour tout un tas de raisons, souvent très proches de celles qui défendent la levée de la Prohibition des drogues (meilleur encadrement juridique, hygiénique et sanitaire, meilleure éducation des prostitué-e-s et des client-e-s, etc.).

          Bref, la « liberté individuelle » n’est pas l’alpha & l’omega de nos sociétés. A titre comparatif, beaucoup de choses sont interdites en France alors même que l’individu égoïste désirerait les faire, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Cela va du « lancer de nains » à la cryogénisation au désir que ses cendres soient conservées dans une urne déposée dans la maison d’untel (et tant pis si les frères et soeurs du défunt se sont engueulés et ne peuvent pas se recueillir devant), en passant par l’interdiction de vendre son sang, ses reins, ou, jusqu’à présent, son ventre pour faire de la maternité un autre métier (« mère porteuse »), etc. Hurler au scandale juridico-éthique de la « dignité » qui « bafouerait » les libertés individuelles est un point de vue bien réducteur.

          A l’inverse , ne pas prendre en compte tous les arguments en faveur de l’encadrement juridique de la prostitution au nom de l’ordre moral et social, du sexisme, de la réification (chosification-marchandisation) des corps, etc., est tout aussi réducteur. Au nom d’une morale hypocrite , on peut ainsi être amené à rendre les violences plus faciles contre les prostituées, à s’abstenir d’une prévention efficace des MST, à faciliter l’exploitation par des proxénètes potentiellement pires que le plus salaud des patrons employeurs de sans-papiers, etc.

          Difficile donc, il me semble, de prendre une position tranchée, et aussi de se contenter d’une simple équivalence « l’exploitation c’est l’exploitation, le capitalisme c’est vendre son corps - et son temps de cerveau disponible ». Il y a, malgré tout, des formes d’exploitation plus inhumaines que d’autres, et l’exploitation ne concerne pas que l’individu, mais l’ensemble de la société. Le choix personnel de cette prostituée, qui doit être dignement pris en compte, n’est pas pour autant un absolu, parce qu’il ne regarde pas qu’elle, mais aussi ses clients, les autres femmes, les autres prostituées, etc.

          Or, s’agissant de prostitution, il me semble que la véritable question, au-delà du débat prohibitionnisme/encadrement juridique , c’est celui de savoir :

          - quelles formes de sexualité nous voulons favoriser ?

          - quelle conception du sexe et des rapports entre les sexes nous voulons que notre société tolère - tout, on s’accorde à le dire aujourd’hui, n’est pas admissible, en matière de sexe comme en matière de rites funéraires comme en matière de ventes d’organes ?

          Le vrai débat, il est là, et le plus chaud partisan de la légalisation - excusez le « jeu de mots » stupide -, qui a de très bons arguments à son appui, ne devrait pas évacuer cette question très grave.

          La légalisation pourrait bien aménager la condition de prostitué-e et la rendre plus supportable ; elle peut aussi conduire à dégrader la sexualité et les rapports de genre.

          Dans un monde idéal, il est clair que, personnellement, concevoir les rapports sexuels comme un simple service commercial, une pipe en 5 minutes payées tant (parce qu’on a les moyens de se la payer - que font les frustrés qui ne l’ont pas ? faudrait-il faire un « service public de la prostitution » ? ; -), ce n’est pas ce que je trouve le plus éthique ; je suis bien d’accord, par ailleurs, pour considérer que l’exploitation de sans-papiers peut être considérée comme beaucoup plus scandaleuse.

          PS : @Yeti : c’est pas parce que la prostitution « existe » qu’elle « devrait exister » et qu’il faudrait l’admettre. Beaucoup d’horreurs existent, en premier lieu desquelles le capitalisme, qui ne les rendent pas moins insupportables (sur le plan philo, cf. Lien et Lien ).

          @N°18, qui a bien raison de dire que la lutte pour le droit des « travailleur-E-s du sexe » manque de « grains de folie » et de « part de maudite », j’ajoute qu’il s’agit-là d’une « utopie » tout à fait conformiste et réformiste, qui ne s’occupe que de conditions de travail (certes, c’est très important) sans aucunement engager le débat sur la sexualité & sur les rapports de sexe.

          Les militants de l’amour libre , depuis le XIXe & avant jusqu’aux années 1970, étaient bien plus révolutionnaires.. et posaient de vraies questions (même si les réponses n’ont pas toujours été les meilleures).

          Vouloir isoler ces débats en ne se concentrant que sur les conditions de travail, c’est faire du syndicalisme réformiste à la petite semaine, certes très important mais totalement insuffisant.

          • A.A
            A.A répond à Network 23
            Célibataire
            • Posté à 07h19 le 13/11/2009
            • Internaute 93848
              Célibataire

            Bonjour,

            Une jolie image en dit parfois plus que des mots ?

            Lien

            Remplacez donc le couteau par de l’ argent , et le fils par un ou une prostitué.
            Le père devenant le client.

            Voilà un Dogme ?

            De plus , une interdiction n ’empêche jamais certaines pratiques non ?

            « je suis bien d’accord, par ailleurs, pour considérer que l’exploitation de sans-papiers peut être considérée comme beaucoup plus scandaleuse. »

            Je ne partage pas du tout ce point de vue que je trouve dangereux.

            Je vous propose de passer une journée en tant que sans papiers et une journée comme prostitué.

            Et ensuite de vous demander : « Alors toujours le même point de vue ? ».

            Sachant ,que les sans papiers travaillent avec des faux et sont déclarés 48 heures avant leur embauche en préfecture .
            Comme en restauration ; par exemple.

            Leur paye étant le smic.
            Ceci pour l ’ écrasante majorité d ’entre eux.
            Leur réalité.

            Encore un mythe.

            Voilà.

          • Keldan
            Keldan répond à Network 23
            Now future & karpe diem
            • Posté à 12h41 le 13/11/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            haaaa je t’interdis de me traiter de syndicaliste ! : D

            Mais tu as bien raison de sortir le débat du cadre juridique et moral pour parler de l’influence que cela a sur la relation entre les sexes et sur la sexualité.

            C’est clair que ça doit générer une certaine incompréhension pour ceux qui n’ont des relations sexuelles qu’avec les gens qu’ils aiment.
            Mais avoir recours aux services de prostitution permet justement de se libérer de la contrainte des relations sociales : on baise sans lendemain, sans se demander si notre partenaire va vouloir rester et tous ces problèmes.
            Cela peut même être mieux qu’un amant ou une maitresse, il s’agit que de l’affaire de dix minutes, simplement parce que ce soir là on a envie d’une grande rousse ou d’un petit barbu, sans aucune affection ni continuité, évitant ainsi ce que j’estime être réellement tromper son époux.

            Bien sur, on est en plein dans le contexte du « cul pour le cul », loin du romantisme et de la sacro-sainte notion de couple.
            Mais cela revient au même que de draguer dans un bar pour délaisser ensuite, sauf qu’on donne directement de la liquidité au lieu de payer verres, fleurs, taxis et diners.
            C’est même mieux, pas besoin de mentir et d’être hypocrite, de se faire passer pour mieux qu’on est, de faire étal de ses qualités tout en masquant les défauts.

            Je crois même que cela peut assainir les relations entre hommes et femmes. Après tout, on peut se permettre de faire une réflexion sur la qualité d’un repas au restaurant parce qu’on le paye, mais il est très malvenu de critiquer la cuisine lorsqu’on est invité chez un particulier et qu’on y participe même pas.
            De même avoir recours aux services de prostitués permet d’assouvir ses fantasmes, surtout que ceux-ci sont non seulement consentants et habitués mais surtout savent y faire, et du coup on évite de choquer, de forcer par le principe du « je fais ça par amour » et même d’être secrètement déçu si le partenaire n’est pas à la hauteur.

            Mais surtout cela donnera une meilleure ambiance au sein de la société.
            De nos jours il est très mal vu d’aller aux putes, du coup soit on cache un « lourd » secret, soit on passe pour un sale pervers, soit on y va pas et on est frustré.
            Alors que ce serait tellement plus simple et surtout vivable si les gens allaient à la turlute sans honte, comme on va se faire masser ou coiffer, par des professionnels clairement indiqués sans soucis d’éthique quand à leur exploitation par des macs, des passeurs et autres trafiquants d’humains.

            Et le problème est bien là. Car si cela ne me pose aucun soucis éthique de filer un bifton à une serveuse qui se fait quelques extras ou une meuf qui préfère la monnaie au manger, je ne pourrais me résoudre à fréquenter les dames de St Denis, toute mignonnes et aguicheuses qu’elles sont, car je ne saurais si j’ai à faire à une tapineuse qui se paye ses études et vit en marge de la société à cause de son immigration clandestine, ou bien une pauvre fille piquée et sequestrée qu’on a largué sur le bitume pour faire rentrer la maille dans les poches d’un caïd du quartier.

          • xaxa
            xaxa répond à Network 23
            • Posté à 13h55 le 13/11/2009
            • Internaute 88669

            « au désir que ses cendres soient conservées dans une urne déposée dans la maison d’untel »

            Une petite précision. Depuis la loi du 19 décembre dernier, le devenir des cendres est imposé par l’article L2223-18-2. De fait, ne pouvant être remise à la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, ce qui était le cas avant.

            De fait, cette personne indique son choix (colombarium, dispertion, etc...) qui sera effectué par un officiant.

            Avant le 22 décembre 2008, il était parfaitement possible de recevoir les cendres du défunt. Par ailleurs, la loi en question ne se prononce pas quand aux cendres déjà obtenues avant l’entrée en vigueur de ce texte le 22 décembre suite à sa publication le 21.

        • Mossade
          Mossade répond à Keldan
          • Posté à 01h51 le 13/11/2009
          • Internaute 94128

          @ Keldan
          Je rajouterais que tout le monde sait que la Prostitution est l’un des plus vieux métiers du monde.

          Mais je dirait aussi que si la prostitution est légalisé un jour
          (car dans certains états elle est Toléré mais le pilier qui le supporte est trop mince pour dire Légalisé)
          le malaise ,l’ambiance malsaine et les danger qui l’entoure resterons et s’étendront.

          • Keldan
            Keldan répond à Mossade
            Now future & karpe diem
            • Posté à 10h51 le 13/11/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Honnêtement je ne sais pas trop.
            C’est vrai qu’il est idiot de penser que la légalisation rendra la chose parfaite et sans problèmes.
            Il suffit de voir les boites de nuits, salons de massage et autres activités légale mais border line, la mafia et le crime n’y sont pas complètement étrangère.

            Mais je pense que ça sera « moins pire », rien que par le fait qu’elles (ou ils mais bon je pense comme un mec : D) auront beaucoup moins de soucis avec les keufs, et de fait un meilleur ancrage dans la société leur permettra de pouvoir faire valoir plus facilement leurs droits.

        • A.A
          A.A répond à Keldan
          Célibataire
          • Posté à 07h02 le 13/11/2009
          • Internaute 93848
            Célibataire

          Bonjour,

          Heureux d ’apprendre que dans 90% des emplois , je peux possèder votre corps ...

          Et les 10% restant sont donc du bénévolat ?
          De l’ Amour enfin !

          C ’est justement ce que je prône .
          Car je pense que l ’épanouissement viens justement de la gratuité ... ;)

          Je voulais, en fait , dénoter que la prostitution ne se résume pas qu’ au corps.

          Voilà tout.

          • Keldan
            Keldan répond à A.A
            Now future & karpe diem
            • Posté à 10h45 le 13/11/2009
            • Internaute 5164
              Now future & karpe diem

            Je suis gentil, j’ai considéré qu’il existe 10% de gens qui bossent qu’avec leurs têtes. Mais on peut librement faire varier cette proportion en fonction de ses convictions : D

            Mais c’est bien ce que fait mon patron, il réquisitionne mon corps, lui demandant d’être présent huit heures par jour dans le local de son choix, et de s’agiter de manière à ce que je produise de quoi générer un chiffre d’affaires, en échange de quoi il me donne régulièrement une pile de thune.
            Certes sans ma caboche ça ne sert à rien, mais juste avec elle je me contenterais de lui donner un truc que j’ai fait, sans devoir me déplacer ou sans contraintes horaires, donc sans exigences physiques.

            Après je ne voudrais pas limiter les prostituées à ça, mais qu’on leur file un bifton de 50 ou un verre et un sourire, le principal intêret est une relation charnelle sans paroles nécessaires, même si parfois on y a recourt comme d’autres vont voir un psy ou un curé.

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 18h51 le 11/11/2009
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Interesting... Merci Zineb (et Manon d’avoir témoigné)

    • I.P
      I.P répond à Camille
      Flat4
      • Posté à 19h06 le 11/11/2009
      • Internaute 25391
        Flat4

      Très intéressant en effet, mais j’ai peur que les commentaires finissent noyés sous des aboiements outrés...

      • Le Yéti
        Le Yéti répond à I.P
        yetiblog.org
        • Posté à 19h54 le 11/11/2009
        • Internaute 6095
          yetiblog.org

        S’il n’y avait que les « aboiements outrés » ! Mais les plaisanteries grasses et lourdingues qui croient bon de de devoir fleurir en ce moment dans les posts ne valent guère mieux.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Le Yéti
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 20h00 le 11/11/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          C’est bien toi qui parle de « bigoterie des imbéciles » un peu plus bas , Le Yéti ?

          Dites, I.P et Le Yéti , c’est vous la conjuration des censeurs, ici ?

          • I.P
            I.P répond à Numerosix
            Flat4
            • Posté à 20h29 le 11/11/2009
            • Internaute 25391
              Flat4

            Pourquoi donc ?

          • Le Yéti
            Le Yéti répond à Numerosix
            yetiblog.org
            • Posté à 20h39 le 11/11/2009
            • Internaute 6095
              yetiblog.org

            En quoi donner un avis, même critique, est-il un acte de « censeur » ?

            En quoi trouver des plaisanteries « lourdingues » (et certaines le sont sérieusement !) est-il une demande d’interdiction de ces plaisanteries ?

            • framboise92
              framboise92 répond à Le Yéti
              je choisis la campagne, la (...)
              • Posté à 21h28 le 11/11/2009
              • Internaute 24519
                je choisis la campagne, la (...)

              Je me fais l’avocat de numero six : les tétons ne sont pas si lourdingues, dans la bonne norme !
              Désolé, Yéti, pourtant, je vous aime bien.
              Si on ne lourdingue pas , on va crever d’angoisse, par ces temps.
              Bonne soirée.
              ciaooo à tous.

              • Le Yéti
                Le Yéti répond à framboise92
                yetiblog.org
                • Posté à 21h43 le 11/11/2009
                • Internaute 6095
                  yetiblog.org

                Mais je ne parlais pas de cette plaisanterie-là (sur les têtons) ! Numerosix a peut-être été un peu vite en pensant que je qualifiais TOUTES les plaisanteries de lourdingues.

                ––-

                EDIT - Désolé, interrompu par un coup de fil ; je ré-édite et continue :

                Les plaisanteries ne sont pas toujours lourdingues en elles-mêmes. Et je comprends qu’elles puissent servir de soupapes d’évacuation au trop-plein d’angoisse. Ainsi l’humour juif genre Popeck.

                Mais ces plaisanteries ne peuvent pas ne pas tenir compte du CONTEXTE. Ici, Manon essayait, je crois, d’attirer l’attention sur la totale absence de garde-fous sociaux pour les gens qui exercent la même fonction sociale qu’elle.

                Or, contrairement aux Juifs, aux chômeurs, aux handicapés, les « putes » (comme les sourds ou les fous) attirent presque instantanément, « nerveusement », la plaisanterie.

                Et de fait, même si les « plaisantins » en question ne pensent pas à mal, le problème soulevé par celles-ci (Manon en l’occurrence) se voit dilué, « désarmé » par les rires.

                En tentant de soulager notre propre angoisse par le rire, j’ai l’impression (peut-être à tort) qu’on lui casse un peu son coup, à Manon, sur ce coup.

                –––––

                PS @ numerosix : ne prend pas ma petite sortie comme une attaque contre toi. C’est vrai que là, j’ai pensé que tu étais parfois un peu à côté de la plaque. Mais je t’aime bien, toi et tes plaisanteries bédesques ; -)

                • framboise92
                  framboise92 répond à Le Yéti
                  je choisis la campagne, la (...)
                  • Posté à 21h54 le 11/11/2009
                  • Internaute 24519
                    je choisis la campagne, la (...)

                  ok yeti
                  bonsoir !

                • King Kong
                  King Kong répond à Le Yéti
                  Crétin
                  • Posté à 23h36 le 11/11/2009
                  • Internaute 83722
                    Crétin

                  Tiens... Constatant que ses cata-prévisions économiques tardent à se réaliser, et ne se réaliseront jamais, le Yéti se reconvertirait-il dans l’utilité sociale de la pute et la vilénie de plaisanter grassement à propos d’icelle ?

                  • Le Yéti
                    Le Yéti répond à King Kong
                    yetiblog.org
                    • Posté à 00h45 le 12/11/2009
                    • Internaute 6095
                      yetiblog.org

                    @ « King Kong »

                    C’est ça, mon vieux, cause toujours ! Le flot des milliers de nouveaux chômeurs mensuels appréciera sans nul doute ton sarcastique à-propos. Les « putes » aussi. De même que les 50% de salariés en plus qui se sont dernièrement vus payer leurs salaires avec Lien.

        • DIOPZO
          DIOPZO répond à Le Yéti
          • Posté à 16h12 le 12/11/2009
          • Internaute 24613

          Pour les plaisanteries lourdingues je veux bien ouvrir le débat, je cite Manon : « Il faut éviter de se laisser tirer vers le bas »
          Mais comment elle fait donc Manon ?

        9 autres commentaires
  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 18h52 le 11/11/2009
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    Continue à bien t’occuper de tes petits Manon.
    Tendresse !

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 18h59 le 11/11/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Cette phrase :
    « Manon paye 820 euros sa taxe d’habitation (redevance télé incluse) mais ne déclare aucun revenu »
    ne tient pas la route…
    Elle revient à une TH de 700€/an !

    Or Manon n’a pas de revenus (déclarés), donc jouit de divers abattements sur la région Ile-de-France, et bénéficie aussi des abattements inhérents au fait que deux personnes sans ressources vivent sous son toit (ses enfants).

    Pour payer 700€, il faudrait qu’elle soit propriétaire d’un appartement d’au moins quatre pièces. Or elle est locataire. A moins qu’elle ne déclare pas ses enfants et vive dans une commune sans taxe professionnelle ?

    Sur Clichy, par exemple, un GRAND studio (assimilé par la DGI à un deux pièces) vaut 732€ (hors TV) pour une personne imposable, célibataire sans enfants…

    • pablico
      pablico répond à FabiendeMénilmontant
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 20h03 le 11/11/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      Bien que ces vaches de bourgeois
      Les appell’nt des filles de joie

      Bien que ces vaches de bourgeois
      Les appell’nt des filles de joie

      C’est pas tous les jours qu’ell’s rigolent
      Parole, parole
      C’est pas tous les jours qu’elles rigolent

      Brassens..

    • Guillemette Faure
      Guillemette Faure répond à FabiendeMénilmontant
      Journaliste
      • Posté à 20h23 le 11/11/2009
      • Internaute 34
        Journaliste

      Je vous annonce un article sur les impôts locaux pour bientôt, tout s’expliquera !

      • jyeden
        jyeden répond à Guillemette Faure
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 21h19 le 11/11/2009
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        si elle ne déclare pas ses revenus et touche ses allocs et l’apl, alors sa taxe d’habitation doit etre plafonnée à trois fois rien
        a moins qu’elle ne touche une pension alimentaire pour ses momes

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à Guillemette Faure
        journaleux - blogueur
        • Posté à 22h01 le 11/11/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        mais là je parle spécifiquement des abattements… puisque cette dame a deux enfants et des ressources modestes (officiellement pas de revenus).
        c’est pourquoi je donnais l’exemple d’une commune réputée chère de la proche banlieue, où j’ai omis de préciser que la baignoire et le WC étaient séparés et qu’il y avait ascenceur et gardien et parc (résidence de moins de vingt ans). dur de trouver plus cher ! sauf à avoir un grand logement, qui dans ce cas coûtera plus de 850€…

        C’est ce ratio que j’ai du mal à piger. elle ne doit pas habiter un logement où la TH est importante.

    • monisme
      • Posté à 11h11 le 12/11/2009
      • Internaute 52504
        clm

      Si elle ne fait pas de déclaration des revenus elle est taxée plein tarif, sans abattement.

      • jyeden
        jyeden répond à monisme
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 17h57 le 12/11/2009
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        soit elle ne fait pas de déclaration et elle est taxée plein pot
        soit elle en fait une avec zero et elle ne paye rien
        (hors la taxe télé)
        je pencherais pour la première solution parce que l’apl et les allocs il faut faire des declarations pour les toucher

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à jyeden
          journaleux - blogueur
          • Posté à 19h04 le 12/11/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          ne rien payer hors la taxe télé n’existe pas à ma connaissance.

          en revanche, l’exonération totale (taxe TV incluse) existe dans certains cas, comme le handicapé chef de famille ou le rmiste qui était au RMI en 2008 ou qui réside dans l’un des quatre DOM.

        1 autres commentaires
      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à monisme
        journaleux - blogueur
        • Posté à 19h02 le 12/11/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Les fichiers CAF et impôts sont croisés chaque année.

        Un avis d’imposition est demandé pour la plupart des démarches, entre autres à la CAF, pour justifier des ressources. Et c’est une obligation légale que de pouvoir à tout instant justifier de son train de vie, le plus facile étant la déclaration de revenus et le plus officiel étant l’avis d’imposition.

        La déclaration revêt donc ainsi un caractère quasi obligatoire… Même pour déclarer « 0 », les sommes versées par la CAF n’étant pas imposables, pas encore…

  • La mouche du coche-
    • Posté à 18h59 le 11/11/2009
    • Internaute 45466
      diptère

    z
    z
    Enfin un article qu’on lit jusqu’au bout !
    Quand elles n’ont pas de proxénètes derrière, j’aime bien les prostituées.
    A-t-elle un ami ?
    z
    z

  • ecor1
    ecor1
    sur le fil
    • Posté à 19h00 le 11/11/2009
    • Internaute 25388
      sur le fil

    2000 euros c’est pas tant que ca, je ne sais pas pourquoi j’imaginais plus.
    En meme temps elle ne bosse que 25 heures, ca lui laisse pas mal de temps de libre et c’est un luxe (que je n’ai pas par exemple).

    • alaixih
      alaixih répond à ecor1
      • Posté à 19h46 le 11/11/2009
      • Internaute 19775

      Je suis personnellement certain que c’est plus.
      Si on est prostituée il y a plusieurs raisons possibles.
      Soit c’est parce que c’est un moyen de gagner très bien sa vie sans trop de problème...
      Soit parce qu’elle n’a pas trop le choix.
      En l’espèce c’est un choix pour elle.
      C’est que forcément cela doit être rentable.
      2000 Euros nets d’impôt.
      C’est tout de même pas mal mais je pense que c’est sous estimé.
      Ceci dit en cas de contrôle fiscal il lui sera difficile d’expliquer qu’elle vit de l’air du temps et dans ce cas ça fait super mal......
      Il est cependant vrai qu’il y a une hypocrisie sur le sujet, les organismes de cotisation acceptant les cotisations de leurs membres mais par contre n’acceptant pas le reversement de retraite quand ils connaissent la véritable activité de la personne.... C’est injuste.

      • Network 23
        Network 23 répond à alaixih
        identité perdue dans mes papiers (...)
        • Posté à 17h48 le 12/11/2009
        • Internaute 23367
          identité perdue dans mes papiers (...)

        Un choix, dit-elle (en précisant : choix d’y rester, pas d’y rentrer). Cependant, ce choix est sans aucun doute surdéterminé par un ensemble de facteurs sociaux, économiques & psychologiques : si elle « choisissait » de faire autre chose, à condition d’admettre qu’elle ne soit pas bloquée par la peur de ne pas pouvoir faire autre chose, que pourrait-elle faire ? Quelle formation a-t-elle ? Quel autre avenir professionnel pourrait-elle envisager ?

        Sans doute, il y a toujours le choix de faire autre chose. Mais pousser la porte et se jeter dans l’inconnu est parfois terrifiant... De quel choix parle-t-on alors ? ...

  • RegisL
    RegisL
    Inge
    • Posté à 19h01 le 11/11/2009
    • Internaute 85976
      Inge

    « L’Etat fait tout pour m’empêcher de travailler, c’est totalement hypocrite de me prélever. Je suis tout à fait pour contribuer et redistribuer à condition de ne pas être exclue. “

    Bah, l’impôt sert entre autre a payer l’allocation parent isolé dont elle a bénéficié. Il serait plus honnete de dire ‘je ne paie pas d’impôts car j’en ai pas envie et je peux le faire’

  • A déménagé le 2 mai 2011
    A déménagé le 2 mai 2011
    Délinquante au coin de la rue
    • Posté à 19h01 le 11/11/2009
    • Internaute 26137
      Délinquante au coin de la rue

    Merci de ton témoignage Manon. J’admire ton courage !

    Certainement pas si évident que ça...

    • Anabase
      Anabase répond à RegisL
      chti
      • Posté à 19h22 le 11/11/2009
      • Internaute 48813
        chti

      les allocations parent isolé sont payées par la CAF et proviennentt des charges salariales.
      L’Etat ump est hypocrite et repressif, une régression totale.

      • RegisL
        RegisL répond à Anabase
        Inge
        • Posté à 20h35 le 11/11/2009
        • Internaute 85976
          Inge

        Il faut connecter deux neurones avant de parler : toujours l’UMP ? Vous êtes vraiment un obsédé !

        Ouais, pardon, la CAF prend les sous des charges salariales. Ca me fait une belle jambe, mais le résultat est que la dame prend les sous de l’Etat et elle ne remet rien au pot pour les autres.

         
        • raspo
          raspo répond à RegisL
          • Posté à 23h47 le 11/11/2009
          • Internaute 29511

          Il se peut que le PS, par exemple, ne vale pas beaucoup mieux sur le sujet.

          Mais l’auteur des lois les plus répressives envers les prostitué-e-s, c’est bien Sarkozy alors minsitre de l’Intérieur, avec le soutien de l’UMP.

          • Compte supprimé le 3 janvier 3
            Compte supprimé le 3 janvier 3 répond à raspo
            in angulo
            • Posté à 14h54 le 12/11/2009
            • Internaute 10904
              in angulo

            « Il se peut que le PS, par exemple, ne vale pas beaucoup mieux sur le sujet. »

            Je ne sais pas quelle est la position actuelle du parti socialiste sur la question, mais le député PS de la 18ème circonscription de Paris, Christophe Caresche, en se faisant l’auteur, en 2002, d’une proposition de loi visant à pénaliser les clients pour réduire la prostitution, se place clairement du côté des moralistes.

            • Network 23
              Network 23 répond à Compte supprimé le 3 janvier 3
              identité perdue dans mes papiers (...)
              • Posté à 17h52 le 12/11/2009
              • Internaute 23367
                identité perdue dans mes papiers (...)

              Peut-être, mais tant qu’à pénaliser la prostitution, c’est pas forcément idiot de ne pas se contenter de pénaliser les prostitué-e-s, mais aussi les clients.

              Et évacuer le débat réel sur cette question en en faisant une question « moralistes » contre « défenseurs réalistes des libertés individuelles » n’apporte rien. Le terme de « moralisme » disqualifie immédiatement des arguments très sérieux, tout autant que ceux en faveur de la légalisation. Pitié, ne me parlez pas de « moraline » (terme utilisé par les militaires pendant la guerre d’Algérie) ou de « Bisous-nours »... Et je ne suis pas un défenseur de l’ordre moral catholique ; -)

              • Compte supprimé le 3 janvier 3
                • Posté à 21h44 le 12/11/2009
                • Internaute 10904
                  in angulo

                Bonsoir Network,

                La proposition de loi de 2002 du député PS Christophe Caresche, s’inspire directement de la loi entrée en vigueur en Suède le premier janvier 1999 :

                « Celui qui se procure moyennant paiement des relations occasionnelles est condamné pour achat de services sexuels à une amende ou un emprisonnement de six mois au plus ».

                Or, après dix ans d’application, qu’observe-t’on ?

                C’est très bien décrit par un(e) certain(e) Virgule de Guillemet, en page 4 de ce fil :

                « La prostitution existera toujours. Dans tous les pays, pendant toutes les époques, les pouvoirs en place ont tenté de l’éliminer, sans succès. Le principal résultat a toujours été de fragiliser la sécurité des prostituées. La Suède a passé il y a quelques années une loi criminalisant les clients. Résultat, les prostituées suédoises doivent maintenant travailler dans la clandestinité, accepter des pratiques sexuelles qu’elles refusaient auparavant, et prendre des risques pour leur vie. »

                En mars 2003, une semaine avant la mise en application des lois de sécurité intérieure en France concoctées par Sarkozy, l ’ambassade de Suède à Paris, pour présenter sa politique en matière de prostitution, a cru bon projeter ce film :

                L’histoire, pour faire court, d’une petite nana venue de l’ex-Union Soviétique avec Andréi, son fiancé, celui-ci, une fois passé la frontière, disparaît ; jamais libre de ses mouvements, jamais dans la rue, elle se retrouve séquestrée dans un studio et conduite de client en client, d’appartement en appartement, par le proxo extrêment violent qui s’occupe d’elle.

                Drôle de choix de film, en vérité, car c’est exactement le genre de situation que vivent beaucoup de prostituées suédoises DEPUIS que la fameuse loi est entrée en vigueur.

                Soumises à une surveillance de chaque instant, elles ne peuvent en effet aller et venir à leur guise et ont donc les plus grandes difficultés à s’émanciper du tiers.

                Autrement dit, la proposition réglementariste de Caresche et ses sous-entendus moralistes, j’insiste, la preuve par l’expérimentation, est d’ors-et-déjà obsolète.

                Les « moralistes » ne sont pas sans arguments « sérieux », je vous l’accorde. Le problème, c’est qu’ils partent de l’a priori que la prostitution est - par nature - un avilissement.
                Leur rhétorique se heurte à l’arrivée au principe de réalité, leurs lois coercitives ne faisant qu’accentuer toujours plus la fragilité des prostituées en reléguant celles-ci aux confins, à la marge.

                J’ai beaucoup de respect pour quelqu’un comme Gisèle Halimi, par exemple, aussi même lorsqu’elle dit que les « prostituées sont à ce point dominées qu’elles symbolisent le paroxysme du non-pouvoir », mais je préfère de loin, ce que dit Elisabeth Badinter sur le sujet :

                « Un droit chèrement acquis (…) la libre disposition de son corps : C’est au nom de ce principe-là que les femmes ont acquis le droit d’avorter La banalisation de l’avortement ne doit pas faire oublier qu’il s’agit toujours dune véritable mutilation. Mais, en dernier ressort, c’est la femme qui doit être maître de cette décision et non l’État.

                C’est également au nom de la libre disposition de son corps que nous devrons admettre un jour ou l’autre le droit des transsexuels à se faire opérer, c’est-à-dire à la castration. Des voix s’élèveront contre cette atteinte définitive - à l’intégrité du corps, d’autres fustigeront ce délire des victimes que sont les transsexuels, mais là aussi, en dernier ressort, c’est à eux de choisir. Alors, si une femme préfère gagner en deux nuits ce qu’elle ne gagnerait pas en un mois à l’usine, qui peut décider à sa place de l’utilisation de son corps ? »

                Source : Elisabeth Badinter, « Rendons la parole aux prostituées »

        4 autres commentaires
    • alaixih
      alaixih répond à RegisL
      • Posté à 19h47 le 11/11/2009
      • Internaute 19775

      Cela correspond plus à la réalité.

    • Gallifrey
      Gallifrey répond à RegisL
      Ecrivain
      • Posté à 21h43 le 11/11/2009
      • Internaute 8709
        Ecrivain

      L’impot qu’elle choisit de ne pas payer sert surtout et aussi a payer les congés maladies, la retraite, la sécu, tout ce dont elle ne dispose pas.
      Je comprend sa logique. Pourquoi payer l’impot quand l’état te marginalise et fait tout pour te precariser.
      Niveau droit de l’Homme (ou droit de l’humain) c’est moyen...

      • LG240
        LG240 répond à Gallifrey
        • Posté à 10h12 le 12/11/2009
        • Internaute 23978

        Retraite, congé maladie et sécu sont payés par les charges salariales qu’elle ne paye pas (pour elle, 2000€ gagnés = 2000€ net).
        Les impôts servent à payer les écoles où vont ses mômes, l’hôpital où elle a accouché, les transports en commun dont elle se sert pour aller bosser (+la police, l’armée et les sondages de Sarkozy, on est d’accord), ce sont deux choses différentes !
        Au vu de l’article, je me demande si ,si elle en avait la possibilité, elle accepterait de payer des charges sociales (donc de se contenter d’un salaire net d’environ 1300€) pour bénéficier en échange de congés maladie et de droit à la retraite ? Pas sûr...Mais j’aimerai bien avoir la réponse

    • Iv
      Iv répond à RegisL
      Roboticien utopiste
      • Posté à 22h31 le 11/11/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      L’impôt sert aussi à payer les rafles et les contrôles, à financer la chasse au proxénétisme qui rend difficile pour elle de trouver à se loger ou à travailler. Elle serait chômeuse, elle aurait le droit à cette allocation. Elle ne demande qu’à être reconnue comme une travailleuse normale.

    • loufock
      loufock répond à RegisL
      étudiant
      • Posté à 23h58 le 11/11/2009
      • Internaute 64757
        étudiant

      En même temps l’état lui interdit de disposer de son corps comme elle veut donc je comprends tout à fait qu’elle refuse de payer des impôts...

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