Les criminels aussi ont des soucis professionnels
Que disent les économistes ?
Les criminels ne peuvent pas faire de pub pour leurs produits (« Les meilleures prostituées de tout Paris ! »), ne peuvent pas aller en justice en cas de litige (« M’sieur, il m’a volé ma cocaïne ! Je porte plainte ! »), ne peuvent pas se reconnaître spontanément entre eux (« Easycrime.com, le site de rencontres pour criminels »), et de manière générale, font face à pas mal d’obstacles quand il s’agit de faire circuler de l’information.
Dans Codes of the Underworld, Diego Gambetta s’intéresse aux petits soucis que les criminels rencontrent dans leurs activités professionnelles. Il explique très clairement les problèmes qu’ils rencontrent quand ils doivent communiquer entre eux. Ce livre a quelque chose de fascinant.
L’auteur fait appel à la théorie économique de l’information pour nous éclairer, et notamment à la théorie du signal. Exemple : une organisation criminelle veut recruter un nouveau membre, mais comment savoir s’il s’agit d’un vrai criminel ou d’un agent de la police qui tente d’infiltrer l’organisation ?
L’auto-mutilation, un double signal
Il faut demander à l’individu d’émettre un signal « discriminant », c’est-à-dire de faire une action qui est peu coûteuse pour un vrai criminel, mais très coûteuse pour un agent infiltré. Par exemple, on peut lui demander de commettre un meurtre. Un vrai criminel en sera tout à fait capable, tandis qu’un agent infiltré ne peut pas se le permettre.
Grâce à cette approche, l’auteur avance des hypothèses osées, mais de manière relativement convaincante. Par exemple, l’idée que l’automutilation en détention est un moyen d’envoyer un double signal aux autres.
Premier signal : je ne crains pas la douleur, alors vos menaces sont sans effet sur moi. Deuxième signal : je suis un fou furieux, alors si je suis capable de m’auto-infliger ces blessures, imaginez ce que je pourrais vous faire à vous !
Autre exemple : l’auteur pense que les bagarres en prison sont une façon de récolter de l’information sur la « force physique » des autres détenus. Les détenus aiment bien provoquer les petits nouveaux et les défier de façon à savoir s’il s’agit de gros durs qu’il vaudra mieux éviter ou d’individus inoffensifs qui pourront être exploités à loisir.
L’auteur aborde un grand nombre d’autres thèmes, comme les rôles joués par les tatouages et les surnoms, le problème de la confiance mutuelle entre criminels, la façon dont la corruption se met en place lorsque les deux parties ne savent pas dans quel camp joue l’autre...
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- Sur wikipedia.orgLa théorie du signal présentée par Wikipedia
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- Gone fishing !
- Gone fishing !
Dans les groupes de motards styles Hells Angels, afin d’accéder aux postes de commandes, il faut obligatoirement faire partie du club interne des « one percenters “, qui indique qu’ils ont commit un meurtre devant témoin. Ils portent tous un patch ‘ 1%’....impossible à infiltrer, mais il y en a toujours un qui se met à table un jour ou l’autre.




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