Armes, dictatures… : quand les banques pactisent avec le diable
Quand on arrive sur le site Secretsbancaires.fr, on est accueilli par une page sombre et une musique anxiogène.
Un décor adapté, puisqu’on y découvre une collection d’investissements moralement contestables que réalisent les banques françaises.
Parmi les entreprises ainsi financées, des fabricants de bombes à sous-munitions,
des compagnies détruisant l’environnement ou soutenant des régimes répressifs.
Ce site a été lancé en juin par une coalition européenne d’organisations non gouvernementales, représentée en France par les Amis de la terre.
« Ce qu’on y montre est la partie émergée de l’iceberg », estime Yann Louvel, chargé de campagne finance privée dans l’ONG.
Les six ONG européennes du réseau Banktrack engagent des consultants ayant accès à des bases de données financières pour déterminer où les banques de ces pays (France, Espagne, Allemagne, Italie, Royaume-Uni et Belgique) prêtent de l’argent à des entreprises, ou gèrent ou commercialisent des produits financiers pour elles ou leurs clients :
« Nos consultants travaillent par thèmes : une semaine, ce sera les banques européennes finançant les agrocarburants en Amérique latine ; la semaine suivante, le financement d’activités nucléaires par des banques françaises. »
La Société Générale et la mine plus polluante du monde
Le résultat est parfois très choquant. Ainsi, on réalise que les trois grandes banques françaises présentes sur le site (BNP-Paribas, Société Générale et Crédit Agricole) ont des liens avec Textron, une entreprise américaine produisant des bombes à sous-munitions. La palme revient au Crédit Agricole, qui « détient ou gère pour compte de tiers des actions dans cette compagnie pour un montant de 9,83 millions de dollars ».
La Société Générale a « octroyé des prêts et émis des obligations » d’un montant proche pour Freeport McMoran, qui gère la mine la plus polluante du monde, en Indonésie. Quant à BNP-Paribas, elle a « émis des obligations et détient ou gère pour compte de tiers » environ... 260 millions de dollars chez Total, dont on connaît l’activité en Birmanie.
Comment réagissent les banques à ce déballage de leurs pratiques ? « En mars, elles s’étaient déjà engagées par rapport au fabricant de bombes à sous-munition, mais je n’ai pas de nouvelles », relate Yann Louvel.
Pour lui, tous les exemples publiés sur ce site montrent que « les banques n’ont pas de politique précise vis-à-vis de l’éthique de leurs investissements, et qu’elles peuvent se retrouver, volontairement ou non, dans ce genre de projets ».
- Sur Rue89Secret bancaire : la Suisse « humiliée » par les Etats-Unis
- Sur secretsbancaires.frLe site Secretsbancaires.fr
- Sur amisdelaterre.orgLe site des Amis de la terre
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meurent de faim chaque jour
meurent de faim chaque jour
L’éthique des banques n’existe pas.
Par contre les tics des banques, eux sont bien réels et sont provoqués par de nombreux zéros après un chiffre.




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