La justice condamne un système de dénonciation au travail
Chez Benoist Girard, fabricant de prothèses à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), on ne pourra plus dénoncer son collègue grâce au système électronique mis en place par la direction : un juge des référés du tribunal de grande instance de Caen a suspendu vendredi ce « dispositif d’alerte professionnelle », conformément à la demande des salariés. Selon LeFigaro.fr, la direction de cette filiale du groupe américain Stryker devrait faire appel.
La justice a jugé que le logiciel de dénonciation en vigueur depuis dix mois causait un « trouble manifestement illicite ». En France, l’alerte professionnelle est autorisée, mais très strictement surveillée par la Commission nationale informatique et libertés (Cnil).
Celle-ci fait signer aux entreprises désireuses de s’équiper d’un tel système une autorisation qui permet uniquement les alertes « visant à l’établissement de procédures de contrôle interne dans les domaines financier, comptable, bancaire et de la lutte contre la corruption ».
Chez Sanofi, on peut dénoncer un collègue pour « abus de stupéfiants »
En juin, Eco89 avait révélé que le laboratoire pharmaceutique Sanofi-Pasteur utilise un système allant bien au-delà de ces critères, grâce à une déclinaison du site américain EthicsPoint (la pratique est très utilisée au Etats-Unis, car largement autorisée). Ses employés peuvent dénoncer des collègues pour « abus de stupéfiants », « conduite inappropriée », ou « violation de la politique interne ».
Pour prouver que le système était opérationnel, Eco89 avait dénoncé -calomnieusement- le PDG du laboratoire pour consommation de cocaïne, de marijuana et d’alcool dans son bureau. EthicsPoint n’a donné aucune suite à cette dénonciation anonyme volontairement farfelue.
A l’époque, le laboratoire nous avait affirmé que ce système n’existait en langue française que pour permettre aux résidents américains de « faire une déclaration dans une autre langue que l’anglais ». Le fait qu’on puisse utiliser le procédé depuis la France étant « une faille dans le système », selon le labo.
Le secrétaire général de la Cnil, Yann Padova, nous affirmait que Sanofi avait « pris des risques » vis-à-vis de son organisme. Quatre mois plus tard, la « faille dans le système » est toujours béante.
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Gaucher et contrarié
Gaucher et contrarié
En même temps, c’est un peu ça l’identité nationale ; pouvoir dénoncer ses collègues anonymement et en Français dans le texte.
Le seul moyen pour lutter contre ce système inepte, si vous en êtes la victime ou le témoin, c’est de reprendre à plus grande échelle ce qu’a récemment fait Rue 89.
C’est à dire le décrédibiliser en innondant la boite de dénonciations farfelues et peu crédibles voire de dénoncer vos collègues pour « dénonciations calomnieuses ».




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