Pôle emploi : la règle c'est la règle, même quand on vient recruter
Caroline L. est la responsable d’une structure sportive souhaitant recruter un nouveau salarié. Armée d’une annonce décrivant le poste et les conditions, elle se pointe à l’agence Pôle emploi la plus proche de son domicile pour en assurer la diffusion, convaincue qu’elle sera accueillie à bras ouverts.
On imagine bien, en ces temps de disette, que les gens qui franchissent le seuil de l’ex-ANPE viennent plus fréquemment demander du boulot qu’en proposer...
Tu parles ! L’agent d’accueil lui explique sèchement :
- « Votre annonce concerne un recrutement dans le XIVe arrondissement. Il faut donc la déposer dans une agence Pôle emploi de cet arrondissement. Ici, nous sommes dans le XIIe !
- Ah bon… Mais je suis venue ici parce que j’habite juste à côté et que c’était plus pratique… Vous ne pouvez pas simplement prendre l’annonce et la mettre dans votre système informatique ? Vous devez bien être en réseau, non ?
- Non madame, ça ne marche pas comme ça ! Le XIIe c’est le XIIe et le XIVe c’est le XIVe ! »
Obstinée, Caroline a fini par découvrir que l’on pouvait déposer son annonce par téléphone, auprès d’un centre d’appel situé on ne sait où mais moins bégueule en termes de localisation géographique d’un employeur prospectif.
Qui sait, avant de raccrocher, elle aurait peut-être bien fait de préciser qu’elle ne ferait pas d’histoire si les candidats habitent dans un arrondissement autre que le XIIe ou le XIVe (voire en banlieue, en province ou sur la planète Mars)...
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Bras gauche de la Vénus de (...)
Bras gauche de la Vénus de (...)
Par le petit bout de la lorgnette, Hugues ?
Ce temoignage trouvé sur le blog de Jean Jacques Urvoas, à l’ocasion de la dernière grève, très suivie des personnels des Pôles emploi, permet de mettre les choses un peu plus en perspective....
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Pnyx dit :
20 octobre 2009 at 21 : 44
Le 18 décembre 2008 était créé Pôle Emploi et là commençaient les problèmes et la confusion chez les demandeurs d’emploi et les entreprises.
Dès le début, la désorganisation des services fut au rendez-vous : plus aucun formulaire, plus aucune procédure. Il aura fallu attendre courant février 2009 pour avoir des informations partielles. Aujourd’hui le problème est toujours présent. La base n’a jamais été concertée et les grèves ont été ignorées. Aujourd’hui les agents de Pôle Emploi étaient en grève pour que le service rendu aux demandeurs d’emploi soit de qualité. Trop souvent ces mêmes demandeurs n’ont pas connaissance des conditions de travail des agents. J’entends trop souvent des critiques sur ce service public. Les entreprises ne sont jamais contentes des candidats proposés et les demandeurs aimeraient que le Pôle Emploi leurs trouvent un emploi sans qu’ils n’aient rien à faire.
Depuis le début de la fusion, les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader avec, pour commencer, la mise en place d’une plate-forme téléphonique qui éloigne le demandeur d’emploi de son référent. Le temps consacré par les agents à cette plate-forme est du temps en moins pour les demandeurs d’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi suivi par un conseiller avoisine le plus souvent la centaine. Le conseiller, du fait du temps consacré à d’autres taches, doit recevoir un demandeur d’emploi toutes les 25 minutes.
J’entends sur divers sites internet des demandeurs d’emploi insatisfaits du service rendu. Ils sont bien sûr en droit de demander plus. Je les invite eux aussi à faire connaître leurs revendications. Mais il faut garder à l’esprit que le Pôle Emploi a toujours été entre le marteau et l’enclume (demandeurs et entreprises). La grève ne changera sûrement pas grand chose, mais les salariés de Pôle Emploi l’ont faite pour les demandeurs d’emploi. Le Pôle Emploi a besoin de plus d’effectifs. Nous pourrions par exemple « CDIser » les nombreux CDD présents à Pôle Emploi, ceux-là vivent eux aussi la précarité parfois depuis plus d’un an. La fusion montre tous les jours ses limites, car elle est faite sans concertation, à marche forcée sans tenir compte des demandeurs.




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