04/11/2009 à 18h21

Et si on créait du logement étudiant avec des « kots à projets » ?

Magdeleine Walger | Reporters d'espoirs


Louvain-la-Neuve en 1984 (Jean-Pol Grandmont/Wikimedia Commons)

L’idée vient de Belgique, porte un drôle de nom mais pourrait aider beaucoup d’étudiants à trouver un logement, à condition qu’il participent à un projet d’intérêt général : le système du « kot à projet » ou KAP, né à Louvain-la-Neuve il y a trente ans, va être expérimenté dans le quartier Mistral, à Grenoble.

L’idée

Qu’est ce qu’un kot à projet ? Ou plutôt un « KAP’s », diront les initiés. Le mouvement « kapiste » est régulièrement évoqué dans la presse depuis qu’il a vu le jour, dans les années 1970, à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL), en Belgique.

Le principe ? Mettre des logements communautaires à disposition des étudiants qui s’engagent dans des initiatives culturelles ou sociales destinées à animer la vie universitaire et à créer du lien sur le territoire. Aujourd’hui, l’UCL compte 118 kap’s différents dans lesquels s’investissent plus de 1 500 « kotteurs » à Louvain et Bruxelles, qu’ils participent à des projets sportifs, environnementaux, humanitaires, à vocation récréative ou de services...

Pourquoi ce succès ? Sans doute parce que les avantages du système sont nombreux. Pour les étudiants, intégrer un kap à Louvain signifie d’abord accéder à des loyers plus bas que ceux proposés sur le marché, puisqu’il s’agit de logements étudiants appartenant à l’université.

Soit au final, une moyenne de 245 euros par mois tout compris, contre 350 euros dans le privé, pour une chambre meublée dans un appartement pouvant accueillir entre huit à dix personnes.

Mais le KAP, c’est aussi l’occasion de prendre part à un travail collectif. Jean-Michel Leunens, directeur de la commission d’attribution et d’évaluation des kots à projet, précise :

« A chaque kap correspond un projet et un groupe d’étudiants qui endossent des responsabilités. Une organisation se met en place avec, au minimum, l’élection d’un président, un secrétaire général, un trésorier. »

Ainsi, les membres d’un même kap apprennent à vivre et à travailler en équipe pendant minimum dix mois :

« Ça constitue un atout certain pour le CV car ils acquièrent des compétences en gestion, montage et suivi de projet. »

Quant à l’université, c’est pour elle un bon moyen d’encourager les dynamiques locales. Outre les actions dédiées à faciliter et animer la vie étudiante, beaucoup d’initiatives sont tournées vers la population de Louvain, notamment

  • donner des cours de soutien scolaire auprès d’élèves en difficulté
  • sensibiliser les habitants à l’écologie
  • participer au développement urbain de la commune

Comment la mettre en pratique ?

L’expérience des kap’s à Louvain en a inspiré beaucoup d’autres en Belgique, mais peu ont réussi. Pourquoi ? Manque de capital foncier, modèle trop difficile à agencer et à financer dans des zones très urbanisées ... Nicolas Delesque, directeur général de l’Afev, association française d’éducation populaire, commente :

« A Louvain, c’est l’université qui a construit la ville. Elle gère une grande partie du patrimoine ce qui facilite grandement la mise en place des kots à projet. »

Pourtant, depuis deux ans, un projet de « logements solidaires » calqué sur le modèle des kap’s de Louvain est en train de voir le jour pour la première fois en France. En plein cœur du quartier Mistral à Grenoble, classé zone urbaine sensible (ZUS), il devrait aboutir à l’ouverture d’un complexe de 80 places à la rentrée 2011.

Un plan architectural a d’ores et déjà été adopté qui donne un aperçu des seize futurs appartements communautaires : construits selon les normes haute qualité environnementale, ils seront répartis dans deux bâtisses de quatre étages, pour une capacité d’accueil de cinq à six locataires chacun.

En principe, à chaque étage correspondra un projet social à mener, mais des espaces communs (salle de réunion, foyer, terrasse) permettront aussi les échanges entre les membres des différents kots.

Côté prix enfin : les loyers devraient être indexés sur ceux proposés par le Crous. Car si le critère social sera pris en compte pour l’attribution d’une partie des places, il est question que tous les étudiants puissent intégrer la résidence.La motivation et la capacité d’engagement resteront donc essentielles.

Stéphane Letexier, directeur de l’action territoriale pour la ville de Grenoble, explique :

« L’objectif est de développer la mixité sociale dans une zone extrêmement précaire, d’abord avec l’implantation d’une école d’infirmières au Mistral. Puis qu’avec l’Afev, déjà active dans le quartier, nous avons réfléchi aux moyens d’intégrer du logement étudiant sur le modèle des KAP. »

Des montages complexes à mettre en place

La plus grande difficulté résidant, selon Nicolas Delesque, dans le montage financier :

« Le bouclage du budget pour la construction du bâtiment s’est fait rapidement, grâce au soutien de la Caisse des dépôts. Mais définir un modèle de financement capable d’assurer le fonctionnement futur des kots se révèle plus compliqué. »

L’université en France ne dispose en effet ni des espaces, ni des moyens nécessaires à la gestion d’un système aussi spécifique, caractérisé par des loyers faibles, l’absence de régime de caution solidaire, une organisation très structurée pour l’attribution des appartements et l’encadrement des projets...

« Tout est encore à inventer pour convaincre les investisseurs », conclut Nicolas Delesque. In fine, le projet du Mistral aura nécessité un budget global de quatre millions d’euros et mobilisé près d’une dizaine d’acteurs :

« Le jour où la résidence ouvrira, l’objectif est qu’il y ait déjà plus d’une centaine d’étudiants volontaires impliqués dans des programmes de tutorat dans le quartier.

Nous travaillons aussi depuis un an avec l’école d’infirmières pour qu’elle propose à ses élèves d’y mener des stages d’éducation à la santé. C’est le seul moyen de ne pas être vus comme des intrus ».

Ce que l’on peut faire

En parallèle, l’Afev continue de promouvoir ces « logements solidaires » ailleurs qu’à Grenoble. Paris, Lyon, Poitiers, seront bientôt le théâtre de nouveaux chantiers ...

Le pari est risqué mais il vaut la peine d’être relevé quand on sait qu’en France, 30% de la population étudiante opte pour la colocation. L’enjeu, c’est de convaincre les décideurs politiques de miser sur un système peu connu et qui ne fait pas toujours l’unanimité.

Ainsi pour l’Unef, principal syndicat étudiant, la priorité reste de créer ou réhabiliter du logement social indépendant. Hugo Bardet, président de section à Grenoble, précise :

« Les attentes des étudiants vont plutôt dans le sens d’accéder à l’autonomie. Nous ne sommes pas contre l’idée de la colocation, et encore moins de l’engagement citoyen, mais tout le monde ne peut pas s’impliquer de manière obligatoire dans des activités extra-scolaires. »

Photo : à Louvain-la-Neuve (Jean-Pol Grandmont/Wikimedia Commons)

► Rectifié le 5/11 à 00h00. Photo changée (cf. commentaires)

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  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 18h31 le 04/11/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Rien que 30 années de retard...

    Ha... si nous n’avions pas tout ces énarques et préfets pour bloquer toutes initiatives

    • Jean-Luc LUMEN
      Jean-Luc LUMEN répond à Jean-Luc LUMEN
      en invalidité
      • Posté à 19h00 le 04/11/2009
      • Internaute 47198
        en invalidité

      ...au moins un bon à rien qui s’est senti concerné...

  • jma14
    • Posté à 19h00 le 04/11/2009
    • Internaute 31729

    « né à Louvain-la-Neuve il y a trente ans, va être expérimenté dans le quartier du Mistral, à Grenoble. »
    Les belges ont 30 ans d’experience et nous on va tester ! ! ! ! ! ! ! !

    L’ouverture de ce centre aura lieu en 2011. Combien d’année de test allons nous devoir attendre ?

    Les Français incapables de tirer la quintessence d’un projet à l’étrangers. C’est vrai que culturellement nous sommes vachement différents des belges. Encore heureux que le projet ne vient pas de Papouasie, il serait encore sur les bureaux du CRNS ! ! ! ! !

    Ils nous ont fait le même coup sur les quartiers écologiques. Les allemands, les suèdois ont plus de 15 ans d’avance, mais nous, on doit encore tester, je ne sais plus dans quelle ville.
    En espérant que les résultats des tests ne tomberont pas pendant une élection, on serait capable de le bâcher parce que l’initiative venait du camp adverse !

    • BrunoC
      BrunoC répond à jma14
      ( ° ) ( ° )
      • Posté à 19h11 le 04/11/2009
      • Internaute 49016
        ( ° ) ( ° )

      La réponse à vos interrogations dans l’article... suffit de lire

      « L’expérience des kap’s à Louvain en a inspiré beaucoup d’autres en Belgique, mais peu ont réussi. Pourquoi ? Manque de capital foncier, modèle trop difficile à agencer et à financer dans des zones très urbanisées »

      • jma14
        jma14 répond à BrunoC
        • Posté à 19h43 le 04/11/2009
        • Internaute 31729

        Les échecs comme les réussites se modèlisent. Ca sert à cela une étude, à cerner les points forts et faibles et les croiser avec les données locales. C’est un peu mon métier.

        Et c’est bien ce que nous ne savons pas faire.
        Enfin ! je corrige, on sait le faire, mais les politiques ne savent pas intégrer les compétences. En revanche,ils savent communiquer.

  • pom7848
    pom7848
    Emmigré
    • Posté à 19h12 le 04/11/2009
    • Internaute 13588
      Emmigré

    La photo ne correspond pas à l’article. C’est la bibliothèque de Louvain/Leuven (l’ancienne, pas la neuve) et non celle de la ville nouvelle où s’est installée Louvain-La-Neuve quand les francophones ont été expulsés de Louvain/Leuven à la fin des années 60.

    • ici_et_ailleurs
      ici_et_ailleurs répond à pom7848
      culture addict
      • Posté à 20h41 le 04/11/2009
      • Internaute 52263
        culture addict

      Effectivement c’est le premier truc qui m’a frappé en voyant la photo....
      On rapellera au passage « l’intelligence » avec laquelle s’est fait, à l’époque, le partage des livres de la bibliothèque universitaire (cf photo) : cela aurait pu être les livres en français à Louvain la neuve et ceux en flammand à Leuven. Mais ce fut un livre sur deux (par ordre de rangement sur les rayonnages).

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à pom7848
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 23h49 le 04/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      J’ai changé la photo, merci pour votre vigilance.

  • BrunoC
    BrunoC
    ( ° ) ( ° )
    • Posté à 19h18 le 04/11/2009
    • Internaute 49016
      ( ° ) ( ° )

    En gros, on loge les étudiants s’ils acceptent de jouer aux travailleurs sociaux pendant leur temps libre. Je caricature à peine.

    Ca a sans doute des bons côtés notament pour exacerber la créativité sociale des jeunes, mais j’y vois un effet d’aubaine. Ceux qui s’engagent déjà dans des projets pourront profiter d’un logement. Dans le cas contraire, si le seul logement à la loyer réduit motive l’engagement dans le projet, ça sent pas la motivation extrême et augure mal du succés de l’opération.

    Dans tous les cas, ça permettra de culpabiliser l’étudiant qui galère pour trouver un logement : t’as qu’à t’engager dans un projet et postuler pour un kap, ’spèce de feinéant, et si tu bosses 20h par week end pour payer tes études, c’est pas une excuse.

    Dans tous les cas, ça ne règlera pas le problème de déséquilibre structurel entre offre et demande qui fait exploser les loyers pour les étudiants dans maintes villes universitaire.

    • Albedo
      Albedo répond à BrunoC
      • Posté à 09h49 le 05/11/2009
      • Internaute 7121

      Pas du tout, l’université offre bien plus de logements sans projets qu’avec projets, et les prix sont les mêmes. L’article est très imprécis sur ce sujet.

  • pipolino
    • Posté à 19h59 le 04/11/2009
    • Internaute 89242
      .

    L’idée vient de Belgique, .............. le système du « kot à projet » ou KAP, né à Louvain-la-Neuve il y a trente ans

    Il serait temps que la France se réveille, dans tous les classements nous sommes en queue de peloton

  • Turlutututu
    • Posté à 20h13 le 04/11/2009
    • Internaute 95040
      _

    Petite précision : il ne s’agit pas du « quartier du Mistral à Grenoble » mais du quartier Mistral tout court. En effet, ce quartier n’a rien à voir avec celui de Plus belle la vie, mais vient de Paul Mistral, ancien maire de Grenoble.

    • caro
      caro répond à Turlutututu
      délinquante avérée
      • Posté à 20h22 le 04/11/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      merci, j’allais en faire la remarque : -)

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Turlutututu
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 23h54 le 04/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      Je rectifie, merci pour votre vigilance !

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 20h47 le 04/11/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    L’association AFEV qui a l’air d’être partie prenante de cette idée, est une association connue dans le milieu étudiant où depuis des années elle les incite à aider les jeunes en difficultés scolaires
    Lien
    à l’école ou même dans les missions locales. Une antenne existe sur Grenoble. Jusqu’à maintenant, c’était complètement bénévole. Si les étudiants peuvent bénéficier de logements moins cher, tant mieux.

    Je mettrais quand même un bémol à cette idée : jusqu’à maintenant, c’était des éducateurs qui proposaient et menaient des actions dans les quartiers. N’est-ce pas un manière détournée de les éliminer ? Or, on ne s’improvise pas « animateur de quartier », il faut y être implanté et bien connaitre ses habitants, leurs us et coutumes. Malgré toute leur bonne volonté, je ne vois pas trop ces étudiants débarquer comme des cheveux sur la soupe ...
    Enfin, je leur souhaite bonne chance ...

    Autre point négatif : le quartier Mistral est fort loin de toutes les universités de St Martin d’Hères et de leurs satellites un peu partout en ville et en pourtour.

    • SupercalifragilistiC
      SupercalifragilistiC répond à caro
      J'représente mon cul pas un (...)
      • Posté à 10h28 le 05/11/2009
      • Internaute 62369
        J'représente mon cul pas un (...)

      Je comprends votre critique par rapport à l’élimination des animateurs (je sais pas si c’est vraiment le cas...) mais moi je vois ça différemment.

      Prendre des jeunes qui ont la chance d’avoir une situation (financière, familiale, ou autre...) assez stable et les faire créer des projets apporte une certaine dynamique au quartier, pour moi c’est évident.

      Un exemple concret : je fais de la photo argentique, et il n’y a pas de club photo étudiant à Grenoble (oui, c’est fou). Du coup j’allais à l’espace 600 à Mistral. C’était super (bas tarifs, bcp matériel dispo...) mais le responsable (50 ans) était tout seul pour gérer ça, ou parfois aidé par un bénévole (un passionné à la retraite).
      Si des étudiants peuvent participer à ce projet par exemple, créer une dynamique, des événements...nul doute que d’autres jeunes du quartier s’y intéresseront !

      Parce que en un an d’utilisation de ce local, j’y ai jamais croisé un jeune du quartier...c’est aberrant tout de même !

      Donc moi qui vais rentrer continuer mes études à Grenoble dans quelques mois, je me réjouis de savoir qu’un tel projet est lancé.

      Et par rapport à la distance Mistral-Université, j’espère que vous rigoliez...c’est 10-15 min en vélo, 25 en tram ou bus, largement supportable pour n’importe quel jeune un brin dynamique non ?

  • troma
    • Posté à 21h01 le 04/11/2009
    • Internaute 38257

    Merveilleux !
    Je suis sûr que les milliers d’étudiants qui continueront à raquer leur loyer à leurs gentils propriétaires retraités/actionnaires/profiteurs (rayer la mention inutile... quoi y’en a pas ?) seront heureux d’apprendre la nouvelle...
    Plouf ? Vous avez dit PLOUF ?
    Et si déjà on remettait en état les piaules universitaires insalubres et qu’on en construisait plus, et si on réquisitionnait les batiments innocupés, et si on instaurait un système de « squat » légal comme aux pays bas ?
    Bref, le projet est bon en soi, mais c’est un peu faiblard...

    • ezechyel
      ezechyel répond à troma
      étudiant en galère
      • Posté à 00h01 le 05/11/2009
      • Internaute 77819
        étudiant en galère

      oulaaaa ...c’est de l’hérésie camarade :)

      Obama se fait traiter de socialiste pour une secu... chez nous ce serait pire , le politique au pouvoir qui ose prôner ça passerait pour un communiste , voir pire encore, un anarchiste dans les mass média et tous les veaux suivraient...

      cependant, ce serait le perou sur roues !

    • Albedo
      Albedo répond à troma
      • Posté à 10h15 le 05/11/2009
      • Internaute 7121

      Je en comprends pas bien votre commentaire. Le système des KAP n’a jamais été prévu pour pallier un déficit de logements, ça n’a rien à voir. Il intéresse à l’étranger parce qu’il permet de faire vivre des zones universitaires souvent assez sinistres. C’est d’ailleurs la raison de son invention : quand l’UCL s’est installée sur ce qui étaient des champs et a construit une ville à partir de rien il n’y avait absolument aucune forme d’animation (pas de cinéma, pas de théâtre, nada) et les KAP faisaient véritablement vivre la ville nouvelle.

      Ils permettent aussi d’offrir une base pratique d’activité
      aux activistes : KAP Amnesty, KAP WWF, KAP homosexuel, KAP MSF
      aux sportifs : KAP roller, KAP volley...
      aux culturels : KAP BD, KAP cinéma d’auteur...
      et plein d’autres.

  • Tiberius Gracchus
    Tiberius Gracchus
    Enseignant-chercheur
    • Posté à 21h56 le 04/11/2009
    • Expert 82652
      Enseignant-chercheur

    Comme l’a déjà signalé pom7848, la photo n’est pas pertinente puisqu’elle montre la bibliothèque de Louvain/Leuven, une ville ancienne située à 30 km de Louvain-la-Neuve, qui est de son côté une ville nouvelle, créée peu après la scission de l’université catholique de Louvain en 1968.

    • Yann Guégan
      Yann Guégan répond à Tiberius Gracchus
      Avec les doigts http://bit.ly/ (...) Rue89
      • Posté à 00h04 le 05/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 1836
        Avec les doigts http://bit.ly/ (...)

      J’ai changé la photo, merci pour votre vigilance.

  • labula78
    labula78
    employé
    • Posté à 22h24 le 04/11/2009
    • Internaute 95051
      employé

    Bonjour, l’idée est excellente, ayant fait mes études à Louvain-la-neuve, j’ai vécu dans un tel kap et l’ambiance est géniale !
    je tenais quand même à vous dire que la photo de l’article n’est pas du tout celle de la bibliothèque de LLN mais bien l’ancienne bibliothèque de LEUVEN, en Flandre dont ont été chassés les wallons venus de réfugier à LLN, ville sortie de terre dans les années 70 suite à la séparation des deux entités linguistiques. La bibli de LLN est bcp plus moderne et il y en a des dizaines par faculté !
    bonne soirée !

  • pmithrandir
    pmithrandir
    Developpeur
    • Posté à 22h27 le 04/11/2009
    • Internaute 90097
      Developpeur

    245€ pour une piaule dans une colocation a 8, en quoi est ce exceptionnel ? (ca fait quand même 2000€ la baraque, y a de quoi faire...)
    Une chambre de cité U c’est 125 ou 140€ selon la date de rénovation. (auquel on peut enlever 60€ d’APL).
    Bref, quitte a bosser en plus, autant gagner de l’argent c’est plus rentable.
    Encore un projet qui va tomber à l’eau, parce que pas de besoin coté étudiant.

    Ce qu’il faut, c’est des résidence étudiante, des piole de 9m² avec sdb, sanitaire et cuisine commune.
    Maintenant, ils les font avec douche perso même(résidence de nantes) pas mal de rangement, le réseau sur le bureau et un frigo pour ses affaires...

    Forcement ca coute plus cher, mais c’est vraiment ce qui permet à un jeune d’acquérir une autonomie.

    • Shargat
      Shargat répond à pmithrandir
      Etudiant
      • Posté à 11h01 le 05/11/2009
      • Internaute 81244
        Etudiant

      Pas de besoin côté étudiant ? Je ne suis pas d’accord avec vous sur ce point, et c’est un étudiant qui vous répond.
      .
      Les cités U sont avant tout réservées aux boursiers. Or, comme chacun le sait, les bourses sont attribuées par palier, et nombreux sont les étudiants dont les revenus des parents se situent un poil plus haut que le palier pour obtenir une bourse.

      Du coup, ils se retrouvent à devoir chercher un logement à 350 euros et plus.

      Je trouve ce projet plutôt prometteur en ce sens qu’il permettrait de rééquilibrer un peu la balance, à condition que la participation aux projets communautaires n’empiète pas trop sur le temps d’études, car alors apparaitrait une nouvelle inégalité.
      D’autant qu’en général, un étudiant qui effectue un job étudiant ne le fait pas pour être « rentable » ou bénéficiaire, mais pour payer ses dépenses étudiantes.

      • pmithrandir
        pmithrandir répond à Shargat
        Developpeur
        • Posté à 18h30 le 05/11/2009
        • Internaute 90097
          Developpeur

        Vous auriez du lire le deuxième paragraphe... c’était pourtant pas bien long...

        Je préconise beaucoup plus la création de cité U et de logement CROUS que ces initiatives qui pour moi n’ont aucun intérêt.

        Si vous donnez 4h par semaine à un travail, vous gagnerez environ 160€, largement de quoi faire la différence de prix entre 245 et 350€. sauf que vous vivrez chez vous et non en colocation.(et sans que l’état s’en mèle et dépense de l’argent).

        De plus, si l’on prenait toutes les surfaces qui sont proposées pour ces projets « innovants » pour en faire des cité U, on aurait bien plus de chambres d’ouvertes.

        Après, je sais que durant mon engagement associatif au coté du CROUS, il était parfois difficile de faire entendre ce point de vue. Ils voulaient a tout pris construire 30 beaux studios confortable plutôt que 60 chambres petites. Les étudiants disaient par sondages qu’ils préféraient avoir des studio que des chambres, en oubliant juste que le prix était 2 fois plus cher.(et après venaient se plaindre qu’ils n’avaient pas assez de sous pour vivre)

        Après, toute cette discussion sur les prix dépend également beaucoup des villes ou l’on est.
        Si vous allez a Paris, votre budget logement explosera.
        Si vous allez dans une grande FAC de province, il sera élevé mais endurable pour beaucoup.
        Si vous allez dans une petite ville(style Angoulême) vous vivez normalement avec 350€ de budget mensuel tout compris tellement les prix sont bas...

        Mais ca ne coïncide pas avec la centralisation des écoles.

  • etudiant lillois
    etudiant lillois
    étudiant
    • Posté à 22h36 le 04/11/2009
    • Internaute 86952
      étudiant

    J’ai un peu de mal a voir ce qu’il y a d’innovant.

    Actuellement en France, le logement social étudiant (CROUS), loge une minorité des étudiants français (moins de 10%) et contrairement a toute les promesses des gouvernements successifs et les mobilisations des syndicats étudiants on a quasiment rien construit pendant 40 ans alors que la population étudiante ne cessait d’augmenter, du coup d’un étudiant sur deux en résidence on est passé a moins de 10%.

    Les étudiants ont donc été contraints de se tourner vers le privé et bien sur les aides sociales n’ont pas suivies. Et les couts ne cessent d’augmenter (ticket RU, frais d’inscription...)

    La population étudiante ne cesse de plonger dans la précarité, les étudiants renoncent à des soins, soufrent de malnutrition, ratent des cours pour pouvoir exercer leur activité salariée.

    De ce fait nombre de formations qui exigent un nombre important d’heures de travail excluent de fait les étudiants pauvres.

    Et là, au lieu d’avoir une proposition rationnelle : construire du logement CROUS, on ressort des propositions fumeuses comme des logements aidés contre des services à la communauté.

    Oubliant que l’étudiant est un travailleur en formation (charte de Grenoble) et non un jouet au service de l’animation de la ville. Qu’en tant que travailleur il devrait être rémunéré pour son travail via par exemple le salaire social défendu par le syndicat SUD étudiant ou le projet moins ambitieux de l’UNEF.

    Enfin bon, ça nous change un peu de ceux qui veulent nous placer chez les personnes âgées mais reste proche du projet de Royal qui voulait nous accorder des aides contre des services rendus (du soutien au lycéens si je me souviens bien).

    • ezechyel
      ezechyel répond à etudiant lillois
      étudiant en galère
      • Posté à 00h07 le 05/11/2009
      • Internaute 77819
        étudiant en galère

      Lille 3... je te vois : D...

      ^^ –->[]

  • Red_XIII
    Red_XIII
    Chercheur en expression (...)
    • Posté à 23h25 le 04/11/2009
    • Expert 30332
      Chercheur en expression (...)

    Cette misère sociale m’incite à relier ici un autre article de rue89 : Lien

    « Monsieur Lionel Tardy demande à monsieur le Premier ministre de lui indiquer les rôles respectifs du Conseil national de la vie associative [80 membres se sont réunis 44 fois en 2008 pour un coût de 125 000 euros, ndlr] et du Conseil du développement de la vie associative [21 membres se sont réunis 5 fois en 2008 pour un coût de 5 000 euros]. »

    « Monsieur Lionel Tardy demande à monsieur le ministre de l’Education nationale de lui indiquer les rôles respectifs du Haut conseil de l’éducation [9 membres se sont réunis 27 fois en 2008 pour un coût de 66 400 euros] et du Conseil supérieur de l’éducation [97 membres se sont réunis 14 fois en 2008 pour un coût de 18 640 euros]. »

    Bien sur, dans notre DEMOCRATURE, il y a « logement social » à 140 € / mois et « logement social » à 14 000 € / mois....

    Alors ces branleurs d’étudiants sont ils bien 100 fois plus inutiles que nos branleurs du gouvernement ? ?

    Ces questions sont toutes absurdes.

  • bruno59
    bruno59
    lecteur assidu de rue 89
    • Posté à 23h33 le 04/11/2009
    • Internaute 95035
      lecteur assidu de rue 89

    idem pour la photo, si il y avait un aussi beau bâtiment à Louvain-la-Neuve, bâtie il y a 40 ans, ça se saurait !

    • Kiou
      Kiou répond à bruno59
      employé
      • Posté à 08h50 le 05/11/2009
      • Internaute 95066
        employé

      Oups la photo a changé !

      Hé oui ce bâtiment existe : c’est la fac de théologie... Le Collège Albert Descamps se trouvant sur la Grand Place... : Lien

  • Kiou
    Kiou
    employé
    • Posté à 08h41 le 05/11/2009
    • Internaute 95066
      employé

    Bonjour,

    Je me permets de faire un petit commentaire sur cet article.
    Je suis Belge, j’ai fait mes études à Louvain-la-Neuve et j’ai été responsable d’un kot-à-projet pendant 2 ans (fin des années 90’). Notre projet était de faire connaître et de former les étudiants à l’internet (c’est à cette « époque » qu’internet a vraiment décollé en Belgique avec des connexions via le câble et des débits qui commençaient à être corrects).
    Le système des KAP’s n’existe qu’à Louvain-la-Neuve et permet aux étudiants d’être de vrais acteurs de la vie sur le campus. En effet, chaque KAP’s doit organiser des activités autour du thème qu’ils ont choisi (aide aux personnes âgées, organisation d’une bibliothèque de BD, location de jeux de société, mise en place d’activités sportives, séances de cinéma, ...). En échange, l’Université catholique de Louvain mais à la disposition des étudiants qui s’investissent, des logements à des loyers plus faibles que sur le marché privé.
    J’ai vécu deux années formidables comme responsable et cela m’a également préparé à la vie professionnelle dans la mesure où j’ai dû « gérer » une équipe et les motiver autour d’un projet au jour le jour (cette expérience est d’ailleurs fort appréciée des employeurs).
    J’espère que ce projet aboutira en France tout en signalant que si cela fonctionne aussi bien à Louvain-la-Neuve c’est notamment parce que c’est une ville toute entière (ou du moins à 80%) destinée aux étudiants.
    Pour plus d’infos sur les KAP’s : Lien
    Bonne journée,

    Kiou

  • Albedo
    • Posté à 09h37 le 05/11/2009
    • Internaute 7121

    Plusieurs imprécisions (fautes mêmes), dans l’article :

    L’argument du prix est erroné. Il faut savoir que les KAP ne représentent qu’une part minoritaire de l’énorme parc locatif de l’Université de Louvain, et qu’il n’y a pas de différence de prix ou de qualité entre les logements normaux et les KAP.

    Ce qui pousse les étudiants à aller vers les KAP c’est deux choses :
    - s’investir dans un projet
    - choisir ses collocataires (on présente un groupe formé pour les nouveaux projets et pour les KAP déjà en place ce sont les étudiants qui restent l’année suivante qui choisissent les nouveaux collocataires, alors que dans les logements « normaux » on tombe n’importe où)
    - dans le passé c’étaient aussi les seul logements de l’université à être mixtes

    Ensuite, vous oubliez un élément qui me semble essentiel dans le système : l’Université subsidie les projets ! Directement (rembourse des frais engagés) et indirectement (favorise des activités qui ramènent de l’argent en prêtant par exemple des auditoires pour organiser des cycles cinéma etc)

    Le titre de l’article contient une erreur : « kot » est tout simplement un terme facile utilisé pour désigner un « logement étudiant », les kots-à-projets en étant leur déclinaison particulière qui intéresse l’article. Donc dire « des logements étudiants avec kots-à-projet » est redondant, c’est comme dire « des logements étudiants avec logements étudiants à projet ».

    Enfin, pour compléter la vue d’ensemble du système, chaque année tous les projets passent devant une commission qui examine leur activité et 1/3 d’entre eux passent d’office à la trappe, ce laisse de la place aux nouveaux.

    • paulthielen
      paulthielen répond à Albedo
      enseignant
      • Posté à 13h43 le 06/11/2009
      • Expert 95202
        enseignant

      Bons compléments.
      Le mot « kot » signifie placard en flamand. Traditionnellement les étudiants de l’Université de Louvain-la-Neuve logeaient dans des pédagogies (grands internats organisés par l’Université, des régions d’origine, des congrégations religieuses, ...) ou chez l’habitant.
      Des propriétaires de la ville aménageaient de façon plus ou moins précaire une petite chambre et parfois un simple placard (« kot »). C’est ce mot qui a survécu dans le vocabulaire universitaire belge (kot, kotter, kotteur, ou koter, koteur).
      Paul, un kotteur de Leuven années 60 et kotteur « pionnier » de Louvain-la-Neuve en 1972.

  • CorentinW
    CorentinW
    Rédacteur
    • Posté à 11h40 le 05/11/2009
    • Internaute 92346
      Rédacteur

    J’ai kotté dans un KAP pendant un an à Louvain-la-Neuve et j’ai vécu dans un studio pendant un an à Grenoble, pendant mon année de licence.

    Ce sont deux villes très différentes. Louvain-la-Neuve est une ville universitaire compacte. Les « kappistes » (habitants des kots à projet) sont donc près des facs. Ce qui veut dire que :

    - ils ont du temps à consacrer aux activités du KAP, même ceux qui vont au cours...
    - leurs activités attirent un grand public, car les étudiants vivent tout près et n’ont pas beaucoup de choix de sortie à part les kaps et les cercles étudiants (la petite ville est entourée de champs)

    Le quartier Mistral, si je ne me trompe pas, est situé loin des principales facs de la ville, ce qui rendrait, je pense, l’attrait moins grand pour les étudiants.

    Les KAPs sont nés lors de la construction de Louvain-la-Neuve, lors de la scission de l’Université de Louvain (à Louvain « l’ancienne ») en une université flamade et une univeristé francophone, construite dans des champs en région francophone. Les premiers étudiants traversaient des chantiers et champs boueux pour aller aux cours, et les kaps ont été crées pour créer de l’animation dans la villa naissante.

    Je pense que le concept n’est pas transposable à l’identique à Grenoble.

    Mais peut-être qu’il y a quelque chose à faire pour permettre aux étudiants de vivre en communauté et de s’engager dans des projets sociaux et d’animation.

  • vol19
    • Posté à 19h55 le 05/11/2009
    • Internaute 13492

    Démarche très intéressante et forcément d’avenir. La non existance de ce type de dispositif en France est hélas un symptôme de la vie sociale et urbaine.
    Espérons que des initiatives de ce type se développeront en France.

  • end
    end
    • Posté à 19h59 le 05/11/2009
    • Internaute 41817

    Ce que je trouve incroyable c’est la remise en cause du « métier d’étudiant “.
    Donc, si je comprends bien, ils payent un loyer de 350 euros et en plus de leurs études et de leur difficulté à finir le mois, ils doivent jouer aux dames patronnesses ! hallucinant
    Comme le disent très bien certains internautes, c’est la place des travailleurs sociaux .
    Et pourquoi ne demande-t-on pas aux cadres par exemple ou à l’ouvrier lambda de faire la même chose ? parce qu’eux travaillent sans doute.
    c’est une honte de considérer que les étudiants ont du temps à consacrer à ce bénévolat. Encore une fois les gosses de riches ne seront pas concernés et les boursiers ont intérêt à profiter parce qu’avec une politique comme celle-là, on leur dira bientôt à eux aussi qu’ils n’ont qu’à aller faire pisser le chien du voisin .
    Nous avons eu la fac, la mutuelle, la sécu, le permis, la bagnole, la retraite peut-être .... en tout cas ,eux ,ils n’ont pas grand chose, génération sacrifiée au profit de la mondialisation et des vieux cons amateurs de ‘béret, baguette et rolex comme titrait Charlie hier !

    • Albedo
      Albedo répond à end
      • Posté à 00h40 le 06/11/2009
      • Internaute 7121

      Non, vous n’avez pas du tout compris, mais en même temps l’article induit en erreur. Personne n’oblige un étudiant à aller dans un KAP. L’université possède bien plus de logements sans projets que de KAPS et les prix sont les mêmes. C’est donc un choix.

      Par ailleurs, ce n’est pas 350 mais 250.

      • end
        end répond à Albedo
        • Posté à 07h00 le 06/11/2009
        • Internaute 41817

        Encore heureux que personne n’oblige encore un étudiant à aller dans un KAP ! il ne manquerait plus que cela .
        . Mais le fait que vous répondiez celà montre bien l’état d’esprit
        ambiant

         
        • Albedo
          Albedo répond à end
          • Posté à 14h13 le 06/11/2009
          • Internaute 7121

          Quel état d’esprit ? Et en quoi ma réponse est témoigne de quoi que ce soit par rapport à un état d’esprit de l’UCL ?

          Bref, il n’y a aucune forme de pression ou même d’incitation à aller dans un KAP, aucun avantage financier ou académique, et il existe des tas d’alternatives.

        1 autres commentaires
  • paulthielen
    paulthielen
    enseignant
    • Posté à 13h30 le 06/11/2009
    • Expert 95202
      enseignant

    La photo qui se trouve actuellement en tête de l’article représente la « Place de l’Université » au milieu des années 80. Louvain-la-Neuve s’est pas mal développée depuis ces années-là mais cette place reste le lieu où beaucoup de groupes dont les kots-à-projet se présentent régulièrement à tous les passants. Au début de l’année, lors d’animations autour de l’écologie, du monde rural...
    Habiter dans un kot-à-projet n’est pas avant tout motivé par les économies même si l’encouragement du service logement de l’Université facilite la vie. La pratique de l’habitat groupé d’étudiants avec projet socioculturel remonte à la ville ancienne de Louvain (Leuven en néerlandais). Déjà dans les années 50, des étudiants avaient loué en commun des maisons anciennes et, assez spontanément, avaient défini un projet de renouvellement de la société : favoriser une médecine de groupe, redéfinir le rôle des sciences dans la société, assurer une meilleure place des femmes, ... Un demi-siècle plus tard on constate que cet habitat a influencé la carrière de plusieurs de ceux qui y vécu et laissé des traces dans la société belge.
    Cette expérience positive nous avons voulu la transposer dans la ville Louvain-la-Neuve que nous avons créée en Wallonie en 1972. L’expérience des « maisons et appartements communautaires » est devenue vers 1975 celle des Kots-à-projet. C’est donc une très longue histoire. Si vous cherchez à mieux la connaitre vous pouvez entrer m’écrire.