EPR : Areva et EDF ont du plomb dans l'atome
Areva et EDF ont beau afficher la plus grande sérénité face aux demandes de l’Autorité de sûreté nucléaire sur la conception des réacteurs troisième génération (EPR), le fleuron technologique si bien vendu à l’étranger semble sérieusement mis en cause.
Fait sans précédent, les autorités de sûreté indépendantes de trois pays, Finlande, Grande-Bretagne et France, où des réacteurs nouvelle génération sont en projet, ont exigé, dans un communiqué commun, des réponses précises à des questions techniques touchant la sûreté des systèmes de contrôle-commande, véritable cerveau du réacteur. Ils demandent aux exploitants et aux fabricants « d’améliorer la conception initiale de l’EPR ».
L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), rendue indépendante par la loi de 2006 qui garantit « le droit du public à une information fiable et
accessible en matière de sécurité nucléaire » est particulièrement sévère envers EDF, futur exploitant de l’EPR en construction à Flamanville, dans la Manche :
« La complexité de l’architecture proposée par EDF rend difficile l’élaboration d’une démonstration de sûreté satisfaisante. (...)
Compte tenu de l’ampleur et de la complexité des démonstrations restant à fournir pour justifier le respect de ces principes, l’ASN estime que la certitude d’aboutir in fine à une démonstration de sûreté acceptable fondée sur l’architecture actuellement prévue n’est pas acquise. »
Areva est « content », les experts divisés
EDF, l’exploitant du futur site, comme Areva, qui fournit le réacteur, ne se disent ni surpris ni inquiets et jurent qu’ils feront le nécessaire. Areva précise à Rue89 :
« On est content que cette démarche se déroule entre les autorités de sûreté des trois pays, car ça va nous pousser à une standardisation de nos contrôles commande. Ça nous permet de prendre une longueur d’avance sur nos concurrents. »
Interrogé par Le Point, Jean Gassino, spécialiste des systèmes électriques et du « contrôle-commande » à l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire semble partager cet optimisme car :
« Le problème posé par le contrôle-commande sur l’EPR est similaire à celui posé pour les centrales de générations précédentes. »
Si Areva est forcé d’admettre des déboires sur la construction de l’EPR finlandais (livraison repoussée à 2012 et un probable doublement des coûts), l’entreprise tape sur son confrère français :
« Pour Flamanville, ça se passe très bien, et d’ailleurs c’est plus à EDF de répondre, nous ne fournissons que les réacteurs. Livrer comme prévu en 2012 n’est pas insurmontable du tout. »
Un avis que ne partage pas l’expert indépendant Yves Marignac interrogé sur France Info ce matin :
« Remettre à plat la conception et la démonstration de ce système n’est pas quelque chose qui pourra se régler en quelques mois... Si on y arrive un jour ! ». (écouter le son)
Une autorité indépendante qui commence à montrer les dents
Areva reste de marbre tant face aux appels de Dominique Voynet à stopper le chantier et de Corinne Lepage d’un moratoire sur les constructions d’EPR que devant les rappels à l’ordre répétés de l’Autorité de sûreté nucléaire.
Récemment, on a découvert du plutonium non recensé dans les ateliers de Cadarache qu’Areva avait omis pendant plusieurs mois de signaler à l’ASN. Et un peu plus tôt, la sortie de l’enquête sur les déchets nucléaires français exportés en Sibérie a abouti à la saisine par Jean-Louis Borloo du Haut comité pour la Transparence et l’Information sur la Sécurité Nucléaire.
On asssiste là à une montée en puissance de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui, pour asseoir sa récente indépendance montre des dents. Comme l’analyse Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace :
« L’ASN est gênée car elle avait donné un feu vert global sur la construction de l’EPR français, et se trouve à vérifier si ce qui se fait est conforme ou pas à ce qui était prévu. Là, elle s’aligne sur les Britanniques et les Finlandais pour ne pas avoir à se dédouaner de sa décision antérieure.
Le plus probable est qu’elle a laissé faire Flamanville pour ne pas gêner l’exportation des EPR partout dans le monde... aujourd’hui l’autorité aurait eu l’air bête si elle ne s’alignait pas. »
- Sur Rue89Cadarache : « Les experts du nucléaire se sentent morveux »
- Sur Rue89« Déchets, le cauchemar du nucléaire » jusqu'en Sibérie
- Sur www.asn.frLe dossier de l'Autorité de Sûreté Nucléaire sur le sujet
- Sur areva.comLa mise au point d'Areva sur le sujet
- Sur france-info.comLe dossier de France Info "Doutes sur la sûreté des EPR"
- Sur romandie.comDépêche AFP sur la technologie des EPR
- Sur rue89.comTous nos articles sur le nucléaire
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le futur c'était mieux avant
le futur c'était mieux avant
pour avoir bosser qq temps en validation du contrôle commande des centrale EPR, je peux vous garantir qu’il n’y a rien de surprenant.
Sur des consieration uniquement technique, il est facile de conclure que c’est une véritable honte cet EPR ! Avec les méthodes de travail employées, il n’y a rien de surprenant à ce que les autorité de sureté montrent les crocs.




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