A débattre 01/11/2009 à 11h08

Une peine réduite après la découverte de « mauvais gènes »

Pascal Riché | Redchef Rue89

Lors d’une bagarre, le 10 mars 2007 à Udine en Italie, Abdelmalek Bayout a poignardé à mort un homme qui l’avait traité de « pédé ». Mais un élément a attiré la clémence de la cour d’appel de Trieste : la mise en évidence de « gènes de la violence » dans son ADN.

Ces gènes, a estimé la Cour, prédisposaient le prévenu à un comportement agressif, dans une situation où il était provoqué. De neuf ans et deux mois de prison (en première instance), la peine de prison a été ramenée à huit ans et deux mois.

Avant de décider de réduire sa peine, le juge d’appel, Pier Valerio Reinotti, avait ordonné qu’une nouvelle étude indépendante fut menée pour déterminer les problèmes mentaux du prévenu, déjà constatés en première instance. C’est dans ce cadre que les neurologues Pietro Pietrini (University de Pise) et Giuseppe Sartori (Université de Padoue) ont repéré, dans le patrimoine génétique de l’assassin, plusieurs gènes suspectés d’être à l’origine de comportements agressifs.

Une prédisposition à mal réagir en cas de provocation

L’une des références de leur rapport est une étude menée en 2002, sur un échantillon de plus de 1000 enfants et jeunes adultes entre 3 et 26 ans, sous la direction de Terrie Moffit. L’étude portait sur le gène de la monoamine-oxydase A (MAOA). Le MAOA est un enzyme qui aide le cerveau à s’adapter à des situations de stress : lorsque l’activité de cet enzyme baisse, les comportements agressifs sont favorisés. Or certaines mutations du gène du MAOA seraient moins efficaces que d’autres dans la « production » de l’enzyme apaisant.

Dans leur rapport, les deux scientifiques italiens suggèrent que, du fait de ses gènes particuliers, Bayout était prédisposé à mal réagir en cas de provocation. « Il existe des preuves de plus en plus solides que la combinaison de certains gènes, dans un contexte d’insultes, peut prédisposer à certains comportement », a assuré Pietro Pietrini. Le juge a été convaincu.

Le jugement a été rendu dans l’indifférence, il y a un mois, avant qu’un journal, le Messaggero Veneto, ne le repère et lui consacre un article. Ses conséquences, s’il faisait jurisprudence, seraient vertigineuses. Ce jugement va en effet bien au-delà des circonstances atténuantes pour problèmes psychiatriques. Il laisse entendre que certains gènes, par leur présence même, amoindriraient la responsabilité sociale des hommes.

Les scientifiques minimisent le rôle des gènes

Mais si la justice se mèle de génétique, on peut se demander quelle sera la prochaine étape. La constitution d’une police génétique « pré-crime » chargée de mettre les « futurs délinquants » sous surveillance ? L’avortement de tous les foetus portant ces « mauvais » gènes ? Bienvenue à Gattaca !

Les scientifiques interrogés par le magazine scientifique Nature sur la décision de la Cour d’appel de Trieste sont dubitatifs. « Nous ne savons même pas comment le génome fonctionne », réagit ainsi Giuseppe Novelli, généticien à l’université Tor Vergata à Rome, jugeant que des tests portant sur des gènes isolés sont selon lui « inutiles et onéreux ».

En France, la question du lien entre génétique et criminalité avait été au centre d’une controverse pendant la campagne électorale de 2007. Le candidat Nicolas Sarkozy avait en effet fait part de sa conviction que les gènes permettaient d’expliquer les suicides ou la pédophilie.

Les scientifiques admettent qu’il existe des « vulnérabilités » somatiques ou psychologiques liés aux gènes ; mais leur importance, dans l’explication des comportements, ne pèse presque rien, comparée, par exemple, à l’environnement social ou familial.

  • 12426 visites
  • 66 réactions
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  • foldire
    • Posté à 11h15 le 01/11/2009
    • Internaute 63747
      -

    J’ai peur qu’en France cela aurait été, dans le climat ambiant, présenté comme une circonstance aggravante car susceptible de « générer » des actes récidivistes !

    • lavoine
      lavoine répond à foldire
      région parisienne
      • Posté à 13h09 le 01/11/2009
      • Internaute 27439
        région parisienne

      Que ce soit en Italie ou en France, je constate que ce sont toujours les mêmes...porteurs de gènes criminogènes.

    • A. Nonym
      A. Nonym répond à foldire
      • Posté à 13h17 le 01/11/2009
      • Internaute 15090

      Faut-il y voir une coïncidence avec cet article ou non ?

      La théorie du gène criminel refait surface à un moment ou l’Italie est de nouveau traversée par des relents xénophobes et racistes.

      Un italien est à l’origine de cette théorie, Cesare Lombroso a écrit « l’homme criminel » en 1876.

      Je vous laisse vous faire votre propre opinion sur ce qu’en dit Wikipédia :

      Cesare Lombroso, né le 6 novembre 1835 à Vérone, mort le 19 octobre 1909 à Turin, est un professeur italien de médecine légale et l’un des fondateurs de l’école italienne de criminologie (en). Il est célèbre pour ses thèses sur le « criminel né » : à partir d’études phrénologiques et physiognomique, il tentait de repérer les criminels en considérant qu’il s’agissait d’une classe héréditaire qu’on pourrait distinguer par l’apparence physique. Ses théories étaient fortement marquées par la théorie de la dégénérescence, le racialisme et le transformisme [1] : il considérait ainsi que l’humanité avait évoluée en partant des « Noirs » vers les « Jaunes » et enfin les « Blancs ». Au sein même de l’Italie, il distinguait la « race du sud », inférieure, à la « race du nord », tandis qu’il considérait que les femmes étaient moins sujettes à la criminalité en raison de leur moindre intelligence et de la nature plus inactive de leur vie [2].

      • DBL8
        DBL8 répond à A. Nonym
        Retraité
        • Posté à 13h37 le 01/11/2009
        • Internaute 19562
          Retraité

        La dernière partie de la dernière phrase donne tout l’intérêt de cette thèse. Bien sûr, elle a presque 140 ans, mais de là à la ressortir de la part de la justice Italienne ...
        La couleurs de yeux et des cheveux sont-ils aussi pour quelque chose dans les actes criminels ? Tous est bon pour déblatérer.

  • onapatouvu
    onapatouvu
    perdu pour la science
    • Posté à 11h35 le 01/11/2009
    • Internaute 85117
      perdu pour la science

    Merci à cet article, qui m’ouvre les yeux sur la maladie dont je souffre depuis quelques mois. En fait, à force de respirer un air ambiant trop malsain, mon gène du MAOA a muté en gène régicide. Si jamais, je n’arrivais plus à le contrôler et passai à l’acte, bien malgré moi, je bénéficierais de circonstances très atténuantes ; c’est bon à savoir. Merci les charlots de la science.

    • kevangel
      kevangel répond à onapatouvu
      Chercheur
      • Posté à 11h44 le 01/11/2009
      • Expert 24356
        Chercheur

      Là pour le coup, les charlots ce sont les juges qui se mêlent de science alors qu’ils n’y connaissent rien !

      • onapatouvu
        onapatouvu répond à kevangel
        perdu pour la science
        • Posté à 11h52 le 01/11/2009
        • Internaute 85117
          perdu pour la science

        « Dans leur rapport, les deux scientifiques italiens suggèrent que, du fait de ses gènes particuliers, Bayout était prédisposé à mal réagir en cas de provocation. [...] Le juge a été convaincu. »

         
        • Crainquebille
          • Posté à 12h33 le 01/11/2009
          • Internaute 64055

          « Nous ne savons même pas comment le génome fonctionne », réagit ainsi Giuseppe Novelli, généticien à l’université Tor Vergata à Rome, jugeant que des tests portant sur des gènes isolés sont selon lui « inutiles et onéreux ».

        1 autres commentaires
    • DBL8
      DBL8 répond à onapatouvu
      Retraité
      • Posté à 13h38 le 01/11/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      EUH... en Italie, « pas encore » en France, mais patience cela ne saurait tarder. Continuer à affuter vos couteaux !
      Je vais faire de même pour le cas où.

  • Alcide Nikopol
    Alcide Nikopol
    Passé a l'Est
    • Posté à 11h42 le 01/11/2009
    • Internaute 5725
      Passé a l'Est

    Les implications pour la justice sont nombreuses. Des scientifiques viennent de découvrir que certaines personnes sont génétiquement susceptibles de toucher des commissions sur des ventes d’armes à des pays en guerre.

    Le gène arnako-barbouze-VrepublicO-france-à-fricA (ANG-OLA) serait concerné

    • foldire
      foldire répond à Alcide Nikopol
      -
      • Posté à 12h22 le 01/11/2009
      • Internaute 63747
        -

      Il faut donc s’attendre à un non-lieu généralisé, mais obligation de soins dans un manoir tout équipé, nourris, logés aux frais de l’Etat, autorisations de sorties uniquement en limousine ou jet privé.

      La Justice sera passée ...

    • Danielle29
      Danielle29 répond à Alcide Nikopol
      Soutien à amonhumbleavis
      • Posté à 16h37 le 01/11/2009
      • Internaute 30791
        Soutien à amonhumbleavis

      Bonjour Alcide !
      Cela faisait longtemps que je ne trouvais plus vos commentaires dans Rue89. Ravie de relire votre humour

  • féric
    féric
    entre 40 et 41
    • Posté à 11h40 le 01/11/2009
    • Internaute 58677
      entre 40 et 41

    Je reprends ce passage :

    « Les scientifiques admettent qu’il existe des “ vulnérabilités ” somatiques ou psychologiques liés aux gènes ; mais leur importance, dans l’explication des comportements, ne pèse presque rien, comparée, par exemple, à l’environnement social ou familial. »

    Avez-vous des références sur ce sujet ? Vous venez d’affirmer que les scientifiques (sous-entendu une proportion suffisante) ont répondu au problème de l’inné et de l’acquis.

    • bobcloclimar
      bobcloclimar répond à féric
      Penseur
      • Posté à 11h57 le 01/11/2009
      • Internaute 92481
        Penseur

      C’est la position adoptée par la plupart des psychocriminologues en France ; je le sais car je suis en train de terminer mon cursus... j’ajoute que qualifier l’impact génétique est stupide, car on trouvera systématiquement un grand nombre de personnes avec ce(s) gène(s) qui ne commettront aucun crime car ils peuvent contrôler ce fond pulsionnel !

      • féric
        féric répond à bobcloclimar
        entre 40 et 41
        • Posté à 12h02 le 01/11/2009
        • Internaute 58677
          entre 40 et 41

        Merci pour cette précision,
        Avez-vous des références scientifiques à ce sujet ? J’aimerais en lire davantage. Vous parlez de psychocriminologues ce qui pourrait limiter la portée des études réalisées. Considère-t-on aujourd’hui que le comportement d’un être humain est majoritairement lié à son acquis ? Ou les études étant limitées, il ne s’agit que de son comportement criminelle.

         
        • Zeki
          Zeki répond à féric
          Curieux de tout
          • Posté à 13h52 le 01/11/2009
          • Internaute 64085
            Curieux de tout

          Il suffisait de lire le résumé de l’étude de 2002 (« Role of Genotype in the Cycle of Violence in Maltreated Children ») pour se rendre compte qu’à aucun moment l’inné n’occultait l’acquis.

          « These findings may partly explain why not all victims of maltreatment grow up to victimize others, and they provide epidemiological evidence that genotypes can moderate children’s sensitivity to environmental insults. »
          Lien

          • féric
            féric répond à Zeki
            entre 40 et 41
            • Posté à 15h05 le 01/11/2009
            • Internaute 58677
              entre 40 et 41

            Merci pour ce lien. Effectivement, l’article dont vous donnez le lien semble nuancé.

        2 autres commentaires
    • Pascal Riché
      Pascal Riché répond à féric
      Auteur(e) de l'article Redchef Rue89
      • Posté à 13h33 le 01/11/2009
        éditeur
      • Journaliste 7
        Redchef

      Dans les comportements sociaux dont on parle (suicide, délinquance, etc), je ne connais pas un seul scientifique qui explique que l’inné est plus important que l’acquis. Et vous ?

      Même l’étude de 2002 de Terrie Moffit montre que le passé des enfants (le fait qu’il aient été maltraités ou non) pèse plus lourd que leur gènes. Ce que montre l’étude, c’est que le fait d’avoir certains gènes joue un rôle dans le comportement des enfants « sévèrement maltraités », alors qu’il ne joue quasiment aucun rôle dans la catégorie des enfants qui n’ont pas été maltraités.

      • féric
        féric répond à Pascal Riché
        entre 40 et 41
        • Posté à 15h03 le 01/11/2009
        • Internaute 58677
          entre 40 et 41

        Moi, je n’en sais rien. C’est pour cette raison que je posais la question. Merci pour votre réponse.

    • Ernst_T_Tho
      Ernst_T_Tho répond à féric
      ermite
      • Posté à 13h12 le 02/11/2009
      • Internaute 59906
        ermite

      Extrait synthétique : « il n’existe pas de données convaincantes à l’appui [des] opinions selon lesquelles les individus violents sont simplement malades, sont différents parce que leur cerveau est endommagé. Les recherches scientifiques publiées ne fournissent pas de preuve convaincante d’une pathologie du cerveau comme cause du comportement d’un pourcentage significatif d’individus violents. […] Des influences génétiques, qui interagissent avec le modelage environnemental, peuvent contribuer à un tempérament qui rend certains individus plus impulsifs ou plus agressifs, mais l’environnement détient la clé du comportement agressif violent » (J.G. Young, C. Chiland, « Cultiver et guérir la violence chez les enfants : propositions de méthodes », in C. Chiland, J. G. Young (dir.), Les enfants et la violence, P.U.F., 1998, p. 243 ; cf. en particulier dans cet ouvrage collectif quelque peu daté mais toujours d’actualité : « Mécanismes cérébraux médiateurs de l’agression et de la violence » par J.G. Young, J.R. Brasic, B. Sheitman et M. Studnick).

  • yoyo71
    yoyo71
    sur la route
    • Posté à 11h46 le 01/11/2009
    • Internaute 51783
      sur la route

    Nous y voilà ! ! ! !

  • monOpinion-
    monOpinion-
    Coon & Friends
    • Posté à 11h50 le 01/11/2009
    • Internaute 22434
      Coon & Friends

    Que rajouter de plus ?

    Peut-être aussi que désormais on sait que la justice a plus de compétences que la philosophie pour trancher sur le débat inné/acquis. C’est ce qu’on appelle la « justice expéditive » !

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 11h57 le 01/11/2009
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    c’est biscornu comme raisonnement

    d’une part il faudrait « excuser » certains individus « prédisposé » à la violence
    on pourrait carrèment les dispenser de prison puisque « ce n’est pas de leur faute »
    et ensuite les refoutre en taule puisqu’ils sont un danger potentiel

  • de la soul
    de la soul
    Go ahead, make my day.
    • Posté à 12h01 le 01/11/2009
    • Internaute 85071
      Go ahead, make my day.

    En France, c’est plutôt une circonstance aggravante, voir l’affaire du fistonné Jean Sarkozy (en tout cas pour l’opinion).

  • Crepitus
    Crepitus
    Retraité
    • Posté à 12h09 le 01/11/2009
    • Internaute 85789
      Retraité

    N’y aurait-il pas une coquille dans l’article : parler d’enfants entre trois et vingt-six ans m’étonne tant soit peu.

  • Unglorious worker
    Unglorious worker
    sceptique à temps partiel
    • Posté à 12h21 le 01/11/2009
    • Internaute 89331
      sceptique à temps partiel

    « Nicolas Sarkozy avait en effet fait part de sa conviction que les gènes permettaient d’expliquer les suicides ou la pédophilie. “

    C’est vrai, notre président est une sommité en matière de génétique (dans les autres disciplines aussi d’ailleurs).
    Rien à changer à notre société, les gènes sont responsables de notre mal-être, et puisqu’ils sont responsables des prédispositions, autant que les fils d’ouvriers aillent à l’usine et ceux de président aient le pouvoir Le darwinisme social de Spencer est de retour...

    Le fascisme reviens. Pourquoi l’avons nous laissé entrer ?

  • le_bienheureux
    • Posté à 12h42 le 01/11/2009
    • Internaute 63135

    S’il a vraiment des prédispositions à la violence, il faut donc le séparer de la société et l’empêcher de se reproduire, non ?

    • DBL8
      DBL8 répond à le_bienheureux
      Retraité
      • Posté à 13h40 le 01/11/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Et une castration, UNE ! !

    • stephaneerard
      stephaneerard répond à le_bienheureux
      développeur MDD
      • Posté à 14h13 le 01/11/2009
      • Internaute 49989
        développeur MDD

      Si « on » pense « vraiment » qu’il a des pré-dispositions à la violence !
      Et ce serait aller au bout de la logique de de faire ça.
      Ce qui dans une certaine mesure prouve qu’ils ne le pensent pas (que c’est plus inné qu’acquis).

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 12h42 le 01/11/2009
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    URGENT .
    Cherche médecin pouvant m’établir certificat médical ,attestant que je suis atteint du Syndrôme Gilles de La Tourette .
    Très utile lors des manifestations, des contrôles policiers, de discussion avec ses voisins, sa belle -mère, sans oublier son patron.

    • kebra
      kebra répond à Charles Mouloud
      Bisounours killa
      • Posté à 16h09 le 01/11/2009
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Mais il ne faut pas être THC positif pour insulter en paix, cela calme trop les crises...

  • CyrilM
    • Posté à 13h28 le 01/11/2009
    • Internaute 22596

    Ceci met en évidence une fois de plus que nous nous dirigeons vers de graves incohérences quand aux bases de notre justice. D’un coté la justice fondé sur le libre arbitre, un individu est responsable de ses actes, d’un autre coté la science (au sens large) qui ne cesse de mettre en évidence nos déterminismes et la bases de nos comportements (que ce soit génétique ou environnemental d’ailleurs les deux restent totalement indissociable pour moi et le problème n’est pas là). D’un coté soit on prend en compte les déterminismes, le cas extrême étant la folie, on décrète ainsi l’individu irresponsable de ces actes (et donc innocent), soit on le considère totalement libre d’agir et donc responsable (et donc coupable et condamnable). Alors de temps en temps les juges prennent en compte certains déterminismes mais cela génère un sentiment étrange, jusqu’où peut-on aller, à partir de quand commencer ? Un individu dans une foule en délire est-il encore un individu ayant tout son libre arbitre ?
    Le moyen de supprimer cette contradiction (selon H. Atlan « la science est-elle inhumaine ? » qui prend comme point de départ l’incontournable Spinoza) est de dissocier la notion de responsabilité et de libre arbitre. Prendre comme base que nous sommes tous déterminés dans nos actes (le libre arbitre n’existe pas, sauf en tant que sentiment illusoire et la liberté se situe ailleurs, en quelque sorte dans la prise de conscience de ses déterminismes, libre est celui qui agit selon la nécessité de sa nature...) et quelque soit les déterminismes qui nous ont conduit à agir nous devons rester responsable de nos actes. Ainsi la justice devrait mettre en lumière qui est responsable d’une situation donnée, c’est à dire s’il y a participation ou non aux faits (fou ou pas), et ensuite jugé la part de culpabilité...

    • hgo04-
      hgo04- répond à CyrilM
      Citoyen Lambda
      • Posté à 13h41 le 01/11/2009
      • Internaute 40134
        Citoyen Lambda

      Dés le début de votre réponse, je n’ai plus eu envie de poursuivre. Vous dites :

      « »« Ceci met en évidence une fois de plus que nous nous dirigeons vers de graves incohérences quand aux bases de notre justice » » »

      Merci de bien vouloir relire la première ligne de l’article qui parle d’un jugement d’un tribunal en ITALIE..... pas en france... ! ! !

      Ma justice n’est pas italienne mais française...

      Mais bon je n’ai pas lu l’article en entier non plus.. j’avoue..

      • CyrilM
        CyrilM répond à hgo04-
        • Posté à 17h43 le 01/11/2009
        • Internaute 22596

        J’avais bien compris que c’était en Italie, mais si vous aviez lu ma réponse en entier vous auriez compris que ce soit en Italie ou en France le problème que je soulevais est exactement le même. Et puis l’Italie et la France sont en Europe et il y a un tribunal européen et une justice européenne en dernier recours pour tous les pays européens, donc notre justice n’est pas si éloignés et devrait converger de plus en plus s la construction européenne se poursuit.

  • hgo04-
    hgo04-
    Citoyen Lambda
    • Posté à 13h49 le 01/11/2009
    • Internaute 40134
      Citoyen Lambda

    M. RICHE..

    Vous devriez, en écrivant ce genre d’article, bien préciser que les faits, le jugement et les décisions de justice viennent d’un autre pays que le notre..

    Les réactions qui concernent votre article, font la confusion entre justice française et italienne.
    Vous pourriez ainsi, nous parler des décisions de justice d’autres pays encore, qui exécutent des hommes, d’autres encore qui lapident des femmes et ainsi de suite. Certes l’Italie est en Europe, certes c’est notre proche voisine, mais la s’arrête la comparaison.

    Et ce n’est pas le petit paragraphe sur ce qu’a dit l’un ou l’autre il y a quelques temps, qui changeront quoique ce soit... Sinon les pédophiles ne seraient pas ou plus condamnés..

    Votre article est intéressant, mais sélectionner des commentaires qui ramènent la critique sur la justice française est surprenante...

    • DBL8
      DBL8 répond à hgo04-
      Retraité
      • Posté à 05h51 le 02/11/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      « en écrivant ce genre d’article, bien préciser que les faits »

      Il y aura « TOUJOURS » des personnes qui ne « liront pas tout », en travers ET SURTOUT ne comprendront QUE ce qu’ils veulent lire par rapport à leurs idéologie, pensée.

      Alors préciser les faits ne servira à RIEN du tout quelque soit la manière de faire. Les pisse froid sont « HÉLAS » légion ! Mais ce n’est pas une raison pour qu’il n’y en ai pas un minimum.

  • Troll-en-folie
    Troll-en-folie
    Parano chronique
    • Posté à 14h24 le 01/11/2009
    • Internaute 87214
      Parano chronique

    J’ai lu quelque part, que certaines personnes de petite taille, pouvaient développer une forte agressivité vis à vis des critiques, un égo sur-dimensionné, une attirance irrationnelle pour tout ce qui brille et même dans les cas les plus graves, une tendance à une attitude dictatoriale prononcée.

    Je n’ai pas d’exemple en tête, mais en cherchant bien, on devrait en trouver.

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 14h26 le 01/11/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Ce que ça peut m’énerver lorsque des gens qui n’y comprennent rien utilisent la génétique pour étiqueter les prédispositions les plus saugrenues et en faire le prétexte pour laisser tomber toute forme de prévention !
    Lors de mes premières années de fac, mon prof de biologie cellulaire (un pur orateur, un philosophe dans son genre) nous disait volontiers que l’homme est le seul animal qui soit capable, par l’exercice de la réflexion, de s’affranchir de son ADN. C’est-à-dire de devenir davantage et autre chose que la seule somme de ses gènes, et de dévier de la fatalité qu’ils contiennent.

    En somme, aussi longtemps que nous exerçons notre libre-arbitre, il n’y a pas d’irrémédiable (du moins en ce qui concerne le comportement). Ce serait trop facile de se dédouaner en évoquant le contexte familial ou social, ou le bagage génétique. Et il ne faut pas oublier que les statistiques n’ont vocation qu’à dégager des tendances à partir du passé (des évènements déjà réalisés), elles ne prédisent pas l’avenir à moins de procéder à une extrapolation, qui ne peut être qu’approximative et grossière (puisqu’elle consiste à considérer que la tendance va se prolonger à l’identique, et que donc le libre-arbitre n’agit pas).

    • egide
      egide répond à Jack Sullivan
      Littéral
      • Posté à 16h10 le 01/11/2009
      • Internaute 45067
        Littéral

      Ce serait trop facile de se dédouaner en évoquant le contexte familial ou social, ou le bagage génétique

      Facile, facile, c’est vite dit !

      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan répond à egide
        en boule
        • Posté à 19h31 le 01/11/2009
        • Internaute 42204
          en boule

        Ce que je voulais dire (je pensais que c’était évident au vu du couplet sur le renoncement à la prévention) c’est qu’il est toujours plus facile de se défausser sur une fatalité, une prédestination ou un conditionnement, que de travailler sur un comportement pour le modifier.
        Forcément, si on isole cette phrase, ça fait vite réducteur...

         
        • egide
          egide répond à Jack Sullivan
          Littéral
          • Posté à 22h54 le 02/11/2009
          • Internaute 45067
            Littéral

          Non, non il n’y a pas de réduction, nous sommes vraiment en désaccord :

          Vous prônez le «  conditionnement  » comportemental pour que les personnes s’adaptent à leur environnement social et économique.

          J’en tiens pour modifier l’environnement social et économique.

        1 autres commentaires
      • puresonic
        puresonic répond à egide
        Contempteur irascible
        • Posté à 05h27 le 02/11/2009
        • Internaute 55211
          Contempteur irascible

        Oui ....pas facile.....
        La plupart des humains sont esclaves de leurs conditionements
        et de leur ADN.
        Et tout est fait pour qu’ils reproduisent et se reproduisent à l’identique ou presque.

        Brave new world................

         
        • egide
          egide répond à puresonic
          Littéral
          • Posté à 22h57 le 02/11/2009
          • Internaute 45067
            Littéral

          5 % d’Adn pour, disons 45 % de social et 50 % de travail.

        1 autres commentaires
  • Tatoo too blue
    Tatoo too blue
    Y'en a marre
    • Posté à 14h35 le 01/11/2009
    • Internaute 94564
      Y'en a marre

    Ah c’est bien !

    Il suffit de se renseigner sur les pays qui mettent en place ce genre de raisonnement ou non pour inventer « L’immigration délinquante »

    Il est sur que si y’a moins de risque de chooper 20 ans à braquer des banques en Italie, ca va en intriguer plus d’un des caïds.

    Y’en a déjà en Italie ? Ah pardon !

    Bon Dimanche !

    • hgo04-
      hgo04- répond à Tatoo too blue
      Citoyen Lambda
      • Posté à 20h10 le 01/11/2009
      • Internaute 40134
        Citoyen Lambda

      « »« Il suffit de se renseigner sur les pays qui mettent en place ce genre de raisonnement ou non pour inventer “L’immigration délinquante” » » »

      Cette phrase pourrait bien faire l’objet d’un thème...

      Est ce l’immigration qui est délinquante ou la délinquance qui est immigrante.. Je m’explique, avant de me faire traiter de tous les noms.. :

      Un délinquant, je parle d’un délinquant déjà délinquant...., qu’il soit d’Afrique, du Maghreb, d’Ukraine, d’Espagne, d’Italie et français également... ou de chine, est un délinquant. S’il part pour un autre pays, il restera délinquant...

      Donc, comme vous, je ne pense pas que l’immigration est délinquante, la délinquance ne dépend que de celui qui immigre.

      • Tatoo too blue
        Tatoo too blue répond à hgo04-
        Y'en a marre
        • Posté à 12h22 le 03/11/2009
        • Internaute 94564
          Y'en a marre

        Je suis d’accord avec ça.
        C’est l’effet « Attirance possible » des gens « déjà délinquant que j’invoquais.

        Merci d’avoir précisé.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 16h08 le 01/11/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Bienvenue dans le Dans le meilleur des mondes possibles  !

    À quand une chimio-thérapie pour les «  criminels nés  » afin de prémunir la société de la violence ?

    La seule politique de prévention de la délinquance que les conservateurs reconnaitraient, c’est le repérage anté-natal des criminels potentiels ?

    On peut raisonnablement penser que dans le programme du candidat à la présidence de l’UMP, on trouvera la proposition de généraliser l’établissement du génome des pauvres et des étrangers y compris les français d’origine étrangère et de conserver ces données capitales dans un fichier de police.

    Quelle que soit la cause, on ne peut empêcher les imbéciles d’instrumentaliser les publications scientifiques.

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 16h15 le 01/11/2009
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    Les tenants du soft goulag sont des génies de la stratégie crado. En l’espèce, on atténue la responsabilité d’un criminel, procédé humaniste, pour amener la population à s’indigner de cette clémence et à réclamer la détection des classes dangereuses, des centaines de milliards pour les tests, puis l’intervention préalable entre Minority Report et Gataca pour finir dans le meilleur des mondes.

    Le totalitarisme mou va disposer de moyens hyper-performants, il est urgent de s’en prémunir.

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