tribune 02/11/2009 à 12h24

Identité nationale : la fin de cinquante ans de mensonges ?

Alexandre Gerbi | Ecrivain

Le débat sur l’Identité nationale que lance l’Etat sarkozyen sera, espérons-le, l’occasion de sortir de décennies d’hypocrisie et de mensonges délétères, dans lesquels la quasi-totalité de la classe politique, des intellectuels et des médias français sont englués.

D’autant que ce débat aura notamment lieu pendant qu’on commémorera les 50e anniversaire des indépendances africaines, en 2010, année que Nicolas Sarkozy a voulu celle de « l’Afrique en France ».

Le régime actuel, la Ve République blanciste, fut fondé il y a un demi-siècle sur une vision très spéciale de l’identité nationale française. Une vision que Charles de Gaulle partageait avec une grande partie de la classe politique métropolitaine de l’époque. Une vision en contradiction radicale avec les principes les plus fondamentaux de la République héritière de 1789.

De Gaulle : « Les Arabes sont des Arabes, les Français des Français »

De Gaulle confia à Peyrefitte en 1959 :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France.

Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne. (...) Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants.

Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ?

Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! » (« C’était De Gaulle », tome 1, p. 52)

Evidemment, De Gaulle ne pouvait se permettre de déclarer tout cela publiquement. Pour revenir au pouvoir, et bénéficier de l’appui de l’armée, le Général tint donc un discours totalement inverse.

En juin 1958, face aux foules algériennes, il affirma sa volonté de faire de tous les Algériens, voire de tous les Noirs africains, des « Français à part entière ». Cette promesse déclencha l’enthousiasme parmi les populations, en Algérie comme à travers toute l’Afrique, mais aussi en métropole.

A la décolonisation, le droit à l’autodétermination bafoué

Or, élu sur ce programme révolutionnaire, De Gaulle fit en définitive l’exact contraire de ce qu’il avait annoncé.

Au lieu d’engager la France et ses territoires d’Afrique sur la voie de l’intégration, c’est-à-dire de l’égalité politique et sociale entre tous les habitants, quelle que soit leur race ou leur religion, le général démantela systématiquement l’ensemble franco-africain.

Habile, il justifia officiellement son choix par le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », bien qu’il savait que les populations aspiraient bien davantage à l’égalité...

Pour autant, après avoir refusé la départementalisation demandée par le Gabon (Affaire gabonaise, 1958), il priva les Africains du droit à l’autodétermination (Loi 60-525, 1960). Enfin, il livra l’Algérie au FLN ultraviolent et nationaliste, à qui il laissa le soin d’organiser le référendum sur l’indépendance (99,72% de OUI à l’indépendance, en 1962) et de faire rentrer, par la terreur, les Algériens dans le rang.

Par la suite, pour mieux ensevelir le rêve de la fraternité franco-africaine qu’il avait eu tant de mal à briser, le régime abreuva le bas peuple de mensonges : le FLN fut présenté comme le glorieux vainqueur de la guerre de « libération » algérienne, et les partisans de l’Algérie française de l’intégration (c’est-à-dire de l’égalité et de la diversité dans la République) furent désignés en bloc comme des « fascistes ». Enfin, les harkis furent assimilés à des « collabos », traîtres au peuple algérien.

La stigmatisation des harkis et la glorification de De Gaulle

En l’an 2009, dans les banlieues françaises, le système récolte ce qu’il a semé : pétrie de ces simplismes pervers, une grande partie de la jeunesse exècre les harkis, maudit de plus en plus souvent la France prétendument vaincue par les glorieux nationalistes algériens, et brandit, fort logiquement, le drapeau FLN, devenu celui de l’Algérie indépendante...

Clef de voûte du système : depuis des décennies, Charles de Gaulle est glorifié, érigé en idole visionnaire, presque sacrée, lui qui bazarda les « nègres » et les « bougnoules », et livra les harkis au supplice et à la mort, parce qu’ils étaient coupables d’incarner l’unité franco-africaine qu’il s’agissait, définitivement, d’anéantir.

Parce que les harkis étaient coupables, aussi, d’être ce qu’ils étaient : des Français arabo-berbères et musulmans... D’ailleurs, les rescapés, parvenus en France, furent enfermés dans des camps.

Puisse le débat sur l’identité nationale, évidemment indispensable au regard de l’ampleur des blocages et des petits intérêts menacés, des compromissions stratifiées, être l’occasion d’un révolutionnaire aggiornamento, et non d’un énième crime contre la France, l’Afrique et leur mémoire commune, tellement falsifiée.

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  • nord.mand
    nord.mand
    Prof Seine Maritime
    • Posté à 12h31 le 02/11/2009
    • Internaute 29066
      Prof Seine Maritime

    Quelle nation voulons-nous ?

    A cette question, il convient avant de tenter humblement une réponse parmi d’autres d’en poser une autre en préambule :

    Quelle Nation avons-nous aujourd’hui ? Le constat, sans tomber dans le catastrophisme, est néanmoins accablant :

    La Nation France en 2009 est une Nation très divisée. Les communautés, qu’elles soient sociales, culturelles, religieuses, politiques, générationnelles, voire ethniques, sont très éloignées les unes des autres. Dans certains cas, elles ne se parlent plus, ne se connaissent plus et par là, ne se comprennent plus. Alors que nous célébrons l’anniversaire de la chûte du mur de Berlin, d’autres murs invisibles s’élèvent en France. Il est intolérable que les forces vives de la Nation ne soient plus que des électrons dispersés aux quatre vents du non-dialogue. L’école, creuset de la Nation, est elle aussi ballotée par les tempêtes car elle est en première ligne. Je pense, en écrivant cs lignes, à tous mes jeunes collègues nouvellement certifiés et qu’on envoie en priorité dans ls établissements qu’on dit difficiles. Mais ce ne sont pas les établissements qui sont difficiles ! Ni même, au risque de choquer, les jeunes qui les fréquentent. Ce qui est difficile, c’est tout simplement le VIE, la vie quotidienne des quartiers dont Fadela Amara devait, par un « plan-banlieue », améliorer la qualité. Qu’en est-il aujourd’hui ? Nul ne sait vraiment ! L’école pourtant nous dit, chaque jour car elle est caisse de résonnance, que la Nation France en 2009 est en souffrance car elle se croise plus qu’elle ne se rencontre.

    Alors oui, quelle Nation voulons-nous ?

    Je n’ai pas de réponse toute faite. Il n’y en a d’ailleurs pas. Mais peut-être peut-on esquisser un portrait « idéal ».

    D’abord une Nation rassemblée autour des valeurs constitutionnelles : Liberté - Egalité - Fraternité. Trois mots aujourd’hui totalement incompris par celles et ceux qui n’en sont jamais les bénéficiaires : jeunes, personnes agées, précaires, handicapés, immigrés (légaux ou pas), français issus de l’immigration et j’en passe ! Comment voulez-vous une Nation fraternelle quand ces trois mots-là ne sont partagés que par certains ? Il est nécessaire, urgent, vital que les pouvoirs publics, que les élus de tous les partis envoient par des actes, par des décisions, par l’exemplarité de leurs actions, des signes clairs vers ceux qui demain iront une fois encore brûler des voitures ! Leurs voitures d’ailleurs ! (Ce n’est qu’une illustration).

    Et puis une Nation dont on ne falsifie pas l’Histoire. Oui la France a été et reste un phare de la Démocratie. Malgré les erreurs, les horreurs parfois, elle est et reste l’héritière des Droits de l’Homme et du Citoyen dont elle est le berceau. A condition d’en être une héritière digne ! Ce n’est pas le cas aujourd’hui avec la politique menée par Messieurs Sarkozy et Besson. Ils sont des falsificateurs d’Histoire. Il pratiquent à leur manière une forme de captation d’héritage !

    Une Nation métissée aussi. Métissée et qui le montre en mettant en place les moyens de métisser les pouvoirs de décision. Notre Parlement ne représente pas la diversité. Chacun en est conscient mais personne ne fait l’effort de donner des clefs pour un métissage visible. Etre français, puisque c’est l’une des questions posées, c’est d’abord réaffirmer que nous sommes une nation métissée, mélangée. C’est l’accepter, le revendiquer ! Et c’est faire comprendre aux jeunes générations venues d’ailleurs que ce métissage est une richesse. A condition, encore une fois, de ne pas contenir cette jeunesse « d’ailleurs » dans l’ « ailleurs » : ces banlieues qui sont de nos jours pour beaucoup devenues des terres étrangères.

    Une Nation dans laquelle les femmes auront toute leur part. Ce n’est pas le cas. Une femme meurt tous les trois jours en France sous les coups de son conjoint ! En France ! En 2009 ! Les femmes sont discriminées à l’embauche ! Discriminées aux salaires ! Les meilleures élèves sont des filles. Toutes les études le démontrent. Pourtant, lorsqu’arrive le moment des choix de grandes études, lorsqu’arrive le moment de nommer les élites décisionnaires, ce sont les hommes que l’on retrouve aux plus hautes fonctions parce qu’ils sont majoritaires dans les grandes écoles !

    Une Nation qui pourra choisir son information quand seulement quatre grands groupes de presse se partagent le gâteau de la presse écrite quotidienne et hebdomadaire !

    Une Nation qui n’aura peur ni de son drapeau, ni de son hymne ! Non pas pour en être fière par supériorité ! Il ne s’agit pas de cette fierté là ! Ca c’est de la prétention. Non ! Fière d’apporter au monde en le partageant l’héritage de Voltaire, de Montesquieu, de Diderot, l’héritage universel des Lumières, ces Lumières éteintes par messieurs Sarkozy et Besson !

    Voila la Nation que nous devons appeler de nos voeux ! Voila celle pour laquelle j’accepterai de vivre et éventuellement, mais le plus tard possible, de mourir !

    Christophe/Lien

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à nord.mand
      • Posté à 12h59 le 02/11/2009
      • Internaute 12674

      Qu’il commence donc par VRAIMENT décoloniser

      Lien

      On ment effrontément aux français sur la ci-devant Françafrique…
      Paul Laurendeau

      • La mouche du coche-
        La mouche du coche- répond à ysengrimus
        diptère
        • Posté à 13h13 le 02/11/2009
        • Internaute 45466
          diptère

        .
        .
        Cet article épouvantablement faux est un très bon résumé de ce que les professeurs et les livres nous ont dis à l’école.
        Comment sortir de tous ces mensonges ? Voilà ce sur quoi ils nous faut réfléchir.
        .
        .

         
        • lavoine
          lavoine répond à La mouche du coche-
          région parisienne
          • Posté à 17h38 le 02/11/2009
          • Internaute 27439
            région parisienne

          Il me fait bien rire cet Alexandre Gerbi avec sa « France blanciste »....tout est dit !

        1 autres commentaires
    • lavoine
      lavoine répond à nord.mand
      région parisienne
      • Posté à 13h19 le 02/11/2009
      • Internaute 27439
        région parisienne

      du blablabla...dans nos campagnes, je ne vois pas de France métissée,il ne s’agit là que de pseudos vérités infondées,voire une nouvelle forme de pensée unique comme la gogôche aime tant à fabriquer, pour ensuite nous l’assener sur tous les médias.....pfffft !
      On voit que dans l’enseignement vous avez beaucoup de temps libre...

      • Pseudo
        Pseudo répond à lavoine
        Enfin libre : -)
        • Posté à 13h41 le 02/11/2009
        • Internaute 25947
          Enfin libre : -)

        « je ne vois pas de France métissée »

        Ca me fait toujours rire ce mot. C’est quoi métissé ?

        Un Normand avec un Breton ? Une Française avec un Anglais ? Un Espagnol avec une Belge ? Un Français avec un Australien ? Ou juste une Française avec un Camerounais ou un Marocain ?

        Vous seriez très drôle si vous n’étiez pas si triste !

         
        • A déménagé le 17-9
          • Posté à 13h45 le 02/11/2009
          • Internaute 88579
            nc

          Et un blond avec une rousse, une brune avec un châtain clair, un chauve avec une chevelue ? ...

          • Pseudo
            Pseudo répond à A déménagé le 17-9
            Enfin libre : -)
            • Posté à 15h01 le 02/11/2009
            • Internaute 25947
              Enfin libre : -)

            Je te vois venir Tilou. Ne commencerais-tu pas à déplumer légèrement ?
             ; -)))

            • A déménagé le 17-9
              • Posté à 16h19 le 02/11/2009
              • Internaute 88579
                nc

              Ah non, malgré son âge presque canonique, le chat est encore bien couvert !

        • padiran
          padiran répond à Pseudo
          Chroniqueur Grolandais
          • Posté à 14h45 le 02/11/2009
          • Internaute 5159
            Chroniqueur Grolandais

          Et quand deux hommes ou deux femmes s’aiment, c’est du métissage ?
          Oui si un ou une des deux est de couleur ?

          • Pseudo
            Pseudo répond à padiran
            Enfin libre : -)
            • Posté à 15h00 le 02/11/2009
            • Internaute 25947
              Enfin libre : -)

            Tout dépend de la couleur...

        • lavoine
          lavoine répond à Pseudo
          région parisienne
          • Posté à 17h33 le 02/11/2009
          • Internaute 27439
            région parisienne

          Quand il parle de « France métissée » on sait ce que cela signifie, ne faîtes donc pas l’âne pour que je vous en remette une couche...d’avoine. La « France métissée » est minoritaire sur notre territoire et dans nos campagnes. Il ne s’agit que d’une « Ségolénitude » lorsqu’elle se trouvait aux Antilles et repris en choeur par tous les gauchos internationalistes et les bobos, « idiots utules » ...mais la France hexagonale ce n’est pas la Guadeloupe.

        10 autres commentaires
      • amonhumbleavis
        amonhumbleavis répond à lavoine
        Rue89 fait monter le FN
        • Posté à 14h03 le 02/11/2009
        • Internaute 93168
          Rue89 fait monter le FN

        Vous êtes dans quelle campagne ? parce que moi je suis à la campagne en Auvergne et je la vois métissée la France ! ! !

      • Waldeck
        Waldeck répond à lavoine
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 16h47 le 02/11/2009
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        - .dans « nos » campagnes...

        - avec « vos » gens, « vos » manants et leurs ribaudes ?

        Sacré Gaétan !

         8 autres commentaires
    • padiran
      padiran répond à nord.mand
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 14h40 le 02/11/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      A quelques références près, on dirait du Guaino.
      Discours écrit pour un meeting électoral vantant les valeurs éternelles de la France, phare mondial de la culture, guide de l’universalité.
      La France n’en est plus à :
      Se poser des questions sur l’hymne, le drapeau, l’éducation commune et tout l’attirail du politicien en campagne est dépassé.
      L’article montre avec cruauté que le communautarisme honni par tous les citoyens de bon sens est une réalité voulue par tous les gouvernements successifs depuis la chute de l’empire colonial. Les harkis sont parkés au même titre que les autres communautés dans leurs quartiers de misère
      L’identité nationale est à usage interne pour mettre une fois de plus les quartiers difficiles au banc de la socièté en les stigmatisant.
      L’arrêt brutal des subventions pour les associations qui travaillaient « in situ », la menace du Karcher et autres interventions intempestives n’ont fait que renforcer la « haine » pour la France des « autres » dans les communautés
      Plus que les rappels des droits de l’homme, des valeurs de la France, de l’hymne et du drapeau, il serait indispensable de montrer concrètement la solidarité des Français envers tous les Français. C’est cela la fondation de l’identité nationale.
      Le reste c’est entre le blabla de zinc et le discours de gymnase.

    • cabral amilcar
      cabral amilcar répond à nord.mand
      peureux célèbre
      • Posté à 01h09 le 03/11/2009
      • Internaute 29973
        peureux célèbre

      je commence à lire et je sens que je vais rigoler quelques semaines, on a le temps. premier commentaire.

      vous commencez la rigolade à merveille, « quelle nation voulons-nous ? » je sens qu’on va se marrer.

      Comprenez moi, je m’en voudrais de trop en dire de peur égoïstement de diminuer ma rigolade, néanmoins dans la même veine je vous suggère la question initiale : qu’est-ce qu’une nation ? et vous conseille dans cette élucidation la lecture de l’excellent livre de Mamadou Dia : Nations africaines et solidarité mondiale, notez que je ne prends pas trop de risque de voir amputée ma dilatation de l’hypocondriaque gauche, ce livre édité aux PUF en 1960 est introuvable.

      Quoi qu’il en soit je vous soutiens à pleins bras, pour construire une nation il faut d’abord la détruire, votre débat qui commence si bien va se poursuivre et on peut presque déjà en prédire les péroraisons : « où allons-nous ? », « dans que état j’erre ? », « d’où viens-je-où vais-je ? ? », avec le sublime et indispensable « qui suis-je ? » dont votre débat inaugure si bien les prémisses avec sa recherche identitaire, c’est vrai ça qui sommes-nous ? je vous le demande, à peine avons-nous débroussaillé sur ces trente dernières années notre identité sexuelle, il est temps, mes chers soeurs et frères de nous attaquer à notre identité nationale, là encore j’ai un conseil méthodologique, je suggère la pelle et la pioche et diantre il en restera bien quelque chose, c’est à cela qu’on reconnait les caractères de responsabilité de l’homme d’état, à ce qu’il a de prédispositions à détruire et à se défiler ensuite, notez qu’en faisant table rase du futur il nous restera le passé que nous aurons alors tout loisir d’étudier tranquillement.

      je prends encore le risque de vous livrer une référence livresque au sujet de l’élucidation des questionnements suscités, ce cher Pierre Dac si féru en identité qu’en positionnement de nation naissante, au troublant « qui suis-je, d’où viens-je, où vais-je ? ? ? », proposait la solution étonnante de simplicité, respectivement : « je suis moi, je viens de chez moi, et j’y retourne ».

      Pour ma part, j’adore rigoler, mais je ne participerai pas au spectacle en tant que comique, je boycotterai donc le débat sur la nationalité identitaire ou le contraire et me contenterai du modeste rôle de spectateur, en méditant tout de même sur le fait qu’un jour viendra peut-être où l’intelligence et la raison, voire l’éthique comme dirait l’autre, seront convoquées pour examiner certains faits historiques quand le ciment national sera totalement parti en quenouille, il faudra bien trouver des fileuses pour retricoter tout ça, il sera temps alors de se remettre au rouet, quand on aura fini de rire.

      il est enfin méritoire à nos élites en ces temps de doutes existentiels mais collectifs, de fournir au bon peuple une chanson et un drapeau, symboles simples et fédérateurs, pour qu’on puisse venir voir le défilé sans se faire engueuler, si bien qu’en protestant, quand il est encore temps, on finit toujours (ou presque), par obtenir des ménagements, ou bien l’on reste dans son lit douillet, tu vois ce que je veux dire, on ne s’improvise pas bas-du-front du jour au lendemain dans une nation d’intellectuels.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 14h43 le 02/11/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Besson jouerait donc le rôle du chiffon rouge, qu’on agite devant les grenouilles ou les taureaux ?

    il nous fait débattre de valeurs mais se garde bien de philosopher et de commenter :

    -que pensent nos joyeux « délocalisateurs » de l’identité française ?
    - comment la vivent-ils ?
    -que pensent les investisseurs soit-disant français de l’identité nationale, quand ils vont s’installer ailleurs ?
    -que pensent de l’identité française nos VIP français qui vont vivre hors de France pour ne pas payer leurs impôts ?
    -que pensent de l’identité française les milliers de retraités qui vont vivre leur retraite, et la dépenser dans un pays à faible coût de vie ?
    -les niches fiscales font-elle partie de l’identité française ?

    il nous amuse avec la forme et ses symboles, mais qu’en est-il du fond ? ? ?

    ce débat risque de faire prendre conscience de problèmes qui risquent de se retourner contre certains détenteurs de pouvoirs... on joue avec le feu.

    on vit entre nous avec certaines valeurs, mais comment ? ?

    on peut vivre mal avec des valeurs nobles, magnifiques, déifiées,etc...
    on peut vivre bien avec d’autres valeurs moins nobles...

    les valeurs ne sont jamais gage de qualité.. elles peuvent y contribuer ou bloquer tout..

    Ce n’est pas l’étiquette qui compte, c’est le produit.
    on peut mettre n’importe quoi sur l’étiquette. Le produit lui ne ment pas, il est.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 12h56 le 02/11/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    Reconnaitre les mensonges propagés dans ces dernières décennies fait partie de l’Histoire de la France, pas de l’identité nationale.

    Si on tient à définir absolument une identité nationale, ce serait de définir quels sont les traits requis pour vivre ensemble dans un pays appelé France.

    L’identité nationale, telle que le veut besson, c’est trier les bons français des mauvais et retomber dans les mensonges dénoncés dans le texte.

    • mamiedesanusée
      mamiedesanusée répond à caro
      • Posté à 13h04 le 03/11/2009
      • Internaute 66683

      @Carodélinquante
      Définition d’un « bon français » et d’un « mauvais français ». Merci

      • caro
        caro répond à mamiedesanusée
        délinquante avérée
        • Posté à 22h23 le 04/11/2009
        • Internaute 6484
          délinquante avérée

        les souchiens et tous les autres (sauf le président)

  • Chimulus
    Chimulus
    Dessinateur de presse
    • Posté à 13h03 le 02/11/2009
    • Internaute 5775
      Dessinateur de presse
    • caro
      caro répond à Chimulus
      délinquante avérée
      • Posté à 13h06 le 02/11/2009
      • Internaute 6484
        délinquante avérée

      très bon : -))
      il manque quand même le kil de rouge pour accompagner le camembert !

      • Servais-Jean
        Servais-Jean répond à caro
        43
        • Posté à 17h58 le 02/11/2009
        • Internaute 4591
          43

        Le kil de rouge ne peut pas déterminer l’identité française car il est l’essence même de la France et Chimulus, en ne le citant pas, prouve bien qu’il a tout compris.

         
        • NuklearCocroach
          NuklearCocroach répond à Servais-Jean
          ex GeneralSubverciòn
          • Posté à 18h21 le 02/11/2009
          • Internaute 36938
            ex GeneralSubverciòn

          forcément,chez l’arabe du coin,c’est du Sidi Brahim et du Boulaouane gris qu’on trouve,au demeurant pas trop mauvais,mais ça ferait tâche au niveau de la franchouillitude.

        1 autres commentaires
  • lavoine
    lavoine
    région parisienne
    • Posté à 13h06 le 02/11/2009
    • Internaute 27439
      région parisienne

    grosso modo, vous regrettez la colonisation. De Gaulle était un grand visionnaire et ça se vérifie chaque jour.

  • ON M RSA2012
    ON M RSA2012
    Touché en plein coeur
    • Posté à 13h27 le 02/11/2009
    • Internaute 85545
      Touché en plein coeur

    Liberté - Egalité - Fraternité

    Uniquement 3 mots sur le fronton des écoles de la République ?

  • batila-
    • Posté à 14h18 le 02/11/2009
    • Internaute 34191

    L’auteur définit bien le problème. Des vérités souvent cachées sont ici clairement affirmées.
    Sans pour autant percevoir de Gaulle comme un visionnaire, ou les « integrationnistes » comme des naïfs, la vérité est sans doute entre ces deux point de vue, ce qui ne nous avance pas trop...
    Si de tels antagonismes existent dans la sociétés françaises, si des personnes toutes françaises peuvent exprimer des opinions contradictoires sans s’entretuer, si la doctrine officielle depuis 50 ans nous parait à tous cachée derrière un flou artistique savamment entretenu, avons nous vraiment besoin de définir UNE identité nationale ?
    Je pense que le costume de de Gaulle correspondait à une époque qu’il nous est bien difficile d’imaginer, avec nos repères d’aujourd’hui. Ce costume est trop grand pour sarko qui le fait porter par son ami Besson. Problème : de Gaulle était, quoi qu’on en dise, un grand résistant. Et Besson n’a pas pris la peine d’ôter son uniforme de milicien avant de l’enfiler (le costume).
    Pour finir, étant donné le nom de son ministère, le fait de d’ouvrir un débat « démocratique » sur la question, signifie :
    -soit qu’il prend les gens ouvertement pour des cons.
    -soit qu’il est dans un ministère qui n’a pas de définition établie.
    Dans un cas c’est un salaud, dans l’autre un idiot, comme Lagardère en son temps...

  • jma14
    • Posté à 14h40 le 02/11/2009
    • Internaute 31729

    La France Pays des Lumières et du débat ! Je pense que c’est un peu révolu. Il est affligeant de constater que la polémique ne se fait pas au niveau des idées mais des postures. Les gauchos rayant le débat parce il est honteux : parce qu’il vient de droite.
    Mais pourquoi la gauche a peur d’un débat qui n’a pas livré ces conclusions ? ? ? ? ? ? ? ? ?
    De quoi une partie du peuple a peur en discutant de ce sujet ? ? ? ? ? ?
    On pourra simplement noter pour l’instant qu’une partie de la population refuse de débattre parce que le sujet n’a pas été posé par « la bonne personne ». Encore une fois les Français n’ont aucune conscience républicaine et des arguments d’une immaturité la plus complète.
    Il est également affligeant que la presse n’est pas essayée d’en donner une définition !

    • lavoine
      lavoine répond à jma14
      région parisienne
      • Posté à 17h46 le 02/11/2009
      • Internaute 27439
        région parisienne

      La gauche, internationaliste dans son subconscient, a toujours eu un réel problème avec notre identité nationale, comme avec l’immigration qu’elle a laissé filé et n’a jamais contrôlé. Il suffirait qu’elle revienne au pouvoir , pour qu’elle procède aussi sec à des régularisations massives de clandestins. C’est plus fort qu’elle, c’est idéologique.

      • NuklearCocroach
        NuklearCocroach répond à lavoine
        ex GeneralSubverciòn
        • Posté à 18h22 le 02/11/2009
        • Internaute 36938
          ex GeneralSubverciòn

        le post-pétainisme aussi c’est idéologique...

         
        • lavoine
          lavoine répond à NuklearCocroach
          région parisienne
          • Posté à 18h40 le 02/11/2009
          • Internaute 27439
            région parisienne

          « le post-pétainisme » ? connais pas....socialisme et communisme, oui on connait, ça existe toujours et on n’en veut plus !

          • poppa
            poppa répond à lavoine
            pas papop
            • Posté à 21h23 le 02/11/2009
            • Internaute 75123
              pas papop

            « le post-pétainisme » ? connais pas..
            vous êtes certain ? si si un effort ! J’vais vous aider,
            ça donnait ça :
            radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est Allemand.
            ça c’était pétainiste
            le post c’était TSF.

            • jma14
              jma14 répond à poppa
              • Posté à 10h09 le 03/11/2009
              • Internaute 31729

              Evitez d’utiliser ces mots, vous en usez le sens, et vous décrédibilisez vos propos en n’exprimant pas vos idées de manières claires.

              • poppa
                poppa répond à jma14
                pas papop
                • Posté à 12h32 le 03/11/2009
                • Internaute 75123
                  pas papop

                Un coup de morale ou un coup au moral ?
                « Evitez d’utiliser ces mots » ? Lesquels ?
                Je veux bien y réfléchir.
                Pour le coup, selon vos termes, vous n’exprimez pas vos idées de manière claire.

                • jma14
                  jma14 répond à poppa
                  • Posté à 22h51 le 03/11/2009
                  • Internaute 31729

                  Post-pétainiste

                  • poppa
                    poppa répond à jma14
                    pas papop
                    • Posté à 07h32 le 04/11/2009
                    • Internaute 75123
                      pas papop

                    Selon Badiou ?

                    • poppa
                      poppa répond à poppa
                      pas papop
                      • Posté à 18h32 le 04/11/2009
                      • Internaute 75123
                        pas papop

                      C’est quoi ce top naze ? En plein échange.
                      jma14 ou autre.
                      Argumentez si vous souhaitez que je sois moins con.
                      Vous posez votre merde et basta.

                      • jma14
                        jma14 répond à poppa
                        • Posté à 19h58 le 04/11/2009
                        • Internaute 31729

                        Ce que je disais plus haut :
                        « Evitez d’utiliser ces mots, vous en usez le sens, et vous décrédibilisez vos propos en n’exprimant pas vos idées de manières claires. »
                        Le problème de ces mots : « post-pétainisme », « néo-colonialisme », « fasciste »............ c’est que :
                        1/ Tous les citoyens ne savent pas en donner une définition,
                        2/ Tous les citoyens ont une vision et une définition différente de ces concepts, selon leur niveau social, leur idée politique....
                        3/ Ces termes sont plus souvent à relier à un pan de l’histoire et en général difficile à retranscrire dans le monde dans lequel nous vivons (2009).
                        4/ Traité sarkosy de fasciste, ca fait probablement du bien, mais ca ne veut rien dire.
                        En résumé, la langue Française est suffisament riche, pour expliquer à son voisin qu’il est raciste, con comme une....
                        Ca évite également la manipulation des mots par les plus sournois.
                        Arrêtons de brasser les concepts anciens, et revenons aux mots fondamentaux compréhensibles pour et par tous.
                        Voilà, j’espère m’être mieux exprimé.

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