A la une 30/10/2009 à 11h55

Mesurer le stress du petit patron et la « souffrance du licencieur »

Guillemette Faure | Journaliste

Parler de la souffrance des patrons en temps de crise, vu de loin, ça a l’air d’une nouvelle manifestation du collectif Sauvons les riches. Olivier Torres, chercheur en gestion de l’université de Montpellier prépare pourtant Amarok, un observatoire de la santé des dirigeants de PME. Il nous explique pourquoi.

Ça semble un peu provocateur de parler aujourd’hui des souffrances des patrons…

Il y a deux patronats. Je ne vais pas vous parler des entreprises du CAC40. Christophe de Margerie, par exemple, n’est pas un patron. C’est un cadre dirigeant salarié. Je parle de celui qui engage son capital et son patrimoine : l’artisan qui a deux salariés, le commerçant qui travaille avec sa femme et quelques autres. 98% des entreprises en France sont des PME.

La différence entre un grand groupe multinational et une PME, c’est que le premier fait du management à distance. Quand Louis Schweitzer à l’époque où il était chez Renault décide de fermer l’usine Vilvoorde en Belgique, il ne le fait pas de gaité de cœur, mais quand il prend sa décision, il n’est pas seul. Les travaux psychologiques de Serge Moscovici montrent qu’il est plus facile de prendre une décision dure quand on est plusieurs que quand on est tout seul.

Ensuite, il va déléguer le plan social à un DRH qui le déléguera à un directeur de site qui, peut-être, déléguera à un cabinet de consultants. Un patron d’une société d’électricité de quatre personnes qui doit se séparer de quelqu’un prend la décision seul. Il n’y a pas de division du travail, c’est lui qui va annoncer la décision Il connaît la famille de la personne. Dans une PME, on se voit tous les jours.

En cas de licenciement, la première souffrance, c’est celle du licencié. Mais dans le cas de la PME, il y a aussi la souffrance du licencieur, c’est un traumatisme pour toute la boite.

Konrad Lorenz explique dans « L’Agression : une histoire naturelle du mal » que tuer quelqu’un au fusil est moins difficile qu’à l’arme blanche. Un grand groupe qui ferme une usine à distance, c’est du bazooka. Un petit groupe qui licencie, c’est de l’arme blanche.

Mais ça semble curieux de concentrer son attention sur la souffrance patronale...

En parlant de « souffrance patronale », j’appose deux mots qui n’ont jamais été apposés. Les élites en psychologie du travail ne se sont jamais intéressées à cette question. Et de leur côté, les patrons ont horreur de parler de ça. Ils se murent dans une idéologie de leadership.

J’imagine que le patron de Rue89 quand il arrive, il est en forme [c’est vrai, ndlr], il veut montrer qu’il faut aller de l’avant. Ne comptez pas sur votre patron pour dire qu’il a des doutes. Le patron n’a pas le droit de parler de sa souffrance.

C’est très bien qu’on s’empare du suicide salarial comme fait de société. Mais quand un artisan se pend, ça fait dix lignes dans le journal local.

Je suis fonctionnaire. Le stress du carnet de commande, je ne sais pas ce que c’est. Le petit patron artisan dans le bâtiment a une visibilité à trois mois, vous imaginez le stress.
Les médecins du travail ont montré que la surcharge de boulot n’est pas bonne pour la santé, tout comme le stress, l’incertitude et la solitude. Or un grand nombre d’artisans sont des gens qui cumulent ces quatre facteurs.

Mais à côté de ça, ce sont aussi des gens qui ont un locus de contrôle interne (le sentiment de maîtriser son destin), des valeurs entreprenariales comme l’optimisme ou l’endurance sont « salutogènes » (bonnes pour la santé). Je fais cet observatoire parce que tout ça n’a jamais été mesuré.

Votre observatoire s’appelle Amarok. Pourquoi être allé chercher un nom esquimau ?

Amarok, c’est l’esprit loup. Le loup protège le caribou parce qu’il en a besoin pour se nourrir. Une société mature doit se préoccuper des patrons de PME, ne pas les diaboliser.
Comme chez les esquimaux, les PME fonctionnent aussi sur des cultures de l’oralité. Vous pouvez taper dans vos mains et dire j’ai une idée, tout le monde est là.

Tout comme les esquimaux se servent plus de leur ouïe et de leurs odorat, le management des PME, c’est sensoriel. Au premier coup d’œil, le patron de PME voit si vous êtes en forme ou pas.
Dans une très grande entreprise, on ne se côtoie plus. C’est pour ça d’ailleurs qu’il y a des séquestrations dans ces dernières, et pas dans les PME.

Dans les grosses boites, le patron, on ne l’a jamais vu, il y en a qui ne savent même pas qui c’est. Quand il vient, tout à coup, on a quelque chose de palpable.

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  • ysengrimus
    • Posté à 12h07 le 30/10/2009
    • Internaute 12674

    Par dessus le tas, quand le petit chef(fe) est une femme, on en profite en plus pour casser des causes sociales. Les femmes patronnes ne font pas mieux que les hommes patrons

    Lien

    pas pire non plus au demeurant. Les femmes patronnes confirment simplement qu’un(e) patron(ne) reste un(e) patron(ne)…
    Paul Laurendeau

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 12h12 le 30/10/2009
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    Contente de voir que certains se préoccupe de cet aspect de la crise...
    Dirigeant depuis 1 an une PME de 15 salariés, nous avons entamé la mort dans l’âme une procédure de lincenciement économique de 2 salariés, nos salaires ont déjà été baissé/bloqué.
    Nous vivons à l’affût de l’opportunité, de la commande qui va nous permettre de finir l’année sans licencier. Autour de nous, nos sous-traitants, nos fournisseurs, nos clients PMI ou gros groupes licencient, chôment... Ce ne sont que fermetures de site, démontage d’équipe et liquidation...
    Au début on s’efforce de maintenir l’emploi même si la trésorerie ne suit plus et que les banquiers nous assiègent. On dépense une énergie folle en prospection, en visite commerciale.
    Au bout de qqs moi il faut prendre les mesures adéquates car en cas d’incapacité de paiement d’un de nos fournisseurs, nous ne serions plus garantis par la SFAC (entre autres), nous ne pourrions donc plus rien acheter (sauf comptant) et c’est l’activité de toute l’entreprise qui serait fortement menacée...
    Mais il faut rester optimiste, on espère tenir jusqu’en décembre sans licencier et si on y est contraints, on espère pouvoir les rembaucher dans les 6 mois, car avec le nombre d’entreprises qui ferment si on passe la crise la demande sera bien supérieure à l’offre...
    Merci pour votre article !

    • PoG
      PoG répond à amonhumbleavis
      Etudiant.
      • Posté à 12h33 le 30/10/2009
      • Internaute 70681
        Etudiant.

      Et le pire, c’est que c’est les mêmes riverains qui n’arrêtent pas de sortir des « tous des enculés ces patrons » qui vont venir vous plaindre.
      C’est tellement facile de dire que c’est facile pour les autres. On devrait pas avoir besoin d’un article sur la difficulté d’être patron. Y’a qu’en France qu’on méprise les gens qui prennent des risques ou les gens qui réussissent.

      Les patrons, pour moitié d’entre eux, c’est des gars qui ont misés une vie d’économie. Soit ça rate, soit ça marche.
      J’ai pas les couilles de faire ça.

      • ysengrimus
        ysengrimus répond à PoG
        • Posté à 12h39 le 30/10/2009
        • Internaute 12674

        Euh... des gars ou des femmes... pas besoin de couilles, en fait...
        P.L.

      • Alain59
        Alain59 répond à PoG
        • Posté à 13h01 le 30/10/2009
        • Internaute 28521

        Il faut certes des « couilles » comme tu dis, mais il y en a une partie qui se mettent à leur compte parce qu’ils en ont tout simplement marre d’être salarié et d’obéir à qui que ce soit.

        Avoir un chef, un patron, quelqu’un qui vous commande, qui vous dirige chaque jour, voilà une situation difficile, parfois humiliante, qui vaut bien le stress du patron.

        Enfin tu prêtes à tous les autres l’amalgame « tous des enculés ces patrons », on te remercie du cadeau, mais ne feins pas de croire que lorsqu’on parle de patrons voyous ou indifférents au sort de leurs salariés, on parle d’autre chose que de ceux qui dirigent les grandes entreprises. On ne parle évidemment pas de l’artisan, du boulanger ou de l’épicier du coin. Faut-il te le dire ?

    • solènejazz
      • Posté à 13h51 le 30/10/2009
      • Internaute 89346

      Je suis conscient de la difficulté de certains patrons de maintenir leur entreprise en vie, je pense aussi que des patrons se soucient de la vie de leurs salariés. Peut être même que cet attachement est beaucoup plus fort dans les TPE.

      Cependant quand on voit se que font les petits restaurants du cadeau fiscal on peut douter de leur parole (où sont passés les augmentations de salaire, les embauches, les baisses de prix : elles ont fait PSCHITT ! ! !). Malheureusement je crois que vous êtes peu nombreux à vous soucier de votre personnel et que pour beaucoup d’entreprise le salarié un ennemis à abattre

      La grande victoire de l’ultralibéralisme (dont l’ump est un ardent défenseur, la crise n’étant qu’une pause) est de mettre les travailleurs en concurrence direct (le chinois contre l’européen, le petit chef contre ouvrier...) et dans ce combat un des deux salariés doit disparaître

      • amonhumbleavis
        amonhumbleavis répond à solènejazz
        Rue89 fait monter le FN
        • Posté à 16h07 le 30/10/2009
        • Internaute 93168
          Rue89 fait monter le FN

        La restauration c’est un monde à part pour moi, je ne connais pas et je trouve ce milieu très obscur voir mafieux (de ma petite fenêtre) ... ce dont je peux parler c’est de l’industrie

        Un combat entre salariés ? Je n’y crois pas trop ...
        Ma vision des choses est un type de salarié pour un type de travail ...
        Pas d’intéret à acheter en Chine si ce n’est dénormes quantités ...
        On ne fait plus de très grande série, on fait de la petite série voir du prototypage, avec du personnel très qualifié qu’il n’y a pas encore en Chine ( pourquoi seulement la Chine, en Tchéquie, au Maroc ou en Inde) sinon au même prix qu’en France...
        Alors tant qu’on fera de la recherche et de l’innovation en France les petites boites locales ont un avenir en restant dynamique et à la pointe de la technologie.
        Après le marché s’équilibrera.
        Déjà certains acheteurs reviennent de Chine : la main d’oeuvre a augmenté, les délais ne sont pas acceptables, la qualité n’est pas au rendez-vous
        Ils exploreront d’autres contrées avant de comprendre que favoriser l’économie de leur marché domestique c’est assurer leur propre avenir !

    • Azza
      Azza répond à amonhumbleavis
      Ingénieur en informatique (...)
      • Posté à 15h58 le 30/10/2009
      • Internaute 25467
        Ingénieur en informatique (...)

      Sur la derniere emission de Mermet avec Frederic Lordon, y’a un passage tres interessant sur la maniere dont la violence du systeme liberal cascade, depuis l’actionnaire de la grosse boite du CAC 40 jusqu’a l’employe de la TPE.

      L’argument est que le systeme place deliberement chaque acteur dans une posture limite ou sa propre survie est en jeu et depend de sa capacite a transmettre l’ordre de haut en bas. C’est la description d’une societe tres violente.

      A rapprocher de la societe en sablier decrite par Verschave (d’apres Braudel) dans le second lien :

      Lien

      Lien

  • r_v
    r_v
    • Posté à 12h25 le 30/10/2009
    • Internaute 9634

    Je suis partagé sur cette histoire ; autant, il ne faut pas nier que dans certaines PME, le patron peut souffrir quand il vire quelqu’un, mais le quelqu’un en question souffre d’autant plus qu’il n’a plus les moyens de vivre par son travail !

    Alors être conscient que le patron peut souffrir OK mais j’ai plus de compassion pour le salarié viré que pour le patron qui a un cas de conscience !

    Je rajouterai que, même dans les PME, le patron vire parfois pour garder son niveau de vie (comme dans les multi-nationales d’ailleurs), pour sauver sa peau (la boite) et non pas pour sauver les emplois.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à r_v
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 12h47 le 30/10/2009
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Désolée de venir nuancer votre avis : si on est patron c’est autant pour l’aventure humaine que pour l’aspect professionel et économique.
      On était bien plus pénards et en sécurité en étant salariés (surtout que nous étions tous deux dans de grands groupes) : une boîte qui marchait avec 15 salariés se retrouve sans repreneurs.
      Alors on se lance car on y croit (un peu) à l’emploi en France, aux PMI ... et on s’endette pour gagner le même salaire, et on investit toutes nos économies aussi !
      Pour sauver notre peau aujourd’hui et récupérer notre mise comme vous dites, ce n’est pas deux personnes qu’on licencieraient mais toutes, et on vendrait les machines tant qu’il y a un marché....
      D’accord l’employé souffre énormément : c’est lui qui souffre le plus et en premier parce qu’il ne l’a pas vu venir, mais ne négligez pas l’implication des petits chefs d’entreprise.

      • solènejazz
        • Posté à 15h17 le 30/10/2009
        • Internaute 89346

        Une fiscalité plus adaptée pour les TPE pourrait être utile.

        Plutôt que le seul chiffre d’affaire et les bénéfices on pourrait prendre en compte aussi le nombre de salariés pour fixer le montant des taxes. Pour simplifier si tu emploies beaucoup tu payes moins. Mon idée aurait-elle du bon ? ? ? ?

        Mais il faudrait en contrepartie que les salariés est une part plus importante des bénéfices.

        Avantages : la baisse du chômage entraînerait une diminution des dépense de l’ETAT et des recettes fiscales plus importantes.

        MAis le risque : beaucoup de PME/TPE étant des sous traitants, les multinationales ne risquent-elles d’imposer une baisse des prix à leur sous traitants ? ? ? et donc plus aucun avantage pour l’ETAT (et nous) ! ! !

         
        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à solènejazz
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 15h37 le 30/10/2009
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          Pourtant aujourd’hui en France c’est le contraire : si tu achètes de la sous-traitance, avec les jeux d’écriture comptable, ça te revient moins cher au final que de faire travailler ton atelier, même au même coût horaire ...
          C’est certains que le système est vicié et que finalement ce sont toujours les gros capitaux qui retirent les avantages en faveur de l’emploi en France.
          Mais je ne suis pas vindicative en apportant ce témoignage, je suis juste contente qu’un autre point de vue (le mien) soit avancé... et pour les solutions possibles je ne vois qu’une chose : que cette république dirigée soit disant par un méritocrate accorde un peu plus de valeur au travail et un peu moins aux capitaux ...

          • solènejazz
            • Posté à 15h59 le 30/10/2009
            • Internaute 89346

            La sous traitance est une belle affaire pour les donneurs d’ordres. Donc il faut un rééquilibrage des profits à l’avantage des PME.

            MAis comment faire ? ? ? Dans le domaine de la distribution les hypermarchés tiennent leurs fournisseurs pieds et poings liés. Quand elle négocie les prix la grande distribution est sans pitié ! ! ! mais sans la grande distribution comment vendre ? ? ?

            L’argent au travail et moins au capital d’accord ! ! Le problème c’est que les banques ont gagnés la partie malgré la crise. Les choses reprennent comme avant ET EN CAS DE NOUVELLES ACCIDENTS ON FERA APPEL A L’ETAT.

          • alberich
            alberich répond à amonhumbleavis
            fumiste
            • Posté à 16h00 le 30/10/2009
            • Internaute 84604
              fumiste

            Je vois assez mal comment des jeux d’écritures comptables influent sur les coûts ...

            Quant à la valeur relative des capitaux et du travail, c’est selon le secteur d’activité, vos machines sont du capital, votre fond de roulement aussi.

            Pour solènejazz, il existe déjà une mesure dédiée aux TPE qui est d’imposer leurs bénéfices, sous certaines conditions, à un taux de 15 % au lieu de 33.1/3.

            • amonhumbleavis
              amonhumbleavis répond à alberich
              Rue89 fait monter le FN
              • Posté à 16h11 le 30/10/2009
              • Internaute 93168
                Rue89 fait monter le FN

              Pardon je me suis trompée de terme, pas le coût brut ... mais le coût net : après le compte de résultat

            • solènejazz
              solènejazz répond à alberich
              • Posté à 16h19 le 30/10/2009
              • Internaute 89346

              Très bien et merci
              mais quels sont les conditions ? ? ?
              moi je pensais aussi à une réduction des cotisations patronales sociales

              Un taux variable en fonction du nombre de salariés. Les entreprises de main d’oeuvre serait ainsi les grandes gagnantes. Je pense que ma proposition poserait d’autres problèmes (pour les boites qui emploient des personnes très qualifiées) MAIS C’EST SEULEMENT UNE PISTE

              LE but serait de réussir à pénaliser les entreprises qui délocalise à « outrance »

              • alberich
                alberich répond à solènejazz
                fumiste
                • Posté à 16h31 le 30/10/2009
                • Internaute 84604
                  fumiste

                Conditions qui tiennent au capital qui doit être détenu à 75 % par des personnes physiques, au CA qui doit être inférieur à 7.5 millions et au bénéfice dans la limite de 38 000 € (env et de mémoire).

                Sinon il y a des exonérations de charges (Fillon) qui existent déjà, sans parler des possibilités de contrats aidés etc.

                Votre concept du nombre de salariés m’échappe un peu, comment l’apprécier , mystère ...

                • solènejazz
                  solènejazz répond à alberich
                  • Posté à 16h47 le 30/10/2009
                  • Internaute 89346

                  pour simplifier ou essayer de me faire comprendre, un exemple : (c’est pas gagner)

                  imaginons que le taux de cotisations patronales soit de 30 %
                  Si une entreprise de 20 salariés décide d’embaucher le taux diminuerait à 29 % (ou plus bas). Donc embaucher ne pénaliserait pas une entreprise (je crois mon machin c’est un peu une usine à gaz)

                  mais deuxième idée : peut être serait-il plus facile d’utiliser le chiffre d’affaire dans le calcul des charges patronales plutôt que la masse salariale ? ? ?

                • amonhumbleavis
                  amonhumbleavis répond à alberich
                  Rue89 fait monter le FN
                  • Posté à 19h10 le 30/10/2009
                  • Internaute 93168
                    Rue89 fait monter le FN

                  « Exonérations de charge et autres contrats aidés » désolée mais ce sont tous des contrats précaires, il est impossible d’y faire rentrer une personne de 30-40 ans qualifiée...
                  On a un jeune en contrat de qualification CDD certes exonération de charges patronales si on se tient à XX% du SMIG (en fonction de l’âge du salarié) si on veut le payer correctement on paie les charges sur la différence ...
                  Je pense que bcp de ces contrats ne font que créer de la précarité ... et certains employeurs en abusent
                  Je l’ai vu dans une PME entreprise de service où le poste de secrétaire était exclusivement tenu par des jeunes en contrat de qualif qui restait 1 ou 2 ans et se succédaient ... résultat un poste en moins pour les secrétaires formées

        8 autres commentaires
    • michel 13
      michel 13 répond à r_v
      • Posté à 22h21 le 30/10/2009
      • Internaute 49378

      Votre analyse est très juste et correspond tout à fait à une réalité que j’ai bien connue. En tant que militant syndical, pendant des années j’ai accompagné des salariés (ayant reçu leur lettre de licenciement) à l’entretien préalable au licenciement que l’employeur devait obligatoirement avoir avec le salarié licencié. Et là, il n’y avait pas photo, celui des deux qui était abattu, effondré, qui souffrait un maximum de sa perte d’emploi et de revenu n’était pas l’employeur mais bien le salarié licencié. Et plus d’une fois, l’employeur en profitait pour ne pas régler tout ce qu’il devait à son salarié, notamment les heures supplémentaires.
      Je ne veux pas généraliser mais sur une centaine d’entretiens préalables au licenciement à laquelle j’ai participé je n’ai jamais vu un patron désespéré, triste ou affecté, j’ai souvent vu des petits patrons satisfaits de se débarrasser d’un salarié pour des motifs +/- évidents. Et plus d’une fois j’ai vu aussi ces mêmes employeurs condamnés, à juste titre, par les prud’hommes.
      Mon expérience personnelle me laisse un peu douter du « stress du licencieur ».

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 12h20 le 30/10/2009
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    La souffrance du patron qui licencie est sans doute bien réelle, mais en fait, est-ce qu’elle proviens de l’acte ou de la cause ? en gros le patron « souffre » parce qu’il doit virer quelqu’un ou parce qu’il a moins de sous ?
    La vie du patron est faite de plein de souffrances : tous les mois il doit ouvrir leur porte monnaie pour payer ses employés. C’est vraiment trop injuste.

    • watashi_baka
      watashi_baka répond à Hatamoto
      ...
      • Posté à 12h27 le 30/10/2009
      • Internaute 47330
        ...

      On parle du petit patron,
      Celui qui commence par arreter de se payer en période difficile,
      Celui qui a un crédit important sur le dos et qui sait qu’en cas de faillite, les huissiers vont venir saisir sa maison.
      On parle de celui qui a un ouvrier et un apprentis, avec parfois comble du luxe une secretaire a temps partiel
      On parle de celui qui connait le prenom des conjoints de ses employé et dont les enfants vont dans la même école que ceux de ces employé
      Bref
      On est loins des patrons qui préfèrent acheter une troisiemme porche plutot que de payer leurs salarier,
      Oui pour ces gens là qui peuvent tout perdre, il y a certainement beaucoup de difficultée.
      Le fait de mettre quelqu’un qu’on connait, voir qu’on apprécie en difficultée ça doit certainement pas aider, mais j’imagine que la perspective de se retrouver encore plus dans la merde sinon joue beaucoup aussi...
      D’ailleurs Patron qui a fait faillite, ça fait tache sur un C.V. non ?

      • sup à la demande du riverain12.11.09
        • Posté à 12h51 le 30/10/2009
        • Internaute 45258

        Est-ce qu’un patron qui fait faillite touche le chômage ?

         
        • alberich
          • Posté à 13h01 le 30/10/2009
          • Internaute 84604
            fumiste

          Dans certaines conditions oui, mais en général les petits patrons n’ont pas pris les dispositions qui pourraient leur permettre de cotiser et d’avoir des droits aux Assedic.

        • marchenchuches
          marchenchuches répond à sup à la demande du riverain12.11.09
          Ouvreur d'huitres au Niger
          • Posté à 13h08 le 30/10/2009
          • Internaute 42407
            Ouvreur d'huitres au Niger

          Concernant les ASSEDIC,non, sauf cas TRES particulier.

          S’il n’a pas souscrit une assurance volontaire à coût exorbitant il se retrouve en s..p.

          La majorité des patrons de TPE ne se paient plus pendant de nombreux mois avant de prendre la décision de licencier.

          Ceux qui ne le font pas ne sont, en général, pas en difficulté, leur éthique particulière a fait en sorte qu’ils ont suffisament pressé le citron des salariés et fournisseurs pour conserver de la trésorerie. Ce qui ne les empêche pas de licenscier sans état d’âme.

        2 autres commentaires
    • Marie7777
      Marie7777 répond à Hatamoto
      • Posté à 12h53 le 30/10/2009
      • Internaute 24851

      Par définition, le petit patron aimerait bien faire le travail tout seul pour ne pas s’embêter avec la gestion des salariés (et pour optimiser ses revenus), mais comme il n’arrive pas à tout faire lui même, il doit avoir des employés. Un patron de PME m’a avoué récemment qu’il avait été très dur moralement de supprimer plusieurs emplois, mais qu’il était soulagé de passer maintenant moins de temps sur la gestion des ressources humaines et de remettre les mains dans le cambouis en concevant lui-même les projets, chose qu’il avait arrêté de faire quand sa boîte avait grandi.
      Quant à mon petit patron à moi, il nous dit tous les jours que l’entreprise va mal, qu’on ne passera pas l’année, ce qui ne l’empêche pas de garder ses notes de frais au même niveau. C’est devenu un système de management : « si vous » (salarié) « ne faites pas telle ou telle chose, on met la clé sous la porte ». Résultat : l’ensemble du personnel est dans un état psychologique lamentable (et pas plus productif pour autant car tout le monde est déjà au taquet depuis des mois).
      Donc, la souffrance du petit patron...

      • amonhumbleavis
        amonhumbleavis répond à Marie7777
        Rue89 fait monter le FN
        • Posté à 15h50 le 30/10/2009
        • Internaute 93168
          Rue89 fait monter le FN

        Désolée pour vous, vous êtes tombée sur un mauvais ...
        Il y en a partout, et malheureusement on stigmatise toujours en France sur les mauvais et pas les bons.
        Je peux vous dire de mon côté que parmi la quarantaine de PMI que je cotoie aucun gérant n’a ce genre d’attitude... et qu’aucun n’a envie de faire tout le boulot par lui même... au contraire savoir déléguer c’est une des clés de réussite

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h16 le 30/10/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    très belle analyse, juste...

    sur le stress des ’petits patrons’ et ’artisans’ c’est vraiment bien décrit.

    mon grand père et mes oncles, même pendant la partie de belotte dominicale, n’arretaient pas de parler de leur magasin, des impayés, des ventes, des rendus, des bévues, des traites, de la banque, des pannes, des retards..

    ...vous parlez d’une belotte ! ! c’était une partie de stress..

    une sorte de réunion de travail, autour d’un tapis de carte..

    cela m’emmerdait , quand j’étais le 4ème..

  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h31 le 30/10/2009
    • Internaute 7715
      D'actualité, de dessin surtout

    Le problème n’est pas en soi qu’un patron licencie. Tout le monde peut comprendre qu’une boîte ait des difficultés et qu’elle ne puisse plus assurer du travail à tous ses employés.
    Il y a problème dans la manière de licencier, et souvent dans la sincérité des motifs du licenciement.
    Enfin je ne crois pas que les femmes soient plus « classe », plus courageuses, ou plus élégantes, que les hommes dans ce genre de mésaventure.

  • heinpasdeux-
    heinpasdeux-
    Trollé par la modération...
    • Posté à 12h33 le 30/10/2009
    • Internaute 94001
      Trollé par la modération...

    Vous inquiétez pas
    Bientôt vous allez entendre parler du stress de l’auto-entrepreneur et là on va bien rigoler .
    Enfin çà dépend de quel coté on se place...
    Il existe un risque de syndrome France Télécom en gestation .

  • alberich
    alberich
    fumiste
    • Posté à 12h37 le 30/10/2009
    • Internaute 84604
      fumiste

    Il s’agit plutôt de l’observatoire des TPE que des PME. Une PME peut avoir 250 salariés et dans ce cas les éventuels plans sociaux n’entraînent guère d’états d’âme chez les dirigeants. Il s’agit de gestion des effectifs et de la structure à adapter selon les circonstances économiques.

    D’ailleurs, les relations trop proches entre les patrons de TPE et leurs salariés posent plus de problèmes qu’autre chose. Les licenciements sont retardés au delà du raisonnable et parfois l’entreprise étant incapable de licencier faute de moyens financiers se trouve acculée à une procédure collective, souvent une liquidation au vu de sa petite taille et du peu d’intérêt de sa reprise.

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à alberich
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 18h58 le 30/10/2009
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      Peut être TPE et PE plutôt que PME (c’est-à-dire moins de 50 employés) ?
      A ma connaissance :
      TPE effectif <10
      PE effectif <50
      PME effectif <250

      Et pour la seconde partie de votre commentaire, je suis tout à fait d’accord : c’est l’écueil qu’on essaie d’éviter !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 12h49 le 30/10/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Bon , c’est bien joli tout ça . Et c’est certainement vrai . Le travail est devenu une souffrance , beaucoup plus qu’avant , a tous les niveaux , et pour des tas de raisons . Mais qu’est ce qu’on fait ? on envoie des armées de médecins , de conseillers psychologiques, de sociologues anthropologues du travail et on traite tout ça par les médecines douces en posant des cataplasmes aux huiles essentielles sur les jambes de bois des petits patrons ou on s’occupe des causes ?

    • Scotian
      Scotian répond à Numerosix
      • Posté à 14h35 le 30/10/2009
      • Internaute 71808

      Mes ancêtres étaient, entre autres, marins-pêcheurs, petits paysans en montagne et tenancier d’auberge (on ne pouvait pas vraiment parler d’hôtel). Voyant par quoi ils sont passés, et en leur comparant ma vie et celle de mes contemporains, j’ai du mal à admettre que le travail soit plus dur aujourd’hui qu’il y a 1 ou 2 générations.

      • Numerosix
        Numerosix répond à Scotian
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 15h24 le 30/10/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        C’est une question de connerie dans les methodes du travail à l’interieur d’une société a valeurs inversées qui marche sur la tete , pas de dureté physique .

  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 12h50 le 30/10/2009
    • Internaute 53186
      inconsolable

    « La différence entre un grand groupe multinational et une PME, c’est que le premier fait du management à distance. »

    Il y a aussi une autre différence : la PME est souvent soit fournisseur soit sous-traitant soit une externalisation de la multinationale, établissant ainsi avec elle des liens médiévaux.

    Le vassal doit se soumettre aux règles de gestion (normes managériales) de son suzerain et perd l’initiative des décisions.

  • vol19
    • Posté à 13h14 le 30/10/2009
    • Internaute 13492

    Sous ce même terme « Patron » que de situations différentes qui n’ont rien, rien à voir. Le même mot pour véhiculer ce qui relève du dirigeant de multinational d’un côté et celui de PME de un ou deux salariés qui a misé sa chemise sur l’activité de la boîte.
    Il faudrait inventer un mot différent selon les conditions.

    En terme de pouvoir l’un est beaucoup plus exposé au pouvoir des clients, des banques, des administrations fiscales, sociales,... Les coups de téléphone des banques, les plis recommandés d’administrations qui exigent des déclarations qui ont déjà été adressées, des règlements financiers de clients qui ne viennent pas ou qui sont repoussés chaque semaine malgré des appels répétés au service financier, les contrats longs à se signer, l’extrême bêtise arrogante de ce que sont devenus les sujets de nos jours, ces égos dégoulinants qui ont cette capacité de rendre épuisant ce qui serait si simple...
    Reconnaître la difficulté rencontrée, la souffrance, la déprime, les difficultés matérielles c’est devenir un pestiféré, un looser, bref quelqu’un qui colle la poisse, à qui on ferait mieux de prendre de la distance de peur que celà arrive à soi. C’est une tragédie en marche que l’on peut dévorer petit à petit, avec cette conclusion finale qui tue. « celà me surprend pas, je vous l’avais bien dit ».
    D’un autre côté, nombreux petits entrepreneurs sont des résilients, dans leur entrepreneuriat ils comblent souvent une faille, une blessure narcissique pour se lancer dans cette illusion d’entrepreneur de soi. Ne pas être soumis, mais soumettre...avec beaucoup de limittes. Quand celà va bien, par moment sans doute, il y a un peu de jouissance, de plaisir, de désir aussi. Mais quand les choses vont mal que le banquier est cet appel inquiétant, incessant qui rappel au réel, qui passe un peu plus à la moulinette, à cette peur que tout peut s’effondrer dans la seconde, à devoir encore une fois vendre ou mettre en garantie cette dernière sécurité qui reste... C’est être embarqué sur le titanic et le voir s’enfoncer petit à petit dans un sentiment d’impuissance tout en donnant l’illusion de jouer sa partition jusqu’au bout.
    Il faut savoir aussi que l’entrepreneur perd tout quand il perd, pour les petits indépendant, sarl), pas de chômage, une entrée dans les dispositif sociaux très longue (RMI), associée à une honte, culpabilité que beaucoup refuseront d’y solliciter l’aide... et de préférer ne plus avoir de couverture maladie, emprunter de l’argent à des proches, vendre des dernières bricoles familiales et au bout de quelques mois, le fragile environnement social a le plus souvent disparu ou s’est largement distendu. Certains se dévoilent, des jalousies anciennes, de la condescendance, mépris. Ce qui questionne beaucoup d’ailleurs sur quoi tant de liens sociaux tiennent, comment tant de relations sont avant tout des illusions. Plus de place sociale, plus de circulation de fric, plus de liens, plus de reconnaissance... celà questionne...
    Certains restent combatifs, prêts à tuer père et mére dans la bagarrent, abandonnent sans culpabilité et sont prêts à rebondir, laisser leurs ardoises et repartir ailleurs sur autrechose...comme si de rien n’était. Pour d’autres, le stress, l’angoisse, trop longtemps subi, dans un domaine ou métier dans lequel l’entrepreneur est très investi va au moment de la liquidation avec sa violence, réveiller des blessures psychiques qui peuvent tout emporter.
    Derrière ce terme « patron » se cachent des degrés d’implications matériel, personnel très différents, donc les enjeux sont très différents dans les périodes de crise... avec une perception subjective et souvent réelle de « tout perdre » en cas de crash.

    • KfC
      KfC répond à vol19
      struggling for life
      • Posté à 05h45 le 31/10/2009
      • Internaute 84462
        struggling for life

      Wow : O
      Post très long, très intéressant, qui résume un petit peu mon expérience (indirectement).

      Quitte à expliquer autant vous mimer et faire un gros post bien chiant à lire : P

      J’ai 20 ans, suis étudiant, et pourtant je ne peux qu’approuver votre analyse. Messieurs dames mes ainés ne vous offensez pas mais mon expérience me permet de dire que j’en connais un rayon de plus que la majorité des lecteurs salariés, les autres je vous salue.

      Mon beau père, 37 ans aujourd’hui a monté il y a 10 sa boite de TP en nom propre (erreur fatale s’il en est). Travailleur forcené qu’il est, son affaire se développe et il se retrouve avec 5-6 employés dont ne secrétaire à mi temps. Jusque la tout va bien, enfin en surface, mon beau père s’investit dans sa boite et pas dans sa vie de famille. S’en suit l’inévitable, elle se tire avec leur fille, lui fait une ou deux TS (tentative de suicide). Pendant ce temps, les gentils salariés n’en branle pas une. Résultat des comptes, une fois remis de cette épreuve, mon beau père découvre l’état des lieux catastrophique, se retrouve obligé de licencier tout le monde (les bons et les mauvais), avec une dette faramineuse pour une seule personne (environ 200 000 €). La société est placée en liquidation judiciaire, lui se retrouve interdit bancaire.
      Il y a 4-5 ans il rencontre ma mère, on s’installe chez lui & il propose à ma mère de s’associer avec lui en lui précisant sa situtation très très délicate ( il ne connaissait pas à l’époque le montant de la dette qu’il sous estimait largement, certainement parce c’était une blessure profonde comme vous le soulignez). Il s’avère que l’idée sur laquelle reposait la boite nouvellement créée était bonne un peu avance sur son temps (avoir raison trop tot, c’est surtout avoir tord).

      Pendant les 2 ans ou j’ai habité chez lui, en dehors des conflits incessants entre lui et moi ( et quand je dit conflits c’est un doux euphémisme) et le fait que j’ai fait 2 ans de bénévolat pour la boite (enfin pour nous vu que c’était en quelque sorte un camping permanent dans la maison qu’il a retapé, avec au menu des festivités : pas assez de gaz pour le chauffe-eau > douches froides et pas de radiateur en hiver, les paniers repas assez dégarnis etc...) pendant les vacances et après les cours, soit plus ou moins dès que j’étais pas au lycée, j’ai pu ressentir la fameuse combativité qui n’est plus vraiment un moteur mais plutôt une sorte de rouleau compresseur qui vous poursuit à vive allure.

      J’ai pu le voir cassé, démoli, entre la crainte de se faire saisir la maison qu’il a retapée pendant 2-3 ans, la pression de trouver un chantier pour qu’on puisse (sur)vivre, et le boulet qu’on traine après un premier échec (le monde du TP recyclage est petit et les infos circulent vite).

      Alors pour conclure, il existe des patrons salauds, des vrais enculés de première (excusez ce vocabulaire chatié mais 2 ans dans le Tp ça marque :) ), mais il existe des salariés assez cons pour pas penser aux conséquences de leurs actes.

      Messieurs Dames les salariés, effectivement vous n’êtes pas dans la position du chef, mais vous pouvez espérer en conditions normales je précise, toucher votre salaire le 10 du mois suivant.
      Un patron de TPE lui n’est assuré de rien, il devra peut être allez chercher son repas aux Restos du Coeur, après ses 10 heures de boulot journalier.

      Cordialement, d’après l’expérience amère mais très instructive d’un jeune ...

      • vol19
        vol19 répond à KfC
        • Posté à 20h43 le 31/10/2009
        • Internaute 13492

        Il semble à lire votre récit que vous avez eu le sentiment d’avoir été quelque peu dévoré avec votre mère dans cette affaire d’entrepreneur et de cette TPE, bébé pathologique bo-paternelle.
        Il semble à votre écriture que nous n’en sortez pas trop à votre âge, meurtri (sauf avec l’orthographe) et en tout cas semble t-il, plutôt lucide sur le réel, (ce que c’est que la société).

         
        • KfC
          KfC répond à vol19
          struggling for life
          • Posté à 03h59 le 01/11/2009
          • Internaute 84462
            struggling for life

          C’est le rouleau compresseur de l’administration française qui m’a marqué plus qu’autre chose
          Et ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Enfin c’est ce qu’on laisse croire :)

  • MortyReaper
    MortyReaper
    Regard critique
    • Posté à 13h14 le 30/10/2009
    • Internaute 67907
      Regard critique

    Patrons de PME ou indépendants en solo ou petit cabinet, c’est certain ce n’est pas tous les jours roses.

    C’est difficile mais assumé. Le problème en France c’est que manager de haute volée ou middle management peu sont capables d’être responsables e assumer. Beaucoup de lâcheté en France.

    Le petit patron il peut paraître « pas sympa » mais il assume et mouille sa chemise. Comme vous le précisez bien un pdg est un salarié comme un autre avec parfois des avantages patrimoniaux financiers conséquents.
    Un libéral, un « petit patron » chaque mois , chaque année c’est lui qui s’engage bet qui prend les coups. On oublie un peu trop facilement que la France est un tissu de petites entreprises et on nous bassine toujours avec les même du CAC40 pas courageux pour deux sous (réseaux pour être sur de pas échouer, pas de petits salaires, pas de galères de fin de mois bref pas de prises se risque, à leur façon « des traders à bonus garantis » qui prétendent entreprendre..... tsttt..) ou total démago, (revoir les divers délires d’investissement début 200 ou encore un ponte du CSA qui déclare sur France culture recevoir le salaire mensuel moyen français.. soit 8K€ ; .. oui oui 8000,00€/mois ...pour quelques jours de session).
    Si la révolution culturelle peut-être une formation (difficile et appauvrissante ) de l’auto-entrepreneur par l’expérience au moins cela éclairera les français quittant le salariat et donnera un peu de mansuétude auprès des « petits » patrons.

  • Anthropia
    • Posté à 13h28 le 30/10/2009
    • Internaute 17441

    Voilà un discours qui nous change de la Mise à mort du travail, et je pense que tout ce qui peut nous faire sortir de la vision monolithique de ces reporters sur le travail et de nos psycho-dynamiciens est bienvenu. Je suis consciente que tant qu’on verra dans chaque salarié une victime, et dans chaque patron un abuseur, on ne fera pas avancer le schmilblick.

    Et si on parlait de ces communautés de travail, hors CAC 40, qui essaient ensemble de donner du sens au travail, qui luttent contre l’abus ou la perversion des organisations.

    Parce que le discours sur l’aliénation du travail me donne des boutons, parce que la richesse d’un pays c’est aussi la capacité à faire ensemble, même si cela ne va pas de soi, justement parce que cela ne va pas de soi.

    Lien

  • karlsquell
    karlsquell
    légèrement décalé
    • Posté à 14h15 le 30/10/2009
    • Internaute 82948
      légèrement décalé

    Je ne sais trop que penser de cet article, après l’avoir lu et relu, à part quelques banalités affligeantes, quel est le message réel de cet article ?

    Les Patrons de PME sont des hommes comme les autres ....OK
    A part ça , quoi d’autres ?

    Pas grand chose.

    Pour avoir travailler en PME, voire en très petite structure, (un patron, une patronne qui s’occupe de la compta en général, et deux ouvriers), je peux vous dire qu’ après avoir ramené un contrat, quel est l’objectif du Patron ?

    Vous faire travailler le plus vite et le mieux possible, quitte à frauder sur les matières premières et le temps alloué au chantier.
    ( une couche de peinture pour deux facturées, etc etc)

    C’est de bonne guerre, je ne trouve rien à redire la dessus, ce qui me pose problème par contre, c’est que l’ouvrier, l’exécutant des travaux n’est jamais, je dis bien, jamais, récompensé à sa juste valeur.

    Alors, les larmes du petit Patron qui roule en BMW, qui vient incendier son personnel devant le client, pour faire voir que « quoi, merde, à la fin, c’est moi le chef “ me font doucement rigoler.

    Une petite prime de fin de chantier, une petite félicitation de temps en temps ne serait pas de trop dans bien des cas.

    Que la vie soit dure, stressante, pour bien des Patrons de PME, je l’admets sans soucis, mais il serait bon de faire participer le personnel aux joies de l’Entreprise, malheureusement, la participation ne se fait qu’en cas de soucis majeur et cela est regrettable.

    Qui fait vivre qui dans l’histoire ?

    Le patron qui amène du boulot à l’ouvrier ?
    L’ ouvrier particulièrement doué et serviles qui remplis les poches du petit patron sans aucune contrepartie qu’un salaire minimum ?

    Ma contribution au débat va en irriter plus d’un, j’en suis bien conscient, mais le thème même du sujet est irritable.

    • poppa
      poppa répond à karlsquell
      pas papop
      • Posté à 15h17 le 30/10/2009
      • Internaute 75123
        pas papop

      Vous faire travailler le plus vite et le mieux possible, quitte à frauder sur les matières premières et le temps alloué au chantier.
      ( une couche de peinture pour deux facturées, etc etc)

      C’est de bonne guerre, je ne trouve rien à redire la dessus, ce qui me pose problème par contre, c’est que l’ouvrier, l’exécutant des travaux n’est jamais, je dis bien, jamais, récompensé à sa juste valeur.

      J’aurais aimé mettre « naze » pour ça seulement
      et pour le reste : « inutile ».

      • karlsquell
        karlsquell répond à poppa
        légèrement décalé
        • Posté à 18h41 le 30/10/2009
        • Internaute 82948
          légèrement décalé

        Ben, franchement si tu veux voter Naze ou Inutile, je n’y vois aucun inconvénient, ça va pas me chagriner plus que ça, je suis loin de courir après les lauriers je disais juste que l’article n’étais pas d’une grande utilité et que le coté Mélo de l’affaire avait le don de m’irriter quelque peu.

    • Marie7777
      Marie7777 répond à karlsquell
      • Posté à 15h34 le 30/10/2009
      • Internaute 24851

      Entièrement d’accord avec cette contribution !

    • Marie7777
      Marie7777 répond à karlsquell
      • Posté à 15h35 le 30/10/2009
      • Internaute 24851

      euh... d’accord avec karsquell, pas avec poppa

    • amonhumbleavis
      amonhumbleavis répond à karlsquell
      Rue89 fait monter le FN
      • Posté à 16h33 le 30/10/2009
      • Internaute 93168
        Rue89 fait monter le FN

      1. travailler le plus viite et le mieux possible , c’est l’objectif de tous les chefs d’équipe : petits et grands patrons ... j’avais cet objectif en étant cadre dans une grande entreprise industrielle française, et ça ne me choque pas
      2. le patron qui fraude ne tiendrait pas vraiment à sa boîte car s’il est découvert sa réputation est foutue, et les marchés se perdent rapidement
      3. de bonne guerre, non c’est malhonnête et pire ça casse le marché
      4. patron qui roule en BMW : j’aimerai bien mais non c’est une modus et en plus on n’achètera que des voitures françaises...
      5. les primes de fin de chantier et les félicitations bah c’est monnaie courante : on n’est pas des bêtes
      7. pourquoi pas une coopération, une symbiose ...
      Entretien préalable avec un des deux ouvriers à licencier et c’est lui qui nous remonte le moral : « vous avez apporté plein de choses de nouvelles méthodes, une nouvelle organisation et c’est bien plus humain avec vous ! ! ! dommage que vous n’ayez pas acheté il y a trois ans, on serait certains de s’en sortir “

      • Marie7777
        • Posté à 18h18 le 30/10/2009
        • Internaute 24851

        « les primes de fin de chantier et les félicitations bah c’est monnaie courante “
        ” pourquoi pas une coopération, une symbiose ... »

        ... et vous fumez des pétards tous ensemble en vous tenant la main, un collier de fleurs autour du cou ?

         
        • amonhumbleavis
          amonhumbleavis répond à Marie7777
          Rue89 fait monter le FN
          • Posté à 18h34 le 30/10/2009
          • Internaute 93168
            Rue89 fait monter le FN

          non mais si ça vous fait penser à ça c’est que vous êtes soit obtus soit très cynique

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