En images 17/10/2007 à 17h56

Le Syndicat du hype sauve le roman « Résidence » du pilon

Zineb Dryef | Journaliste Rue89


Que deviennent les livres invendus ? En 2005, une enquête de L’Express chiffrait à 100 millions le nombre d’exemplaires invendus, dont la plupart sont envoyés au pilon pour être recyclés. Une situation sur laquelle les éditeurs détestent s’attarder. Au Syndicat national de l’édition, la langue de bois est revendiquée : « On n’a pas les chiffres des livres envoyés au pilon. C’est un sujet que l’on n’aborde jamais. »

Une initiative originale, menée par deux frères, a arraché au recyclage l’un de ces condamnés au pilon : « Résidence », pavé halluciné de l’écrivain Jean-Pierre Théolier a fait l’objet d’une opération « sauvetage » menée durant plusieurs semaines par son frère, Thierry.

Pour 490,07 euros, les proches de l’auteur sauvent les derniers exemplaires

« Résidence », remarqué par plusieurs critiques en 2004, a été tiré à 2 000 exemplaires. Au mois de septembre, l’éditeur Calmann-Lévy envoie un courrier, courtois mais bref, avertissant Jean-Pierre Théolier de l’envoi au pilon de quelques 250 exemplaires de son ouvrage. « J’ai prévenu mes proches en leur disant que s’ils en voulaient un, c’était le moment ou jamais », raconte l’écrivain.

Fondateur du Syndicat du hype (SDH), sorte d’organisation philosophico-teufeuse underground qui « détourne les flux alcooliques de la hype », son frère Thierry lance un appel aux dons pour racheter les invendus et les diffuser : « J’ai aimé ce livre. Le SDH aura au moins servi à le sauver. »

Calmann-Lévy leur a finalement consenti une remise : le prix du livre est passé de 5 à 2 euros. Environ 490,07 euros, une camionnette et une palette ont permis le sauvetage des livres, qui se retrouvent empilés, le temps d’une exposition, au milieu de la galerie MyCroft dans le XIe arrondissement de Paris. Libre aux visiteurs de se servir. Thierry Théolier résume : « Il y avait les open bar, maintenant, il y a les open librairies ! “

‘Le livre de mon frère m’a donné la folie de résister’

Lundi, une poignée de copains, champagne à la main, a fêté le sauvetage du livre et déploré le pilonnage des bouquins, la difficulté à se faire éditer et une certaine littérature contemporaine ‘de merde’. (Voir la vidéo.)


Pour vous procurer l’ouvrage, vous pouvez contacter Thierry sur son site ou aller faire un tour du côté de l’exposition qui se tient jusqu’au 20 octobre.

La dernière palette, exposition à la galerie Mycroft, 13, rue des Terneaux, Paris XIe - jusqu’au 20 octobre - plan.

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  • 39 réactions
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  • Anonyme

    Merde, quoi !

    • Anonyme

      C’est intéressant comme initiative ; merci pour l’info. Un regret cependant : le journaliste ne précise pas qu’il fait partie des personnes qui ont sauvé les derniers bouquins du pilon. On en conclut qu’ami du fondateur du Syndicat du hype il lui assure du même coup une belle PUB (beurk !).

      • Zineb Dryef
        Zineb Dryef
        Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
        • Posté à 10h01 le 18/10/2007
          rédacteur
        • Journaliste 24
          Journaliste

        Il suffit de demander : je n’ai jamais aidé à sauver ce livre. Je ne connais pas le fondateur du SDH. Nous ne nous étions jamais croisé avant cette exposition.

         
        • Anonyme répond à Zineb Dryef

          Désolé mais votre nom est dans la liste des « résidents-sauveurs » de la Résidence. C’est ambigu voire facheux...
          Lien

          Mais peut-être n’ai-je pas bien compris l’objet de cette liste ou peut-être est-ce une initiative du seul SdH (dans le second cas, vous êtes tout excusé) ?

          Sans rancunes. Vous faites du boulot !

          • Zineb Dryef
            Zineb Dryef
            Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
            • Posté à 11h40 le 18/10/2007
              rédacteur
            • Journaliste 24
              Journaliste

            Je vous répète que je ne connaissais pas Thierry Théolier ni le SDH et que je n’ai participé d’aucune manière au « sauvetage » de ce livre si ce n’est en recevant régulièrement des mails du fondateur du SDH m’informant de la situation et de la tenue de l’exposition.

            Je me suis intéressée à cette histoire parce qu’elle pose la question du devenir des livres.

            En espérant avoir été clairE.

            Bien cordialement

        • Anonyme répond à Zineb Dryef

          Oui, oui c’est cela, oui... Alors pourquoi THTH (aka srmi) t’a-t-il inscrit parmi ceux qui ont sauvé le livre ? J’ai encore le mail à la maison, si tu veux une preuve.

        • Anonyme répond à Zineb Dryef

          Residence est le livre majeur de toute une generation
          sans aucun doute le meilleur livre de ces 20 dernieres années
          avec « la theorie du saucisson »

  • Anonyme

    bravo, d’autant plus fort de souligner que la littérature française est souvent bien médiocre, voire franchement mauvaise à mon avis. Faut-il passer tout son temps à se faire chier au castel pour être publié ? Peut-être... En tous cas les éditeurs devraient y réfléchir à deux fois avant de publier tous ces livres germanopratins et/ou nombrilistes et donner leur chance à des jeunes uateurs moins centrés sur eux-mêmes et plus iconoclastes.
    a bon entendeur, salut !
    Pelot.

    • Anonyme

      Que la littérature française soit fort médiocre c’est un peu mon avis, mais elle se vend. Les auteurs nombrilistes,parisiens, télévisuels et photogéniques sont en tête de gondole. La page d’accueil de la fnac en est pleine.Les maisons d’éditions sont devenues des entreprises qui obeissent à cette incontournable loi du marché. ( voir le livre d’André Schiffrin : Allers-retours )
      c’est aux lecteurs d’organiser la résistance : il faut aller dans les librairies, dans les bibliothèques ,lire les blogs de lecteurs, écouter ses amis, essayer,découvrir, risquer. Acheter des livres essentiels et non le dernier bandeau rouge.

  • Anonyme

    Heureusement que certains se préoccupent de ce que deviennent les belles oeuvres littéraires méconnues. Il y en a beaucoup !

  • Anonyme

    quand vous dites 5 euros, c’est le prix de vente ou c’est le prix de fabrication du livre qui sera revendu à 20 euros ?

    • Anonyme

      personne ? Ma’ame Dryef ?

  • Thierry Catrou
    • Posté à 20h57 le 17/10/2007
    • Internaute 16623

    Faut-il sauver les livres et pire encore ceux déjà condamner par la république des livres ? Certainement non de toute façon les livres sont condamnés, tous. Lire devient aujourd’hui un acte de résistance, une résistance vaine, juste pour la forme, plus personne ne lit. Bien sûr il existe d’autre moyen de s’informer, de se cultiver mais là n’est pas la question. A-t-on encore seulement ce désir de culture ? Je ne le pense pas. Le savoir est lié à ce qu’il peut représenter en salaire et seulement en salaire. Il ne s’agit même plus de pouvoir, de style mais de survivre. L’argent est la porte d’accès, la seule, qui permet d’espérer que l’on peut se protéger de l’avenir. Le reste, tout le reste ne compte plus.

  • Anonyme

    A rajouter :
    le papier recyclé est vendu en Chine ...

    Thierry est le bievenu à Bruxelles où de nombreux éditeurs indépendants organisent la première foire OFF Lien

    Un débat sur le pilonage s’y tiendra car aujourd’hui, vu le coût du stock, la plupart des éditeurs décident d’envoyer directement de la librairie les livres au pilon.

  • Anonyme

    Ah, l’humiliation du pilon (après celui d’avoir reçu pour son bouquin, à côté d’un oui, des dizaines de fameuses lettres type qui accompagnent le refus tant d’un manuscrit sérieux que d’une ramette reliée de feuilles blanches)
    Alors que les auteurs ont une solution, avec l’arrivée des e-book readers : vendre leur texte en fichier à 20 ou 25 % du prix de l’équivalent papier.
    Il gagne plus
    Il n’y a plus de pilon
    Il peut même faire évoluer son livre, au fil des ans.
    Et pourtant, combien d’auteurs me disent Quelle horreur ! Ne pas avoir d’éditeur... mais c’est une honte.
    Mais être édité n’est qu’un début... de la fin, souvent. Si une star publie en même temps que vous dans votre maison, vous n’existerez même pas.
    Soyez maître de vos textes, de leur destin, de votre destin.
    Je plains l’esclave forcé. Je méprise l’esclave volontaire.
    Sinon, l’initiative du groupe me « parle ». J’irai voir, peut-être en ce jour de grève qui s’annonce costaud... et tant mieux.

    • Anonyme

      Désolé, je me tue déjà les yeux sur l’écran de mon ordinateur à longueur de journée, ce n’est pas en plus pour me tuer les yeux sur un « e-bouc »...

      Je ne suis qu’un vieux réac, moi, j’aime le bruit de la page qu’on tourne, l’odeur du livre neuf comme celle du livre chiné en bouquinerie, j’aime la couleur de leurs couvertures alignées dans mes bibliothèques, autant de souvenirs qui ressurgissent immédiatement à la vue d’un nom d’auteur et d’une couverture...

      J’aurais dû naitre au XIXe siècle, sans doute, dans ce monde où tout doit être rapide et électronique...

      Xavier

    • Anonyme

      Voici ton idée, respectable...
      « Soyez maître de vos textes, de leur destin, de votre destin. »

      Revenons alors à ton équation.
      « e-book reader + téléchargement = la solution »

      Je crois que t’as oublié un facteur important
      destin = une idée prospective = futur

      pensons au textes, car ton équation ne prends pas en compte le facteur -permanence-

      e-book et perennité de l’auteur ? ? ? ?
      e-book et conservation des textes ? ? ?
      l’e-book durera plus de 800 ans ? ? ?

      la solution est encore à prouver et à reflechir...

      MS

      • Anonyme

        Et qui dit « e-quelque chose » dit malheureusement « format propriétaire », « piratage », « taxe sur les e-book et les moyens de stockage », etc., bref dit pas beaucoup d’avantages par rapport à un bon vieux livre avec des pages et tout et tout...

        Xavier

  • Anonyme

    Bon maintenant on sauve aussi les journaux. Je suis prêt à lâcher 2 euros pour un lot comprenant : 1 Parisien, 1 Voici, 1 Paris Match, 1 Marianne, 1 Geo, 1 Libé, 1 Capital et 1 Gala. Je les lis rarement mais à ce prix, je suis prêt à me distraire. Allez les Hype.

  • marcgalan
    • Posté à 23h32 le 17/10/2007
    • Internaute 13271

    Un million de fois d’accord avec le courageux anonyme qui a écrit > e-book reader + téléchargement = la solution. Il a tout compris.
    Dommage que les e-readers soient encore chers. Mais il y a gadgets encore bien plus chers, et bien moins utiles, dans la mobilité.
    Et j’irai aussi voir l’exposition, mais pas demain. Je reste dans mon lit douillet

  • Anonyme

    Ce n’est pas parce que 250 exemplaires ont été rachetés que le livre a été sauvé !
    Il était condamné au départ, par une mauvaise diffusion, pas de pub, etc.

    Je suis auteur, je sais ce que c’est que le pilon. Ce qui est navrant, c’est que le livre ne soit plus disponible. Il git dans un tombeau prestigieux, la bibliothèque nationale, grâce au dépot légal, mais il a autant de chance d’être réveillé de son sommeil que ma trisaïeule berrichonne de voir sa tombe fleurie à la Toussaint.

    Bon, pas bon ? On ne saura jamais. Que les éditeurs fassent vraiment leur travail. Qu’ils sélectionnent les bouquins, et ne fassent pas de la trésorerie en publiant trop, trop vite.
    Vous savez comment ça fonctionne ? L’éditeur envoie d’office des livres aux libraires qui payent la facture immédiatement. Les libraires ont trois mois pour renvoyer les invendus et être remboursés. Mais avant, ce laps de temps permet aux éditeurs de mettre d’autres livres sur le marché...

    Le pauvre auteur fou de joie qui a vu son premier livre édité, ne sait pas forcément que peu de bouquins dépassent les 500 exemplaires à la vente... alors, ouste, au pilon !
    Et le même naïf, qui se décarcasse pour faire des salons, tout sourire pour vendre son livre, devient le vrp gratos de son éditeur. Il ignore souvent que les bouquins que le libraire a commandé en surnombre seront retournés à l’éditeur, et envoyé direct au pilon : le coût du stockage vaut plus cher que ses mots.
    En allant dans les fêtes du livres, il est l’instrument de sonppropre malheur !

    Lien

  • Anonyme

    Il s’écoute parler grave ! ! !

  • Anonyme

    Pour écouter un CD, il faut un lecteur de CD.
    Pour écouter un fichier MP3, il faut un ordinateur ou un lecteur MP3.
    Pour regarder un DVD, il faut un lecteur DVD.
    Pour regarder un DIVX ou tout autre fichier, il faut un lecteur de DIVX ou tout autre lecteur de fichier.
    Pour lire un e-book, il faut un lecteur d’e-book.
    Ces lecteurs sont payants, s’abîment, se cassent et doivent être remplacés tous les deux ou trois ans, ou quatre...

    Et pour lire un livre, que faut-il ? Un livre, et c’est tout (1)...

    L’e-book est un progrès ? ! Non, pas à mon sens.

    (1) Et aussi, évidemment, des yeux, de la lumière, des mains pour tourner les pages, un petit peu de salive pour les décoller, un cerveau, un nez et des oreilles pour tenir les lunettes, un bon fauteuil, ou un lit, de l’envie...

  • Prolo du livre
    • Posté à 14h53 le 18/10/2007
    • Internaute 12784

    Et bien ! Attention réaction longue, pour une fois, sur ce sujet, on ne risque pas de voir débarquer les F.N. permanents sur un post comme celui-ci...

    « Au Syndicat national de l’édition, la langue de bois est revendiquée : “On n’a pas les chiffres des livres envoyés au pilon. C’est un sujet que l’on n’aborde jamais.” »

    Là c’est vraiment de la langue de bois ! ! !
    Lorsqu’on envoi des bouquins au pilon, nous devons le faire en présence d’un huissier, avec une déclaration légale, et l’on doit en tenir informé les bases de données bibliographique, le comptage en est donc (très) grandement facilité...

    « quand vous dites 5 euros, c’est le prix de vente ou c’est le prix de fabrication du livre qui sera revendu à 20 euros ? »
    La « culbute » du prix de fabrication au prix de vente public est effectivement de cet ordre là, voir plus (jusqu’à 7 ou 8 fois dans certains secteurs niche, comme la médecine...)
    Mais cette culbute doit être expliqué : Le prix de vente du livre ne dépend pas que sa fabrication, que ce soit la mise en page ou l’impression. Il y’a des frais que toute entreprise a : personnels, cotisations (et non pas charges !), mais aussi stockage (cout énorme car un livre ne se vend pas d’un coup, le stock est long à s’écouler, expéditions (à la charge de l’éditeur, normalement...), diffusion/distribution, peu gérer par les éditeurs eux-même, souvent par des grands groupes, Gallimard, Flammarion ex-Seuil, hachette, Vivendi, qui prenne jusqu’à 55 % du PVP...

    « e-book reader + téléchargement = la solution »
    Comme vous le soulignez le texte peut « évoluer », effectivement, et ce sans l’auteur ! ! ! Ce qui ne respecte pas le droit de l’auteur...
    De plus, en théorie (et je le précise bien : en théorie) le boulot d’un éditeur et celui de « choisir et proposer » un texte, c’est-à-dire de faire passer de l’état de manuscrit à l’état de livre un texte jugé de « qualité » (subjectif, mais c’est comme ça). Sans éditeur, comme le propose le « compte d’auteur », ou comme le e-book, comment le lecteur peut-il opérer une sélection de ses choix de lecture ? En lisant les premières pages de tous les e-books dispo sur le net ? Totalement impossible.

    « mais il a autant de chance d’être réveillé de son sommeil que ma trisaïeule berrichonne de voir sa tombe fleurie à la Toussaint. »
    Faux, si vous saviez le nombre d’éditeur et de chercheurs qui passent leur temps dans les salles de la B.N.F. afin de faire ressurgir des auteurs de l’oubli, ou même d’approfondir les connaissances disponibles (notamment avec les correspondances) sur un auteur ou un corpus...
    Mais tout de même, vous pourriez passer voir de temps en temps votre trisaïeule !

    « Que les éditeurs fassent vraiment leur travail. Qu’ils sélectionnent les bouquins, et ne fassent pas de la trésorerie en publiant trop, trop vite. »
    tout à fait d’accord sauf sur le trop vite, c’est trop (tout court) !
    « Vous savez comment ça fonctionne ? L’éditeur envoie d’office des livres aux libraires qui payent la facture immédiatement. Les libraires ont trois mois pour renvoyer les invendus et être remboursés. »
    Négatif yeutnant ! ! !
    Les seuls qui paient leur facture comptant sont les lecteurs et les librairies « sans compte ouvert », c’est-à-dire des libraires (plus souvent des presses) qui commande exceptionnellement un ouvrage (commande client) chez un éditeur avec qui il ne travail jamais ! Commande = chèque = envoi... Rare..

    « Et le même naïf, qui se décarcasse pour faire des salons, tout sourire pour vendre son livre, devient le vrp gratos de son éditeur. »
    C’est écrit dans votre contrat d’auteur... Fallait pas signer ! Et pour beaucoup d’auteurs, comme de libraires, on se marre bien ! Surtout quand les chalands sont partis ! A part Le Salon du Livre de Paris et Angoulême, l’ambiance est souvent très conviviale sur les salons du lire...

    « Il ignore souvent que les bouquins que le libraire a commandé en surnombre seront retournés à l’éditeur, et envoyé direct au pilon : le coût du stockage vaut plus cher que ses mots. »
    Effectivement retournés à l’éditeur, comme tout libraire, mais pas au pilon ! ! !
    Si vous êtes sur un salon, c’est que votre ouvrage est une nouveautés, et il faut être allègrement con pour détruire un stock qui n’a pas encore eu de promotion, puisque vous êtes en train de la faire ! ! !

    « En allant dans les fêtes du livres, il est l’instrument de son propre malheur ! »
    Déjà dit, mais : c’est dans votre contrat, vous avez signé ! ! !

    « livre d’André Schiffrin : Allers-retours ) »
    Très chaude recommandation pour ce bouquin chez Liana Lévi, mais vous pouvez aussi lire ses autres : « L’Edition sans éditeur » (une bible pour le métier) et « Le Contrôle de la parole », tout deux aux éditions de la fabrique.
    Vous pouvez aussi lire ma réaction dans l’article sur Yasmina Reza et son bouquin

    • Pibole
      Pibole répond à Prolo du livre
      auteur
      • Posté à 15h12 le 18/10/2007
      • Internaute 1365
        auteur

      « Si vous êtes sur un salon, c’est que votre ouvrage est une nouveauté, et il faut être allègrement con pour détruire un stock qui n’a pas encore eu de promotion, puisque vous êtes en train de la faire ! ! ! »

      On parie ? ça dépend des distributeurs, mais c’est une pratique connue. Je persiste !

      Les salons, c’est sympa, certes, on y boit des coups, on rencontre les collègues...
      Et, à 6 ou 7% par livre dédicacé, on récupère en se défonçant, une vingtaine d’euros de droits d’auteur, un an après. Sympa, le week-end !

      Et ma trisaïeule continuera à reposer en paix... A moins que... c’est quoi, déjà ce salon dans le Berry ?

      • Prolo du livre
        Prolo du livre répond à Pibole
        • Posté à 16h53 le 18/10/2007
        • Internaute 12784

        Hachette est le seul distributeur a pilonné ses ouvrages à la sortie d’un salon : mais uniquement les poches ! ! ! C’est-à-dire des ouvrages qui ont déjà eu une vie (sinon on ne les republie pas en poche...), et qui ont des couts de fabrication dérisoir (30/50 centimes pièces, et encore...).
        Mais Hachette (structure sur laquelle s’est construit... le groupe Lagardère ! ! ! avec plus de 90 % du livre scolaire... et Matra), n’est pas la référence intellectuelle du livre en france, par contre la référence économique...

        C’est la diffusion/distribution qui prend la part belle du prix de vente d’un livre. On en arriverait presque à une situation où un éditeur ne fabriquerait plus de livre mais se contenterait de gérer des stocks, de distribuer des bouquins, et d’en faire la promo.

        Vos D.A., comme votre obligation de promotion, est inscrite dans votre contrat, que vous avez signé, normalement, à la remise de votre manuscrit...
        6 ou 7 % c’est souvent plus que le taux de bénéfice net de certains éditeurs ! ! !
        Si vous voulez gagner correctement votre vie, ne travaillez pas dans le livre ! ! !
        Seul quelques auteurs arrivent à vivre de leur plume, ou clavier, comme Rowling, le Carré, ou Duras (record de D.A. avec 15 % !), et la plupart des éditeurs indépendants vivotent...

        Il faut se mettre dans la tête que la plupart des auteurs n’écrivent pas pour vendre (contrairement à ce grand couillon de Werber, pour qui l’écriture est une étude de marché), mais pour la satisfaction de voir « leur livre ». Si ce n’est qu’une question financière, vous ferez plus d’argent sur les marchés (maraichers et boursiers).

         
        • Pibole
          Pibole répond à Prolo du livre
          auteur
          • Posté à 18h57 le 18/10/2007
          • Internaute 1365
            auteur

          Je vous renvoie à la très belle étude de Lahire « la condition des écrivains » et vous comprendrez qu’on ne peut balayer d’un revers de la main la question financière. La satisfaction de voir son livre, certes, la nécessité d’écrire depuis toujours les histoires qui poussent en soi, mais pour cela... il faut du temps, et de l’argent, un peu, un tout petit peu... il faut manger aussi...
          Chaque fois que l’on parle argent, nos éditeurs nous répondent passion... et ils ne sont pas tous de petits éditeurs militants qui travaillent nuit et jour pour faire vivre nos ouvrages.

          Chaque fois que nous leur parlons passion pour soutenir une idée qui nous tient à coeur... ils nous parlent argent. Alors ?

          Et puis, vous vous trompez, en littérature jeunesse, énormément de bouquins sont des poches, en première édition, et je peux vous assurer qu’ils partent au pilon ! ! !
          Et ne me dites pas que la littérature jeunesse n’est pas de la littérature, ou j’implore les manes de ma trisaïeule berrichonne pour qu’elle vous tire par les pieds. Elle était sorcière, vous savez ?

        • Pibole
          Pibole répond à Prolo du livre
          auteur
          • Posté à 18h57 le 18/10/2007
          • Internaute 1365
            auteur

          Je vous renvoie à la très belle étude de Lahire « la condition des écrivains » et vous comprendrez qu’on ne peut balayer d’un revers de la main la question financière. La satisfaction de voir son livre, certes, la nécessité d’écrire depuis toujours les histoires qui poussent en soi, mais pour cela... il faut du temps, et de l’argent, un peu, un tout petit peu... il faut manger aussi...
          Chaque fois que l’on parle argent, nos éditeurs nous répondent passion... et ils ne sont pas tous de petits éditeurs militants qui travaillent nuit et jour pour faire vivre nos ouvrages.

          Chaque fois que nous leur parlons passion pour soutenir une idée qui nous tient à coeur... ils nous parlent argent. Alors ?

          Et puis, vous vous trompez, en littérature jeunesse, énormément de bouquins sont des poches, en première édition, et je peux vous assurer qu’ils partent au pilon ! ! !
          Et ne me dites pas que la littérature jeunesse n’est pas de la littérature, ou j’implore les manes de ma trisaïeule berrichonne pour qu’elle vous tire par les pieds. Elle était sorcière, vous savez ?

          • Anonyme répond à Pibole

            bon, je crois qu’on s’éloigne du sujet de l’article mais ça devient interessant.

            il y a trois acteurs dans cette pièce. L’ecrivain qui met ses tripes sur la table d’accord, l’éditeur pour qui l’oeuvre est un produit, culturel certe mais produit tout de même et le lecteur . N’est-ce pas lui le véritable héros de la scène ? Lui qui doit s’enquiller ses trois ou quatre livres par semaine, redécouvrir parfois les classiques, caresser ses belles etrangères, relire ses préférences.

            Et le lecteur, même s’il louvoie entre les grosses productions, même s’il évite les pavés nauséabonds et le cinéma élyséen, et ben parfois il sature le lecteur. Trop, c’est trop.

            Croyez vous vraiment que dans tout ce qui se publie tout se vaut, tout mérite d’être conservé ?

            Par ailleurs,je ne crois pas que des auteurs de livres qui m’ont paru essentiels, indispensables vivent ( ou vivaient) sans autre actvité.

            • Pibole
              Pibole
              auteur
              • Posté à 00h27 le 19/10/2007
              • Internaute 1365
                auteur

              C’est une histoire d’amour à trois (c’est bien le jour, tiens !).
              Le lecteur aime le livre, l’auteur aime lire, fondamentalement. C’est d’ailleurs à cause de ça, souvent, qu’il est devenu écrivain : pour écrire le livre qui donnera peut-etre autant de bonheur que certains de ceux qu’il a lu. et l’éditeur, grand lecteur et fin connaisseur.
              (Bon je charabiate, il est tard)

              Mais comme dans toutes les histoires d’amour, certains se sentent mal aimés, ou rejetés, ou instrumentalisés...

              Mais vous avez raison : tout n’est pas à conserver dans ce qui se publie et s’écrit. le rôle de l’éditeur, et du marché est indispensable.
              Ce qui est plus embêtant, c’est la rotation tellement rapide des bouquins, qui n’ont pas le temps de s’installer et de trouver leur lecteur. Le bouche à bouche a beau fonctionner, six mois plus tard, les bouquins ne sont plus en librairie, place au jeunes... peut-être que des sites de vente en ligne vont changer la donne.
              mais c’est dommage pour les libraires, qu’en bon auteur, je soutiens ardemment...
              Pour en revenir à l’aventure du bouquin qui suscite nos échanges, pour moi, elle me parait sans grand intéret, sauf de faire un enterrement de première classe.
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              • Pibole
                Pibole répond à Pibole
                auteur
                • Posté à 08h23 le 19/10/2007
                • Internaute 1365
                  auteur

                Je me relis, hi hi, j’ai mis « bouche à bouche » au lieu de « bouche à oreilles »...
                il était vraiment tard...
                Mais n’est-ce pas de situation désespérée du livre et de réanimation que l’on parle ?

              • Anonyme répond à Pibole

                Je suis tout à fait d’accord en ce qui concerne la rapidité des rotations en librairies. Pour qui « rumine » ses lectures c’est impossible de se précipiter sur le dernier paru.
                On en revient peut-être à l’excès de publication . On dit qu’il n’y a plus de lecteurs mais je crois qu’il n’y a jamais eu autant de volumes édités.

                Je veux faire un petit couplet à la gloire des bibliothèques que l’on met trop peu en avant.Là on peut chiner, découvrir, des années parfois après sa publication, un livre compagnon.
                Dans les petites viles, bien souvent sans vraie librairie, la bibliothèque municipale est parfois un seul moyen de faire connaissance avec des auteurs, de feuilleter des livres inconnus, les poser, les reprendre. Sentir ce qu’ils ont dans le ventre.

                Les éditeurs et plus encore les auteurs se trompent de cible lorsqu’ils s’en prennent à elles.

                Lorsqu’on connait, on achète. Oui, on commande en ligne faute de mieux. Je demande pardon aux libraires qui n’ont plus de fond.

                • Pibole
                  Pibole
                  auteur
                  • Posté à 09h33 le 19/10/2007
                  • Internaute 1365
                    auteur

                  Alleluya ! On termine sur un accord parfait. Qui dit qu’on ne peut pas discuter sur le net ? Merci de cet échange !
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                  • Pibole
                    Pibole répond à Pibole
                    auteur
                    • Posté à 10h29 le 19/10/2007
                    • Internaute 1365
                      auteur

                    la fameuse étude de Lahire qui donne un point de vue passionnant sur le sujet :
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        8 autres commentaires
  • Krobka
    • Posté à 14h59 le 18/10/2007
    • Internaute 1496

    Rigolo cet article.
    Une mince bande de type parigo-parisiens qui se la jouent casseurs de hype, mais ne vivent que de la hype (comme Beigbeder fait sa pub et de la pub sur le discours anti pub), se font défendre par une journaliste qui se défend mal de n’en pas faire partie, découvrent que les livres sont pilonnés (ah oui, on pilonne des livres et c’est grave ? Quelle nouvelle !) et vont passer pour des sauveurs de la littérature quand il s’agit d’écouler un stock d’invendus. Pantalonnade.
    Le Théolier nous fait ses yeux de Teckel mixé à un discours aigri. Bouffonnade. Tout ça c’est encore du discours dans le discours et de la micro manip médiatique.
    Je n’ai pas lu le bouquin, il est peut-être excellent, mais je pense qu’on en a pilonné des tonnes cette semaine, meilleurs ou équivalents, comme des tonnes de mauvais. C’est de l’épiphénomène monté en épingle qui touche même pas 100 personnes au-delà du périphérique (sinon il aurait peut-être eu plus de lecteur le hypeux) et ça paraît ici. Faites gaffe Rue89 vous allez finir comme Libé et c’est pas brillant comme destin.

  • Anonyme

    Tout le monde s’en branle.

    • Anonyme

      ben oui, ils ont été plantés pour cela.

  • Anonyme

    Divers points auxquels je désire répondre.
    On s’abime les yeux : faux, les e-readers actuels sont réalisés dans une matière spéciale qui n’a pas la nocivité de l’écran d’ordi (e-paper)
    Est-ce que cela durera ? A l’époque de l’invention du papier, c’était l’argument des fabricants de parchemins. Je peux quand même signaler que beaucoup de livres ont était fait, au cours du siècle dernier, sur un papier de m*** et ne sont déjà plus exploitables. Et la surface de bibliothèques aux livres mangés aux souris ou aux feuilles détrempées et collées par l’humidité occuperait des centaines d’hectares.
    Le plaisir de feuilleter, l’odeur du papier ? Déjà, des e-readers sont vendus, aux States, avec une pastile (vieux livre ou livre neuf, au choix). Je trouve qu’il y a un certain fétichisme du livre. Disons alors que l’on est bibliophile, mais pas lecteur ou amateur de littérature.
    On n’aura pas d’indication sur ce que valent les livres : Parce que vous croyez vraiment que les éditeurs n’éditent que des bons livres et ne laissent sur le bord du chemin que des daubes ? Vous avez besoin d’un avis ? Il y a des centaines de livres édités qui ne valent rien - et qui se vendent très mal, et on pourtant été adulés et primés. Tiens, qui pourrait me citer, comme ça, les Goncourt du XXIème siècle.
    On a besoin d’électricité pour lire sur un e-reader. Oui, Mais pour lire un livre dès qu’il fait sombre, oui. Et on ne peut pas lire un livre sous la pluie, alors qu’avec une coque, on peut lire un e-reader. Et un livre se déchire, s’abîme, lui aussi.
    Enfin, des livres ne valent que pour l’actualité immédiate. Pourquoi sacrifier des arbres pour la vie d’un lofteur ? Les gens veulent lire son histoire. e-reader.
    Bon, ce produit est cher, actuellement. mais quand on voit le prix de certains téléphones portables, l’argument est un peu ridicule (et à mon avis, on peut même installer une fonction téléphone sur un e-reader. Une idée à creuser.

    • Anonyme

      Je suis persuadée que le support modifie la perception qu’on a d’un texte.La typo, la qualité du papier, le format...

      Madame Bovary en Folio n’est ni mieux ni pire que dans le vieux bouquin relié à moitié moisi de la grand mère (berrichonne) mais votre impression sera différente.

      E-readers d’accord mais pourquoi en remplacement du livre papier. Pourquoi pas à coté ?