26/10/2009 à 13h26

Les secrets érotiques de l'Egypte dévoilés par une sexhistorienne

Sayuri | Historienne de l'Art

On croit que nos vies sexuelles modernes sont débridées par rapport à celles de nos ancêtres. Mais ceux-ci ne nous avaient pas attendu pour adopter certaines pratiques ou pour les représenter dans l’art...

Démonstration avec Sayuri, historienne de l’art, que Rue69 accueille avec plaisir pour une chronique sur la sexualité antique. A commencer par l’Egypte ancienne, sa grande passion.

Peux-tu nous donner un exemple d’objet symbolique important dans la suggestion érotique de l’Egypte ancienne ?

Je me souviens avoir rencontré une prof d’égyptologie qui présentait l’érotisme chez les Egyptiens à ses élèves par la phrase suivante : « Chérie, va mettre ta perruque ! »

Pour des raisons d’hygiène (bestioles et autres petites choses agréables), les Egyptiens qui en avaient les moyens -ce qui n’était pas le cas des paysans qui avaient des conditions de vie déplorables et très peu de soin d’eux-mêmes- étaient le plus souvent rasés.

Donc les cheveux étaient chose rare (et tout ce qui est rare devient précieux) sur les têtes et l’on pouvait se mettre... des perruques ! Pour la vie quotidienne, mais aussi et surtout dans l’intimité...

Le musée du Caire en présente un magnifique assortiment très bien conservé : entre Marge Simpson et les Jackson Five. Il y en a d’autres, notamment des perruques féminines aux cheveux longs mêlés de perles dorées, parfois ceintes de couronnes d’or...

Y a-t-il des représentations symboliques de la sexualité chez les dieux égyptiens ?

Oui, à travers les bijoux. Notamment, si on va au Louvre, on peut voir sur le relief de la tombe du pharaon Séthi Ier un collier, dit « menat », qu’une femme offre au roi. C’est le collier d’Hathor, déesse de la féminité et de la fécondité légèrement vêtue d’une résille transparente et coiffée du hiéroglyphe de son nom...

L’idée globale est que le pharaon -mort, hein, ça se passe dans une tombe, là ! - insère sa main dans le collier (et pas que), met ainsi la déesse enceinte et renaît, tel le soleil triomphant, dans le royaume de l’au-delà.

Hmmm d’accord, et ainsi jamais ne se termine Hathor... Tu as d’autres secrets érotiques du Louvre à nous confier ?

Certains d’entre vous connaissent peut-être une petite statuette en bronze représentant une femme (avec une perruque, bien sûr) appelée Karomama, dont s’enorgueillit le Louvre, et qui porte le titre de « divine adoratrice d’Amon ».

Elle était l’épouse du Dieu, auquel elle faisait vœu de se consacrer entièrement, et donc le plus souvent vouée à rester abstinente... mais pas inactive ! En effet, en tant que « main du dieu », elle avait le rôle d’« éveiller la pulsion sexuelle » d’Amon, dieu créateur et fertilisateur... »

Le Louvre est donc une mine d’érotisme égyptien, et toi sa Dan Brown de l’Egypte ancienne ! De quoi nous parleras-tu dans ta prochaine chronique ? La tension sexuelle antique est à son comble !

La prochaine fois, je vous parlerais de la sodomie chez les dieux égyptiens et d’une grande stèle phallique qui contient les premiers textes de loi... vous avez hâte, hein ?

Dictionnaire des pharaons de Pascal Vernus et Jean Yoyotte - éd. Noêsis.

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  • 37 réactions
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  • Tyrian
    Tyrian
    Informaticien
    • Posté à 13h45 le 26/10/2009
    • Internaute 61861
      Informaticien

    Au final ça parait trop court ^^’.

  • Pseudo
    Pseudo
    Enfin libre : -)
    • Posté à 13h50 le 26/10/2009
    • Internaute 25947
      Enfin libre : -)

    Et est-ce qu’on pourrait savoir quel est le morceau d’Osiris qu’Isis n’a jamais retrouvé ? : -p

    • Tyrian
      Tyrian répond à Pseudo
      Informaticien
      • Posté à 13h54 le 26/10/2009
      • Internaute 61861
        Informaticien

       : D Le simple fait que tu poses la question montre que tu connais la réponse, perverse : o.

      • Pseudo
        Pseudo répond à Tyrian
        Enfin libre : -)
        • Posté à 16h26 le 26/10/2009
        • Internaute 25947
          Enfin libre : -)

        Ben quoi ? Qu’est ce que j’ai dit ?

         
        • Anonyme répond à Pseudo

          Pas la peine d’essayer de vous cacher derrière Katsuni, Pseudo...

        • Tyrian
          Tyrian répond à Pseudo
          Informaticien
          • Posté à 20h43 le 26/10/2009
          • Internaute 61861
            Informaticien

          Que voulez-vous répondre à cette expression de douce innocence ?

        2 autres commentaires
    • Caillera
      Caillera répond à Pseudo
      Gibier de gibet
      • Posté à 02h34 le 27/10/2009
      • Internaute 83736
        Gibier de gibet

      Oui, c’est son coeur....
      Quant à l’autre pièce manquante à laquelle tu fais allusion, elle fut dévorée par un poisson phallophage, mais comme c’était une déesse pratique, elle en fit une en glaise et lui redonna vie grâce à ses pouvoirs magiques.
      Pour le coeur, elle ne s’est visiblement pas creusé la cervelle pour le remplacer.
      De là à en tirer des conclusions hâtives sur sa perception de l’utilité des organes masculins....

      • Pseudo
        Pseudo répond à Caillera
        Enfin libre : -)
        • Posté à 18h29 le 27/10/2009
        • Internaute 25947
          Enfin libre : -)

        Ah merci, je viens d’apprendre quelque chose. : -)

        Et finalement, Tyrian a été langue de vipère ; -))

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 14h46 le 26/10/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    « … et ainsi jamais ne se termine Hathor… »
    Mouais ! c’est pour voir si on suit ?
    Par Odin, par Tor, partons…

  • Ethelbert
    Ethelbert
    (né trop tard dans un monde (...)
    • Posté à 16h49 le 26/10/2009
    • Internaute 65688
      (né trop tard dans un monde (...)

    Tant qu’à évoquer la sexualité avec les dieux égyptiens, il faudrait parler de Min de Coptos. Certaines de ses statues remontent aux temps prédynastiques, et sont plus qu’évocatrices sur le sujet (Lien). C’est en récupérant les attribut(ion)s de Min qu’Amon s’est vu doté d’un pouvoir de fertilité.

    • meg
      meg répond à Ethelbert
      • Posté à 18h50 le 26/10/2009
      • Internaute 12017

      Je pensait aussi au dieu Min
      Lien

      Il y a aussi dans le livre des morts, le rituel du réveil de l’âme qui est représenté par une fellation. La sexualité etait entièrement intégré à la mysthique.

      Les Egyptiens utilisaient aussi beaucoup de contracéptifs. On a trouvé des capotes et boyeau, des éponges dans des filets qui se plaçaient dans le vagin imbibées de plantes.

      Les Hommes de l’antiquité n’étaient pas si puritains que nous le sommes devenu sous l’influence du catholicisme. Les Romains et les Indiens sont connu pour leur iconographie riche sur le sujet. Les Grecs eux s’amusaient plutôt entre hommes, les femmes étaient enférmées au gynécée mais devaient probablement s’occupé aussi de leur côté.

      • Enki
        Enki répond à meg
        alchimiste
        • Posté à 09h04 le 27/10/2009
        • Internaute 9562
          alchimiste

        Ne visitez pas Pompeï sans vous attarder au lupanar !

    • Sayuri
      Sayuri répond à Ethelbert
      Auteur(e) de l'article Historienne de l'Art
      • Posté à 21h35 le 26/10/2009
      • Internaute 91192
        Historienne de l'Art

      Très bonne idée ! Je vois pour un prochain article...

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 17h51 le 26/10/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    oui, j’ ai hâte. Où l’ on voit que en ce temps là ils étaient moins pudibonds que nous ils n’ avaient pas de tabous Ce sont les religions dites révélées qui ont ammené avec elles la honte du sexe et de ses pratiques, et de ses représentations.

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 18h34 le 26/10/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    La sexualité des dieux n’est-elle pas une évidence avec des noms si évocateurs ?

    Hou, mon Chou, Sepa la Keket d’Anubis, C’est Ra et ses Seth Boukhis sont Mout.

    (Désolé).

    • Tyrian
      Tyrian répond à Tita
      Informaticien
      • Posté à 20h41 le 26/10/2009
      • Internaute 61861
        Informaticien

      Ha non faut pas s’excuser, c’est très bon ! : D

      • Tita
        Tita répond à Tyrian
        oiseau
        • Posté à 07h46 le 27/10/2009
        • Internaute 7659
          oiseau

        merci

    • avici_
      avici_ répond à Tita
      ja ja ja
      • Posté à 23h53 le 26/10/2009
      • Internaute 87472
        ja ja ja

      je perçois qu’il y a mieux a faire avec Anubis

      • Tita
        Tita répond à avici_
        oiseau
        • Posté à 07h43 le 27/10/2009
        • Internaute 7659
          oiseau

        Pour être franc, je voulais jouer sur anubis et sa sonorité poche de l’anus, mais sans succès hélas.

    • Pseudo
      Pseudo répond à Tita
      Enfin libre : -)
      • Posté à 08h26 le 27/10/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Joli : -)

  • Éric  Perrin
    Éric Perrin
    Ginkonaute
    • Posté à 20h14 le 26/10/2009
    • Internaute 51185
      Ginkonaute
    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Éric Perrin
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 00h35 le 27/10/2009
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Ah mince, même chez eux c’était en crypté !
      C’est le fameux papyrus du premier samedi du mois, c’est ça ?

      • framboise92
        framboise92 répond à Weatherboy
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 08h28 le 27/10/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        lol
        A Kahjuraho, en Inde, c’est accessible à tous.

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 22h20 le 26/10/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Tiens, c’est curieux, vous ne parlez pas du petit dieu Bès, dont les courtisanes égyptiennes se faisaient tatouer l’effigie sur les cuisses (on l’a retrouvé sur des momies)...

    C’est pourtant un dieu très intéressant ! Associé à la fois à la famille, à la fécondité, et à la luxure.

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 23h15 le 26/10/2009
    • Internaute 61755

     : -) bizarre...j’avais un vague souvenir de « sayuri, strip teaseuse », un film « trash » sur arte...

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 08h54 le 27/10/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Si je puis me permettre, j’aurais une question sérieuse.

    La sexualité est double : elle existe en tant que moyen et en tant que but.

    En tant que moyen, elle sert à enfanter, à faire grandir la nation. C’est tout le mythe de la fertilité qui rentre ici.

    En tant que but, elle sert au plaisir, à l’excitation, aux fantasmes, aux pratiques. C’est ici que m’apparait résider l’érotisme.

    Est-ce que dans l’Égypte antique, ce distinguo est fait et que savons-nous du plaisir sexuel per se dans l’antiquité ? A lire le texte ici, j’ai l’impression (peut-être fausse) que but et moyen sont mélangés.

    • Sayuri
      Sayuri répond à Tita
      Auteur(e) de l'article Historienne de l'Art
      • Posté à 11h29 le 27/10/2009
      • Internaute 91192
        Historienne de l'Art

      Excellente question !

      Le but et le moyen de la sexualité sont en effet confondus ici étant donné que l’on aborde la sexualité dans les mythes fondateurs... et c’est ce qui structurait la société, il est donc assez logique que l’on y retrouve les deux pour véhiculer des valeurs aussi fondamentales que la survie de l’espèce !

      En revanche, lorsque l’on aborde les courtisanes et les bordels, la distinction se fait naturellement, comme partout ailleurs !

      • Tita
        Tita répond à Sayuri
        oiseau
        • Posté à 17h25 le 27/10/2009
        • Internaute 7659
          oiseau

        Merci beaucoup pour vos précisions.

        La question m’intrigue pour une raison. L’acception de la sexualité comme moyen de survie de l’espèce ravale souvent les femmes au rang de moyen aussi. On a vu cela en France jusquà récemment où les femmes étaient priées de rester à la maison pour élever les enfants et ainsi, assurer la perpétuité nationale.

        L’acception de la sexualité comme but (but de plaisir souvent) peut laisser un peu plus de liberté aux femmes puisqu’elle peuvent avoir aussi du plaisir. Ce n’est bien-sûr pas une nécessité mais le plaisir féminin peut être socialement pris en compte et pas uniquement celui de l’homme.

        Considérant que la société égyptienne était parmi les moins misogyne, je me demandais dans quelle mesure cette liberté (du moins, un peu plus de liberté qu’en Grèce ou qu’à Rome) conduisait à des pratiques érotiques différenciées de celles qu’on rencontrait à Rome ou à Sparte.

         
        • Sayuri
          Sayuri répond à Tita
          Auteur(e) de l'article Historienne de l'Art
          • Posté à 18h29 le 27/10/2009
          • Internaute 91192
            Historienne de l'Art

          « Considérant que la société égyptienne était parmi les moins misogyne »

          Je serais curieuse de savoir ce qui vous fait dire cela... l’accession des femmes au pouvoir ? Cela n’est que tardif, et va de pair avec le déclin de l’Égypte...
          Il ne faut pas oublier que les femmes (en dehors des déesses et donc de quelques souveraines) sont toujours représentées pieds joints, contrairement à leurs homologues masculins, pour symboliser leur absence de rôle dans la société, et qu’elles étaient considérées « impures » pendant leurs règles et l’accouchement...

          • Tita
            Tita répond à Sayuri
            oiseau
            • Posté à 18h57 le 27/10/2009
            • Internaute 7659
              oiseau

            A ma connaissance, seules trois femmes auraient eu le pouvoir en Égypte sur les quelques trois ou quatre mille ans de son antiquité. Il n’y a donc pas à pavoiser sur le féminisme de l’Égypte antique. En même temps, c’est déjà plus que dans d’autres civilisations.

            Ceci étant, ce qui me fait dire que les femmes y sont plus libres (ce qui ne signifie pas nécessairement « libres »), ce sont mes souvenirs de lecture d’un « que-sais-je ? » écrit par Andrée Michel : le féminisme (Ed. PUF) où elle traite des mouvements féministes et de la place des femmes dans l’histoire. J’en étais arrivé à la conclusion qu’il valait mieux dans l’antiquité être une femme égyptienne qu’une femme romaine ou grecque.

            Ceci dit, il est vrai aussi que ce livre a une trentaine d’années. Certaines remises en causes ont pu se faire ou bien peut-être ai-je mal lu.

        2 autres commentaires
  • heinpasdeux-
    heinpasdeux-
    Trollé par la modération...
    • Posté à 12h18 le 27/10/2009
    • Internaute 94001
      Trollé par la modération...

    Faire l’amour de profil
    Ils avaient des pratiques bizarres ces Egyptiens
    Enfin d’après les dessins sur les pyramides : -o)

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h43 le 27/10/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    [ Je me souviens avoir rencontré une prof d’égyptologie qui présentait l’érotisme chez les Egyptiens à ses élèves par la phrase suivante : « Chérie, va mettre ta perruque ! » ]

    ¤ L’inverse de « Rase toi la touffe ! »

    • Waphy
      Waphy répond à Yvon le Zébulon
      Intermittent du travail
      • Posté à 13h26 le 27/10/2009
      • Internaute 89688
        Intermittent du travail

      Autres temps autres moeurs !

      les années 70 c’était plus la coupe Afro sous la ceinture, aujourd’hui c’est plus la coupe skinhead :)

  • DISASTROUS
    DISASTROUS
    artiste assez maladroit
    • Posté à 10h42 le 30/10/2009
    • Internaute 89589
      artiste assez maladroit

    Toute civilisation possède son iconographie érotique, celle de l’Egypte ancienne demeurant, pour quelle raison ? une des plus méconnues. Pourtant le Musée d’Egyptologie de Turin, au demeurant lieu étonnant car resté « dans son jus » depuis le XIXème, abrite une série de petits dessins cochons, rarement publiés. J’ai eu l’occasion de les voir, dans les années ’70, il s’agissait de croquis à l’encre représentant des scènes de libertinage assez droles et tout à fait délurées, dans l’esprit de Reiser ou de Wolinsky, avec quatre millénaires d’anticipation ( !) Pour quel usage ? Je l’ignore, peut-être se vendaient-elles sous le pagne à l’abord des temples ?