Taser reconnaît la dangerosité de son pistolet
Après le ministère de l’Intérieur, voici que la société Taser reconnaît aussi la dangerosité de son pistolet à impulsion électrique. L’entreprise américaine l’a indiqué dans un bulletin d’information, basé sur une étude médicale. Conclusion : le risque d’accident cardiaque existe, même s’il est « extrêmement faible ».
Olivier Besancenot n’a pas raté l’occasion. Opposant de longue date au Taser, le porte-parole du NPA fustige le « cynisme » de la société qui l’a attaqué en diffamation en 2008. Pourtant, dans son bulletin d’information destiné aux forces de l’ordre, la société américaine reconnaît que le dard électrique peut avoir un effet sur le cœur :
« Les recherches ont conclu que la distance qui sépare le cœur du dard d’un pistolet en est le premier facteur explicatif. »
Dans ses conseils d’utilisation aux policiers, Taser recommande donc d’éviter de viser la poitrine de l’individu cible, mais plutôt la région abdominale ou les jambes.
Les policiers français incités à la prudence
En réalité, cet avis de Taser n’est pas une nouveauté pour les professionnels qui l’utilisent. Rue89 racontait comment en 2004 le ministère de l’Intérieur évoquait le pistolet en termes élogieux :
« Son usage représente une alternative efficace dans de nombreux types d’intervention et dans des formes de riposte situées entre l’arme de service (...) et le simple emploi de la force physique qui expose les fonctionnaires à des risques et des blessures graves (...).
L’utilisateur dispose d’un pouvoir dissuasif fort et d’une meilleure garantie de réussite dans le cas d’intervention à risques et violentes. »
Avant de se raviser en 2008, dans une note confidentielle de la préfecture de police destinée aux « chefs de service », parlant d’une arme « de létalité réduite ». Qui plus est, certains formateurs de Taser estiment que l’entraînement délivré aux tireurs n’est pas assez poussé.
Ce nouvel avis surgit quelques jours après l’avis du Conseil d’Etat qui a interdit l’usage du pistolet à impulsion aux policiers municipaux œuvrant dans onze villes.
- Sur Rue89La liste des onze villes qui vont devoir se passer de Taser
- Sur Rue89Antoine di Zazzo ou l'étrange parcours du « M. Taser » français
- Sur Rue89Taser X 26 : « Un tiers des policiers ne sont pas assez formés »
- Sur taser.comLe document émis Taser international
- Sur lefigaro.frLa réaction d'Olivier Besancenot
- Sur laprovence.comViolent aux urgences, il est immobilisé au Taser
- Sur rue89.comSelon la police, le Taser peut vous tuer mais juste un peu
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alchimiste
alchimiste
J’avais beaucoup apprécié la démarche lorsque vous, David Servenay, avez organisé un tchat avec Sylvie Feucher, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, le Schtroumpf.
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A cette occasion, vous avez mis le doigt sur un élément important de ces nouveaux armements, Taser, flashball et LDB : Leur coût et le coût de leurs munitions.
En effet, si d’une part ce coût limite concrètement la généralisation de leur emploi, il semble également être le premier facteur de sous-formation des policiers, et donc de dangerosité.
Les policiers sont déja sous-formés et sous-entrainés à l’usage de leur arme, on ne va d’évidence pas griller des munitions très onéreuses au stand de tir.
Enfin, le taser est supposé permettre à un policier d’interpeller un individu agressif (ou récalcitrant) sans faire usage de son arme ni se mettre en danger en utilisant des techniques « manuelles » auquelles il est également sous-formé. Ne pas pouvoir viser à la poitrine lui ôte définitivement tout sens, car c’est là qu’on stoppe un homme.
On ne tire pas dans les jambes en tir réactif, c’est une loterie, c’est très difficile, il faut être très bon et avoir beaucoup de sang froid. On tire dans les jambes de quelqu’un qui s’enfuit.
On tire ou frappe à la poitrine parce que c’est large et au niveau de l’arme et de la garde, droit devant.
Tirer au ventre, donc, en évitant le bas ventre ?
Pourquoi pas plutôt faire faire un peu de sport aux policiers ?




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