21/10/2009 à 20h15

Télé : pourquoi les émissions littéraires, c'était mieux avant

LesInrocks.com"
Jean-Marie Durand | Les Inrocks

La littérature est-elle soluble dans la télévision ? Si la télé française accorde dès son origine, avec Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes, une place de choix au livre, la question se repose aujourd’hui avec acuité.

Moins parce que le livre se serait absenté de la télé que parce que son mode de traitement y serait reformulé, à l’aune d’une obsession : comment parler des livres pour intéresser le plus grand nombre de téléspectateurs ?

Si les émissions littéraires semblent fragilisées (sous-exposition, audiences marginales...), c’est surtout parce que les chaînes s’en tiennent à la « jurisprudence Pivot ». Au nom des succès indéniables de son émission « Apostrophes » (de 1975 à 1990), elles supposent que le débat sur l’actualité littéraire peut faire « événement », tout en n’y croyant plus vraiment au fond d’elles-mêmes.

Les chaînes ne croient plus à la littérature, et privilégient les coups d’édition

A cette posture pleine d’ambiguïté, répond une stratégie éditoriale floue qui, tout en disant défendre le livre, préfère le sacrifier en détournant l’attention du public vers son versant le plus anecdotique et vite « consommable ».

Si les livres ne font plus en réalité événement à la télé, c’est parce que les chaînes ne croient plus à la littérature et qu’elles privilégient les coups d’édition qui tiennent surtout du déballage privé, des règlements de comptes ou du fait divers.

Les « vrais » écrivains viennent certes parfois sur les plateaux, mais pour parler à peine quelques minutes, se faire éventuellement humilier par des snipers de service (chez Ruquier), ou se laisser instrumentaliser par des animateurs préférant prendre l’objet livre comme symptôme d’un fait d’actualité qui l’excèderait.

Giesbert et Picouly s’appulent sur des livres pour parler de l’air du temps

Les nouveaux spécialistes du genre sont Franz-Olivier Giesbert et Daniel Picouly, qui s’appuient sur des livres pour parler de l’air du temps, pour mélanger écrivains, humoristes et politiques (de plus en plus présents dans les émissions littéraires), ou encore pour orchestrer des polémiques stériles.

C’est la pire dérive de ces émissions depuis quelques années : la propension à vouloir faire exister le livre à partir du seul filtre du spectaculaire. Picouly met face-à-face l’écrivain François Bégaudeau et le critique Pierre Assouline qui le déteste, FOG invite Michel Onfray pour l’opposer à son ennemi supposé Alain Finkielkraut. (Voir la vidéo et sa suite)

Le téléspectateur devient l’otage d’un spectacle plus proche des jeux du cirque que de « Post-scriptum » ou de « Droit de réponse », animés dans les années 70-80 par Michel Polac : là, les parties de bras de fer avaient au moins du souffle.

Mais peu importe la littérature, pourvu que coule la polémique dans les veines de l’animateur. Pour exister pleinement à la télé, le livre doit avoir l’air d’un brûlot. Sauf exceptions (« La Grande Librairie » sur France 5), l’injonction polémiste est devenue la règle.

En matière d’émission littéraire, la télé française savait inventer

Fini le temps des conversations au long cours, comme Pierre Dumayet les menait avec autorité dans « Lectures pour tous », dont Maria Pourchet et Bernard Faroux exhument de sublimes extraits (Duras, Céline...) dans un documentaire, « Des écrivains sur un plateau ».

En revisitant l’histoire de la littérature à la télé, le film rappelle ce que furent les divers dispositifs des émissions littéraires depuis 1953 : du face-à-face magistral à la visite des écrivains dans leur niche (« En toutes lettres » chez Roland Barthes, Pivot chez Yourcenar ou Soljenitsyne), des débats à plusieurs en plateau (Apostrophes, Caractères, Campus, Le Bateau livre...) aux discussions avec des lecteurs (Lire, c’est vivre, Bibliothèque de poche...).

La télé française, souvent inventive, a créé là l’un de ses illustres patrimoines. Désormais, la parole des écrivains, longtemps sanctuarisée, s’efface peu à peu : à défaut de les entendre, de saisir des bribes de phrases, on croise leur visage sur des plateaux qui absorbent leur être plus qu’ils ne cherchent à en dévoiler les secrets.

 ? Vous aurez le dernier mot sur France 2 - le vendredi vers 23h.
 ? Café Picouly sur France 5 - le vendredi à 21h35
 ? La Grande Librairie sur France 5 - le jeudi à 20h35
 ? Au Field de la nuit sur TF1 - le mardi vers 1 h du matin

 ? Des écrivains sur un plateau documentaire de Maria Pourchet et Bernard Faroux - sur France 2 - jeudi 22 à 22h55.

En partenariat avec LesInrocks.com

Publié initialement sur
LesInrocks.com
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  • supprimé à la deande du riverain 14.01.10
    • Posté à 21h40 le 21/10/2009
    • Internaute 22426
      ....

    Vous avez bien raison ! ! ! ! D’ailleurs, un de mes grands plaisirs est de regarder des « apostrophes » sur l’INA.fr : les Raymond Aron, Simone De Beauvoir, Bourdieu et j’en passe, c’étaient de grands moments a n’en pas douter ! ! ! !

    Peu d’émissions il est vrai, laissent une place aux grandes discussions. Mais je pense qu’il faut également invoquer la responsabilité des gens, comme nous, qui se laissent volontiers happer par le gout de la polémique et du pamphlet et qui, de ce fait, laissent une une mince chance pour ce genre d’émissions.

    • DBL8
      • Posté à 08h48 le 22/10/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Pourquoi « regarder » des personnes qui se parlent ?
      Qu’apporte le fait de voir la tête des invités OU du présentateur ?
      N’est-ce pas de la radio filmé ?

      Il faudrait que les postes de télévision aient le moyen de couper l’image pour ne garder que le son, souvent, les images n’apportent RIEN ! !
      ET, cela ferait faire des économies d’électricité.

      • Buggy
        Buggy répond à DBL8
        • Posté à 09h22 le 22/10/2009
        • Internaute 31158

        Bonne remarque, j’appelle ça de la radio filmée.
        Cependant ça peut être intêtressant si la réalisation assure le contre champ pour d’événtuelles réactions parfois plus signifucatives que la réponse verbale.

         
        • pablico
          pablico répond à Buggy
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 11h11 le 22/10/2009
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          les émissions « littéraires » sont trop policées, trop BCBG, trop aseptisées.
          on se fait des ronds de jambes, des sourires forcés, de la pub, et de l’auto pub, ..etc..

          pas de polémiques, pas de punch, pas de vie....même à écouter on peut s’endormir, si l’on ne fait pas autre chose..

          la polémique c’est la vie..pas la brosse à reluire.

          se frotter et confronter les idées c’est la vie, pas les empeser et les repasser.
          Pour résumer cela fait cours magistral...donc on est spectateur passif.

          un peu de polémique, de contradiction, de paradoxe, nous fait spectateur actif (c’est jouissif).

          on écoute en se posant des questions, et non remplir passivement son disque dur ..

        • DBL8
          DBL8 répond à Buggy
          Retraité
          • Posté à 13h42 le 22/10/2009
          • Internaute 19562
            Retraité

          Écoutez l’émission sur France-inter « le masque et la plume » le dimanche soir vers 20h10, il y a plus d’ambiance que dans beaucoup d’émission TV de même nature.

        2 autres commentaires
  • Anomie
    Anomie
    Vivant
    • Posté à 21h54 le 21/10/2009
    • Internaute 84361
      Vivant

    Il n’y a plus d’émissions littéraires à la télé... à part « la grande librairie » (france 5) le reste ne sont que des émissions de divertissements avec aucun sérieux... Il y a quelques émissions de « ce soir ou jamais » (france 3) qui sont consacrés à la littérature et qui passent bien, à part sa, il y a de quoi se suicider...

  • Citoyenne_lambda
    • Posté à 21h53 le 21/10/2009
    • Internaute 35943

    Rien à redire sur l’article ; juste une remarque comme ça : fréquenter de bons libraires (si si ça existe !) n’est pas toujours insurmontable !

    • amatxo
      • Posté à 23h49 le 21/10/2009
      • Internaute 13121

      Tout-à-fait d’accord ! plutôt que de vouloir écouter des émissions prétendûment littéraires(certes « la grande librairie » est une émission intéressante quoique je ne comprenne pas que F.Busnel s’obstine à vouloir recevoir 3 ou 4 auteurs alors que celle-ci ne dure qu’une heure ce qui ne permet qu’un survol bien superficiel des oeuvres)allons flâner dans une bonne librairie et nous y trouverons forcément notre bonheur..sans nous préoccuper des critiques pseudo-littéraires qui sont souvent aux ordres des maisons d’édition en obéissant à des actions marketing qui n’ont rien à voir avec la littérature !

      • pierrejcallard
        pierrejcallard répond à amatxo
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 01h12 le 22/10/2009
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        @ Amatxo : Vous avez bien raison. « critiques pseudo-littéraires qui sont souvent aux ordres des maisons d’édition en obéissant à des actions marketing qui n’ont rien à voir avec la littérature ! » Tiens, je croyais que c« était moi qui était devenu cynique... c’est vraiment une drôle de journée aujourd’hui...

        Pierre JC Allard

  • Connexion
    • Posté à 21h58 le 21/10/2009
    • Internaute 93278
  • frederic35
    frederic35
    intermittent
    • Posté à 22h20 le 21/10/2009
    • Internaute 93649
      intermittent

    Je vous conseille l’émission littéraire Interlignes qui vient de sortir sur le net : Lien
    Des entretiens instructifs sous forme de modules de plus ou moins 5mn. Vraiment pas mal.

    • palmer
      palmer répond à frederic35
      passant
      • Posté à 23h05 le 21/10/2009
      • Internaute 51482
        passant

      A visiter aussi : RILI

      la Revue Internationale des Livres et des Idées :
      revue de débats, revue critique, d’actualité, transnationale.........

      Lien

    • Dany-de-montreuil
      • Posté à 10h34 le 22/10/2009
      • Internaute 8897

      Merci pour cette adresse ! Très bonne idée.
      Il est vrai que Pivot avait fait fort, et on a toujours tendance à le prendre pour modèle.
      La télé de nos jours (et pas seulement en littérature : aussi bien en politique que dans le domaine du divertissement) c’est soit débile, soit carrément absent !
      Y’a pas des petits jeunes quelque part pour nous inventer des trucs intelligents ? ? ?

  • huck
    huck
    Riendutoutiste
    • Posté à 23h01 le 21/10/2009
    • Internaute 55856
      Riendutoutiste

    Je pense que le problème ne vient pas des critiques qui sévissent à la télé, mais des personnes invitées à parler de leur livre. En fait, il s’agit surtout de peoples qui viennent vendre au mieux leur lessive, au pire faire parler d’eux, plus que d’écrivain ou de philosophes.
    Mais c’est aussi le but de la télé, où toutes les émissions doivent être comprises par un auditoire de d’enfants de huit ans.

    • DBL8
      DBL8 répond à huck
      Retraité
      • Posté à 08h51 le 22/10/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      « des personnes invitées à parler de leur livre. »

      Livres qui pour la plupart, il n’ont pas écrit !
      Pourquoi dans ce cas ne pas inviter le « nègre » ? Il aurait surement beaucoup plus à dire sur ce que « l’auteur » à voulu dire.

      • LienRag
        LienRag répond à DBL8
        • Posté à 11h41 le 22/10/2009
        • Internaute 34767

        Trés bonne idée que d’inviter les « négres ».... Qui osera le faire un jour ?

         
        • LeLapin
          LeLapin répond à LienRag
          Infopigiste
          • Posté à 16h18 le 22/10/2009
          • Internaute 31149
            Infopigiste

          Fogiel l’a fait une fois, ça s’est mal passé :)

        1 autres commentaires
  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 23h09 le 21/10/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Le problème est double :

    1) On fait croire que la culture est dans le livre. Mais que nenni ! On peut trouver des livres qui ne nous cultivent pas du tout. On peut aussi regarder la TV et se cultiver (par des documentaires, etc.).

    Le problème de faire croire que la culture est dans le livre, c’est que la culture devient élitiste (ceux qui lisent) et que le livre est leur porte-drapeau poussiéreux. Avec une telle perspective, il est difficile d’intéresser le public sinon en créant des polémiques et d’autres amusements. Triste spectacle que celui-ci. La « culture » ne s’en trouve pas embellie.

    2) Une question s’impose alors : La TV cherche-t-elle à faire un spectacle sur le dos des livres ou à motiver à lire ? La décrépitude que vous mentionnez semble nous indiquer que l’on cherche à faire du spectacle, non à motiver. Ce spectacle est-il culturel ? Hélas non, bien sûr ! Il vise à capter l’auditeur, non à motiver l’auditeur à éteindre la TV pour lire. En cela, la culture et le livre sont pris en otage. Livre et TV deviennent antagonistes.

    Pourtant, livre et TV ne sont pas antagonistes. Visionner la conférence de l’auteur où ce dernier explique les secrets, les anecdotes, les découvertes qui se trouvent dans son livre, voilà qui motive à en savoir plus... et donc à lire.

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 00h03 le 22/10/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze

    avant

    maintenant

    • DBL8
      DBL8 répond à patrick du 14-
      Retraité
      • Posté à 08h53 le 22/10/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Libraire ne faisant pas de concession et bien sûr est critiqué. (magasine de la santé, entre-autre car il parle aussi d’autre sujet ailleurs)

    • Bartabasco
      Bartabasco répond à patrick du 14-
      Qui es-tu diantre ?
      • Posté à 21h45 le 22/10/2009
      • Internaute 78344
        Qui es-tu diantre ?

      En même temps, aussi génial qu’était bukowski, c’était aussi un coup médiatique : -)

      ( et il paraît qu’il aurait pu rester plutôt qu’être viré, c’est un théoricien du complot qui m’a dit ça un jour entre 2 tours)

  • Max.Steiner
    Max.Steiner
    Hors champs
    • Posté à 23h42 le 21/10/2009
    • Internaute 62429
      Hors champs

    Il y a aussi peut être un problème... d’écrivains.
    Car, si l’on peut être nostalgique des grandes émissions littéraires du passé, il ne faut pas oublier que celles ci mettent toujours en scène au moins deux intervenants : l’interviewer et le (ou les) interviewé(s).
    Or, il faut voir, dans les commentaires comme dans l’article, de quels écrivains on parle : Duras, Barthes, Yourcenar, Bourdieu, Beauvoir etc
    Croyez vous vraiment que la plupart des écrivains que l’on met en avant aujourd’hui, soient véritablement de taille à parler de livres, de littérature, voire d’art, de philosophie ou de politique, comme le faisaient leurs ainés, avec la même fougue, la même singularité, la même culture ?
    Personnellement, quand j’entends, ou que je lis, une interview d’un écrivain français contemporain, pour la plupart d’entre eux, quelque soit le dispositif de l’interview, ça reste quand même assez navrant...

  • thierry reboud
    • Posté à 00h25 le 22/10/2009
    • Internaute 20923

    Dans la mesure où il est beaucoup trop tôt pour savoir ce que « valent » littérairement parlant les écrivains d’aujourd’hui, on évitera de soutenir que, de nos jours, les écrivains n’en sont plus ou que les authentiques écrivains sont justement ceux qui sont oubliés des feux de la rampe.

    En revanche, il est tout à fait hâtif de confondre le livre et la littérature. La littérature d’aujourd’hui, si jamais elle doit exister, nous ne savons pas encore de quoi elle est faite. Quand Pivot se rendait chez Yourcenar ou Soljenitsyne, leurs oeuvres respectives étaient déjà puissamment constituées. (Sans compter qu’au moins à l’heure actuelle, que ce soit justifié ou non, l’oeuvre de Yourcenar subit une réévaluation qui n’est pas forcément à son avantage...)

    Le livre procède maintenant de l’économie du loisir, de l’entertainment comme dirait l’autre et se coule tout à fait dans la doctrine (pas vraiment remise en cause, sinon par des gens comme Fumaroli) des années Lang au sujet de la culture qui aurait vocation à tout englober dans un égal intérêt. Les émissions littéraires, de ce point de vue, reflètent l’état de la consommation de livres plus que celui de la santé de la littérature.

    Du reste, il suffit de voir comment est traitée l’annonce du prix Goncourt (qui aurait plus sa place dans la rubrique Economie des quotidiens que dans les pages Culture), voire du prix Nobel (quoi, une obscure Allemande qui ne vend presque rien en France ! ? ) pour comprendre que les émissions « littéraires », dans ce contexte, ne sont plus guère que des supports publicitaires peu onéreux à réaliser et dont l’effet réside plus dans l’annonce que dans leur impact réel.

    En outre, et ce n’est pas nouveau, les ventes de livres consécutives à ces émissions sanctionnent plus une prestation habile ou spectaculaire qu’un véritable intérêt pour le livre lui-même. Quand je dis que ce n’est pas nouveau, il suffit de se rappeler les ventes qu’a réalisées Hagège avec son Homme de paroles, véritable livre de linguistique, simplement parce que Devos et lui avaient livré un authentique numéro à Apostrophes. Ce qui nous ramène à la fin des années 80...

    Un tout petit mot sur Ruquier : Eric Naulleau est un très fin amateur de littérature, éditeur d’une excellente maison, L’Esprit des Péninsules, et fort bon pasticheur. Comme je n’ai pas la télévision, je ne peux pas juger de ses prestations, mais s’il est exact qu’il se résout au rôle de « sniper », alors c’est vraiment dommage.

  • arseneth
    arseneth
    Intermittent tv et Webmaster
    • Posté à 01h42 le 22/10/2009
    • Internaute 55190
      Intermittent tv et Webmaster

    Bonjour, je vous propose mon témoignage en tant que technicien sur le plateau de « Chez FOG » diffusée anciennement sur France 5.
    « Chez FOG » était une émission présentée par Franz Olivier Giesbert dans laquelle il recevait un invité politique ainsi que plusieurs auteurs de livre plus ou moins connus ainsi que d’autres acteurs de la culture actuelle.
    En coulisse le message était clair : « On est là pour vendre des livres mais on ne doit pas dire qu’on est une émission littéraire sinon ça fait fuir les gens. Donc je veux du débat et de la confrontation, et ne vous inquiétez pas pour vos livres, c’est moi qui ferait votre promo. » Merci Franz.
    Du coup pendant l’émission ça se traitait de tous les noms, ça faisait semblant de partir du plateau et de se révolter. Et à la fin du tournage ça se serrait la main en se félicitant : « Bien défendu, votre livre est très bien fait, on se retrouve sur Europe 1 dans une heure ? ».
    Pas besoin de vous rappeler que les questions étaient préparées et que tous les invités attendaient dans la même pièce pour discuter avant le tournage, ça parait tellement logique.
    Voilà comment ça se passe en coulisse.

  • solstice
    solstice
    pigiste
    • Posté à 01h46 le 22/10/2009
    • Internaute 38451
      pigiste

    Ben non, finalement, pour moi, c’est mieux maintenant :

    Quand j’étais jeune, je regardais de bonnes émissions littéraires tout en lisant finalement assez peu : j’avais d’autres priorités, les lectures « obligatoires » des programmes scolaires et universitaires et j’allais surtout beaucoup au ciné qui était très abordable à l’époque (plus des sorties variées bien moins avouables).

    Maintenant que la télé ne passe plus que de la M... de télé-réalité ou de culture-politiquée, je lis beaucoup ! Je suis mon propre critique littéraire : je choisis à la jaquette, en poche, ou suis un auteur que j’apprécie. Cela m’évite de supporter le marketing des critiques-bidon (OK, il en reste quelques bons) et de me farcir l’avis pas franchement éclairé des « peoples » et des politicards.

    Vive la télé poubelle !

     : D

    • DBL8
      DBL8 répond à solstice
      Retraité
      • Posté à 08h55 le 22/10/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Pas d’accord, il y a surement des critiques qui ont les mêmes sensibilités que vous, il faut les trouver c’est tout. Les libraires sont aussi de bons conseils.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 02h56 le 22/10/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    D’où les écrivains s’effacent à la TV ? ! ! ! Du grand n’importe quoi ! ! ! On ne voit que eux ! Les Classements des livres ne concernent que la littérature ! Sur le plateau de Ruquier, f acile deux écrivains par semaine... sans compter les petits spots de 5mm consacré à un coup de coeur de livre : 1 livre un jour etc... et sur LCI : « les coups de coeur des libraires », et Nikos aussi sur LCI en parle beaucoup de littérature , sur Canal+ : le Grand Journal ne reçoit que ça en dehors des acteurs, chanteurs. Et « ça balance à Paris » sur Paris Première : littérature à tout va. Et la pile de Guillaume Durand ... etc ! Chaque émission « multi-culture » a son lot d’écrivains ! On ne voit que ça !
    IL y a tout de même une chaîne qui fait la balance, un équilibre : PUBLIC SENAT : l’émission littéraire à 100% : « Bibliothèque Médicis » présenté par Elkabach
    et ceux que voit encore moins que les écrivains, sauf au moins deux pour raison de succès commercial dans les ventes ou ami de Michel Drucker : GELLUCK et ZEP.
    DITES MOI QUI A INVITE UDERZO à l’aube des 50 ans d’Astérix ! Je n’ai vu qu’une émission le faire , sur Public Sénat, l’équilibre avec LA SEULE EMISSION DU PAF 100% consacrée au 9ième art : UN MONDE DE BULLES présenté par le fantasmagorique Frédérique Lefèvre. Déjà 200 émissions ! la 200ème a été consacré à la bande dessinée collective « en chemin, elles rencontrent... » : sur toutes les violences faites aux femmes dans le monde. Cette Bande Dessinée, personne n’en a parlé encore ! ! ! Il n’y a que là où elle a été mise en avant !
    VIVE LA BANDE DESSINEE ! Il en faut plus à la TV !

    M. Jean Marie Durand, vous êtes lamentable à vous plaindre de la soit disant disparition des écrivains à la tv ! Vous ne regardez pas assez la TV... ! (et surtout aux Inrocks qui sortent au moment d’angoulême ; une piètre sélection des meilleures BD du siècle dernier parceque elles étaient signées par « indépendants » qui ont signé depuis chez les « gros indépendants » !)

  • Radiolo
    Radiolo
    célibataire
    • Posté à 05h40 le 22/10/2009
    • Internaute 11099
      célibataire

    Sans oublier le succès de l’émission littéraire « ITALIQUES “ diffusée en direct de 1971 à 1974 sur Antenne 2, produite et présentée par MARC GILBERT avec Max Paul Fouchet, Marc Ullman, Jean-Jacques Brochier entres autres.
    Documentation : Lien(ORTF)

  • Désinscrit le 21-6
    • Posté à 05h44 le 22/10/2009
    • Internaute 77771
      nc

    Il est évident que le show de Giesberg est purement alimentaire . Mais au fait qui regarde cette soupe ?

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 08h59 le 22/10/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    La meilleure émission littéraire, c’est le journal de 20 h de Michèle Alliot-Marie.
    Giesbert et Picouly auraient rêvé de faire vendre des centaines de milliers d’ « Insurrection qui vient » !

    Mais globalement, les français n’ont pas lu de livre parmi ceux des trois derniers millénaires, ils ne risque pas de s’intéresser à ceux de cette année...

  • toratora
    • Posté à 09h57 le 22/10/2009
    • Internaute 6249

    Sur ArretsSurImage avec la freebox ou sur internet vous avez la très bonne émission de Judith Bernard : « D@ns le texte ».

    • PetitPiteux
      PetitPiteux répond à toratora
      • Posté à 10h32 le 22/10/2009
      • Internaute 2528

      ... avec les contributions régulière de Hubert Artus d’a coté...

      Lien

  • guerzit-
    guerzit-
    Incomprenant majeur
    • Posté à 10h27 le 22/10/2009
    • Internaute 28472
      Incomprenant majeur

    C’est qu’il y trop de riches à la télé maintenant...

  • jeanpir
    jeanpir
    chômeur
    • Posté à 10h36 le 22/10/2009
    • Internaute 81934
      chômeur

    Sans parler d’un « siècle d’écrivains ». L’exception française dans ce qu’elle avait de plus noble n’est plus qu’un souvenir. Mais il faut quand même avouer que l’offre actuelle ( genre pittbulls chez Ruquier ) répond à la demande. La qualté, elle, devra toujours passer aux forceps mais ce n’est pas pour ça que nous n’aurons pas un bel enfant. allez, trêve de rêveriies ! Jean Teulé et François Villon m’attendent.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 10h54 le 22/10/2009
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Pourtant les émissions intellectuelles du PAF ont la vie longue je trouve. J’en prend pour exemple : Les chiffres et des lettres, la roue de la fortune. Il y en a tant d’autres !

  • Nimch
    Nimch
    écololibriste
    • Posté à 11h50 le 22/10/2009
    • Internaute 84917
      écololibriste

    Vous ne parlez pas de l’émission de Philippe Lefait, les Mots De Minuits. Même si ce n’est pas une émissions uniquement littéraire, on y trouve souvent des écrivains et je trouve que cette émission est plutôt bonne et l’animateur très compétent. En plus j’ai toujours adoré leurs génériques...
    Qu’en pensez-vous ?

    • Nimch
      Nimch répond à Nimch
      écololibriste
      • Posté à 14h38 le 23/10/2009
      • Internaute 84917
        écololibriste

      J’oubliais également la très bonne émission d’Arrêt Sur Image : D@ns le texte.

  • harey
    harey
     !
    • Posté à 13h27 le 22/10/2009
    • Internaute 63357
       !

    « Le téléspectateur devient l’otage d’un spectacle ». Je ne supporte déjà pas cette expression quand elle est utilisée en cas de grève, là encore moins. Si on ne veut pas regarder ces émissions, il nous suffit d’en chercher d’autres plus intéressantes ou simplement d’éteindre la télé et écouter la radio ou lire des magazines pour s’informer de l’actualité littéraire !

    En gros, cet article, c’est encore le couplet du « c’était mieux avant... »

  • setori
    setori
    retraité
    • Posté à 15h59 le 22/10/2009
    • Internaute 43503
      retraité

    Mon grand âge me permet de dire que j’ai connu toutes les émissions littéraires à la télévision depuis « Lectures pour tous » en passant par « Apostrophe » et « Le Bateau livre ».Première chose évidente : mener les débats dans de telles émissions n’est pas à la portée du premier péquin venu .Il faut non seulement être cultivé ,mais aussi aimer la littérature et les écrivains (nes),être au mieux avec les maisons d’édition pour ne privilégier personne ,savoir faire un savant mélange entre les personnalités invitées,ne pas manifester de préférences ,avoir pas mal de diplomatie pour ne froisser personne etc...Entre l’éducation que ma génération a reçue et celle qui est dispensée aujourd’hui ,il y a plus qu’un hiatus et -de plus en plus - ce fossé ce creuse à telle enseigne que les goûts entre les générations deviennent de plus en plus différents. On en arrive à ne plus se comprendre.Dans ces conditions ,vouloir faire une émission littéraire originale et de qualité relève de la quadrature du cercle.

  • gérare
    gérare
    photographe
    • Posté à 18h20 le 22/10/2009
    • Internaute 24235
      photographe

    Finkelkraut qui cire les pompes des politiques,
    un grand classique réactionnaire qui se pense intelligent.
    Evidemment qu’il regarde pas la télé, il est toujours sur les plateaux à nous cracher sa vision basique et pépère indigné d’un monde en demande de justice, écrasé par les hommes qu’il défend.

  • Alain Provist
    • Posté à 22h40 le 22/10/2009
    • Internaute 19517

    1. La plupart des présentateurs des émissions littéraires n’ont pas lu les livres dont ils parlent mais seulement les « prière d’insérer », les 4e de couverture ou les dossiers de presse.
    2. La plupart des présentateurs d’émissions littéraires se contentent de poser des questions aux auteurs mais ne s’intéressent pas aux réponses.
    3. Ils ne sont pas là pour valoriser les auteurs (et encore moins les livres bien sûr) mais eux-mêmes. Les invités ne sont que leur faire-valoir.
    4. Ces présentateurs ne s’intéressent qu’à la dimension biographique, polémique ou politique des livres, jamais à leur dimension créative, poétique ou fictive et à leur style. Parce que ces présentateurs sont des journalistes people et non des critiques ou des auteurs.
    5. Les présentateurs comme les journalistes servent la soupe aux personnalités ou aux grandes pontes de l’édition ou de la presse pour qu’ils leur renvoient l’ascenseur au moment de la sortie de leur propre livre.
    6. La télévision moderne obsédée de culture clip et pub ne peut plus ou ne veut plus laisser le temps de la parole ou du dialogue aux auteurs qui sont réduits à des slogans ou à des petites phrases. Imaginez Proust chez Giesbert.
    7. La télé ne s’intéresse qu’à l’actualité éditoriale (dans son écume la plus médiatique). Jamais à la seule littérature qui vaille, celle qu’a choisi la postérité : jamais on ne parle d’un livre de plus de deux ans. Et pourtant, comme le bon vin… Pivot aimait le bon vin et la bonne littérature.
    8. On regrette l’excellente série « Un siècle d’écrivains » où l’on pouvait saisir l’itinéraire d’un écrivain et l’entendre parler en dehors du plateau formatant
    9. La télévision ne peut valoriser que les auteurs qui ont des talents de cabots, de mondains ou de comédiens. On comprend pourquoi Gracq fuyait les médias.
    10. Dommage car pour les jeunes, ce qui ne passe pas à la télé n’existe pas donc les écrivains n’existent pas et les livres non plus.

  • Yfig
    Yfig
    Poète sans illusions j'écris (...)
    • Posté à 08h09 le 23/10/2009
    • Internaute 41364
      Poète sans illusions j'écris (...)

    Mon cher Jean-Marie (vous permettez que je vous appelle Jean-Marie),

    Vous avez tort sur toute la ligne, la télé n’y est pour rien si les éditeurs ne font plus leur boulot et se contentent d’imprimer des ragots, des potins et des anecdotes écrites avec un doigt trempé dans l’encrier du WC !

    Donnez-nous un seul nom d’écrivain !

    Nada, rien, que nib, mafich !

    Désormais, on a droit aux bios de C. Bravo, de Jean Sarko, de Nicolas, de madame pipi, de monsieur caca ........

    Sans écrivain, pourquoi s’entêter à faire des émissions littéraires ?

    Autant pisser dans un violon ..... et c’est ce que font les animateurs qui, eux, ont tout compris (le pourboire aussi !)

    Lien